Jordan Bardella : "Il faut mettre en place une politique dissuasive d'immigration"
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Et avec Léa Salamé, nous recevons dans le grand entretien du 7930 le président du Rassemblement National, également député européen. Question réaction au standard 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Jordan Bardella, bonjour. Bonjour, merci de votre invitation. Bonjour. Bienvenue à ce micro, on va évoquer avec vous les questions d'industrie, d'immigration, de politique. Mais commençons d'abord par ce long entretien que le président de la République accorde ce matin au quotidien L'Opinion. Il y annonce notamment une baisse de la fiscalité sur les classes moyennes.
Pour les Français qui gagnent, dit-il, entre 1500 et 2500 euros par mois, il faut baisser la fiscalité pour redonner de la crédibilité au travail, dit-il. Ce soutien aux classes moyennes va-t-il dans le bon sens ? Est-ce que vous le soutenez ? Et a-t-on accessoirement les moyens aujourd'hui de baisser encore les impôts ?
Écoutez, quand vous parlez de baisse de la fiscalité, je pense qu'il y a peu de Français qui sont en désaccord avec vous, surtout les Français qui bossent, les Français qui travaillent, les Français qui se lèvent tôt. Et en tout cas, les Français qui ont le sentiment d'absorber sur leurs épaules et à la sueur de leurs fronts et de leurs bras l'intégralité des efforts de la société. Maintenant, les Français ne sont pas dupes. Le taux de prélèvement obligatoire de la France est l'un des taux de prélèvement obligatoire les plus élevés de l'OCDE et de l'économie des pays développés.
Et en cela, moi, j'entends beaucoup le gouvernement faire des annonces et se féliciter d'une baisse de la fiscalité. Les prélèvements obligatoires n'ont pas baissé. Le taux de prélèvement obligatoire en 2017 était de 45,1%. Il est de 45,3% en 2022. Donc, globalement, les prélèvements obligatoires se sont stabilisés.
Il parle de la taxe d'habitation, de la redevance, de la baisse des impôts sur les entreprises.
Qui ont été très largement compensées. Je veux dire, ce qu'on vous a donné de la main gauche, on l'a repris dans la main droite. Donc, il est évident qu'il faut soulager aujourd'hui la fiscalité sur les classes moyennes et sur les classes populaires. Et c'est la raison pour laquelle, vous le savez, nous défendons plusieurs baisses de taxes, notamment de TVA sur l'alimentation, parce que je crois que l'urgence aujourd'hui, c'est cette inflation alimentaire, c'est ce mur de l'inflation qui est devant nous, en sortant totalement la TVA de 100 produits de première nécessité et en baissant la TVA sur l'énergie.
Je pense notamment au carburant, parce que les classes moyennes, beaucoup des classes moyennes qui vivent dans les campagnes ont besoin de leur véhicule pour aller travailler. Or, quand il y a 60% de taxes sur le carburant, on peut immédiatement leur rendre du pouvoir d'achat.
Mais la question, en fait, c'est après les trois mois de contestation contre la réforme des retraites, Emmanuel Macron essaye de tourner la page en annonçant un grand plan de réindustrialisation de la France, des baisses d'impôts sur les classes moyennes, un plan aussi pour lutter contre la fraude fiscale. Est-ce que ça ne permet pas de rebondir d'une certaine manière ? Est-ce qu'un de ces plans-là, vous les contestez par exemple ?
Pour faire quoi ? Pour aller où ? Pour faire voter ? Quelle mesure ? Avec quelle majorité ? Je veux dire, on peut expliquer que la page est tournée, que tout va bien dans le meilleur des mondes. Excusez-moi, mais le 8 mai, on est passé un peu vite là-dessus, mais le 8 mai d'Emmanuel Macron, il est très symbolique. On a là un président de la République, on a là un homme seul, qui fait des bains de foule à huis clos, devant une avenue qui est vide. Les images sont terrifiantes. On a là un président de la République qui n'arrive pas à trouver cette affection avec les Français.
Et je pense qu'on dira dans quelques années qu'au fond, Emmanuel Macron n'aura jamais vraiment réussi à aimer les Français, à comprendre leur colère, à comprendre leur souffrance, et surtout à entendre leurs espérances. Il y a des crises structurelles qui ne sont pas réglées. La crise de l'inflation, la crise de l'énergie, la crise démocratique. On ne peut pas contourner l'esprit même de la Vème République. Nous, nous avions proposé d'en revenir aux urnes.
En quoi il a contourné l'esprit ?
On ne peut pas gouverner contre les Français.
Vous ne pouvez pas dire qu'il a contourné l'esprit de la Vème République ?
Si, puisqu'il a privé le peuple français d'une expression majoritaire, qui était celle d'une opposition à la réforme de la Vème République, qui a quand même été mise en œuvre de force. Il a privé le Parlement d'un vote, pardon, il a privé l'Assemblée nationale d'un vote sur ce texte, dont tout le monde savait que ce texte aurait été rejeté à l'Assemblée nationale. Mais ce n'est pas contre la Constitution. Les mots ont un sens.
En quoi il a utilisé un moyen anticonstitutionnel ?
Non, je n'ai pas dit qu'il avait utilisé un moyen anticonstitutionnel. Mais il peut aussi utiliser l'article 16, qui lui permet d'absorber les pleins pouvoirs en temps de crise. Vous allez me dire que c'est constitutionnel. Mais est-ce que c'est démocratique au regard de la situation actuelle de l'Europe ? Je ne le crois pas. Donc, il y a une crise majeure aujourd'hui, et moi j'ai le sentiment que les Français lui ont tourné le dos. C'est 100 jours de Mme Bande. C'est 100 jours pour aller où ? Pour faire quoi ? Et avec quelle majorité ? S'il n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale, il ne pourra pas faire voter son programme.
Et moi, je crois que si demain, il devait y avoir une dissolution de l'Assemblée nationale, je pense que le Rassemblement national pourrait obtenir une majorité.
Le 8 juin, le groupe Liotte défendra un texte à l'Assemblée nationale, précisément pour abroger le passage de l'âge de départ à la retraite à 64 ans. C'est une initiative qu'Elisabeth Borne considère irresponsable. Dans cet entretien à l'opinion, Emmanuel Macron s'attaque au déni de réalité des oppositions qui refusent la réforme des retraites. Un déni de réalité qui est, selon lui, du carburant pour les extrêmes, vous vous sentez visé, j'imagine ?
S'il parle des extrêmes, pas du tout. En revanche, sur le déni de réalité... Je crois qu'il vous vise. Bon, peut-être, l'avenir le dira, mais je pense que le déni de réalité, c'est lui qui le fait. C'est lui qui a imposé un texte de loi qui va d'ailleurs, dès la première année, créer une charge supplémentaire pour l'État, parce qu'on sait que dès les premiers mois de sa mise en œuvre, la réforme des retraites va coûter plus qu'elle ne va rapporter. Et qu'au final, parce que leur seul argument, c'était ça, c'était de dire, ce texte, certes, est injuste, nous l'avons très largement démontré, mais ce texte est censé remettre le système des retraites à l'équilibre.
Or, on voit bien qu'à la fin du quinquennat, cette réforme des retraites ne permettra même pas de combler les quelques dizaines de milliards, les 10 milliards d'euros de déficit dans les caisses des retraites, qui est lié en très grande partie à des emplois qui ont été créés depuis 2017, qui ne sont pas des emplois qui amènent des contributions de manière importante. J'en veux pour preuve la productivité qui a stagné depuis 2017 dans notre économie. La France est l'un des seuls pays développés où la productivité stagne. Et pourquoi ? Parce que nous laissons filer une désindustrialisation. Vous me parlez des désindustrialisations, on a perdu 17 000 emplois industriels depuis 2017.
Donc il faut faire le patriotisme économique. Et vous me parliez de baisse de la fiscalité, il faut baisser la fiscalité notamment sur les entreprises. Et nous proposons notamment d'en finir avec les impôts de production, parce que je pense que c'est là l'un des leviers très importants.
Avec vous, il n'y aura plus d'impôts de production.
Les 25% que les... Non, c'est un objectif qu'il faut se fixer, de supprimer notamment... Et comment vous financez le manque à gagner pour l'État
avec un État qui a 3 000 milliards de dettes ?
Oui, enfin, merci Emmanuel Macron, d'abord, premièrement. 600 milliards plus d'euros de dettes. Merci le Covid aussi. Non, 600 milliards d'euros de dettes entre 2017 et 2022, ça c'est imputable directement à Emmanuel Macron. Mais, je veux dire, on ne va pas faire de la gestion comptable. Franchement, c'est réaliste de dire
qu'on va supprimer en France l'impôt sur la production, 25 pays à 25%. Emmanuel Macron l'a réduit de 31% à 25%, vous voulez la supprimer complètement ?
Oui, il faut supprimer la C3S, premièrement, et il faut supprimer la contribution foncière des entreprises dans des zones qui sont touchées par la réindustrialisation pour pousser les entreprises à relocaliser. Mais Madame Salamé, quand vous faites ça, vous recréez de l'emploi, vous recréez un cycle économique vertueux. Parce que quand une usine ferme et qu'une usine quitte la France, parce qu'elle délocalise, ce n'est pas juste une usine qui ferme, c'est une boulangerie qui ferme. Ce sont des commerces qui ferment.
On serait le seul pays qui n'a pas d'impôt sur les sociétés. Même aux Etats-Unis, ils payent un impôt sur les sociétés. Est-ce que c'est crédible de dire...
Je vous parle de la C3S et je vous parle de la contribution... Vous m'avez parlé des impôts sur les sociétés, là vous changez. ...qui s'applique sur le chiffre d'affaires, qui est assez mal ficelé d'après beaucoup de chefs d'entreprise, et la contribution foncière des entreprises, qui est un frein aujourd'hui à la relocalisation.
Mais si vous voulez, ce n'est pas Emmanuel Macron qui a vendu Alstom, qui est aujourd'hui sous le coup d'une enquête du Parquet National Financier, Technip, Alcatel-Lucenne, Exelia, 131 entreprises qui ont été rachetées par des investissements étrangers en 2022, qui va aujourd'hui venir nous dire qu'il faut protéger les intérêts français, faire du patriotisme économique, c'est quand même d'une hypocrisie totale, et en tout cas en contradiction avec tout ce qu'il a porté depuis 2007. Donc il y a des mesures, et cette grande idée du patriotisme économique et de la souveraineté, nous nous la prenons, nous la défendons, et elle passe notamment par une baisse de charge sur les chefs d'entreprise.
D'un mois avant de passer à un autre sujet, Laurent Berger, le patron de la CFDT, a eu des mots très durs dans son nouveau livre qui a été publié, Les Bonnes Feuilles, hier, dans le JDD contre Marine Le Pen.
C'est très original.
Il dit d'elle qu'elle se moque complètement des travailleurs, qu'elle ne connaît rien au sujet des retraites, n'a aucune perception des réalités du travail, qu'elle est anti-syndicaliste, anti-organisation collective, et qu'elle se contrefiche des droits des femmes, même si elle prétend le contraire. La charge est lourde.
Oui, et en très grande partie injustifiée, pour une raison très simple, et c'est peut-être ça qui dérange M. Berger, c'est que le premier parti ouvrier de France et le premier parti politique pour lequel votent les salariés, c'est le Rassemblement National. Et pour une raison très simple, c'est que nous, nous défendons la valeur travail, c'est que nous, nous protégeons la valeur travail.
Et aussi bien que nous souhaitons notamment revaloriser l'ordre de travail, on parle en ce moment beaucoup de l'inflation et du pouvoir d'achat, nous souhaitons notamment proposer aux chefs d'entreprise qui le souhaitent, d'augmenter de 10% les salaires de leur entreprise, avec la contrepartie que ces 10% de hausse soient exonérés de charges et de cotisations sociales. Ça, ce sont des mesures très concrètes pour revaloriser le travail, pour défendre la France qui se lève tôt, et pour rendre aux Français les fruits de leurs efforts.
Donc nous défendons évidemment beaucoup mieux la valeur travail, et j'aimerais rappeler que nous n'avons, nous, contrairement au syndicat, aucune responsabilité dans l'élection d'Emmanuel Macron, parce que c'est bien beau d'avoir appelé à voter Emmanuel Macron au second tour l'élection présidentielle, pour ensuite venir s'opposer à la réforme des retraites. Ça pose un vrai problème, je trouve, de crédibilité et de responsabilité de la parole des syndicats.
Allez, on passe au standard d'Inter, on nous attend Sophie. Bonjour Sophie, bienvenue. Bonjour. On vous écoute.
Oui, bonjour, vous m'entendez ?
Oui, bien. Bonjour madame.
Bonjour, je vous remercie de prendre ma question. Monsieur Bardella, j'aimerais connaître votre position et votre opinion sur les intimidations qui sont faites à différents maires de France, et notamment à celui de Saint-Brévin-les-Pins.
Merci Sophie pour cette question. Je rappelle en quelques mots la démission la semaine dernière du maire de Saint-Brévin-les-Pins, Yannick Moraise, dont le domicile et les voitures ont été visés par un incendie criminel. Il était devenu la cible de militants d'extrême droite opposés à un projet de transfert près d'une école d'un centre d'accueil de demandeurs d'asile, un CADA, comme on dit, pourtant déjà présent depuis 2016 dans la commune. Donc votre position sur cette affaire-là, pour commencer, Jordan Bardella, de quoi cette démission est-elle le nom ?
D'un sentiment d'impunité aujourd'hui à l'égard de tous ceux qui touchent à des élus de la République française. Il y a près de 1300 maires qui ont démissionné depuis les dernières élections municipales, depuis 2020, pour des raisons diverses, mais bien souvent parce que les élus sont menacés, intimidés, et c'est la raison pour laquelle Marine Le Pen avait notamment saisi la première ministre et écrit à Elisabeth Borne le 18 décembre dernier. Le 18 décembre, c'est-à-dire qu'on n'est pas comme la NUPES à s'être réveillé à l'Assemblée nationale il y a une semaine sur l'affaire de Saint-Brévin.
Ça fait des mois que nous dénonçons la montée des violences dans notre société et notamment contre les élus. Et je le dis de la manière la plus claire qui soit, je condamne avec la plus grande fermeté les menaces et les intimidations dont ont été victimes le maire de Saint-Brévin, mais tous les élus de France et notamment les élus locaux qui sont bien démunis face à ce sentiment de violence.
Je pense que les maires sont les dépositaires d'une autorité publique et on ne touche pas dans la République française aux dépositaires de l'autorité publique française encore plus qu'à toutes les autres catégories de notre société parce qu'on touche là à l'autorité de l'État et donc à une forme de hiérarchie et de normes dans notre société.
Mais Jordan Bardella, l'Assemblée nationale a rendu hommage à ce maire la semaine dernière. Tous les groupes politiques se sont levés pour l'applaudir à l'invitation du député PS Jérôme Guetsch. Tous sauf les députés RN. Pourquoi vous êtes resté assis ?
Mais écoutez, moi le sujet ce n'est pas de se lever, le sujet c'est de protéger les élus. Et ce n'est pas parce qu'un élu de la NUPES qui a découvert le sujet des violences et de la montée de la violence dans notre société il y a une semaine se lève que tous les députés de l'Assemblée nationale doivent se lever en cœur au soutien de ce député de la NUPES. Je vais quand même vous rappeler que la violence en politique nous la subissons depuis très longtemps.
Et je suis d'autant plus intolérant à l'égard de ces violences contre ce maire d'où qu'ils viennent, quel que soit leur bord, et même si ce sont des maires de gauche et de la NUPES, que la violence dans notre société et la violence contre les élus, le Front National à l'époque l'a subi bien avant tout le monde.
Mais diriez-vous que les militants d'extrême droite qui n'ont eu de cesse à excuser ce mot de pourrir la vie de ce maire, ont réussi leur coup finalement en obtenant qu'ils jettent l'épongée, qu'ils démissionnent ?
Oui, ils ont réussi leur coup. Et la violence, vous savez, il faut la condamner d'où qu'elle vienne, quelles qu'en soient les marges.
Je rappelle que le Rassemblement National était associé à ces manifestations. Vous en êtes sortis, mais vous avez manifesté contre la... Non, non, non, non, non, non, non.
Qu'il y ait des manifestations qui s'organisent contre l'installation de migrants, c'est une question démocratique. Et que des élus du Rassemblement National comme des élus de droite ou d'autres mouvements politiques participent à des manifestations qui s'organisent et qui ont lieu contre l'installation de migrants dans des villes que les populations ne souhaite pas, c'est un fait.
Qu'il y ait des intimidations et des menaces qui sont proférées contre des élus, ça ne regarde en rien le Rassemblement national et c'est fait bien souvent par des gens qui contestent les positions politiques du Rassemblement national et qui se sont construites contre le Rassemblement national, considérant qu'il ne fallait pas faire le jeu de la démocratie pour combattre l'immigration. Ça fait 30 ans qu'on demande qu'il y ait un débat sur l'immigration dans notre société. Parce qu'on est là au cœur d'une question démocratique, donc je condamne cette violence et je condamne la violence de toutes les marges qu'elles viennent de l'ultra-gauche ou de l'ultra-droite.
Alors il y a eu d'autres épisodes ces derniers jours impliquant l'extrême droite. Ce tableau par exemple de l'artiste Myriam Khan dégradé au Palais de Tokyo par un ancien élu du Front National. Il y a également cette manifestation d'ultra-droite à Paris le 8 mai où l'on a pu voir des manifestants habillés de noir, cagoulés, exhibant des drapeaux marqués de la Croix Celtique. Parmi les manifestants, il y avait un proche de Marine Le Pen, Axel Lousteau, ancien d'UGUD, un autre de ses proches, Frédéric Chatillon, ex d'UGUD également, qui a salué cette manifestation. Faut-il que ces deux personnes soient sanctionnées et que le RN rompe ses relations avec elles ?
Ce qui, dans ce cas précis, puisqu'ils sont des prestataires du RN, qui gèrent entre autres une partie de la communication numérique du parti, veut dire rompre les contrats avec eux ?
Dis donc, le pas d'amalgame, c'est un peu la géométrie variable, quoi. Ça s'applique avec tout le monde, sauf avec nous. Axel Lousteau n'a plus de relation commerciale à travers sa société avec notre mouvement depuis 2017, c'est-à-dire depuis 5 ans. Frédéric Chatillon, vous le savez, a quitté la France, il vit et travaille à Rome. Donc, pour qu'on soit extrêmement clair, qu'est-ce que vous nous reprochez dans cette affaire ?
Je pose une question.
Les amitiés de Marine Le Pen, qui reviennent et qui vont manifester avec les cagoulés du GUD.
Donc, vous... Non, je ne sais pas. Même elle a répondu. Pardon.
Pardon, même elle a répondu en disant que c'est à Jordan Bardella de prendre les décisions. Donc, elle vous renvoie le bébé parce qu'elle répond à la question. Elle ne vous dit pas qu'est-ce que vous me reprochez. Elle dit que c'est à Jordan Bardella de tirer les conséquences du fait qu'ils étaient à ces manifestations.
Mais les conséquences ont été tirées puisque Axel Lousteau n'a plus de relation commerciale avec le RN depuis 2017. Donc, je veux bien que ce soit toujours de ma faute. Il fait toujours partie du RN ? Mais non, il n'en fait plus partie. Il n'en est plus élu. Il ne travaille plus avec le RN. Pourquoi Marine Le Pen dit ça à Jordan Bardella ? Pourquoi il dit ça ? Non, mais attendez, allons au bout. Vous nous reprochez... Je pose la question.
...d'avoir l'un de nos prestataires, qui est un prestataire de communication, j'en ai beaucoup au sein du mouvement, dont l'un des actionnaires minoritaires, dont l'un des actionnaires minoritaires, c'est un peu le reproche qui est fait par le monde, était présent à une manifestation qui a lieu depuis 30 ans et qui était en marche, d'ailleurs il le dit, il a assisté en marche d'une manifestation, qui est autorisée par le ministère de l'Intérieur et qui a lieu depuis 30 ans. Je suis désolé, mais on est en démocratie encore. Donc moi je n'ai aucune responsabilité là-dedans.
Pourquoi elle dit il y a deux jours que c'est à Jordan Bardella de trancher ?
Non, elle ne dit pas cela. Elle dit qu'elle n'est plus présidente du RN. C'est à vous de gérer la patate chaude. C'est le président du RN qui gère les prestataires du RN. En l'occurrence, j'étais président par intérim lors de la campagne présidentielle et législative et nos tracts n'ont pas été imprimés par la société de M. Lousteau.
Il reste beaucoup de questions à vous poser sur l'immigration. Et encore une fois,
les gens qui ont de la nostalgie radicale n'ont pas leur place au sein du RN. Je le dis, et je le dis d'autant plus que peut-être je suis neuf sur le paysage politique, si je puis me permettre. Et je rappellerai que cette mouvance d'ultra-droite, elle s'est construite depuis 10 ans contre le RN et contre Marine Le Pen. Je veux dire, regardez les unes qui ont été faites par toute la presse d'extrême droite. Je pense à Rivarol ou à Minute pendant de nombreuses années. Et vous y verrez les critiques et les injures les plus vives à l'égard de notre mouvement et à l'égard de... Oui, Jordan Bardella,
on connaît votre stratégie de dédiabolisation, mais quand il y arrive des faits comme ceux-là, et là on vous en a cité plusieurs, finalement c'est le passé qui ne passe pas, qui revient à chaque fois.
Mais qu'est-ce que vous me reprochez, Madame Salah ?
Non, je ne vous reprocherai rien. Je vous demande, si ce n'est pas même problématique pour vous, d'avoir des éléments dans vos rangs...
Mais je viens de vous dire qu'ils n'étaient pas dans nos rangs. Est-ce que M. Châtillon, M. Lousteau sont élus du Rassemblement National ? Est-ce qu'ils préparent les émissions avec moi ? On parle encore une fois de gens qui ont travaillé, qui ne travaillent pas avec le Rassemblement National. La société de M. Lousteau n'a pas travaillé avec le mouvement, en tout cas depuis que je suis président du mouvement. Vous seriez déçu, c'est parfaitement clair.
Vous seriez déçu,
je pense que les amalgames sont toujours dangereux dans le débat public.
Est-ce qu'on peut vous poser une question sur l'immigration ? Oui, bien sûr. Le gouvernement a finalement décidé de présenter un projet de loi complet, après avoir hésité à le morceler en plusieurs textes. On a très bien compris. Le projet de loi veut durcir les règles, il prendra des mesures pour expulser plus facilement ceux qui doivent quitter le territoire, il doit aussi supprimer le fameux titre de séjour pluriannuel que vous critiquez au RN. Est-ce que vous voterez ce texte ? Est-ce qu'il vous semble bon ?
D'abord, j'attends de le lire, parce que moi, je me réjouis de tout ce qui peut aller dans le bon sens, dans l'intérêt de mon pays et de mes idées, sauf que ce texte, c'est très marrant parce que toutes les semaines, vos confrères m'interrogent sur une version différente du texte. Parce que chaque fois, en fait, on a des versions différentes du texte. La réalité, c'est que les Français ont une inquiétude, c'est de disparaître au XXIe siècle. Ils veulent que la France reste la France. Ils veulent préserver leur culture, leur langue, leur mode de vie. Et ils veulent préserver surtout leur tranquillité.
Or, je suis allé, moi, il y a quelques jours, à la frontière entre la France et l'Italie, à Menton. Et Menton est confronté à un influx de migrants qui est massif. Vous avez vu les derniers chiffres de Frontex, de l'agence de garde frontière européenne, qui pointe, par rapport à 2022, une hausse de 300% des chiffres et des entrées illégales de l'immigration en Europe. Donc, il faut mettre en place une politique dissuasive d'immigration. Il faut d'abord couper toutes les pompes aspirantes et les aides sociales qui sont versées aux étrangers et notamment aux clandestins dans notre pays. Ça fera beaucoup d'économies pour les comptes de l'État, pour les réserver aux familles françaises.
Deuxièmement, il faut rétablir le délit de clandestinité qui a été supprimé par les socialistes en 2012. On ne peut pas être présent de manière illégale sur le territoire français sans y avoir été invité et sans s'exposer à un délit au regard de la loi. Et troisièmement, il faut protéger les portes de l'Europe et nous porterons dans le cadre de l'élection européenne l'an prochain, notamment, un renforcement des moyens de Frontex et la possibilité pour Frontex de faire du pushback, c'est-à-dire de sécuriser les bateaux de migrants pour les raccompagner, non pas sur les côtes européennes, mais dans les pays de départ.
Parce que moi, à Menton, j'ai vu beaucoup de gens dont une très, très, très, très grande partie et une écrasante majorité ne viennent pas de pays en guerre. La France, ça n'est pas un hôtel, ça n'est pas un guichet social et donc il est temps désormais de faire entendre la volonté du peuple français.
Et le droit d'asile ?
Alors moi, je suis attaché au droit d'asile mais je pense que les demandes d'asile doivent être traitées dans les ambassades et dans les consulats des pays de départ.
C'est ce qu'on entend, c'est vos propositions depuis 20 ans mais vous savez très bien que ce n'est pas réaliste.
Ah bon, qu'a fait le Danemark ?
Oui, mais vous pensez sérieusement là ? Vous allez demander à un afghan d'aller à un consulat
pour demander un titre ou un soudanais ? Alors, le Danemark est un gouvernement socialiste. Vous n'allez pas les accuser d'être proches de nous. Qu'a fait le Danemark ? Le Danemark a organisé le traitement de l'asile considérant que c'était devenu une filière d'immigration à part entière dans des pays tiers. Eh bien, nous ferons la même chose.
Comme il nous reste quelques minutes, je voudrais vous poser une question sur la visite de Président Zelensky à Paris. Emmanuel Macron l'a reçu hier. La France livrera de nouveaux véhicules blindés et des chars légers à l'Ukraine, sans préciser exactement combien. L'Allemagne, qui pourtant était au début très réticente à donner de l'aide à l'Ukraine, semble avoir complètement changé d'avis. Prendre le leadership de l'aide à l'Ukraine. Ils ont annoncé 2,7 milliards d'aides à l'Ukraine, ce qui est colossal. Est-ce que la France doit emboîter le pas à l'Allemagne au risque de se retrouver un peu largué ?
Non, je ne le crois pas. Je pense que... D'abord, je pense que la Russie doit comprendre qu'elle n'a plus rien à gagner en Ukraine. Et en cela, je pense que quand on est souverainiste en France et en Europe, on l'est partout. Et la violation, nous l'avons dit et nous le redisons, de la souveraineté territoriale de l'Ukraine était absolument inadmissible et nous l'avons condamnée. La France, Marine Le Pen l'a dit pendant la campagne présidentielle, doit aider l'Ukraine dans le sens où elle doit envoyer du matériel défensif. Mais doit veiller à faire en sorte qu'on ne franchisse pas des lignes rouges.
Je pense que les avions de combat, les missiles longue portée, et c'est précisément d'ailleurs la position de la France et la position de la diplomatie française à l'heure actuelle, pourraient avoir des conséquences dramatiques dans la région. Or, nous sommes en Europe et nous connaissons peut-être plus qu'ailleurs les risques et le poids de l'engrenage en matière militaire et en matière de conflit armé. Donc, il faut être prudent à ne pas franchir une ligne rouge. En l'état actuel des choses, la livraison de matériel défensif à l'Ukraine me paraît aller dans le bon sens.
Une dernière question, Marine Le Pen affirme dans la Repubblica que la dirigeante italienne Georgia Meloni n'est pas sa soeur jumelle. Elle est avec l'OTAN, pas moi. Je reste eurosceptique et je le suis de plus en plus chaque jour. Politiquement, je me sens plus proche de Matteo Salvini. Expliquez-nous qu'on comprenne bien. La France avec Marine Le Pen présidente, c'est une France en dehors de l'OTAN ?
Non, nous ne souhaitons pas quitter l'OTAN. Nous souhaitons en revanche que la France puisse récupérer son indépendance et notamment son indépendance en matière géostratégique, en matière militaire. Nous avons indiqué qu'à terme, nous réfléchirons à réorganiser, probablement pour d'ailleurs le quitter, le commandement militaire intégré de l'OTAN que le général de Gaulle nous avait fait quitter dans un souci d'indépendance et d'autonomie stratégique, réintégré par Nicolas Sarkozy. D'ailleurs, la France a un point important parce qu'elle a la bombe nucléaire. Mais Marine Le Pen, elle dit,
elle est mélanier dans l'OTAN, pas moi. C'est ses mots, hein ?
Madame Mélanie a des positions qui sont beaucoup plus pro-américaines. Elle ne s'en est jamais cachée pour une raison très simple. C'est qu'il y a sur le sol italien un certain nombre de bases américaines et une influence américaine qui est peut-être plus forte en Italie qu'elle ne devrait l'être en France. La France est une nation libre. C'est une nation qui, pendant très longtemps, a incarné cette troisième voie entre le bloc d'Est et le bloc de l'Ouest. Et notre philosophie en la matière, c'est les principes qui étaient suivis par le général de Gaulle.
Vous êtes prêt à être candidat officiellement aux Européennes, en tête de liste ? Vous n'êtes pas encore prêt à me relancer ?
Même réponse que la dernière fois. Et je vous ferai probablement la même réponse la prochaine fois. Je n'ai pas pris ma décision. En tout cas, je me réjouis de ce sondage de l'IFOP qui nous place en tête des élections européennes. J'aurai un rôle important dans cette campagne, quoi qu'il advienne.
Vous hésitez vraiment ou vous attendez votre moment ?
Ma décision n'est pas prise pour l'instant. En tout cas, je veux vous dire une chose, c'est que ces élections européennes, ce seront les élections intermédiaires du quinquennat d'Emmanuel Macron et qu'il faudra les utiliser pour sanctionner à la fois le gouvernement qui a aussi imposé la réforme des retraites.
Merci Jordan Bardella.
Merci à vous.
Merci beaucoup.
Président du Rassemblement National.
Jordan Bardella