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interviewLCI· 7 décembre 2021 73 min

ZEMMOUR : MEETING CHAOTIQUE MAIS DISCOURS RÉUSSI ?

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Il y a la partie du discours d'Éric Zemmour et puis il y a l'autre partie, qu'est-ce qu'on retient ? C'est vrai qu'il y a eu des violences contre des militants antiracistes, il y a une plainte pour violences d'ailleurs, un candidat bousculé, une équipe TV exfiltrée. Et regardez ce qu'en pensaient ce matin quelques responsables de droite. On va entendre le président du Sénat, Gérard Larcher, et Sébastien Chenu, député du Rassemblement National. La provocation dans une réunion peut inciter à cela. Imaginez Génération Identitaire allant dans un meeting de Jean-Luc Mélenchon. Sincèrement, il y a un côté provocation inutile.

Voilà, on a entendu Benjamin Cauchy, vous êtes donc chroniqueur politique, soutien d'Éric Zemmour, associé aux relations presse. Quand vous entendez ça pour vous, est-ce qu'on a retenu finalement ce qu'a dit Éric Zemmour lors de ce discours ou ce sera les violences qui vont rester dans les têtes aujourd'hui ? Ce n'est pas à moi de te poser la question, c'est plutôt à vous. Je vois que vous démarrez en parlant effectivement des effets de violence, et je ne vous ai pas encore entendu un seul instant évoquer les thèmes programmatiques qui ont été développés. Donc écoutez, si on a quelques minutes ensemble, si vous voulez, je peux développer le programme.

Ou alors je réponds à vos questions sur la violence. Vous vous rendez compte que c'est vous qui organisez le fait que cet événement d'hier ne soit finalement que sacralisé par la violence. Donc ça n'a pas existé hier soir ? C'est un événement extraordinaire. Ça n'a pas existé hier les violences ? Mais bien sûr, je vais même vous dire, il y a même des violences que nous avons préférées. Terre, mais que nous avons annoncées ce matin, nous avons récupéré 11 cocktails Molotov, nous avons récupéré des parpaings, nous avons récupéré des cailloux, des pavés un peu partout, des barres à mines. Il y a des gens qui étaient venus pour tuer dans ce meeting.

Donc je veux bien que l'on parle des violences, effectivement, parce qu'il y a des gens qui ont voulu faire un coup de com' politique SOS Racisme, SOS Racisme, que je n'entends jamais d'ailleurs au demeurant lorsque Éric Zemmour se fait traiter de sale juif. Je ferme la parenthèse. En tout cas, ils ont venu faire un effet de communication.

Moi, ce que je retiens quand même, c'est que la gauche voulait faire taire Éric Zemmour et qu'à Villepinte, 15 000 personnes, malgré ces provocations inadmissibles et qui ne rentrent pas finalement dans un vrai jeu démocratique, le vrai jeu démocratique, c'est de débattre avec les gens, ce n'est pas de les provoquer, et bien malgré cela, on a fait 15 000 personnes à Villepinte en Seine-Saint-Denis. Et c'est un gros succès. Écoutez ce que disait d'ailleurs sur les faits eux-mêmes. On va parler quelques instants de la violence, puis nous parlerons ensuite, bien évidemment, de ce qui a été dit par Éric Zemmour avec nos invités, nos chroniqueurs.

Sur la violence, il y a eu plusieurs faits que vous avez évoqués, Jean-Mathieu Pernin, des militants de SOS Racisme au fond de la salle, avec des bagarres qui ont eu lieu. Il y a eu un acte de violence aussi sur Éric Zemmour, qui a été appréhendé, même tenu, attrapé au cou par une personne qui est en ce moment en garde à vue, toujours. Je vous propose d'écouter ce que disait cet après-midi le chef du service politique d'Europe 1, qui était un invité sur LCI de David Pujadas, sur cette violence générale, avec cette question, est-ce que c'est la faute de Zemmour, cette violence ? Chacun de ces déplacements, il est harcelé, réellement.

A Marseille, il y a quand même le restaurant dans lequel il devait dîner, qui a été détruit par des antifas. Pas détruit, mais il a été tagué, les poubelles renversées. Les vitrines complètement défoncées. On a montré ces images ici. Donc, il y a une violence extrême pendant cette campagne présidentielle.

3:16
Invité

Et c'est vrai que lui a fait le choix, au début, de ne pas trop communiquer là-dessus, pour ne pas se victimiser sur cette partie-là. Parce que c'était aussi faire preuve, selon lui, d'un peu de faiblesse. Mais le niveau de violence contre lui, honnêtement, c'est du jamais vu. Donc, il ne faut pas oublier tout ça. Et puis, juste avant ce meeting de Villepinte, il y a eu des échauffourés avec la police, des antifas, à tel point que la police a dû dépêcher un peu en panique les brigades de répression de l'action violente, les fameuses braves,

3:43
Présentateur

pour précisément éviter que des antifas viennent tout casser. Donc, je pense que les torts sont au moins partagés des deux côtés. J'ai voulu vous faire écouter ça, Laurent-Alexandre, Yves Tréhard, Rachel Binaz, parce que c'est vrai qu'on entend beaucoup « Zemmour, c'est la violence ». Bon, il a un langage brutal, abrupt. Je me suis dit simplement, si on a des militants de droite ou d'extrême droite qui vont au fond de la salle dans un meeting de Mélenchon, j'imagine que ça se passera mal de la même façon. Donc, est-ce que les torts sont partagés ? Oui, non ? Évidemment, les torts sont partagés. Il y a des provocateurs qui ont voulu bousiller le meeting.

Mais, quels que soient les torts des uns des autres, le résultat, c'est que Zemmour continue, sur son toboggan, à baisser. Les derniers sondages ne sont pas bons, même si le dernier sondage est avant le meeting. Et qu'en réalité, ce halo de violence autour de Zemmour s'approfite à qui ? À Marine Le Pen, qui a maintenant nettement dépassé Zemmour, et puis à Valérie Pécresse, qui est au seuil du deuxième tour. Donc, cette violence autour de Zemmour, elle a une conséquence, une traduction politique très forte.

C'est que Pécresse peut battre le président et que Marine Le Pen est sortie de la situation ridicule où elle était il y a encore trois semaines ou quinze jours, où elle était derrière Zemmour au premier tour. Donc, cette violence, qui est de responsabilité partagée, elle a une vraie conséquence politique. Elle est en train de faire monter Valérie Pécresse. Et peut-être qu'elle va donner à Valérie Pécresse les clés du deuxième tour. C'est dire quand même si le parti des Républicains est abîmé, est malade.

Je ne sais pas si vous vous rendez compte qu'ils se satisfont aujourd'hui, les Républicains et une partie de la droite, du fait qu'ils font jeu égal avec le Rassemblement national à quelques 17% des impostions de vote. C'est très très bas, c'est très faible par rapport à ce que devrait être un parti comme les Républicains qui devrait naviguer entre 22 et 28%. Alors, avec Mme Pécresse, ils ne peuvent se refaire une santé qu'à une condition. Parce que là, on est vraiment au milieu du guet.

À une seule condition, c'est qu'elle arrive à la fois à faire rentrer au bercail des électeurs qui sont partis chez Emmanuel Macron, et d'autant Emmanuel Macron baissera justement dans les intentions de vote. Et dans le même temps, il faut qu'elle arrive à faire rentrer au bercail des électeurs qui sont allés chez Éric Zemmour ou chez Mme Le Pen. Et parallèlement, ces deux candidats nationalistes descendront. Donc elle a un pari qui est énorme, qui n'est pas encore du tout réussi. Bon, elle vient d'arriver. Ça avait toute sa mission pendant quelques mois.

On va en parler, mais juste avant, Renaud Pilar, on voit quand même que la sécurité, c'est véritablement au cœur quand même de la campagne d'Éric Zemmour, même sa propre sécurité. Oui, parce que je peux vous dire qu'aujourd'hui, on a fait un retour d'expérience sur le meeting d'hier. Dans l'entourage d'Éric Zemmour, on reconnaît que c'est un sujet. C'est un sujet pour la suite de la campagne d'Éric Zemmour. Hier, il y a eu effectivement une agression contre le candidat Éric Zemmour au sein d'un meeting. C'est quasiment du jamais vu.

Il y a eu au fond de la salle, vous l'avez dit, des militants de SOS Raciste qui ont fait un happening, activistes, certes, effectivement, c'est peut-être prendre des risques, mais dans aucun meeting politique, dans une démocratie, quelle que soit leur action activiste, des militants doivent se faire taper dessus par des gens dans la salle. C'est au service d'orgue d'intervenir et de ne pas laisser ces individus être tapés par des sympathisants. On reconnaît ça dans l'entourage d'Éric Zemmour. Je termine avec deux points. Premier point, c'est un problème pour la suite. Quel déplacement ?

Actuellement, il ne peut pas se déplacer en France, dans des déplacements de déambulation à la rencontre des Français, parce qu'ils savent très bien qu'il y aura des antifas, il y aura peut-être des images de violence. C'est un vrai sujet. Donc pour l'instant, les déplacements sont compliqués. Deuxièmement, les Français n'aiment pas les images de violence. Comme disaient certains dirigeants politiques, qu'on expérience, les Français n'aiment pas la violence.

Donc effectivement, ça peut durcir une partie du camp, mais globalement, je suis d'accord avec ça dit Laurent-Alexandre, des images comme ça, sur une démonstration de force que voulait réussir Éric Zemmour, certes en logistique, les images produites du meeting, en tout cas de son discours sont réussies, mais ces images de violence, ça entache la réunion publique. Ça fait penser au Front National du début. Souvenez-vous, 1984, une majorité de Français ignorent qui est Jean-Marie Le Pen, même s'il a un passé, il a eu une longue traversée du désert. On a retrouvé une archive du journal de 13 heures de TF1, c'était Jean-Claude Bourret qui le présentait à l'époque. Jean-Claude Bourret ?

Jean-Claude Bourret, bien sûr. Et c'était un des tout premiers meetings de Jean-Marie Le Pen, et regardez, il y a quelques images d'ultra-violence, et c'est quelque chose qui a collé au basque du Front National pendant des années, FN égale violence. Regardez cette archive.

8:54
Invité

Incident à Cholet hier soir lors d'un rassemblement organisé par le Front National à l'occasion de la venue de Jean-Marie Le Pen. Deux personnes ont été blessées à coup de matraque, elles ont été hospitalisées. Les incidents se sont produits peu après 21 heures, lorsqu'une cinquantaine de jeunes gens ont construit le leader du Front National. Le service d'ordre est alors intervenu et a interdit tout accès à la salle pendant la durée de la réunion, qui rassemblait environ 200 personnes. Dans une déclaration, Jean-Marie Le Pen a mis en cause les autorités, qui a-t-il dit, sachant le risque d'incident, n'avait pas déposé, n'avait pas déployé de service d'ordre.

9:29
Présentateur

Voilà, c'était cette petite virgule vintage, mesdames, messieurs. C'était il y a pratiquement un temps. Un peu ensanglanté. Oui, un peu ensanglanté. C'était il y a 40 ans, un meeting politique de Jean-Marie Le Pen qui commençait à sortir et à se faire connaître du grand public. Je referme cette parenthèse de la violence, si vous voulez bien. Et on va maintenant parler d'Éric Zemmour lui-même. Regardez une des phrases importantes de son meeting. Il s'en prend notamment aux journalistes. Vous êtes près de 15 000 personnes aujourd'hui. 15 000 Français. 15 000 Français qui ont bravé le politiquement correct, les menaces de l'extrême-gauche et la haine des médias.

15 000 Français qui ne baissent pas les yeux et qui sont déterminés à changer le cours de l'histoire. Voilà, ça c'est une image qu'on a beaucoup vue. Je voudrais vous montrer un autre extrait, moi, qui m'a un peu étonné, mais qu'on a moins rediffusé. Zemmour s'adresse aux Français musulmans. Non, je ne renverrai pas certains Français. Oui, je tends la main aux musulmans qui veulent devenir nos frères. Beaucoup le sont déjà. Pour tous ceux qui veulent être Français et qui montrent au quotidien leur attachement à la France. Pour tous ceux qui ne sont pas venus en France pour la générosité de son modèle social, par habitude ou par dépit.

Pour tous ceux dont, comme moi, les ancêtres viennent d'ailleurs, mais qui veulent que le futur de leurs enfants s'écrivent ici. A tout cela, je propose l'assimilation. Voilà, Benjamin Cochy, j'ai montré deux, trois extraits, j'en montrerai d'autres. Vous considérez, d'une manière globale, Eric Zemmour considère que ce meeting est un point de départ important et réussi ? Oui, absolument. Au-delà du monde et du succès populaire qu'a représenté ce meeting, des 12 000, 13 000 personnes dans la salle, mais des 2,4 millions de personnes qui ont cumulé sur votre chaîne, Eric, et sur celle de vos petits concurrents, ont pu regarder hier après-midi.

Donc c'est un véritable succès populaire, donc il en est satisfait. Et sur le fond, au-delà de cette colonne vertébrale que l'on connaît tous de lui sur l'immigration et la sécurité, il a pu décliner des véritables thèmes sur l'économie, un courant relativement libéral, sur l'éducation, remettre l'excellence et le mérite au cœur de notre éducation, et puis la réindustrialisation de notre pays, refaire de la France une véritable puissance industrielle mondiale, avec toute la recherche et l'innovation nécessaires pour recréer de l'emploi partout sur le territoire.

Donc oui, effectivement, les gens se sont rendus compte qu'au-delà de cette vision et de ce projet qu'il a su imposer comme le tempo de la campagne, et aujourd'hui, quand on écoute Marine Le Pen d'un côté ou Valérie Pécresse de l'autre, on se rend bien compte que c'est Eric Zemmour qui a mené la danse idéologique. Donc hier, il a fait preuve d'une démonstration qu'il était capable d'être une droite claire dans les idées et courageuse en l'action. Donc on est très satisfait. Petit tour de table sur ceux qui ont vu ce meeting, est-ce que c'est une épreuve réussie ? Ah bah oui, c'était une épreuve test pour lui, parce que... Réussie ?

Oui, c'était réussi, bien sûr que c'était réussi, parce qu'on ne le connaissait pas dans ce genre d'exercice. Est-ce qu'il allait tenir la rampe ? Est-ce qu'il allait trouver le bon rythme ? Il l'a trouvé. Après, sur le contenu, il n'y a rien de neuf. Je dirais qu'il a déroulé son programme. Il y a quand même une chose, c'est que par rapport à tout ce qu'on entend dans le discours politique depuis quelques années en France, c'est d'une rare violence à nominem. C'est-à-dire qu'il pointe les gens. Le président de la République, j'ai rarement vu un président de la République être aussi violemment dénoncé... En 2017, nous avons élu le néant. Voilà, oui, c'est ce qu'il dit. Le vide, le néant...

Est-ce que c'est parce que c'est Zemmour ? Vous êtes certain que Mélenchon et d'autres n'ont pas aussi la dent dure avec Macron ? Je n'ai pas terminé. Il n'y a que lui ? Je n'ai pas terminé. Il s'en prend à lui, il s'en prend à la droite et à M. Chirac, dont on sait très bien qu'il le déteste depuis longtemps parce qu'il avait écrit un livre qui s'appelle « L'homme qui ne s'aimait pas » en parlant de Chirac. Mais il y a une personne qui l'épargne complètement, dont il ne parle pas, c'est Marine Le Pen. Marine Le Pen qui pourtant est sa concurrente chez les nationalistes. C'est ça qui est assez intéressant. Alors après, est-ce que M. Mélenchon peut être aussi violent ?

Il peut être aussi violent mais pas de la même façon. Parce que M. Mélenchon jamais ne dira « c'est le vide ». Vous voyez, il l'appellera par son nom au Président de la République. Et donc ce n'est pas tout à fait la même attaque. C'est une chose de racheté d'un ass. Est-ce qu'on sait que l'élection présidentielle, c'est bien d'avoir des militants, mais il faut aussi s'élargir ? Est-ce qu'Éric Zemmour a cette capacité, sans perdre finalement cette base aussi qui était là à vide-peinte ? Parce qu'il fait du Trump.

14:30
Éric Zemmour

Je pense que c'est là sa principale limite. C'est-à-dire qu'on l'a vu, en effet, il a tenu un discours extrêmement dur, avec un ton comme ça, qu'on pourrait dire « ordre, autorité, nation », qui renvoie au néo-socialisme, le courant de Marcel Déa. Donc il y avait ça qui était extrêmement affirmé, qui n'était pas surprenant en effet, mais qui ne suffit pas à rassembler.

Et sa grande difficulté, ça va être celle-ci, ça va être à la fois de pouvoir élargir ce socle électoral, de montrer que non, il n'incarne pas seulement une forme de brutalité, alors même qu'on l'a vu de par les images, lui qui aime à dénoncer à juste titre l'ensauvagement, il se trouve que dans ses rangs même, certains justement s'emploient à illustrer le contraire, si je puis dire. Donc ça va être extrêmement difficile pour lui de passer cette espèce de plafond, et de pouvoir ensuite augmenter dans les sondages, même s'ils ne sont pas prédictifs.

15:28
Présentateur

Moi, ce qui m'a frappé, au-delà de la réussite et de la démonstration de force, c'est l'absence totale de leaders. Autour de Zemmour, il n'y avait que des cinquièmes couteaux. La droite, Rance, catholique, ultra-conservatrice, il y avait tous les tenants anti-mariage gay. – Alors, les catholiques ne veulent pas dire Rance dans votre bouche quand même. – Bien sûr que non, je parlais d'une frange minoritaire des catholiques, une branche un petit peu extrémiste, on avait Boutin, on avait Poisson, on avait tous les chevaux de retour, il n'y avait aucun premier couteau.

Paul-Marie Couteau ne peut pas être considéré comme un premier couteau, c'est un troisième ou quatrième couteau, il n'y avait pas de leader. – Pas les noms de famille, on a dit pas les noms propres. – Il n'a pas réussi à attirer des premiers couteaux autour de lui, on était frappés par l'absence de leader. La seule prise de guerre qui était à côté de lui, c'était Sonforget. C'est quand même pas une prise exceptionnelle. – Le député de la Rennes, le député de la Rennes, le député de la Rennes. – J'ai cru que c'était lui, j'ai cru que c'était lui, et que je me suis mis une gifle, je me suis dit, mais non.

– Et bien sûr que si, c'était bien lui, il y avait Sonforget, on ne peut pas considérer que d'avoir Sonforget, ce soit une grande, grande victoire pour Zemmour. – C'est la députée, la Rennes des Français de l'étranger, qui était à ses côtés. – Mais qui n'est plus la Rennes. – Qui n'est plus la Rennes. Question, est-ce qu'on ne succombe pas à la tentation un peu facile de dire du mal de Zemmour en ce moment, parce qu'il descend dans les sondages de nous ? – C'est vous qui dit du mal, on n'est pas de mal. – Non mais si, vous expliquez tous que c'était raté, que c'était raté. – Non, non, non, non, c'est le plus gros meeting de cette campagne électorale, il y a 11, 12 000 personnes.

– On a dit que c'était un meeting extraordinaire avec, comme leader, que des cinquièmes couteaux, c'est différent. – Zemmour, dont on ignorait s'il allait être capable de s'exprimer pendant une heure et demie en public, le Zemmour tribun, on ne le voyait pas, il a été bon, son discours a été, à mon avis, techniquement, je ne parle pas du fond, remarquable, ce qu'il a fait sur Chirac en expliquant ce qu'il s'était passé 31 ans plus tôt, ici même à Villepinte, a été à portée, les militants, les adhérents, les sympathisants à l'air ont entendu quelque chose de fort, vous étiez sur place vous, Renaud Pilat, enfin, c'est réussi ou pas pour lui, techniquement ?

– Je peux vous dire que, encore une fois, sur la forme, sur le candidat Zemmour, le candidat, il n'a jamais fait de discours devant 10 000, 12 000 personnes pour son premier meeting, sur l'éloquence et sur la façon de prononcer son discours, c'est technique, mais la technique, ça compte totalement quand vous êtes candidat, le maniement du prompteur, tout ça a été très travaillé et là-dessus, c'était réussi. – Le discours était réussi ? – Le discours, et sur le fond de son point de vue… – On parle de la type à la droite de la droite, attention, ne demande pas aux militants de la France insoumise.

– Il a fait notamment un diagnostic de l'échec de la droite depuis 30 ans, le plus cruel que j'ai jamais vu, de Chirac à Sarkozy. J'étais effectivement hier, moi je suis parti avant le discours d'Éric Zemmour, que j'ai vu à la télévision, mais j'ai vu la sociologie de la salle. J'ai été dans la salle, j'ai voulu savoir qui était là. Qui était là, c'était Obama, en ayant interrogé beaucoup de monde, et eux-mêmes les interrogés, c'était trois quarts de vote Fillon.

Pour la première fois, une partie de la bourgeoisie française a rallié effectivement cette droite identitaire, nationaliste, vous la paie comme vous voulez, et il a réussi, en tout cas dans son meeting, à faire notamment scander un slogan du FN, RN, Marine Le Pen, « On est chez nous, on est chez nous ». Cette union du vote droite, extrême droite, hier, elle était dans la salle, sociologiquement et politiquement, c'est un fait majeur, c'est un fait majeur. Merci, Renaud Pila, vous restez bien évidemment avec nous, mais il est 23h, et tous les soirs dans Brunet et compagnie, à 23h, c'est le journal.

Allez, pas de confinement, ni de couvre-feu, mais plus de dancefloor, en tout cas, pendant quatre semaines, le Premier ministre a renoué avec les conférences de presse sur l'épidémie suite à la hausse des cas de contamination en France. Hier, plus de 40 000 nouveaux cas enregistrés, les discothèques, donc, sont les plus touchées par les restrictions, puisqu'elles seront fermées jusqu'à début janvier. Et Jean Castex a annoncé d'autres mesures pour, je cite, « sauver les fêtes de fin d'année ». Détail des mesures par Marie Chantret.

19:55
Invité

Cela faisait partie des hypothèses débattues. Finalement, les vacances de Noël ne seront pas avancées. Elles débuteront bien le vendredi 17 décembre au soir. Mais pour limiter les contaminations à l'école primaire, le protocole sanitaire est renforcé au niveau 3. Cela implique un brassage des élèves limité, notamment durant les heures de cantine. Mais aussi et surtout, le port du masque en extérieur obligatoire pour les enfants. On n'a pas le choix, on respecte la loi. Ils se dépensent beaucoup, donc ça ne va pas être très agréable pour eux d'avoir le masque en cours d'EPS ou dans la cour de récréation. C'est nul.

20:31
Locuteur

Pourquoi ?

20:32
Invité

Parce qu'on ne pourra pas reprendre notre souffle. On va avoir du mal à respirer et ça va peut-être dur. Pour sauver Noël et éviter de nouvelles mesures restrictives, ce soir, Jean Castex alerte.

20:46
Présentateur

Jusqu'au fête de fin d'année, on lève le pied, on arrête, on se protège et on protège ainsi notre capacité à profiter de Noël.

20:55
Invité

Accélérer les doses de rappel est donc une priorité. Les personnes de plus de 65 ans pourront désormais se faire vacciner sans rendez-vous. Autre annonce, elle concerne la vaccination des 5-11 ans. Dès le 15 décembre, pour les plus fragiles et atteints de comorbidités. Et sous réserve de l'avis de la HAS, d'ici la fin de l'année, pour tous les autres enfants, à chaque fois sur la base du volontariat. Concernant les lieux recevant du public, ce soir, pas de changement. Contrôle du pass sanitaire renforcé, mais pas de jauge. Soulagement pour ce restaurateur. On craignait le pire. Aujourd'hui, on est soulagé. Ceci dit, il ne faut pas oublier la réalité de l'épidémie.

Et malheureusement, nous, notre activité se casse la figure. Gros coup dur en revanche pour les discothèques. Dès ce vendredi, elles fermeront pour 4 semaines. Au moins jusqu'au 7 janvier prochain. Le gouvernement incite aussi au télétravail. 2 à 3 jours dans les entreprises, comme dans la fonction publique, partout où c'est possible. Tout faire pour éviter un couvre-feu ou un confinement, pour le Premier ministre y avoir recours maintenant, serait démesuré.

22:06
Présentateur

Du côté de la campagne présidentielle, c'est le premier déplacement aujourd'hui de Valérie Pécresse en tant que candidate des Républicains. Une visite à Nice, qui ne doit rien au hasard, puisque c'est justement le fief d'Éric Ciotti, son adversaire au second tour de la primaire du parti. Alors après avoir critiqué Valérie Pécresse en craignant que son programme ne soit pas assez à droite, les deux rivaux se sont retrouvés. On mange ensemble au restaurant. Il y a eu un magnifique tweet de spécialité niçoise. Ils ont promis de travailler ensemble pour la suite de la campagne présidentielle. On les écoute.

22:35
Invité

Les sympathisants républicains ont choisi une ligne qui est la mienne, qui est une ligne d'autorité, qui est une ligne de fermeté, qui est une ligne de liberté et de dignité. Cette ligne, c'est celle d'une droite assumée. Et cette ligne, elle ne sera pas édulcorée. Cette ligne, elle ne sera pas abîmée, elle ne sera pas détournée. Au contraire, elle va être enrichie d'un certain nombre de propositions.

23:00
Présentateur

Je veux être à ses côtés avec elle. Ce n'est peut-être pas un hasard s'il y a eu cette configuration au second tour. C'est parce qu'avec Valérie, nous avions sans doute les projets les plus similaires, les projets les plus audacieux en termes de réforme, de redressement, des valeurs qui s'associent à la droite. Pour moi, être de droite, c'est aimer passionnément la France, c'est aimer son histoire, son héritage, c'est croire en l'ordre républicain, c'est croire en la liberté, c'est vouloir récompenser le travail, c'est combattre le péril islamiste. A New York, plus moyen d'échapper à la vaccination.

Le maire de la ville de New York, donc Bill de Blasio, a annoncé que tous les employés du secteur privé devaient recevoir leur vaccin, obligation qui entrera en vigueur à partir du 27 décembre. Le président Joe Biden avait tenté d'imposer cette vaccination à l'échelle du pays pour les sociétés de plus de 100 personnes, initiative pour le moment suspendue par une décision de justice. Les Etats-Unis, justement, n'enverront aucun représentant diplomatique aux Jeux olympiques et paralympiques de Pékin en 2022. La Maison-Blanche accuse le pays d'avoir interné moins d'un million de musulmans dans des camps de rééducation, accusation de génocide et de crime contre l'humanité, précise Washington.

Le comité organisateur dit respecter ce boycott. Et puis, Aung San Suu Kyi va devoir passer deux ans en prison. L'ex-chef du gouvernement civil birman a été condamné pour incitation aux troubles publics, une peine de 4 ans revue de moitié face aux condamnations de la communauté internationale qui ont suivi. La lauréate du prix Nobel de la paix 1991, aujourd'hui âgée de 76 ans, est assignée à résidence depuis le coup d'État du 1er février où son gouvernement avait été renversé par l'armée. Et puis, pour revenir à la politique, Jean-Mathieu, il y a eu beaucoup de questions sur Valérie Pécresse, car ça a été un week-end pécrétien aussi.

On a beaucoup parlé jusqu'à présent d'Éric Zemmour, mais il y a une grosse actualité avec Ciotti Pécresse, une petite algarade. Et puis, cette question, est-ce que Valérie Pécresse fait peur à Emmanuel Macron ? Oui, c'est vrai que c'est un bruit qu'on entend depuis longtemps, même dans la Macronie. Et là, ça semble se confirmer par un sondage que nous vous montrons en exquisité ce soir, un sondage LCI Le Figaro, où on voit que Valérie Pécresse a gagné près de 10 points, 10 % en une semaine. Elle est à 17 % à égalité avec Marine Le Pen. Et elle chatouille le président de la République, et même au second tour, puisque Valérie Pécresse réunirait 48 % et Emmanuel Macron, 52 %.

Alors, est-ce qu'on peut dire finalement que c'est véritablement une opération réussie pour les LR ou pas ? Oui, c'est une opération réussie. Incroyable. C'est une très belle opération. C'est quoi ? C'est les primaires, c'est le Congrès ? Je pense que c'est deux choses. C'est le fait qu'il y ait effectivement des primaires. Mais attention, ce qui est intéressant, c'est qu'on se disait que ça va marcher leur primaire, mais ça va être une histoire du club, c'est-à-dire des adhérents.

Ce qui est important maintenant, c'est qu'ils rentrent dans l'atmosphère et qu'ils attirent les électeurs, tous les électeurs, tous les Français, pas uniquement le petit club fermé des passionnariats et des fans de Pécresse, de Ciotti et de Barnier ou de je ne sais pas qui. Donc c'est ça qui est important. Et ce qui est important aussi, c'est qu'ils trouvent un dénominateur commun. Et à mon avis, c'était effectivement Pécresse qui était probablement la mieux placée pour incarner ce dénominateur commun. C'est-à-dire aller chercher les électeurs du Rassemblement National et Nationaliste et puis de l'autre côté, les électeurs plutôt attirés par Macron à tendance libérale.

Ça, c'est une qualité que peu ont. Sarkozy avait ça. Sarkozy pouvait aller chercher à droite et à gauche. Sarkozy, c'est le dernier qui l'ait fait. Effectivement, à droite, il y a eu Chirac qui faisait ça admirablement parce que Chirac avait ce côté, alors que Chirac était quand même un homme de droite. C'était plutôt un radical socialiste, Chirac. Mais il avait ce sens du contact, ce sens, c'était une bête électorale, en fait. Pareil pour Sarkozy. Et depuis, Sarkozy, ça s'était perdu. Parce qu'on était arrivés avec un profil de candidat à droite qui était très souvent des gens sortis des grandes écoles, un peu comme Pécresse d'ailleurs, mais qui était loin, je dirais, du marché du divanche.

et des milieux ruraux et tout ça. Et là, il faut qu'il retrouve le sens de cette alchise. Oui, mais vous disiez à l'instant, vous avez perdu le fil de ce que vous me disiez, mais vous me disiez que Valérie Pécresse, elle avait ce talent-là d'aller séduire la droite des LR et la gauche des LR. C'est-à-dire les macroniens, paradoxalement. C'est ça qu'elle arrive à faire, alors que... Elle ne touche pas le cul des vaches comme Chirac. Et pourtant, vous avez raison, je suis d'accord avec vous. Donc, beaucoup de gens considèrent qu'elle est forte sur les positions droitières et que, parce qu'elle est HEC, je ne sais pas quoi, énarque, je ne sais rien, elle est bonne sur la gestion.

Sur la gestion, elle n'avait pas tellement de preuves à apporter parce qu'on savait qu'elle savait gérer, elle a été ministre du but de tout ça. Il fallait qu'elle apporte des preuves, mais il faut encore que ça se confirme, sur le plan régalien. C'est ce que lui reproche hier un petit peu Éric Ciotti, quand même, en disant qu'elle ne va pas assez loin. On est avec Prisca Thévenot, porte-parole de la REM, qui est avec nous. Bonsoir, Prisca. Bonsoir. Dites, 52-48, ce n'est qu'un premier sondage, mais il y en aura peut-être d'autres derrière.

52-48 au second tour, ça veut dire qu'il y a enfin un candidat solide qui peut aller gratouiller, chatouiller la position ultra-dominante de votre champion, Emmanuel Macron.

28:51
Invité

Effectivement, on voit que Valérie Pécresse commence à être testée dans les sondages, et c'est très bien, puisqu'elle est la candidate officielle et déclarée du camp des Républicains. Deux sondages ont été publiés aujourd'hui. Les deux sondages ne permettent pas encore, à ce stade, mais ça risque de venir prochainement, de tirer des conclusions extrêmement franches et nettes, puisque l'un la place au coude à coude avec Marine Le Pen, et l'autre au coude à coude avec Éric Zemmour en troisième position. Par contre, ce que vous dites est tout à fait juste.

S'il y a bien une constante qu'on peut maintenant commenter largement, c'est celle qui place le président de la République en permanence premier dans tous ses sondages. Et ça, je pense que maintenant, on peut le commenter, puisque ça fait plusieurs semaines, plusieurs mois, que quels que soient les instituts de sondage, cette donnée est vérifiée. Et c'est tout simplement la reconnaissance de la part des Français du travail accompli de la part du président de la République, aussi bien sur le bilan économique, sur le bilan de la justice, de la sécurité, mais également de la santé. Tout cela, et encore une fois, le contexte est celui qu'on connaît, en gérant d'une autre main la crise sanitaire.

29:59
Présentateur

Comment il va faire, vous qui êtes porte-parole, comment il va faire pour trouver le bon ton, la bonne distance avec cette femme, car elle est femme, elle est brillante, elle administre une région-État. L'île-de-France, c'est une région-État qui a la taille de la Belgique, quand même. Elle a déjà ici réformé, elle qui parle de suppression de fonctionnaires, elle a même supprimé des agents publics, rendu un petit peu plus de cohérence à la fonction publique dans la région francilienne. Donc, elle a déjà l'amorce d'un bilan à présenter.

Ça va être peut-être plus difficile que Marine Le Pen ou Éric Zemmour à contrer sur le plan de la rhétorique, de l'argumentation, de la dialectique politique pour Macron, non ?

30:48
Invité

Vous avez tout à fait raison, Valérie Pécresse est présidente de région, et pour le coup, je suis conseillère régionale à la région Île-de-France, donc je peux voir aujourd'hui l'action, mais également le bilan de Valérie Pécresse sur un certain nombre de mesures. Et oui, je vous rejoins, nous devons parler de son bilan et notamment des promesses qu'elle a pu faire au cours de sa dernière campagne où elle a été réélue, effectivement. Un certain nombre de promesses qu'elle avait pu faire n'ont pas forcément toutes été respectées.

Je l'avais d'ailleurs alertée dès le mois de juillet sur cela, notamment sur le fait qu'elle allait effacer, elle l'avait bien dit, effacer la dette Covid pour l'ensemble des entreprises de l'Île-de-France. Dès le mois de juillet, une fois élue, elle est revenue sur cette promesse. Mais on peut également parler de son bilan du dernier mandat où elle avait décidé qu'elle ferait de la région Île-de-France une région verte en avant-garde sur les sujets écologiques. Et force est de constater que les différents instituts qui ont mesuré cela considèrent que la région Île-de-France n'est pas la première région de France sur ces sujets, mais bien la septième. Donc oui, je vous rejoins tout à fait.

Nous devons discuter de bilans, de projets et de promesses tenues ou finalement pas si tenues que ça.

31:57
Présentateur

Mais Rachel Binas, la différence véritablement entre Emmanuel Macron et Valérie Pécresse, est-ce qu'il y en a une ? Parce que c'est vrai qu'à la base, c'est une personne, en effet, vous l'avez dit Eric, qui pourrait presque correspondre même à la Macronie au départ. C'est-à-dire quand on voit son parcours. Elle est même pro-business, ce qu'aiment bien aussi les fans d'Emmanuel Macron. Qu'est-ce qui est différenciée ?

32:17
Éric Zemmour

C'est ça qui est assez fort justement dans le sondage qu'on a vu, c'est qu'elle a réussi à gommer cette image macroniste justement. Et ce n'était pas gagné. Ce n'était vraiment pas gagné au départ. On était persuadés que justement, elle n'arriverait pas à parler à l'éthos au cœur des militants, les Républicains, que sa radicalisation est artificielle. Là, elle semble démontrer justement l'inverse.

Les points, à mon avis, qui sont un petit peu plus sensibles là concernant, c'est le premier, ça va être le programme économique qu'elle présente, parce qu'il faut se souvenir que Fillon, à partir de quand il diminue dans les sondages, ce n'est pas l'affaire des costumes, c'est quand il présente son programme économique.

32:55
Présentateur

Et notamment sur les lunettes, on s'en souvient.

32:56
Éric Zemmour

Et c'est extrêmement dur. Qui est extrêmement dur. Elle a parlé, la Valérie Pécresse, de la suppression de 200 000 fonctionnaires. Il ne faut pas l'oublier, c'est quelqu'un qui a fait partie d'un gouvernement qui a diminué, sous Sarkozy, le nombre de fonctionnaires de police. Donc là, c'est un petit peu contradictoire avec son idée justement d'ordre, d'autorité qu'elle met en avant. Dernier point, c'est parfois son rapprochement avec des, on va dire les choses, avec des politiques qui font preuve de clientélisme.

Je pense là à Bruno Béchisa, qu'elle a placé en tête de liste au régional, et qui a des accointances, en tout cas qui a par exemple prêté des salles à des prédicateurs musulmans, pour ne pas dire en fait islamistes, qui tiennent des propos extrêmement graves. C'est là-dessus que ça va être compliqué pour elle, justement, de rattraper le coup, si je puis dire.

33:44
Présentateur

Alors, il y a eu, vous l'avez très bien raconté, Jean-Mathieu Pernin, il y a eu ce moment difficile, puisqu'après son intervention samedi soir, aux 20 heures de TF1, dans lequel elle disait que c'était elle qui allait devenir la vraie patronne de la droite, Éric Ciotti, dans le sud de la France, s'est plaint. Il a dit, c'est pas comme ça que j'entendais les choses. Elle est allée le voir aujourd'hui. Elle a passé cette journée avec lui. Et il semblerait que finalement, Éric Ciotti et Valérie Pécresse, la candidate, se soient raccommodées. D'ailleurs, maintenant, il leur pousse à l'un et à l'autre des ailes. Et c'est Éric Ciotti qui le dit.

« Pour bâtir cette victoire qu'on souhaite, qui plus que jamais est possible, pour battre Emmanuel Macron et pour faire élire Valérie Pécresse, présidente de la République. » « Vous avez entendu le message de vos militaires. » « Je le souhaite ardemment. » « Voilà, donc Ciotti dit, c'est bon. » « Oui, mais ce qui est assez intéressant, c'est qu'Éric Ciotti, on l'a vu dimanche, il a dit qu'elle s'est mal exprimée dans le journal de 20 heures de samedi. Et il continue à mettre la pression sur elle aujourd'hui, y compris en se promenant, en déambulant dans la vallée de la Vésubie. Il dit absolument que sur le front régalien, c'est lui qui mène la danse aussi.

On sent qu'elle a dû se faire taper sur les doigts, à mon avis, par son entourage depuis samedi, où elle a réfléchi et s'est dit qu'elle allait vraiment dans le mur. C'est-à-dire que si le divorce s'était consommé avec Éric Ciotti, qui en plus... Mais la faute à qui ? Qui en plus se fait applaudir chez Éric Zemmour et qui a des propos plutôt sympathiques pour Zemmour. Il faut qu'elle fasse très attention à ça. Très attention. Moi, je ne pense pas que... Ce d'autant que Ciotti, s'il trahissait LR pour Zemmour... Ce que je ne crois pas. Ce que je ne crois pas. Mais s'il le faisait, s'il était maltraité chez LR par Pécresse, il pourrait emmener 2 à 4 % de l'électorat.

Et donc, permettent à Zemmour, cette fois-ci, d'être au deuxième tour. Donc Valérie Pécresse est obligée de se coucher devant Ciotti. Elle n'a pas le choix. Mais ça veut dire qu'il peut aller jusqu'où, d'après vous, Éric Ciotti ? Parce qu'il faut rappeler, quand même, Valérie Pécresse, là, elle n'est pas d'accord, quand même, avec une proposition très radicale d'Éric Ciotti, qui est de faire un Guantanamo à la française. Et c'est elle qui a fait une chose. Jusqu'où il peut aller maintenant ? Alors, justement, je crois qu'il y a eu un malentendu qui est un malentendu de contenu de vocabulaire. D'accord. Lexical.

Quand il parlait de Guantanamo, ce n'était évidemment pas dans son esprit de refaire, de recréer un camp de Guantanamo, comme les États-Unis ont fait sur l'île de Cuba. C'est pas du tout ça. C'est Guantanamo, c'est-à-dire un dispositif juridique qui, d'une certaine façon, enferme à vie les terroristes et les empêche de retrouver la liberté complète. C'est pas plus constitutionnel. C'est en fait, non mais bien sûr, mais c'est en fait ce que demande aussi, d'une certaine façon, Valérie Pécresse.

Parce que quand on dit qu'elle s'est un peu radicalisée sur le plan égale, c'est sur ce sujet, justement, quand elle dit qu'elle est pour la création d'une rétention de sûreté, c'est-à-dire que quelqu'un qui sort de prison au terme d'une longue peine, soit toujours sous la tutelle de l'appareil judiciaire. Un héritage de Sarkozy. Et donc, c'est quelque chose qui, justement, est constitutionnellement très discutable et qui est, si jamais la droite est appelée à gouverner demain, qu'elle aura beaucoup de mal à faire passer. Oui.

Alors justement, bon, elle est venue donc aujourd'hui dans le sud de la France, rendre visite, comme elle s'y était engagée, à Éric Ciotti et à l'issue d'un déjeuner, d'échanges, bien évidemment, la paix a été retrouvée entre le candidat battu et la désormais candidate LR à la présidentielle. Regardez.

37:32
Invité

Ce sera un pilier de ma campagne. Vous savez, nous sommes le parti gaulliste et dans le parti gaulliste, il y a un chef, en l'occurrence une chef, et il y a aussi, à côté de ce chef, il y a des personnalités qui, j'allais dire par leur charisme, par leur conviction, portent des valeurs très fortes qui sont évidemment indispensables pour la victoire.

37:52
Présentateur

Elle a d'ailleurs dit qu'Éric Ciotti serait son Charles Pasqua. On a entendu ça. Donc, ça semble être apaisé quand même entre les deux, non ? Oui, c'est un équilibre difficile. Elle a dit « Il n'y a qu'un chef, c'est moi, je suis gaulliste. » Donc, Ciotti n'est pas vice-roi. Il n'y a qu'un roi, c'est moi. Cette référence à De Gaulle, alors que Ciotti était à côté d'elle, est très significative. Donc, les bisbis vont continuer, peut-être à fleurer moucheté, mais on voit bien que Ciotti n'a pas obtenu tout ce qu'il souhaitait et qu'il n'est pas l'équivalent de Valéry Pécresse qui était finalement son souhait.

Il a accepté d'être une marche en dessous et il n'a pas protesté quand elle a dit « Dans le parti gaulliste, il n'y a qu'un chef. » Et le chef, c'est une chef. Le chef, c'est moi. Donc, cet équilibre est un équilibre qui peut être instable. Si elle monte dans les sondages, Ciotti se tiendra bien. Si elle a un petit peu de mou et qu'elle baisse, Ciotti hurrera dans les brancards et la campagne sera encore un petit peu plus animée. Il a quand même... Pardon, Jean-Mathieu, il a quand même créé un micro-parti, un think-tank, un petit mouvement à l'intérieur des LR qui va s'appeler « À droite », dont il va être le patron. Pardon, ça ressemble quand même à une toute petite menace.

Sois gentil, parce que autrement, moi et mes copains de « À droite », on s'en va ailleurs.

39:16
Éric Zemmour

Il y a une forme de chantage, il faut dire le mot. Et Pécresse ne pourra pas faire toute la campagne avec Ciotti qui, en fait, quelque part, refuse d'avoir perdu. Il y a un côté aussi mauvais perdant, force est de constater que c'est elle qui a gagné. Donc, comme Barnier,

39:32
Présentateur

d'ailleurs, avait... Comme Sandrine Rousseau avec Jadot.

39:35
Éric Zemmour

Exactement, avec Jadot. D'ailleurs, on pourrait mettre en perspective les deux élections. Il y a le 4K, enfin, il y a pas mal de choses à... pas mal de parallèles adressés. Comme Barnier, mais qui, lui, a réagi de manière différente, avait eu beaucoup de mal à digérer le fait qu'il ne passe pas au second tour du Congrès. Il avait boudé. Là, cette fois-ci, Ciotti, lui, se dit « J'ai peut-être quelque chose à gagner et je vais jouer la carte du chantage. » Mais, encore une fois, Valérie Pécresse ne pourra pas faire toute la campagne avec Ciotti derrière comme une espèce de risque et avec cette menace permanente. Et pourtant,

40:08
Présentateur

Éric, vous parliez de chantage, mais on peut même parler de coup de pression puisque vous parliez à droite. Quand on regarde sur Twitter, c'est vrai, quand on regarde les tweets par exemple de Guillaume Pelletier ou Guillaume Larrivé après le meeting d'Éric Zemmour, on se rend compte que là, il y a un vrai coup de pression. Regardez Guillaume Larrivé. « Non, nous ne tomberons pas dans ce piège. Zemmour doit être traité non pas en allié ni même comme un concurrent mais comme un adversaire. Si par malheur il arrive au pouvoir, il fracturerait notre pays. Nous avons avec Valérie Pécresse un tout trop de projet pour la France.

» Vous voyez, il parle des deux en même temps et celui d'un autre membre des LR, Guillaume Pelletier. « Comment rester insensible aux discours pour la France ? » Éric Zemmour avec mon ami Éric Ciotti. « Je persiste et je signe. Un seul adversaire, Emmanuel Macron, un seul objectif, réparer la France. Un seul moyen, unir tous les électeurs de droite. » Yves Fréer, on voit que là, c'est un coup de pression sur Valérie Pécresse, non ? C'est un coup de pression mais c'est surtout qu'ils sont assez mal à l'aise finalement.

Parce que Guillaume Larrivé, je suis désolé, mais Guillaume Larrivé fait partie de ceux aux Républicains qui pourraient être compatibles avec Emmanuel Macron, qui a songé à un moment, il s'est dit « je vais peut-être être appelé pour être ministre », qui ménage la chèvre et le chou et qui avait clairement dit que Ciotti, ce n'était pas tout à fait son idéal, même s'ils s'entendent très bien, les deux s'entendent très très bien.

Donc, vous voyez, c'est le temps des petites phrases, c'est le temps des ajustements, j'ai envie de dire, mais moi je suis assez persuadé que d'ici à quelques temps, et ce temps sera très court, Valérie Pécresse s'imposera et que tout le monde verra qu'ils ont intérêt derrière elle. Parce que derrière tout ça, il ne faut pas oublier une chose, c'est que vous avez des législatives après. Et ces législatives, il faut qu'elles soient réussies pour nombre d'entre eux qui sont députés, qui ont des postes parfois importants dans le dispositif républicain, il faut qu'ils les conservent ces postes-là. Ça c'est la première chose.

Après, si Valérie Pécresse, si d'aventure, elle arrive à battre, parce que si elle plie le match face aux nationalistes, elle peut battre Emmanuel Macron. C'est step by step. Comme dirait les footballeurs, c'est match après match. Il faut qu'elle plie le match avec les nationalistes. Si elle plie le match avec les nationalistes d'ici au mois de février, après, face à Emmanuel Macron, elle peut le battre. Et à ce moment-là, tous ces gens-là qui aujourd'hui cherchent un peu leur marque, vous allez voir qu'ils vont vite les trouver, ces marques-là, parce que ça va être la chasse aux Marocains.

Alors qu'ils n'espéraient plus rien parce que cette élection a été considérée comme perdue, voilà que plein de gens se disent qu'en juin, pour prochain, ils pourraient être ministres. Ça change tout. Je vous entends. Soit, aujourd'hui, Valérie Pécresse confirme avec un haut niveau dans les sondages, 16, 17, qui laisse penser qu'elle sera au second tour. Soit, écoutez ce que dit la ministre d'Emmanuel Macron, Marlène Schiappa.

43:11
Invité

Moi, j'observe que pour le deuxième tour des élections du Parti des Républicains, M. Ciotti a obtenu 40%, près de 40% des suffrages des militants LR. C'est énorme. Ça veut dire que Mme Pécresse, aujourd'hui, elle est l'otage de la ligne Zemmour-Ciotti puisqu'on voit que M. Ciotti a décidé de créer son propre mouvement, qu'il est acclamé et salué au meeting d'Éric Zemmour où les militants scandent son nom.

43:35
Présentateur

Voilà. Mais attendez, si jamais Pécresse est à 10% pendant trois mois, vous allez voir que... Bien sûr, évidemment. Elle fait de la politique aussi. Oui, et puis elle prend un ton très ferme pour faire oublier que le même jour, son papa est devenu un soutien de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle. Quand on est ministre macroniste, ça ne fait pas très chic quand papa soutient un des principaux adversaires de Macron à la personne de Mélenchon. Donc, il est normal qu'elle monte sur ses grands chevaux pour faire oublier cet affront. Je ne suis pas sûr que le président de la République soit très heureux que le papa d'une de ses ministres soutienne un de ses adversaires. Ce sont des enlèbres,

44:17
Éric Zemmour

tant mieux.

44:17
Présentateur

Mais est-ce que, par exemple, Édouard Philippe, justement, maintenant, pourrait jouer un rôle pour Emmanuel Macron pour contrer Valérie Pécresse ? C'est-à-dire que lui-même, il vient de cette famille, il les connaît bien, il pourrait les attirer aussi par rapport à sa nouvelle formation ?

44:28
Éric Zemmour

Je pense que ça aurait déjà été le cas s'il avait pu le faire. Ensuite, oui, pour Valérie Pécresse, la difficulté, ça va être, et à la fois sa force, c'est-à-dire d'incarner une nouvelle identité, de montrer, encore une fois, que la République en marche n'a pas le monopole de la droite et que les LR ont retrouvé certains attributs. Et là, le passage qu'on a entendu, en fait, Manchapa, c'est malin. C'est malin, c'est de dire, vous voyez, on va mettre Pécresse dans le même lot que Ciotti, Zemmour, etc. C'est une espèce de menace que peut représenter, aujourd'hui, cette ligne considérée comme identitaire, donc dangereuse, etc.

Ça peut être d'ailleurs la stratégie à venir de la République en marche. C'est-à-dire marquer une différence en expliquant nous, nous ne sommes pas identitaires. Eux, alors je ne vais pas faire une réduction, mais il y a une espèce comme ça de Roland un petit peu quasiment fasciste derrière leurs propos. On incarne la tolérance, l'ouverture face à, par exemple, la prophétie apocalyptique de quelqu'un comme Éric Zemmour.

45:32
Présentateur

Oui, pour Macron, ça peut être compliqué parce que si Mme Pécresse arrive à rassembler tout ce monde-là, à faire la synthèse, je dirais, d'une droite classique, finalement, c'est un discours qui, on ne peut plus classique. Quand Zemmour dit que cet aspect régalien très prononcé, c'est exactement ce que le RPR défendait dans les années 80, il a complètement raison. Je veux dire, il n'invente rien là-dessus.

Et donc, s'il renoue aux Républicains avec ce discours-là, tout en gardant l'aspect, on va dire, libéral, grosso modo, sur le plan économique, et ce qui est aussi l'ADN de Mme Pécresse, eh bien, ça devient compliqué pour Macron parce qu'effectivement, il pourra perdre un petit peu sur la droite, sur sa droite, parce qu'il a réussi à attirer une droite entrepreneuriale qui pourrait tenter de repartir au bercail, et puis, tout en voyant une gauche s'effilocher, parce que je ne pense pas qu'aujourd'hui, il a conservé, contrairement à ce qu'on a pu penser à un moment, il a conservé l'électorat de centre-gauche, alors qu'on pensait qu'il l'avait perdu.

Il l'a conservé, me semble-t-il, mais cet électorat de centre-gauche, c'est un électorat qu'il faut dorloter aussi, donc il ne peut pas faire n'importe quoi avec lui. Ce qui est assez étonnant, c'est quand même, on voit Emmanuel Macron, Laurent Alexandre, qui a une stabilité, mais alors, depuis le début dans les sondages, là, il est donc à 25% au premier tour. Il faut juste rappeler que c'est juste un seul point de plus seulement que le premier tour en 2017, Emmanuel Macron, ce n'est pas finalement plus extraordinaire que ça, mais tout de même, il reste stable, ça ne bouge pas. C'est la constance.

Depuis des mois et des mois, Macron est entre 23 et 26%, il est parfaitement stable, c'est le seul qui ne bouge jamais. Et on voit que le socle qu'il a, la bourgeoisie de gauche plus la bourgeoisie entrepreneuriale de droite, lui est acquis et n'a pas l'intention de partir. Elle ne va pas aller chez Marine Le Pen qui a dit qu'elle remettrait l'impôt sur la fortune contre les entreprises et contre les entrepreneurs en supprimant l'IFI. Cette bourgeoisie, elle ne va pas aller chez les écologistes, chez les ayatollahs verts, elle ne va pas aller chez Mélenchon et elle ne va pas non plus aller chez LR parce que finalement, elle est bien chez Macron.

Et donc ce pôle, ce grand pôle bourgeois, et c'est la première fois dans l'histoire de France qu'un homme politique réunit à la fois la bourgeoisie de gauche et la bourgeoisie de droite, ce grand pôle, il est très très stable, il est très très bien au Berca et chez Macron, il n'a pas l'intention d'aller à gauche ou d'aller à droite et il est probable que Macron va rester sur cet étiage de 25% qui est finalement, qui regroupe tous les gens qui sont bien dans leur basket, dans la mondialisation telle qu'elle est, dans cette nouvelle économie de la start-up nation.

et on a finalement un phénomène sociologique qui est très intéressant, c'est qu'un homme peut reconstituer un grand sang autour de cette bourgeoisie des droites et de gauche, ce qui ne s'était jamais fait dans l'histoire de France. C'est très très riche d'enseignements pour le futur. Vous avez tous vu les attaques, on va revoir un tout petit extrait, les attaques d'Éric Zemmour sur Macron étaient à la fois assez bien vues, mais d'une cruauté, d'une férocité extraordinaire. Je vous montre juste quelques secondes. C'était hier soir à Villepinte. Trouvez-moi un seul Français dans le pays qui puisse expliquer la pensée d'Emmanuel Macron. Un seul. Il n'y en a aucun. Pas même lui.

Personne, personne ne sait qui il est parce qu'il est personne. Derrière le masque de la parfaite intelligence technocratique, derrière la montagne d'idées superficielles, derrière les slogans contradictoires, derrière le « en même temps » synonyme de désordre et le « quoi qu'il en coûte » synonyme de ruine, il n'y a personne, il n'y a rien. En 2017, la France a élu le néant et elle est tombée dedans. C'est la partie la plus violente de son discours. C'est une partie extrêmement violente avec ça et l'accusation contre Chirac et la droite républicaine qui s'est trahie finalement depuis les années 90.

Mais ça, c'est terrible parce qu'en fait, il installe le combat électoral entre lui et Macron. Son adversaire, c'est Macron. Alors que l'adversaire principal, me semble-t-il, pour le moment, les deux adversaires principaux, ce sont deux femmes, deux et morts, c'est à la fois Marine Le Pen et à la fois Valérie Pécresse. Il faut d'abord que... Parce que là, pour le coup, c'est le quatrième homme qui est maintenant, aujourd'hui. Alors qu'il était plutôt... Il pensait qu'il allait jouer plutôt le rôle de troisième ou deuxième homme. Donc là, c'est le quatrième homme. Il faut qu'il abatte les deux autres pour accéder à Macron.

C'est ça qui est intéressant, c'est qu'en fait, on s'aperçoit que chez chacun, des trois là, Marine Le Pen, Mme Pécresse et Éric Zemmour, ils s'en prennent d'abord à Macron. Alors qu'entre eux, il y a une concurrence terrible. Mais Rachel Binach, juste une chose, on voit Emmanuel Macron, il a raison, finalement, aujourd'hui, de ne pas être candidat encore. On le voit là, il est en tournée en France, il a été en tournée aujourd'hui sous type du Covid, etc. Il a raison. Il a raison,

51:00
Éric Zemmour

il vaut mieux qu'il entre le plus tardivement possible en scène. De toute façon, il n'a pas besoin maintenant. En plus, on le lui reprocherait. On dirait, voilà, il profite de son statut pour ce que font de facto tous les présidents sortants. Il n'a pas vraiment le choix.

51:18
Locuteur non identifié

Est-ce qu'il fait en effet ?

51:19
Éric Zemmour

Exactement. Donc, il a raison, en effet, d'attendre, de ne pas répondre aussi. Comme ça, il conserve également une image, il évite des faux pas. Néanmoins, je vais revenir rapidement sur ce qu'on a vu. On a parlé, en effet, de la violence des propos qui parfois flortent avec l'invective à l'égard de Macron. On pourrait parler, je suis désolé, moi ça m'amuse, parce qu'il y a quelque chose de profondément ironique, des propos extrêmement très violents à l'égard des journalistes. Venant d'une personne qui est lui-même un journaliste et qui est créée par les médias et pas par des petits médias, par des grands médias, pas aux marges, loin de là, c'est assez ironique.

Notons en plus que LCI, notamment, parce que les propos de M. Cochy, je crois, étaient aussi assez virulents à notre endroit, a diffusé son meeting, a diffusé ses images, les images d'Éric Zemmour produites. Donc, il y a quelque chose de paradoxal mais ironique et en fait avec un fond démago que de vouloir taper aujourd'hui sur des gens qui l'ont à la fois créé et nourri.

52:28
Présentateur

Éric ? Oui. Justement, Laurent Alexandre, quand on parle aussi, quand on voit aujourd'hui Emmanuel Macron ne rien faire, finalement, de ne pas s'intéresser presque à la campagne électorale alors qu'on sait très bien qu'on regarde bien sûr ce qui se passe. Aujourd'hui, Emmanuel Macron, est-ce qu'il peut véritablement défendre son bilan sans présenter finalement un nouveau programme ? Est-ce que ça suffit aujourd'hui pour Emmanuel Macron ? Emmanuel Macron est en train de capter un quart de l'électorat sans faire campagne, sans effort, sans prendre de risques, sans sortir un programme qui pourrait le mettre en défaut parce que quand on sort un programme, on se fâche avec plein de gens.

si on défend la tourterelle, on se fâche avec les chasseurs et les exemples peuvent être multipliés à l'extrême. Donc, il est dans une situation très très confortable. De toute façon, il est certain d'être au premier tour. La question du deuxième tour se pose maintenant compte tenu de la montée de Pécresse mais il est certain d'être au deuxième tour. Il n'a aucune raison de paniquer, d'accélérer son planning. Il va s'annoncer très très tardivement comme certains l'ont fait dans le passé. Mitterrand ne s'était pas annoncé lors de sa deuxième élection très tôt. Donc là, il joue un coup gagnant qu'il réussit très bien.

Il n'a aucune raison de s'exposer maintenant avant Noël et il le fera le plus tard possible. Très bien. Tout le monde passe son temps à dire les sondages de novembre-décembre n'ont rien à voir avec la réalité politique de janvier, février et de l'élection. Très bien. Parfait. Donc, ce que nous, on va remontrer, tiens, le sondage de ce début du mois de décembre, il est sorti tout à l'heure, sondage IFOP, LCI, il nous a été révélé à 20 heures. Il a été fait juste avant le meeting d'Éric Zemmour mais juste après la nomination par LR de Valérie Pécresse comme candidate à la présidentielle. Voilà le sondage.

Donc, si ce sondage, tout frais, n'a rien à voir avec ce que sera la réalité politique du pays dans un mois, un mois et demi, qu'est-ce qui va se passer ? Où va être le coup de Trafalgar ? Vous êtes payé pour faire du journalisme politique, les amis. Il y a deux courbes à regarder de très près. C'est la courbe de M. Zemmour pour savoir si, effectivement, il stagne. C'est-à-dire que ça y est, ça a patiné, il a atteint un plafond de verre et il est autour de 12-14%. Et l'autre courbe à suivre, c'est évidemment celle de Valérie Pécresse. Si Valérie Pécresse, alors là, pour le coup, explose son plafond et elle est bien partie parce que là, elle a la dynamique avec elle maintenant.

Mais je vous rappelle que quand François Fillon, il y a cinq ans, a été élu à l'issue de la primaire, ses premiers ennuis, c'était début décembre quand, effectivement, peu après la primaire, on a découvert que les histoires de bobos, de remboursement de sécurité sociale, ça ne marchait plus. Et les 600 000 fonctionnaires. Et les 600 000 fonctionnaires, tout à fait. 500 000 fonctionnaires. 500 000. Et donc là, il ne faut pas, mais si, c'est les deux cours à suivre. Parce qu'à mon avis, Macron ne va pas bouger et Marine Le Pen ne va pas bouger non plus. Donc tout dépend de ce que vont faire Zemmour et d'ailleurs, c'est évidemment étroitement lié.

Mais ce que dit Yves Tréhard, c'est qu'il ne peut pas y avoir de surprise à gauche. C'est que finalement, les seuls questions sont à droite. C'est quand même désespérant pour l'électorat de gauche de voir le patron du Figaro nous expliquer qu'aucune surprise, aucune bonne surprise ne peut arriver. Alors, il y a quand même un scénario où il y aurait une surprise à gauche. Si l'égo de Mélenchon n'était pas aussi important, si Anne Hidalgo était courageuse et si Jadot n'était pas si perso, il pourrait y avoir un candidat unique de la gauche et celui-là, il pourrait être au deuxième tour. mais c'est notamment impossible à cause de l'égo de Mélenchon. Oui, mais Laurent, deux choses.

La première, vous avez raison. Pour Mélenchon, il ne faut pas sous-estimer parce qu'il y a cinq ans, à cette période, il était un tout petit peu plus haut seulement. Il était à 10-12 alors que là, il est à 9-10 et donc il a quand même fini à 19. Donc il ne faut pas trop l'enterrer. Première chose. Deuxième chose, ce n'est pas tellement l'unité de la gauche qui fait sa force. On l'a vu très bien, à chaque fois qu'il y a une élection présidentielle, il y a beaucoup de candidats de gauche, y compris d'ailleurs en 1981, où je vous rappelle, il y a un candidat communiste, il y a des candidats trotskistes et tout ça.

Et que cette division de la gauche n'empêche pas qu'il y ait un candidat fort, notamment du Parti Socialiste. Le problème, c'est un problème d'offres... C'est que l'étiage est bas. Non, le problème, c'est un problème d'offres politiques, c'est-à-dire que... Enfin, pas d'offres politiques, mais d'offres idéologiques. C'est-à-dire qu'ils n'ont pas su se renouveler et que cette écologie dont on pensait qu'elle pourrait être l'aiguillon d'un renouveau de la gauche, elle ne l'est pas pour le moment, en tous les cas. La gauche, on va en parler tout de suite dans les indiscrets insomniacs car Renaud Pila, le journaliste le mieux informé de Paris, vient d'entrer dans ce studio.

On parle de Zemmour au début. On parle de Zemmour pour commencer et on parlera de la gauche après. Exactement. Qui avait voté Mitterrand en 1981. Zemmour, homme de gauche, qui avait voté Mitterrand en 1981. Exactement. Ancien homme de gauche. Exactement. C'est ce que... C'est ce qu'a répondu Valérie Pécresse hier en disant mais nanana, elle a dit écoutez, moi, j'ai voté Jacques Chirac à l'époque alors qu'Éric Zemmour a voté Mitterrand. Oui. Voilà. Non, elle avait voté en 1981 Giscard. Giscard. Non, après, elle a voté Chirac. Moi, j'ai toujours voté Chirac et lui Mitterrand. Je vous parle maintenant d'argent. Un art de la guerre quand même dans une campagne électorale.

Eh bien, on apprend ce soir que du côté d'Éric Zemmour, on dit qu'on a le budget. On dit qu'on a le budget et qu'effectivement le public, notamment, du meeting hier de François Fillon, l'absus, d'Éric Zemmour, a acheté beaucoup de goodies. Goodies. Les goodies, c'est les casquettes, c'est les sacoches, c'est les t-shirts. Ils ont fait quand même des t-shirts. Maintenant, ben voyons, parce que vous savez que maintenant, les opposants, ou plutôt les sympathisants d'Éric Zemmour se moquent gentiment de lui parce qu'Éric Zemmour dit toujours ben voyons, ben voyons. Donc, ils ont vendu hier 60 000 distils pour 60 000 euros de goodies.

Or, par exemple, le changement de salles, ça devait être au Zénith la semaine dernière. C'était trop petit, donc ils ont changé de salles. Ville Peinte, qui est 15 fois, 20 fois plus grand, ça a coûté 70 000 euros pour changer de salles, en plus dans le budget. Donc hier, ils disent, on est content, on a vendu 60 000 euros de goodies, ça permet de compenser cette somme supplémentaire. Ils annoncent ce soir 15 000 adhésions à 30 euros au nouveau mouvement d'Éric Zemmour, reconquête le parti. Ils revendiquent ce soir 15 000 adhésions. Et sur le budget global de la campagne, en gros, pour mener une campagne comme Éric Zemmour, il faut 7, 8, 8, 9, 10 millions, eh bien, ils disent qu'ils les ont.

Le point, c'est qu'effectivement, si Éric Zemmour commence à récolter des fonds, commence à emmagasiner des adhérents, à récolter des adhésions, 15 000, disent-ils, sous, ou prêts à montrer les fichiers, c'est pas comme autrefois, disent-ils, les PS ou RPR, on gonflait les chiffres, ils disent qu'ils ont les 15 000. Eh bien, ça veut dire qu'Éric Zemmour, il lance un vrai parti avec des adhésions, avec de l'argent.

Et si jamais, il n'est pas au second tour et que ça rate, mais il n'est pas si âgé que ça, Éric Zemmour, il a 63 ans, ça veut dire qu'il s'installe dans le paysage politique et reconquête, c'est pas que pour, dans la tête d'Éric Zemmour et de ses partisans, c'est pas que pour cette campagne, ils continueront après l'été prochain si jamais il n'était pas.

Donc, quand vous avez des fonds, quand vous avez une organisation et si vous avez derrière des gens, mettons qu'ils fassent 12, 13, 14 %, c'est un nouveau parti politique dans la campagne présidentielle avec de l'argent et peut-être dans le paysage futur, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais pour le RN et pour le LR, quel que soit le résultat de l'élection présidentielle, c'est nouveau dans le paysage politique français. Au législatif d'ailleurs ? Ben voilà, les candidats. Effectivement, ça serait intéressant. Alors là, le problème, c'est ce qu'a souligné Laurent tout à l'heure, c'est qu'il n'y a pas de ralliement pour le moment, il n'a pas de figure.

Mais vous allez me dire qu'Emmanuel Macron, en 2017, il a réussi à faire élire un paquet de députés, une majorité de députés, parce que plus de 300, plus de 320, dont la plupart étaient complètement inconnus au bataillon. Il faudra déjà avoir les parrainages. C'était des amateurs. Il avait juste une personne connue, c'était François Bérou. François Bérou. Il lui a aidé un petit peu sur le... Et Gérard Collomb. Voilà. C'était un petit peu... Il a Christine Bouton. Il a Christine Bouton. Allez, Renaud Pilat, deuxième indiscret, insomniaque. Pourquoi Macron retarde-t-il son annonce de candidature ? Alors, petite question de stratégie politique que je vous soumets.

Ça serait quand le meilleur moyen de se déclarer pour Emmanuel Macron maintenant ? Ou à février. Février ? Vous êtes tous d'accord ? Oui. Ou alors avancer la candidature. Pécresse monte. Ça commence à... Voilà, il faut réagir. Est-ce qu'il doit avancer avant les fêtes ? Janvier ? Début janvier ? Il faut dire que le sondage de Pécresse se confirme. Pardon ? Il faut que le sondage qui met Pécresse à 17% se confirme. Oui, oui, absolument. Mais si jamais, si jamais, vous avez entièrement raison, si jamais, avant Noël, il y a une vraie dynamique parce qu'il faut 4, 5 sondages d'instituts différents pour voir une dynamique. Est-ce que Emmanuel Macron doit démarrer sa campagne plus tôt ?

On se souvient que Nicolas Sarkozy avait dit « S'il avait démarré 3 semaines avant, j'aurais gagné ». Eh bien, chez les macronistes, ce soir, en tout cas, je peux vous dire que le sondage de Valérie Pécresse, quels que soient les commentaires officiels, ils le regardent. Ils n'avaient pas prévu, encore une fois, qu'il y a un mois, on est un 52-48. Et certains sont favorables à une entrée en campagne plus tôt, dès le début du mois de janvier, avec une mise en mouvement des militants, des marcheurs, parce que vous savez que le parti République En Marche, ça fait quand même 4 ans qu'ils n'ont pas fait campagne. Les dernières campagnes qu'ils ont faites, ça a été un fiasco total.

Les campagnes locales, ça fait combien de temps qu'ils n'ont pas fait campagne, les macronistes ? Certains se disent « Il faut qu'on réactive nos troupes. Il faut que... » Et quand Emmanuel Macron, paraît-il, en a sous le pied et veut en découdre, eh bien, ils disent « Il faut commencer tôt ». D'autres disent « Pas du tout. Il faut attendre février, fin février. » Pourquoi ? Un, il y a le Covid. Ça veut dire qu'Emmanuel Macron peut garder cette image de protection des Français. Et puis deux, il y a la présidence française de l'Union européenne qui démarre le début janvier avec, je peux vous dire, un agenda surbooké, surbooké.

Emmanuel Macron a quasiment deux événements par semaine dans le premier mois de la présidence française de l'Union pour montrer que pendant que tout le monde s'agite, lui, il a du niveau, du nouveau chancelier allemand, de tous les dirigeants européens et qu'en dessous, ils n'ont pas le niveau. Donc d'autres disent « Non, il faut attendre fin février, début mars ». Eh bien, en tout cas, ce soir, je peux vous dire que les changements dans cette campagne de dynamique, s'ils se confirment, vont continuer à alimenter les spéculations sur une entrée plus tôt ou plus tard.

Oui, sauf que ça serait, à mon avis, une erreur de montrer trop d'empressement parce que ça voudrait dire qu'il est déstabilisé encore une fois si Mme Pécresse congresse encore. Pour ça, il faudrait qu'elle flirte avec les 20% d'intention de vote. Et donc, à mon avis, et deuxième chose, on pourrait lui faire le reproche d'avoir abandonné la présidence de la République et les réformes ou en tous les cas les affaires à traiter et d'aller courir la campagne plutôt que de s'occuper des Français.

1:04:03
Éric Zemmour

Mais pour le moment, en tout cas, il récolte les fruits de sa gestion du Covid, notamment sur le plan économique, qui a été quasiment exemplaire. Aucun autre pays au monde n'a bénéficié d'autant d'aides non plus. Vous avez raison. Ça a contrebalancé

1:04:20
Présentateur

les gilets jaunes. Aucun autre contribuable au monde n'a été aussi généreux que le contribuable français. Je vous rappelle que selon les... Non, vous êtes gentils, les amis. Je ne dis pas que ça tombe du ciel. On a l'impression que l'argent est sorti des poches d'Emmanuel Macron. Macron, les Echos ont publié une étude qui dit que les contribuables français vont mettre 67 ans à rembourser la politique de Macron sur le plan sanitaire. 67 ans, donc vous parlez d'un Macron ingénieux. Mais les Allemands vont mettre 15 ans. Vos enfants et vos petits-enfants vont payer ce que vous appelez le quoi qu'il en coûte. D'accord. Et les Allemands, 15 ans.

Eric, est-ce que ce n'est pas un début d'explication des deux enquêtes d'opinion qui sont parues ce soir qui montrent que les seniors, les retraités qui votaient François Fillon commencent à se reporter sur Valérie Pécresse qui, sur la dette, je vous rappelle, c'est celle qui a dit il crame la caisse. Il a cramé la caisse. C'est celle aussi qui dit qu'il va supprimer le son fonctionnaire. Est-ce que ce problème de la dette ne va pas empoisonner le début de campagne d'Emmanuel Macron avec une droite qui va dire aux seniors ? Encore une fois, elle fait au second tour, s'il y avait un second tour, chez les seniors, chez les plus de 60 ans, c'est 58 Pécresse, 42 Macron.

Ce qui est terrible, c'est que l'argument de la cramée la caisse est très bon politiquement. Sauf qu'en France, les gens se foutent de l'économie et se fichent de... Sauf vous, Eric. Oui, d'accord avec ça, Laurent Alexandre. Les Français se fichent complètement de la dette, etc. Ce n'est pas grave. La dette, on ne la paiera jamais. Dans un deuxième tour, Pécresse, Macron, ça peut compter. Ça peut compter ? Bien sûr.

1:05:53
Éric Zemmour

Sauf que vous oubliez que François Fillon a baissé à partir du moment où il a présenté un programme économique très dur.

1:05:57
Présentateur

Dans les mois qui viennent, l'angoisse sur le remboursement de la dette par nos enfants, nos petits-enfants et nos arrières-petits-enfants pourraient compter dans la balance. Vous avez raison de le dire, Eric, parce qu'effectivement, en Allemagne, ça n'est pas le cas. C'est quelque chose de spécifique à la France. Le fait de détruire le futur de nos enfants en nous endettant sans cesse plus, c'est une maladie française. Peut-être qu'un jour, les Français qui ont des enfants et des petits-enfants vont s'inquiéter de laisser une économie dévastée à leurs descendants. Alors, on verra ça en effet pendant la campagne. Mais il y a juste un autre indiscret.

Vous savez, il paraît, Eric, on me dit ça. Je crois que vous êtes très au courant de cette chose. Renaud, donc Darmanin, qui, donc le ministre de l'Intérieur, décore en toute discrétion ? Oui, on a appris ce soir que le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, c'est peu su, il y a un communiqué, mais en tout cas, ça n'a pas été annoncé en grande pompe, a décoré Monseigneur de Moulin-Beaufort de la Légion d'honneur puisqu'on a appris cette décoration de la Légion d'honneur pour Monseigneur de Moulin-Beaufort. Et on verra, alors l'AFP nous apprend effectivement cette cérémonie en petit comité.

Monseigneur de Moulin-Beaufort, pour vous rappeler, c'est celui qui, il y a quelques semaines, au moment de la publication du rapport Jean-Marc Sauvé, du rapport Sauvé, avait expliqué, je ne sais pas si vous vous souvenez, que le secret de la confession était plus important que les lois de la République.

Et cette déclaration de Monseigneur de Moulin-Beaufort avait extrêmement gêné une partie de l'Église qui veut, après le rapport Sauvé, en finir avec tous les actes de pédophilie qu'il y a pu avoir dans l'Église catholique et en disant cette déclaration nous gêne considérablement que ce soit beaucoup d'éclésiastiques, de prêtres ou des laïcs qui veulent, pardonnez-moi l'expression, faire le ménage et régler ces problèmes qui ont tant miné l'Église catholique depuis des années. Donc Monseigneur de Moulin-Beaufort avait fait cette déclaration, il est décoré ce soir d'allégion d'honneur par Gérald Darmanin, on ne sait pas, on en saura plus les raisons de cette décoration.

Mais j'ai quelque chose à dire. La façon dont vous présentez les choses, mon cher Renaud, me gêne un peu car quand Moulin-Beaufort dit cela, en tant que porte-parole et les porte-parole des évêques de France, il dit que la loi française aujourd'hui, en 2021, place le confesseur en situation de ne pas signaler aux forces de police un acte de cette nature-là de pédophilie. Légalement. Légalement. Mais c'est un choix, il leur demande mais légalement, ce n'est pas obligatoire. Oui, en France, ce n'est pas obligatoire, ce qui paraît totalement dingue. Voilà, exactement. Mais Moulin-Beaufort ne fait que parler de la loi française en 2021.

Mais souvenez-vous, je ne sais pas si vous en pensez au Toto Bladou, mais souvenez-vous, lorsqu'il a déclaré ça, sa déclaration était maladroite. Mais bien sûr. maladroite, c'était la forme, c'était la forme de cette déclaration qui avait, franchement, je me souviens ce soir-là, beaucoup de catholiques qui disaient, mais les bras nous en tombent, parce que c'est tellement maladroit, il a dû rectifier dans les jours qui viennent la déclaration, parce que vous avez raison, Éric, mais voilà, peut-être que cette déclaration, peut-être certains vont s'en emparer, je ne sais pas ce que vous en pensez les uns les autres. Bon, quand est-ce qu'on parle de la gauche ?

À l'instant, mais c'est incroyable, Éric, quelle coordination dans cette équipe. Quel terrible, c'est fou. Donc vous allez nous dire, Renaud, que Jean-Luc Mélenchon, pourquoi il est craint en coulisses, justement ? Pourquoi il est craint en coulisses ? Parce que Mélenchon, Jadot, Hidalgo, ils sont passés où ? Jadot, Hidalgo, Hidalgo ? La campagne a démarré hier, ils étaient où ? Ils étaient devant leur poste de télévision. Hidalgo, vous allez avoir un meeting Hidalgo samedi prochain. À Perpignan. Anne Hidalgo, à Perpignan. Entre 800 et 1 000 personnes attendues. Ils n'ont pas un problème de jauge. Entre 800 et 1 000 personnes attendues. Vous êtes optimiste.

Écoutez, Jean-Luc Mélenchon, hier en meeting, 5 000 personnes, il garde son punch, regardez, c'est faire ailleurs. Les trois familles sont là. Les partisans du grand affolement à cause du grand remplacement. M. Zemmour, Mme Le Pen, M. Ciotti et quelques-uns. Il y a les amis du grand démantèlement à cause du grand rendement qu'il faut opérer dans la société. Et puis, alors ça c'est Macron, Pécresse, vous faites la liste que vous voulez. Et puis, vous avez les partisans du grand changement. à cause du grand épuisement des êtres humains et de la nature sous la pression du capitalisme financier qui est en train de détruire l'humanité, la biodiversité et la planète. Yves Tréard.

Oui, c'est assez tragique je trouve parce que ce meeting, si on l'écoute bien, c'est un meeting pour ne rien dire. Il n'a rien dit. Rien de neuf. Il n'a pas emporté la foule d'ailleurs. Il n'y avait pas de mouvement, il n'y avait pas d'enthousiasme en particulier. C'est un meeting qui n'était pas construit. Son discours n'était absolument pas construit. Il est revenu sur la créolisation. C'est le concept d'ailleurs. Il se trompe complètement si on écoute les experts d'Edouard Glissant qui est le concepteur, le philosophe qui a créé ce concept. Il en fait un faux sens, Mélenchon. Et on sent qu'il a perdu de la verve.

Il a perdu le fil directeur de ce qu'il a envie de dire, de ce qu'il faut dire, de ce qu'il faudrait dire. Et il est à l'image d'une gauche qui se cherche, d'une gauche qui radote. Mais Yves, je serai la pouvoir... Et c'est tragique pour le pays d'ailleurs. Ah c'est d'accord, mais... Cette gauche aujourd'hui, je crois que c'est Laurent qui le disait tout à l'heure, elle est à 20%. Justement, Chévinach, les principaux candidats ont tout ça fait 24%. Soit le score d'Emmanuel Macron, promets toi.

1:11:49
Éric Zemmour

En effet, on a l'impression qu'à gauche, il y a plus de candidats que d'électeurs. Et je ne pense pas que ce soit une bonne nouvelle. Quelle que soit la tendance que l'on défend ? Ce n'est jamais une bonne nouvelle quand il y a un pan entier comme ça. C'est aussi des électeurs qui se retrouvent orphelins. Néanmoins, je finirai là-dessus. J'aurai un petit bémol quand on parle de la droitisation de la société. Parce que quand on regarde les thèmes qui intéressent le plus les Français aujourd'hui en tant qu'électeurs, arrive très vite la question du chômage, des inégalités, de la santé, etc. Donc, quelque part, des fonctionnaires également.

Et ce n'est pas forcément les premières valeurs de la droite. Donc, les idées dites de gauche ne sont pas totalement absentes de cette campagne.

1:12:28
Présentateur

Mais si j'avais mis en bas pourquoi il est créé en coulisses, Yves, vous avez raison, mais c'est le seul qui peut encore rassembler 5 000 personnes. Quand même, les autres, où sont Jadot et Hidalgo ? On verra le meeting d'Anne Hidalgo à Perpignan, effectivement. Merci beaucoup, les amis. Vous le savez, sur LCI, la nuit, nous avons les moyens de vous faire veiller. Par conséquent, restez branchés sur notre chaîne car à minuit pile, c'est le JT politique insomniaque. Merci beaucoup, Jean-Mathieu Pernin. Merci à vous, les amis Pernin. Non, pas Pernot. Merci à vous, les amis. Vous n'avez plus un temps, donc il faut aller faire deux doigts maintenant.

Vous allez regarder LCI à la maison maintenant. Vous vous raconterz une histoire avant. Je vous raconterai une petite histoire. Merci, Renaud Pila. À demain, 22h. Sous-titrage Société Radio-Canada

1:13:13
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada

ZEMMOUR : MEETING CHAOTIQUE MAIS DISCOURS RÉUSSI ? — Éric Zemmour · Pourquijevote