Une journée organisée à Borgo pour sensibiliser les proches aidants aux aides auxquelles ils ont accès
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 95 %Défensif 5 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:42OuverteRéponse directe
Un aidant, qu'est-ce que c'est ?
- 0:57OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes confrontée à des gens qui ne réalisent pas qu'ils sont aidants ?
- 2:14OuverteRéponse directe
Ça fait partie des aides. Pouvez-vous nous en donner d'autres ?
- 3:43OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'on a une idée du nombre de personnes concernées en Corse ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:28InvitéFait
« Depuis, effectivement, c'est même devenu un statut, le rôle d'aidant, on peut avoir un statut d'aidant, avoir une petite allocation aussi financière parce qu'on est aidant. »
- 2:19InvitéChiffre
« il y a effectivement cette allocation journalière du proche aidant dont vous parlez qui permet à un aidant salarié de venir compenser une perte de salaire liée à son rôle d'aidant »
- 3:53InvitéChiffre
« au niveau national, on estime, le ministère estime, à entre 9 et 11 millions d'aidants, en fait, reconnus »
- 4:11InvitéChiffre
« on intervient auprès de 4 000 foyers. On accompagne 4 000 personnes. »
Temps de parole
- Invité75 %
- Présentateur14 %
- Présentateur 212 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Les aidants ont besoin d'aide. Voilà le constat qu'on pourrait tirer au lendemain de la journée nationale des aidants. Ils sont à l'échelle nationale des millions à consacrer temps et énergie à un proche en perte d'autonomie. Mais selon les spécialistes, ce chiffre est sous-estimé, puisque une part importante de la population méconnaît encore sa statut de proche aidant ou d'aidant familial, pourtant reconnu par la loi depuis 11 ans. Pour en parler ce matin, notre invitée est l'une des responsables de service de l'ADMR de Haute-Corse, qui dispose à Borgo d'une maison des aidants. C'est Clémence Gourdon-Negreni qui l'a rencontrée. Bonjour Élise Rivard. Bonjour à tous.
Un aidant, qu'est-ce que c'est ? En fait, un aidant, ça
peut être effectivement l'époux, le neveu, un voisin. C'est un membre de l'entourage qui va avoir un rôle dans le quotidien du proche aidé. Le proche aidé, c'est quelqu'un qui
ne peut plus faire tout seul. Est-ce que vous, vous êtes encore confrontée à des gens qui ne réalisent même pas ce qu'ils sont, qu'ils sont aidants ?
Bien sûr, parce qu'en fait, jusqu'à il y a une vingtaine d'années, le rôle d'aidant, la notion d'aidant, était uniquement quelque chose de l'ordre d'une affaire familiale. C'est-à-dire, je suis l'épouse de mon mari qui est en situation de handicap, je suis avant tout son épouse et c'est normal que je l'aide au quotidien. Donc cette notion d'aidant, dans les lois, dans la réglementation, ça fait qu'une vingtaine d'années que ça existe. Depuis, effectivement, c'est même devenu un statut, le rôle d'aidant, on peut avoir un statut d'aidant, avoir une petite allocation aussi financière parce qu'on est aidant.
Eh bien, c'est assez récent et de fait, beaucoup de personnes ne se disent pas « je suis un aidant ». Du coup, s'ils ne
se
disent pas « je suis aidant », ils ne vont pas aller chercher l'aide dont ils pourraient bénéficier. Donc tout l'enjeu, c'est de dire « oui, vous êtes aidant, on est là pour vous, vous avez le droit à du répit, vous avez le droit à du soutien psychologique, vous avez le droit, il faut prendre soin de vous et reprendre une activité physique adaptée. On peut aménager votre domicile pour vous
aider dans votre quotidien avec votre proche. Parce que quand on est un aidant, on peut se retrouver confronté à des difficultés financières parce qu'on abandonne toute ou partie de notre emploi, par exemple. Ça fait partie des aides et est-ce que vous pouvez nous en donner d'autres ? Alors, il y a effectivement cette
allocation journalière du proche aidant dont vous parlez qui permet à un aidant salarié de venir compenser une perte de salaire liée à son rôle d'aidant, donc à une diminution d'activité sur un temps.
C
'est plafonné, c'est contraint dans le temps. Donc,
il
y
a
cette aide financière qui est directe pour l'aidant. Et après, il y a toutes les aides et tous les dispositifs indirects dans le sens, par exemple, des services d'aide et de soins à domicile qui vont prendre soin du proche aidé. Voilà, si une auxiliaire de vie vient au domicile toute une après-midi, s'occuper de la personne aidée, eh bien, l'aidant, à ce moment-là, peut sortir de chez lui, peut aller à un rendez-vous médical, peut aller travailler, peut aller tout simplement souffler, prendre soin de lui. Voilà, donc ça,
ça
fait partie des dispositifs. Et depuis peu, l'installation de pôles territoriaux d'aide aux aidants sur toute la région Corse. Ce sont des plateformes de répit, d'accueil, d'écoute, d'information. N'importe quel aidant peut franchir la porte, poser des questions, se faire accompagner, bénéficier d'un soutien psychologique, de reprendre une activité sociale contre l'isolement. Et des places d'accueil de jour ont été autorisées sur toute la région Corse. Un accueil de jour, c'est quoi ? C'est un lieu où on accueille une personne en situation de handicap ou âgée sur des temps de journée. Et ce qui permet à l'aidant, eh bien, de pouvoir souffler un petit peu, etc. Donc ça, ça fait
partie des nouveaux dispositifs qui existent. Est-ce qu'on a une idée du nombre de personnes concernées en Corse ? Est-ce qu
'il
n
'est
pas sous-estimé ? Je pense
qu'il est complètement sous-estimé. Alors, en Corse, je ne pourrais pas vous dire. Je sais qu'au niveau national, on estime, le ministère estime, à entre 9 et 11 millions d'aidants, en fait, reconnus, qui sont identifiés comme tels, qui ont de vrais besoins. On pourrait le rapporter à l'échelle du territoire. Moi, je vois à la DMR Autocorse, on intervient auprès de 4 000 foyers. On accompagne 4 000 personnes. Sur ces 4 000 personnes, les trois quarts ont un aidant, ont quelqu'un qui va aider dans une tâche administrative, aller juste faire des courses, accompagner un rendez-vous médical.
Donc, si on fait le ratio, je pense qu'en fait, beaucoup d'aidants s'ignorent, ignorent leur rôle, leur statut, ignorent qu'ils peuvent demander de l'aide. Et tout l'enjeu, c'est vraiment ça,
c
'est de les faire se reconnaître en tant que tels. Pourquoi ? Pas juste pour dire, vous êtes aidant. Pour pouvoir s'inscrire dans un parcours, dans quelque chose qui va les accompagner, pour éviter d
'en
arriver à un point où on est épuisé, où on s'épuise. Et nous-mêmes, en tant qu'aidants, on lâche, on n'a pas le choix, on perd pied, on s'épuise. Et au détriment, du coup, aussi, du proche aidé. Et on se rend bien compte, le nombre de situations de rupture de parcours, parce qu'à un moment donné, l'aidant est hospitalisé ou décède avant l'aider. Et c'est catastrophique pour les personnes qui, du coup, restent à domicile, tout seules. Alors, heureusement qu'il
y a
des solutions d'urgence qui existent. Mais voilà, tout l'enjeu, c'est d'être dans cette anticipation-là, dans cette prévention, pour éviter d'en arriver à des situations de rupture.
Merci beaucoup, Élise Riva, d'avoir été avec nous ce matin sur RCFM. Merci à vous.
Merci.