Y a pas que le périnée qui craque
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
madame la ministre il n'y a pas que le périnée qui craquent cigognes mes papilles jaune fini d'être sage les sages femmes ont la rage ses slogans les élus sur des pancartes âme à amiens mais on les retrouve à tours et à strasbourg à paris à nancy dans des manifestations qui rassemblent jusqu'à un quart de la profession dans une grève qui dure maintenant depuis plus d'un mois ce mouvement ce mouvement de conquête de reconquête par les femmes pour les femmes je voudrais ici en montrer le sens profond leur place est dans le temps long durant des siècles les sages femmes ont procédé seul sans homme sans médecins aux accouchements mais voilà que d'un coup dans l'après-guerre tous leurs savoirs millénaires et rejeté comme des préjugés de grand mère elles subissent les diktats des médecins et c'est un médecin qui me racontait cela un gynéco paul cesbron co auteur de une histoire de la naissance en occident tout le pouvoir réside désormais entre les mains de la science me disait-il et c'est nous nous les blouses blanches nous qui savons la science impose alors la position ce sera pour tout allonger les jambes en l'air la science impose après la naissance la position du bébé ce sera sur le ventre et plus sur le dos la science un poste qu'on donne le biberon et plus le sens la science impose même les horaires des biberons 8 heures 15 heures 16 heures la science un poste surtout d'avoir le sexe tranché arrive la manie de l'épisiotomie se souvient paul cesbron je me vois avec une paire de ciseaux en train de couper leur périnée c'est tout même violent comme pratique la science s'impose enfin la date de l'accouchement avec le déclenchement à j + 4 up ont déclenché ça correspond conclut paul cesbron au fantasme de la toute puissance du médecin le bébé ne n'est plus on le fait naître la naissance et médicalisée monitorer technicisé déclencher la femme devient patiente presque passive elle subit plus qu'elle ne choisit alors à quoi si se tourne maintenant depuis 10 ans 20 ans un retour de balancier les femmes ne veulent plus subir mais choisir choisir la position accroupie ou à quatre pattes ou sur le côté choisir d'être déclencher ou non choisir la péridurale ou non choisir bien souvent un accouchement plus naturel les femmes veulent reprendre du pouvoir sur leur vie et sur ce premier acte de la vie et en même temps même temps les sages femmes elles aussi reprennent du pouvoir reprennent du pouvoir sur ce premier acte de la vie elles retrouvent leur place au premier rang dans la salle d'accouchement pour de mauvaises raisons la france manque de gynéco les sages-femmes coûte moins cher mais aussi pour de bonnes raisons elle ne se laisse plus terre plus relégué derrière elles revendiquent leur savoir leur savoir faire la maïeutique l'art de l'accouchement elle participe à une renaissance de la naissance à une réinvention de ce geste millénaire par les femmes et pour les femmes pour leur bien-être pour leur santé pour leur sécurité et déjà déjà des fruits sont là le taux d'épisiotomie a diminué même s'il reste élevé voilà le mouvement le mouvement historique le mouvement pour moi formidable d'émancipation de libération auquel nous assistons mais ce mouvement de progrès aujourd'hui entre avait entravé par les budgets entravée par les grosses maternités entravée par les manquements qu d'humains manque de main que se passe-t-il quelle est la contradiction présente une naissance plus naturel moins médicalisé ça prend plus de temps ça réclame plus d'accompagnement or combien sont-elles en salle d'accouchement deux sages-femmes deux sages-femmes à courir entre quatre cinq six dix patientes avec parfois des histoires atroces franchement gore que je vous épargne ici mais qui leur font dire le matin on arrive avec l'angoissent j'espère qu'il va pas y avoir de morts et le soir quand on s'assoit dans la voiture ont fait ou font elles éprouvent surtout plus quotidiens plus ordinaire le sentiment leur travail de mal le faire toujours un oeil sur le chrono ce matin j'étais en chambre ça sonne ça sonne chez une patiente qui voulait la péridurale mais on arrive trop tard l'accouchement était en cours et donc dans la douleur une patiente je lui ai menti elle était à 3 cm mais je lui ai dit marcher encore une heure après ça sera bon parce que j'avais quatre dossiers en retard des déclenchements on en fait par facilité ça permet de programmer on nous oblige à accoucher à la chaîne et en même temps on nous dit qu'il faut accompagner alors que nous n'avons pas cinq minutes pour disputer la crise d'aujourd'hui madame la ministre des manifestations les démissions voilà la cause la cause essentielle le sentiment la conviction de mal faire leur travail la tension immense entre l'éthique l'éthique individuelle professionnelle et la pratique le fossé entre le désir le désir des femmes le désir des sages femmes que ce soit un moment à part avec du merveilleux et du douloureux avec du soin du lien et non un processus taylorisés automatisé monitorer et finalement déshumanisé voilà la tension à résoudre alors les revenus auraient eu c'est tant mieux la formation allongée tant mieux mais si nous plaçons l'argent avant le temps si nous traitons le porte monnaie mais pas les coeurs si vous ne relevez pas en salle d'accouchement les taux d'encadrement s'ils ne vous permettait pas plus de lien plus de soins alors rien ne sera résolu et les sages femmes continueront de craquer plus que le périnée
François Ruffin