Céline Sala-Pons, directrice du Mémorial du Camp de Rivesaltes
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 100 %
Questions et réponses
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- 0:36OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pouvez nous raconter qui a écrit cette lettre pour commencer ?
- 2:46OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça représente aussi, du point de vue historique, cette lettre pour le mémorial ?
- 3:38OuverteRéponse directe
Est-ce qu'elle a attiré du monde alors, depuis fin mai ?
- 5:14OuverteRéponse directe
Je voudrais qu'on parle rapidement de ces visites théâtralisées, ces vendredis, ces samedis.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:43PrésentateurFait
« c'était un couple de juifs polonais, ils avaient été raflés à Io, dans les Pyrénées-Orientales, en Cerdagne, en 1942. »
- 2:07PrésentateurChiffre
« Ils sauront donc au nombre de 2280 mourir, à être déportés, depuis le camp de Rivezalte, à mourir dans les camps de la mort nazie. »
- 4:29PrésentateurChiffre
« avec plus de 47 000 visiteurs. »
- 4:42PrésentateurChiffre
« On enregistre le plus fort mois d'août depuis 4 ans, avec 10% de plus par rapport à l'an passé, avec 4500 visiteurs. »
- 4:58PrésentateurChiffre
« une baisse de 30%. »
Temps de parole
- Présentateur69 %
- Présentateur 228 %
- ?3 %
≈ 10,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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7h44, l'invité d'ici matin, Simon Colbock, c'est la directrice du mémorial de Rivezalte. Bonjour Céline Salaponce.
Bonjour
Simon Colbock. Vous allez nous dire dans un instant comment se porte le mémorial de Rivezalte, si la nouvelle exposition permanente a trouvé son public ces derniers mois. Mais je voudrais qu'on commence, Céline Salaponce, par cette histoire absolument incroyable. Cette lettre qui vient de rejoindre les collections du mémorial. Il s'agit d'une lettre écrite par une femme internée à Rivezalte, une lettre destinée à son fils, bébé, qu'elle avait réussi à sauver de justesse avant d'être raflée. Cette lettre a finalement été donnée à son fils 43 ans plus tard. Est-ce que vous pouvez nous raconter qui a écrit cette lettre pour commencer
? Alors
donc c'est Lucia Drommelschlager qui écrit cette lettre, comme vous le disiez très bien, au camp de Rivezalte. Et elle jettera cette lettre sur le quai de la gare de Narbonne, puisque son train bien sûr est en direction de Drancy, avait comme destination finale à Auschwitz, bien sûr que non. Et cette lettre va arriver à son fils Édouard
43
ans plus tard. Donc comme vous le dites, c'est une histoire absolument incroyable,
qui
a changé la vie complètement de cette homme d'Edouard Drommelschlager, qui depuis témoigne systématiquement, et qui nous a fait le grand honneur d'offrir le seul lien qui le relie à sa mère, à savoir cette lettre.
Il
l'a offerte au mémorial du camp de Rivezalte, pour que nos 50 000 visiteurs, et notamment nos jeunes publics, puissent découvrir cette lettre pour faire vivre finalement l'héritage de ses parents.
Il
faut expliquer aussi que cette femme et son mari, c'était un couple de juifs polonais, ils avaient été raflés à Io, dans les Pyrénées-Orientales, en Cerdagne, en 1942. C 'est
très
intéressant, absolument. Et c'est ce qui est extrêmement intéressant, c'est que justement, nous sommes en zone dite libre, et donc ça relève bien de la volonté du gouvernement de Vichy, et bien de rafler des personnes juives étrangères, donc effectivement des juifs polonais, la famille Drommelschlager. Ils sauront donc au nombre de 2280 mourir, à être déportés, depuis le camp de Rivezalte, à mourir dans les camps de la mort nazie.
Ce nouveau parcours scénographique, il fait une place vraiment large à tous ces objets authentiques, comme cette lettre, mais aussi aux archives administratives, familiales, aux œuvres d'art, pour que ces traces résonnent avec finalement l'écho des vestiges, des baraques qui sont encore présentes sur le site. Et Edouard Drommelschlager, aujourd'hui, c'est un vieux monsieur, il a plus de 80 ans, vous l'avez dit, c'est le seul lien qui le relie avec sa maman, il a décidé de vous confier cette lettre. Qu'est
-ce
que ça représente aussi, du point de vue historique, cette lettre pour le mémorial
? En
fait, c'est une trace qui atteste du vrai, du réel, et dans finalement ses formes les plus terribles, c'est-à-dire lorsque l'humanité s'efface, au profit de la xénophobie, au profit de l'antisémitisme, et de toute autre forme de racisme. Et cet archive, ce document est authentique, effectivement, nous permet de découvrir finalement et de pouvoir se familiariser avec finalement cette histoire, et ces faits de l'histoire que nous tenons à Rivesalte, à marteler pour un avenir plus radieux. Céline Salaponze,
vous
êtes la directrice du mémorial de Rivesalte. Venons-en justement à cette exposition permanente. Après sept mois de travaux, cette exposition a été lancée juste avant l'été, c'était fin mai. Est-ce qu'elle a attiré du monde alors, depuis fin mai
?
Alors, en fait, pour ne pas perdre le lien avec le public, notamment le public scolaire, durant tout le chantier qui avait démarré fin septembre 2025, et qui s'est finalement comme ça poursuivi et achevé, donc fin mai 2026, eh bien, on a décidé de rester ouvert. Et d'adapter à notre offre de service, on a développé des visites extérieures, on a mis en valeur une base de témoignages, on a transféré notre exposition temporaire dans l'espace café, on a amplifié la programmation scientifique et culturelle.
C
'est toutes ces mesures qui nous ont permis de passer cette phase de travaux sans trop de fréquentation. Et donc ça, ça a été quand même ce suivi statistique des visiteurs. Donc, nous a permis de voir une fréquentation globale du site qui n'a pas décroché, et qui s'est même hissée à la deuxième
post
-Covid, avec plus de 47 000 visiteurs. Et depuis la réouverture du 29 mai, la situation est contrastée.
La
nouvelle scénographie, elle a permis d'attirer plus de monde, notamment en juin et au mois d'août. On enregistre le plus fort mois d'août depuis 4 ans, avec 10% de plus par rapport à l'an passé, avec 4500 visiteurs. Mais par contre, à l'instar de bien d'autres lieux culturels, je pense au Louvre, qui a perdu un million d'euros de fait de la canicule. Eh bien, juillet aussi, au Mémorial, a été un peu plus compliqué, une baisse de 30%. Par contre, une fréquentation accrue lors des soirées, en soirée, tant en juillet qu'en août, qui a fait que la situation est quand même plutôt très favorable.
Céline Salapon, je voudrais qu'on parle rapidement de ces visites théâtralisées, ces vendredis, ces samedis. Il fallait donner des voix à celles et ceux qui ont été internés à Rivesalte, cette nouvelle façon de découvrir, d'apprendre l'histoire au Mémorial
? Oui,
en fait, cette visite théâtralisée, l'idée, c'était de rendre l'histoire complexe du camp de Rivesalte accessible et puis d'incarner le plus possible les messages qui sont adressés aux visiteurs pour rendre hommage et dignité à ces femmes, à ces enfants, à ces hommes qui sont passés par ce camp. Alors désormais, le Mémorial aura son grand spectacle qui permet du coup d'être une expérience originale, inédite, une expérience aussi collective, sensible
et
déambulatoire qui permettra de découvrir autrement et puis peut-être encore plus intimement, en tout cas, c
'est
le pari que nous avons fait, l'histoire hors norme du camp de Rivesalte. Voilà. Merci beaucoup Céline Salapon. C'est vendredi et c'est samedi ces visites théâtralisées pour ces prochains jours. Vendredi soir ? Et samedi, effectivement.
Vendredi
soir à 18h30.
Et
samedi, 11h et 14h. Il y aura aussi une soirée hommage à Tony Gatliff, le cinéaste qui vient de décéder, qui devait venir au Mémorial jeudi prochain, le 17 septembre. Merci beaucoup Madame Salapon. Excellente journée.
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Société Radio-Canada