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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 8 novembre 2021 24 minContradictoireActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprisesSolidarités & familleEnvironnement & énergie

Bénéfices de Pfizer : "Ils devraient être au tribunal pour crime contre l’humanité", juge Fabien Roussel

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:53OuverteRéponse directe

    Que vous inspire cette prise de parole du président de la République ?

  • 2:02OuverteRéponse directe

    Vous êtes contre cette décision de prolongation de l'état d'urgence ?

  • 2:48RelanceRéponse partielle

    Sur quelle base le pass sanitaire sera-t-il conditionné à la troisième dose ?

  • 4:05FerméeRéponse directe

    Vous êtes pour ou contre la conditionnalité du pass sanitaire à la troisième dose ?

  • 6:26ComplaisanteRéponse directe

    Venons-en à l'économie.

  • 6:44OuverteRéponse directe

    Est-ce que sur le front économique, vous donnez un satisfait site au gouvernement ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:16Fabien RousselFait
    « Je suis contre la prolongation de l'état d'urgence jusqu'en juillet 2022 »
  • 3:05Fabien RousselChiffre
    « Il y a près de 15% des plus de 80 ans qui ne sont pas vaccinés »
  • 3:18Fabien RousselChiffre
    « Il y a que sur 4 personnes qui sont en réa, 3 ne sont pas vaccinés »
  • 3:38Fabien RousselFait
    « Il y a la question de la première dose dans un tas de pays qui n'y ont toujours pas accès »
  • 5:10Fabien RousselChiffre
    « Ils vendent 3 fois, 4 fois leur prix »
  • 7:31Fabien RousselChiffre
    « Sa facture de gaz va passer de 68 euros par mois à 148 »
  • 8:17Fabien RousselPromesse
    « Je réclame qu'il n'y ait pas une seule pension en dessous de 1200 euros net »
  • 8:28Fabien RousselPromesse
    « Je réclame à ce qu'il n'y ait pas un seul salaire en dessous de 1800 euros brut »
  • 9:45Fabien RousselChiffre
    « À partir du mois de mars, la France va payer 10 millions d'euros d'amende tous les semestres »
  • 12:17Fabien RousselFait
    « Les plus fortes hausses d'émissions de CO2 en France proviennent des biens importés »
  • 12:22Fabien RousselChiffre
    « Elles ont augmenté de 75% en l'espace de 20 ans »
  • 15:01Fabien RousselFait
    « Ça me fait vomir »

Temps de parole

  • Présentateur71 %
  • Présentateur 213 %
  • Présentateur 312 %
  • Auditeur3 %

4,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Nous recevons ce matin dans le grand entretien le secrétaire national du parti communiste français, député du Nord, candidat à l'élection présidentielle. Vos questions, amis auditeurs, au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Bonjour Fabien Roussel. Nicolas Demorand, Léa Salamé, bonjour. Quel bonjour. Merci d'être à ce micro aujourd'hui. Avant d'évoquer avec vous la COP26, la campagne présidentielle, quelques mots sur la situation sanitaire dès ce matin. Le masque redevient obligatoire à l'école dans 39 nouveaux départements, 61 départements en tout.

Demain, Emmanuel Macron doit s'exprimer à la télévision pour un point notamment sur l'épidémie qui reprend de manière légère mais certaine en France. Je cite là Gabriel Attal, reprise en revanche beaucoup plus vive en Europe qui est redevenue l'épicentre de la pandémie. Que vous inspire Fabien Roussel cette prise de parole du président de la République ? Vous semble-t-elle nécessaire ? Si oui, qu'en attendez-vous ? D'abord, si le président de la République parle demain, j'aimerais qu'il parle de pouvoir d'achat parce que c'est une grosse préoccupation pour nos concitoyens. Et donc j'attends qu'il annonce de nouvelles mesures en faveur du pouvoir d'achat.

L'autre préoccupation, bien sûr, c'est celle liée à la situation sanitaire puisque l'épidémie repart. Ce que je regrette profondément, c'est qu'encore une fois, il va y avoir un conseil de défense qui va se tenir demain matin en petit comité avec le président de la République, avec des informations que lui seul aura et ensuite nous apprendrons tous demain soir ce qu'il propose. Il marche sur le Parlement, comme à chaque fois. Moi, ce que j'aimerais bien en tant que député, en tant que parlementaire, c'est que les informations qu'il va avoir demain, nous puissions les avoir aussi et pouvoir prendre ensemble les décisions qu'il faut prendre pour la santé de nos concitoyens.

Ça, c'est la démocratie et je regrette qu'encore une fois, il marche dessus. L'Assemblée nationale, le Parlement a été consulté, même vous avez voté sur la question du pass sanitaire qui est donc rallongé jusqu'au 31 juillet, c'est-à-dire après la présidentielle. Vous êtes contre cette décision ? Je suis contre la prolongation de l'état d'urgence jusqu'en juillet 2022, puisqu'en fait c'est ça qui a été soumis au vote des députés et des parlementaires. Nous avons voté contre, parce qu'on laisse la possibilité pour le gouvernement de vivre sous état d'urgence et d'utiliser le pass sanitaire selon ses choix, sans que nous puissions en débattre, nous, au Parlement.

La question qui va être posée, c'est la conditionnalité du pass sanitaire à la troisième dose. Et ça, justement. Mais parlons-en ! Mais ayons ce débat ! C'est lui qui va nous l'annoncer demain ? Sur quelle base ? Sur quels critères ? Pour quelles raisons ? Vous seriez contre, Fabien Rousseff ? Mais moi, je voudrais avoir les éléments pour pouvoir en parler, juger et décider. Moi, ce qui me préoccupe, c'est la santé de nos concitoyens. Je sais qu'aujourd'hui, il y a près de 15% des plus de 80 ans qui ne sont pas vaccinés. Donc, il y a encore une bataille à mener pour continuer de convaincre ceux qui ne sont pas vaccinés. Je sais aussi... Il va sans doute leur dire ça.

Mais je sais aussi qu'il y a que sur 4 personnes qui sont en réa, 3 ne sont pas vaccinés. Il y a une urgence à se faire vacciner. Il y a une urgence à se faire vacciner. Et puis, la bataille pour le vaccin, pour que tout le monde ait accès au vaccin, elle reste encore d'actualité. Bien sûr, il y a la question de la troisième dose en France. Mais il y a la question de la première dose dans un tas de pays qui n'y ont toujours pas accès. Avec les pays riches qui les distribuent comme la charité, quelques doses par-ci, quelques doses par-là. Vous savez que l'apparition des variants, elle est là parce que tout le monde n'est pas vacciné dans le monde.

Un jour, va apparaître un variant contre lequel les vaccins ne seront pas efficaces. On fera comment ? On fera comment ? Donc, l'urgence, c'est que tout le monde ait accès à un vaccin et que le vaccin soit un bien commun. On entend, mais sur la conditionnalité du pass sanitaire à la troisième dose pour les personnes fragiles ou les personnes âgées, vous êtes pour ou vous êtes contre ? Je suis pour que les personnes de plus de 65 ans et les personnes ayant des fragilités puissent avoir accès rapidement à cette troisième dose parce que nous savons, c'était annoncé par les laboratoires, qu'au bout de 6 à 7 mois, le vaccin perd en efficacité. Et donc, nous allons tous devoir y repasser.

Nous allons tous devoir y repasser. Mais la question, c'est comment on fait pour que tout le monde ait accès à ces vaccins ? Parce qu'on aura toujours des variants tant que nous ne sommes pas tous vaccinés. et donc, se battre pour lever les brevets, pour qu'il y ait les transferts de technologie, pour que l'on construise des sites de production de ces vaccins en Afrique, en Inde, en Asie, où des pays, aujourd'hui, viennent supplier, demander à ce qu'on leur donne des vaccins. Avec des Pfizer, qui vont gagner 36 milliards de dollars de bénéfices sur leurs vaccins, qu'ils vendent 3 fois, 4 fois leur prix. Mais c'est honteux.

Ces gars-là, ils devraient être au tribunal pour crime contre l'humanité, un jour. C'est ça ce qui va se passer. Attendez, attendez, attendez, Pfizer, crime contre l'humanité. Mais parce qu'aujourd'hui, il y a un blocage de la part de ces big pharma, il y a un blocage de leur part, de transférer les technologies, et de permettre à ce que tous les continents et tous les pays aient accès à un vaccin, sans avoir... Vous avez raison, il y a un problème avec le laboratoire pharmaceutique, avec le brevet, avec le lobbying pour enlever le brevet. Vous avez raison sur ça. Mais de dire qu'il faut mettre Pfizer devant un tribunal international pour crime contre l'humanité... Eh bien, je...

Ils ont trouvé aussi le vaccin, Pfizer. Oui, mais j'anticipe sur l'avenir, et vous verrez que quand on fera les comptes dans plusieurs années sur la gestion de cette épidémie et la responsabilité des big pharma qui ont protégé jalousement leur brevet pour se faire des couilles en or, excusez-moi l'expression, sur le dos de l'humanité, parce qu'ils ont protégé leur brevet et ils n'ont pas voulu le partager, eh bien oui, c'est un crime contre l'humanité. Et vos propos vont faire réagir, on le verra sans doute tout à l'heure déjà au standard Fabien Roussel. Venons-en à l'économie.

Emmanuel Macron et le gouvernement défendent depuis quelques semaines les bons chiffres de l'économie française, avec une croissance qui devrait atteindre plus de 6,5% cette année. Le chômage a retrouvé son niveau d'avant-crise. La France serait, je cite les échos, la locomotive de la zone euro dans cette reprise. Est-ce que sur le front économique, vous donnez un satisfait site au gouvernement ? Bien sûr que non. J'ai commencé notre échange en disant que j'espérais que le gouvernement, que le président de la République prenne des mesures pour le pouvoir d'achat. Il y a aujourd'hui une croissance, mais on a fait quand même moins 8% l'année dernière. Vous dites que c'est du rattrapage.

Donc c'est à peine du rattrapage. Aujourd'hui, nos concitoyens, ceux qui travaillent comme les retraités, souffrent. Ils sont dans de grandes difficultés et j'appréhende l'hiver, j'appréhende les mois qui viennent. J'ai encore rencontré ce week-end, dans ma circonscription, un retraité qui perçoit 930 euros de pension. Il a travaillé toute sa vie, toute sa vie, au SMIC. Il n'a que 930 euros de pension et il m'a montré sa facture de gaz. Parce que les gens reçoivent en ce moment leurs factures et les nouvelles mensualités. Sa facture de gaz va passer de 68 euros par mois à 148. J'en rencontre plein tous les jours. Et il va recevoir un chèque énergie du gouvernement.

Tandis que lui, il va payer 80 euros tous les mois, pendant 10 mois. Et c'est que sa facture de gaz. Mais quand on ajoute à côté de ça l'électricité, l'essence, les mutuelles, les assurances, ça va exploser. Pour être clair, vous demandez au président de la République des mesures plus fortes sur les prix de l'énergie, les prix de l'électricité. Mais bien sûr. Mais c'est une attente forte de la part des Français. Quand on a travaillé toute sa vie et qu'on se retrouve avec une pension inférieure à 1000 euros, ça ne permet pas de vivre. Et donc, il faut tout de suite augmenter les pensions.

Je réclame qu'il n'y ait pas une seule pension en dessous de 1200 euros net pour ceux qui ont une carrière, pour celles et ceux qui ont une carrière complète. Parce que beaucoup sont des femmes à justement être pénalisées. Je réclame à ce qu'il n'y ait pas un seul salaire en dessous de 1800 euros brut et une augmentation de tous les salaires pour rattraper la hausse des prix. Et enfin, l'égalité salariale femmes-hommes. Voilà une mesure qui, si elle était mise immédiatement, permettrait là aussi de réparer une injustice, mais en même temps de redonner du pouvoir d'achat. Fabien Roussel, la COP26 entre dans sa deuxième semaine. Êtes-vous optimiste quant au résultat de cette COP ?

Ou pensez-vous, comme la militante Greta Thunberg, que c'est déjà un échec, que ça aura été une célébration du, je cite, « business as usual » et du blabla ? On pourrait voir que ce qui ne va pas est le verre à moitié vide. Moi, je veux garder l'espoir parce que nous sommes dans la décennie où tout peut changer. Tout le monde l'a dit. C'est la décennie où tout doit changer. Lors de cette COP, il y a eu des avancées, quelques, la dévorestation, les pays qui s'engagent à plus utiliser le charbon, l'arrêt des subventions dans les énergies fossiles. Très bien. Moi, je veux regarder ce que fait la France.

Je regrette que la France ne tienne pas, ne soit pas en capacité de tenir ses objectifs de baisse de CO2 d'ici 2030. Elle s'est engagée, elle ne tiendra pas ses objectifs. En fait, à partir du mois de mars, la France va payer 10 millions d'euros d'amende tous les semestres à cause de ça. Il y a des mesures fortes à prendre, notamment pour limiter l'usage de la voiture et développer le train. Moi, je veux être le président qui vous fera aimer le train. Et nous avons des propositions fortes dans ce domaine. Je vous donne un exemple. Le président, c'est celui qui a fait les cars Macron. Moi, je veux développer le train pour tous les salariés. Le train Roussel.

Le train Roussel, parce que les salariés, aujourd'hui, ont 50% de leur abonnement de TER pris en charge par leur employeur. Je propose que l'État prenne en charge l'autre partie et que chaque salarié puisse aller emprunter le TER et laisser sa voiture à la gare pour pouvoir utiliser le train. Et dans les agglomérations, nous proposons la gratuité des transports collectifs. Ce qui se fait déjà dans plusieurs agglomérations, c'est donc un engagement fort de l'État. C'est ça qu'on doit faire. On doit avoir une dépense publique plus élevée en faveur du climat et pour limiter l'usage de la voiture. Regrettez-vous l'absence de la Chine à cette COP, Fabien Roussel ?

Est-ce que c'est une erreur qu'elle ne soit pas là ? Physiquement, le président de la République chinoise n'était pas là, mais il y a participé. Je ne veux pas rentrer sur les conditions de sa venue ou pas. Il y en a qui ont aussi emprunté des jets pour venir, les mêmes qui nous donnent des leçons. Ce n'est pas pour des raisons écologiques qu'il n'est pas venu. Non, non, non, non. Mais après, à côté de ça, ce que je sais, c'est que... Donc vous ne regrettez pas son absence ? Non, ce n'est pas le sujet. Enfin, franchement, le sujet, c'est qu'il y a en Chine la moitié des centrales à charbon sur notre planète.

Et donc, l'enjeu, c'est que la Chine puisse rapidement baisser ses émissions de CO2 et se passer de ses énergies fossiles, et notamment de diminuer ses centrales à charbon. Eh bien, nous avons, nous aussi, une responsabilité dans ce domaine. Parce qu'à force de délocaliser nos usines en Chine, nous incitons nous-mêmes la Chine à utiliser une énergie carbonée, ses centrales à charbon, pour fabriquer les voitures qui pourraient être produites en France. Et donc, nous demandons, nous, à relocaliser ces activités industrielles, à ce qu'elles sortent de Chine, pour revenir en France.

Ça aidera les Chinois à transformer leur économie, et ça incitera en France à créer des emplois et à avoir une économie plus vertueuse, en évitant ces produits importés. Et relocaliser la pollution, aussi. Mais c'est... Mais c'est... C'est pardon, hein, mais c'est aussi l'idée. Oui, mais c'est pas... Mais c'est défendable, hein, c'est de dire que c'est pas normal que ce soit la Chine uniquement qui pollue. Léa Salamé, c'est pas une question de... Justement, la pollution provient des produits importés, puisque les plus fortes hausses d'émissions de CO2 en France proviennent des biens importés. Elles ont augmenté de 75% en l'espace de 20 ans. Tellement on a délocalisé.

Et donc, quand on relocalise, c'est bon pour l'emploi en France, c'est bon pour le climat, parce qu'on évite les portes-conteneurs et les transports, et c'est bon aussi pour l'État, parce que c'est des entreprises qui payent des impôts en France. Encore un sujet sur le nucléaire, qui est un sujet qui vous divise, hein, avec la France insoumise. Vous êtes pour, vous ne l'avez jamais caché. Adrien Quatennens, à ce micro, mercredi dernier, a précisé le calendrier de sortie du nucléaire pour la France insoumise. Ce ne serait plus 2030, comme disait Jean-Luc Mélenchon, mais 2045, la France insoumise qui se colle au scénario établi par l'association Négawatt.

Sortir du nucléaire en 2045, ça vous semble crédible ? D'abord, je me félicite d'une chose, c'est que Jean-Luc Mélenchon bouge. Donc ma candidature, elle a au moins cette utilité. C'est qu'en mettant ce débat sur le nucléaire et en ayant une position très claire sur ce sujet, je vois que le curseur à gauche est en train de bouger, tant mieux. Vous pensez que c'est grâce à vous qu'il a bougé ? Bon, ça, vous lui poserez la question. Mais en tout cas, moi, depuis le début, nous disons que nous passer du nucléaire risque de coûter très très cher aux Français et aux entreprises.

Parce que c'est compter sur une énergie qui coûtera plus cher, comme celle provenant des éoliennes, du solaire ou de l'importation. L'objectif, c'est de sortir des énergies fossiles. Voilà, l'objectif, c'est de sortir des énergies fossiles. Donc gaz, charbon, pétrole, il faut arrêter. Et la France a la chance de pouvoir s'appuyer sur un réseau de réacteurs nucléaires qui peut nous permettre cela. Et donc, il ne faut pas modifier ce qu'on appelle le mix énergétique, selon vous, Fabien Roussel, vous, 75% du nucléaire, comme c'est le cas aujourd'hui, vous pensez qu'il faut rester à ce stade-là ? Non, non, pas du tout.

Nous défendons, nous, le mix énergétique, c'est un des scénarios, d'ailleurs, de RTE, mais avec un mix énergétique où nous faisons progresser la production des énergies renouvelables et la production d'énergie nucléaire dans un scénario où nous allons avoir besoin de plus d'électricité. Parce qu'aujourd'hui, l'énergie, c'est l'énergie fossile. Or, si on veut transformer nos émissions de CO2, les baisser, il faut plus d'électricité. Et l'électricité, eh bien, ça doit être un mix renouvelable et nucléaire. On file au standard où nous attend Benjamin. Bonjour et bienvenue. Bonjour.

14:42
Auditeur

On vous écoute. Bonjour, François Aper, bonjour, M. Roussel. Bonjour. Que ressentez-vous quand vous entendez M. Éric Zemmour dire que son discours sur l'immigration est peu ou prou le même que celui que tenait Georges Marchais à la fin des années 70 ?

14:56
Présentateur

Merci Benjamin pour cette question. Fabien Roussel vous répond. Ça me fait vomir. Je vous le dis franchement. Nous sommes le parti qui avons été les seuls à nous battre contre le colonialisme pour l'indépendance des peuples. Les seuls à avoir dit que les travailleurs étaient tous frères et sœurs, quelle que soit leur origine. C'était valable à l'époque de Georges Marchais, c'est toujours valable aujourd'hui. Et quand j'entends Zemmour parler justement des travailleurs, lui qui court après Orban en Hongrie, ce même président en Hongrie, qui est celui qui a fait passer une loi de flexibilité du travail en 2018, écoutez bien ce qu'il a fait. L'extrême droite au pouvoir c'est ça.

Il a fait passer une loi qui promet aux travailleurs de travailler 400 heures de plus par an et qui seront payées 3 ans après. C'est ça l'extrême droite au pouvoir. C'est une extrême droite qui va exploiter encore plus le monde du travail. Alors oui, quand il parle comme ça, il me fait vomir. Elle est puissante aujourd'hui l'extrême droite. Elle est à 35-40% si on additionne Éric Zemmour avec Marine Le Pen. Oui, elle est puissante et elle est dangereuse. C'est les deux visages d'une même médaille, la Francisque d'ailleurs. D'un côté, il y a ceux qui réhabilitent Pétain et celui qui a fait les rafles, le code des juifs.

De l'autre côté, il y a le Front National qui a été fondé par des anciens collabos, des anciens de l'OAS, qui ont d'ailleurs fomenté l'attentat du petit Claman. Oui, mais comment vous expliquez la dynamique ? Dans les intentions de vote, ça ne sont que des sondages, mais pour l'instant, la dynamique est de leur côté, pas de la gauche. Mais d'abord, ces débats en France ont toujours existé, vifs, parfois violents, et ils ont toujours existé. Mais les grandes conquêtes sociales, elles sont venues quand c'était la gauche et les syndicats qui étaient forts.

Et quand l'extrême droite, elle, était forte et qu'elle prenait la main, eh bien c'est ce que nous avons vécu en 40 avec l'arrivée de Pétain. Quand l'extrême droite est forte ou qu'elle arrive, le monde du travail en souffre. Mais aujourd'hui, les classes populaires se sont détournées de la gauche, pardonnez-moi, et sont de plus en plus tentées par un vote à l'extrême droite. C'est ça qu'on voit aussi.

C'est ce que je regrette, mais j'aimerais bien, moi, c'est l'objet aussi de ma candidature dans cette élection présidentielle, c'est de dire que cette extrême droite, elle va diviser le monde du travail en fonction de sa couleur, en fonction de son origine, de sa religion, alors que nous avons besoin plus que jamais d'être unis pour avoir de grandes conquêtes sociales. A chaque fois que le peuple a été uni, à chaque fois que le monde du travail a été uni, on a eu de grandes avancées dans notre pays.

C'est le Front Populaire, c'est les congés payés, c'est la Sécurité Sociale en 45, quand tous ensemble, nous avons reconstruit le pays, on ne regardait pas quelle était la couleur de son collègue, on l'a reconstruit ensemble, on avait une grande ambition pour le pays. Aujourd'hui, il n'y a plus d'ambition, aujourd'hui, c'est la division. Alors justement, sur la division, Sora est au standard. Bonjour, bienvenue.

17:59
Auditeur

Oui, bonjour Tholande, bonjour Fabien. Tu sais, Fabien, j'ai adhérent au parti, j'ai 88 ans, j'ai adhérent au parti, j'avais 15 ans. Mes parents étaient réfugiés italiens, chassés par Mussolini. Mais tu vois, aujourd'hui, vraiment, j'ai peur, je te suis là-dessus, mais j'ai peur parce que cette extrême droite, on va à la catastrophe. Alors voilà, je me fais un peu le porte-parole de beaucoup de gens. Il faudrait faire tout ce qu'on peut pour qu'il y ait une candidature unique de la gauche au premier tour. Sinon, on va à la catastrophe, j'ai très peur. Voilà.

18:37
Présentateur

Merci.

18:38
Auditeur

Tu peux faire quelque chose quand même.

18:40
Présentateur

Merci, Sora, pour cette question. Sur le même thème, elles sont extrêmement nombreuses sur l'application France Inter. François, l'émiettement de la gauche, ça suffit, Colin, à quand un front commun de la gauche pour une chance réelle au second tour, ras-le-bol de la division ? Que répondez-vous à la camarade Sora et à nos autres auditeurs ? Que je partage, moi aussi, ces inquiétudes face au climat délétère qui existe dans notre pays, un climat de haine et de division du monde du travail. Le peuple a perdu confiance dans une certaine gauche qui a dirigé le pays et qui a renoncé et qui a trahi. Et c'est ça qui fait qu'aujourd'hui, la gauche est aussi bas dans l'estondage, historiquement bas.

Je veux tourner cette page, tourner cette page d'une gauche qui renonce, qui renonce à affronter le capital, qui renonce à mettre en œuvre des réformes de progrès. Et justement, je veux incarner cette gauche qui a le courage, le courage de faire des réformes qui vont permettre à chacun de vivre dignement. C'est la question de la division des troupes qui vous est posée, Fabien Roussel. Oui, mais la diviser, quand bien même nous serions unis, ça ne fait pas 25%, ça ne fait pas une majorité. Donc la gauche a déjà perdu ? Non, justement. Mais comment vous voulez qu'elle gagne ?

Quand on voit l'extrême droite qui, aujourd'hui, est aussi forte, y compris qu'elle arrive à semer son poison dans les têtes des catégories populaires, nous devons aller à la reconquête des cœurs et des têtes. Alors, je vais vous la poser différemment dans la bouche d'un sympathisant La France Insoumise sur l'appli France Inter. Il s'appelle Odin et il vous dit, c'est clair, retirez-vous, laissez-nous une chance d'y arriver. Avec vous, candidat, toutes les mesures que vous revendiquez et que vous copiez-collez de notre programme sont définitivement hors de portée. Réveillez-vous, Fabien Roussel, signez un sympathisant La France Insoumise. Retirez-vous, il vous dit.

Mais je regrette, je rencontre beaucoup, moi, d'anciens électeurs de Jean-Luc Mélenchon qui ont voté pour lui en 2017 et qui disent que plus jamais ils ne re-voteront pour lui et qui se retrouvent dans les valeurs et les combats que je porte. Et donc, Jean-Luc Mélenchon a aussi déçu de son côté. Il y a besoin d'avoir une gauche aujourd'hui qui incarne ce courage d'affronter des questions qui concernent les catégories populaires et les classes moyennes. Excusez-moi, mais enfin, j'ai eu ce courage de parler du nucléaire, de parler de la sécurité, de parler de la vaccination, de dire que je faisais de l'universalisme le principe pour mener le pouvoir.

À tel point que vous séduisez à droite, Fabien Roussel, on a vu plusieurs éditorialistes de droite, même Alain Fingelkraut, je ne qualifie pas sa couleur politique, mais enfin, plutôt conservateur, louer le talent Fabien Roussel. Lui se démarque. Mais parce que je pense qu'il y a véritablement besoin de reconstruire une gauche qui retrouve ses valeurs et qui a ce courage d'affronter les réalités et de répondre aux classes populaires et de ne pas renouer avec cette partie de la gauche qui a déçu et qui a déçu profondément. Xavier, sur l'application France Inter, vous dit, cher Fabien, vous êtes une voix médiane à gauche. Ne vous mélenchonisez pas, s'il vous plaît, point d'exclamation.

Fabien de tout, sur l'application Inter. Eh bien, merci, mais c'est un petit peu ça. On a besoin de reconquérir. Et encore une fois, je ne souhaite soustraire à personne. Je ne souhaite pas enlever des électeurs à Jean-Luc Mélenchon, à Anne Hidalgo ou à Jadot. On voit bien que chacun d'entre nous, on a besoin d'aller reconquérir des cœurs et des têtes pour redevenir une force ensemble majoritaire, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Et donc, c'est cela qui est l'enjeu pour chacun d'entre nous. Et donc, vous irez jusqu'au bout ? Mais j'irai jusqu'à faire gagner ces valeurs, ces combats, ces propositions que je porte. Oui, l'objectif, c'est d'être à l'Elysée pour les mettre en œuvre.

Une dernière question très rapide de John. Quelle est votre position sur la chasse ? M. Jadot a pris position. La vôtre, Fabien Roussel. J'ai pris position aussi. La chasse populaire, ouverte à tous, est une conquête de la Révolution française. Et il faut permettre à ceux qui la pratiquent comme un loisir, qu'ils puissent la permettre. Et puis, ils participent, eux aussi, à l'entretien de nos forêts et de l'environnement. Il faut réussir à avoir un dialogue entre tous ceux qui ont l'usage de la forêt. randonneurs, vététistes, chasseurs. Donc la proposition de Yannick Jadot d'interdire la chasse le week-end et les vacances scolaires, c'est non ? Ce n'est pas une bonne proposition.

Je ne la partage pas. Je préfère, moi, qu'il y ait un vrai dialogue pour que l'on puisse tous partager la forêt. Voilà la réponse, John, de Fabien Roussel. Merci, je redonne le titre de votre feuille de route pour la présidentielle. Le livre était sorti début septembre. Ma France heureuse, solidaire et digne s'est publiée aux éditions du Cherche Midi. Merci d'avoir été à notre micro ce matin. Merci à vous.