Sébastien Chenu - "Emmanuel Macron est incapable d'assumer ses propres décisions !" (RTL)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 72 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:04OuverteÉludée
Pouvez-vous nous dire vraiment ce que vous avez pensé d'Emmanuel Macron hier soir en oubliant les éléments de langage ?
- 1:34OuverteRéponse partielle
Sur les référendums, il a dit qu'il n'y en aura pas sur les retraites. Est-ce que ça devient un motif de censure pour le RN ?
- 2:29OuverteRéponse directe
Sur la fin de vie, il n'a pas fermé la porte au référendum. Vous y êtes favorable ou pas ?
- 4:26OuverteRéponse directe
Sur la sécurité, Emmanuel Macron est favorable à élargir les prérogatives de la police municipale. Vous êtes d'accord ?
- 5:20OuverteRéponse directe
La location de places de prison est-elle une bonne idée pour désengorger nos prisons ?
- 6:28OuverteRéponse partielle
Êtes-vous d'accord avec le mot de 'honte' pour qualifier la politique de Netanyahou à Gaza ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:09Invité politiqueFait
« Un président de la République qui, pendant trois heures, tient le micro pour ne faire aucune annonce. »
- 2:09Invité politiquePromesse
« Il est hors de question qu'on vote, en tous les cas, un budget tel qu'il se dessine. »
- 5:36Invité politiqueChiffre
« Il en a construit 5000 en 8 ans. »
- 5:39Invité politiqueFait
« Il faut 7 ans pour construire des places de prison, il est élu depuis 8 ans. »
- 7:10Invité politiqueFait
« Israël ne fait pas simplement que de se défendre, ils défendent leur survie. »
Temps de parole
- Sébastien Chenu74 %
- Présentateur26 %
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Bonjour et bienvenue sur RTL, c'est Bastien Chenu. Bonjour. Je ne vais pas vous demander de prêter serment, mais quand même, est-ce que vous pouvez nous promettre ce matin de nous dire vraiment ce que vous avez pensé d'Emmanuel Macron hier soir en oubliant les éléments de langage tout cuit que les oppositions récitent à chaque fois et sans tomber dans les caricatures et l'opposition pavlovienne, sans raconter des cracks pour reprendre la formule utilisée plusieurs fois par le chef de l'État hier ?
Oui, chaleureux, empathique, à l'écoute, proche des Français. Ça, c'était Caroline Dublanche à 22h quand j'ai zappé Emmanuel Macron. Quand j'ai dit stop, je préfère écouter Caroline Dublanche. qui correspond au terme que je viens de vous donner et qui est donc l'exact inverse d'Emmanuel Macron, commentateur de son propre échec, commentateur de ses insuffisances qui se défausse lorsque quelque chose ne va pas. On a compris, voilà, Emmanuel Macron, il n'est ni à droite ni à gauche, mais il était complètement à l'ouest. Enfin, sincèrement...
Bon, pour les éléments de langage chef, on va peut-être pouvoir rentrer dans le détail.
Non, vous m'avez demandé de vous parler sincèrement. J'ai trouvé un président totalement en dehors des réalités des Français, incapable d'assumer une décision. Il voulait redonner une perspective, vous l'avez pas vu ? Ah ben, c'est réussi. Oui ? Non, mais je crois que personne... Enfin, écoutez, ce matin, c'est simple. Tout le monde est consterné.
Un président de la République qui, pendant trois heures, tient le micro pour ne faire aucune annonce, avoir des propos qui sont toujours ambiguës, on ne sait pas où il veut aller sur des tas de sujets, on ne comprend pas quelle est la finalité de la politique qu'il mène, qui n'assume aucun de ses échecs, qui a des sorties totalement hors sol, aller louer des places de prison à l'étranger, enfin, des choses... On va y venir. Alors, allons-y, point par point.
Sur les référendums, il a dit qu'il n'y en aura pas sur les retraites. Est-ce que, du coup, ça devient un motif de censure pour le RN des retraites ?
Soyons concrets. Non, mais la censure, nous, elle ne nous fait pas peur. On a déjà montré qu'on était capable de la voter. Donc, le jour où on va considérer... Vous êtes un peu dans le... Attention, vous allez voir ce que vous allez voir. Non, mais il faut la voter sur quelque chose, un texte qui passe à l'Assemblée nationale, qui soit, a priori, qui nous permette de le faire. On ne va pas voter la censure sur le texte de la fin de vie. On va voter la censure sur le texte de la loi Dupont, alors qu'on soutient les agriculteurs. Donc, il faut voir, ça peut être... On ne va pas voter la censure sur la simplification administrative. Donc, ça peut être, évidemment, le budget.
Il est hors de question qu'on vote, en tous les cas, un budget tel qu'il se dessine. Mais derrière, pour qu'une censure soit efficiente, il faut que les socialistes se mettent à redevenir des opposants et soient raccords avec ce qu'ils ont promis à leurs électeurs. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, les socialistes ont totalement lâché et qu'ils ne voteront pas la censure.
Sur la fin de vie, il n'a pas fermé la porte au référendum. Il a dit d'abord le temps parlementaire et en cas d'enlisement, je pense que le référendum peut être une voie pour débloquer. Vous y êtes favorable ou pas ?
Moi, je ne suis jamais défavorable à ce qu'on donne la parole au français. Donc, par conséquent... C'est très général comme il l'a été hier. Non, mais d'accord, mais je pense qu'il faut donner la parole au français sur des sujets qui arbitrent les grands sujets de notre société. Les retraites, l'immigration, et qui font changer les choses. L'immigration, il n'est pas dans le champ. Oui, voilà, il n'a pas compris. Il a dit, effectivement, je ne vois pas l'intérêt, je ne comprends pas bien. Nous, on voit bien. Je pense que les français voient bien l'intérêt. Il a dit que ce n'est pas dans le champ de l'article 11. Sur l'immigration.
Oui, mais nous, on va lui expliquer que c'est dans le champ des priorités des français. Sur la fin de vie, il n'y a pas de raison que ça s'enlise au Parlement. Moi, j'ai suivi les débats hier en particulier. Moi, je pense qu'il faut faire attention. Il y a des zones floues, il y a des dérives possibles. Il y a des gens qui sont des espèces d'ayatollahs, de l'euthanasie, et moi, je pense que je les trouve effrayants. Alors que moi, je suis, voyez-vous, je fais partie des députés de l'Assemblée nationale qui ont envie de voter un texte sur la fin de vie. Mais je ne veux pas me faire instrumentaliser. Je veux prévenir un certain nombre de dérives, notamment le recueil du consentement, etc.
Mais il n'y a pas de raison que ça s'enlise au Parlement. C'est un random pour vous. Aujourd'hui, ça ne se passe pas trop mal. Non, parce que ça... Écoutez, il y a une chose qui ne se passe pas trop mal, c'est le débat à l'Assemblée nationale. Il est assez respectueux. Il peut être aussi parfois caricatural avec certains. Mais ça avance sur la fin de vie, il se passe quelque chose. En revanche, sur l'immigration, il ne se passe rien. Sur la réforme des retraites, il ne se passe rien.
Sur la réforme des retraites, il a dit qu'il y a le conclave, laissons les partenaires. Là, on l'avait oublié, celui-ci. Oui, on en a reparlé. Il y a des conclaves qui ont des résultats plus rapides. Vous avez vu dernièrement. Oui, absolument. Ce qui se déroule au Vatican. Sur la sécurité, la soirée a été marquée par un échange assez riche avec le maire de Béziers, Robert Ménard, qui a notamment interrogé le chef de l'État sur les prérogatives de la police municipale. Emmanuel Macron a dit « Oui, je suis favorable à une loi qui va donner la possibilité, pour faire simple, que la police municipale ait quasiment les mêmes prérogatives que la police nationale. » Ça, vous êtes d'accord avec ça ?
Mais nous, on soutiendra, on l'a toujours fait, tout ce qui peut donner un petit plus, un petit mieux en matière de sécurité. Le problème, par exemple, là, des policiers municipaux et nationaux, c'est la suradministration, le chevauchement d'un certain nombre de compétences. Ont été créées en 2012 les zones de sécurité prioritaire, se sont superposées à ça les quartiers de reconquête républicaine, puis on a ajouté les opérations place nette. Tous ces dispositifs, en fait, se superposent, ne sont pas très efficaces, pas très efficients, et je pense que la police, comme beaucoup de corps dans notre société, demande des moyens et de la simplification.
La location de places de prison, si besoin, on louera des places de prison là où c'est possible. C'est ce que nous disait tout à l'heure dans le journal Sébastien Rouxel, ça s'est fait avec les Belges, ils ont loué des places aux Pays-Bas en 2010, le Danemark en a loué au Kosovo, l'Estonie propose des places. Est-ce que ça, c'est une bonne idée pour essayer de désengorger un peu nos prisons qui débordent ?
La première chose pour désengorger, il faut que les gens qui n'ont rien à faire en prison, ou parce qu'ils sont étrangers, ou parce que, par exemple, ils sont atteints de troubles psychiatriques excessivement importants, ne soient plus en prison, ça va déjà vous libérer beaucoup de places. Ça veut dire qu'Emmanuel Macron revient sur son engagement de construction de places de prison. Il en a construit 5000 en 8 ans. Il a dit qu'il y en a 5000 en construction et que les 5000 suivantes... Il faut 7 ans pour construire des places de prison, il est élu depuis 8 ans, il avait proposé, je crois, 15 000 places, 5000 ont été faites. Donc, il n'a pas tenu son engagement, il ne le tiendra pas.
La réalité, c'est qu'il ne le tiendra pas. Et pire, il se défausse sur les maires. Moi, j'ai eu des maires de ma circonscription hier qui me disaient que c'est absolument scandaleux de se défausser en disant que les maires ne veulent pas. S'il y avait 5 à 10% des maires qui acceptaient une prison sur leur territoire, et ce n'est pas impossible, eh bien, on réglerait la possibilité de construire... Mais cela, vous n'avez pas répondu à ma question sur l'idée de louer des places de prison. Non, je trouve que ce n'est pas ce qu'il faut faire.
Ce n'est pas ce qu'il faut faire. Le chef de l'État a eu des mots très forts sur Gaza aussi. C'est un drame et c'est horrible. Moi, mon boulot, c'est de tout faire pour que ça s'arrête. Ce que fait Netanyahou, c'est une honte. Est-ce que déjà, vous êtes d'accord avec ça et vous êtes d'accord avec ce mot de honte ?
Non, mais moi, je pense qu'on peut être effectivement très dur sur la politique menée par Netanyahou, sans oublier un postulat de départ, c'est qu'Israël est un pays qui se défend. C'est un pays qui a été agressé par des terroristes et qui se défend. On peut contester Netanyahou, on peut ne pas être fan. Il n'y a pas de sujets différents aujourd'hui.
Il y a l'atrocité du 7 octobre 2023 et il y a l'atrocité de ce qui se passe à Gaza. Je vais vous lire ce que disait le chef des opérations militaires de l'ONU hier devant le Conseil de sécurité. Il dit « Allez-vous agir pour empêcher un génocide à Gaza ? » Il décrit des conditions inhumaines imposées aux civils sans la moindre gêne par Israël. Il parle de morts, de blessures, de maladies, de tortures, de traitements cruels et inhumains ou dégradants et de déplacements répétés à grande échelle.
Non, mais ce qui se passe est évidemment probablement très dur, très cruel, très inhumain, probablement. Mais je rappelle, Israël ne fait pas simplement que de se défendre, ils défendent leur survie. Ils ont face à eux, à leurs frontières, des gens qui veulent les voir disparaître. Quand on a des gens qui veulent vous voir disparaître, on tape, on se défend et on ne regarde pas. Et on n'attend pas d'ailleurs les paroles et l'aide de pays qui devraient être des alliés. Emmanuel Macron oublie qu'Israël est un pays ami, contrairement effectivement aux terroristes du Hamas qui arment et qui utilisent leur population. Est-ce que ça justifie de voir des enfants qui meurent ? Non, jamais, monsieur.
Je ne justifie jamais le fait que des enfants puissent mourir. Jamais. La guerre, car il s'agit bien d'une guerre, c'est cruel. Il y a des morts. Encore une fois, je pense qu'il faut garder la tête froide. C'est épouvantable ce qui se passe. Et je vous le dis, je ne suis pas fan de ce que fait Netanyahou. Je n'oublie pas, en revanche, pourquoi nous en sommes là.
Sébastien Chenu, une actualité chasse l'autre. Tout à l'heure, ce n'est plus le président de la République, mais son Premier ministre qui sera sous les feux de l'actualité, entendu à l'Assemblée sous serment par la Commission d'enquête indépendante sur l'affaire Bétarame. J'ai confiance en lui, a dit Emmanuel Macron hier soir. Et vous ?
Je ne sais pas trop ce que François Béroux connaissait de cette affaire Bétarame. Mais je déteste l'idée de l'instrumentalisation politique de cette affaire. Il y a des victimes, l'affaire est en cours, judiciairement parlant. En quel sens, l'instrumentalisation ? Parce que l'extrême-gauche utilise ça pour essayer de désinguer le Premier ministre. Je trouve que ce n'est pas noble. Ce n'est pas une commission d'enquête sur Bétarame. C'est une commission d'enquête sur des dysfonctionnements dans des établissements privés. On caricature et qu'on présente comme une commission d'enquête sur Bétarame parce que c'est comme ça que l'extrême-gauche la présente.
L'extrême-gauche qui a voté d'ailleurs Emmanuel Macron, je vous rappelle...
Je rappelle d'ailleurs hier que Mme Binet nous a dit qu'elle avait voté pour la CGT, qu'elle avait voté Emmanuel Macron. C'est toujours intéressant de voir que la CGT, c'est toujours pareil. rouge devant, Macron derrière, comme dirait mon collègue Julien Oudoul. Au-delà de ça, cette instrumentalisation de l'extrême-gauche me semble indigne sur ce dossier-là. Il y a des gens qui souffrent, il y a des victimes. Donc si on pouvait simplement traiter les sujets au fond, sans faire en sorte d'instrumentaliser à des fins électoralistes, je pense qu'on en serait grandis. On va parler un peu de vous pour finir. Est-ce que la fidélité existe en politique ? Oui, je crois. Oui ? Oui, je crois.
Y aurait-il du Chirac-Baladur dans le couple Le Pen-Bardella aujourd'hui ? Non, je ne crois pas.
C'est vrai ? Non, je ne crois pas du tout. Il y a pas mal de papiers... Non, mais c'est un grand fantasme de la classe journalistique, mais non, je ne crois pas du tout. Oui. Non, non, mais vous savez, nous on est assez clair, vous savez, je répète souvent ce que disait Jean Hanouil, la sincérité est aussi une stratégie. On dit les choses, Marine Le Pen est notre candidate. Son sort n'est pas uniquement entre ses mains aujourd'hui. Si elle venait à être empêchée, Jardin de Bardella prendrait la relève. C'est assez clair.
Il n'y a que ce scénario possible ? Oui. Elle ou lui ? Ben oui, pourquoi vous voulez que j'y aille ? Ben je ne sais pas, ça vous intéressez-vous. Non, voilà. Bon, bon Dieu, on est le plus beau pays du monde, a conclu Emmanuel Macron hier soir. Vous êtes d'accord avec lui là-dessus ?
Oui, c'est probablement la seule chose vraie qu'il a pu dire de toute l'interview. Nous sommes le plus beau pays du monde, géré de la plus vilaine des façons.
Elle parlait de quoi, Caroline Dublange, hier soir ?
Écoutez, elle était toujours dans l'écoute de ses auditeurs, et vous l'écouterez, vous écouterez le replay, je crois qu'il est en ligne. Vous ne vous souvenez plus ? Non, je ne me souviens plus. Mais comme c'était plus empathique qu'Emmanuel Macron, c'était toujours plus agréable à écouter.
Sébastien Chenu