Face à Face : Sébastien Chenu - 23/10
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, face à face, Apolline de Malherbe. Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Sébastien Chenu, merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions. Vous êtes le député du Nord, vice-président du Rassemblement National. Il y a de nombreuses questions à vous poser sur évidemment ce budget, sur votre attitude vis-à-vis du député qui a été pris en flagrant délit d'achat de drogue. Et puis sur la question de l'abrogation des retraites, puisque cette abrogation pourrait avoir lieu si votre proposition de loi était adoptée.
Mais je voudrais d'abord commencer par vous faire réagir au propos de la porte-parole du gouvernement qui ce matin a précisé que vraisemblablement au Conseil des ministres, qui aura lieu dans quelques heures, la question d'un 49-3 sera abordée. Il faut rappeler la procédure pour pouvoir utiliser et dégainer un 49-3, c'est-à-dire un vote bloqué sur un texte à l'Assemblée. Il faut qu'au préalable, cela ait été autorisé par le Conseil des ministres. Ça ne veut donc pas forcément dire qu'ils vont l'utiliser, mais ça veut dire qu'à partir d'aujourd'hui, ils auront cette carte qu'ils pourront sortir à tout moment. Ça vous surprend ?
Ça me surprend parce que c'est en contradiction avec ce que les ministres, en tous les cas le ministre du Budget avait annoncé. Il nous avait dit qu'il n'était pas favorable à cette utilisation. Il nous avait dit qu'il souhaitait que les débats durent le plus longtemps possible. Je vous rappelle qu'on va voter le parti recette le 29 octobre, la semaine prochaine, que d'ici là, nous allons débattre. Nous pouvons d'ailleurs débattre dans le week-end. Nous pouvons ce qu'on appelle ouvrir des séances pour que les parlementaires fassent évoluer ce budget, s'opposent, contribuent par des amendements à le faire évoluer.
Et là, patatras, Michel Barnier nous rappelle les pires heures des gouvernements Macron, Elisabeth Borne, Gabriel Attal, qui dégainaient le 49.3 à toute vitesse. Nous, nous considérons que c'est un outil utile. Le 49.3, ça existe dans la Constitution. On n'est pas pour l'abrogation du 49.3. Mais Michel Barnier nous avait promis une méthode. Or, s'il enclenche le 49.3, ce sera contraire à cette première promesse sur la forme, en tous les cas, mais sur le fond... Oui, tout ça, c'est un peu de l'hypocrisie. Non. Moi aussi, c'est un peu de l'hypocrisie.
Pourquoi ? Parce que la réalité, c'est que vous-même, vous dites, ah, mais vous voyez, ça nous rappelle les pires heures. Vous savez très bien qu'il n'y a pas de majorité, qu'il y en a encore moins aujourd'hui qu'il n'y en avait pour une Elisabeth Borne, qui, la première année, on s'en souvient, avait dit, non, mais je vais laisser débattre, je n'utiliserai pas le 49.3. À la fin, elle a bien été obligée de le faire. Et en effet, la deuxième année, elle l'a dégainée tout de suite,
ne veut pas que le Parlement soit brutalisé. Pourquoi ? Parce que, regardez, hier, nous avons eu une séance, nous nous sommes quittés à l'Assemblée nationale à minuit. Et il y a des choses qui ont pu évoluer. Par exemple, il y a une contribution sur les hauts revenus qui a été votée. Un projet de loi de finances rectificative.
Elle était dans le budget, simplement, elle devait être temporaire.
Voilà.
Elle sera désormais pérenne.
Voilà. Il y a un budget rectificatif qui a été voté. On a empêché la désindexation, par exemple, de l'impôt sur le revenu que voulait faire la gauche. L'intégration dans cette hausse sur les hauts revenus du patrimoine professionnel que portait la gauche, qui aurait coûté la vie à des milliers d'entreprises. Donc, il y a une utilité à ce débat. Ce débat, il fait bouger les lignes. Et c'est exactement ce qu'ont souhaité les Français. Les Français n'ont pas souhaité confier les clés du camion à Michel Barnier et aux macronistes pour continuer la même politique. Ils ont souhaité, à travers ces trois blocs, qu'il y ait ce débat permanent et les possibilités de faire évoluer.
Oui, mais justement, précisons la procédure. Et c'est là que j'ai quand même l'impression d'être, pas seulement face à vous, Sébastien Chenu, mais face à la plupart des politiques en ce moment. Et j'en vois beaucoup. Je suis quand même sidérée par le décalage entre ce qu'on dit et ce qu'on fait. Parce que là, vous dites tout, c'est super, il y a du débat. Regardez, on fait évoluer les choses. Regardez ce qui s'est passé avec la Commission des Finances. Tout le week-end, la gauche a pu se targuer d'avoir fait évoluer ce budget. Mais patatras, au bout de deux jours de Commission des Finances, ce débat, qui certes avait évolué, n'avait évolué que pour la forme. Il a été rejeté.
Et ce sera la même chose.
Mais madame, si le gouvernement... En fait, je veux dire, le problème vient du gouvernement. Si le gouvernement est dans une posture de continuité, de logique, qui était celle qui a présidé aux politiques de Attal, de Borne et des prédécesseurs, qui ont été sanctionnés par les électeurs, alors évidemment, à la fin, ils seront sanctionnés. Parce que les Français ont voté pour une rupture. Si Michel Barnier ne l'entend pas, n'incarne pas cette rupture, alors évidemment, il s'expose à un rejet et plus tard à une censure.
Donc même si ça ne sert à rien, même si à la fin, il revient à son texte initial, vous estimez qu'il doit au moins pour la forme laisser vivre ces débats pendant quelques jours.
Mais ça, c'est l'avis démocratique. Les parlementaires, c'est d'ailleurs pour ça aussi qu'on est élus et indemnisés, font vivre le débat, font des propositions. Et ça permet quoi aussi ? Ça permet de montrer aux Français ce que nous ferions si nous étions à la place. Nous, ça nous permet d'expliquer aux Français qu'il y a d'autres chemins. Quand on voit que ce gouvernement a ruiné la France, ils ont abîmé, je dis ce gouvernement parce que ce sont les mêmes. Laurent Saint-Martin, il avait été rapporteur du budget, il est aujourd'hui ministre du budget. Ils étaient, M. Antoine Armand, le ministre des Finances, étaient président de la Commission des Affaires Économiques il y a quelques mois.
Ce sont les mêmes acteurs. Ce sont les LR, on sauvait la tête de tout ce genre-là. Donc les Français veulent un changement, et bien il faut leur montrer que le changement, il est possible, et qu'il y a d'autres voies. Nous, quand on explique qu'on pourrait faire 15 milliards d'euros d'économies, on explique comment, on explique comment on pourrait rendre du pouvoir d'achat aux Français, on explique sur quoi on ferait des économies. Et bien je pense que c'est très éclairant.
Et puis je vais vous dire, il va y avoir un débat qui va être très intéressant, c'est où est passé l'argent qu'ont fait les macronistes pendant cette année passée, de ces milliards d'euros qui n'ont visiblement pas bénéficié aux Français, mais qui manquent dans les caisses de l'État.
Et ça, ce sera notamment l'objet de cette commission parlementaire, qui sera avec des anciens ministres, comme Bruno Le Maire, qui seront convoqués devant vous tous les parlementaires, pour dire où est passé l'argent pour vous. Est-ce que vous estimez d'ailleurs qu'ils ont utilisé l'argent à des fins qui n'étaient pas forcément suffisamment dites, ou est-ce que vous vous dites qu'ils ont sciemment menti aux Français sur l'ampleur du déficit ?
Deux solutions. Ou leurs prévisions, c'est ce que disait l'ancien ministre du Budget, Thomas Cazenave, ou leurs prévisions étaient à côté de la plaque, pardonnez-moi l'expression, n'étaient pas justes, mais alors donc qu'ils sont mauvais. Donc ils se sont trompés, ils se sont plantés, alors qu'ils s'étaient présentés devant les Français comme étant des champions, des as, des as de la finance publique. Donc ou ils se sont trompés, et donc ce sont des nuls. Ou ils ont menti aux Français, sciemment, parce que nous étions dans une période électorale.
Et alors les Français se seraient prononcés au moment des élections législatives dans un contexte dans lequel ils n'auraient pas été sciemment éclairés sur l'état des finances du pays. Et là c'est très grave. Donc ou ils ont menti, ou ils se sont trompés, peut-être même les deux ensemble d'ailleurs, ils peuvent parce qu'ils sont mauvais et nuls avoir menti aux Français, et bien c'est la commission d'enquête, la commission des finances transformée en commission d'enquête qui fera la lumière. Mais c'est la première fois, je crois, sous la Ve République qu'on est à ce niveau à la fois de plantage des finances publiques, mais aussi d'enfumage des Français.
Donc on va regarder qui est responsable, mais sincèrement, il y aura des conséquences à tout ça.
Avec une question aussi, même immédiate, c'est que ce budget qui déjà doit tenter de combler un déficit considérable, il est écrit à l'aune d'une prévision de croissance de 1,1%. Hier matin, j'avais ici même le patron du MEDEF qui disait que d'après tout ce qui lui remontait des différentes entreprises de France, il disait en réalité, je crains que nous ne soyons déjà passés en récession, récession légère, mais que le 1,1% de croissance soit déjà très largement éloigné et que donc le budget soit déjà insincère.
Oui, des choses... Alors d'abord, ça, ils nous ont déjà fait le coup. Bruno Le Maire nous avait déjà construit des budgets qui n'étaient pas conformes aux prévisions de croissance. Donc ça, j'allais dire, c'est un peu l'habitude de la maison. Ils construisent des budgets dont ils savent pertinemment qu'ils sont construits sur du sable. La deuxième chose, c'est l'OCDE qui nous dit que le projet de budget de Michel Barnier aura des effets récessifs, aura des effets négatifs. C'est-à-dire entraînerait l'inverse
de ce qu'il espère, casserait la croissance et donc moins de revenus...
Plus de chômage, plus de faillite d'entreprise, etc. Et donc moins de revenus pour l'État. Mais à partir de là, et ça reboucle avec finalement votre question, il est donc nécessaire de faire évoluer ce budget. Il est donc nécessaire de redonner des perspectives différentes. Parce que si l'idée, c'est d'accepter un budget dont on sait à l'avance que non seulement il est mal construit, il est peu sincère, mais il aura des effets récessifs, il y a urgence à arrêter la casse.
Donc vous estimez qu'il ne faut pas utiliser ce 49.3. Un point sur... J'ajoute, si vous me permettez,
une urgence, c'est stopper leur idée de désindexer les retraites des Français. Je le dis, et beaucoup de députés revivent en circonscription, repousser l'augmentation des retraites. D'augmenter les pensions de retraite. Beaucoup de retraités et de retraités modestes vivent ça avec une angoisse certaine et je pense qu'il y a urgence à les empêcher de faire ça.
Mais à cela, je précise ce que répond justement le ministre du Budget, il dit en réalité qu'il y a eu un tropperçu l'an dernier. C'est-à-dire que la revalorisation des pensions de retraite a été plus élevée que ne l'a été l'inflation.
Non mais stop, écoutez, je pense que demander sans arrêt des efforts aux Français, leur demander de se serrer la ceinture, alors qu'en parallèle, ils ne voient pas où passent tous les prélèvements. On est champions de toute catégorie des prélèvements. Je crois qu'il y a 250 taxes différentes.
L'une des propositions aujourd'hui sur la table, ce serait l'idée de compenser pour les pensions des retraités les plus modestes par un chèque. Est-ce que ça, ça vous paraît acceptable ?
Non mais stop avec cette politique d'échec qui a coûté suffisamment cher aux finances publiques. Enfin, je veux dire avec Emmanuel Macron... Ça coûterait moins cher
que de réindexer pour tout le monde.
Non mais avec Emmanuel Macron, oui mais ce serait injuste. Avec Emmanuel Macron...
Votre argument en tout cas sur le chèque, il ne tient pas puisque vous demandez
justement à ce qu'il y ait plus d'argent. Non mais ce qu'on veut c'est de l'argent dans la poche des Français. Il faut arrêter la politique d'échec qui ne résout pas les problèmes alors qu'elle coûte aux finances publiques. Moi, quand ça coûte aux finances publiques, c'est pour que ça bénéficie aux Français et aux Français les plus modestes. Cette histoire de politique d'échec, je crois qu'on arrive
au bout. Le 31 octobre prochain, Marine Le Pen va défendre une proposition de loi d'abrogation des retraites. Qui va voter avec vous ?
Tous ceux qui souhaitent, je l'espère, l'abrogation des retraites. D'abord, dans le pays, il y a une majorité de Français qui souhaitent l'abrogation des retraites de cette loi sur les retraites. Il y a un débat qui n'avait pas pu aller jusqu'au bout puisqu'on n'avait jamais voté à l'Assemblée nationale. Nous, on porte... En raison justement d'un 49-30. Voilà. On porte cette... Et aussi en raison du fait que la gauche a empêché la possibilité de voter avec foultitude des milliers d'amendements qui avaient embouteillé le débat parlementaire. Nous avons entendu ce que disent quelque part nos adversaires politiques aussi. C'est-à-dire la gauche pour l'abrogation de la réforme des retraites.
Une partie d'autres députés dans leurs différentes sensibilités... Et donc vous leur dites « Chiche, votez avec nous ! » On leur dit « Vous ne vous engagez pas finalement sur un autre texte sur lequel il y aurait peut-être sur une réforme que nous, nous pourrions porter une nouvelle réforme des retraites. Vous vous engagez tout simplement sur un socle que nous aurions en commun abroger les dispositions de la loi Macron. tout en conservant les possibilités sur les petites retraites. C'est-à-dire en ne détricotant pas quelque part les quelques légers avantages qui pouvaient exister mais abroger le fait de faire passer la classe de 62 à 64 ans.
de pièges et une partie des députés de gauche je recevais ce matin Sandrine Rousseau sur RMC qui disait « Par cohérence personnelle je ne voterai pas ce texte parce qu'il vient du RN. » D'autres, comme Fabien Roussel, disent « Si j'étais encore député, je voterais le texte d'abrogation des retraites du RN. » Les Français veulent l'abrogation et ils se foutent de savoir d'où ça vient.
Mais je crois qu'il a raison M. Roussel sur ça. Les Français veulent l'abrogation. Nous avons une fenêtre de tir. Nous proposons l'abrogation. Ça ne va pas rendre Mme Rousseau militante du RN que de le voter. Ça aura pour effet satisfaisant pour les gens qui votent pour elle pour lesquels elle s'est engagée d'abroger cette proposition de loi. Donc oui, bien entendu que la gauche doit dépasser son sectarisme. Mais Mme Rousseau elle a toujours été très sectaire. C'est même un des marqueurs de l'extrême gauche c'est que lorsqu'on avait proposé par exemple de prendre en charge l'endométriose elle avait refusé.
Mais parfois eux-mêmes ont proposé et Mme Rousseau avait proposé un amendement qui justement faisait évoluer la réforme des retraites que vous-même vous n'aviez pas voté.
Un amendement là on va plus loin. On abroge la réforme des retraites c'est-à-dire les annuités et l'âge de départ à la retraite voulue par Emmanuel Macron c'est-à-dire les deux années de plus d'efforts demandés aux Français. Sur ça majorité à l'Assemblée Nationale ne pas le faire pour des petits calculs politiciens comme le fait Mme Rousseau qui assume son sectarisme en disant moi je ne vote jamais les propositions du Rassemblement National c'est oublier l'intérêt des Français.
Certains disent aussi que ça coûterait extrêmement cher et c'est vrai que vous venez de dire nous on aurait montré qu'on aurait fait 15 milliards d'euros d'économies. La patronne de la CFDT par exemple dit que votre manière à vous d'abroger la réforme des retraites ça entraînerait 25 milliards d'euros
de dépenses. Non, c'est pas du tout. C'est pas du tout.
Et regardez à l'inverse ce que dit Patrick Martin le patron du Medef ici même hier.
Il faut que dans ce pays on travaille plus et il y a beaucoup de seniors qui souhaitent travailler d'ailleurs. Donc si on revient sur cette réforme ça sera terrible pour la performance économique du pays pour le taux d'emploi dans le pays mais ça sera terrible également pour les marchés financiers. Donc ne nous racontons pas d'histoire si on abroge cette réforme des retraites on part alors là carrément en vrille. J'insiste alors que la conjoncture économique
est déjà très fragile.
On part carrément en vrille.
Non, d'abord c'est la réforme Macron qui coûte cher actuellement. La réforme Macron elle va coûter alors qu'elle devait rapporter elle va coûter près de 5 milliards d'euros parce que lorsque vous faites travailler les gens plus tard ils sont souvent plus malades ils ont un handicap etc. ça coûte cher. C'est la Caisse Nationale
d'Assurance Vieillesse qui chiffre à 25 milliards et qui est décidée par Mme Moreau.
et nous notre chiffrage sur notre propre réforme des retraites Chacun son chiffrage à chaque fois. Non, non mais par exemple c'était je crois l'IFRAP mais je ne veux pas les mettre en cause de mémoire c'était l'IFRAP qui chiffrait notre réforme des retraites à 9 milliards une fois j'allais dire cette nouvelle réforme installée 9 milliards par an.
Donc on n'est pas du tout sur les mêmes chiffres mais aujourd'hui ce qui coûte c'est la réforme Macron c'est elle qui coûte cher parce que lorsque vous arrivez à l'âge des parents retraites et que vous êtes au chômage et bien vous êtes pris en charge par finalement la collectivité ça coûte de l'argent ça coûte aujourd'hui près de 5 milliards d'euros la réforme Macron donc nous nous considérons qu'il y a une fenêtre de tir possibilité d'abroger la réforme Macron qui est injuste et qui coûte cher la balle est au Parlement les députés Rassemblement National savent prendre leurs responsabilités j'en attends autant de la gauche qui dans son programme a mis qu'elle était pour l'abrogation de la réforme des retraites donc qu'ils soient honnêtes avec leurs électeurs quand on est pour quelque chose on le vote
Vous vous êtes déjà drogué Sébastien Chenu ?
Non, je suis très hostile aux addictions je bois très très peu je ne me suis jamais drogué et je fais en sorte parce que j'aime trop ma liberté d'avoir une conduite qui m'empêche d'être addictif à quelque chose
Pourquoi je vous pose cette question ? Parce que ce matin Sandrine Rousseau dans le soutien qu'elle apporte à son collègue à votre collègue député Andy Carbrat qui a donc été pris en flagrant délit d'achat de drogue de synthèse elle disait il y a beaucoup beaucoup de drogues qui circulent à l'Assemblée nationale il y en a probablement à l'Assemblée nationale et au Sénat on a vu d'ailleurs quelques exemples déjà
Elle l'a dit aussi dans votre rédaction il y en a dans la société française Exactement
Elle l'a dit partout mais y compris tout à fait elle l'a dit partout il y en a sûrement ici a-t-elle dit en effet en parlant de ses studios de télé effectivement elle l'a dit partout mais elle l'a dit en particulier à l'Assemblée et au Sénat Il y a deux choses et Mme Rousseau
fait semblant de ne pas voir les choses dans leur entièreté La problématique c'est quoi ? C'est qu'un député a commis un délit d'abord acheter de la drogue à un mineur dans le métro comme il l'a fait c'est un délit donc il a commis un délit dans ce cas-là il n'est pas uniquement victime d'une addiction il commet un délit et il doit être puni pour cela c'est la justice qui va s'en charger et c'est normal C'est un peu aussi l'arroseur arrosé à la LFI vous savez ils demandent la tête de tout le monde la LFI mais quand ça tombe sur eux quand leurs députés se tiennent mal Vous estimez qu'ils ne peuvent pas
rester députés ?
Alors c'est autre chose je veux dire la LFI ils ont toujours l'habitude de demander la tête des autres mais quand c'est les leurs qui se prennent les pieds dans le tapis ils sont en général ils trouvent beaucoup d'excuses Est-ce qu'il doit démissionner ?
Il y a un sénateur par exemple qui a consommé de la drogue et qui a fait consommer visiblement de la drogue à une députée dont il a tenté d'abuser qui est toujours sénateur Moi ça me pose problème je pense que ça devrait lui poser problème d'ailleurs à ce sénateur tout comme aujourd'hui aux députés LFI car c'est quand on commet un délit que la question de la démission se pose Je ne suis pas vous savez ce que disait Louis Aragon je ne serai pour personne ni un exemple ni une excuse donc je ne suis pas dans une position de moralisateur vis-à-vis d'Andy Kerber dont je veux bien comprendre qu'il se trouve confronté à des problèmes d'addiction qu'il faut soigner en revanche à partir du moment où un député commet un délit c'est-à-dire va au-delà de ce que la loi permet et au-delà de ce que son rôle lui permet puisque c'est le député qui construit la loi à partir du moment où sciemment il va au-delà de la loi la question se pose et la question lui est posée C'est lui et sa conscience Vous estimez que c'est à lui d'en décider mais au minimum
il doit se poser cette question Il y a le dealer aussi mineur en effet déjà connu pour une dizaine de faits déjà condamné d'ailleurs et qui au moment où on se parle est en détention provisoire Est-ce que pour vous il faut aller plus loin dans les sanctions vis-à-vis des dealers comme des consommateurs ?
Je pense qu'il faut taper très fort sur les consommateurs je pense que sur les trafiquants et évidemment Là il y a une amende
une amende forfaitaire qui a semble-t-il été payée par le député
Oui mais d'accord parce qu'un député paye facilement une amende enfin sincèrement c'est pas avec ça qu'on résout le problème mais je pense qu'il faut évidemment taper très fortement les consommateurs de toutes les drogues dans notre pays c'est un problème de santé publique je ne dis pas que c'est la seule solution je pense que la prévention les prises en charge en font partie mais je pense qu'effectivement on est au début du problème et qui a été fort mal traité
Sébastien Chenu la vérité est que la moitié des gens qui travaillent pour s'occuper de nos enfants de nos parents et de nos grands-parents sont des immigrants qu'ils prennent soin d'eux avec respect et affection comme s'ils étaient leur propre famille c'est le premier ministre espagnol Pedro Sanchez qui a eu cette déclaration et qui en tire cette conséquence nous les espagnols nous sommes des enfants de l'immigration nous n'allons pas être les parents de la xénophobie il a décidé de pouvoir intégrer par le travail les 6,5 millions de sans-papiers qui résident sur le territoire espagnol est-ce qu'au fond il n'a pas raison quand il dit la vérité et c'est le cas en France aussi c'est que la moitié des gens qui travaillent pour s'occuper de nos enfants de nos parents et de nos grands-parents sont des immigrants
je connais ce discours je préférerais qu'on commence par se poser la question de comment on fait pour trouver du boulot à ces millions de français ou parfois d'ailleurs qui ne sont pas français mais qui sont légalement sur notre territoire de citoyens et qui sont actuellement au chômage
comment est-ce que vous pourriez trouver pour aller s'occuper de nos enfants de nos parents et de nos grands-parents des gens qui ne sont pas des migrants est-ce que vous avez déjà essayé autour de vous est-ce que les français sont prêts à le faire
évidemment madame mais il faut traiter la question des salaires de l'attractivité de la formation de ces professions la question du logement la question des transports lorsque vous êtes mal payé ce sont des boulots difficiles ce sont des boulots mal payés donc ils sont victimes eux-mêmes
de ce système social ?
mais bien entendu madame à partir du moment où vous payez mal les gens ils ne peuvent pas se loger dans les grandes villes mais est-ce que ce ne serait pas décent
alors qu'ils sont en train de s'occuper comme le dit Pedro Sanchez de nos enfants nos parents et nos grands-parents comme si c'était leur propre famille de leur donner des papiers ?
mais madame nous n'avons pas à importer une main d'oeuvre qui ne permet pas de solutionner le problème mais qui le fait empirer c'est une façon le cœur en bandoulière d'essayer de nous faire pleurer sur une réalité sociale dont la source même est dans le fait que nous ne traitions pas la question des salaires de la formation des transports et du logement elles sont là les priorités
merci beaucoup d'être venu répondre à mes questions Sébastien Chenu député du Nord et vice-président du Rassemblement National il est 8h52 sur RMC BFM TV