AUDITION IA : AMÉLIE SOUBRIE ET STÉPHANIE DE ROQUEFEUIL
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteRéponse directe
Comment l'intelligence artificielle transforme notre éducation, notre culture ?
- 3:00OuverteRéponse directe
La génération de photographie n'est-elle pas un oxymore ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Quelles seraient les conséquences d'une telle évolution pour la filière que vous représentez ?
- 7:00OuverteRéponse directe
Certains professionnels se sentent-ils menacés ?
- 9:00OuverteRéponse directe
Des mesures de formation ou d'adaptation sont-elles nécessaires ?
- 11:00OuverteRéponse directe
Identifiez-vous des avantages à l'utilisation de l'IA ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:00Amélie SoubrierFait
« La photographie telle que nous on la vit au quotidien chez les artisans photographes, c'est une captation du réel. »
- 6:00Amélie SoubrierFait
« La photographie technicienne est un métier d'art qui est reconnu par décret depuis 2015. »
- 10:00Amélie SoubrierFait
« On est aujourd'hui en terme de modèle économique sur tout un pont de la photographie qui est en train de s'écrouler. »
- 14:00Stéphanie de RoquefeuilleFait
« Les données culturelles, les données photographiques ne sont pas que des valeurs monétaires. »
- 24:00Stéphanie de RoquefeuillePromesse
« On demande la sanction sévère voire pénale des infractions au code de la propriété intellectuelle par les opérateurs d'IA. »
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Tous nous poursuivons nos travaux de la mission d'information, création, diffusion et acquisition des connaissances. Comment l'intelligence artificielle transforme notre éducation, notre culture. Donc je le rappelle à titre minire que si nous sommes peu nombreux dans la salle, c'est parce qu' en réalité tout cela est diffusé en direct sur le site de l'Assemblée nationale et que nos collègues qui ne sont pas présents peuvent être peuvent nous suivre à distance.
Voilà. Donc donc nous recevons ce matin avec le plus grand plaisir madame Amélie Soubrier, photographe et présidente de la Fédération française de la photographie et des métiers de l'image et madame Stéphanie de Rockfeuille, directrice des affaires publiques et juridiques de l'Union des photographes professionnels. Nous remercions mesdames d'avoir accepté notre invitation et de vous être rendu disponible ce matin après la musique, le cinéma ou le livre que nous avons eu l'occasion d'aborder au cours de nos travaux.
Nous sommes heureux de pouvoir discuter avec vous des effets de lia sur la filière photographique et peut-être plus largement sur l'image. À première vue, il serait temps de dire que par sa nature même, en tant qu'instrument de captation du réel, la photographie pourrait être plus épargnée que d'autres domaines par l'émergence de lia générative. La génération de photographie n'est-elle pas un oxyor ?
Nous avons néanmoins vu fleurir déjà depuis quelques années une importante production d'images synthétiques dont certaines sont relativement indiscernables de photographies authentique. Cette possibilité de génération d'images interroge la valeur documentaire de la photographie longtemps restée incontestée ou presque. Cette évolution signifie-telle que demain une photographie aura autant de chance d'être vraie que fausse ?
Quelles seraient les conséquences d'une telle évolution pour la filière que vous représentez ? Votre réflexion sur ces questions pour être utile doit s'intéresser aux professionnels qui sont les premiers concernés. Il faudra à cet égard très certainement distinguer entre les différents métiers de la photographie et de l'image.
Nous imaginons sans mal que les opportunités et les risques que pose Lia ne sont pas les mêmes selon que nous parlions d'artistes photographes, de photojournalistes ou d'autres prestataires de l'image. Il ne sera utile de savoir en quoi leurs tâches respectives seront ou ne seront pas bouleversé par l'émergence de liage générative. Certaines de ces certains de ces professionnels d'ailleurs se sentent-ils menacés ?
Et dans cette hypothèse, des mesures de formation ou d'adaptation sont-elles nécessaires ou sont-elles déjà entreprises ? Beaucoup de questions. Inversement, vous identifiez peut-être des avantages à l'utilisation de l'IA.
Certaines tâches chronophag ou à faible valeur ajoutée pourrait-elle être automatisée ou et conduire à libérer du temps de création et améliorer la qualité du travail final ? Enfin, je vous disais que nous avons aussi l'opportunité d'interroger de nombreux représentants des secteurs de la musique, du cinéma ou encore du livre. Tous ont exprimé leur inquiétude la plus vive face à l'entraînement des I sur des contenus existants.
On parle de pillage de tout à l'heure on parlait de librairie clandestine enfin bon le plus souvent euh sans considération aucune pour le droit d'auteur. Cette utilisation de production protégée s'observe-t-elle en matière de photographie ? Quels outils sont aujourd'hui à la disposition des professionnels pour lutter contre ce pillage ?
Pour aborder ces différents sujets, je vais vous céder la parole pour une dizaine de minutes. Essayez de respecter les 10 minutes si vous voulez parce qu'ensuite madame la rapporteur a de très nombreuses questions à vous poser. Vous avez la parole.
Pour prendre la parole, vous appuyez sur le bouton. Voilà. Je vous remercie de nous donner la parole.
Donc je suis en effet présidente de la Fédération française de la photographie des métiers de l'image. Je suis ravie aujourd'hui de pouvoir venir porter la voix des artisans, photographes qui sont les person les professionnels que nous représentons principalement. Ce qu'il faut savoir, c'est que je représente des professionnels de terrain, donc vraiment des gens qui sont au cœur de de et qui ont un impact vraiment fort aujourd'hui sur bah ce que ce que produit l'intelligence artificielle.
Donc en fait ce qu'il faut savoir c'est que au sein de la fédération on a des rôles qui sont très différents. Il y a bien évidemment un rôle de défense du métier, mais on a un rôle d'accompagnement du professionnel justement dans toutes les évolutions technologiques qu'on peut voir. Et c'est quelque chose qui est très présent au sein de la Fédération.
La position qu'on a nous face à l'intelligence artificielle générative notamment aujourd'hui, on n'est pas dans une phase de rejet. On a de toute façon on travaille avec l'intelligence artificielle depuis de nombreuses années dans des logiciels comme Photoshop. C'était déjà présent il y a très longtemps.
C'est simplement que là on a passé une vitesse enfin ces derniers mois parce que vraiment on est arrivé ces derniers mois à passer à une vitesse incroyable. Il faut savoir que la photo, elle a toujours évolué. On a eu l'arrivée du numérique après l'argentique.
On a les smartphones qui sont arrivés il y a pas si longtemps et qui ont aussi révolutionné le monde de la photographie. Donc en fait, on est une profession, en tout cas pour les artisans photographes, on est une profession qui aujourd'hui a l'habitude de s'adapter aux nouvelles technologies. Le problème avec l'intelligence artificielle générative, c'est qu'on arrive à un point de rupture.
On n'est plus sur une technologie qui nous permet de faire la photo différemment. On est sur une technologie qui produit l'image à partir notamment d'autres d'autres photographies et c'est là que que ça pose un problème qui est majeur. Donc parce que la photographie telle que nous on la vit au quotidien chez les artisans photographes, c'est une captation du réel.
C'est-à-dire que les artisans, on travaille principalement ce qui est photographie sociale. Donc photographie sociale, c'est tout ce qui va toucher la vie du particulier, que ce soit de la grossesse, de la naissance, les mariages, les baptêmes. Voilà.
Et euh et en fait c'est il y a la technologie et il y a aussi toute la partie technique parce que la partie technique c'est le contrôle de la lumière, c'est la façon dont on va guider notre modèle et tout ça en fait pour nous c'est quelque chose qui est extrêmement important. Je pense que vous savez que la photographie technicienne est un métier d'art qui est reconnu par décret depuis 2015. Donc c'est la valeur du travail de la technique photographique est pour nous quelque chose qui est extrêmement important.
À l'inverse, l'IA générative, malheureusement s'appuie sur la base d'images qui ont été produites par les photographes professionnels pour nourrir une machine et produire des images qui, vous l'avez dit très bien, aujourd'hui sont extrêmement euh perfectibles. Enfin, il y a on narrive plus il y a encore un an et demi quand vous génériez un humain, il avait six doigts, il y avait toujours des choses qui allaient pas. Aujourd'hui, ça n'existe plus.
Aujourd'hui, il y a euh un nombre de de d'applicatifs qui sont impressionnants et ils font ils sont tous meilleurs les uns que les autres. Donc en fait vraiment euh nous pensons en tout cas à la Fédération que de faire un vrai distingo entre ce qui est la photographie avec la technique photographique et l'image de synthèse, celle qui est créée par les machines est vraiment quelque chose d'important dans les principes qu'on défend, c'est vraiment la valeur du travail humain parce que les compétences, le savoir-faire de la photographie doit être aujourd'hui bah identifié comme tel. Et c'est d'ailleurs nous on travaille à la mise en place d'un label vraiment de photographe professionnel parce que on a besoin d'avoir un un cadre déontologique sur ce que doit être le photographe professionnel d'aujourd'hui et comment il utilise l'intelligence artificielle.
Pour nous, c'est quelque chose qui va devenir extrêmement important parce que on voit des prof enfin la profession est tellement en train d'évoluer qu'on voit bah vous avez le photographe qui va se rester à sa technique photographique telle que le métipier d'art va le définir avec un développement numérique et cetera et puis vous avez les professionnels qui aujourd'hui eux vont travailler avec l'intelligence artificielle générative ce qui va produire des images qui sont complètement différentes. Ce qui nous importe c'est le principe de transparence. Ça c'est extrêmement important.
Alors la transparence dans plusieurs domaines. La transparence sur qu'est-ce qu'une photographie, qu'est-ce qu'une image générée et surtout une le champ lexical. Aujourd'hui, on peut pas admettre que le mot photographie soit utilisé pour une image qui soit générée par une intelligence artificielle générative.
Le problème c'est que si vous allez sur des réseaux sociaux comme Instagram, c'est ces intelligences artificielles quand elles font la promotion ou les gens qui le en fait ils vendent ça comme de la photographie. Générez vos portraits, vos photographies corporate sauf qu'en fait ce ne sont pas des photographies, ce sont des images générées. Euh il y a tout ce qui concerne bien évidemment l'éducation du consommateur.
Alors ça va à plusieurs niveaux sur bah la le tout ce qui est photojournalisme et cetera, mais je pense que Stéphanie en parlera beaucoup mieux. Aujourd'hui, c'est de la désinformation. On ne sait plus ce qui est une vraie image ou ce qui est euh ce qui est généré.
Euh et ça c'est un sujet, je pense qui est crucial pour toute la partie information. Euh et nous dans la dernière partie qui nous concerne, c'est euh tout ce qui est l'adaptation. En fait, on a débuté il y a déjà un an et demi quand vraiment l'intelligence artificielle et les outils que les professionnels peuvent utiliser sont nés. enfin des outils qui sont qui nous permettent d'avoir une qualité, c'est de former les entrepreneurs parce qu'aujourd'hui euh l'intelligence artificielle, elle permet un gain de temps incroyable pour un métier comme là en photographie sociale.
Très clairement, moi je pense que je je travaille he j'ai un vrai studio de photographie et j'y passe la moitié de mon temps. J'ai gagné euh 50 à 60 % de montants sur la post-production sur et et donc aujourd'hui on a des outils qui sont incroyables. Mais mais le problème c'est que vous savez que le changement fait peur et que les professionnels français en tout cas dans le milieu de la photographie ont mis du temps à s'y intéressé.
Il y a eu aussi au début un rejet, c'est-à-dire que ils avaient envie de continuer le métier tel qu'il le pratiquait et justement de préserver un peu parce que on a un problème pour tout ce qui concerne les consommateurs et les clients qui viennent chez nous, c'est le l'image de soi. En fait, on est à une ère où les gens se voient modifier. Ça c'est déjà sur les réseaux sociaux, c'est courant.
Mais en fait l'intelligence artificielle générative ou l'assistante, ce qu'on a nous dans nos studios, modifie énormément la perception du consommateur de lui-même. Et ça, c'est quelque chose sur lequel il faut qu'on fasse attention parce que la nouvelle génération a une image d'elle-même qui est extrêmement déformée. Donc dans les enjeux majeurs, je terminerai sur ces points-là.
On est aujourd'hui en terme de modèle économique sur tout un pont de la photographie qui est en train de s'écrouler. tout ce qui concerne le B2B, donc le business to business parce que l'intelligence artificielle générative remplace complètement euh les complètement le le par exemple la photographie de Packhot. Vous prenez un produit en photo, vous le donnez à l'intelligence artificielle, elle va améliorer la photo initiale et elle va vous mettre le produit là où vous avez envie dans n'importe quel contexte.
La photo de mode, c'est pareil et en plus ça pose un autre enfin ça pose pas un autre problème mais ça facilite pour les entreprises une chose c'est qu'en fait il y a plus le principe de session de droit. Avant quand vous faisiez appel à un photographe, il vous prenait des photos, il y avait une facturation sur la base d'une session de droit. C'est-à-dire que quand ils utilisaient l'image en publicité, il y avait des frais.
Voilà. Aujourd'hui, si l'image est générée par une intelligence artificielle, tout ça n'existe plus. Donc voilà.
Et euh et après bah tout ce qui est désinformation et les droits d'auteur. Nous c'est vraiment quelque chose qui est euh extrêmement important de savoir euh comment on comment on fait pour toutes ces IA qui s'entraînent massivement sur les images qui sont existantes. Euh toutes les images qui sont déjà en ligne, c'est qui sont extrêmement vulnérables.
Nous en photographie sociale, on est bien obligé de montrer notre travail. Donc ça veut dire qu'on publie les photos de nos clients. Ça veut dire que les intelligences artificielles génératives se serrent des photos de nos clients pour se nourrir.
Ce qui fait que paradoxalement, enfin c'est pas un paradoxe, c'est qu'aujourd'hui nos clients refusent les autorisations de publication parce qu'ils sont bien conscients du problème. Donc comment un photographe social va faire demain avec tout ce que ça va prendre comme comment il va faire demain pour pouvoir faire la promotion de son travail si l'ensemble de nos clients refuse une publication sur aujourd'hui, il est nécessaire de mettre en place des systèmes. Alors, je sais qu'il y a des choses qui sont testées, mais c'est pas encore effectif.
Des systèmes pour protéger les images et pour faire en sorte que les intelligences artificiel ne puisse plus s'en servir pour nourrir les bases de données. Donc voilà. Merci madame madame de Rockfeuille, bonjour et merci de nous accueillir.
Je suis donc la directrice des affaires publiques et juridique de l'Union des photographes professionnels. L'Union des photographes professionnels, c'est une organisation professionnelle qui fédère des photographes essentiellement des artistes auteurs. Donc on est vraiment le complément de de la FFPMI d'Amélie. et nos sujets d'engagement, ils ont trait essentiellement aux conditions de vie et de travail des photographes et plus particulièrement au droit d'auteur, spécialement dans le contexte d'explosion des I que qu'on voit aujourd'hui.
Je rejoins ce qu'a dit Amélie sur le positionnement de notre organisation vis-à-vis des IA. Les photographes sont nés de la technologie, ils ont grandi avec elle et ils se servent des outils d'IA depuis depuis qu'ils existent. Euh alors chez elle c'est Photoshop, chez nous c'est beaucoup Lightroom et tous les logiciels libres qui ressemblent.
Mais c'est intégré dans nos process n'est pas un sujet pour nous. Le sujet pour nous, c'est pas l'outil. Le sujet, c'est la manière dont l'outil s'est constitué.
L'outil s'est constitué sur la base, vous l'avez dit et je me dois de le répéter, sur la base d'un pillage massif du patrimoine culturel mondial, en particulier de la photographie parce que même la sculpture, même la peinture, pour qu'elle arrive sur internet, il a fallu la photographier et sur la base d'une législation européenne que vous connaissez sans doute qui est la directive d'Amoun qui a été construite à un moment où personne parmi les législateurs n'imaginait une seconde que l'IG pourrait servir à autre chose qu'à faire de la recherche à créer des corrélations, des tendances générales. On se demande après coup à quel moment le lobbying des opérateur a été si intense ou à quel point nos engagements étaient si différents qu'on a pas vu venir le truc. Quoi qu'il en soit, notre responsabilité est engagée et je pense qu' euh on ne peut pas se contenter de ce texte à peu près qui nous régit aujourd'hui.
Bien sûr, on a eu le règlement euh intelligence artificielle qui a essayé de mettre des petits des petits pensements sur cette plébéante. La transparence, l'information, l'optaut qui avait été réaffirmé. Aujourd'hui, ce sont des pansements euh à travers lesquels la PL sous euh les opérateurs refusent le débat, ne se sentent pas concernés par ces obligations et euh refuse globalement la concertation.
Vous avez été mis au courant, j'imagine, des échecs relatifs des concertations qui avaient été menées en 2024. Aujourd'hui, la puissance du lobby à Bruxelles complique encore la prise de conscience du législateur et on a pu entendre il faut nous laisser tricher puisque les autres le font aussi. Si on le fait pas, ça va nous donner un train de retard.
Je je m'arrête une seconde sur la puissance et la violence de cette phrase qui nous oblige à céder pied et points liés à l'innovation. Les données culturelles, les données photographiques ne sont pas que des valeurs monétaires. Elles vont plus loin que ça.
Elles représentent notre notre vision du monde, notre manière de penser. Elles sont le reflet de nos valeurs démocratiques et on ne peut pas laisser des entreprises privées les avaler et les régurgiter sans aucune transparence de la manière dont elles sont mêlées à d'autres et de la manière et et de la manière dont elles sont manipulées pour nous inciter à penser différemment. Je pense qu'au-delà du travail des photographes et et j'insiste lourdement là-dessus, il y a vraiment des enjeux démocratiques et des enjeux civilisationnels.
Pour nous, si on veut que l'Europe, si on veut que nos valeurs, que notre identité subsiste, on ne peut pas laisser les sociétés d'intelligence artificielle, quelle qu'ell soit, utiliser nos informations culturelles sans aucune transparence. La transparence, c'est aussi ça l'enjeu et qu'elle soit américaine, chinoise, française, d'où qu'elle viennent, nos données européennes particulièrement européennes, elles sont propres, elles sont éthiques, elles respectent le RGPD, elles ont été calibrées correctement, elles ont une valeur. Et ces ces données-là, elles ont une valeur pour les IA parce que les IA en ont besoin pour renouveler leur système d'apprentissage.
On ne peut pas brader nos données culturelles sans défendre nos intérêts de la même manière que ces entreprises là défendent les leurs. En fait, on a besoin de vous pour défendre nos intérêts, pour contrevenir aux intérêts puissants de ces entreprises là. D'autant que alors je vous répète quelques chiffres mais vous les connaissez sûrement, la photographie représente 1 milliard 3 enfin 1,3 ou 1 milliard4 de chiffres d'affaires.
C'est les chiffres de l'ARCOM que je vous cite hein. Donc vous les retrouverez dans ce rapport là. Euh à peu près 600000 pour la photo sociale, la photo d'illustration aux alentours de 450000 et après la photo d'art 200 de 100 et quelques et la photo journalistique d'info 150.
Ça représente quand même des masses assez importantes. Euh et les effets aujourd'hui des Lia sur les photographe, c'est une baisse de revenu très substantielle qui est pas que française puisqu'on la voit aussi en Angleterre. On a eu ce rapport Brave New World qui est sorti pour le le documenter, une incitation, une pression à travailler plus vite et moins cher, euh une requalification du métier euh en obligeant les gens à remaner leur image pour répondre aux attentes de leur consommateurs.
Et là, je rejoins ce que dit Amélie sur la vision qu'ont les gens d'eux-mêmes ou de leurs produits, ou de leur manière d'être ou de leur entreprise et aussi une menace assez importante sur l'intégrité de l'information et sur la capacité au dialogue né des bulles informationnelles que génère l'intelligence artificielle. Je conclus. Euh ce que l'UPP soutient aujourd'hui, c'est une réglementation qui soit claire, ferme et équilibrée et la création d'un vrai marché qui respecte les droits des créateurs et qui organise un partage de la valeur.
Euh c'est du win win win. En fait, pour euh les entreprises d'IA, c'est une sécurisation juridique de leur de leur marché et de leur modèle économique. Pour les ayants droit, c'est une rémunération additionnelle et pour les États, c'est une une assurance d'éthique, de transparence et de résilience face à la manipulation.
Concrètement après l'échec des négociations et de la concertation avec les opérateurs d'IA sur la transparence notamment, on soutient évidemment la proposition de loi sénatoriale qui euh instaure un une présomption d'utilisation qu'on voit nous comme un correlaire de cette obligation de transparence, pas comme une obligation par comme un retournement du droit, mais comme une manière de faire appliquer procéduralement l'obligation transparence qui est demandée par le RIA. On demande la réinterrogation du champ d'application de l'article 4 de la directive sur la base du test en trois étapes parce que on le sait aujourd'hui, personne n'envisageit au départ d'appliquer l'article 4 à ce marché juteux que représent les génératives. On demande la sanction sévère voire pénale des infractions au code de la propriété intellectuelle par les opérateurs d'IA. une obligation de transparence sur les objectifs de collecte des données parce que c'est pas la même chose de collecter des données pour faire de la recherche médicale ou pour générer des packs starter pack de Hugo qui va je sais pas quoi dans son entreprise de travail temporaire.
On demande une un conditionnement des aides à la presse au recours à des humains et à des journalistes. Et enfin, on demande une amélioration de la transversalité et de la coordination des acteurs européens. Si on veut que l'Europe puisse se défendre contre les opérateurs d'IA, on a besoin de parler d'une seule voix et je pense que vous pouvez nous y aider en rassemblant les énergies françaises puis européennes au sein de textes qui envent la peine.
Je vous remercie. Merci madame. Madame la Merci mes L'exemple de la photographie est est souvent mobilisé justement pour repousser les craintes sur l'IA.
Son invention avait fait craindre aux portraitistes et autres peintres qu'il allait être remplacé. Or ça peut coexister. Je retiens ce que vous avez dit Stéphanie de Rockfeuille sur mais c'est pas l'outil.
L'outil on l'utilise quand on est photographe. on utilise déjà l'IA depuis longtemps mais c'est la façon euh dont l'outil s'est constitué. Donc vous parlez de la transparence notamment de l'utilisation des œuvres par les par les les fournisseurs d'IA.
C'est vrai que c'est c'est quelque chose qui est qui est qui est très convoqué et qui interroge la façon dont les réglementations européennes ont été constituées ces derniers temps et qu'il faut questionner. La transparence aussi, c'est celle de l'information donnée aux consommateurs, aux citoyens également. On a des plateformes de streaming musical comme Dieser qui permettent d'identifier 100 % IA des contenus qui ont été générés pas avec l'IA mais par l'IA.
Est-ce qu'il serait possible et souhaitable à votre sens de reprendre le même type de marquage pour des contenus qui se disent photographiques mais qui sont générés avec l'IA ? Et puis on a aussi des technologies qui permettent de distinguer ce qui serait des images synthétiques, des photographies réelles. Est-ce que ça vous paraît assez mature ?
Je pense notamment aux technologies d'identification des crédits de contenu content credential. Ça a émergé. Est-ce que voilà, est-ce que c'est plus qu'un simple marquage d'une image ?
Est-ce que il a il est intéressant et incontournable d'intégrer les métadonnées qui donnent de l'information ? Euh donc voilà, sur ce volet de transparence et de l'information donnée au consommateur, dans quelle mesure aujourd'hui il est possible de les donner et comment c'est indispensable pour redonner la valeur documentaire à la photographie ? Merci pour cette question.
Je pense que aujourd'hui on n pas le choix en fait, c'est une réalité. Il faut que les images puissent être identifiées clairement. Le problème c'est plutôt la technologie qu'il va falloir utiliser pour que ça puisse être voable.
Moi, je j'en ai parlé avec notamment hier avec Nikon pour savoir où ils en étaient. Il y a des choses qui ont été mises en place pour voir justement comment à partir du boîtier pouvaient être identifiés. Il me disait qu'avec ils avaient travaillé avec l'AFP notamment pour tout ce qui était photographie d'information pour euh avoir la preuve que l'image était bien réelle et pas une image générée par intelligence artificielle.
Le problème c'est qu'on est au balbuiment. Après sur internet vous avez aussi la possibilité de faire juste des copies d'écran ce qui fait que les métadonnées qui sont associées à l'image elles sont perdues directement. Donc en fait évidemment que c'est une des solutions qui sont qui sont identifiées.
Mais euh quelle est la technique ? On a le problème, c'est que ces ces entreprises d'intelligence artificielle vont tellement vite qu'elles contournent en fait rapidement ce qui est mis en place pour pouvoir créer pour pouvoir continuer à à s'en à se servir. Donc en fait le principe du Nutriscore dont vous parliez déjà si les entreprises d'intelligence artificielle avaient un logo identifiable ou que chaque image qui était publiée avait quelque chose d'identifiable pour le consommateur ça serait je pense extrêmement intéressant qu'il puisse visuellement déjà je pense vraiment aux réseaux sociaux notamment identifier si l'image est une image photographique ou si c'est une image de synthèse qui a été créée par l'intelligence artificielle.
L'UPP a rejoint assez rapidement l'initiative SouPied qui a été lancé par les gros acteurs de l'intelligence artificielle et qui avait, on va pas se le cacher, un double but. Le premier d'informer le public et le second à mon avis d'informer les systèmes d'intelligence artificielle de la présence d'images réelles qui leur permettent de se réentraîner non pas sur des contenus synthétiques mais sur des contenus valables. Ceci étant dit, l'initiative était intéressante et on la soutient parce qu'elle permet non pas le marquage des images réelles versus les images synthétiques, mais de donner une idée de ce qui s'est passé sur une image depuis son origine.
En photographie, c'est beaucoup moins simple qu'en musique, je pense, ou en j'en sais rien en en peinture de savoir ce qui est synthétique ou ce qui est pas parce que tout est mêlé. Aujourd'hui, il y a quasiment plus de photos qui soient intégralement réelle et plus du tout augmenté d'intelligence artificielle, qu'elle soit générative ou pas. Nos outils, on l'a dit, l'intègrarque.
Nos boîtiers font déjà des préréglages avec de l'intelligence artificielle. Le Nutriscor, en fait, il faut savoir si c'est uniquement des variations de colorimétrie ou d'intensité de couleur ou bien l'effacement d'un personnage à la tribune d'un meeting politique. Le souci qui se pose sur ces Nutriscor que vous évoquez, c'est que la plupart de nos images, elles sont diffusées non pas par nous avec le respect de nos métadonnées sur nos sites et cetera, mais essentiellement par nos clients puisque c'est leur raison d'être.
Nous, on photographie pour nos clients pour qu'ils puissent s'en servir pour leur com. Donc c'est la responsabilité de nos clients euh de diffuser nos images sur leurs sites, sur leurs réseaux sociaux, sur leurs divers supports de communication et on a des difficultés malgré le fait qu'on les indiqué dans nos clauses de contrat euh client fournisseur, on a des vies difficulté à assurer que les clients respectent ça. et sans champ IPTC rempli, sans métadonné conservée, on va avoir du mal à à fournir au content credentials ou à toute autre initiative qui pourrait survenir la composition synthétique versus réelle de nos images.
Merci, merci beaucoup. En 2023, lors du Sony World Photography Award, l'artiste allemand Borilcsen, primé dans la catégorie créativité a refusé son prix. Admettant que sa photographie Pseudo Messias Electrician était une image entièrement générée par Lia.
Son but était de provoquer un débat sur l'utilisation de l'IA. Je voulais savoir aussi si de nouveaux champs de création sont envisagés par les photographes. C'est-à-dire de la même manière que l'on peut avoir des craintes et déjà des constats baisse de chiffres d'affaires, sur la manière de travailler.
Est-ce que néanmoins l'apparition des outils d'IA a permis à vos euh adhérents disons photographes d'imaginer une transformation de leur capacité de créer ? Si oui et pouvez-vous nous donner quelques exemples qui puissent montrer aussi que les photographes peuvent euh peut-être trouver des bons côtés aussi avec Lia. H chez nous, on a coutume de dire que plutôt que de s'opposer à la vague, il vaut mieux la surfer.
Donc on s'est assez rapidement emparé du sujet et on a poussé nos photographes à se former sur les op sur les systèmes d'intelligence artificielle pour pouvoir en tirer le meilleur. Clairement euh les secteurs qui sont les plus propices à l'utilisation d'une IA, je parle d'IA générative là parce que l'IA classique tout le monde l'utilise, c'est pas un sujet. Les facteurs les plus propices à liag génératif, c'est évidemment la photo artistique, celle qui a vocation à être exposée en galerie et où là on a tout un tas de photographes qui s'éclatent sur des créations.
Je crois que vous en avez reçu des artistes qui travaillent avec Delia. Donc je vais pas répéter ce qu'ils ont déjà dit. J'imagine qu'ils ont soutenu leur leur travail de manière beaucoup plus pertinente que moi.
On a également des photographes qui faisaient effectivement de la photo de mode en s'appuyant sur tout un écosystème maquillage, décor, stylisme et cetera euh qui sont passés et j'ai trouvé votre question intéressante sur la mutation photographe directeur artistique qui ont qui ont muté vers de la direction artistique en rassemblant sous leur propre personnalité l'ensemble de l'écosystème. Je ne peux que regretter la le déclin de tous ces métiers annexes qui participaient à la construction d'une photo. Pour autant, on a des photographes qui ont pris ça en charge et qui en photo de mode proposent des photos augmentées par IA.
Parce que là où je diffère un peu de ta manière de penser Amélie, c'est que même dans le pack shot, même dans la photo de mode, à la base, il faut une photo. En fait, on va plus avoir de décor, on va plus avoir euh euh de stylisme, mais il va quand même falloir à un moment photographier le produit ou photographier le mannequin qui portera le produit dans une certaine position. Euh donc, il reste de la photo, c'est juste qu'elle a évolué, c'est juste que la niche se rétrécit.
Mais on a des photographes qui surfent cette vague-là et qui s'approprient ces ces outils là pour en tirer le meilleur. Euh en information, je vous cache pas que c'est quelque chose sur lequel la charte d'éthique est très très forte et tant dans les rédactions que chez nos photographes photo journalistes, il y a un refus total d'utiliser les agénérative pour modifier de la photo de presse quel que soit l'objectif et quel que soit le sujet. Je vais compléter ce que vient de dire Stéphanie sur plutôt sur le pan photographie sociale.
Il faut savoir que nous on est clairement sur une adaptation du métier qui est assez forte parce que en effet la partie on va dire technique prend enfin non on va dire que la partie direction artistique aujourd'hui prend le pas justement sur toute la partie technique. On nous a facilité avec l'intelligence artificielle tout le retraitement d'images et cetera. On est en train d'arriver à une situation où en fait on fait vivre à nos clients une expérience.
C'est-à-dire que ce qu'on met en avant au-delà de l'image qui bien sûr est importante, la photographie, ce qui va être livré le souvenir, ce qu'on met en avant aujourd'hui pour essayer de se se différencier, de continuer à faire vivre la photographie sociale, c'est justement toute cette partie d'expérience de services associés et cetera pour créer continuer à faire vivre nos studios. Ce qui est ce qui est important, c'est je pense c'est vraiment de remettre au cœur le fait que on est sur une captation du réel du réel des de ce qui se passe d'une expérience et que aujourd'hui le l'intelligence artificielle générative ce qu'elle produit alors comme vous le disiez dans le cadre du concours, c'est vrai que c'est ça devient indiscernable et et voilà c'est excusez-moi, j'ai perdu le le cours de ce que je voulais dire. En tout cas, nous en photographie sociale, ce qui est sûr, c'est vraiment que euh on est sur l'expérience et qu'on essaie d'avoir une offre additionnelle pour euh pour que les clients euh continuent à venir dans les studios.
Merci beaucoup. Alors, vous avez euh appuyé la nécessité de pouvoir clarifier les enjeux juridiques de l'utilisation des œuvres pour l'entraînement des IA et puis les enjeux aussi juridiques d'une meilleure transparence dans la diffusion de ces de ces photographies ou contenus synthétiques. Vous avez euh fait appel aussi à des suggestions. vous avez suggéré que des aides à la presse ne soient enfin soient conditionnées à ce que ceux qui reçoivent ces aides et recours au travail des photographes et pas seulement à la génération d'IA.
Quelles sont vos discussions actuellement avec ces médias qui utilisent de la photographie professionnelle qui couvre des événement pour pouvoir les inciter à toujours plus vous faire confiance et comment on pourrait authentifier et aider les responsables publics qui accordent ces aides à la presse à pouvoir bien cerner que pour reprendre vos mots, je crois que c'était une part de création humaine pour pouvoir l'apprécier et encourager ainsi aussi incité par la livraison des aides à la presse à pouvoir faire confiance toujours aux photographes. L'UPP fait partie d'un groupement, d'un groupe de travail si vous voulez qui s'appelle les états généraux de la photo. Les états généraux de la photo rassemblent un certain nombre d'acteurs de la photo euh de création, la photo soumise au droits d'auteur si vous voulez et notamment des agences de presse et des agences de photos.
On a euh on a eu une réunion décembre dernier sur le sujet de Lia et euh on s'est interrogé sur le rôle de l'humain dans la photo de presse aujourd'hui et on s'est dit qu'en fait sans humain, sans manière de voir le monde, sans réflexion sur une vérité du réel, on ne pouvait plus garantir que les consommateurs de presse soient en prise avec ce qui se passe effectivement dans le monde. On est à nouveau sur un enjeu de démocratie. Euh le fait d'avoir des photographes, c'est pas juste de la RSE, c'est la garantie que ce qu'on raconte s'est bien passé.
Et le rôle de la presse aujourd'hui, il évolue. Il est pas juste de nous ramener des belles images ou des beaux articles, il est de garantir que ce qui est raconté est vrai. Et c'est le rôle de l'humain aujourd'hui.
Et c'est pour ça que les aides à la presse, elles doivent être conditionnées par soit une création humaine, soit un contrôle humain. Et où d'ailleurs, c'est que on a besoin de s'assurer de la véracité, de l'intégrité des infos qui sont communiquées à nos concitoyens. Est-ce que c'était la réponse que vous vous attendiez ou est-ce que je suis vous avez besoin d'information complémentaire ?
Je suis pas sûre d'avoir entièrement répondu à votre question. Non, vous l'avez précisé mais c'est vrai que dans les critères que l'on va avoir par exemple pour les aides à la presse, on peut peut-être jusqu'à quantifier quelle est cette création humaine ou ce contrôle humain. Je vous donne un parallèle quand on a mis enfin je reprends, les médias faisaient de plus en plus appel à des créateurs de contenu qui n'étaient pas journalistes.
Et donc l'idée a été de conditionner le les aides à la presse. En tout cas, ça a été proposé, pas forcément finalisé jusqu'au bout, mais de considérer qu'il fallait que il y ait une rédaction qu'on enfin qu'il y ait à peu près entre 35 et 40 % de journalistes et pas seulement des créateurs de contenu pour pouvoir bénéficier de ces aides à la presse. Et donc ce serait aussi de pouvoir instaurer éventuellement la possibilité d'avoir une quantification du recours à des photographes qui vont sur le terrain.
Pas seulement pour faire des belles images comme vous voulez, mais pourvoir attester la véracité de de de ce qui se passe éventuellement dans le monde. Voilà. Est-ce qu'il y a des réflexions jusque- là ?
C'est peut-être technique mais pour moi c'est essentiel. On on touche, on commence à s'approcher d'un sujet qui est un peu délicat qui est celui de la photographie de presse. Vous n'êtes pas sans savoir qu'aujourd'hui en France, il reste 500 photographes de presse, ce qui est rien du tout.
Pas parce que les photographes ne font plus de photos de presse, mais parce que pour être photographe de presse, il faut tirer 50 % de ses revenus de la photo de presse. Aujourd'hui, un quart de page dans un magazine ou dans un journal à grande diffusion, ça vaut entre 15 et 50 € suivant le type de photo qu'on apporte. Euh à 15 à 50 € la photo, vous ne pouvez plus vivre de la presse.
Ça veut dire que la plupart des photographes ex de presse aujourd'hui sont toujours dans l'effet photographe de presse sur une majorité de leur temps, mais sur une majorité de leurs revenus, ils vivent de commandes de clients qui ne sont pas de la presse mais qui de fait les fait tomber parce que 50 % ne tombent plus de la presse, le fait tomber hors du champ du photographe de presse. Donc l'idée de quantifier le nombre de journalistes, en tout cas pour la photo, de quantifier le nombre de journalistes de presse, de possesseurs de carte de presse, si vous voulez dans un dans un organe de presse pour toucher les aides, ça me paraît enfin c'est un bon sujet de réflexion mais je pense que c'est épineux sur l'éducation à l'image, c'est-à-dire voilà dans tout ce grand chantier qui est l'éducation à l'esprit critique pour pouvoir apprécier les informations que ce soit du texte ou de l'image. Euh vous l'avez mentionné depuis quelques mois en fait il est presque difficile en fait d'apprécier les différences entre un contenu synthétique et et une photographie.
Vous avez parlé, voilà, les doigts qui était une façon de de pouvoir faire la différence aujourd'hui euh dans vos réflexions pour pouvoir participer à l'éducation euh à la lecture de l'image euh et pas seulement que pour les plus jeunes. Quels sont les les actions que vous vous entreprenez avec vos adhérents quand les images se ressemblent autant ? Comment donner les clés de lecture et d'appréciation à l'ensemble des citoyens ?
Alors, nous on a euh en fait, c'est une réflexion sur lequelle on s'est porté il y a déjà un an et demi. En fait, on a mis en place euh un atelier de sensibilisation. Alors là, pour le coup, je vais vous parler de la partie euh des jeunes parce que c'est euh c'est vraiment une action qu'on mène nous au quotidien au sein de la Fédération.
C'est-à-dire qu'on a mis tout un en place un programme de sensibilisation des jeunes au droit, à l'image et à l'esprit critique. Donc en fait, on a eu un premier programme qui a été diffusé auprès des classes de CM1, CM2. Donc en fait, ce sont des photographes bénévoles de la Fédération.
Donc euh nous on met euh on finance d'ailleurs tout le programme, les cahiers d'exercice et cetera. Les photographes vont dans les écoles partenaires qui ont qui acceptent de recevoir le programme et en fait ce sont des ateliers qui durent 45 minutes sur lequel on sensibilise les jeunes. On a eu plus de 4000 enfants qui ont été formés l'année dernière et en fait on a une demande qui est accrue parce que le corps professoral a besoin justement de traiter ce sujet mais n'a pas forcément les les enfin le le programme adéquat et en fait on a une demande grandissante pour les 6e 5e parce qu'en fait à l'heure des réseaux sociaux et cetera, justement le le problème d'identification de l'image d'esprit critique de savoir euh bah comment absorber euh les images qui reçoivent Donc en fait là, on vient de mettre en place le même programme en y ajoutant notamment la notion de cyberharcèlement et cetera parce que la tout ça on quitte un peu l'intelligence artificielle mais il y a beaucoup de choses à prendre en compte parce que vous pouvez générer des images aussi qui vont porter atteinte à l'intégrité et cetera. on va loin mais le donc en fait ce programme là on vient de le de le réadapter pour les 6e et les 5e et en fait ce sont les photographe adhérents de la Fédération qui portent ce programme parce que nous on a aussi une grande partie de photographes en photographie euh sociale qui font la photographie scolaire.
Donc on se rend dans les écoles et donc pour le coup c'est aussi ce qui nous permet d'avoir des entrées dans les écoles pour pouvoir diffuser le message. Donc ça c'est un programme sur lequel on est largement engagé qui vient d'être labellisé d'ailleurs par le ministère de la culture au titre du bicentenaire de la photographie et l'idée c'est vraiment le droit à l'image, le développement de l'esprit critique et la sensibilisation du jeune consommateur sur le sur les images qui sont diffusées sur les réseaux sociaux. Après, pour ce qui concerne les adultes, euh bah on travaille là, on va lancer toute une campagne de communication justement pour sensibiliser aussi les adultes sur la photographie, la captation du réel et la différence entre les images de synthèse qui sont générées et le la photographie réelle qui part d'une émotion, d'un travail, de la lumière, que ce soit de l'image fix fixe, pardon, l'image fixe parce qu'on parle beaucoup de photographie mais nous on est on défend également les droits des vidéastes et qui au final c'est de l'image animée mais ça reste une succession d'images et donc voilà sensibiliser le le grand public parce qu'aujourd'hui on a un vrai travail d'information à faire et j'en parlais tout à l'heure en préambule sur aussi le les retouches l'image de soi et c'est quelque chose sur lequel on veut agir en tant que fédération pour que les consommateurs puissent prendre conscience de de la déformation de la réalité en fait qui est qui est induite par la l'intelligence artificielle générative.
Alors nous on agit en complément puisqu'on est plutôt côté entreprise et nous notre sujet c'est de réaffirmer l'importance de l'image réelle dans la communication. Euh c'est des enjeux de ressources humaines parce qu'aujourd'hui une entreprise qui communique, j'en sais rien, une entreprise travail temporaire à nouveau tiens qui communique sur son site internet avec des petits personnages modifiés ou qui ne correspondent pas à ses effectifs versus une entreprise qui met en valeur ses consultants, ses intérimaires pour montrer à quel point elle est fière d'eux. C'est un vrai enjeu de vivre ensemble pour une entreprise.
Une entreprise qui propose une image réelle de ses locaux, de ses salariés, de ses produits versus une une entreprise qui propose des images synthétiques de ces produits. On a un vrai sujet de rapport au réel. Et c'est là où le cœur de problème se situe à mon sens, c'est cette motivation de tout un chacun à vouloir chercher la vérité dans les images qu'il voit.
Euh chez les jeunes en particulier, c'est quelque chose que je trouve assez impressionnant, c'est que ils regardent, ils scrollent sur leur fil Insta et en fait ils sont pas plus intéressés que ça de savoir si c'est de l'IA ou pas de l'IA. Et au-delà de la qualité de Lia, de le nombre de doigts, c'est complètement dépassé, mais les détails qui nous nous surprennent et nous font dire "On on est dedans, on n'est pas dedans, on se rend compte queux ils ont un peu ils ont un peu lâché la rampe et ils se disent en fait, ils avalent toutes ces images vrai pas vrai, sans jamais faire un pas de côté ou un pas en arrière pour se demander est-ce que ça existe vraiment ? Est-ce que le monde réel et le monde dans lequel je vis sur les réseaux sociaux se recoupe ou non ?
Et pour moi, l'enjeu il est là, c'est de permettre à nos jeunes en particulier de garder un pied dans le réel et de se demander à chaque instant si ce qui regarde c'est la vérité et si ça les que ça les intéresse de se dire "Je veux voir de la vérité" et pas un truc créé toute pièce dans lequelle je vis en 2.0 quoi. Hop !
Très bien, nous arrivons mesdames. Merci beaucoup. Au terme de notre audition de de ce matin, nous voulons madame Calvez et moi-même vous remercier pour les éclairages que vous nous avez apporté sur les professions que vous représentez, n'est-ce pas ?
Et qui sont directement impactés. Bon, il y a quand même une note d'espoir, une note d'optimisme, c'est que vous vous appropriez cette technologie et que vous l'avez dit madame, vous vous avez même parfois vous gagnez du temps, vous gagnez en que vous que vous pouvez libérer pour la création, c'est une bonne chose. Mais effectivement la question de la protection des données initiales et de du droit effectif à protéger en terme de valeur les photographies que qui ont été produites précédemment restent entières et je nous avons bien compris que vous avez besoin du législateur pour protéger votre votre profession.
Merci beaucoup.