Détroit d'Ormuz où est le porte-avions Charles de Gaulle
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
-A.Casse: On va se demander maintenant quel rôle nous pouvons jouer, nous, les Français, dans la réouverture du détroit d'Ormuz. Le porte-avions Charles de Gaulle est sur zone. - C'est l'un des fleurons de la marine française, un outil de dissuasion majeure.
Le porte-avions Charles de Gaulle et ses 20 Rafale embarqués. Début mai, sur ordre du président, le navire a mis le cap sur le détroit d'Ormuz toujours bloqué. Il est dans le golfe, positionné stratégiquement au plus près du conflit. - Il est sur zone, mais il n'est pas dans le détroit d'Ormuz.
Depuis le début, la position de la France est d'offrir une possibilité de reprendre la liberté de circulation maritime dans le détroit, mais selon une modalité qui n'est pas offensive, mais complètement défensive et dans le respect du droit international. - Le gouvernement l'assure, la mission militaire est strictement défensive. Le navire de guerre français pourrait mener des missions de surveillance ou escorter des bateaux de commerce si la paix revient.
Une manoeuvre pas au goût de l'Iran qui avertit: le porte-avions ne doit pas trop s'approcher. Pas de quoi inquiéter Emmanuel Macron, à la tête d'une coalition réunissant une cinquantaine d'Etats belligérants oeuvrant sur le plan diplomatique pour réouvrir le détroit. - Le conflit entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran, qui a des conséquences sur nos économies, et nous avons là-dessus une vision commune: défendre la liberté de navigation, travailler à la déconstruction, refuser toute prétention de fermer le détroit. - La France a aussi renforcé sa présence militaire dans les pays du Golfe partenaires, notamment aux Emirats arabes unis où la France dispose de plusieurs bases. 5000 militaires seraient déployés au Moyen-Orient pour un budget d'un milliard d'euros.
Pour alléger la facture, l'armée de terre a envoyé des hélicoptères capable de détruire des drones iraniens pour un coût moins élevé que les avions de chasse Rafale. - C'est une capacité de reconnaissance, de travail de jour comme de nuit pour éliminer une menace. - Le déploiement du porte-avions, tout un symbole.
Du côté des oppositions politiques, on reste dubitatif sur la stratégie de Emmabuel Macron. - C'est un élément de puissance, mais ce n'est pas le Charles de Gaulle qui peut sécuriser le détroit d'Ormuz. Il sera ouvert ou fermé en fonction des négociations qui sont en cours entre Donald Trump et l'Iran. - Il faut croiser les doigts.
Il faut pas qu'on nous demande de montrer de quoi on est capable car nous avons un équipement performant, important, mais nous ne sommes pas de taille avec un porte-avions à affronter cette situation. - Des députés français exigent d'être consultés en cas de nouvelle redirection du porte-avions dans le golfe. -A.Casse: Est-ce que vous pouvez nous dire où est le porte-avions exactement? -M.Olhagaray: Certainement pas, mais pas près des zones de conflit.
D'abord, il y a la zone de blocus américain qui est assez loin. -A.Casse: A quoi ça sert de l'avoir positionné sur zone? -M.Olhagaray: Ce n'est un porte-avions français que d'apparence.
Il est issu d'une concertation qui a réuni plusieurs pays à l'Elysée, une cinquantaine. C'était pour rétablir le commerce international qui est gravement touché par cette excursion du président Trump. Cette initiative a un volet politique.
Il y a aussi un volet militaire à Londres pour savoir avec quoi on fait cette stratégie. Quel pays va mettre quels outils militaires à disposition? La France a envoyé le porte-avions.
Les autres pays se concertent. Il y a plusieurs bâtiments britanniques qui peuvent mettre à l'eau des drones anti-mines. -A.Casse: Il y a les Néerlandais aussi. -M.Olhagaray: Il y aurait une vingtaine de pays concernés, y compris le Japon.
Ils sont intéressés par le commerce mondial. L'Iran se saisit de ce rapport. Il y a une décision politique.
Il n'y a pas encore de titre à cette décision politique. Il y a un outil militaire. C'est une opération qui n'a pas de titre non plus.
Elle s'appuie sur une mission qui a déjà comme mission de surveiller le détroit d'Ormuz, mais qui est sous leadership français et qui est strictement européenne. Cette nouvelle initiative se veut mondiale. D'où éventuellement une motion posée à l'ONU avec une résurrection de l'ONU.
Personne n'adhère à la proposition de Donald Trump. -A.Casse: Personne n'adhère à sa proposition. -M.Olhagaray: Le droit international refait surface.
Keir Starmer et Emmanuel Macron essayent de se mettre sous une dimension de l'ONU pour pouvoir entamer, lorsque les hostilités seront terminées, une mission de sécurisation, mais pas forcément lorsque le papier final sera signé. -A.Casse: Lorsque les hostilités seront terminées...
Le porte-avions peut rester indéfiniment à cet endroit? -A.Pirot: Non.
Les conséquences financières sur le maintien d'un dispositif en mer et les conséquences sur des hommes...
Plusieurs porte-avions américains sont revenus. Il y a eu une vague de démissions. Ils avaient déjà plusieurs démissions parce que beaucoup de gens s'étaient engagés sur des opérations qui durent trois à quatre mois.
Ils ont été éloignés de leur famille parfois près d'un an. L'un des drames de l'armée française ces dernières années, c'était d'aider les familles à mieux vivre le départ de leur conjoint. -M.Olhagaray: C'est un devoir de l'armée française. -A.Pirot: Par rapport au déblocage du détroit d'Ormuz, il y a une chose qu'il faudra analyser.
Ce détroit n'a pas été bloqué en alignant des bateaux militaires iraniens côte à côte. Il a été bloqué pourquoi? Parce qu'on a rompu la confiance.
C'est dû à l'explosion du prix des assurances. Beaucoup d'armateurs ont dit d'arrêter d'y aller ou ils ont carrément abandonné le navire et l'équipage. On dit que l'Iran a gagné une partie du détroit d'Ormuz avec une arme asymétrique.
C'est le cas avec potentiellement des mines ou en disant qu'ils allaient potentiellement frapper. -A.Casse: Il y a eu des frappes. -A.Pirot: Mais si vous les comparez au nombre de bateaux qui ont été bloqués, le pourcentage est infime.
La menace était telle que beaucoup de compagnies ont demandé à ne pas s'engager. C'est ce qui est terrible. Vous n'avez pas eu un barrage militaire de bateaux alignés les uns à côté des autres qui a fait peur, c'est la confiance qui a été rompue.
Si elle revient avec un accord, dans tous les cas, ça prendra du temps. Il y aura un coût sur les assurances. -M.Olhagaray: Le commerce ne reprendra pas s'ils disent qu'il y a des mines. -A.Pirot: Ca va prendre un certain temps.
Il ne faut pas grand-chose, au fond, pour stopper 20% du commerce mondial. -A.Casse: C'est l'arme psychologique dont vous parlez.
Est-ce que le régime iranien a dit qu'il avait miné le détroit? D'où vient cette impression générale et les contre-scoops qui disent que finalement, non? -M.Pirzadeh: Les Iraniens l'ont dit.
Et ils ne savaient plus où ils ont mis les mines. On ne sait pas de combien de mines on parle. 4 000? 40 000?
Dans ce pseudo accord, il était prévu que les Iraniens déminent le détroit d'Ormuz. C'est un régime sous sanction depuis sa création, depuis 40 ans, avec un embargo pétrolier, et c'est un des pays les plus sanctionnés au monde. Je suis peut-être naïve de le penser, mais peut-être que ces mines ne fonctionnent pas.
Qui les a aidés? Où ils ont acquis cette technologie? En tout cas, ils ont été aidés. -M.Olhagaray: Ils savent les fabriquer.
Ce n'est pas une technologie très élaborée. -M.Pirzadeh: Ils ont été aidés
Charles de Gaulle