Tout comprendre sur l'ascension puis la chute d'Éric Zemmour à la présidentielle
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteÉludée
Est-ce que Reconquête, c'est un parti raciste ?
- 1:59OuverteRéponse directe
Est-ce que Reconquête va présenter des candidats aux élections législatives ?
- 4:17OuverteRéponse directe
Et comment on explique cette chute, justement ?
- 6:10OuverteRéponse directe
Donc le vote Zemmour, c'est divisé entre Macron et Marine Le Pen ?
- 6:48OuverteRéponse directe
Est-ce que Reconquête va présenter des candidats aux élections législatives ?
- 7:40OuverteRéponse directe
Il y a une union réelle entre vous, Mme Le Pen ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:59PrésentateurChiffre
« On est à 550 candidats investis pour le parti Reconquête »
- 2:59PrésentateurFait
« Le phénomène Zemmour, et en plus, comme tout phénomène, ça intéresse, ça intrigue »
- 4:06PrésentateurChiffre
« Eric Zemmour à 16,5 dans l'IFOP, sondage de 10 000 personnes, Marine Le Pen à 16, Pécresse à 15 »
- 4:47PrésentateurFait
« La première baisse, elle n'est pas enregistrée sur les positions d'Eric Zemmour sur les réfugiés ukrainiens. Elle est enregistrée avant dans les sondages. »
- 5:01PrésentateurFait
« On avait un électorat, qui, justement, c'était notre pari depuis le début, qui allie la bourgeoisie patriote et les classes plus populaires. »
- 6:56PrésentateurChiffre
« On est à 550 candidats investis pour le parti Reconquête »
- 10:00PrésentateurChiffre
« On est quand même le plus grand mouvement jeune de France, que 20 000 personnes. »
- 11:04PrésentateurChiffre
« Nous, on s'est lancé officiellement le parti qui a 125 000 adhérents, 20 000 jeunes, en décembre, début décembre. »
- 13:34PrésentateurChiffre
« On a enregistré 400 nouvelles adhésions à Reconquête »
- 14:14PrésentateurFait
« Il y a la jurisprudence Pécresse. Donc déjà, c'est de faire plus de 5% pour être remboursé, ce que nous avons réussi à faire. »
- 14:39PrésentateurChiffre
« Les premiers sondages sur Zemmour, le premier, c'est 2. Après, c'est 4-5. »
- 15:02PrésentateurChiffre
« Les donateurs pouvaient donner 7 500 euros pour le parti Reconquête. »
- 18:40PrésentateurChiffre
« Bon, très bien, il en fait 15%. »
- 24:35PrésentateurChiffre
« Il avait proposé la prime de 10 000 euros par renaissance en zone rurale. »
- 24:57PrésentateurFait
« Il n'y a pas de service public, donc il n'y a pas de naissance parce qu'on n'a pas envie de faire naître son enfant à la campagne »
Temps de parole
- Présentateur81 %
- Invité politique16 %
≈ 4,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Est-ce que Reconquête, c'est un parti raciste ?
Non. Non ? Moi, je trouve que c'est une question caricaturale. Enfin, pas la vôtre, mais en gros, dire ça... Moi, je comprends pourquoi on peut l'avoir. Je comprends qu'il puisse y avoir des étiquettes.
Créoniste, bonjour. Dans l'épisode de Hipporoï d'aujourd'hui, je reçois Stanislas Rigaud, porte-parole du parti Reconquête et président de Génération Z. Depuis le tournage de notre vidéo, Stanislas Rigaud a officialisé sa candidature au législatif dans la deuxième circonscription du Vaucluse. Avec lui, j'ai parlé du parti Reconquête, de sa fondation, de qui le compose, et quelle est la vision du parti pour le long terme. Stanislas évoque d'ailleurs dans cette interview les inspirations politiques qu'ils ont eues lors de la fondation du parti. Et en vrai, je ne m'attendais pas à ce qu'il me cite les personnes qu'il m'a citées.
Et vous, est-ce que vous pensez que le parti Reconquête a un avenir ? Dites-moi votre avis en commentaire, ça m'intéresse. J'espère que cette vidéo vous plaira. Si c'est le cas, n'hésitez pas à laisser un j'aime, à mettre un commentaire, c'est important pour le référencement. A vous abonner et à activer la petite cloche pour être notifié lorsqu'une prochaine vidéo sortira. Bonne vidéo.
Je crèverai avec une queue dans la bouche. Il faut lui mettre dans la bouche de la nourriture et pas sa bite en fait. Marine Le Pen est une démagose. Si c'était pour le Frexit, pourquoi ils ne vous ont pas élu en 2017 ? Si nous sommes à l'image de la société, dans la société, il y a forcément du racisme. Les médias ont changé. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faut aller chez Cyril Hanouna sur TPMP pour débattre ?
Bonjour Stanislas. Bonjour, grâce à me recevoir. C'est un vrai plaisir de t'avoir ici au crayon pour cet épisode d'Oeil pour Oeil. Je vais commencer cet entretien en te montrant, comme je le fais à chaque fois maintenant pour les Oeil pour Oeil, un extrait vidéo. Et après, je te poserai la première question de cette interview.
Parmi les militants d'Éric Zemmour venu le soutenir hier soir, beaucoup ont du mal à cacher leur déception. Très, très, très déçu, évidemment. Ce chiffre par rapport à l'investissement, par rapport à tout le travail qui a été fait sur le terrain, nous sommes vraiment très, très, très, très, très faibles. Je pense que c'est une grosse claque, mais ces six mois de campagne, c'est décevant.
7% ? C'est le score qu'a fait Éric Zemmour au premier tour de l'élection présidentielle. Pourquoi ?
Pourquoi ? Ça pourrait durer des heures de reprendre tout ce qui a péché dans la campagne, parce qu'Éric Zemmour, d'ailleurs, l'a dit immédiatement, il a sa part de responsabilité. Moi, je pense qu'on a aussi notre part de responsabilité. Chacun, chaque acteur de la campagne a sa part de responsabilité. Ce qu'a dit le jeune homme qui s'exprime dans le reportage de BFM, c'est vrai, c'est qu'il est un peu cruel. On a des gens qui sont investis pendant six mois, sept mois, sans aucun intérêt, qui ont vraiment fait ça, pour le coup, avec âme, avec espérance, etc., qui ont vraiment voulu changer les choses dans ce pays en soutenant Éric Zemmour.
Alors maintenant, pourquoi on a fait un score comme ça ? Il faut rappeler que si on se remémore un peu le fil de cette campagne, il y a, je dirais, trois grandes phases. Il y a la phase où on commence la campagne d'Éric Zemmour avec ses tonitruants, il y a la croise des chemins, on est partout, on impose nos thèmes, il y a le fameux sondage au grand emplacement qui donne 68% des Français favorables, enfin favorables qui croient, qui pensent que c'est une réalité. Le phénomène Zemmour, et en plus, comme tout phénomène, ça intéresse, ça intrigue, et même les gens qui ne sont pas d'accord, en fait, se demandent qui est cet homme qui va se présenter à l'élection présidentielle.
Il y a cette première phase. Après, il y a une deuxième phase qui est scindée en deux, je dirais, il y a une phase où il y a les premières aux difficultés de campagne, parce que les autres rentrent en campagne, pardon, savoir Marine Le Pen, Pécresse, et là, on stagne un peu. Dans cette même deuxième phase, on a la phase avec les ralliements, avec le marché Cannes, avec des beaux événements qui montrent qu'en fait, la campagne deuxième, on n'est pas un feu de paille, mais une vraie, comment dire, alternative, une vraie alternative, pas une alternance d'ailleurs, mais une vraie alternative. Et puis, il y a cette troisième phase où on est le mardi 23 février.
Moi, je me souviens très bien, j'étais à Plohermel en meeting pour Reconquête, on faisait des meetings un peu tout au long de la campagne. On se touche le soir, moi, j'ai au téléphone, je me souviens très bien des journalistes qui me disent, bon, il y a Bellamy demain qui est sur Europe 1. Je fais, ah ouais, nanana, etc. Et nous, on savait, Bellamy, elle annonçait qu'il apportait son parrainage à Eric Zemmour et qu'il allait soutenir Eric Zemmour s'il était aux longtours. Dans le même temps, je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais il y avait l'affaire Douglas avec Pécresse.
Et en gros, les scores, c'est Eric Zemmour à 16,5 dans l'IFOP, sondage de 10 000 personnes, Marine Le Pen à 16, Pécresse à 15, avec l'affaire Douglas et avec un Bellamy qui allait nous soutenir. Donc, il y a une sorte de très bonne phase le mardi 23 février.
Et comment on explique cette chute, justement ?
Et voilà, et justement, on arrive sur cette troisième phase. Et là, il y a la guerre en Ukraine.
Donc, c'est la faute à Poutine ?
Non, pas du tout. Moi, je ne pense pas qu'il ne soit que de la faute de Poutine. Et d'ailleurs, c'est amusant, mais il y a deux candidats qui en ont pâti immédiatement. C'est Pécresse et Eric Zemmour, qui, en plus, on peut au moins s'accorder là-dessus, ont des positions diamétralement opposées, ou en tout cas, dans l'imaginaire collectif des gens, diamétralement opposées. Pécresse, c'est ce qu'on pourrait appeler la bonne élève de cette affaire russe, de cette guerre atroce qu'il y a en Ukraine. Et Zemmour, qui, lui, a été qualifié de mauvais élève par un peu tout le monde. Mais la première baisse, elle n'est pas enregistrée sur les positions d'Eric Zemmour sur les réfugiés ukrainiens.
Elle est enregistrée avant dans les sondages. Pourquoi ? Parce qu'on avait un électorat, qui, justement, c'était notre pari depuis le début, qui allie la bourgeoisie patriote et les classes plus populaires. Et la bourgeoisie patriote, quand il y a une guerre comme ça, elle a un réflexe légitimiste qui est de dire, en cas de guerre, en cas de grosse crise, il y a un patron, c'est le chef de l'État, et on va naturellement se retourner vers lui en cas de crise. Et d'ailleurs, c'est vrai que moi, à titre personnel, moi, je me souviens d'exemple très simple et très concret pour essayer d'illustrer mon propos sur ça.
Quand Poutine rencontre Macron et qu'il y a la table, vous savez, je ne sais pas si vous vous en souvenez, hyper longue, etc., tout le monde se moquait de Macron, etc. Et bien moi, à titre personnel, je voyais surtout le chef de l'État français, le mec qui représente la France internationale, en train de se faire humilier, enfin, un autre chef d'État. Et en fait, moi, mon réflexe, parce que, je ne sais pas, je m'intéresse à tout ça, etc., c'est de me dire, c'est presque humiliant, en fait. Mais du coup, je me place du côté de Macron, d'une certaine façon, et on espère que Macron fera mieux.
Et c'est vrai que notre électorat, du coup, à ce moment-là, et a été, et d'ailleurs, on l'a vu dans les courbes, etc., c'est de nouveau tourné pour certains chez Macron. S'en suit donc une baisse, et puis après, s'installe une mécanique de vote utile avec la menace Mélenchon, qui allait monter, qui était à ça, enfin, il ne faut pas se mentir, il a 400 000 voix d'allosions autour, et beaucoup de nos électeurs se sont dit, OK, Marine Le Pen, ce n'est pas forcément celle qu'on préfère, mais entre Macron, Marine et Mélenchon, Marine, et Mélenchon, Macron, pardon, on préfère quand même largement Marine.
Donc le vote Zemmour, c'est divisé entre Macron et Marine Le Pen ?
On a une part qui est partie chez Macron, pas une énorme part, mais qui nous a juste permis d'enclencher une baisse dans les sondages, et qui, du coup, a après entraîné une mécanique de vote utile. Mais d'ailleurs, les trois gros candidats qui ont fini devant autour des 20, Macron, Marine et Mélenchon, ont tous bénéficié d'un vote utile. Et Mélenchon chez les écologistes, partis communistes et PS, Marine avec l'électorat Zemmourien, et Macron avec l'électorat Pécresse.
Donc il y a eu ces élections présidentielles, premier tour, second tour, Reconquête a soutenu Marine Le Pen, qui n'a pas été élue présidente, c'est Emmanuel Macron aujourd'hui qui est président de la République. Désormais, il va y avoir en juin, très prochainement, les élections législatives. Est-ce que Reconquête va présenter des candidats aux élections législatives ?
Ouais, on va présenter des candidats. Là, pour l'instant, on est à 550 candidats investis pour le parti Reconquête, avec des endroits, par exemple, face à M. Ciotti, face à Mme Le Pen et face à M. Dupoignan, où il n'y aura pas de candidats.
Avec cette idée de rassemblement des patriotes, où je crois que le but de ces élections-là, qui sont en train de se former en trois blocs, je crois qu'on peut au moins tous accorder là-dessus, le bloc mélenchoniste avec l'alliance des gauches qui se met en place, le bloc central, on appelle ça comme on veut, soit des centristes, soit libéraux droite, libéraux gauche, et le bloc national, certains qualifient d'extrême droite, certains de droite nationale, certains de patriote, etc. Et nous, il faut qu'on essaye de s'unir, je pense, si on veut exister. Et c'est pour ça qu'on ne présente pas de candidats symbolisant face à Mme Le Pen, face à Dupoignan et face à la suite.
Il y a une union réelle ? Il y a une union réelle entre vous, Mme Le Pen ?
Justement, c'est tout le souci. C'est que pour l'instant, on n'a pas réussi à faire d'accord avec Mme Le Pen. On n'a pas réussi à en faire, donc c'est dommage, c'est dommageable.
Parce qu'aujourd'hui, la gauche, par exemple, a réussi à s'unir. On a le parti socialiste, là, aujourd'hui, au moment où on tourne cette vidéo, qui a rejoint le parti communiste et la française souïe.
Vous avez raison, et c'est tout notre souci. C'est tout notre souci, c'est qu'on n'a pas pour l'instant réussi à travailler ensemble, à trouver des accords, ce qui, à mon avis, est dommageable. Et dommage et dommageable par la suite. Voilà, maintenant, tant que ce n'est pas fini, il y a de l'espoir. Tant qu'il y a un peu de vie, il y a de l'espoir. Mais on va voir comment ça se passe dans les prochaines heures, prochains jours.
Tu seras candidat, toi, aux élections législatives ?
Normalement, oui. Normalement, oui. En tout cas, moi, ce qui est sûr, c'est que j'en ai envie. C'est-à-dire que, pour plusieurs raisons. Un, parce que c'est l'aboutissement, je pense, d'une année absolument dingue. Pour ma part, je parle juste à titre perso, vous allez voir, j'ai plusieurs raisons. Mais la première raison, c'est que c'est un aboutissement pour moi. J'ai soutenu Eric Zemmour depuis le début. Et j'ai envie de soutenir sa cause et les idées qu'on a pu porter pendant cette campagne. Et en tout cas, cette vision. Donc, j'ai envie de les porter jusqu'au bout de cette aventure. Parce que c'est quand même une aventure en deux temps.
Une présidentielle, c'est l'élection présidentielle en tant que tel. Et les législatives, qui ont une incidence extrêmement importante dans les prochaines années. Deuxième point, un peu moins personnel. Je pense que le but d'une Assemblée nationale, le but de l'Assemblée nationale en France, c'est qu'elle soit représentative. Il n'y a pas de proportionnel. Donc, c'est vrai qu'on a quand même l'impression, et c'était le cas en tout cas en 2017, on verra comment c'est pour cette année, que, mine de rien, quand Marine Le Pen pèse 33% en 2017, et qu'elle est représentée que par 5, 6, 7, 8 députés, et que Macron en a quasiment 400, on se dit quand même qu'il y a des équipes absolument dingues.
Mais au-delà des partis représentés à l'Assemblée nationale, il y a aussi le profil des gens. Et moi, je trouve ça important, par exemple, qu'il y ait un Jean Lassalle... Qui ne se représentera pas, d'ailleurs. Qui ne se représentera pas, en effet, mais qui, en tout cas, à l'Assemblée nationale, a porté un souffle, et je crois qu'on peut s'accorder là-dessus, incarnant la ruralité, incarnant une espèce de tradition française, de folklore, etc. Et je pense aussi que c'est important qu'il y ait des jeunes. Et je crois que, et c'est le but de votre chaîne, c'est d'intéresser les jeunes à la politique, au débat d'idées, etc.
Mais Reconquête, ça parle vraiment à la jeunesse ? Parce qu'aujourd'hui, ceux qui ont voté Reconquête, ce n'est pas les jeunes. Les jeunes ont voté la France Insoumise.
Écoutez, la plus haute chez les jeunes, c'est Marine Le Pen, vous savez. Donc, ce n'est pas la France Insoumise.
Marine Le Pen, mais pas Reconquête, en tout cas.
Et vous allez voir, il y a deux choses. Alors, première chose, on est quand même le plus grand mouvement jeune de France, que 20 000 personnes.
À l'intérieur, dans la structure ?
Bien sûr, mais c'est la preuve qui s'intéresse. Ce n'est pas négligeable quand même de se dire que quand on fait un meeting jeune en 36 heures, on remplit 5 000 places au Paris d'Espoir de Paris en 36 heures.
Mais pourtant, les jeunes ne mettent pas dans l'urne. Il y a des jeunes qui sont dedans, mais qui ne mettent pas dans l'urne. Donc là, on peut se dire,
OK, il y a une partie de la jeunesse, petite, qui soutient Eric Zemmour. Comment on fait pour maintenant agrandir cet arc-là ? Comment on fait pour intéresser de nouveau les gens ? Est-ce qu'il y a eu un vote utile pour Marine Le Pen à la fin ? Oui. Est-ce que parmi ces jeunes qui ont voté pour Marine Le Pen, il y en a certains qui auraient pu voter pour Eric Zemmour ? Moi, je vous réponds oui aussi. Donc, c'est le deuxième point. Et le troisième point, mais moi, vous savez, surtout que la campagne est finie, je n'ai même pas besoin de vous faire de la pseudo langue de bois, de vous dire, oui, tout va bien, Madame la Marquise, on est parfait. Pas du tout.
Moi, je pense qu'on a évidemment plein de choses à travailler sur les jeunes. Je pense qu'il y a évidemment plein de thématiques sur lesquelles on doit travailler. Moi, je pense évidemment qu'on doit faire des efforts sur tout un tas de sujets. Donc oui, l'objectif des cinq prochaines années va être aussi de parler peut-être davantage à la jeunesse, peut-être de les intéresser à d'autres sujets, peut-être d'intéresser ou en tout cas de convaincre les jeunes sur nos thématiques. J'aurais pu en parler tout à l'heure, mais nous, on s'est lancé officiellement le parti qui a 125 000 adhérents, 20 000 jeunes, en décembre, début décembre. C'est une prouesse de dingue.
Ce n'est pas des adhésions où on clique sur un mail en adhérent. Pour les jeunes, c'est 10 euros. Ce n'est pas astronomique sur une année. Il faut quand même prendre le temps de payer 10 euros pour dire « Tiens, j'ai rejoint un parti qui s'est lancé il y a six mois. À ce moment-là, on a 13 % dans les sondages. Il faut en avoir envie. »
J'allais plutôt faire la comparaison avec En Marche et la création d'En Marche.
En Marche, il gagne à la fin.
Du coup, En Marche, la création du parti très rapide et qui a gagné très rapidement. Macron s'est présenté, a été élu, justement, il gagne à la fin. Justement, j'allais te demander si En Marche, c'est un modèle aussi en termes de création de parti qui s'est structuré, pareil, autour de Macron, vous, autour de Zemmour. Est-ce que c'est un modèle, les partis en marche ?
Si je devais, la comparaison est très bonne. Et d'ailleurs, pendant toute la campagne, elle a été très très bonne. C'est-à-dire que c'est vraiment exactement le même processus. Un phénomène naissant, Macron comme Zemmour, tous les deux, autour de septembre, etc. Une candidature à peu près dans les mêmes eaux. Je crois que Macron, c'est mi-novembre, 20 novembre 2016. Et Rizemmour, c'est fin novembre. Donc, c'est quasiment dans les mêmes eaux. Des courbes au début, assez similaires d'ailleurs.
Mais vous en êtes inspiré au sein de Reconquête ? Vous vous êtes dit, En Marche a fait ça à tel moment, tel truc.
On a regardé avec attention. On a regardé comment lui avait fonctionné. On n'a pas évidemment tout copié, mais on s'inspire des choses qui fonctionnent. Et c'est vrai qu'En Marche, factuellement, a fonctionné.
Est-ce que Reconquête va bien aujourd'hui ? Le parti va bien parce qu'il y a eu pas mal de défections après la défaite du premier tour. Je pense à Antoine Diers, Isabelle Muller, Philippe Devilliers. Est-ce qu'il y a d'autres cadres qui sont partis ? Jean Messia aussi qui est parti. Est-ce qu'il y a une fuite aujourd'hui à Reconquête ?
Non. D'abord, je vais revenir sur les cas un peu individuels. Isabelle Muller, elle avait été dans cette campagne chargée des relations presse pour la campagne présentielle. Et son contrat, en fait, se terminait à l'issue de la campagne présidentielle. Donc Isabelle Muller n'a pas souhaité, n'a pas voulu continuer l'aventure. Mais elle n'est pas partie pour un autre parti ou parce que ça se passait extrêmement mal, etc. Jean Messia est redevenu chroniqueur. Donc lui, il pense, et d'ailleurs c'est tout à son honneur, il considère qu'il sera plus utile pour le plan national en faisant de la métapolitique dans les plateaux.
Et Philippe de Villers, je peux vous assurer, surtout ceux qui l'ont au téléphone, peuvent vous assurer qu'il est bien là, encore là, et qu'il prend le temps d'appeler régulièrement Éric Zemmour, Guillaume Pelletier, Sarah Knafo, etc. Donc pas de temps de défection de ça. Et surtout, ce qui est intéressant, c'est qu'après le bruit de toussaint d'Éric Zemmour, par exemple, on a enregistré 400 nouvelles adhésions à Reconquête. Donc on a un parti sain financièrement, 125 000 adhérents, des cadres, avec quand même des cadres de grands talents et qui sont et à la fois des cadres expérimentés et à la fois des cadres d'avenir.
Je prends très simple, mais Guillaume Pelletier, Mario Maréchal, Nicolas Bay, c'est des gens jeunes avec une expérience politique plus que conséquente et qui vont en faire un bien fou au parti.
Tu as dit une phrase que je veux revenir dessus. Tu as dit que vous étiez sain financièrement. Concrètement, Reconquête, c'est un nouveau parti. Qui vous finance et comment on est sain financièrement en étant un nouveau parti ?
Bon, il y a la jurisprudence Pécresse. Donc déjà, c'est de faire plus de 5% pour être remboursé, ce que nous avons réussi à faire. Donc ce qui permet de ne pas être en ruine et de ne pas être endetté. Donc là, ça, c'est déjà carré parce que mine de rien, quand on se lance, il faut se rappeler au mois de juillet dernier, moi et mes potes, d'ailleurs, on m'en parlait. Et les premiers sondages sur Zemmour, le premier, c'est 2. Après, c'est 4-5. Donc c'est un risque au début quand on se lance qu'il fallait assumer. Donc ça, c'est le premier point. Donc on a été remboursé là-dessus. Deuxième point, il y a les adhésions.
C'est-à-dire qu'avec 125 000 adhésions, c'est que les gens payent pour adhérer à Reconquête. Ça leur permet de financer justement tous nos projets, notre organisation, les affiches, le matériel militant, etc. Après, il y a eu, par exemple, pendant l'élection, les prêts que peuvent faire des financiers et les dons. Les dons, c'est-à-dire que, par exemple, les donateurs pouvaient donner 7 500 euros pour le parti Reconquête. Et pour les partis, il me semble, c'est 4 500 euros. Donc on a aussi des donateurs, des gens qui nous donnent pour qu'on continue d'exister et qu'on continue le combat. Donc c'est comme ça qu'on fonctionne.
Et puis après, on a des moyens de financement, mais il faut être honnête, beaucoup moins puissants. C'est, par exemple, quelque chose qui a quand même bien fonctionné chez nous, c'est toute la partie boutique officielle d'Éric Zemmour, les casquettes, les t-shirts, etc. qui nous permettent d'avoir une petite caisse, ou en tout cas, au moins, de continuer ce projet-là, d'innover, de faire des casquettes, toute une boutique pour alimenter un peu le projet.
Et sur les donateurs, est-ce qu'on a des noms ? Des personnes, on sait qu'ils financent ? Ou c'est quelque chose qui est totalement lisible ? Ou on a accès à des... Ou c'est quelque chose d'opaque ?
Il me semble que c'est confidentiel. Il me semble que c'est confidentiel, oui. C'est confidentiel. Après, certains ont dit, certains ont fluité dans la presse. Mais dans l'ensemble, la plupart, et c'est ce qui est très beau, et c'est ce qui nous a animés pendant cette campagne, et ce qui nous oblige aussi à être vigilants sur ce qu'on fait de l'argent de ces donateurs-là. C'est que c'est pas des... Quand on dit donateurs, enfin, je pense d'ailleurs, les gens qui regardent cette vidéo vont se dire, les donateurs, c'est des types, ils sont en Rolex, ils arrivent en Ferrari.
C'est pour ça que je fais cette question, justement, pour le public qui nous regarde.
Bah, exactement. Bah, ce qu'il faut se dire, et je sais pas comment fonctionne le crayon, mais en fait, nous, nos donateurs, c'est beaucoup de gens très simples, et en fait, ils donnent pas les 7500 euros de plafond. C'est beaucoup de gens qui font des dons moyens, qui font des dons, moyens pas au sens péjoratif, mais au sens qu'ils font des dons de 400 euros, qui vont dire, bon voilà, nous, on recevait des chèques au QG de gens qui disaient, voilà, moi, j'ai 65 ans, je suis très fier de voir des gens s'engager pour la France, etc. Voilà, je vous fais un chèque de 400 euros pour l'année. Certains vont donner 50, certains vont donner 600, certains vont donner 2000.
Et en fait, nous, ce qui est fort, c'est pas tant d'avoir des très gros donateurs, on en a, certains, mais c'est vraiment d'avoir une multitude de gens qui donnent une petite somme pour alimenter le projet. Donc, c'est notre grande force, et d'ailleurs, en tout cas, il faut les remercier, parce que beaucoup ont sacrifié de leur argent personnel, surtout en ce moment, pour aider notre projet, pour aider notre projet politique pour la France.
Est-ce que Reconquête, c'est un parti raciste ?
Non. Non ? Moi, je trouve que c'est une question caricaturale, enfin, pas la vôtre, mais en gros, dire ça... Moi, je comprends pourquoi on peut l'avoir, je comprends qu'il puisse y avoir des étiquettes. Je pourrais vous sortir l'exemple, tout simplement, de vous dire, on a des personnes qui sont de couleur, qui sont d'origine maghrébine, qui sont d'origine africaine, etc., mais vous me direz, ouais, mais c'est l'espèce d'avoir un ami noir, etc. Moi, je vous dis juste que, fondamentalement, notre politique ne l'est pas.
Notre politique ne l'est pas, et d'ailleurs, pour moi, le meilleur exemple, le meilleur exemple pour montrer que nous ne sommes pas racistes, que nous n'avons pas du tout cette idéologie-là, il est très simple, c'est de regarder ce qui se passe dans d'autres pays. C'est-à-dire que quand on parle de ce qu'on propose pour la France, les gens disent, mais c'est un truc de dingue, vous êtes hyper dur, vous êtes hyper ferme, et quand on regarde ce qui se passe dans d'autres pays, ah ben ouais, mais en fait, c'est ce que beaucoup font. C'est, par exemple, les pays, en plus souvent, en Algérie, par exemple, cette idée de fermeté et d'identité nationale très forte, elle est présente.
Mais du coup, quoi, Reconquête s'inspire du modèle algérien ? Non, mais en fait, c'est pareil aux Etats-Unis, c'est pareil en Hongrie, c'est pareil dans tout un tas de pays. D'ailleurs, en fait, la réalité, c'est pas plutôt que nous, nous nous aspirons d'un seul pays, c'est que la France a un peu une sorte de... Il y a d'autres pays occidentaux qui sont comme ça, mais ont une sorte de spécificité, d'espèce de laxisme sur tout un tas de sujets. Il y a des choses qui sont, par exemple, aberrantes. Je me rappelle, par exemple, Macron, il a accordé un interview à Valeur Actuelle.
Il accorde son interview, très bien, bon, on va pas se mentir, enfin, il fait de la séduction pour un électorat plutôt de droite quand il s'adresse à Valeur Actuelle. Et il dit, voilà, moi, mon objectif du mandat, c'est de réaliser toutes les OQTF. OQTF, c'est l'obligation de quitter le territoire français. Bon, 100%. Évidemment, 100%, on peut dire, bon, s'il en fait 90, c'est déjà énorme, et c'est pas non plus... Le chiffre parfait n'existe pas. Bon, très bien, il en fait 15%. Bon, OQTF, c'est pas un truc illégal, c'est pas un truc que propose Éric Zemmour. Mais par contre, nous, avec Éric Zemmour, on se serait attelé à réaliser les 100% d'OQTF réalisés.
Mais donc, si quelqu'un tient des propos racistes au centre de conquête, il a sa place ? Il n'a pas sa place ? Bah, si ses propos sont condamnables, il n'a pas sa place. Mais vous... Non, non, mais...
Non, mais c'est hyper intéressant, parce que moi, je vois tout ça vraiment d'un regard... Et en plus, d'autant plus que j'ai vu comment fonctionnait un peu le monde médiatique, le monde des réseaux sociaux. Et je crois qu'il n'y a rien de pire que ces espèces d'emballements parce qu'on sort quelque chose de son contexte et on en fait un truc de dingue. Et en réalité, je pense qu'il faut rester prudent sur tout ça, rester lucide, rester lucide et calme sur tous ces faits-là et pas tomber justement dans une espèce de caricature qui, en fait, font mal à beaucoup de gens.
Et moi, quand je vois, par exemple, toutes ces personnes qui, elles, pour le coup, sont de couleur noire, et d'ailleurs, preuve en est, tant dit David, qui est, par exemple, de couleur noire, ou d'autres, ont soutenu Éric Zemmour, c'est pas un souci. Et d'ailleurs, le but, par exemple, de la politique profonde d'Éric Zemmour, c'est l'assimilation. Il n'y a rien de moins raciste, pardon, que l'assimilation.
C'est de sa faute. Attends, Guy David, il est parti. Enfin, c'est de son propre chef. C'est pas Reconquête qui l'a écarté.
Bah, je sais pas. Moi, j'ai cru comprendre que c'est lui qui partait.
Est-ce qu'on n'a pas peur, quand on est un parti à droite, avec des propos identitaires, enfin, l'idée, voilà, c'est qu'on se ressente sur les racines françaises, etc. Est-ce qu'on n'a pas peur que ces dérives-là, justement, puissent, même si aujourd'hui, selon toi, il n'y a pas de racisme dans le parti, est-ce que c'est pas un risque qu'un parti de droite, que certains considèrent d'extrême droite, dérive, justement, vers du racisme ?
Bah, non, on dérivera pas. Parce que c'est aussi pour ça, tout à l'heure, je vous parlais du fait que dans les prochaines années, dans les prochains mois, on va essayer de, justement, se structurer, et notamment intellectuellement, de continuer à approfondir tout un tas de sujets, d'ailleurs, qui sont liés à l'identité, et d'autres beaucoup moins, c'est-à-dire qu'on peut en parler, moi, un sujet qui me paraît extrêmement important, c'est la ruralité, c'est le lien social, notamment en ruralité, qui est un sujet, à mon avis, très, très important, et qui va avoir de plus en plus d'importance.
Bon, très bien, mais nous, on est vigilants là-dessus, c'est-à-dire que les gens qui dirigent ce parti, soit le bureau édictif, que ce soit Éric Zemmour, ne le sont pas. Donc maintenant, nous, notre travail, et c'est pour ça qu'on peut former aussi politiquement et intellectuellement nos militants, nos adhérents, c'est pour qu'il n'y ait pas cette dérive-là.
Encore une fois, des brebis galeuses, des gens, soit ultra-extrémistes, soit qui profitent de notre parti pour rentrer et avoir des propos standaleux et mettre le bazar, deux choses, non seulement ça existe, ça peut exister en tout cas, et surtout, deuxièmement, et c'est pour moi le point le plus important, est-ce que nous, à un seul moment, on a intérêt à voir ça ? C'est-à-dire que moi, je me mets, mettez-vous à ma place une seconde, moi, je ne suis pas de parole du parti, est-ce qu'à un seul moment, je me dis, tiens, si on avait deux espèces de mecs ultra-racistes qui venaient dans le parti, ça nous permettrait de faire telle ou telle chose ? Non, absolument pas.
C'est des énormes handicaps, la preuve, ça nous oblige à en parler, ça nous oblige à répondre à des questions là-dessus, donc c'est des vrais handicaps. Donc comprenez bien que moi, dans ma position, j'ai tout sauf intérêt à avoir des personnes qui dérivent. Donc c'est pour ça que nous, on est vigilants là-dessus, mais au lieu d'être vigilants pour faire une police et être dans une position de surveillance totale, on veut plutôt faire les choses dans l'autre sens et dire, voilà, nous, si vous rejoignez Rilzemo, c'est pour ce projet-là. Et ce projet-là, en aucun cas, nous ne le considérons comme raciste.
C'est quoi la vision politique de Reconquête, ou même la tienne, à titre personnel, dans 10 ans, 20 ans ?
C'est compliqué sur 20 ans, parce que c'est vrai qu'il y a quand même un côté absolument dingue qui est à la fois passionnant et qui est en même temps terrifiant, c'est la vitesse à laquelle vont les choses. On serait croisés au mois de novembre pour cet entretien, vous m'auriez parlé, j'en sais rien, de la situation internationale, je vous aurais dit, bro, c'est pas un grand sujet, cette élection présidentielle, on serait vus il y a 3 ans, 2019, vous m'auriez dit, oui, vous pensez que le sanitaire, on pourrait avoir une grosse crise, je vous aurais dit, bravo, non, mais aujourd'hui, on est très bien sur la médecine et tout.
Donc il y a quelque chose dans ce monde qui est particulièrement, je vous dis passionnant et terrifiant, mais qui est, qui est, qui est tout, tout, tout prend une ampleur à une vitesse folle, et d'ailleurs, il y a un côté, notamment dû à l'ultra, l'ultra connexion entre tous les pays du monde, tous les gens du monde, etc. Ce qui fait que c'est compliqué, je pense, d'avoir une vraie vision, enfin, en tout cas, de se projeter sur 10, 20 ans. Pour autant, nous, si on devait se projeter là-dedans, je pense qu'il y a plusieurs enjeux.
Il y a un enjeu, je pense, identitaire, c'est-à-dire que la France, c'est un pays avec une vraie identité, qui a 1500 ans, qui a une histoire, qui a des racines, qu'il faut respecter, et il y a un enjeu, je pense, culturel extrêmement important.
C'est-à-dire que, et pour reprendre la phrase de Solzhenitsyn, on se remet d'une crise économique, on se remet pas d'une crise identitaire, c'est-à-dire qu'on peut perdre ce qu'il y a de plus cher, et pour certains, d'ailleurs, c'est totalement immatériel, c'est-à-dire que l'attachement qu'on a, par exemple, à sa jeunesse, ou que nos grands-parents peuvent avoir à leur jeunesse, où ils étaient dans le petit village de leur enfance, avec le boucher du coin, le bistrot du coin, etc., concrètement, ils ont du mal à le matérialiser, ça. Pourtant, c'est quelque chose auquel ils sont fondamentalement attachés.
Les squads de Marseille, avec les mafias ou gangs, on appelle ça comme on veut, nigériens, et ben ça, pardon, c'est pas de la culture française. Ça, c'est pas de la culture française. Non, mais en l'occurrence, ces gens-là imposent leurs us et coutumes sur un territoire qui est français. Et là, c'est un problème. Par exemple, des endroits où il y a la charia qui est imposée, c'est un problème. Pour moi, par exemple, je vous le dis, le burkini, ce n'est pas de la culture française. En fait, il y a des choses où on n'a même pas besoin de restaurer, on n'a même pas besoin de remettre en place de nouvelles choses, d'innover.
Il y a le respect, et empêcher que certaines choses dégradent notre culture française. Moi, je vous le dis, le burkini, c'est quelque chose, un objet qui, à mon avis, est politique, bien sûr, et qui ne correspond pas à notre identité française. Donc ça, c'est le premier volet, l'identité. Deuxième volet, moi, c'est un volet qui me tire à cœur, c'est toute la question de la ruralité. C'est-à-dire qu'on a, je crois, délaissé beaucoup ce volet-là. C'est pour ça que nous, par exemple, avec Éric Zemmour, il avait proposé la prime de 10 000 euros par renaissance en zone rurale. Bon, ben typiquement, je crois que c'est un peu quelque chose de très vertueux.
C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il n'y a pas de service public, donc il n'y a pas de naissance parce qu'on n'a pas envie de faire naître son enfant à la campagne si on se dit que quand le gamin naît, tu n'as pas de crèche, tu n'as pas d'école, tu n'as pas de transport en commun pour aller à l'école, tu n'as pas de poste, tu n'as pas de bureau de tabac, tu n'as pas de bar, tu n'as pas de commerce, etc.
Et ben moi, je pense qu'à long terme, un des vrais, vrais, vrais enjeux, ça va être de se dire que les villes sont blindées, on est obligé de construire des barres d'immeubles, des logements sociaux, et qu'en parlant souvent de pauvreté, etc., il n'y a rien de pire que l'entassement de populations au même endroit qui créent des situations dramatiques humaines. Bon, ben, on a des zones rurales en France totalement délaissées, je crois que chacun a fait l'espérance en prenant la route de s'arrêter dans un village et de voir que boucherie fermée, boulangerie fermée, bureau de tabac fermé, et je crois que ça, c'est un des enjeux aussi, de se dire qu'on va essayer de revitaliser ces endroits-là.
Moi, je pense que c'est un vrai enjeu pour plus tard, et d'ailleurs, qui est en plus lié à un autre enjeu, qui je crois est cher à beaucoup de personnes de notre génération, à tous les deux, c'est l'écologie. Et je pense, bon, le fait de revenir à des circuits courts, à des choses très simples et très concrètes de la vie quotidienne, c'est aussi un moyen de lutter contre les problèmes que l'on peut rencontrer dans les prochaines années sur l'écologie.
Attention, je précise, je ne dis pas que ça va changer le cours du monde, mais juste que, par exemple, se dire que les Français, qui sont obligés de faire, mais quand je dis les Français, juste ma simple et gentille mère, mais quand elle est obligée de prendre sa voiture, faire 25 minutes de route pour aller au supermarché, et refaire 25 minutes de route pour revenir au supermarché, ben, ça fait une heure de trajet en tout, quasiment, juste pour faire des courses, dans un supermarché construit, ignoble, où tout le monde est obligé de prendre sa voiture pendant 10 km.
Eh bien, pour le pouvoir d'achat, ce n'est pas bon, pour l'écologie, ce n'est pas bon, avec des zones rurales, avec de nouveau une certaine vitalité, une certaine force, là, ça devient plus intéressant, et au lieu d'y aller en voiture, on peut y aller à pied, ou on prend la voiture, mais pour 5 minutes. Donc voilà, des choses concrètes, et moi, en tout cas, c'est quelque chose qui me... Je ne dis pas, en plus, ce dont Erisemo va vous parler demain, mais moi, à titre perso, c'est quelque chose qui me tient à cœur.
On arrive à la fin de cet entretien. Je vais te poser les deux dernières questions qu'on pose à tous nos invités.
Oula, j'aurais dû vous regarder plus attentif.
Est-ce qu'il y a quelqu'un que tu souhaiterais voir, ici, à ta place, pour un prochain épisode d'Épourreuil ?
De passionnant, et pour vos auditeurs, et pour vous, ce serait Patrick Buisson, je pense, profondément, parce qu'il est, je crois, que c'est l'un des hommes les plus brillants, et en tout cas, c'est peut-être l'homme qui m'a le plus impressionné dans mes rencontres. Je vous dirais Patrick Buisson, parce qu'il a un fond absolument dingue, et qu'il est aujourd'hui, en plus de ça, « retiré » de la vie politique active, ce qui ferait que ça pourrait vous faire un entretien plus que passionnant.
Très bien.
Évidemment, Erisemo aussi, mais je vais essayer d'être un peu original et de sortir des carcans.
On recevra les deux, en tout cas, avec plaisir. Est-ce qu'il y a une phrase qui t'accompagne au quotidien ? Quelque chose que tu voudrais laisser ici, que tu voudrais que les gens s'en souhaitent ?
Ouais, moi, j'en ai deux. J'en ai deux. Il y en a une qui est un peu une devise, mais en tout cas, que j'apprécie, c'est « à cœur vaillant, rien d'impossible ». Je pense qu'il n'y a rien de plus beau que l'espérance et l'envie de se battre, et qu'il n'y a rien de plus respectable que des gens qui se battent pour des idées, même si on n'est pas nécessairement d'accord avec.
La devise de Jacques Coeur.
Exactement, qui est pour moi une phrase qui me tient à cœur. Il y en a une deuxième, et qui est un peu un clin d'œil pour mes amis qui ont eu dans cette vidéo, c'est la phrase de Saint-Paul, « L'espérance ne déçoit jamais ». Toujours dans cette même visée. Et puis une autre phrase, que j'ai découverte en lisant André Gide et son journal des faux-monnailleurs. Vous savez, il a écrit les faux-monnailleurs, et en parallèle de ça, il relatait l'évolution de l'écriture de son livre. Et à un moment, il écrit cette phrase, « Si ce n'est pas toi, qui feras ? Si pas maintenant, quand seras-ce ?
» Et je pense que c'est l'idée pour tous les jeunes qui se posent des questions, qui regardent un peu ce monde mouvant, et qui se disent, « Mais concrètement, à quoi je sers dans cette société ? À quoi puis-je être utile ? » Et bien en fait, il n'y a pas vraiment de bon moment. C'est-à-dire que si toi, tu ne le fais pas maintenant, personne ne le fera peut-être à ta place. Et d'ailleurs, ce n'est pas que politique, mais si demain, toi, tu as une idée de génie en me disant, « J'ai une idée pour révolutionner, je ne sais rien, sur le plan énergétique, écologie. » Et tu dis, « Ouais, non, ce n'est pas pour moi. » Si toi, tu ne le fais pas, peut-être que personne ne le fera.
Et quand seras-ce, c'est parce que si tu attends, peut-être que quelqu'un justement prendra ton idée, et tu ne pourras pas le faire. Et je pense qu'il n'y a rien de le meilleur moment pour se lancer. C'est le moment où on a décidé d'y aller. Donc voilà, c'est les trois petites phrases que j'apprécie et qui me bercent dans mon quotidien.
Merci beaucoup, Stanislas.
Merci à vous.
Cet épisode de Pourœil est terminé. J'espère qu'il vous a plu. Si c'est le cas, n'hésitez pas à vous abonner, à activer la petite cloche pour être notifié lorsqu'une prochaine vidéo sortira, à mettre un j'aime et à nous laisser votre avis en commentaire. Ça nous intéresse. C'était Antonin pour Le Crayon. Salut.