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interviewC dans l'air· 30 décembre 2024 9 min

Sécurité, narcotrafic... Darmanin face aux urgences - Reportage #cdanslair 28.12.2024

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

après une hausse de 9 % en 2022. L'exécutif a donc nommé G.Darmanin à la Justice.

L'ex-ministre de l'Intérieur se fait omniprésent. - Il est 16h ce mercredi. A peine Passé le réveillon de Noël, G.Darmanin met en scène son retour.

Premier des ministres du gouvernement Bayrou en déplacement, le premier à communiquer aux côtés des magistrats d'Amiens. - G.Darmanin: Il faut un peu plus de moyens.

C'est le moment d'adopter un nouveau budget. Politiquement, j'espère que tous les parlementaires sont raisonnables pour faire fonctionner la justice, pour qu'elle soit rapide et ferme comme les Français et les magistrats l'attendent. - Définir le budget, c'est son attente.

Trouver de l'argent pour construire de nouvelles prisons. - G.Darmanin: Pour que les petites peines soient rapidement exécutées.

On met 7 ans pour faire une prison en France, c'est beaucoup trop long. - On souffre de surpopulation carcérale avec 80 000 détenus maintenant. Cette proposition est plutôt bien accueillie par le monde de la justice. - Comment être contre la construction de petites unités? - En déplacement ou sur le plateau, le nouveau garde des Sceaux déploie sa méthode. - G.Darmanin: Il faut pouvoir nettoyer au sens compréhensible du terme.

Les gens ne doivent pas avoir de téléphone portable. Il faut continuer à condamner cela et il faut réfléchir rapidement à des solutions techniques qui nous permettent de passer au brouillage dans tous les établissements pénitentiaires. - G.Darmanin à la Justice, B.Retailleau à l'Intérieur, 2 ministres qui affichent leurs ambitions et partagent des objectifs communs, comme le rappelait le locataire de Beauvau avant sa nomination. - Je ne peux rester au gouvernement que si je suis en mesure de restaurer l'autorité, la fermeté, l'ordre public, dans la rue et sur nos frontières. - O.Faure: C'est un signal pour nos libertés publiques.

Ce que je crains, c'est de voir des personnalités qui, au fond, partagent tout. Il faut chercher un équilibre entre les uns et les autres. - Ce sont des personnalités qui ont de l'expérience et qui sont tout de suite opérationnelles sur le terrain. - Un tandem au coude à coude jusque dans les sondages.

Avec 42 % de la confiance des Français, B.Retailleau fait la course en tête parmi les ministres, talonné d'un point par G.Darmanin. - L.Sénéchal: Où se situe la sécurité?

C'est parmi les priorités? - B.Teinturier: C'est un thème important, au 3e rang dans notre baromètre que nous faisons dans "La Tribune".

Ca apparaît assez loin après le pouvoir d'achat, les sujets de protection. La délinquance arrive au 3e niveau. Elle est à un niveau bien plus élevé que l'immigration.

C'est vraiment un sujet qui préoccupe beaucoup plus les Français que l'immigration. Dans nos enquêtes Fractures françaises, on a également des indicateurs que l'on pose année après année. On voit que 90 % des Français ont le sentiment de vivre dans une société violente.

Plus de 80 % estiment que la violence tend à s'accroître dans la société. C'est un sujet qui inquiète nos concitoyens. Quand on leur demande s'ils sont victimes de l'insécurité au quotidien, les choses sont plus nuancées.

Sur la longue période, on voit que les indicateurs tendent à remonter. - L.Sénéchal: Le duo Darmanin/Retailleau va devoir s'atteler à la question de la sécurité.

Question. - A.Bouilhaguet: Bizarrement, ils sont issus de la droite, mais ils ne se connaissent pas trop.

Ils n'ont pas les mêmes origines. Il y en a un qui est filloniste, B.Retailleau.

Il a 60 et quelques années. L'autre, G.Darmanin, est sarkozyste.

Il a la quarantaine. - L.Sénéchal: On le voit dans le style, d'ailleurs. - A.Bouilhaguet: Ce n'est pas le même style ni le même passé.

Ils ont appris à se connaître au moment de la loi immigration, à l'automne 2023. Ils ont travaillé ensemble. Ils se sont fréquentés.

Ca veut dire quoi, ces 2 nominations? C'est un alignement idéologique. Il y a une cohérence politique. - L.Sénéchal: Plus qu'avec le prédécesseur de G.Darmanin? - A.Bouilhaguet: Oui.

Ca fait longtemps qu'il y a une forme de dichotomie où on met quelqu'un de droite à l'Intérieur, et quelqu'un de gauche à la Défense. Ils ont fini par trouver leur petit pas de deux. Ils ont la même approche répressive demandée par les Français.

Ca donne des indications. C'est mis par F.Bayrou au numéro 1 de l'agenda politique.

Ca reste une priorité. Ca coupe l'herbe sous le pied du RN. Il y aura un crash-test entre les 2 hommes.

Il y aura une proposition de loi sur le narcotrafic. Ce sont des dossiers partagés aussi bien par le ministère de la Justice que par le ministère de l'Intérieur. On va voir comment ils vont réussir à cohabiter ensemble. - L.Sénéchal: Quel bilan à l'Intérieur de G.Darmanin?

Il a passé plus de 4 ans place Beauvau. - D.Aït Youssef: C'est un bilan très contrasté.

D'ailleurs, la Cour des comptes a épinglé des "opérations XXL". - L.Sénéchal: Comme les opérations "place nette". - D.Aït Youssef: Ca été très critiqué par la Cour des comptes.

Au ministère de l'Intérieur, il n'a pas forcément un bon bilan. Quand on regarde la situation de la police nationale...

Il a obtenu des moyens très importants. Quand on regarde la situation budgétaire, elle est très problématique. Sur le plan politique, ça s'appréciera dans la durée.

On ne peut pas dire qu'au ministère de l'Intérieur, les choses vont mieux, ni au sein de la gendarmerie, qui n'a plus le moyen de payer les loyers des gendarmes, ni au sein de la police nationale, qui n'a toujours pas payé les primes JO de ceux qui se sont mobilisés pour sécuriser les Jeux. Concernant le ministère de la Justice, je ne peux que déplorer des déclarations qui ne correspondent pas à la réalité. Je comprends le besoin des Français de plus de sévérité.

Il y a des rapports extrêmement clairs. La Cour des comptes dit que la justice prononce des peines de plus en plus sévères et longues. C'est la raison pour laquelle on a un taux de population carcérale de plus en plus élevé. - L.Sénéchal: 129 %. - D.Aït Youssef: A Perpignan, on est à 250 %.

La prison a pour vocation de préparer le détenu à sa réinsertion, en vue de prévenir la récidive ou la réitération. Avec un taux de surpopulation aussi important, il n'est pas possible pour le service d'insertion et de probation de faire ce travail.