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interviewBFMTV· 22 mai 2025 8 min

Drogue: Gérald Darmanin plaide pour la suppression des espèces pour mettre fin aux points de deal

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

L'École nationale de la magistrature est en train de travailler à une formation spécifique bien sûr pour les futurs parcers de de ce PNACO mais aussi pour tous ceux que qui sont intéress qui se démocratisent comme vous l'avez dit dans tous les dossiers. Euh même si il faut se l'avouer entre nous, madame la rapporteur, une grande partie encore de la fraude de la délinquence du quotidien même des réseaux criminels sont une fraude d'argent liquide. Euh al évidemment les cryptos, ça prendra de plus en plus de place, ça demande beaucoup beaucoup de complexité.

Euh mais l'argent kit, c'est quand même un sujet principal. D'ailleurs, je dis à plusieurs reprises à ceux qui m' qui m'interrogent, pour savoir comment on arrête la drogue dans nos quartiers, une mesure assez simple, la fin de l'argent liquide empêchera le constitution de point deal. Ça n'empêchera pas qu'il y aura toujours sans doute de la drogue, de livraison de drogue.

Mais une fois que l'argent est traçable, comme le sont parfois et souvent quand on est bon, les cryptoactifs, c'est plus compliqué. d'abord pour euh le consommateur comme pour le revendeur de pouvoir échapper totalement à un circuit de financement parce qu'aujourd'hui sans doute ce que nous devons comprendre c'est où va cet argent liquide et comment il est transformé en dehors de notre pays en en en vrai argent si j'ose dire. Euh c'est bien qu'il y a des réseaux peut-être communautaires de de commerce.

On le voit parfois alors vous l'avez peut-être vu dans un documentaire qui s'appelle de sang et d'argent et il se trouve que j'étais le ministre des comptes publics en charge de de la douane lorsque et très fin lorsqu'on a mis en place euh ces ces enquêtes très importantes même si la série est un peu romancée mais elle résume assez bien ce qu'était la fraude notamment au au carbone que l'administration avait en effet dans les les mandats précédents pas vu. Madame Beach qui aujourd'hui procureur général de de Rouan était ma responsable de service au douane et et est capable de voir que on a découvert queil y avait de l'argent liquide qui était en très grosse somme donné parfois à des commerces communautaires, on le voit d'ailleurs dans le dans la série et transformé par une forme de banque parallèle qui n'était déclaré nulle part en en argent de l'autre côté du monde. Ça c'est quand même quelque chose qui devrait tous nous intéresser.

Je prends un autre exemple. Je suis allé au Luxembourg cette semaine. Euh la semaine dernière le trafic de drogue est très important des Luxembourg notamment autour de la gare de Luxembourg.

Euh la drogue vient de de Guyane et d'Amérique du Sud arrivée par les mules et ce sont des Nigériens d'après la ministre de la justice et le procureur général de du chef du Luxembourg qui l'évoque hein. Ce sont des nigrians qui sont dans l'est de la France qui euh acheminent retrouvent cette drogue au Luxembourg. beaucoup d'argent liquide.

Quand ils attrapent un collecteur, c'est 70000 800 100000 € dans le train en revenant de Luxembourg pour sans doute une ou deux journées de point d'al. Euh on voit bien qu'il y a des millions d'euros qui entre le voilà du chez Luxembourg et l'est de la France circulent sans que nous le retrouvions jamais. Ensuite et si on multiplie ça par le nombre de points de ou par le nombre d'endroits où il y a de la drogue, on peut se dire qu'il y a beaucoup beaucoup d'argent liquide dont on ne voit pas comment ils sont transformés en argent qu'on ne voit plus.

Euh et alors les cryptoactifs sont sans doute une partie de la réponse mais c'est sans doute pas la majorité en tout cas aujourd'hui. Donc à la fois le crypto qu'il faut former et puis surtout d'essayer de découvrir ces circuits parallèles d'argent liquide qui passent par d'autres endroits que ce que nous regardons. Nous regardons les notaires, nous regardons les banques, nous regardons les assurances, nous regardons l'immobilier.

Manifestement, il y a plus grand monde qui passe par là pour pour blanchir son argent. Voilà. Euh le trème sujet, c'est les questions que vous posez sur le travail européen des des parquets euh et notamment autour des des questions des ports et et pourquoi pas des aéroports.

Les ports sont les lieux notamment les ports du nord de l'Europe où arrive la drogue et de manière générale toutes les marchandises illicitentes. un peu en France même si on est a fait beaucoup de travail beaucoup vous le savez bien dans les ports flamants de Belgique et et de Pays-Bas pour pour plein de raisons de logistique et aussi de manque de contrôle. Alors lorsque j'étais mise à l'intérieur il y avait une initiative qui a été pris par ma collègue belge Anice Vaninden qui était élu d'envers.

Elle s'y connaissait sur une sorte d'alliance des polices pour les ports de de contrôle et des efforts ont été faits même s'il méritent d'être accentué. Il sauve que madame Verlen, qui a été ministre de la de l'intérieur de Belgique pendant 4 ans est désormais ministre de la justice de Belgique et nous sommes retrouver donc dans chacun et exactement une sorte de suivi et nous partageons nos nos différences de changement de poste ministériel et on a conclu très vite quand on a été tous les deux nommés à peu près en même temps qu'il fallait faire la même chose sur la coopération judiciaire. Il y a il y a une proposition de résolution d'un parquet européen qui est discuté même si ça règle pas tout à fait le sujet.

Ce qui est sûr, c'est qu'il faut une coopération judiciaire entre parquet euh dans la lutte contre la criminalité organisée, le blanchiment, ce qui n'est pas tout à fait organisé aujourd'hui. Ce que j'ai proposé à ma collègue belge et c'était l'objet de mon déplacement en Amérique du Sud et j'y retourne d'ailleurs dans 3 semaines au Pérou dont vous savez que c'est un pays qui connaît énormément de désormais de difficultés autour de la drogue et en Colombie qui est je vais pas vous faire un dessin un pays très intéressant pour nous aussi. Nous pensons-nous qu'il vaut mieux une coopération entre les 5- six pays les plus touchés par la logistique de la drogue Belgique, Pays-Bas, France, Italie, Espagne euh et les cinq pays les plus euh concernés par la production de la drogue, notamment la cocaïne et notamment le Brésil parce que c'est un immense pays qui essaie de lutter contre le narcotrafic mais c'est le cas évidemment du Pérou, du Mexique, de la Colombie s'il accepte de venir.

On pense que la coopération alors évidemment politique elle est importante mais surtout entre les parquets je l'imagine plus transnational que européenne si vous voyez ce que je veux dire me paraît efficace pour suivre les cheminements de de de la drogue et donc de l'argent. Enfin vous m'avez posé la question de de de c dossier clos et qu'est-ce qu'on en fait ? Bah, je pense que c'est vraiment le problème du ministère ou des ministères de la justice, c'est que nous saisons énormément de données, nous avons énormément de témoignage, énormément de de procès verbaux, énormément de de non cités et puis quand le dossier est clos d'abord pas numérisé et ensuite effectivement il ne sert pas à autre chose.

Bon, je prends l'exemple de l'affaire Amra. Euh je ne sais pas comment les choses vont se terminer, mais il y a des euh euh montants extrêmement important de données qui ont été saisies par la police judiciaire d'affaires qui ne concernent sans doute pas directement monsieur Ambra, mais bien d'autres affaires. Voilà, qu'est-ce qu'on fait de ces données ?

Comment on les exploite ? Dans les dossiers qui sont clos, comment on récupère un certain nombre de de données ? Ça, je pense que vous avez parfaitement raison de dire que c'est le renseignement criminel qui nous manque.

Euh, il faut donc que nous ayons au niveau français et au niveau européen sans doute euh une IIA qui nous permettent de pouvoir évoquer des hits entre des dossiers, des noms, des procès verbaux, des lieux, des numéros de téléphone qui permettent au service enquêteur bien sûr et au service judiciaire, au renseignement criminel judiciaire d'être efficace. Alors, c'est encore mieux quand c'est donné à Europol ou à Interpol parce qu'évidemment les données sont encore plus importantes. D'ailleurs, Europol ou Interpol sait faire des choses qu'on ne sait pas faire par une législation qui dépend pas tout à fait que de nous.

Euh mais c'est certain que ces dossiers clos doivent servir. Alors évidemment, il y a la protection des données personnelles, euh il y a euh parfois des des des sujets de de de liberté individuelle qu'il faut bien euh euh peser. Mais je suis parfaitement d'accord avec vous que nous possédons au ministère de la justice une masse d'informations que nous n'exploitons pas et si nous multipli par le nombre de pays européens, sans doute que nous retrouverions beaucoup de nos amis.

Yeah.