Le grand Rendez-Vous -avec Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France
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Europe 1. 10h-11h. Le Grand Rendez-Vous Europe 1, CNews, Les Echos.
Pierre Devineau.
Et merci d'être fidèle au Grand Rendez-Vous Europe 1, CNews, Les Echos. Bonjour Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour Pierre Devineau. C'est votre Grand Rendez-Vous ce dimanche, vous êtes le président de Debout la France, vous avez retrouvé votre mairie de hier, dans l'Essonne en mars dernier, élu à 79,84% et vous venez de publier chez Fayard 2027, La liberté ou la mort, à titre choc, programme choc, que vous révélez à la fin, page 269 du livre.
Ça ne veut pas dire qu'il faille y aller directement, car entre-temps dans le livre vous posez le diagnostic du pays, au détour d'anecdotes vécues avec des hauts responsables politiques, vous dénoncez ce qui aurait pu être considéré comme des scandales d'État, mais qui, sous couvert des politiques menées, notamment vis-à-vis de l'Union Européenne, ont été présentées, on va dire, autrement. Dans une France impuissante, une économie à l'os, vous dessinez une trajectoire possible, mais qui nécessite à tout le moins des compromis, si ce n'est des sacrifices.
Vous voulez toujours à terme une sortie de l'Union Européenne, le tout dans un climat politique de ras-le-bol, et paradoxalement, dans lequel une quinzaine de présidentiables se déclarent, alors que les Français sont très très inquiets, voire très pessimistes. Pour vous interroger ce matin, Clémence Lemestre des Échos. Bonjour Clémence. Bonjour. Et Mathieu Bocoté. Bonjour Mathieu. Bonjour.
Je commence à dessin cette émission en évoquant, on reviendra aux polémiques de la semaine tout à l'heure, en évoquant la fin de votre livre, car cette partie qui, en réalité, est votre programme présidentiel pour 2027, ramenée sur 20 pages, nous permettra ensuite, justement, d'évoquer tous les sujets d'actualité. Après un diagnostic, je le disais, de l'État de la France, la restitution de conversation que vous avez eue, page 269, à travers un nouveau président fictionnel, qui arrive et qui prend la parole en 2027, et qui donnerait, selon l'expression, un coup de pied dans la fourmilière.
Ce coup de pied, beaucoup de Français le veulent depuis des décennies, mais pourquoi on ne l'a toujours pas fait, ce coup de pied dans la fourmilière ? Ça paraît, quand on vous lit, assez limpide, en fait.
Mais parce que je raconte dans le livre, et j'ai écrit ce livre, comment ? Pour, en fait, réfléchir moi-même à ce que j'avais vécu pendant plus de 20 ans, à cette démission de tous ces pouvoirs politiques que j'ai côtoyés. J'ai écrit ce livre pour essayer de comprendre, en fait, en reprenant pas à pas ce naufrage. Et pourquoi ? Pour répondre à votre question, tout simplement parce que nos dirigeants politiques, qu'ils soient de gauche ou de droite, ont abandonné dans leur tête. Ils ont abandonné. Mais quand ?
Au fur et à mesure du temps, je raconte Nicolas Sarkozy, qui est élu triomphalement, et qui se couche devant l'Allemagne et l'Union Européenne, et qui bafoue le vote des Français de 2005. Avec le traité de Lisbonne. Avec le traité de Lisbonne, ce qui est le début d'une coupure terrible entre le peuple français et ses élus. Et puis je raconte ensuite François Hollande, qui théorise l'impuissance. Et puis ensuite je raconte Macron, qui en fait, lui, liquide l'idée même de la France. Et passe à la souveraineté européenne, qui est fictive pour moi. Et je raconte tout ça concrètement. Pourquoi ? Pas pour désigner des cibles.
Simplement pour que les Français, en lisant mon livre, comprennent que le problème est psychologique et presque mental. Quand nos dirigeants abandonnent et gouvernent contre le peuple français. Contre le peuple. Qu'ils méprisent à ce point le suffrage universel. Par exemple, l'immigration, refus systématique d'un référendum. Mais même tout récemment, le Parlement vote la suppression des ZFE. Vous savez les ZFE, ces zones d'exclusion des automobilistes en ville. Eh bien, le gouvernement fait tout pour essayer de faire annuler par le Conseil constitutionnel.
C'est-à-dire que le problème de fond pour moi, préalable même à la soumission à l'Union Européenne, c'est que depuis 30 ans, les gouvernements systématiques croient faire le bien des Français malgré eux. Et on ne peut pas gouverner contre un peuple. De Gaulle avait compris, mais la Vème République, c'est justement le pouvoir du peuple pour débloquer le pays.
Vous nous avez donné deux repères temporels. D'abord, vous avez dit Sarkozy, une vingtaine d'années. Mais en fait, quand on vous lit, ça recommence. C'est antérieur. Le moment de bascule à vous lire, c'est finalement le moment Philippe Seguet. Oui, les années 90. Voilà, au début des années 90, la France aurait pu à quelques reprises prendre une tout autre trajectoire. Et elle ne l'a pas fait. Et votre parcours, en quelque sorte, c'est que vous avez accompagné cette trajectoire parallèle plutôt que celle de la caste dirigeante.
Oui, j'étais l'ami de Philippe Seguet. Je l'ai servi tout jeune, avec total engagement. Et il a calé. Et je raconte d'ailleurs comment il a calé. Comment, vis-à-vis de Jacques Chirac, il a vu que Jacques Chirac allait tout abandonner. Sauf heureusement le courage sur l'Irak. Et Philippe Seguet est mort de chagrin. Et je l'explique dans le livre. Mais ce qui est très intéressant pour moi, il faut comprendre ça pour pouvoir maintenant résoudre les problèmes. C'est pour ça que j'ai écrit ce livre. C'est parce qu'un problème, j'avais une institutrice étant jeune, un problème bien posé est à moitié résolu.
Tant qu'on n'a pas compris que depuis 30 ans, on gouverne contre le peuple, on soumet le pays, on le déresponsabilise totalement, et cette classe politique a donné le volant, elle est passée sur le siège du passager. Elle a donné le volant à des institutions non démocratiques, corrompues, bruxelloises, qui dirigent le pays.
Elles sont démocratiques, les institutions de Bruxelles. Non. Il y a des votes qui ont été faits pour les traités de Bruxelles. Il y a un traité qui a été signé en 1993, il y a eu d'autres traités qui sont signés tout à l'heure. Est-ce que vous diriez aujourd'hui, je comprends très bien votre point de vue sur la constitution européenne, je reviens sur Nicolas Sarkozy. Est-ce que d'ailleurs Nicolas Sarkozy, au moment où effectivement il fait re-voter, est-ce qu'il n'est pas déjà trop tard, ce que disait Mathieu ? Est-ce que la matrice est déjà tellement énorme qu'il n'a pas d'autre choix que de faire voter pour être dans l'Europe ?
Qu'est-ce qu'aurait été la France sans la constitution européenne et sans le traité de Lisbonne ? Elle aurait été un îlot que vous dessinez d'ailleurs dans le livre. Est-ce qu'on aurait pu tenir face à une Europe qui aurait été justement avec, comme vous le dites d'ailleurs, liguée avec, puisque vous utilisez le mot liguée, avec les Etats-Unis et la Chine ?
De quoi parle-t-on ? Il y a eu une Europe avant l'Union Européenne, post-Lisbonne.
Avec du libre-échange et sans Union. Il y a eu la communauté européenne.
Il y a eu une belle Europe qui a marché. Chacun avait ses frontières, sa monnaie, ses lois. Et il y a eu la réconciliation franco-allemande. Il y a eu les 30 glorieuses françaises où la France avait la liberté de manœuvre et coopérait avec ses voisins. Il y a eu une Europe qui n'est pas trop nombreuse, où il y avait une politique. Donc, c'est faux de dire que refuser la soumission à une Europe technocratique, bureaucratique, soumise à la Chine et aux Etats-Unis, totalement impuissante, refuser ça, ce n'est pas s'isoler des autres. C'est ça la grande confusion. Et c'est contre cela que je me bats depuis tant d'années.
Et je pense que les Français, aujourd'hui, à mesure qu'ils sont étouffés par cette Europe-là, commencent à comprendre. Je vais vous donner un exemple. Il y a deux exemples. Un, sur l'économie. Le Mercosur. Toute la classe politique française reconnaît que ce Mercosur va tuer notre élevage, notre agriculture, nos paysages, nos campagnes. Tout le monde le reconnaît. Il n'y a pas que moi. Et ils se couchent tous. Ils acceptent. Parce que nous sommes minoritaires. Et vous avez un président qui a dit un coup oui, un coup non sur le Mercosur. Qui s'est écrasé. Et parce que la France a été minoritaire. Parce qu'elle a accepté. Et c'est ancien, c'est Chirac qui l'avait accepté.
Elle a accepté dans un traité que les questions agricoles ont perdu le droit de veto. À partir du moment où on a abandonné le droit de veto sur des questions fondamentales, on est devenu actionnaire minoritaire. Et plus on a élargi le système, plus nous sommes minoritaires. Donc, une majorité d'États prennent des décisions contre nos intérêts vitaux. Un autre exemple.
Je finis. La France est affaiblie qu'elle n'arrive plus à s'imposer à Bruxelles. Si la France était en bonne santé économique, elle serait bien plus écoutée à Bruxelles. Et donc, c'est aussi un jeu entre les 27. Et quand vous dites que si la France était toute seule, le marché unique, ça permet quand même de vendre les produits qu'on produit, de les vendre pas chers. Ce n'est pas que négatif le roche en fait.
Je viens de vous expliquer qu'il y a une Europe qui a marché, c'était un marché, des règles, mais chacun gardait sa liberté de manœuvre. Donc, je ne refuse pas ça. Je dis juste qu'à partir du traité de Lisbonne, à partir d'un virage qui a commencé déjà à Maastricht, on est passé dans un système supranational qui joue ouvertement contre les intérêts de la France, que nos dirigeants politiques se sont couchés au fur et à mesure du temps, se sont mis en minorité et qu'aujourd'hui les Français le payent très durement parce que nous ne sommes plus capables de résoudre nos problèmes avec ces règles-là. J'ai parlé du Mercosur, l'immigration. Le gouvernement espagnol régularise 500 000.
Bon, même Bruno Retailleau, qui défend cette Europe-là quelque part, même Bruno Retailleau dit qu'il faut mettre... Je lui oppose, vous êtes juste. Ce n'est pas le plus eurolatme. Ce n'est pas le plus eurolatme, mais enfin, il reçoit toujours Manfred Weber, il est dans le PPE, etc. Mais même lui, il reconnaît, il dit qu'on ne peut plus jouer, il faut mettre au banc l'Espagne. Mais si vous jouez dans ces règles...
Mais c'est au banc aussi l'Italie ?
C'est Retailleau qui dit combien ? Mais si vous, ça veut dire quoi ? C'est la preuve, par l'exemple, qu'un pays qui ne maîtrise pas ses frontières, qui ne maîtrise pas son droit, ne pourra pas résoudre le problème migratoire. C'est simple, on en a la preuve. Et ce que j'ai voulu dans ce livre, et c'est la partie 2 qui s'appelle Indépendance, la première partie s'appelle Démocratie, parce que c'est la base de tout. Ensuite, Indépendance. Pourquoi ?
Parce que si on ne retrouve pas notre liberté de manœuvre, minimum, nous ne pourrons pas résoudre notre problème agricole, notre problème industriel, notre problème énergétique, notre problème migratoire, notre problème sécuritaire, puisque nous sommes sous l'influence de la cour de justice.
Il n'y a pas d'autre moyen que la sortie de l'Europe ?
Alors, c'est la question que je me suis posée longtemps. Vous posez la question, je pense, le cœur de la question.
Parce que les Polonais, par exemple, et vous en parlez, ils sont sortis de la zone, enfin, ils ne sont jamais rentrés dans la zone euro.
Alors, vous posez la question clé. Longtemps, je me suis dit, il suffit de changer le syndic de copropriété, de l'immeuble. On a enlevé les portes, les fenêtres, c'est un squat géant, il y a des charges abominables. Et je me suis dit longtemps, en 2019, j'ai fait campagne européenne, moi je vais être franc, en disant on va changer le syndic. Mais aujourd'hui, je vois qu'on est passé à une autre phase, c'est-à-dire mesure liberticide contre les Français, fuite en avant vers la guerre. Et qu'aujourd'hui, si on ne se dégage pas, et qu'on ne sort pas, et que ça sera l'enjeu de la présidentielle, eh bien, nous ne résoudrons jamais nos problèmes.
Et vu que la France fonce vers un mur, je dis, quand on fonce vers un mur et qu'on est sur le passager, sur le siège passager, eh bien, on reprend le volant.
Une première pause, Nicolas Dupont-Aignan, et on revient dans un instant au Grand Rendez-Vous, à tout de suite. Retour sur le plateau du Grand Rendez-Vous avec Nicolas Dupont-Aignan, et pour son livre, 2027, la liberté ou la mort, titre choc chez Fayard, avant de reprendre sur l'Europe, parce qu'il se pourrait que Jean-Luc Mélenchon s'officialise pour la candidature à la présidentielle 2027, puisqu'on était dans l'hypothèse d'un président fictionnel, enfin, pas si fictionnel que ça, puisqu'il est devant moi.
C'est Nicolas Dupont-Aignan qui imagine prendre la parole devant les Français en disant, il faut, comment dirais-je, remettre l'église au milieu du village, et remettre surtout un pilote dans l'avion. Quand Jean-Luc Mélenchon, au 1er mai, dit, nous sommes aujourd'hui à moins d'un an du deuxième tour de l'élection de 2027, moins d'un an, les petits amis, et dans moins d'un an, on y va, les chaussures de marche, les stylos pour le porte-à-porte. Qu'est-ce que ça donne, un Jean-Luc Mélenchon, en 2027, président ? Quel est l'état de la France avec Jean-Luc Mélenchon, président Nicolas Dupont-Aignan ?
Un cauchemar, voilà. Un cauchemar, et c'est pourquoi il faut se battre.
Mais dans le détail du cauchemar. Je ne veux pas lui faire de la pub.
Sur la question, repère. Non, mais c'est intéressant. C'est intéressant de savoir comment fonctionne la France avec Jean-Luc Mélenchon.
Je n'ose même pas l'imaginer, parce que vous connaissez très bien ce qu'il propose.
Mais ce qui m'intéresse, c'est votre point de vue, Nicolas Dupont-Aignan.
Mon point de vue, c'est clair, un cauchemar, et il faut se battre. Et c'est pour ça, d'ailleurs, je ne crois pas que, je pense que Jean-Luc Mélenchon se nourrit de l'impuissance publique, de la disparition du politique, de la disparition de l'espérance, de l'espérance politique, de ce marigot, de ce marécage politique. Parce qu'il faut reconnaître que c'est un tribun, il faut reconnaître que c'est une personnalité.
Il y a une espérance politique en sa personne, en l'occurrence, il y a un vote en sa personne.
Mais bien évidemment. Et pourquoi ? Parce que les autres ont tout abandonné. Parce que les autres sont les gestionnaires d'un système qui est en train de mourir.
Mais est-ce que votre analyse n'est pas un peu datée sur Mélenchon ? C'est-à-dire, vous nous le présentez comme un populiste d'avant-hier. Est-ce qu'aujourd'hui, Mélenchon, ce n'est pas l'espoir de la Nouvelle France, l'espoir des mouvements décollés ? C'est la guerre civile. L'espoir de ceux qui considèrent aujourd'hui que la France doit changer de composition démocratique.
Mais parce que Jean-Luc Mélenchon est très cynique, il a remplacé les classes laborieuses et les ouvriers par l'immigration. Et il en fait un pied d'estal.
Vous croyez que c'est le cynisme ?
Vous n'avez pas l'impression que c'est une forme de passion révolutionnaire ? Vous dites que c'est la guerre civile. Est-ce que vous êtes sûr que c'est la guerre civile ? Parce que pour qu'il y ait guerre civile, il faudrait qu'il y ait des opposants. Il faudrait que le peuple se soulève contre, justement, l'élection de Jean-Luc Mélenchon.
La question n'est pas simplement de faire de Jean-Luc Mélenchon un épouvantail. Il n'a pas besoin de nous pour être l'épouvantail, par ses prises de position, etc. La question est de bâtir une alternative. Mais ça, j'entends bien. C'est ça l'enjeu. Donc moi, je n'ai pas envie de parler. Parce qu'il est très fort pour ça, pour faire parler de lui. Pendant ce temps-là, on parle de lui. Et puis moi, on ne parle pas de moi ou d'un autre. Ou d'une autre. En l'occurrence, c'est vous qui parlez. Non, je sais. Mais ce que je veux dire, c'est que moi, je n'ai pas envie de me déterminer matin, midi et soir, par rapport à Jean-Luc Mélenchon, pour une raison très simple.
C'est qu'il va avoir assez de temps de parole. Et que je crois que plus on le cible, plus il se grandit. Donc, tout le monde sait qu'il est dangereux. Beaucoup de Français le rejettent. Et ce qui est important, c'est de ne pas avoir une élection présidentielle simplement de rejet. Parce que vous remarquerez que si on en est là, le pays, c'est parce qu'on a eu des choix de rejet. Et jamais de choix d'adhésion. Et moi, ce qui m'intéresse, c'est un choix d'adhésion patriote, de l'impération du pays.
Dernière question sur Jean-Luc Mélenchon. Ensuite, on repasse sur votre eu. Il y en a pas la question européenne. Si Jean-Luc Mélenchon est élu président, c'est la révolte ou c'est Courage Fuyon ? J'en sais rien. Ça voudrait dire...
Vous-même, vous faites quoi ? Mais moi, je ne vais pas fuir. Jamais je fuirai mon pays. Enfin, attendez, vous plaisantez. Non, je vous pose la question. Vous me voyez en exil ? Jamais. Il faut combattre.
Mais il vaut mieux combattre avant qu'après, en général. Mais prenons la présidentielle à partir d'un autre angle, le rapport à l'Europe. Donc, vous nous dites, l'Europe, dans votre livre, l'Europe a changé de nature. C'était une logique d'anéantissement relatif des États, d'encadrement des États, de neutralisation des États, des nations. Vous dites là, elle porte aujourd'hui une étape de plus. Elle s'en prend directement aux individus. Elle cherche à mettre en place un nouveau modèle, notamment autour de tout ce qui est numérique et ainsi de suite. De quelle manière, pour vous, l'Europe a changé de nature ces dernières années ?
Et pourquoi vous inquiète-t-elle autrement aujourd'hui que dans les années 90 ? Parce que j'ai changé d'avis.
Pourquoi je pense aujourd'hui que la seule solution, c'est la sortie ? Et j'explique d'ailleurs comment on va sortir. Et je suis convaincu que la France ne doit pas partir à l'anglaise. J'ai le chapitre 24, l'évasion ou la mutinerie. Je veux pouvoir dissoudre l'Union Européenne. Et je suis convaincu qu'il y a d'autres pays qui nous suivront. Je suis convaincu que la France, fidèle à son histoire, peut libérer les peuples et reconstruire une Europe légère, gaullienne, de coopération, où chaque nation est libre. Mais pourquoi j'en suis arrivé là ?
Oui mais c'est quand même important de dire...
On ne sort pas de la nostalgie, maintenant il faut agir. On ne sort pas pour sortir, on sort pour reconstruire quelque chose et pour trouver le bon axe des nations fortes, libres, qui se gèrent elles-mêmes, mais qui coopèrent entre elles. Et ça n'aurait jamais dû cesser d'être cela si notre classe politique n'avait pas été aussi lâche. Et je raconte comment. Maintenant, la vraie question. Pourquoi j'ai changé d'avis que je pense que maintenant il faut se dégager le plus vite possible ? Parce qu'on a bien vu depuis la crise Covid. Qu'un système bruxellois passe au-dessus des États, complètement au-dessus, et qu'il veut enchaîner les individus.
Et vous avez cette dictature numérique qui est en train d'être mise en place, l'euro numérique, le carnet de santé numérique, le portefeuille numérique, le permis de conduire numérique.
Pourquoi ça vous inquiète en particulier ? Mais parce que c'est une société...
Ça fait du bien sur le regret technique. D'abord parce que ça veut dire que les États sont court-circuités, il n'y a plus d'États, il n'y a même plus de Banque de France. C'est direct, parce que ça veut dire que derrière, c'est le crédit social à la chinoise. Ça veut dire que le porte-monnaie des Français, il faut bien comprendre, quand je vois les gamins payer chez le boulanger avec leur portable, et je me dis, mais ils ne se rendent pas compte qu'ils mettent une laisse autour d'eux. Parce qu'après, on nous expliquera que si vous avez consommé trop de viande chez le boucher, que si vous avez pris quatre fois l'avion, ce n'est pas bien.
Et quand vous entendez Mme Loiseau, l'inénarrable Mme Loiseau, monsieur, comment il s'appelait là, l'ancien ministre, je ne sais même plus comment il s'appelle, qui est commissaire au plan, j'ai oublié son nom. Bon, bref. Monsieur Séjourné ? Non, non, monsieur Bonne. Clément Bonne. Clément Bonne. Mais ces gens sont dangereux. Quand vous entendez Emmanuel Macron nous expliquer, faire le tour de la presse régionale, et nous expliquer qu'il faut censurer les contenus, ça veut dire que la France est la liberté d'expression, il y a un système totalitaire qui est en train de se mettre en place.
Et ajoutez à ça la crise de la dette française, ajoutez à ça la volonté de ce coup d'État fédéral, ajoutez à ça cette volonté absolument d'entraîner l'Europe vers la guerre, qui est un suicide. Eh bien, je vous dis, et je sais que les Français n'en ont pas conscience, mais je leur dis, je leur explique dans mon livre, que si on continue à mettre la main et à subir cela, il n'y aura plus de France, plus d'Allemagne, plus rien, il y aura un système qui ne marche pas. Parce que si ce système avait des résultats fabuleux, mais face à la Chine, il est piégé, c'est la déroute.
En agriculture, ils négocient, vous avez vu le scandale du Mercosur, ils ont délégué les importations de viande à un géant brésilien, Madame Imar, qui est une députée d'ailleurs, je crois, LR, ou je ne sais plus de quelle... Céline Imar, qui est agricultrice aussi. Elle a écrit un très bon article là-dessus. Donc, quand on voit un pays comme le nôtre, qui est enchaîné, qui ne peut plus se défendre... Donc, il faut sortir de l'Europe. Il faut... Et acter...
Avec quel pays il faut du coup s'associer ? Parce que vous dites, il faut sortir de l'Europe,
mais on va d'abord... J'explique dans mon bouquin trois phases. D'abord, on arrive, on ne paye plus les 15 milliards nets. Ça nous coûte 15 milliards nets. Chaque année. Donc, on arrête. On ne paye plus. Ensuite. On rétablit nos frontières. On rétablit la primauté du droit français sur le droit européen. Et on n'obéit plus aux oucasses de la Commission. Ça, on le fait dans la première journée.
C'est le fameux braquage de la Commission européenne.
C'est le scandale. Vous imaginez les réactions. Et on va à Bruxelles. Et on dit, la France va partir. Maintenant, on veut bien reconstruire une Europe légère avec les pays qui le voudront. Ceux qui veulent nous suivre. S'il n'y a personne, eh bien, nous serons seuls, mais nous serons libres. Et à terme, nous appellerons les gouvernements, les peuples. Le système se décomposera et nous reconstruirons quelque chose. Mais je suis convaincu qu'on ne sera pas seuls. Je suis convaincu que même en Allemagne, il se pose des questions sur ce système fou. En tout cas. Dans d'autres pays. Et le rôle de la France, c'est à un moment de dire, on ne joue plus. On ouvre la cage. On ouvre la cage.
On enlève la fiction de cette organisation. Alors justement. Comme disait Chirac, vous croyez que Bruxelles va envoyer des chars contre Paris ? Mais à un moment, il faut reprendre notre liberté.
Vous avez lu, comme moi, une étude du CEPVIPOF en décembre dernier qui interrogeait les Français. Le problème, ce n'était pas forcément, en un, le pouvoir d'achat ou l'insécurité. C'était le désordre politique et les hauts responsables politiques. Quand on vous lit, et justement, notamment à la fin du livre, ce n'est pas forcément un président de la République qu'il nous faudrait. C'est un DAF. C'est un directeur administratif et financier. Vous proposez un commissariat au plan pour la stratégie. Une délégation à l'aménagement du territoire pour à la fois simplifier les normes et la fiscalité.
Et puis ensuite, effectivement, et vous l'avez rappelé, la sortie de l'Union Européenne ou une sortie de la zone euro. Aujourd'hui, plane, encore, on l'a, comment dirais-je, apaisé, mais parce que les agences de notation ont été clémentes, mais plane toujours la tutelle du FMI. Est-ce que finalement, la tutelle du FMI ne serait pas un mal pour un bien ?
Alors, vous posez une question, la vraie question, ce que j'explique...
C'est une question de directeur administratif et financier que je ne suis pas.
Pas seulement. J'explique dans mon bouquin que la sortie que je propose, la libération, c'est plutôt une libération politique, n'est pas suffisante. C'est un préalable. Et la troisième partie du bouquin, et vous l'avez lu, c'est un traitement de choc. Une fois qu'on est libre, on peut sortir de l'Union Européenne et puis s'avachir. On peut sortir pour faire n'importe quoi. Et moi, je ne veux pas ça. Je veux prévenir les Français qu'on rétablit la démocratie, c'est-à-dire le référendum, et on gouverne par référendum sur les grandes réformes. On reprend notre indépendance et on reconstruit une Europe légère.
Et on assénue les finances publiques qui sont de 1 700 milliards chaque année, dont 1 000 milliards de dépenses sociales. Et vous avez vu
qu'il y a trois étapes. L'état d'urgence pour rétablir l'ordre dans les banlieues, saisir les armes, fermer nos frontières aux narcotrafiquants, état d'urgence. On ne peut pas le faire avec les lois existantes. Deuxièmement, un grand plan du Produire en France pour toutes les aides aux entreprises, les 200 milliards d'aides aux entreprises, on arrête, on les recentre uniquement sur les entreprises qui relocalisent, qui produisent, qui font des efforts. On arrête de distribuer des subventions à des entreprises qui sont des importateurs permanents. Et qui font des OPA sur les boîtes. Et qui, etc.
Et troisièmement, on remet de l'ordre dans nos comptes avec 50 milliards immédiats d'économies en enlevant les vaches à lait du système.
Et la suite, dans un instant, au Grand Rendez-vous avec Nicolas Dupont-Aignan. A tout de suite.
10h-11h,
Le Grand Rendez-vous Europe 1, CNews, Les Echos.
Pierre Devineau.
Toujours sur le plateau du Grand Rendez-vous Europe 1, CNews, Les Echos, avec Nicolas Dupont-Aignan et son dernier livre, 2027, La Liberté ou la Mort, publié chez Fayard. Vous aussi, parce qu'ils sont nombreux, vous voulez remettre les Français au travail. Les Français à temps plein travaillent 1664 heures par an. C'est 200 de moins que les Allemands. Vous voulez peut-être revenir sur ce sujet. Le Figaro, cette semaine, montrait à quel point le clivage était prégnant entre la gauche et la droite, avec la gauche qui veut toujours faire moins travailler les Français et la droite qui veut faire travailler les Français plus.
Est-ce que vous diriez aujourd'hui que les Français ont compris la situation, qu'il faut travailler davantage pour sauver le pays ou est-ce qu'ils vont se coucher dans un déni avec de l'électoralisme aussi qui va leur faire de l'afflux de traversières en disant vous travaillerez moins mais ça ira quand même puisqu'on va ponctionner les plus riches ?
Moi, je vais vous surprendre, peut-être vous choquer. Je pense que c'est un faux débat. Je pense que les Français, ils rêvent de travailler. Il faut qu'il y ait du boulot peut-être pour travailler. Il faut que le boulot paye. Et il faut que le boulot paye. Donc, la vraie question, pourquoi je pense que la vraie question, ce n'est pas ce débat qui est un débat en fait de la classe politique qui nous a mis dans le mur et à cet égard, Gabriel Attal est le comble du cynisme. C'est-à-dire ? Ah, c'est-à-dire que j'ai été stupéfait.
Cet homme a soutenu Emmanuel Macron, il a été ministre, il a été premier ministre, il est responsable de tous les choix qui ont été faits, des 1300 milliards de dettes et il vient nous donner le son aux Français. 1300 milliards de dettes supplémentaires. Et vous ne travaillez pas assez, etc. Il n'a jamais travaillé de sa vie vraiment. Et vous ne travaillez pas assez, non mais on est chez les fous. Et tout le monde l'a suivi. Tout le système médiatique est tombé dans le panneau. La vraie question, c'est la production. Pourquoi je fais une fixation sur la production en France ? Pour moi, les deux gros problèmes, c'est rétablir l'ordre et produire en France. Produire en France, c'est...
Si vous voulez que les Français travaillent, il ne faut pas qu'ils soient au chômage à 52 ans. Si vous voulez que les Français acceptent eux-mêmes la réforme des retraites, il faut peut-être qu'ils ne soient pas au RSA quand on leur dit vous allez travailler jusqu'à 64 ans. D'ailleurs, la retraite à taux plein en France, contrairement à ce qu'on dit, elle a 67 ans. Donc moi, j'en ai un peu assez de ce discours qui veut culpabiliser les Français parce qu'on a laissé l'effondrement industriel. Vous savez à combien on est aujourd'hui ? On est à 9% du PIB français dans l'industrie si on enlève le bâtiment et les travaux publics. On est au niveau de Malte. Donc c'est insupportable pour moi
ce discours. Les 35 heures ont quand même pesé justement sur la productivité.
Vous avez raison. Mais maintenant, la vraie question c'est de se protéger avec un protectionnisme minimum et aussi parallèlement, c'est vrai, et je propose de supprimer les impôts de production pour se mettre au niveau de l'Allemagne parce que là, c'est ceux qui sont en France, les usines qui sont en France. Je propose concrètement de sortir du marché européen de l'électricité qui est une honte absolue, qui est du racket. Gros chapitre là-dessus. Et puis vous y revenez
plusieurs fois dans le livre.
Mais d'ailleurs, ce qui est quand même fascinant aussi, et je vais revenir sur le travail, c'est fascinant quand même la vie politique française. Tout le monde dit que l'Union européenne ne marche pas. Même M. Le Maire, j'ai découvert l'énénarabe M. Le Maire qui nous dit l'État profond, c'est Bruxelles. Mais personne ne veut bouleverser les règles sur le marché européen de l'électricité. On peut sortir de ce marché même sans sortir de l'Union. L'Espagne et le Portugal l'ont fait.
L'ont fait juste pendant un an.
Oui, nous on peut le faire pour la vie.
Ils ont suspendu le temps d'une crise.
Nous, on doit le faire définitivement. On a une industrie nucléaire qui produit à bas coût. Et on met des taxes sur l'essence, sur l'électricité pour financer des éoliennes qui produisent en offshore, c'est-à-dire dans la mer, à 198 euros le mégawatt à Saint-Brieuc, c'est-à-dire 4 fois le prix du nucléaire. Et les Français se saignent, ne peuvent pas aller travailler parce que vous avez un conflit d'intérêts gigantesques. Vous avez une oligarchie, vous avez des sociétés étrangères qui se gavent d'argent français. Donc moi, je veux bien que les Français y travailleront le jour où on fera le ménage. Et tout à l'heure, je vous parlais des vaches à lait. Comment je redresse le pays ?
On peut redresser le pays sans faire souffrir les Français ? Vous arrêtez les 15 milliards à l'Union Européenne, net. Vous arrêtez de donner des milliards à l'Ukraine. On a donné 17 milliards la semaine dernière sous forme d'un prêt qui sera jamais remboursé. 70 milliards de l'Union Européenne, 17 milliards pour la France. Et les engagements français vont jusqu'à 70 milliards si vous comptez tout. Vous arrêtez. Non, il faut arrêter. Parce que la France, elle est en train de crever. Et moi, je m'occupe de la France avant de l'Ukraine. Troisième point, il faut arrêter les agences d'État où des hauts fonctionnaires se gavent d'argent public.
On a défait les ministères et il y a eu plein de rapports sur les agences d'État. Il faut fermer l'ADEME, il faut fermer toutes ces agences. C'est 10 milliards. Et puis, j'en ai d'autres si vous voulez. Vous avez les fausses cartes vitales,
vous avez l'immigration. Vous avez parlé des 211 milliards notamment. 211 milliards de subventions diverses pour les entreprises. Il y a une fois
que vous avez d'œil à l'histoire, c'est-à-dire que vous connaissez cette doctrine autrefois, le socialisme dans un seul pays. Alors, vous entendez, c'est le libéralisme dans un seul pays, c'est-à-dire protectionnisme mais libéralisation à l'intérieur. Est-ce que ça serait une correcte description de votre position ? Protectionnisme maximale, libéralisation maximale à l'intérieur.
Ma conviction profonde, c'est que la mondialisation, elle existe, on ne la changera pas. Ce n'est pas la France, là pour le coup, toute seule qui va changer la mondialisation. Le groupe des frontières, moins de règles et moins d'impôts. Face à ça, je pense qu'un pays libre, c'est un pays qui sait se protéger mais qui sait aussi se muscler. Et j'ai tout un chapitre sur mon produire en France précis avec des mesures de musculation, baisse de l'impôt de production, vraiment crédit impôt production pour la robotique. Par exemple, la Chine va nous balayer en robotique, investissement dans la science mais parallèlement, savoir se protéger.
Par exemple, la commande publique, on est le seul pays au monde, même l'Allemagne triche avec toutes les règles européennes de la commande publique. On est le seul pays au monde avec des fonctionnaires qui nous obligent à acheter étrangers alors qu'on pourrait très bien acheter français.
Aujourd'hui, le journal du dimanche titre face à Alger, la France humiliée. Est-ce que vous vous comptez parmi les maboules, Nicolas Dupont-Aignan ? Moi,
je suis de plus en plus inquiet sans tomber dans la diffamation à l'égard du chef de l'État. Je m'interroge, savoir qui est le vrai maboule dans l'affaire. C'est-à-dire ? Vous avez compris ce que je veux dire. C'est-à-dire que traiter de maboule, déjà, c'est pour un président de la République, moi, j'aimerais qu'on sorte de ça aussi. J'aimerais un jour qu'on ait un président de la République un peu digne. Bon, bref. Mais traiter de maboule ceux qui défendent l'intérêt de la France, c'est quand même incroyable. C'est un renversement de valeur et c'est tout à fait symbolique de ce qu'on vit depuis des années et ce qui est insupportable avec le macronisme, en fait.
En fait, le problème de fond, c'est que le macronisme, c'est l'arrogance et le mépris permanent dans une inversion des valeurs incroyables. C'est-à-dire, le président dit de la République ou le dit président d'une République en faillite traite de maboule des gens qui veulent défendre l'intérêt du pays pour pouvoir expulser des étrangers délinquants pour... face à un régime que je ne confonds pas avec le peuple algérien, il y a un grand peuple algérien courageux, mais il y a un régime algérien un régime algérien qui veut mettre en prison des auteurs algériens, d'ailleurs. Et vous savez, le peuple algérien a besoin d'une France qui dit la vérité. C'est insupportable. C'est insupportable.
J'espère que ce sera bientôt fini. Il ne nous reste plus...
Quel serait l'intérêt de la France conduit par Nicolas Dupont-Aignan face à l'Algérie ?
Très simple, dénonciation des accords de 68, immédiate. Gabriel Attal aussi le proposait. Oui, comme quoi, il y a des miracles. Et puis, renégociation de tout à plat, dans un esprit de respect du peuple algérien, mais de vérité. Mais il y a encore
un dialogue avec l'Algérie. Laurent Nunes, justement, dit depuis qu'il est au ministère, il a rétabli les relations avec Alger, contrairement à Bruno Retailleau. C'est ce que dit l'actuel ministre de l'Intérieur. Oui.
Je ne ferai pas de commentaire. Laurent Nunes, en fait, s'applique systématiquement à défaire ce que Bruno Retailleau a fait. Voilà. Bon. Donc, mais bon, tout ça, ça restera dans les...
c'est pathétique. Pardonnez-moi, c'est pathétique. Est-ce que le rapport avec l'Algérie n'est pas révélateur bien au-delà d'Emmanuel Macron d'une tendance lourde dans la politique française ? C'est-à-dire, quand depuis une trentaine d'années, on a développé le sénome de la repentance post-coloniale ? C'est-à-dire, fondamentalement, on assimile... Emmanuel Macron a été peut-être le plus loin en parlant de crimes contre l'humanité pour parler de la colonisation, mais ce n'est pas le seul à avoir parlé dans cet état d'esprit. Est-ce que ce n'est pas encore une fois le fruit d'une dérive qui va bien au-delà d'Emmanuel Macron ? Oui, sans doute.
Mais je crois que le problème... En fait, si vous voulez, je pense qu'on a tous ces débats parce que le pays est à l'arrêt. Le jour où on retrouvera un pays qui est d'abord fier de lui-même... Enfin non, plus exactement. Le jour où on retrouvera un pays souverain qui a une marge de manœuvre pour agir, le jour où la France pensera par elle-même le monde, tout ça va s'évacuer très vite parce que les Algériens, comme les autres, verront qu'il y a une France qui existe. Le problème, c'est que le monde voit une France qui a disparu.
C'est ça. Ce que vous dites, c'est qu'en 2027, il y a un risque que le pays soit encore à l'arrêt pour les cinq années à venir. Oui, mais parce que,
en fait, et pourquoi je suis candidat à la présidentielle, très franchement ? Parce que je veux arrêter avec cette politique du moindre mot. Parce que même le Rassemblement National est rentré dans le moule général. C'est-à-dire le moule où il ne faut pas déplaire à l'esprit ambiant. Et l'esprit ambiant, c'est un esprit, en fait, de démission générale.
Il y a un changement pour vous, cela dit, là-dedans. Parce que normalement, votre position dans le système politique français, s'il y avait en place le bloc LR, il y avait le bloc national, et vous étiez dans cet entre-deux qui fait dégager l'espace. Si je vous comprends bien, vous vous êtes dégagé de cet entre-deux et vous avez débordé sur la marge contestataire, disons ça ainsi, le RN aujourd'hui.
En fait, je pense que le RN dit des choses très justes. Quand j'entends des discours, je suis d'accord sur beaucoup de choses. Quand j'entends Bruno Retailleau, je me dis, il a raison sur plein de trucs. Mais le problème, c'est qu'aucun des deux, s'ils sont tous les deux candidats, je ne sais pas quel sera le candidat du RN, aucun des deux ne veulent prendre à bras-le-corps la question clé qui est celle de la démocratie, c'est-à-dire du référendum et de la souveraineté.
Bruno Retailleau on appelle pourtant le référendum ?
Un peu, c'est vrai.
Dans les migrations notamment. Mais de moins en moins. Parce que dans votre livre, vous dites que vous voulez faire plusieurs référendums si vous êtes élu président de la République et donc il y a toute une série de référendums pour permettre de faire passer vos réformes. Et donc en fait, on ne s'appuie plus sur le Parlement. Il doit y avoir des législatives juste après la présidentielle, c'est parce que vous avez peur de ne pas avoir de majorité donc on passe directement par des référendums et non plus par les députés.
Même si vous dites qu'il faut redonner le pouvoir aux communes et aux départements c'est-à-dire aux députés et aux maires. Attendez. Plein de questions. La première c'est oui, pour faire de grosses économies
pour faire de grosses économies je veux supprimer les régions, les intercommunalités et revenir aux blocs communes départements pour que le monde rural renaisse. Et une vraie politique d'aménagement du territoire mais c'est un autre problème. Sur le Parlement bien sûr qu'il y a un Parlement mais vous avez bien vu dans le système actuel politicien du régime des partis politiques c'est seulement par le référendum et l'appel au peuple qu'on arrivera à débloquer la France. Rien ne se passera par le Parlement parce qu'il est sous la domination des juges du Conseil constitutionnel. On pourra contourner le Conseil constitutionnel par le référendum.
Et oui, je propose une réforme sur l'immigration un référendum un référendum sur le code pénal un référendum sur la réforme éducative un référendum sur les économies
La seule chose que vous ne proposez pas c'est de supprimer le Conseil constitutionnel parce que c'est impossible. Mais on pourra le supprimer par référendum
je propose même le RIC constituant je propose un système à la Suisse je propose que les français avec un million de signatures puissent mettre sur la table un référendum on ne redressera pas la France contre les français on redressera la France avec les français très modestement dans ma petite commune de hier 30 000 habitants que j'ai pris en faillite il y a 30 ans on a divisé la dette par deux vous imaginez pendant que l'état l'a multiplié par je ne sais pas combien on a fait on a réussi pourquoi ?
pas parce que j'étais seul il n'y a pas d'homme providentiel il y aura les français qui à un moment prennent conscience qu'au-delà des partis politiques il y a quelques réformes fondamentales à voter et c'est à eux de choisir s'ils veulent que la France crève et bien ils crèveront avec il faut leur dire il y a un autre choix
il y a un autre choix possible Nicolas Dupont-Aignan est notre invité au grand rendez-vous sur CNews et sur Europe 1 à tout de suite
10h-11h
le grand rendez-vous Europe 1 CNews Les Echos
Pierre Devineau
dernière partie du grand rendez-vous sur CNews et sur Europe 1 en partenariat avec Les Echos avec Nicolas Dupont-Aignan son dernier livre La liberté ou la mort 2027 chez Fayard sondage CSA pour CNews le JDD Europe 1 daté de samedi dernier 78% des français sont inquiets pour leur pouvoir d'achat ça passe évidemment par les questions du carburant Clémence Lemestre
Oui justement sur le carburant le carburant explose il va de nouveau y avoir une réunion demain à Bercy pour les professions à qui ça pose problème quelle est-vous votre position il y en a certains qui disent il faut baisser les certificats d'économie d'énergie d'autres qui disent il faut baisser les taxes certains qui disent il faut taxer au contraire Total et c'est super profit vous vous situez où il ne faut juste rien faire
il faut d'urgence baisser les taxes nous sommes le pays qui raquette le plus les automobilistes aujourd'hui vous avez des millions de français pour qui c'est plus intéressant d'aller travailler ils ne peuvent plus vivre ils ne peuvent plus vivre enfin c'est c'est dramatique la situation dans le monde rural notamment dans les petites villes deuxièmement la croissance est à l'arrêt parce que ça agit comme un frein donc il faut d'urgence baisser les taxes j'ai proposé depuis le début trois mesures simples un on supprime la TVA sur la taxe on est un pays maboule pour le coup qui taxe la TVA enfin qui a une TVA sur la taxe 13 centimes il faut supprimer les certificats d'économie d'énergie qui sont une usine à gaz on les suspend on les suspend mais tout de suite c'est une usine à gaz ce sont des milliards 17 centimes des milliards gaspillés pour le délire d'une transition écologique qui sert des intérêts privés donc là c'est 17 en plus 21 pour le gazole ou l'inverse ça fait 30 centimes les 4 centimes du surplus que gagne l'Etat on peut arriver à 34-40 centimes très vite il faut alléger mais je vais vous faire une révélation quand même j'ai regardé en 2011 le prix du baril était moins élevé qu'aujourd'hui était plus élevé qu'aujourd'hui pardon il est aujourd'hui moins élevé qu'en 2011 et il y avait un effet de change l'euro dollar mais quand même et en fait depuis 2011 les taxes sur le carburant ont explosé
l'Etat a besoin d'argent
l'Etat a besoin d'argent parce qu'il donne des milliards à Zelensky il donne des milliards à Van der Leyen il donne des milliards en fausse carte vitale il ne sait pas gérer l'argent public et j'estime que quand la France et les français ne peuvent plus aller travailler et bien l'urgence est d'aider les français et de surcroît ça sera bon pour la consommation parce que ça évitera d'appuyer sur le frein en pleine période de crise et si on a une croissance zéro encore trois mois vous allez voir l'effondrement des recettes fiscales l'aggravation du déficit
il y a une baisse de la consommation de carburant qui a chuté au mois d'avril et donc moins de rentrée fiscale mais vous il y a une hausse et ne pas aider parce que là ce que fait l'Etat c'est qu'il aide quand même les gros rouleurs
mais c'est n'importe quoi madame mais je vais vous expliquer pourquoi il y a 60% de taxes et un pays qui met 60% de taxes sur un litre d'essence invente un système bureaucratique avec des fonctionnaires des procédures des décrets vous avez vu les conditions alors si vous avez moins de 11 000 ou 17 000 euros d'impôts de revenus mais si vous avez des enfants c'est plus mais alors c'est 15 kilomètres alors si vous travaillez à 14 kilomètres vous n'avez pas le droit d'aide mais ces gens sont devenus fous ce sont des dingues
qui nous gouvernent pour le coup vous noterez qu'on ne peut pas parler du carburant en ce moment sans parler du contexte international qui a une influence majeure là-dessus ce qui se passe en Iran vous voyez cette situation est-ce que vous avez l'impression qu'on est dans une période de crise durable qui fait que peu importe ce qu'on fera la hausse du carburant dès demain la pénurie et demain le rationnement sont à l'horizon
et les engrais aussi pour les agriculteurs il faut s'y préparer parce que
j'ai l'inquiétude mais ce n'est qu'une inquiétude et j'espère que ça ne sera pas le cas que finalement Donald Trump se dit les grandes victimes de cette crise la Chine mais la Chine va prendre le pétrole russe et le gaz russe donc ils vont se démerder très bien pardonnez-moi l'expression et puis l'Europe ce qui me ce qui me il a dit dès le début
que ce n'était pas son problème
ce qui me hante et c'est là où on a des dirigeants européens qui sont complètement dangereux qui sont vraiment dangereux c'est que dans la vie politique un dirigeant d'état n'a que des choix difficiles et pourquoi fondamentalement je veux la paix en Ukraine et je pense qu'on doit se dégager de ce conflit c'est parce que l'Europe si elle cumule le blocage d'Hormuz la suppression des importations de gaz russe qui était quand même trois fois moins cher que le gaz naturel liquéfié américain va être dans un désastre industriel et économique qui peut la faire sortir de l'histoire regardez ce qui se passe en Allemagne
en Italie le train de Donald Trump c'est qu'il faut récupérer l'uranium enrichi des Iraniens ça c'est la première des choses parce que sinon il y a un impact un risque nucléaire oui alors attendez
je vais revenir là-dessus mais ce que je veux dire aujourd'hui quand un pays est en faillite quand un pays est menacé de disparition toute l'histoire de France même les rois de France la première chose qu'ils faisaient c'est cesser les aventures extérieures se concentrer sur nos défis intérieurs je veux la paix pour la France parce que je veux que la France se concentre sur ces...
Emmanuel Macron n'est pas engagé dans la guerre en Iran non mais il nous dépense des milliards et il alimente une guerre en Ukraine alors que les Etats-Unis pour le coup ont une bonne politique et veulent la paix en Ukraine parlons de la guerre en Ukraine oui parce que vous ne pouvez pas affronter deux conflits et deux contraintes en même temps nous sommes pris en étau donc je regarde ce qu'on pourrait déjà se dégager ensuite sur le programme iranien qu'on bombarde les forces nucléaires iraniennes oui je l'ai approuvé c'était au mois de juin de mémoire qu'on se lance dans pendant la guerre des 12 jours voilà qu'on se lance dans cette guerre je l'ai désapprouvé dès le début j'étais très minoritaire parce que vous ne pouvez rentrer dans cette guerre que si vous prévoyez une intervention terrestre aucun régime n'est tombé sans intervention terrestre or tout le monde sait que Trump n'ira pas à l'intervention terrestre parce qu'il ne le peut pas
moi je... attendez il faut voir bah écoutez en tout cas on se reverra on s'en parlera parce que pour l'instant c'est vraiment imprécis en tout cas
aller dans une intervention terrestre face à un pays de 96 millions d'habitants qu'il y a j'entends bien on peut être là aussi attention c'est des affaires sérieuses donc une chose est de détruire le programme nucléaire il est détruit une chose est nôtre de déstabiliser un régime sans aller sur terre et je déteste ce régime c'est un régime abominable mais le seul résultat des bombardements
c'est le paradoxe c'est que le fait de faire tomber le régime est la dernière des préoccupations des dirigeants d'abord il y a l'uranium ensuite il y a le détroit d'Orbouz avec des histoires de carburant et ensuite éventuellement le régime des Molins
mais parce que vous arrêtez de rêver la vie parce que vous ne déstabilisez pas
c'est les anglais qui disent you can't play God vous ne pouvez pas jouer à Dieu
parce que vous ne pouvez pas faire tomber un régime en bombardant sa population ça a l'effet inverse inverse
et je suis désolé de le dire
on en a l'expérience
est-ce que vous voyez un engrenage dans cette région au début on ne croyait pas à l'intervention elle arrive ensuite on croit qu'elle va durer quelques jours elle dure 40 jours est-ce que vous craignez demain que les grandes puissances finissent par s'affronter
je n'en sais rien et j'ai la franchise de vous le dire et je pense qu'aucun dirigeant politique du monde n'en sait rien même pas Donald Trump et deuxième point est-ce qu'elle prend de l'engrenage ? c'est le drame c'est d'ailleurs le drame je pense cependant que Donald Trump est face à des élections intermédiaires qui vont arriver et que plus on va aboutir aux élections intermédiaires plus le conflit va se fossiliser
se fossiliser le conflit était terminé il a dit ça avant le soir
je pense que il a aussi dit qu'il était capable de pulvériser les Iraniens oui mais on est dans la salle antique
je pense que malheureusement le régime iranien risque de tenir parce que plus on bombarde un peuple plus il y a un effet patriotique malheureusement et je pense que Donald Trump va être happé par la politique intérieure maintenant ce n'est qu'un sentiment personnel et moi je suis responsable de mon pays et je pense que mon pays doit prendre des dispositions d'urgence pour baisser le prix des carburants supprimer les taxes sur l'électricité avoir une électricité abordable éviter une récession une disparition de notre industrie qui est le moteur de la prospérité du pays et je m'occupe de la France donc j'essaye dans ce monde troublé de trouver un chemin
l'autre front c'est le front ukrainien et vous avez dit tout à l'heure il y a 3-4 minutes parce qu'on donne de l'argent à Zelensky qu'est-ce que vous inspire le personnage de Volodymyr Zelensky vous le mettez en scène alors c'est vraiment là pour le coup très fictionnel à la fin de votre livre en disant il participe à la manifestation des mécontents aux côtés des dirigeants de France Télévisions puisque vous n'aurez gardé que deux chaînes etc comment est-ce que vous le voyez lui-même pas forcément le président de l'Ukraine mais lui-même j'ai l'impression qu'il vous agace non c'est pas ça
je suis français donc je ne me permettrai pas d'intervenir dans la vie des pays moi je suis souverainiste donc je ne vais pas passer est-ce que lui aussi
est un souverainiste ? est-ce que lui aussi
est un souverainiste ? sans doute ce qui me choque aujourd'hui c'est que les français sont à la peine notre pays est menacé d'un désastre industriel et on donne des dizaines de milliards d'euros à un régime à un régime très corrompu ça tout le monde le sait et quand on a vu et tous les français l'ont vu qu'un oligarque ukrainien acheté 450 millions d'euros un appartement à Monaco après avoir acheté un yacht de 500 millions d'euros on se dit il y a une oligarchie ukrainienne et tout le monde le dit et le voit très corrompu qui utilise l'argent et qui ferait mieux d'aider l'Ukraine par ailleurs je pense que c'est une boucherie on ne sait pas si c'est l'argent
de l'Union Européenne non mais c'est en tout cas
leur argent devrait aider l'Ukraine plus qu'à investir il devrait être patriote et deuxièmement c'est une boucherie abominable qui pour moi est un vrai danger pour l'Europe entière parce que c'est la plus grave erreur géopolitique du siècle c'est à dire qu'on a poussé la Russie dans les bras de la Chine et que l'Union Européenne et les pays d'Europe sans les ressources naturelles russes est menacée d'être une industrie de seconde zone j'insiste sur les 20 prochaines années la Chine est en train de bâtir une économie robotique d'intelligence artificielle qui va nous ramener au 19ème siècle et on se trompe de priorité c'est une tragédie l'Ukraine mais pour le coup Donald Trump a raison il est en train de faire un accord avec les Russes il est en train de s'emparer des terres rares il a compris que face à la Chine il fallait se muscler et j'aimerais qu'on sorte de l'émotionnel pour aller à la raison d'état c'est triste parfois la raison d'état mais la France aujourd'hui mérite la raison d'état
il nous reste une trentaine de secondes c'est bientôt l'heure du déjeuner est-ce que vous pensez aller chez Master Poulet ?
non voilà parce que le poulet importé du Brésil par toutes ses chaînes c'est un problème sanitaire c'est un problème alimentaire et pendant ce temps-là il y a nos éleveurs qui crèvent donc je veux les aider mais ça exige bien sûr des règles ça veut dire un minimum de protectionnisme
et c'est quand même la journée du poulet puisque il y a du très bon poulet
français qui est plus cher malheureusement mais il faut mieux aussi bon c'est ce que vous allez
avoir à déjeuner merci beaucoup Nicolas Dupont-Aignan et en attendant vous pouvez lire 2027 la liberté ou la mort publiée chez Fayard très bon dimanche
Nicolas Dupont-Aignan