Ça fait quoi d'être CEO ? Lucie Basch (Too Good To Go, Poppins) répond aux questions de Paul Moisson
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Vous avez déjà refusé un partenariat trop risqué pour votre image ? Oui, on a eu beaucoup de mal à travailler avec Total. Vous l'avez fait ?
On travaille [raclement de gorge] avec les stations Totales. D'accord. Euh parce que il y a du gaspillage.
Le rôle de Tougou Tougo, c'est de lutter contre le gaspillage alimentaire. Donc en fait, [musique] on va pas dire ce gaspillage alimentaire là, on va pas le prendre parce que [musique] [musique] dans ce premier épisode de CEO, on a le plaisir de recevoir Lucy Bach, 34 [musique] ans, la fondatrice de l'application Toout Tougo. Le principe est simple, vendre à prix casser les invendus des [musique] restos, des boulangeries, des supermarchés et ça cartonne 120 millions d'utilisateurs à travers 20 pays différents.
Ce succès a amené Luci à faire des partenariats avec des [musique] géants Carrefour, IKEA ou même Total Energie, des entreprises pas forcément hyper écolo, hyper antigaspie, mais les écologies et business, est-ce que c'est possible ? Est-ce que c'est contradictoire [musique] ? Et au fait, c'est quoi être entrepreneur dans la France de 2026 ?
Lucy Bach a accepté de s'asseoir dans [musique] le fauteuil de CEO pour répondre à toutes ces questions. CEO première bonjour Lucy Bach, merci d'être venu. Vous êtes CEO, ça vous a fait quoi la première fois que vous avez dit ça ?
C'est pompeux je trouve. Ouais, un peu. Ouais.
J'utilise pas trop ce DG vous dites. Je dis DG. DG.
Ouais, c'est un peu pompé aussi. C'est pompé aussi. Ouais, je dis cofondatrice pas mal.
Je trouve que cofondatrice c'est plus euh bah déjà il y a le côté petite boîte même si togou Togo c'est plus trop une petite boîte aujourd'hui et il y a le côté co. En fait le fait de faire ensemble ça fait partie de de la beauté de l'entrepreneuriat quoi. Moi c'est vraiment ce que j'aime dans le fait de monter une boîte c'est que bah c'est un collectif d'humain au service d'une mission commune.
On se réunit et on avance tous dans un but commun qu'on a tous envie d'aller chercher quoi. Est-ce qu' un moment vous avez réalisé que vous êtes à la tête d'une grosse boîte ? Là je suis à la tête d'une grosse boîte.
Je pense que mon premier salarié m'a vous voyé. Ouais. Donc je sais pas si c'était le côté boîte ou c'est le côté j'ai vieilli.
Mais euh au bout de 5 ans à peu près quand on a passé plusieurs centaines de salariés et que donc certains d'entre eux ne m'avaient jamais vu et qui m'avaient peut-être vu à la télé avant de me voir en vrai, bah je pense que c'est les faits. Voilà. Exactement.
Et en fait quand tu arrives dans un bureau et que tu sens que les gens se taisent, tu te dis "Mince voilà, il y a un problème, [rires] c'est plus c'est plus la petite boîte que j'ai créé quoi. On est en train de prendre de l'ampleur." Aujourd'hui, vous êtes vous avez combien de salariés avec toutes vos boîtes ?
Surout, on est 1400 aujourd'hui et sur Poppins, on est euh 12. D'accord. Donc c'est un peu le grand écart et en même temps, c'est ce qui fait du bien aussi.
Cool aussi, j'imagine. Mais c'est trop cool en fait pouvoir être tous autour de la même table, se connaître super bien et que la communication soit très fluide. C'est c'est hyper précieux.
Bah oui, c'est retour 10 ans en arrière. Est-ce que vous diriez que vous êtes une patronne écolo ? Oui, réponse courte.
Oui, carrément. Je pense que l'écologie pour moi c'est un sujet hyper important qui est vraiment assez viscéral et je considère qu'aujourd'hui être à la tête d'une entreprise c'est la meilleure façon pour faire avancer la société dans la bonne direction dans une direction plus écologique. Donc c'est pas ambivalent pas du tout pco.
C'est pas ambivalent. Non clairement pas. On va revenir un peu sur la genèse à l'essence de tout go.
Le tout premier pitch que vous avez fait quand vous avez lancé tout too. Est-ce que vous le referiez aujourd'hui ou on oublie ? Je pense qu'on oublie.
Je pense que mon premier pitch to good to go, il était pas du tout assez structuré. Même moi, je savais pas vraiment où ça allait aller en fait. Comment vous le défendiez à l'époque Touo ?
Franchement, c'était l'idée d'avoir une action simple pour réduire le gaspillage alimentaire. Et je pense que au fur et à mesure, j'ai vraiment construit plus le côté gagnant gagnant gagnant où c'est l'idée de toi, tu récupères ton panier et donc tu récupères plein de nourriture à un prix réduit. Le commerçant, il a une solution simple pour plus jeter et nous, on construit vraiment une entreprise durable qui fait sens.
Et moi, c'est ce que j'adore avec Tou Touo, avec Poppins, c'est cette idée, on a un geste très simple du quotidien qu'on peut tous faire et en même temps, ça défend une position politique plus globale qui est en fait, on veut vivre dans un monde durable où on peut se payer le luxe d'avoir une consommation responsable en fait. Et à quel moment avec Touo, vous avez vous avez réalisé que ça devenait un peu politique même sans le chercher ? Je pense quand on s'est attaqué vraiment au sujet des dates de consommation.
Ouais. C'est la fameuse différence entre le à consommer jusqu'au et le consommer de préférence avant-le qui en fait pose pas de problème pour la santé. Même après la date, tu peux consommer le produit.
Et ça en fait on a on s'est attaqué au sujet parce qu'on avait beaucoup de gens au service clients qui nous disaient "Ah mais j'ai eu des produits périmés dans mon panier." Et on a dû expliquer des dizaines des centaines de fois que un produit à consommer de préférence avant-le, c'était pas un produit périmé. On pouvait encore consommer le produit.
Et donc à partir de là, on s'est dit "Attends, il faut qu'on voit les choses un peu plus long terme. Comment est-ce qu'on devient proactif et qu'on explique vraiment la différence entre les dates ?" Et là, on s on s'est confronté au règlement européen de l'information consommateur et donc forcément, on a été obligé de rentrer dans une logique de réglementation et de politique.
Et en fait, moi j'ai adoré ça de se dire que grâce à à l'entrepreneuriat, tu peux faire de la politique mais de façon très concrète qui change la vie des gens et qui a un vrai impact long terme aussi. Et en fait, tout ce combat qu'on a fait sur les dates de consommation, il a il a abouti en un décret qui maintenant force les industriels à préciser ce que veut dire une date à consommer de préférence avant-le. Et je pense qu'on a rendu service à tout le monde finalement.
La première porte qui s'est fermée dans votre parcours, c'était laquelle ? Bah la porte d'un commerçant sur mon pitch nul de Touo au début quoi. C'était quoi ?
Une boulangerie, un restaurant ? Euh c'était un restaurant et il m'a dit "C'est bon, on n'est pas là pour faire de la charité. Moi à la fin de ma journée de travail, j'ai pas le temps de m'occuper d'un d'un truc en plus.
Et en fait tout l'enjeu avec Tou Tugo, ça a été de leur montrer que ça va être aussi simple que de jeter à la poubelle. Et d'où cette idée de panier surprise en leur disant bah au lieu de tout jeter dans un grand sac poubelle, vous faites cinq paniers surprises qui vont déjà avoir été payés en ligne et ce sera le plus simple possible. Vous l'avez recroisé ce commerçant ?
Euh non, je l'ai jamais recroisé. Vous savez pas si aujourd' il fait tout ? Non, je sais pas mais je pourrais aller vérifier.
Vous vous êtes déjà senti comme la gentille écolose sympa plutôt que la chef d'entreprise sérieuse ? Tous les jours je pense. Enfin en fait au tout début de Toulouso, même aujourd'hui au début de Poppins, quand tu es tout petit en fait les gens ils te prennent pas vraiment au sérieux.
Et en fait réussir à passer de elle est gentille, limite on va le faire pour lui faire plaisir parce que bon ça fait quatre fois qu'elle vient donc OK. Ah waouh ! En fait, ils sont vraiment en train de faire un truc énorme.
C'est génial de montrer que tu peux avoir des rêves mais qui pe devenir une réalité concrète économique qui rend jaloux plein de de capitalistes en fait, tu vois. Et donc, on a parlé un peu de la porte qui se ferme et c'est le le qui a été le premier à vous dire franchement ça marchera jamais. Je pense que globalement il y a beaucoup beaucoup de commerçants qui m'ont dit "Ça fait 20 ans que je fais ce métier, ça fait 20 ans que je dois jeter.
Donc tu es mignonne mais c'est pas du haut de tes 23 ans que tu vas expliquer que je peux faire différemment." À ce moment-là, tenir tête et continuer à y croire, c'était assez en fait ma naïveté de dû à mon jeune âge et peut-être qu'aujourd'hui j'oserais même plus le faire mais ça ça m'a porté super loin en fait. Est-ce que parfois vous avez regretté de pas avoir créé une start-up disons plus sexy que des paniers d'un vendu ?
Moi je trouve ça hyper sexy les paners bien sûr. Bah franchement quand tu récupères un panier tout good to go et que typiquement tu te tu te trouves avec quatre pâtisseries que tu aurais payé 8 € la pâtisserie et en fait toi tu viens de payer ,99 € ton panier et tu es trop content de de ce que tu récupères. Moi je trouve ça très sexy.
Ce que je trouve pas sexy c'est d'accepter de jeter des produits qui sont encore bons à être mangés. En fait, alors je suis désolé de poser la question par avance, est-ce que vous pensez que ça aurait été plus simple si vous étiez un homme ? Alors, la réponse c'est euh "Est-ce que vous me poseriez la question si j'étais un homme ?" [grognement] Euh et c'est vrai que pour ça que je m'excuse par avance.
Ouais. Ouais. Mais c'est vrai que on m'a beaucoup posé cette question et c'est intéressant parce que moi est-ce qu'elle est pas inévitable un peu dans dans ce milieu ?
Je pense qu'elle est nécessaire parce qu'elle soulligne le fait que on a encore un déséquilibre et qu'on a encore un problème. Après quelque part, elle perpétue le problème. Et moi en fait quand j'ai démarré, je me suis pas dit "Ah mince, je suis une minorité.
Ah mince, je m'attaque à un monde d'homme." J'étais juste moi-même en fait et je suis allée au bout de ma conviction. [grognement] Et effectivement, je m'en rends beaucoup plus compte aujourd'hui que je suis une minorité, qu'effectivement tous les gens avec qui je discute sont beaucoup des hommes et quelque part du coup c'est comment est-ce que j'en ai fait mon unicité ? et que je me suis dit en fait, je suis encore plus stylé euh et que et que comment est-ce que ce cette chose qui pourrait être un manque de confiance en soi devient en fait une vraie belle marque de confiance en toi parce que tu te distingues euh davantage que si tu étais juste un homme parmi tant d'autres dans un monde d'homme en fait.
Créer une boîte à impact, est-ce que c'est rassurant moralement ou en fait ça fait culpabiliser encore plus ? Boîte à impact, ça vous va ? C'est une Ouais, bien sûr.
Je pense que c'est juste qu'on est en permanence dans une ambivalence. Moi, je trouve que c'est génial de créer une boîte à impact parce qu'encore une fois, tu mets le capitalisme au service de la société, ce qui est quand même assez génial. Et en même temps, bien sûr, bah tu perpétues le modèle.
En fait, moi quand je lançais les États-Unis, je prenais l'avion deux fois par semaine et en fait, tu bosses pour sauver la planète et tu prends l'avion deux fois par semaine. Donc, au bout d'un moment, tu deviens fou en fait. Mais je pense qu'on est tous beaucoup à être coincés dans cette ambivalence de est-ce que il faut tout que j'arrête du jour au lendemain ?
Est-ce que j'ai encore le droit de me réjouir ? Et moi, je suis vraiment justement dans comment est-ce que on peut créer de nouvelles habitudes qui sont souhaitables, qui sont désirables, qui nous font du bien sans se dire en permanence la fête est finie. On passer à la deuxième partie de l'interview.
On va parler un peu business, argent, concurrent. [musique] Soyons franc, tout good to go, c'est à une boîte à impact mais c'est avant tout une boîte qui doit faire du chiffre. Est-ce que c'est contradictoire ?
Bah non, pas du tout. Euh moi je pense que ce qui est essentiel aujourd'hui quand on est entrepreneur, c'est de montrer qu'on peut faire l'un et l'autre. Et en fait le l'un ou l'autre, le l'un puis l'autre, c'est fini.
On a plus le temps en fait. Tu peux pas monter une boîte qui fait du chiffre et après te dire "Ah ben maintenant que je suis grand, je vais peut-être voir mon impact sur la société." En fait, ce qui est nécessaire aujourd'hui, c'est de construire une boîte qui par ADN intrinsèquement va faire du bien à la société.
Et donc moi je pense que quand on monte une boîte aujourd'hui, il faut penser son modèle économique pour ne pas avoir à choisir entre son impact ou son business, mais de se dire en fait au quotidien, je fais les deux à la fois quoi. Ce qui est un peu paradoxal, c'est que théoriquement donner des invendus, avant il y avait des tonnes d'assauts qui le qui le faisaient. Est-ce que vous avez pas l'impression de les concurrencer ?
C'est là logique que c'est un peu contradictoire de faire du business sur un un secteur qui initialement un secteur pris par les associations ? Alors le problème c'est que ce secteur il est tellement énorme que les associations elles ne peuvent jamais récupérer l'ensemble des invendus. En fait on s'est rendu compte qu'il y avait tout un créneau énorme de produits qui partait à la poubelle malgré le don.
Vous avez pas l'impression de concurrencer les assaut ? Non pas du tout. Au contraire, on fonctionne avec elle et à chaque fois qu'on a lancé une ville sur TGO Tugo, on a compris d'abord le tissu local associatif avant de de démarrer ce qu'on venait.
À quel moment l'impact est devenu un argument marketing assumé ? Chez tout gaucho, chez Poppins, c'est vraiment des concepts qui ont un impact positif en essence. Et du coup, bien sûr que notre marketing, c'est de avoir une consommation plus responsable euh tout en en profitant, mais euh je pense que le marketing vert purement, ça ne marche pas et ça ne marche plus encore moins en ce moment.
Je pense qu'il faut que les gens y trouvent leur compte aussi. Et c'est pour ça que moi lancer une application comme Poppins, c'est se dire que en fait la location sur tout un tas de produits comme le carcher, la shampouineuse, ton matos de camping, tous ces objetsl de les acheter. Est-ce que vous arrivez à dormir la nuit ?
Je pense que oui. Quand des grandes chaînes utilisent tout goû tout goû pour se verdir. Ah, c'est intéressant ça.
On en a beaucoup parlé avec l'équipe. À quel point est-ce que tu crées une façon de contribuing en fait, tu contribues au green washing. Moi je pense que c'est essentiel d'avoir et des radicaux qui sont hyper clairs sur le ligne de conduite qui ne parleront pas à tous ceux qui font du mal à la planète et cetera et qu'on a besoin des Camille Étienne, des Cyril Dion et cetera.
On leur passer le bonjour. On leur passe le bonjour et en même temps, on a aussi besoin de euh de de d'acteurs qui sont entre les deux en fait parce que si on refuse de parler à l'ancien monde, il se trouve que ce que j'appelle l'ancien monde, c'est encore quand même une grosse partie du monde actuel. et que moi je pense que mon rôle aujourd'hui c'est de créer des applications qui les emmènent un peu plus vers le nouveau monde.
Et pourtant ces radicaux parfois ils vous bousculent. Ouais, complètement. Ils ont raison de le faire.
C'est là où moi je pense qu'il faut tout pour faire un monde et avoir et des radicaux et euh des modérés euh c'est euh c'est hyper important et j'ai beaucoup de respect pour le discours que tiennent les radicaux aujourd'hui et je pense qu'il a vocation à exister et en même temps moi je pense que ma place aujourd'hui euh c'est d'arriver à être entre les deux mondes et de d'emmener le l'ancien monde vers le nouveau mê j'ai lu dans le monde que vous disiez dans un monde capitaliste, c'est l'entreprise qui peut développer une solution. Est-ce que vous continuez de penser comme ça ? Oui, complètement.
Je pense que l'entreprise, c'est un véhicule a impact super puissant parce que elle sait jouer avec les rôles du du cap avec les règles du capitalisme. Euh vous le dites, on l'impression que c'est seulement l'entreprise qui peut développer une solution. Non, je pense pas.
Dans ce cas-là, je suis pas d'accord avec ce que j'ai dit. Non, je pense que il y a besoin d'un d'un écosystème global. Euh typiquement, on a monté un lieu avec des entrepreneurs qui s'appellent la Climate House où on accueille des associations, des scientifiques, des artistes et en fait le fait de travailler avec des gens qui ont tous leur approche euh de du nouveau monde, bah c'est ça qui euh qui nous permet de le créer, je pense.
C'est c'est vraiment un collectif euh divers. Mais l'entreprise fait partie de ce système là et elle permet de le changer complètement. Et aujourd'hui, en fait l'économie domine tellement le monde que c'est important de créer cette nouvelle économie. si on veut si on veut sauver le monde rapidement quoi.
Est-ce que certaines marques ne se donnent pas un peu bonne conscience à peu de frais grâce à vous ? Non, je pense pas. Je pense qu'à partir du moment où elles sont engagées dans un dans le sujet de la lutte contre le gaspillage alimentaire par exemple, elles savent qu'on va leur demander plus.
Ça suffit pas quand tu t'appelles Carrefour ou Leclerc ou Paul de faire des paniers tout go. Tu es obligé d'avoir une une stratégie de lutte contre le gaspillage bien plus forte. Et en fait au contraire quand tu te dis quand tu as le petit label tout go to tout go sur ta vitrine ça leur coûte pas cher théoriquement ça ça te coûte pas cher et en même temps tu sais que tu peux pas t'arrêter là pourrait s'arrêter là en disant voilà j'ai le label non parce que ça suffit pas parce que il y a des gens comme vous qui vont venir leur leur chercher de noise et c'est hyper important et je pense que ça ça les oblige à s'améliorer et à prendre le sujet de façon de façon globale.
Vous avez déjà refusé un partenariat trop risqué pour votre image ? Oui, on a eu beaucoup de mal à travailler avec Total, je dois le dire. vous l'avez fait, on travaille avec les stations totales, d'accord ? euh parce qu'il y a du gaspillage et en fait c'est là où encore une fois on s'est dit il faut tout pour faire un monde et il faut qu'il y ait des gens qui disent c'est impossible de vous parler aujourd'hui et cetera et en même temps euh nous on se dit le rôle de Tougou Togo c'est de lutter contre le gaspillage alimentaire donc en fait on va pas euh dire ce gaspillage alimentaire là on va pas le prendre parce que mais total ça a créé des débats en interne dans complètement mais en fait le débat il est hyper sain et je pense que c'est aussi ça d'être un collectif c'est de se dire que c'est pas parce que j'ai raison que l'autre a tort et c'est d'avoir en fait différents points de vue Et vous initialement vous étiez plutôt pour ou plutôt contre ?
Euh franchement j'avais pas trop d'avis mais moi il y a des sujets sur lesquels j'ai pas d'avis et où en fait je commence par être à l'écoute de l'équipe et derrière ton rôle après en tant que dirigeant c'est de dire "OK, j'ai entendu tout le monde maintenant on prend cette décision voilà pourquoi et ça plaira pas à tout le monde mais il y a un moment il faut avancer et donc voilà comment on avance." Tou go to go est-ce que un jour un géant de la tech pourrait le dépasser ? Est-ce queun jour un géant de la tech pourrait dépasser tout go ?
Un huber des invendus ça pourrait exister. Oui carrément. Euh mais moi là-dessus, je suis assez sereine.
Je pense que plus il y a d'acteurs qui lutent contre le gaspillage, plus euh Vous voulez pas des concurrents quand même. Bah si si en fait plus j'ai de gens qui s'intéressent à mon sujet, plus ce sujet prend de la place dans l'esprit des gens. Non mais c'est vrai en fait ce qu'on dit soin avec et tout c'est notre plus gros concurrent c'est la poubelle.
En fait clairement il y a tellement de gaspillage alimentaire. Aujourd'hui on jette 40 % la nourriture qu'on produit sur la planète. Donc en fait il en faut des acteurs qui s'y mettent pour réduire le gaspillage.
Vous croyez que le capitalisme peut vraiment résoudre les problèmes qu'il a créé ? [grognement] Ça, il nous faudrait 4 he pour pour y répondre. Mais euh idéalement, il nous faudrait un tout autre modèle et politique et économique.
C'est la radical qui parle. Oui, exactement. Ça c'est le radical.
Mais après la pragmatique se dit que en fait on aura pas assez d'une vie pour réinventer un tout nouveau modèle et peut-être que d'autres arrivont à mieux le faire que moi. Mais moi aujourd'hui, j'ai vraiment besoin même pour mon bien-être personnel de sentir que au moins on va dans le bon sens et que chaque petit pas du bon côté fait du bien. Et pour ça, on a besoin de solutions comme Tougou Togo comme Poppins qui sont super pragmatiques mais oui qui reposent sur cet ancien modèle qui qui détruit la planète quoi.
On va passer à la troisème partie de l'interview. Donc vie au bureau quotidien Pmanie un truc un peu plus léger. [musique] Le feedback le plus cache que vous ayez jamais reçu.
Positif ou négatif ? Comme vous voulez. Négatif plutôt.
On m'appelle souvent madame toujours plus. Ouais. Et c'est ce côté en fait tu es inépuisable mais c'est épuisant quoi.
Parfois faut juste se satisfaire et se dire "OK bien" plutôt que de dire "C'est trop bien mais peut-être qu'on pourrait et ça je pense que c'est un truc que je que j'apprends encore au quotidien quoi." Vous prenez des RTT des jours off ? Comment ça se passe quand une DG une coupfondatrice prend des vacances ?
Alors ça se passe pas trop. Tu es jamais complètement en vacances. Bah en fait tu es tout le temps, tu sais que s'il y a un problème, tu as envie d'être là en fait.
Tu as envie qu'on te prévienne. Après maintenant, moi j'ai vraiment aussi appris à déconnecter. Typiquement le j'essaie de moins voir mon téléphone le weekend, j'essaie d'avoir des moments off parce que je pense que même en terme de capacité cérébrale, on a tellement de notifications de d'interaction avec des tonnes de choses en permanence.
Si ton cerveau ne fait jamais le vide, au bout d'un moment, il est en surchauffe et tu peux plus prendre les bonnes décisions. Et vous arrivez maintenant à faire du vide ? Franchement maintenant oui.
Ouais. Ouais. Vous êtes plutôt du genre à tout contrôler ou à lâcher prise ?
Ah non, je contrôle, contrôle, contrôle mais j'essaie d'apprendre à lâcher prise mais presque un truc quand tu as toujours tout contrôlé. C'est hyper déstabilisant quand tu dois lâcher prise. Et en même temps aujourd'hui, je pense que c'est essentiel de savoir lâcher prise.
Et vos collaborateurs, ça ça va ? Faut leur demander à eux. Et euh oui, donc globalement on a en fait moi j'adore quand on me fait des reproches entre guillemets, notamment quand ils sont fait avec bienveillance parce que du coup j'apprends énormément et donc je pense que comme ils savent qu'ils peuvent m'en faire ça détend l'atmosphère.
Justement, il y a eu des critiques à un moment en 2021, il y a vu Balance ta start-up qui avait critiqué un peu le management interne à à Too Too. Est-ce que ça a changé votre façon de gérer la boîte ? Ouais, bien sûr, bien sûr.
En vrai, ça a été hyper violent parce que quand tu te prends euh un retour euh assez violent en plus sur les réseaux sociaux, donc anonyme donc d'autant plus violent, c'est ça remet vraiment en question et violent mais est-ce que c'est il y avait un peu de justesse ou mais je pense qu'il y a toujours de la justesse. À partir du moment où il y a quelqu'un qui a ressenti ça, quel que soient les faits, euh il y a eu ce ressenti. Donc tu peux pas le nier.
J'ai vu que vous avez dit dans l'interview, c'était ça ça fut une enfin ça a été une opportunité pour progresser complètement. Ouais, je pense que enfin c'est aussi ça l'entrepreneuriat, c'est dès qu'il y a un problème, c'est une opportunité de faire mieux. Et là, ça a vraiment été le cas en fait.
On s'est dit wouh, on a grandi tellement vite avec Touo que forcément, on a fait des erreurs. Et le fait d'avoir un peu le rendu de la copie de manière très crue sur les réseaux sociaux, bah en fait derrière, on a vraiment on est passé à à l'échelle au-dessus en terme de d'avoir une culture un peu plus professionnelle mais donc un peu plus saine aussi pour pour les salariés quoi. Vous avez déjà pleuré à cause du boulot ?
Ouais. Non, je crois pas. Tu crois pas ?
Non. Est-ce que vous direz que vous avez fait pleurer des gens peut-être une fois ? Ça peut arriver.
Je crois pas non plus. Ouais. Et après, je pense que c'est un peu avoir l'humilité aussi de quand il y a des gens qui sont mal.
Moi, au début, je le prenais vraiment personnellement en me disant "Si cette personne n'est pas heureuse au travail, au quotidien, c'est de ma faute." Et pourquoi est-ce qu'ils veulent pas tous que ce soit lundi tous les jours ? parce que moi j'adore le lundi.
Euh au bout d'un moment, tu réalises aussi que enfin les gens ils ont une vie en fait et que oui, le le boulot c'est une partie importante de leur vie et que oui, bien sûr, leur employeur, il a une grosse responsabilité mais en fait ils ont aussi d'autres problèmes, d'autres enjeux donc tu peux pas être responsable de tout non plus. Et les conflits vous les gérer frontalement plutôt diplomatiquement ? Ouais, complètement.
Moi, je forme tous les collaborateurs au radical candor feedback et c'est l'idée de d'être capable de se faire des retours en permanence sans attendre que ça devienne insupportable. Comment vous dites le radical candor feedback en gros c'est la méthode de comment est-ce que tu arrives à faire du feedback de façon très cache tout en étant bienveillant aujourd'hui prendre un tout tog c'est quasiment devenu une expression est-ce que vous prenez des touo mais bien sûr à fond moi je je me suis nourri de tougo pendant les deux premières années de toou déjà parce qu'il fallait aller les chercher ces paniers parce que personne y allait au début et ensuite parce que j'avais pas d'argent donc jamais jamais des livros ah non ça non ça il y a des limites non mais pour le coup je cuisine beaucoup plus qu'avant et aujourd'hui je passe plus de temps à faire des popins que des tog to parce qu'il faut en faire au début et je pense que même quand tu construis ta boîte si toi tu l'utilises pas c'est hyper dur de faire les bonnes de prendre les bonnes décisions en fait votre pire panier tougo to reçu celui où vous vous avez dit voilà on m'a un peu arnaqué en vra ouais ouais ouais j'ai déjà récupéré des paniers de boulangerie ouais où euh tu as que du pain ouais et tu en as pendant 15 jours et tu sais que tu vas pas pouvoir le manger et donc Du coup, tu as deux options. Soit tu congèles, soit tu passes une heure à à les donner au sans-abri.
Alors, parfois c'est plus facile quand il pleut des cordes et cetera, c'est enfin voilà. Et le meilleur panier to go, je pense que le meilleur là, vous êtes duta il m'a régalé quand même. Ouais, je pense que les pâtisseries de typiquement la boulangerie de la tour d'argent, c'est juste assez exceptionnel.
OK. Et ça c'est le bon plan mais ils sont pris d'assaut clairement. Faut être réactif.
Faut être très réactif. À votre avis, si votre équipe devait vous caricaturer, vous ressembleriez à quoi ? À [grognement] Marie Poppins, peut-être. [rires] C'est mieux que Ouais.
Vous avez demandé de ramener un objet, il s'avère qu'il est dans le champ depuis tout à l'heure. Je crois que c'est ce sac. Qu'est-ce qui représente ?
Je vous le ramène, c'est notre logo, c'est Poppy. Et en fait, c'est ce fameux petit sac. Euh, c'est un sac ou c'est une peluche ?
C'est une peluche ça. C'est une peluche mais qui représente un sac ou parce qu'en fait c'est la fameuse le fameux sac de Marie Poppins et c'est comment est-ce que en fait on donne ce sac à chacun des Français en se disant si on peut tous avoir accès à ce sac qui est un sac sans fond en fait parce que à l'intérieur il y a juste tous les objets dont on peut avoir besoin au quotidien mais qui ne sont pas entassés dans nos placards qui sont juste là quand on en a besoin. Bah, ce serait juste un monde plus intéressant où la fête continue mais elle est juste différente encore une fois et c'est un peu le symbole, c'est de se dire en fait on peut tous avoir accès au sac de Marie Poppins si on démocratise la location.
On est au début de 2026. À la fin 2026, vous espérez quoi ? D'un point de vue personnel, j'aimerais bien continuer à à réussir à équilibrer, de continuer à faire des projets qui me plaisent énormément et en même temps de prendre soin de moi.
Ça c'est un peu mon objectif perso. Je pense que pour Poppins, on a vraiment envie que le sujet devienne vraiment enfin que le réflexe location s'installe chez un maximum de personnes pour tout types d'expérience en fait. Et après, d'un point de vue sociétal, j'aimerais bien que les choses s'apaisent.
Euh et j'aimerais bien que on trouve les bons dirigeants politiques euh pour nous emmener dans un monde euh qui fait du bien et qui nous rend un peu plus fier et un peu plus euh c'est mal parti 2026. Ouais. Bah en fait, j'aimerais bien qu'on soit dans un monde où on y croit quoi.
Et là je pense que c'est dur de garder espoir et que on a besoin de se serrer l'écoute pour se dire que il y a quand même quelque chose qui vont bien. Ça un backlash écolo en ce moment complètement. Et le bacash écolo, je pense qu'on le sent beaucoup et en même temps, il y a une idée de bah comment est-ce que du coup on se on se sert encore plus les coudes, qu'on fait les bonnes choses parce que là il y a urgence plus que jamais et que il faut réussir à à retourner dans la bonne direction quoi.
Ben merci merci Luci Bach, merci infiniment d'être venu pour ce premier épisode. Merci à tous de nous avoir suivi pour ce premier épisode de CEO. Si ça vous a plu, il y en aura d'autres.
À bientôt. [musique]
Xavier Bertrand