Israël-Palestine : les mots de la guerre 7/18 · Nakba, l'exil palestinien ou "désastre"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:09OuverteRéponse directe
Que signifie le mot Nakba ?
- 1:08OuverteRéponse directe
Certains Palestiniens sont-ils restés sur le territoire de l'actuel Israël ?
- 1:31OuverteRéponse directe
Et ceux qui sont partis, où sont-ils partis à l'époque ?
- 2:12OuverteRéponse directe
Ils rassemblent combien de Palestiniens, ces camps de réfugiés ?
- 2:54OuverteRéponse directe
Si on essayait de faire une cartographie de cette diaspora palestinienne, où sont-ils allés ?
- 3:26RelanceRéponse directe
Lequel ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:31InvitéFait
« Le mot Nakba signifie catastrophe en arabe et ça renvoie à l'exode des Palestiniens suite à la guerre qu'on appelle guerre de 48, qui est une guerre de 47 à 49. »
- 0:31InvitéChiffre
« Et qui a vu donc, selon les chiffres des organisations humanitaires de l'époque, qui étaient engagées sur le terrain à l'époque, le départ d'environ 900 000 Palestiniens. »
- 0:42InvitéChiffre
« Et pas 750 000 comme on entend habituellement. »
- 1:23InvitéChiffre
« Qui, eux, sont restés. Mais qui ont constitué vraiment une minorité qui représente aujourd'hui, par contre, 20% de la population israélienne. »
- 2:16InvitéChiffre
« Alors, à l'époque, ils représentent à peu près 40% des exilés de l'époque. »
- 3:00InvitéChiffre
« Ils sont beaucoup allés dans les pays arabes alentours, avec aujourd'hui 5,6 millions de réfugiés, avec une grosse majorité en Jordanie. »
- 3:46InvitéFait
« C'est-à-dire qu'en Jordanie, par exemple, ils ont obtenu, pour l'extrême majorité d'entre eux, en 1952, la nationalité jordanienne. »
- 4:10InvitéFait
« Ce qui était un moyen aussi pour la Syrie de maintenir l'idée du retour, de la possibilité du retour. »
- 4:40InvitéFait
« En 1982, massacre de Sabra et Shatila, perpétré par les phalanges libanaises, mais sous la protection, voire la bénédiction de l'armée israélienne qui était présente à ce moment-là sur le territoire libanais. »
- 5:47InvitéChiffre
« Il y avait en Palestine environ 15% de chrétiens. »
- 6:25InvitéFait
« C'est la date du 15 mai qui est retenue comme jour de cette Nakba, qui est la date de la création de l'État d'Israël. »
- 6:42InvitéFait
« Bien qu'on sache qu'en fait, avant même la création de l'État d'Israël et avant même que les armées arabes entrent en guerre, la moitié déjà des personnes avaient été déplacées. »
- 7:11InvitéFait
« Il y a un traumatisme très très profond concernant les Palestiniens, puisque là, c'est ce dont on parle. »
- 7:16InvitéChiffre
« Il faut s'imaginer que 900 000 personnes à l'époque, c'est 80-90%, 85% à peu près de la population totale. »
Temps de parole
- Invité73 %
- Présentateur25 %
- Présentateur 22 %
≈ 1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Hors série, les matins de France Culture. Israël-Palestine, les mots de la guerre. Nakba Les mots du conflit israélo-palestinien. Stéphanie Latabdala, vous êtes historienne, politologue, directrice de recherche au CNRS. Que signifie le mot Nakba ?
Le mot Nakba signifie catastrophe en arabe et ça renvoie à l'exode des Palestiniens suite à la guerre qu'on appelle guerre de 48, qui est une guerre de 47 à 49. Et qui a vu donc, selon les chiffres des organisations humanitaires de l'époque, qui étaient engagées sur le terrain à l'époque, le départ d'environ 900 000 Palestiniens. Et pas 750 000 comme on entend habituellement. Et qui ont quitté leur village, leur ville, etc. Et qui se sont réfugiés à différents endroits. Donc il y en a certains qui sont allés dans la bande de Gaza, qui est aujourd'hui constituée de 80% de personnes descendants de familles de réfugiés. D'autres qui sont allés en Cisjordanie.
Et d'autres qui sont allés plus loin, en Jordanie, au Liban, en Syrie.
Certains Palestiniens sont-ils restés sur le territoire de l'actuel Israël, Stéphanie Latabdala ?
Oui, bien sûr. C'est ceux qu'on appelle les Palestiniens d'Israël. En tout cas, ceux qui s'appellent aujourd'hui les Palestiniens d'Israël. Et plus les Arabes israéliens. Qui, eux, sont restés. Mais qui ont constitué vraiment une minorité qui représente aujourd'hui, par contre, 20% de la population israélienne.
Et alors, ceux qui sont partis, où sont-ils partis à l'époque ?
Donc, ils sont partis, pour certains d'entre eux, à Gaza, pour d'autres en Cisjordanie, pour d'autres plus loin, en Jordanie, au Liban, en Syrie, essentiellement. Et puis d'autres un peu ailleurs aussi, plus loin. Mais disons le gros des réfugiés. Parce qu'en fait, il y a différents types de réfugiés à cette période. Il y a des gens qui se retrouvent donc dans des camps qui sont mis en place à l'époque, donc au tout début, par notamment la Croix-Rouge. Et puis les Quakers, à Gaza. Et ensuite, c'est des camps qui seront pris en charge par l'UNEROI, l'Office des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient.
Ils rassemblent combien de Palestiniens, ces camps de réfugiés ?
Alors, à l'époque, ils représentent à peu près 40% des exilés de l'époque. Bon, aujourd'hui, il y a toute une série de transformations, des gens qui en sortent. Bon, donc du coup, il y a des gens dans les camps, il y a des gens hors des camps. Il n'y a pas que des gens qui se sont retrouvés dans les camps. Mais en tout cas, il y a toute une frange importante de la population qui a bénéficié de cette aide humanitaire dans les pays alentours. Il y a d'autres personnes qui, elles, se sont réfugiées d'elles-mêmes dans des villes parce qu'elles avaient les moyens de louer quelque chose ou qui sont allées plus loin.
C'est ce qu'on appelle donc la diaspora palestinienne. Et si on essayait de faire une cartographie de cette diaspora palestinienne, Stéphanie Latabdala, où sont-ils allés ?
Ils sont beaucoup allés dans les pays arabes alentours, avec aujourd'hui 5,6 millions de réfugiés, avec une grosse majorité en Jordanie. Et d'autres, comme je le disais, au Liban, en Syrie. Et puis les réfugiés qui sont aujourd'hui dans les territoires occupés. Et après, il y a une diaspora dans d'autres pays, aux Etats-Unis, en Amérique du Sud, etc.
On a beaucoup parlé des réfugiés palestiniens au Liban parce qu'ils ont eu un rôle et un destin particulier. Lequel ?
Alors, effectivement, si les réfugiés qui se sont retrouvés dans les pays arabes alentours ont tous été pris en charge, une grande partie d'entre eux a été pris en charge par l'UNEROA, en revanche, ils n'ont pas bénéficié du même statut juridique par rapport aux pays d'accueil. C'est-à-dire qu'en Jordanie, par exemple, ils ont obtenu, pour l'extrême majorité d'entre eux, en 1952, la nationalité jordanienne. Donc, ils ont bénéficié de tous les droits de citoyenneté, comme les Jordaniens, Jordano-Jordaniens, comme on pourrait dire. En revanche, en Syrie, ils ont bénéficié de tous les droits, sauf la nationalité.
Ce qui était un moyen aussi pour la Syrie de maintenir l'idée du retour, de la possibilité du retour. Au Liban, ils n'ont pas bénéficié, évidemment, de la nationalité. Et ils ont été beaucoup plus contraints. C'est-à-dire qu'il y a toute une série de professions qui leur sont interdites, etc. Donc, ils n'ont pas du tout eu les mêmes droits. Ils n'ont toujours pas les mêmes droits sur place.
Ils ont vécu dans des camps. L'un de ces camps a été le siège d'un massacre, je pense, au camp de Sabra et Shatila.
Oui, tout à fait. En 1982, massacre de Sabra et Shatila, perpétré par les phalanges libanaises, mais sous la protection, voire la bénédiction de l'armée israélienne qui était présente à ce moment-là sur le territoire libanais.
Pourquoi ce massacre ?
Écoutez, c'est un massacre de civils, pour le coup. On est dans le contexte de la guerre libanaise. Il y a eu beaucoup de conflits. Il y a eu la guerre des camps. Et puis, il y a, à ce moment-là, aussi un acteur israélien qui encourage les milices d'extrême droite libanaises à ce type d'actes.
Si on essaye aujourd'hui de se représenter la diaspora palestinienne, celle-ci est composée de différentes confessions. Il y a des Palestiniens qui sont, bien évidemment, musulmans. Ils sont la majorité. Mais il y a aussi des Palestiniens chrétiens. Comment les choses se distinguent-elles ? Si vous pouviez, là aussi, nous faire une sociologie de cette diaspora palestinienne.
Oui, effectivement. Il y avait en Palestine environ 15% de chrétiens. Mais c'est une diaspora chrétienne qui s'est constituée un petit peu en amont de cette Nakba. Mais pas seulement. C'est-à-dire qu'il y a eu des vagues migratoires chrétiennes qui ont commencé un peu plus tôt aussi que la Nakba. Voilà. Et donc, effectivement, parmi les réfugiés, il y a aussi des chrétiens, mais qui sont extrêmement minoritaires.
Comment la Nakba est-elle célébrée par les Palestiniens ? Est-ce qu'il y a des dates particulièrement symboliques, des actes particulièrement symboliques ?
C'est la date du 15 mai qui est retenue comme jour de cette Nakba, qui est la date de la création de l'État d'Israël. Bien qu'on sache qu'en fait, avant même la création de l'État d'Israël et avant même que les armées arabes entrent en guerre, la moitié déjà des personnes avaient été déplacées. Donc finalement, il y a une date symbolique qui est retenue, mais qui ne correspond pas aux mouvements de population, bien sûr, qui se sont étalées entre 1947 et 1949.
Cela renforce évidemment la symétrie entre la Nakba et la Shoah en termes de terminologie, mais aussi de phénomènes de traumatisme, bien que le traumatisme soit distinct entre les deux peuples.
Tout à fait. Il y a un traumatisme très très profond concernant les Palestiniens, puisque là, c'est ce dont on parle. Il faut s'imaginer que 900 000 personnes à l'époque, c'est 80-90%, 85% à peu près de la population totale. Donc du coup, c'est vraiment un exode massif qui s'est fait. Il y a eu aussi quelques massacres. Donc on est sur une population qui a la fois... Donc il y a une population urbaine. Il y a des villes, une culture urbaine, mais il y a aussi une population rurale très importante. Donc des gens qui vivent aussi de la terre.
Et donc effectivement, c'est un traumatisme extrêmement profond que de se retrouver dans des camps de réfugiés pour une large partie d'entre eux, ou bien exilés ailleurs, dans les pays alentours.
Merci Stéphanie Latabdala. Pour comprendre le conflit israélo-palestinien, il est essentiel d'en maîtriser les mots. Guillaume Erner. C'est pourquoi Les Matins vous propose un hors-série, un podcast où les meilleurs spécialistes de la région donnent un sens plus précis aux mots de ce conflit. Hors-série, Les Matins de France Culture. Israël-Palestine, les mots de la guerre. A écouter sur franceculture.fr et l'application Radio France.