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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 22 novembre 2018 25 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieSolidarités & familleInstitutions & élections

Retour de François Hollande : "Je pense que les Français ont tourné la page, moi j'ai tourné la page", affirme Benoît Hamon

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:24FerméeRéponse directe

    Est-ce que vous, Benoît Hamon, vous soutenez cet appel ?

  • 0:48RelanceRéponse partielle

    Aux gilets jaunes, vous dites, stop, il faut arrêter, rentrez chez vous ?

  • 2:00RelanceÉludée

    Si ce mouvement, Benoît Hamon, est ce que vous dites, et uniquement ce que vous dites, vous devriez quasiment être devant le cortège.

  • 2:40OuverteRéponse directe

    C'est une colère juste à vos yeux ?

  • 3:43RelanceRéponse directe

    Mais Total paye des impôts en France.

  • 5:05OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous inspire, ce climat ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:16Invité politiqueFait
    « Je n'ai pas participé aux manifestations des gilets jaunes jusqu'ici. Je n'y participerai pas samedi. »
  • 2:20Invité politiqueFait
    « Parmi les gilets jaunes, il y a des gens qui vont être radicalement à l'opposé du projet politique que je porte. »
  • 3:30Invité politiqueFait
    « Total, aujourd'hui, bénéficie de crédits d'impôt financés par quoi ? Par les taxes sur le carburant. »
  • 4:19Invité politiquePromesse
    « Il faut un impôt spécial total ou un impôt spécial sur les grands groupes du CAC 40 ? Sur les hydrocarbures, je pense qu'il faut aujourd'hui avoir une fiscalité spécifique. »
  • 4:44Invité politiqueFait
    « Qui paiera le réchauffement climatique ? Les citoyens comme contribuables quand il faudra financer des travaux d'aménagement. »
  • 5:54Invité politiqueFait
    « L'Assemblée nationale est devenue, à défaut d'avoir du pouvoir, dans la Ve République, qui est devenue un cirque, où on cherche à s'y faire voir. »
  • 10:07Invité politiquePromesse
    « J'ai évoqué un sujet qui serait les fiscalités spécifiques sur ceux qui font des bénéfices grâce à l'exploitation du pétrole. »
  • 10:17Invité politiquePromesse
    « Il n'y a pas de raison aujourd'hui que le kérosène des avions ne le taxe pas. »
  • 11:21Invité politiquePromesse
    « On peut baisser la TVA et la mettre à 5,5 sur aujourd'hui les mobilités propres. »
  • 11:47Invité politiqueChiffre
    « On vient de basculer 600 millions d'euros des taxes carburants vers le budget général. »
  • 19:44Invité politiqueFait
    « Les faits qui sont sur la table sont suffisamment graves pour que s'ils sont avérés ils soient punis et lourdement punis. »
  • 21:46Invité politiqueFait
    « Je pense que les français ont tourné la page. Moi j'ai tourné la page. »

Temps de parole

  • Benoît Hamon71 %
  • Locuteur 99 %
  • Présentateur8 %
  • Présentateur 27 %

2,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:05
Présentateur

L'invité politique de France Info est ancien candidat à l'élection présidentielle, fondateur du mouvement Génération. Il est interrogé pour la première question par Renaud Delis. Bonjour Benoît Hamon. Bonjour Renaud Delis. Alors au sixième jour du mouvement, ce mouvement des gilets jaunes s'essouffle, mais il demeure des blocages de ci de là. Puis il y a un nouvel appel, un rassemblement samedi pour bloquer Paris. Est-ce que vous, Benoît Hamon, vous soutenez cet appel ?

0:27
Benoît Hamon

Non, moi je n'ai pas participé aux manifestations des gilets jaunes jusqu'ici. Je n'y participerai pas samedi. En l'occurrence samedi, je défilerai avec les femmes et les hommes qui sont mobilisés contre les violences sexistes et sexuelles, qui était une manifestation prévue avant celle des gilets jaunes, et qui va poser la question de l'égalité entre les femmes et les hommes, qui est un sujet qui reste important dans notre société. Aux gilets jaunes, vous dites, stop, il faut arrêter, rentrez chez vous ? Non, mais moi j'essaye, écoutez, moi je suis dans l'opposition au gouvernement. J'essaye de comprendre ce qui se passe dans ce pays.

Il me semble qu'il y a un point commun à la plupart des convulsions dans la société française, et ce point commun, c'est que tout le monde demande de l'égalité. Dans ce que j'entends des gilets jaunes, je ne vais pas parler à leur place, il peut y avoir un discours très anti-impôt, anti-taxe, parfois anti-parlementaire, mais il y a aussi un message que moi je comprends comme homme de gauche, qui est de dire, je ne comprends pas que moi je paye tant d'impôts et que j'ai le droit à trois fois moins de services publics qu'ailleurs. Pourquoi je n'ai pas de gare ? Donc pas d'alternative à la voiture ? Pourquoi je n'ai pas de maternité ? Pourquoi j'ai moins d'école ?

Et cette demande d'égalité, je la comprends. Et je pense d'ailleurs, si on s'y penche, si on essaie de construire une synthèse des protestations de la société française, d'où qu'elles viennent, c'est que cette demande d'égalité est de plus en plus forte. Pourquoi ? Parce qu'on a laissé les inégalités ronger la société française depuis trop longtemps. Donc, sur ces questions-là, moi j'entends bien en tout cas proposer un débouché politique global à ces mouvements, sans pour autant basculer dans la tentative de récupération un peu pathétique auquel se livrent quelques-uns des représentants de la classe politique, à droite comme à gauche.

2:00
Présentateur

Si ce mouvement, Benoît Hamon, est ce que vous dites, et uniquement ce que vous dites,

2:03
Benoît Hamon

vous devriez quasiment être devant le cortège. Non, vous avez remarqué que j'ai bien fait la distinction entre ce que j'entends et ce que moi j'analyse de la société française. Parmi les gilets jaunes, il y a des gens qui vont être radicalement à l'opposé du projet politique que je porte. Pour autant, ne sont-ils pas victimes d'inégalités ? Si. Moi, je ne m'intéresse pas seulement au message que ces gens apportent. Je regarde ce qui nourrit la colère.

Et ce qui nourrit la colère en France, c'est qu'on vous parle de République, mais vous avez l'impression que, finalement, il y a une caste, sinon une classe, qui a fait sécession avec l'intérêt général, c'est-à-dire qu'ils ne s'en préoccupent absolument pas, ce sont les plus riches.

2:40
Présentateur

C'est une colère juste à vos yeux ?

2:44
Benoît Hamon

Voilà à quelle référence vous avez. Je pense qu'il y a... Vous faites attention au fait que c'est que le roi a la justice d'expression. Quand elle proteste contre l'injustice qui est faite toujours au même, et qu'ils ne comprennent pas d'être mis à contribution. Quand on vous demande des sacrifices, quand vous n'en comprenez pas le sens. Et moi, je veux dire, on oppose souvent d'ailleurs les ruraux, les périurbains aux urbains, mais finalement, il peut y avoir des gens en métropole qui disent « Nous, on paye des loyers incroyables ». Et l'originelle est la même.

C'est qu'il n'y a pas d'encadrement des loyers, c'est qu'on laisse la spéculation immobilière, comme ceux qui vous disent « Aujourd'hui, on paye des taxes sur les carburants qui sont tels qu'elles affectent notre pouvoir d'achat, qu'il s'agisse de la cuve de fioul ou du plein de la voiture ». Et là encore, l'originelle est la même. C'est le fait qu'on ne taxe pas Total, que pire, les taxes qui sont posées sur les carburants financent les crédits d'impôt pour Total. Pourquoi vous dites que Total n'est pas taxé ? Parce que Total, aujourd'hui, bénéficie de crédits d'impôt financés par quoi ? Par les taxes sur le carburant. Ce n'est pas gros, ça. Eux, ils gagnent à chaque fois.

3:43
Présentateur

Mais Total paye des impôts en France.

3:45
Benoît Hamon

Peu d'impôts en France. Est-ce qu'il fait peu de bénéfices en France ? Mais non. Mais moi, je pose un principe. Ce qu'ils exploitent, ce sont les communs, nos richesses naturelles, le pétrole qu'on va chercher sous terre. Le pétrole, il ne pousse pas en France. Non mais d'accord, j'ai bien compris. Mais des communs, c'est quoi ? En l'occurrence, on va faire des autorisations de forage en contradiction avec tous les engagements qui ont été pris sur le plan écologique par le gouvernement au large de la Guyane. Donc, il y a quand même un peu de pétrole aussi qu'on va exploiter comme cela.

Mais ce que je dis, c'est que ces communs-là, ces ressources-là, elles justifieraient une fiscalité spécifique. Au nom de quoi, on accepte que ces gens-là privatisent les profits considérables. Il faut un impôt spécial total ou un impôt spécial sur les grands groupes du CAC 40 ? Sur les hydrocarbures, je pense qu'il faut aujourd'hui avoir une fiscalité spécifique. Il y a là des richesses considérables qui se concentrent dans des mains peu nombreuses sous la forme de l'exploitation d'un commun, une ressource naturelle, et qui en plus, aujourd'hui, ce commun est en train de nous précipiter vers un réchauffement climatique inexorable. Qui paiera le réchauffement climatique ?

Les citoyens comme contribuables quand il faudra financer des travaux d'aménagement. Mais en plus, ils le paieront, là où ils habitent sur le littoral, là où leur mode de vie seront transformé, d'abord les plus modestes et les plus pauvres. Donc c'est la raison pour laquelle, aujourd'hui, la transition écologique, elle est nécessaire, et qu'il faut aller la financer par ceux qui polluent. Et qui pollue d'abord ? Total.

5:04
Présentateur

Renaud Delis. Il y a un climat politique tendu qui s'aggrave autour de ce mouvement, Benoît Hamon, depuis quelques jours. Il y a eu des violences aussi dans ce mouvement. Hier, il y a eu un incident à l'Assemblée nationale. Un député Jean Lassalle a revêtu un gilet jaune, ce qui a provoqué un incident de séance. Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, est intervenu.

5:22
Locuteur 2

Je pense aux deux personnes qui sont mortes depuis samedi. Je pense aux 584 blessés. Je pense aux 110 policiers et gendarmes qui, pour garantir la protection, mesdames, messieurs les députés, la protection du droit fondamental de manifester, se sont retrouvés blessés.

5:45
Présentateur

Qu'est-ce qui vous inspire, ce climat ? A la suite de cet incident, on a vu des députés quitter la mi-cycle, notamment des députés du Rassemblement national et de la France insoumise.

5:53
Benoît Hamon

Je pense que ça fait, ça n'est pas d'hier, mais que l'Assemblée nationale est devenue, à défaut d'avoir du pouvoir, dans la Ve République, qui est devenue un cirque, où on cherche à s'y faire voir. On y met un gilet jaune pour Jean Lassalle, le ministre de l'Intérieur surjoue l'autorité pour faire plaisir aux troupes, etc. Bon, ça c'est la réalité aussi d'une démocratie dans laquelle beaucoup de citoyens ont l'impression que leur bulletin de vote ne leur donne aucun pouvoir. Surtout pas de changer leur vie. Ils leur donnent le pouvoir de changer les acteurs du cirque.

Réfléchissons un petit peu aussi au fait que, je vous parlais d'égalité, beaucoup de nos concitoyens disent, mais est-ce que mon bulletin de vote à moi vaut quelque chose ? Est-ce qu'il vaut autant que celui du plus riche qui finalement, de toute manière, lui se voit dorlotté, cajolé par les pouvoirs qui se succèdent ? C'est ça aussi qui doit nous interroger. Moi, ma responsabilité politique, aujourd'hui, elle n'a pas beaucoup de valeur à la parole politique en France. Ma responsabilité, elle est justement d'indiquer ce qu'est le chemin possible. Quelle est l'origine de tous ces mots ? Parce que, parfois, on a l'impression quand on écoute les Français que chacun est dans son couloir de nage.

On ne voit pas le point commun qui peut exister entre une infirmière qui, hier, protestait contre les conditions de travail lamentables qui sont les siennes, un gilet jaune, une population qui proteste contre la fermeture d'une maternité. Bref, or, il y a un point commun à tout ça. C'est que la République, elle a disparu dans beaucoup de territoires. On n'a plus accès aux services publics. On a le sentiment qu'on n'est pas protégé de la même manière, qu'on n'a pas les mêmes droits. Et on a des responsables politiques qui, eux, s'amusent à jouer la comédie.

Bon, moi, je pense que la réponse, elle est démocratique, changer les institutions, que la réponse, elle est fiscale, il faut répartir différemment les richesses. La réponse, elle est en termes d'engagement pour la transition écologique et pour les services publics. C'est comme ça qu'on arrivera à se reconstruire une communauté de destin. C'est ce qui manque aujourd'hui, tragiquement. Et il me semble que la parole du président de la République n'est pas capable de répondre à ça, qu'il est très à faune, aujourd'hui, en tout cas.

7:50
Présentateur

On va en reparler dans une minute, 8h40, l'essentiel de l'actualité. David Doba, et on poursuit cet entretien avec Benoît Hamon dans un instant, dans une minute.

7:58
Locuteur 9

Les experts mandatés par la justice le confirme. Vincent Lambert ne va pas mieux. Ils évoquent un état végétatif chronique irréversible, conclusion qui pourrait du coup faire basculer la bataille judiciaire autour d'un éventuel arrêt des soins. Il évoque un changement de méthode devant 2000 maires qu'il a jugés d'ailleurs fatigués. Emmanuel Macron promet plus de concertations. Il les avait conviés à l'Elysée pour une séance de questions-réponses. François Bayrou appelle l'exécutif à réfléchir avant de relever les taxes sur le carburant. Le maire de Pau estime que l'on pourrait reprendre l'idée d'une modulation en fonction du coût du baril.

Elle leur enclère bien plus de taxes quand les prix sont bas et évidemment moins de taxes lorsque ces derniers montent. Les gilets jaunes toujours mobilisés. Quelques actions à signaler ce matin notamment en Bretagne à Quimperlet et Pontivy. Une aire d'autoroute sur l'A34 est bloquée dans les Ardennes. Une cinquantaine de camions sont retenus. Et puis c'est une information de France Info. Le comité d'organisation des JO de Paris 2024 lance un label à destination des collectivités territoriales. Son nom Terre de Jeux 2024 objectif impliquer le plus de Français possible autour de projets via la santé, l'éducation, l'environnement ou encore le sport.

9:08
Présentateur

Benoît Amont, François Bayrou fait une proposition ce matin dans le Figaro pour sortir de cette crise des gilets jaunes. Il propose qu'on monte les taxes sur les carburants quand le pétrole baisse et qu'on baisse les taxes quand le cours du pétrole monte. Ça existait dans le temps il y a quelques années. Ça s'appelait la TIPP flottante. Ça permettait d'adoucir les hausses et les baisses. Est-ce que c'est une bonne idée ?

9:28
Benoît Hamon

Écoutez, si ça permet de soulager la contribution qui est celle des citoyens, c'est-à-dire si plus juste socialement mais que ça finance vraiment la transition écologique et énergétique, oui, le sujet c'est quand même qu'il va falloir mettre quelques milliards pour changer la manière dont on produit, on consomme et on se déplace. ça, ça reste l'urgence absolue. Comment trouver ces milliards-là qui sont nécessaires pour passer à des mobilités alternatives à la voiture ? Comment faciliter le passage d'une voiture à essence vers une voiture électrique ? Mais pour le court terme, est-ce que c'est de nature

10:03
Présentateur

à remettre un peu d'huile ?

10:04
Benoît Hamon

J'ai évoqué un sujet qui serait les fiscalités spécifiques sur ceux qui font des bénéfices grâce à l'exploitation du pétrole. Je vais vous faire deux autres propositions supplémentaires. Il n'y a pas de raison aujourd'hui que le kérosène des avions ne le taxe pas. Ça, ce n'est pas possible.

10:20
Présentateur

La ministre des Transports qui était assise à votre place il y a quelques jours ici même à France Info Elisabeth Borne nous a dit que c'est impossible vu la concurrence internationale. On lui a rappelé qu'on pouvait le faire

10:28
Benoît Hamon

uniquement pour les vols intérieurs et elle a dit que ça ne rapporterait rien. Non mais bon c'est insupportable. C'est fascinant de voir comment Mme Borne se préoccupe moins de la transition écologique que de la manière dont le cours de l'action d'Air France va fonctionner. On s'en moque de ça. Aujourd'hui les choix politiques sont en effet et si on demande des sacrifices y compris à l'actionnaire d'Air France on peut lui demander que les dividendes qu'il va recevoir sur l'année qui vient de passer

10:53
Présentateur

C'est pas que l'actionnaire c'est le passager aussi si le kérosène est plus cher le passager est pas plus cher.

10:57
Benoît Hamon

Non c'est pas le passager si à un moment on diminue les dividendes au détriment du coût que paye le passager pour prendre l'avion. Si ça fragilise Air France on s'en moque. Mais attendez non mais ces paroles d'autorité de ces gens là qui sont toujours là pour vous dire oui c'est normal que vous fassiez des sacrifices aux petits retraités ou mais c'est très compliqué au nom de la concurrence internationale qu'on demande à Air France de faire des efforts ça suffit. Première chose.

La deuxième remarque que je veux faire on peut baisser la TVA et la mettre à 5,5 sur aujourd'hui les mobilités propres on peut le faire sur le fait d'acheter une voiture électrique on peut le faire sur toute une série d'actes qui seraient des actes qui contribuent du point de vue du consommateur du citoyen à basculer vers un modèle sobre sur le plan énergétique mais on ne le fait pas. Pourquoi là encore ?

Parce que en fait on va se dire la vérité et on vient d'en avoir la preuve on vient de basculer 600 millions d'euros des taxes carburants vers le budget général et De Rugy vous dit oui mais parce que ce sont des ressources qui n'avaient pas été utilisées et parce que les énergies renouvelables coûtent moins cher. Mais ces 600 millions d'euros on n'en a pas besoin aujourd'hui on en aura largement besoin c'est même 13 ans de ça de l'effort qu'il faudrait faire.

12:04
Présentateur

Si je résume vos propositions Benoît Hamon on taxe les pétroliers et notamment Total on taxe le kérosène des avions on baisse la TVA sur certains modes de transport on n'avait pas répondu sur la proposition de François Bayron

12:14
Benoît Hamon

mais je pense que moi je trouve que c'était le problème c'est le rendement de l'impôt si à la fin ces taxes-là ne sont pas affectées à la transition écologique d'abord ça ne sert à rien effectivement dans ce cas-là et donc pourquoi pas retrouver une forme de comment dire de de variable qui permet justement d'adapter le prix à la pompe en fonction du prix du baril mais de toute façon de toute façon je vais le dire ici nous nous dirigeons vers une époque où le carburant va coûter plus cher d'abord parce qu'il se raréfiera et puis parce que c'est nécessaire qu'on bascule vers d'autres modes de développement ce que moi je conteste

12:51
Présentateur

vous dites donc la transition écologique c'est forcément de toute façon plus de taxes plus d'impôts il faut assumer ce discours

12:56
Benoît Hamon

ça va être douloureux mais à condition à condition ça ne peut ne pas être douloureux mais si vous avez le choix entre prendre votre voiture et autre chose les gilets jaunes ils habitent dans des territoires où il s'est passé quoi on a fermé les gilets on ferme les petites lignes de train au nom de quoi de la rentabilité donc parce qu'on ne fait plus de service public ils vous disent mais attendez moi je paye bien un impôt moi pourquoi est-ce que quand je paye un impôt j'ai plus lourd à mon école et à mon train et qu'ailleurs il y a plein d'écoles du train plein d'alternatives je n'ai aucun autre choix que de prendre la voiture et je n'ai même pas d'incitation à basculer sur un mode de transport quand j'ai ma voiture individuelle qui soit plus sobre et plus propre c'est ça le sujet il manque et c'est même pas un bras il manque une multitude de membres de comment dire de politiques à cette ambition du gouvernement de lutter contre le réchauffement climatique et c'est ça aussi que pointe le mouvement des gilets jaunes c'est que si ce gouvernement était crédible sur la transition écologique

13:54
Présentateur

précise

13:54
Benoît Hamon

s'il était crédible beaucoup je pense accepterait davantage comment dire plus de sacrifices ce que je veux dire c'est qu'aujourd'hui il n'y en a qu'une population qui fait des sacrifices et cette population elle proteste et elle est légitime à dire que ça n'est pas

14:08
Présentateur

alors il y a un homme qu'on n'entend plus depuis trois mois et pour cause il a démissionné du gouvernement un matin sur France Inter c'est Nicolas Hulot il revient ce soir à la télévision cette fois c'est sur France 2 Renaud Delis c'est sur France 2 que l'ancien ministre de la transition écologique réapparaît ce soir et il livre déjà un diagnostic du différent qu'il a eu avec Emmanuel Macron et qu'il a conduit à claquer la porte du gouvernement on écoute Nicolas Hulot

14:30
Locuteur 3

on n'avait pas le même diagnostic sur l'état de la planète et sur les menaces qui pèsent sur l'humanité donc à partir du moment on n'a pas le même diagnostic on ne propose pas le même traitement

14:38
Présentateur

il manque aujourd'hui Nicolas Hulot ce combat contre le réchauffement climatique que vous évoquiez à l'instant

14:43
Benoît Hamon

oui moi je pense que c'est une personnalité importante moi j'avais discuté avec lui pendant la présidentielle il avait voté pour moi d'ailleurs à l'élection présidentielle quand il a fait le choix de rejoindre le gouvernement d'Emmanuel Macron moi j'avais été surpris parce que le diagnostic pour le con faisait le même et il me semblait que déjà on savait que le diagnostic d'Emmanuel Macron n'était pas le même mais il a fait un pari et il s'est dit de l'intérieur j'arriverais peut-être à changer tout cela et il a constaté au bout d'un an qu'il n'y arrivait pas ce qui est très intéressant c'est les raisons pour lesquelles il est parti quand il a dit et je crois qu'il est le plus fondamental qu'il avait déjà écrit dans un livre c'est que il n'est pas compatible aujourd'hui de vouloir d'être écologiste en quelque sorte de préparer l'avenir de nos enfants en continuant avec des politiques libérales qui continuent à dire qu'on peut faire de la croissance de la croissance de la croissance dans un monde fini on vit dans un monde fini et aujourd'hui on est en train de nous expliquer qu'on peut faire une croissance infinie dans un monde fini donc ça n'est pas compatible alors il en tire les conséquences au bout d'un an il n'a pas réussi à faire changer Emmanuel Macron en même temps il m'aurait demandé mon avis vous l'auriez dit vous avez pris contact

15:54
Présentateur

avec lui depuis sa démission

15:55
Benoît Hamon

je lui ai juste envoyé un message au moment où il est parti mais je n'ai pas il vous a répondu non l'occurrence ça ne vous regarde pas d'accord vous m'avez quand même dit non non non c'est pas ça c'est que pour porter ce discours Benoît mais ce que je veux dire là dessus sur ce point moi je ne fais pas la course à la marque Hulot non mais vous avez raté qu'il avait voté pour vous

16:14
Présentateur

pardon Renaud il pourrait revenir avec vous aujourd'hui sans rendre compte

16:17
Benoît Hamon

moi c'est très simple en politique depuis quelques temps je considère que j'écoute les gens quand je suis d'accord principalement avec eux j'ai envie de travailler avec eux donc si vous me dites Nicolas Hulot je suis principalement d'accord avec Nicolas Hulot donc j'ai envie de travailler

16:32
Présentateur

avec Nicolas Hulot et tout simplement on le voit aujourd'hui les gauches ces miettes s'opposent en perspective des européennes les écologistes aussi Nicolas Hulot ça ne ferait pas une bonne tête de liste justement pour porter ce discours

16:42
Benoît Hamon

et pour rassembler les gauches et les écologistes je comprends ce que vous dites sauf que ce n'est pas comme ça que les choses vont se poser et moi je ne pense pas qu'il faille le mettre immédiatement lui ce qu'il ne souhaite pas j'imagine sur le terrain de la candidature vous non plus vous le souhaitez pas vous ne souhaitez pas non non moi je ne suis pas fermé à rien non non je suis fermé à rien s'il revient vous annulez tout c'est lui le candidat naturel vous n'allez plus aux européennes évidemment on n'annule rien ça ne veut rien dire ce que vous dites le sujet ça ne se joue pas sur une personne simplement il y a un homme aujourd'hui qui est capable de faire 10, 15 ou 20% des voix à une élection européenne chez les écologistes c'est lui il n'y en a pas d'autres je vous dis juste une chose moi je suis sorti je vous invite à en sortir de cette logique selon laquelle il y aurait parmi nous un sauveur qu'il s'agirait de trouver tous les 5 ans on le trouve et puis on se rend compte au bout d'un an qu'il ne sauve rien du tout Macron Hollande Sarkozy personne ne sauve rien ça n'existe pas l'homme providentiel et Hulot n'est pas plus providentiel que qui que ce soit ce qui m'intéresse justement dans les leçons qu'il peut tirer lui de l'exercice du pouvoir comme je les ai tiré moi-même et quelques autres de l'exercice du pouvoir de la 5ème république c'est de croire en l'intelligence collective à cette intelligence collective j'y travaillerai et c'est pour ça que je vous dis je regarde et j'écoute ce que disent les gens quand je suis principalement d'accord avec eux j'ai envie de travailler avec eux mais et c'est le seul mais que je pose qui ne concerne en l'occurrence pas Hulot parce que je ne sais pas ce qu'il va dire c'est qu'après le fond il y a les questions stratégiques c'est où veut-on aller et moi je ne suis pas prêt à courir tous les lièvres à la fois pour pouvoir essayer gagner une élection etc je reste attaché au fond que je porte voilà et sur les questions écologiques comme sur les questions sociales parce qu'il me semble que c'est la même question

18:18
Présentateur

suite de cet entretien dans une minute avec Benoît Hamon 8h51 David Doba

18:21
Locuteur 9

La nuit a été un peu plus calme que les autres à la réunion mais avec des tentatives de pillage et des jets de cocktails Molotov la situation reste tout de même tendue depuis samedi 30 membres des forces de l'ordre ont été blessés des gendarmes venus de métropole sont attendus désormais en renfort surprise hier à l'assemblée Nicole Belloubet annonce sa volonté de réformer par ordonnance la justice des mineurs Christiane Taubira et Jean-Jacques Urbois s'étaient engagés à le faire sans pour autant y parvenir Carlos Ghosn fixé sur son sort aujourd'hui le conseil d'administration de Nissan se réunit toujours en garde à vue il pourrait être remplacé par l'actuel directeur général Hiroto Sekawa ce matin le parquet de Tokyo refuse de préciser si Carlos Ghosn reconnaît ou non les faits un mort 4 blessés une fusillade à la Kalachnikov a éclaté hier soir ça s'est passé dans une cité de Toulon la cité des Oeillers précisément la police judiciaire est chargée de l'enquête et puis Jacques Brunel le sélectionneur du 15 de France procède à 2 changements dans l'équipe de départ pour affronter les Fidji samedi Benjamin Fall et Rabat Slimani sont titularisés Demba Bamba et Julien Marchand pourraient connaître à leur tour leur première sélection

19:27
Présentateur

France Info Benoît Hamon ancien candidat à la présidentielle fondateur du mouvement Génération et l'invité de France Info jusqu'à 9h est-ce que vous avez un mot à dire sur la situation de Carlos Ghosn qui est toujours en garde à vue au Japon suspecté de fraude fiscale

19:42
Benoît Hamon

en tout cas les faits qui sont sur la table sont suffisamment graves pour que s'ils sont avérés ils soient punis et lourdement punis parce que qu'est-ce que c'est que ces comportements de ces gens très très très riches incroyablement riches qu'on n'arrive même pas à concevoir ce qu'ils font de tout cet argent et qui en dépit du fait qu'ils sont très très très riches vont quand même frauder pour pouvoir avoir encore plus d'argent moi ça me laisse sur chaque fois totalement silencieux je ne comprends pas comment on peut être cupide à ce point là après on va voir comment la procédure va se dérouler qu'elle aille jusqu'au bout ce qui est vrai ce qui n'est pas vrai en tout cas indépendamment de Carlos Ghosn ce ne serait pas le premier grand patron très très riche payé de manière incroyablement indécente qui en plus se paierait un petit paradis fiscal où il irait frauder le fisc donc je veux dire il y a quelques antécédents qui ne concernent peut-être pas Ghosn lui-même mais de grands patrons qui ne se sont pas révélés particulièrement respectueux du droit et des délinquants de premier ordre pour faire vite donc moi j'ai aucune indulgence à l'égard de ces comportements-là la délinquance au col blanc je suis pour qu'on la punisse très sévèrement on verra si c'est le cas ou pas mais ne me demandez pas de verser une larme

20:49
Présentateur

vous disiez il y a quelques minutes Benoît Hamon que la politique et la gauche n'avaient pas besoin d'un sauveur suprême ou autre il y a pourtant une voix qu'on entend de plus en plus ces dernières semaines vous allez la reconnaître c'est celle de François Hollande voici un résumé de quelques-unes de ces dernières interventions

21:05
Locuteur 7

ça vient de très loin il faut le temps que ça arrive les compatriotes avec cette idée obsédante du retour ils ne me regarderaient pas de la même manière je préfère qu'ils me disent on vous regrette ou quand est-ce que vous revenez plutôt que ce soit moi qui leur dise j'arrive

21:23
Locuteur 6

les français je pense qu'il ne faut pas leur faire la leçon il faut leur donner des informations beaucoup d'informations et des explications

21:31
Présentateur

c'est la vie politique intégralement ou pas ? vous allez revenir ? je vais revenir vous allez revenir ? oui je vais revenir je vais revenir dit-il à une dame qu'il a croisée il revient François Hollande ça vous réjouit Benoît Hamon ?

21:43
Benoît Hamon

je pense que les français ont tourné la page moi j'ai tourné la page mais bon après c'est un ancien président de la république c'est une voie qui peut être utile à la gauche il y en a déjà eu d'autres anciens président de la république moi je pense que la cinquième république c'est une forme de drogue dure pour certains il y a une addiction au pouvoir ou à l'impression d'un pouvoir parce que des fois on peut se demander il faut qu'il décroche François Hollande ?

non c'est pas moi je rentre pas là-dedans vous dites la politique il y a une forme d'addiction quand on a parlé sur François Hollande mais je constate je constate c'est pas le premier Nicolas Sarkozy quelques autres etc je vous dis moi j'ai tourné la page je pense que les français aussi

22:22
Présentateur

il y a quelqu'un d'autre qui aspire potentiellement à revenir en tout cas qui écoute ce qu'on lui dit dans la perspective des élections européennes c'est Ségolène Royal

22:29
Locuteur 1

je reçois et j'entends ceux qui me sollicitent aujourd'hui et je ne demande rien je n'ai pas envie de mener une campagne électorale je regarde ce qui se passe et je regarde comment en début d'année prochaine je peux peut-être être utile mais on verra

22:44
Benoît Hamon

elle en a envie visiblement Ségolène Royal Benoît Hamon vous me demandez de commenter des paroles où en fait on a l'impression que ces mots-là la manière dont ils s'enchaînent on les a entendus cent fois dans la bouche c'est une voix forte

22:56
Présentateur

sur la gauche et sur la défense de l'écologie Ségolène Royal

22:59
Benoît Hamon

elle n'est pas crédible à vos yeux c'est pas le sujet franchement parce qu'à la fin ça se résume à est-ce qu'on a envie que cette personne-là revienne ou pas ça fait 30 ans que ces personnalités-là participent au débat public moi je n'aurais aucun mot désagréable les concernant mais il me semble qu'il faut se tourner vers l'avenir voilà et j'essaye de me tourner vers l'avenir l'avenir ce sont

23:25
Présentateur

les élections européennes est-ce qu'elle ferait une bonne candidate Ségolène Royal hors parti pour transcender la gauche et les écologistes

23:32
Benoît Hamon

écoutez vous demandez le socialiste je crois qu'elle a voté Emmanuel Macron présidentielle elle a sans doute des convictions parfaitement respectables moi j'écoute tout le monde mais moi je suis pas là-dedans nous on a lancé avec mon mouvement génération un appel à des candidatures citoyennes on a été plus que surpris par le nombre de citoyens non membres de notre parti politique qui se sont portés candidats je pense que l'important c'est que demain au parlement européen il y ait des femmes et des hommes qui portent des combats qui sont les combats pour la transition écologique pour la fin du dumping social pour qu'il y ait plus de démocratie en Europe pour qu'on soit hospitalier à l'égard des migrants et pas de savoir si c'est le moyen de comment dire de reconstruire une trajectoire politique brutalement interrompue dans le passé

24:21
Présentateur

Benoît Hamon encore un mot on va revenir sur l'affaire Nissan et l'affaire Carlos Ghosn si vous voulez bien Arnaud Montebourg vous connaissez bien vient de déclarer chez nos confrères d'RTL qu'il mettait en cause la direction de Nissan il parle d'une déstabilisation manifeste et donc d'un complot contre Carlos Ghosn complot pour le faire tomber de la part des japonais est-ce que c'est une hypothèse complètement folle pour vous complètement farfelue ou pas

24:41
Benoît Hamon

on a déjà beaucoup de choses à régler en France non pour moi je ne vais pas me livrer à un exercice qu'est-ce que l'important quand même non mais c'est là on est dans la fiction est-ce qu'il y a eu la sous-doute non mais on est dans la fiction est-ce qu'il y a un complot Arnaud Montebourg a été ministre Arnaud Montebourg peut-être qu'il a des informations mais peut-être qu'il a des informations mais à ce moment-là je les laisse vous ne voulez pas en ce qu'il y a là-dedans non mais c'est pas ça je n'en sais rien du tout vous me parlez d'un complot vous savez ça peut faire un excellent scénario de film mais moi ce qui m'intéresse c'est d'essayer de régler les problèmes ici avant de savoir s'il y a un complot du côté des Nippons merci Benoît avant d'être venu ce matin sur le plateau de France Info merci Renaud Délia à demain

Retour de François Hollande : "Je pense que les Français ont tourné la page, moi j'ai tourné la page", affirme Benoît Hamon — Benoît Hamon · Pourquijevote