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interviewC dans l'air· 16 décembre 2024 9 min

F. Bayrou : et maintenant, quel gouvernement ? Reportage - C dans l'air 14.12.2024

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

à la censure. "Un Himalaya se dresse devant nous", a affirmé le nouveau locataire de Matignon, qui vient de commencer ses nouvelles consultations. - Une passation à Matignon entre deux amis de longue date.

Applaudissements. - M.Barnier: Bienvenue à l'hôtel de Matignon, cher François.

Il fait une fraîcheur roborative. Cela nous rappelle le Béarn ou la Savoie. - M.Barnier tire sa révérence. - M.Barnier: Je savais depuis le 1er jour, le 5 septembre, que le temps de mon gouvernement était compté. - Celui qui était ministre de l'Education il y a près de 30 ans endosse cette fois-ci le costume de Premier ministre. - F.Bayrou: Je n'ignore rien de l'Himalaya qui se dresse devant nous, des difficultés de toutes natures, budgétaires notamment, politiques, et puis de l'éclatement de la société dans laquelle nous sommes.

Je sais tout ça, mais il faut essayer. - Combatif, F.Bayrou a déjà gagné un 1er bras de fer avec le chef de l'Etat pour s'imposer à Matignon.

LFI brandit sans attendre la menace d'une motion de censure. Une censure un peu moins sûre pour les socialistes. Ils refusent d'entrer au gouvernement, mais attendent de juger sur pièces la méthode Bayrou. - O.Faure: Il n'y a pas d'acquis à la non-censure.

C'est au Premier ministre de nous donner les raisons pour lesquelles il est prêt à ne pas être censuré. Il faut mettre aux oubliettes le 49-3. Fini. - Vous lui demandez de renoncer au 49-3? - O.Faure: Il faut trouver des compromis texte par texte. - Le RN, allié de circonstance du NFP lors du vote de la dernière motion de censure, demande des gages pour ne pas renverser le futur gouvernement. - M.Le Pen: Vous me demandez s'il y a de nouvelles conditions.

Je vous dis que non. Ce sont toujours les mêmes. Je ne brandis pas la menace de la censure matin, midi et soir.

Je dis juste que je ne renonce pas à cet outil. - Faut-il y voir un 1er signal envoyé au RN? F.Bayrou a réservé son 1er tête-à-tête hier soir à B.Retailleau, qui aimerait garder le ministère de l'Intérieur. - M.Tondelier: On va attendre de voir ce qu'il fait.

Je vois mal comment il peut nous convaincre de ne pas le censurer, surtout s'il ne nous appelle pas et s'il reçoit B.Retailleau. Mais ça ne tient qu'à lui. - Alors que le gouvernement Barnier comptait 10 ministres issus des rangs des Républicains, ce matin, le parti se dit prêt à travailler avec F.Bayrou. - Ce n'est pas impossible que vous participiez à ce gouvernement? - Non.

Ce n'est pas un scoop. Mais ça n'est pas une certitude. Ce qui compte, c'est le contenu de la ligne proposée aux Français.

On va essayer de trouver un chemin pour faire en sorte que les mois à venir soient utiles. - Pour son 1er week-end à Matignon, F.Bayrou a entamé ses consultations avec notamment la présidente de l'Assemblée ce matin et son homologue au Sénat ce soir.

Des premiers rendez-vous rythmés en vue de constituer son gouvernement. - A.de Tarlé: Pour mieux connaître notre nouveau Premier ministre, je vous propose d'aller à Pau.

Bonsoir. Vous êtes journaliste à France 3 pour Sud-Aquitaine, E.Daycard.

Cela fait 10 ans qu'il est maire de Pau. Quel type de maire est-il? Quel a été sa patte dans cette ville de Pau? - E.Daycard: C'est un maire bâtisseur, qui a transformé la ville.

Il a revitalisé le centre-ville de Pau pour faire revenir les habitants. Ca a été ses premiers actes. Il s'est inspiré de la politique de Juppé à Bordeaux.

Il voulait refaire les façades des immeubles. Il a fait des espaces verts, des squares, des espaces pour des jeux pour enfants. Il a embelli la ville.

Il a fait des mobilités douces, avec des zones à 30 ou 20 km/h, des vélos en location. Les Palois lui sont redevables de cela. Hier, une équipe de France 3 Pau Sud-Aquitaine est partie à la rencontre des habitants.

Pour eux, il ferait un bon Premier ministre car il a embelli la ville, il a fait venir les habitants, il a fait revenir la culture. Ils ont un nouveau pôle culture avec un orchestre qui vient faire des concerts. Ils ont des festivals avec des conférences. - A.de Tarlé: "Maire bâtisseur", ça veut dire une flambée fiscale derrière.

Qu'est-ce que ça donne à Pau? - E.Daycard: Pas du tout.

Les impôts ont toujours été élevés. Il y a toujours eu de grands projets et donc des impôts importants. On ne va pas le nier.

Mais ils n'ont pas flambé. F.Bayrou, sa qualité, c'est qu'il ne va pas dépenser l'argent qu'il n'a pas.

La ville n'est pas surendettée, contrairement à d'autres villes. Il a réussi à trouver des subventions un peu partout, notamment de l'Europe. Je ne vais pas vous dire qu'on paye des impôts comme dans un petit village.

Mais par rapport à tout ce qui a été fait, ce n'est pas énorme. - A.de Tarlé: Il joue beaucoup de ses origines paloises, du Béarn.

Il retourne souvent dans la ferme familiale? C'est un fils d'agriculteur. - E.Daycard: C'est ça.

Il est fils d'agriculteur, petit-fils d'agriculteur. Il a toujours l'exploitation agricole. Il faut savoir que F.Bayrou a perdu son père très jeune.

Il a dû faire ses études tout en étant agriculteur. Il a passé son agrégation de lettres classiques tout en étant agriculteur. Il était bègue, il a vaincu son bégaiement.

C'est quand même une force de caractère, on ne peut pas le nier. - A.de Tarlé: Merci beaucoup pour votre témoignage depuis France 3 Pau Sud-Aquitaine.

On voit que les Palois apprécient leur maire. D'ailleurs, ils l'ont réélu. Et les Français? 29 % de bonnes opinions, mais il progresse de 8 points. - B.Sananès: F.Bayrou a une image positive.

Il fait de la politique depuis 1993, quand il arrive au ministère de l'Education nationale. Il a une popularité plus élevée auprès des électeurs du centre. F.Bayrou est le visage du centre, pour les Français.

On voit bien que son alignement politique a été d'affirmer l'autonomie du centre par rapport à la droite. Il a une image plus positive à gauche qu'à droite. Les électeurs de droite lui en ont toujours voulu de cette autonomisation.

Si on a une minute, sans faire de la paléontologie politique, quand F.Bayrou commence son engagement politique, le centre est à droite. Il travaille pour des personnalités du centre.

Quand il s'affirme après, en 2002, contre le parti unique de la droite, il va à un meeting politique de l'UMP, à Toulouse. Il monte à la tribune et dit: "Je suis contre le parti unique. Si nous pensons tous la même chose, c'est que nous ne pensons plus rien."