Limite à 30 personnes pour les cultes, vaccination contre le Covid-19, loi de "sécurité globale"... Le "8h30 franceinfo" de François Bayrou
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Bonjour François Bayrou. Bonjour. Le Premier ministre Jean Castex va donner en fin de matinée les détails de la sortie du confinement. Mais déjà, on entend plusieurs voix qui réclament des assouplissements, des règles annoncées avant-hier par Emmanuel Macron. C'est le cas par exemple d'une partie des catholiques qui ne comprennent pas pourquoi ils ne pourront pas assister à des messes à plus de 30, y compris quand la cérémonie va se dérouler par exemple dans une cathédrale. Est-ce que vous partagez leurs revendications ?
Alors, d'abord il est légitime quand on est responsable d'un pays qu'on fixe des règles pour arrêter une épidémie de cette gravité. Après, il y a toujours des adaptations. C'est vrai que le chiffre de 30, chiffre unique, quelle que soit la taille de l'édifice religieux, 30 dans une petite chapelle c'est trop. Mais 30 dans une cathédrale, franchement, ce n'est pas adapté. Moi je crois qu'il y a une chose simple à faire et qui réconcilierait tout le monde, c'est de fixer un quota, un nombre de participants à l'office par rapport à la surface. Par mètre carré comme on fait dans les commerces ? Par mètre carré, on va faire 8 mètres carrés dans les commerces, faisons 8 mètres carrés.
En tout cas, c'est la proposition qui me paraîtrait le plus adaptée. Faisons 8 mètres carrés dans les édifices religieux pour qu'on puisse ainsi être assuré du respect des distances, du respect des précautions à prendre et en même temps que la vie normale et spirituelle, qui est très importante pour un grand nombre de nos concitoyens, puisse se dérouler normalement. Et ça ne vaut pas que pour les édifices catholiques, bien sûr, ça vaut absolument pour tous les édifices religieux.
Mais alors vous qui dialoguez régulièrement avec le Président de la République, vous lui avez soumis cette idée ?
Oui, je lui ai soumis cette idée. Je pense qu'il y a eu un défaut de communication dans cette affaire. C'est-à-dire ? J'ai entendu dire que le chiffre de 30 était en rapport avec 30% des places.
Vous pensez qu'Emmanuel Macron n'a pas utilisé la bonne formulation avant-hier ?
Je pense que de ce point de vue-là, il y a des adaptations.
Pareil, 30 places ou 30% effectivement à l'échelle d'une cathédrale, ça fait une petite nuance.
Mais si on prend le même gabarit, la même norme pour les magasins qui vont rouvrir et pour les édifices religieux dans lesquels la liberté de culte est très importante pour un grand nombre de ceux qui y participent, alors il me semblerait qu'il y a quelque chose de normal et de régulier dans la décision prise.
Des questions se posent aussi concernant l'isolement des malades. Le Président souhaite que le gouvernement et le Parlement mettent en place des conditions contraignantes. Contraignantes jusqu'où ? Est-ce que vous êtes pour une amende ?
Je pense que c'est une question très importante. Avant de savoir les modalités pratiques, je pense que le minimum de responsabilité, quand on est malade d'une maladie aussi contagieuse et qui frappe aussi durement, nous avons tous des amis morts dans cette affaire. Et pas seulement des gens âgés, aussi des gens plus jeunes. Quand on est devant une maladie aussi dangereuse, alors c'est un devoir impératif que de s'isoler quand on est malade, surtout que, comme vous savez, l'isolement dure dix jours, pas plus. Et qu'après, on n'est plus contagieux et d'ailleurs on est soi-même, espérons-le, immunisé. Devoir impératif qui doit donc être sanctionné quand il n'est pas respecté.
Devoir impératif et il est normal que le Parlement va s'en occuper, qu'on réfléchisse à la forme de cet impératif. Cet impératif, il doit être respecté et les pouvoirs publics ont le devoir de mettre une insistance particulière pour que chacun fasse à ses responsabilités. Vous vous rendez compte, l'attitude de quelqu'un qui est malade, qui connaît la gravité de la maladie et qui dit « je m'en fiche de la transmettre aux autres », c'est une attitude qui, dans un pays comme le nôtre, ne peut pas être admise.
Mais vous, personnellement, est-ce que vous êtes pour une amende, par exemple ?
Je ne sais pas très bien sous quelle forme, mais comme vous savez, nous avons maintenant une application qui s'appelle « Tous anti-Covid » qui doit permettre de suivre et de vérifier que les malades...
Mais il n'y a rien de contraignant dans « Tous anti-Covid ». Donc est-ce que vous vous demandez, est-ce que les malades qui ne respectent pas les hommes soient...
Le Parlement va décider de ça, je ne veux pas m'avancer sous la forme de « est-ce que c'est un délit, est-ce que c'est pas un délit, est-ce que c'est une amende, est-ce que c'est un PV ? » J'en sais rien, mais le plus raisonnable, c'est de faire cet appel insistant à la responsabilité dont on a besoin.
Emmanuel Macron a exclu de rendre le futur vaccin, ou les futurs vaccins d'ailleurs, contre le Covid, obligatoire. Je voudrais vous faire entendre ce que disait vous, ce que vous disiez il y a quelques jours sur Europe 1. François Bayrou, c'est pas tout à fait la même tonalité sur les vaccins.
Et donc vous seriez favorable à cette obligation pour le vaccin anti-Covid ? Après qu'on se sera assuré que le vaccin marche et qu'il est complètement supporté. Sur le principe, oui, bien sûr. Heureusement qu'on a des vaccinations obligatoires. Il y a des pays où la rougeole est en train de repartir, parce qu'on a été négligent vis-à-vis des vaccinations. Et ça tue. Et je ne connais aucun médecin autour de moi qui ne soit pas certain que c'est dans ce sens qu'il faut aller.
Est-ce que vous savez pourquoi Emmanuel Macron n'a pas repris cette proposition ? Est-ce qu'il a eu peur, par exemple, de froisser la partie de l'opinion qui est hostile au vaccin ?
Non, je pense que, souci de la liberté et de la responsabilité personnelle. Que vous n'avez pas, vous ? Moi, je pense qu'on a vécu la poliomyélite, pour prendre un exemple cruel. On a vaincu la poliomyélite, pour l'instant, que parce qu'on a institué une vaccination obligatoire. Donc moi, je ne suis pas choqué par les vaccinations obligatoires. Je l'ai dit, le président de la République a choisi une autre voie. Et je comprends aussi le respect de la liberté. Ce qui veut dire que, dès qu'on aura vérifié, parce que c'est la première partie de ma phrase qu'il faut entendre. Oui, on a laissé l'intégralité de vos propos. Et c'est bien, je vous en remercie.
Dès qu'on aura vérifié, un, que le vaccin est efficace. Deux, son inocuité. Que ça ne nuit en rien à la santé, dès qu'on aura vérifié ça. Et si cette maladie, je ne sais pas si vous vous rendez compte de ce que cette maladie a fait sur la France et sur la planète. On va se trouver avec une crise économique et sociale comme on n'en a pas connu depuis la guerre. Et pas seulement ça, mais des dizaines de milliers de morts et de familles endeuillées. Et des enfants qui ont perdu leurs parents. Et donc, vraiment, lorsqu'on aura vérifié ça, moi en tout cas, je pense que la vaccination va se multiplier.
Et que tout effort qui va dans le sens d'une vaccination efficace et respectée par tout le monde, irait dans le bon sens.
Le maire de Pau, président du Modem...
Parce que ça n'est pas tout à fait la grippe, vous avez compris. Ça, je crois que ça n'a échappé à personne.
Le maire de Pau, disais-je, président du Modem et haut-commissaire au plan François Bayrou, avec nous jusqu'à 9h. On s'interrompt quelques instants pour le fil info à 8h40. C'est Mélanie Delonnet.
Pour Michel Platini, il restera dans le cœur des Napolitains et des Argentins comme une étoile pour l'éternité. Le cercueil de Diego Maradona est arrivé dans la nuit au palais présidentiel à Buenos Aires. Trois jours d'hommage national en Argentine. Après la mort à 60 ans du footballeur de légende, émotion aussi à Naples, où il a remporté deux titres de champion d'Italie. Alors que Jean Castex fait le service après-vente, tout à l'heure à 11h du déconfinement, la ministre du Travail, Elisabeth Borne, annonce qu'une aide exceptionnelle sera versée à 300 000 travailleurs précaires, versés par Pôle emploi à ceux qui travaillaient significativement avant la crise, dit la ministre du Travail.
Son montant n'est pas encore connu. Le Conseil d'État annule deux mesures contestées de l'assurance chômage, dont les modalités de calcul de l'indemnisation. Il estime que cela porte atteinte au principe d'égalité entre les allocataires. C'est Thanksgiving aux États-Unis et Donald Trump en profite pour gracier son ancien conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn. Il est mis en cause dans l'enquête sur l'ingérence russe pendant la présidentielle de 2016. France Info
Le 830 France Info, Salia Brachia, Marc Fauvel.
Toujours avec le haut commissaire au plan François Bayrou. Alors l'Assemblée nationale a donc voté mardi le texte controversé de la loi sécurité globale et sa mesure phare, l'interdiction de diffusion des images de policiers dans un but malveillant. Parmi les députés de votre parti, le Modem, 33 ont voté pour, 5 contre et 18 abstentions. Il y a comme un malaise face au texte dans vos rangs. Est-ce que vous, vous l'auriez voté ce texte ?
Oui. Je ne dirais pas qu'il y a un malaise. Je dirais qu'il y a un souci très grand dans nos rangs de la liberté personnelle, de la liberté d'information, de l'équilibre entre l'information et l'ordre, et le maintien de l'ordre. Et comme nous sommes un mouvement politique dans lequel ces valeurs sont très importantes, alors oui, un certain nombre se sont opposés, d'autres se sont abstenus.
Mais vous l'auriez voté en toute confiance, l'article 24 ?
Je l'aurais voté parce que, n'est-ce pas, ce qui est visé par le texte, c'est la diffusion malveillante.
Un but malveillant.
Je ne sais pas très bien comment. On définit le caractère malveillant. Et puis le Conseil constitutionnel va s'exprimer, puisque le Premier ministre a décidé de saisir le Conseil constitutionnel sur ce texte. Mais moi, je voudrais dire une chose. Les policiers, ce sont des femmes et des hommes qui font partie intégrante de notre peuple, dont on a besoin absolument pour que la société ne soit pas déstabilisée. Ce sont très souvent des femmes et des hommes qui viennent du peuple. Ce sont des femmes et des hommes qui n'ont pas des situations mirobolantes.
Et c'est vrai qu'un certain nombre d'entre eux vivent très difficilement, très douloureusement, d'être ciblés dans leur vie personnelle, dans la cité où ils habitent, d'être ciblés que leurs femmes, que leurs enfants à l'école soient désignés comme flics, comme ils disent. Et donc, cette difficulté, autrefois, l'anonymat les protégeait. Autrefois, les familles n'étaient pas ciblées comme elles peuvent l'être aujourd'hui.
Les réseaux sociaux, ils étaient plus anonymes.
Et ce sont... Alors, bien sûr, le rôle des réseaux sociaux est très important et on ne va pas le changer. Et donc, c'est cela que le législateur a visé, que le gouvernement a visé. Le gouvernement a visé cette espèce de mal-être, de malaise, qui est celui de ces femmes et de ces hommes qui, naturellement, sont chargés du maintien de l'ordre, mais qui ont une famille et qui ont une vie.
Est-ce qu'en l'État, le texte est équilibré ?
D'abord, je ne sais pas s'il est efficace, en l'État. Ça pose un petit... Parce que, comme vous voyez, mais on va voir ce que le Conseil constitutionnel en dit. Ça va être très important. Je sais quelle était l'intention de ceux qui ont rédigé le texte...
Mais vous nous dites, pardon François, vous nous dites, j'aurais sans doute voté un texte, même si je ne suis pas sûr qu'il soit efficace.
Oui, ben voilà. Dans ce cas-là, c'est de la littérature. Ce n'est plus une loi. Espérons que non, le gouvernement dit que non, et donc on va voir comment ça va se passer. Mais moi, je comprends l'intention du gouvernement et de ceux qui ont voulu protéger les femmes et les hommes chargés en notre nom du maintien de l'ordre. En notre nom. Donc l'espèce de ciblage de la fonction de ces femmes et de ces hommes, de la fonction de maintien de l'ordre, est malsaine. Et je trouve et je comprends que le gouvernement veuille les protéger. D'un mot, il y a un problème, Gérald Darmanin, aujourd'hui, ou c'est une force pour évoluer Macron ? Non, pas du tout. Il y a un ministre de l'Intérieur...
Qui fait bien le boulot ? Qui, en tout cas, travaille, qui est actif, qui est énergique. Et les ministres de l'Intérieur, toujours au travers du temps, je peux vous citer des noms connus, toujours au travers du temps, les ministres de l'Intérieur prennent cette attitude, prennent à juste titre cette attitude de défense de ceux qui, sous leurs ordres, sont chargés de maintenir la sécurité de la population. Une remarque. Est-ce que vous connaissez un pays dans lequel on laisse installer un campement sauvage sur une des places principales de la capitale ? 500 personnes dans un campement sauvage.
La question n'était pas forcément celle de l'évacuation, mais de la manière dont elle a été faite. Il y a eu...
Accroche-pied, ce n'est pas une évacuation. Oui, c'est vrai. Mais il y a des moments de tension. Il y a des gestes qui ne sont pas tout à fait normaux.
Ces images, elles vous ont choqué, François Bayrou ? Les images de l'évacuation de Place de la République ?
Oui, je les ai vues. Je trouvais qu'elles n'étaient pas ce qu'on souhaiterait. Mais enfin, en même temps, il n'y a eu pas de blessés, pas de mort d'homme, pas de blessure.
Mais ça allait attendre la mort d'un homme ?
Non, pas du tout. Ne déforme pas ce que je dis. Il n'y a pas eu de blessure. Il n'y a pas eu... Bon, il y a eu une bousculade. Et dans la bousculade, il y a eu des gestes qui n'étaient pas normaux. Mais pour autant, ce n'est pas une dictature. Et je ne connais aucune démocratie dans le monde. Aucune. Et citément, si vous en connaissez, je vous prends un témoin, qui peut laisser s'installer un campement sauvage, dont on sait qu'il est constitué de personnes en situation irrégulière, ce n'est pas normal. Les jeunes Afghans, pour l'essentiel, c'était des Afghans qui étaient là. On ne peut pas s'accommoder de ce que s'installent durablement des campements sauvages.
On venait d'en évacuer 3 000 qui étaient, comme vous savez, au bord des autoroutes. Alors, pour autant, est-ce que je considère que le traitement des personnes en situation irrégulière, et notamment des déboutés du droit d'asile en France, va dans le bon sens ? Je pense qu'il faut le reprendre assez profondément. Je pense qu'enfermer ces personnes, ou ces garçons, parce que c'est plus souvent des garçons, dans des hôtels Formule 1 qui ont été rachetés par les pouvoirs publics, on en a 120 à Pau, qui sont installés dans des hôtels Formule 1, ne peuvent pas sortir avec interdiction de travailler, interdiction de travailler, sinon ils n'ont pas les aides publiques. Et jamais expulsés.
On a promis de les expulser, on ne les expulse pas. Et vous voyez bien qu'il y a là quelque chose qui n'est pas durable, comme on dit. On ne peut pas, pendant longtemps, s'accommoder des situations de cet ordre. Il faut donc qu'on y réfléchisse, et dans la fonction du plan qui est la mienne, je compte bien mener cette réflexion.
Dans cette fonction de haut commissaire au plan, François Bayrou, vous devez réfléchir à la France de 2040-2050. C'est une France qui, si on s'arrête en tout cas au compte de cette année, sera endettée à 120% de son PIB. C'est un niveau inédit depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Est-ce que vous avez la certitude, vous, qu'on remboursera bien cette dette un jour ?
Vous savez, le déficit et la dette ont été des combats pour moi. Que vous portez depuis longtemps. C'est pour ça que je vous pose cette question. Vous êtes sûr qu'on va la rembourser ? Ou est-ce qu'on peut commencer à envisager d'en effacer une partie ? Ce que j'avais proposé... Effacer, je ne suis pas sûr que ce soit accepté.
Faire racheter une partie de la dette par la Banque Centrale Européenne, comme le propose, par exemple, Arnaud Montebourg.
Et d'ailleurs, au passage, où en serions-nous aujourd'hui ? Où on est obligé d'investir des centaines de milliards pour soutenir les familles et les personnes et les entreprises dans cette situation de crise ? Où en serions-nous aujourd'hui si nous n'avions pas la Banque Centrale Européenne ? Où en serions-nous aujourd'hui si nous n'avions pas voté oui à Maastricht quand il a fallu construire ça ? C'est notre rempart. C'est de là que vient notre sécurité. C'est de là que nous pouvons... C'est grâce à cette Banque Centrale Européenne que nous pouvons faire face à cette obligation de solidarité. Et c'est très important. Alors, on vient à la dette.
Est-ce qu'on est condamné à l'austérité ?
On vient à la... Pour l'instant, on n'est pas à l'austérité. Non, mais quand il va falloir... Si vous nous dites qu'il faut la rembourser, on n'a pas fini d'écoper. La proposition que j'avais faite, et au fond, on n'est pas si loin de cette proposition, c'est de considérer que cette dette Covid a une nature particulière qui ne ressemble à aucune autre. D'habitude, on fait des dettes parce qu'on a mal géré. Là, il ne s'agit pas de ça. Il s'agit d'une épidémie qui n'a pas d'auteur, qui est sorti, qui est un virus qui s'est attaqué à toute la planète et sur laquelle, à mon avis, il n'y a pas d'auteur. Je ne suis pas complotiste.
Et donc, cette dette Covid, on en fait quoi ?
Alors, cette dette Covid, ma proposition était qu'on prenne un différé, qu'on l'isole, qu'on la caractérise, qu'on la cantonne, comme on dit, et qu'on prenne un différé d'amortissement de 10 ans. Et que dans 10 ans, on commence à la rembourser. On la met au frigo, on n'y touche pas, on ne la rembourse pas pour l'instant
et on la remboursera dans 10 ans.
C'est le début d'un effacement, mais ce n'est pas un effacement encore. Ceci arrive très souvent quand vous achetez un appartement ou une maison. Quand vous êtes un jeune en début de vie professionnelle ou un jeune en début de vie de couple, il arrive très souvent qu'il y ait un différé d'amortissement. Eh bien, ce différé d'amortissement, à mon avis, il est justement adapté à la situation de cette dette, encore une fois, dont personne n'est responsable.
8h51. Le fil info, Mélanie Delonnet. Et on poursuit avec vous juste après, François Bayon.
Ce sont des précisions très attendues par les coiffeurs, les lieux de culte également. Jean Castex va détailler l'allègement du confinement annoncé par Emmanuel Macron. Et les nouveaux protocoles sanitaires, ce sera à 11h à suivre en direct sur France Info. A rebours du reste de l'Europe, l'Allemagne prolonge les mesures prises contre le Covid. La chancelière Angela Merkel souhaite aussi que les stations de ski restent fermées jusqu'au 10 janvier dans toute l'Europe pour éviter la propagation de l'épidémie. La détresse morale des étudiants tuera plus à terme que le virus, alerte ce matin sur France Info le président de l'université de Strasbourg.
Il signe avec 9 autres présidents de fac une tribune pour appeler au retour des étudiants dans les amphis dès janvier. Les cours doivent se faire à distance au moins jusqu'en février. Son visage, son maillot rayé bleu clair et blanc s'affiche en une des journaux. Ce matin, Diego Maradona, mort à l'âge de 60 ans, il est éternel. Lui rend hommage son compatriote Lionel Messi, si l'Argentine entame trois jours de deuil national. France Info
Le 8.30 France Info Salia Braquia, Marc Fauvel
Toujours avec le haut commissaire au plan François Bayrou, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale, est au cœur d'une polémique ces derniers jours. Selon les révélations de Mediapart et Libération, le ministre est soupçonné d'avoir téléguidé le syndicat Avenir Lycéen pour qu'il soutienne les réformes du gouvernement. Vous qui avez été ministre de l'Education nationale entre 1993 et 1997, est-ce que vous trouvez que c'est un scandale ?
Je ne sais pas ce qu'il y a dans cette affaire. Je lis les journaux comme vous. Si je comprends bien, c'est un syndicat qui recevait une subvention, d'ailleurs modique par rapport à d'autres, de quelques dizaines de milliers d'euros par an, un syndicat lycéen et dont le trésorier s'est permis à dépenser une partie de l'argent avec la carte bleue du syndicat. C'est ça si j'ai bien compris.
Dans des hôtels de luxe. Ça c'est la partie financement.
L'autre partie, c'est que Libération notamment a dévoilé plusieurs témoignages. J'en cite un témoignage d'une des fondatrices de ce syndicat lycéen. C'est dégueulasse, on nous a utilisé, on nous a brossé dans le sens du poil, on nous file en plein d'argent, sans contrôle, sans encadrement ni rien. Et aujourd'hui, des mineurs, dit-elle, sont suspectés de détournements de fonds. C'est que Jean-Michel Blanquer est suspecté d'avoir chouchouté un syndicat qui le lui rendait bien.
Oui, enfin... C'est normal. Je ne connais pas de ministre de l'éducation qui puisse manipuler les syndicats. Ceci n'existe pas, quel que soit le degré. En tout cas, vous voyez bien que, oui, cette jeune fille a raison. Quand il y a une subvention à une organisation, il faut un contrôle. Il faut être présent. Mais l'espèce de présentation hyperbolique d'un risque formidable, parce qu'un jeune lycéen a utilisé mal, sans doute, la carte bleue du syndicat, franchement, par rapport au temps de crise que nous vivons, par rapport à ce qui nous attend et à ce qui vient, à ce qui attend tous ces jeunes qui sont là, ça ne me paraît pas du même ordre de grandeur. C'est pas une affaire.
Mais enfin, bon, c'est une anomalie et qui doit être sanctionnée, celle doit être sanctionnée. Et qui doit être tranchée par une commission d'enquête parlementaire,
comme le réclament les insoumis. D'accord. Bon, ça veut dire non, quand François...
Non, vous voyez bien que tout ça est tellement disproportionné. Si on fait une commission d'enquête parlementaire pour des faits qui sont aussi, comment dirais-je, légers, alors c'est que le Parlement n'est plus à sa place. C'est que tout ça, il y a derrière des jeux, qui sont des jeux de syndicat d'un bord contre syndicat d'un autre bord. Alors, moi, je n'ai pas envie de me laisser entraîner dans ce genre de jeu.
Je voudrais, François Bayrou, avant que cet entretien touche à sa fin, consacrer quelques minutes à un grand homme qui vient de mourir, qui s'appelle Daniel Cordier, résistant, si un secrétaire de Jean Moulin. Un hommage national lui sera rendu tout à l'heure dans la cour des Invalides.
À Paris, c'est quelqu'un que vous aviez rencontré ? Oui, que je connaissais bien. Je serais à cet hommage national, parce qu'il y a une histoire qui est formidable. C'est à Pau et dans le péristyle de la mairie de Pau qu'a commencé l'aventure de Daniel Cordier. Il était le jeune responsable d'un mouvement qui est Dieu sait pas de cette inspiration, qui était les Croix de Feu, les Mauriciens. Et il était le responsable des jeunes de ce mouvement qui, à l'époque, était très, très, très, très vigoureux. Et il a été indigné par le discours de Pétain demandant qu'on baisse le drapeau et qu'on cesse le combat. Il a été indigné. Il a réuni 200 jeunes dans le péristyle de la mairie de Pau.
Il avait 18 ans ou 19 ans. Et il les a réunis. Et ils ont décidé de partir en Angleterre. Le soir même, ils se sont embarqués dans des moyens de transport. Ils ont été arrêtés par l'armée. Ils sont repartis le lendemain matin. Ils sont partis à 17. La veille du 18 juin 1940. Et c'est le premier acte de... Ils sont partis les 17 et ils sont allés en Angleterre. Et c'est le premier acte de résistance de la jeunesse française. Et nous avons posé, Daniel Cordier et moi, une plaque il y a 3 ans, à l'endroit même où ce premier acte de résistance de la jeunesse française a eu lieu.
Et je trouve que c'est incroyable qu'une vie de cette ampleur se soit enchaînée à partir d'un mouvement spontané pour dire non à l'inacceptable de la part de jeunes gens qui avaient sans doute d'autres préoccupations et d'autres sensibilités.
Il est la preuve aussi, s'il en fallait une, François Bayrou, qu'on peut changer radicalement pendant sa vie. Encore heureux. Encore heureux. Commencer royaliste, antisémite et finir gaulliste et dans les rangs de la résistance. Merci beaucoup François Bayrou, invité ce matin de France 1. Merci à vous.
François Bayrou