Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 11 juin 2020 9 minContradictoireActualité / polémiqueJusticeSécuritéSolidarités & famille

Témoin RMC : Maître Yaël Godefroy - 11/06

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Défensif 100 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 73 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:36OuverteRéponse partielle

    Combien de policiers sont concernés par cette affaire ?

  • 2:18RelanceRéponse partielle

    C'est-à-dire qu'il y a opacité totale à l'intérieur de la police.

  • 2:28OuverteRéponse partielle

    Est-ce que les policiers impliqués sont toujours en poste ?

  • 3:13RelanceRéponse partielle

    D'ici quelques semaines, est-ce que les policiers impliqués sont toujours en poste ?

  • 3:47FerméeRéponse directe

    Alex vient d'être convoqué par l'IGPN de Rennes. C'est bien cela ?

  • 3:59OuverteRéponse directe

    Il est quand même question d'armes dans ces discussions.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:42InvitéChiffre
    « Alors, sur ce groupe WhatsApp, on sait qu'il y a à peu près une dizaine d'intervenants. »
  • 1:57InvitéChiffre
    « A priori, on compte six intervenants actifs dans le cadre des propos que vous avez cités. »
  • 2:35InvitéFait
    « Sinon, je ne suis informée de rien. »
  • 2:55InvitéFait
    « qu'une audition aurait été réalisée. »
  • 4:49InvitéFait
    « Il veut que justice passe, Alex. »
  • 5:10InvitéFait
    « L'idée pour lui, ce n'est pas de jeter l'opprobre sur les 150 000 policiers français, ce n'est pas ça. »
  • 7:53InvitéFait
    « Elles seront nécessairement légères. »
  • 8:00InvitéFait
    « ce sont des contraventions qu'ils encourt à titre principal, une peine d'amende. »

Temps de parole

  • Invité58 %
  • Présentateur42 %

2,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Vous écoutez RMC.

0:04
Présentateur

Il est 7h11, merci d'être avec nous. Témoignage exclusif ce matin, celui de Maître Yaël Godefroy, l'avocate d'Alex. Mais oui Alex, vous savez, ce policier noir de 43 ans qui travaille dans un commissariat de Rouen et qui a été victime d'insultes, d'injures racistes. Maître Yaël Godefroy, bonjour.

0:27
Invité

Bonjour.

0:27
Présentateur

Merci d'être avec nous, décembre 2019. Yaël, merci d'être là. Alex, en décembre 2019, est en poste à l'unité d'assistance administrative et judiciaire de Rouen. Un service dédié aux escortes des justiciables. Il est en vacation avec un jeune collègue, vous m'arrêtez si je dis une bêtise. Il est en vacation avec un jeune collègue dans une guérite. Sur le téléphone de ce collègue, Alex voit s'afficher des messages mentionnant son prénom. Alors il regarde, il lit et le jeune fonctionnaire, son collègue, adjoint de sécurité, lui montre ses échanges tenus sur un groupe WhatsApp composé d'une dizaine de policiers. Et là, il voit des choses horribles.

Persuadés de l'imminence d'une guerre raciale, ses policiers accablent d'injures. Tous les ennemis de la race blanche, les femmes, les arabes, les juifs, les noirs, les homosexuels, enfin bon, etc. Dans l'attente de la guerre civile raciale dont ils rêvent, les membres de ce groupe évoquent à plusieurs reprises leur désir de s'armer. Évidemment, ils insultent Alex parce qu'il est noir. C'est bien cela, Maître Godefroy. C'est tout à fait. Exactement. Combien de policiers, aujourd'hui, sont concernés par cette affaire ?

1:42
Invité

Alors, sur ce groupe WhatsApp, on sait qu'il y a à peu près une dizaine d'intervenants. Il faut être en mesure de pouvoir rattacher les conversations aux différents policiers, ce qui n'est pas une lance à faire. Et c'est ce que j'espère que l'enquête permettra d'affiner. A priori, on compte six intervenants actifs dans le cadre des propos que vous avez cités. Étant précisé tout de même, malgré tout, je dois vous préciser immédiatement qu'il y a une procédure administrative en cours à laquelle je n'ai absolument pas accès disciplinaire. Donc, je ne sais pas combien de personnes seraient renvoyées devant le Conseil de discipline.

Et s'agissant de l'enquête pénale, pour l'instant, ce n'est en réalité pas grand-chose.

2:18
Présentateur

C'est-à-dire qu'il y a opacité totale à l'intérieur de la police. On ne sait pas ce que devient l'enquête administrative. Est-ce que les policiers qui sont impliqués sont toujours en poste ?

2:32
Invité

Alors, l'enquête administrative, moi, ce que je sais, c'est par le biais de la presse. Sinon, je ne suis informée de rien. Mais l'enquête administrative, manifestement, serait bouclée. Je mets au conditionnel, je reste prudente. Et une comparution devant le Conseil de discipline serait programmée. Mais je n'en sais pas. Notamment, je ne peux pas vous donner de date ni le nombre de policiers qui seraient renvoyés devant cette commission de discipline. Et s'agissant de l'enquête pénale, je vous le dis, j'ai appris encore une fois par le biais de la presse qu'une audition aurait été réalisée. Je garde le conditionnel également.

Le 3 juin dernier, mon client vient de recevoir la médiatisation de ce dossier. Malheureusement, il aura fallu en passer par là. a permis que l'enquête avance. Et mon client a reçu une convocation pour être entendu d'ici quelques semaines par l'IGPN de Rennes.

3:13
Présentateur

D'ici quelques semaines, est-ce que les policiers impliqués sont toujours en poste ?

3:18
Invité

Alors, à ma connaissance, la semaine dernière, il l'était encore. Est-ce qu'une décision a été prise de mise à pied à titre conservatoire entre la semaine dernière et cette semaine ? Je ne le sais pas. Je le souhaite. Je pense que c'est des personnes qui sont censées... Vous savez, quand on est policier, on a la garde, la répression, mais aussi la préservation des gens, la protection des gens. J'espère que ces personnes ne sont plus en poste aujourd'hui. Je n'en ai absolument pas la certitude. Et je ne peux malheureusement pas l'affirmer.

3:43
Présentateur

Oui. Alex vient d'être convoqué par l'IGPN de Rennes. C'est bien cela ? Oui, exactement. Pour un entretien en qualité de victime. C'est ça, Bête ?

3:53
Invité

Oui, tout à fait. Une audition comme victime, tout à fait. Ce que nous espérions depuis maintenant quelques mois.

3:58
Présentateur

Oui. Il est quand même question d'armes dans ces discussions. Tout à fait. Il y a toute une idéologie derrière, mais il est question d'armes.

4:09
Invité

Bien sûr. De s'armer. Oui, il s'interroge sur la tangiosité de ces fonctionnaires de police. Bon, alors après, à ce qu'on retrouvera ces armes... C'est la raison pour laquelle on souhaite que l'enquête avance. On espère que le temps est l'ennemi de la preuve. Et plus on attend, et moins on a de chances d'obtenir des preuves concernant les soupçons ou les craintes qu'on peut avoir à la lecture de ces auditions. Est-ce que, par exemple, il ne sera pas trop tard si on fait des perquisitions ? Si les autorités de police, le gendarmerie, je ne sais pas qui sera chargé de l'enquête, a priori pour l'instant c'est l'IGPN.

Donc si la police va faire des perquisitions, est-ce qu'on va trouver des armes chez ces policiers-là ? J'ai quelques craintes sur l'altération des preuves qu'on aurait pu avoir si l'enquête avait été plus rapide.

4:47
Présentateur

Que demande Alex ?

4:49
Invité

Il veut que justice passe, Alex. Il veut que justice passe. Il veut qu'il y ait un débat. Il ne veut pas être un symbole. Ce n'était véritablement pas son objectif. Il souhaite qu'il y ait un débat sur le racisme au sein de l'institution de la police, mais plus largement également. Il ne met pas tout le monde dans le même paquet. L'idée pour lui, ce n'est pas de jeter l'opprobre sur les 150 000 policiers français, ce n'est pas ça. En revanche, il est très très attaché à dire qu'il ne s'agit pas non plus de faits de grubis galeuses, et c'est que le racisme dans la police, la xénophobie, l'homophobie n'est pas non plus exceptionnel, n'est pas rare.

Et véritablement, il veut que son dossier soit l'occasion d'un débat plus large, d'un procès où les choses seraient discutées, en présence des associations, que ça le dépasse, tout simplement.

5:30
Présentateur

Alex en souffre aujourd'hui dans l'exercice de son métier ?

5:36
Invité

Alors, il serait mieux placé que moi pour vous répondre. Ce que je sais, c'est que c'est très compliqué, ça a été compliqué. La décision de porter plainte a été extrêmement rapide, mais ça ne se fait pas avec légèreté. Porter plainte contre son corps de métier, c'est quelque chose de violent, chacun pourra l'imaginer. Et puis, il a eu un deuxième choc. Là, il travaillait le jour où tout a été médiatisé, il a découvert l'ampleur que tout cela a pris. Le soir même, ça a été compliqué.

Et il a eu deux sortes de réactions, des soutiens de magistrats qui sont nus le voir, de certains de ses collègues aussi, d'anonymes, qui passent par moi, par mail, qui m'écrivent en me disant « soutiens votre démarche, c'est celle de votre client ». Et puis, il a eu des réactions beaucoup, beaucoup plus réservées. On lui a reproché d'avoir attisé le feu, attisé la haine contre les policiers. On lui a reproché d'avoir trahi son corps de métier. Donc, il est dans une position qui est difficile. Mais pour l'instant, il garde le cap. Il est très, très attaché à dénoncer le racisme. C'est quelque chose auquel il est viscéralement attaché.

6:31
Présentateur

Il est attaché à dénoncer le racisme et il est attaché à la police aussi. Il aime son métier.

6:38
Invité

Tout à fait, tout à fait. Il est très attaché aux valeurs républicaines, aux valeurs de protection de l'ordre public et de ses concitoyens. Il n'a jamais envisagé, en tout cas pour l'instant à ma connaissance, il n'a pas du tout envisagé de changer de métier. Non, non, c'est quelqu'un qui aime son métier, véritablement.

6:55
Présentateur

Qui aime son métier et qui veut que la vérité soit connue. Exactement. Soit connue aussi pour... Est-ce qu'il veut que la vérité soit connue aussi pour protéger l'institution ?

7:11
Invité

Probablement. C'est compliqué pour moi de répondre à sa place. Oui, je pense que le fait qu'il est attaché à son métier... Mais j'imagine que vous en avez parlé. Oui, oui, bien sûr. Mais ça va avec le fait qu'il soit attaché aux valeurs de sa profession. L'institution en elle-même, si vous voulez, c'est très abstrait. Ça ne veut pas dire grand-chose. Lui, il est sur le terrain. Donc, il souhaite évidemment pouvoir travailler sereinement. Il a envie que ses collègues puissent travailler sereinement. Mais avec une véritable exigence liée à ce que représente la police dans une république.

7:41
Présentateur

Il ne cherche pas à la vengeance. Pas du tout. Il ne veut pas que ses anciens collègues soient... Je ne sais pas quelles seront les sanctions. S'il y a sanctions, nous verrons bien. Après l'enquête.

7:53
Invité

Elles seront nécessairement légères. Puisque de toute façon, à supposer qu'ils soient poursuivés, à supposer qu'il y ait une sanction pénale qui soit prise, ce sont des contraventions qu'ils encourt à titre principal, une peine d'amende. L'idée, si vous voulez, c'est qu'on ne veut pas non plus que ces policiers servent de fusible. Vous voyez ? Et que du coup, on se dise, on a trouvé fibre bigaleuse, on les a sortis de la police et maintenant, tout va bien circuler. Il n'y a rien à voir. Pas du tout. Pas du tout. Donc, c'est pour ça, précisément, comme je le disais dans un reportage que vous avez peut-être entendu, de pas la tête des policiers, ce n'est pas ça.

Très clairement, ce n'est pas ça. Il n'est effectivement pas du tout dans une idée de vengeance.

8:26
Présentateur

Merci, Maître Yaël Godefroy. Merci beaucoup, avocat d'Alex. Merci beaucoup. Merci, c'est la première affaire. C'est l'affaire qui a tout déclenché, qui a déclenché toute cette immense réflexion sur le racisme dans la police. Maître Yaël Godefroy, ce matin, sur RMC, c'est là que ça se passe, le matin. Merci, c'est la première affaire.