Guerre en Iran, changement de régime... Le 8h30 d'Aïda Tavakoli et de Dominique Moïsi
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Bonjour Aïda Tavakoli. Bonjour. Bonjour Dominique Moïse. Bonjour. Et bonjour Paul. Bonjour à tous. Merci d'être avec nous sur France Info, Dominique Moïse, géopolitologue. Vous publiez chez Robert Laffont le triangle des passions du monde, comprendre le chaos qui vient. Aïda Tavakoli, vous êtes franco-iranienne et présidente de l'association We Are Iranian Students. On va essayer de comprendre avec vous où en est la guerre au Moyen-Orient après 13 jours de conflits. A Téhéran, un régime décapité mais plus menaçant que jamais. En Israël, un premier ministre qui veut changer le visage du Moyen-Orient. Aux Etats-Unis, un président qui déclare ceci. On ne veut pas partir trop tôt, n'est-ce pas ?
On doit finir le travail. Dominique Moïse, certains parlent d'escalade, de brouillard, d'impasse. Vous, comment vous qualifiez la situation en ce moment ?
Je ne suis pas sûr qu'elle aille dans la bonne direction. C'est-à-dire que le soir de la guerre, j'avais titré ma chronique dans les échos Iran, Trump aventurier en chef, pour le meilleur, la chute du régime, ou pour le pire. Et aujourd'hui, on a l'impression, si je fais une comparaison avec la guerre en Ukraine, pour les Ukrainiens, ne pas perdre la guerre, c'était la gagner. Pour le régime iranien, survivre en tant que régime, c'est presque gagner la guerre.
Et d'ailleurs, le président Macron recevra demain le président Zelensky. Vous expliquez souvent dans vos écrits que la politique internationale est guidée par trois émotions. La peur, l'humiliation et l'espoir. Dans cette guerre, est-ce qu'on peut dire que chacun agit sous le coup des émotions ? Ou il y a aussi de la géopolitique sans affect ?
Non, il y a de la géopolitique sans affect, bien entendu. Mais on ne peut pas comprendre pleinement la géopolitique si on n'intègre pas les affects. Et dans le cas de cette guerre en Iran, il est clair que la peur joue un rôle considérable. La peur existentielle des Israéliens par rapport à la possible existence d'une arme nucléaire en Iran. Peut-on accepter qu'un régime absolu soit en possession de l'arme absolue ? Les Israéliens ont dit non.
Du côté iranien, je crois que vous allez nous l'expliquer beaucoup mieux, mais il me semble qu'il y a cette humiliation de la part d'une grande majorité du peuple iranien d'être gérée depuis près d'un demi-siècle par un régime corrompu, incompétent, intolérant et cette volonté d'en sortir. Et donc il y avait ce mélange d'espoir que voilà, on allait entrer dans une autre phase et il me semble que cet espoir aujourd'hui, il n'est plus à la même hauteur. D'abord parce qu'après avoir été tués par les balles du régime, les Iraniens sont tués par les bombes qui sont censés les libérer.
Alors justement, juste je vais faire réagir Aïda Tavacoli à ce que vous dites, parce que vous avez de la famille qui est restée en Iran, tante, oncle, cousin. Dans quel état d'esprit sont-ils ?
Eh bien j'aimerais bien le savoir, mais les communications sont coupées. En fait internet est coupé depuis... Vous avez très peu de nouvelles de votre famille. J'ai pratiquement aucune nouvelle, j'ai eu deux appels en 13 jours qui durent une minute et dans lesquels on a à peine le temps de se dire qu'on est vivant, qu'une bombe est tombée très proche et qu'on ne tient le coup. Ce qui ressort le plus... Dominique Moisy parlait d'humiliation, d'espoir déçu.
Alors moi j'ai jamais senti d'humiliation, en tout cas dans la société civile iranienne, peut-être côté du régime qui effectivement a quand même subi ces trois dernières années, coup après coup, des affaiblissements qui sont considérables, dont une grande partie d'entre eux aussi sont dus au courage de la société civile iranienne qui a plusieurs reprises ces dernières années à main nue et partie dans les rues. Et on se souvient quand même de Femmes-Vie-Liberté, ce mouvement qui est avec des outils complètement pacifiques, non-violents, la création de contenu, la mise en perspective de toute notre culture, de la richesse musicale, de la richesse artistique iranienne...
Qui a été réprimée dans le sang.
Réprimée dans le sang, mais qui a néanmoins réussi... Enfin, les femmes iraniennes ont réussi à conquérir l'espace public dans lequel, aujourd'hui, elles se baladent sans le voile pour beaucoup d'entre elles. Donc, elles continuent la désobéissance civile. Donc, il y a quand même eu des affaiblissements majeurs et je pense que l'humiliation appartient plutôt du côté du régime islamique. Et l'espoir... Je suis tout à fait d'accord avec ce que dit Dominique Moézy sur le fait qu'il n'est plus le même qu'au début. Le jour 1, on a quand même eu la mort du dictateur, ce qui était assez... une émotion considérable. Mais par contre, aujourd'hui, cet espoir est transformé en détermination.
Et ça, c'est quelque chose que...
Dites-moi. J'ai bien compris que vous aviez très peu de contacts. Vous avez dit en 13 jours, deux fois une minute, avec vos tantes, vos oncles et vos cousins. Mais est-ce que vous pensez, est-ce qu'eux pensent que Donald Trump agit pour le bien des Iraniens ?
Je pense que leur sujet n'est pas tant de savoir ce que Donald Trump veut pour les Iraniens. Leur sujet, c'est de savoir que faire face à une situation qui, de toute façon, est réelle, de façon pragmatique, de dire, bon, de toute façon, la guerre est là. Le dictateur n'est plus là. Et les bombardements affaiblissent considérablement le régime. Et ils sont déterminés. C'est pour ça que je disais que c'est pas tant l'espoir. L'espoir est un sentiment qui amène de la passivité ou de se dire qu'on est observateur de ce qui est en train de se passer. Les Iraniens ne sont pas dans une observation de ce qui est en train de se passer.
Ils sont déterminés à en découdre avec ce régime et de transformer cette séquence qui est immensément dangereuse. Et puis, les Iraniens connaissent le danger de la guerre. C'est la génération de mes parents qui a vécu la guerre Iran-Irak. Donc, ils connaissent très bien les dangers de la guerre, à quel point elle peut s'enliser, à quel point est-ce qu'elle peut durer huit années pour terminer avec un statu quo pour la guerre Iran-Irak. que c'est ce qui s'était passé. Donc, ils ne se laissent pas emporter par une naïveté. Mais, ils sont absolument déterminés à transformer l'essai, à faire de tous ces risques une véritable opportunité de faire tomber le régime.
Et on va discuter de comment, justement, ils peuvent transformer l'essai, les Iraniens. Mais déjà, en face, pour l'instant, ceux qui mènent la guerre, Dominique Moisy, Benjamin Netanyahou, Donald Trump. Donc, la question, c'est de savoir quels sont leurs objectifs et s'ils sont alignés. Parce que, d'un côté, on a un Premier ministre israélien qui dit qu'il n'en a pas fini avec le pouvoir iranien. De l'autre, on a Donald Trump qui assure un jour que la guerre est bientôt terminée et qu'il n'y a plus grand-chose à frapper. Est-ce qu'il y a de vraies dissensions entre les deux hommes ?
Je ne suis pas sûr qu'il y a des dissensions. Mais il n'y a plus que des nuances. Il y a, du côté israélien, une vision claire des objectifs. Au fond, il faut que le régime change. Car on ne pourra pas avoir une solution pacifique avec les Mollahs. Du côté américain, Trump a tellement varié dans sa définition des objectifs de guerre qu'on ne sait plus. Et, parfois, sa présentation est terriblement naïve quand il en appelle à la reddition sans condition du régime des Mollahs. Il évoque la situation de l'Allemagne en 1945 et du Japon. Or, pour qu'il y ait eu reddition sans condition, du côté de l'Allemagne, il a fallu que les troupes américaines et soviétiques se retrouvent à Berlin.
Du côté japonais, il a fallu que Hiroshima et Nagasaki soient soumis à des bombardements nucléaires.
Ça veut dire qu'il a sous-estimé la difficulté de la tâche ?
Je crois qu'il a... Il s'est dit, peut-être d'ailleurs influencé par Netanyahou, que le pouvoir iranien était pyramidal, que si on le décapitait, le régime s'effondrerait. Et je pense qu'il n'a pas non plus intégré les risques sur le golfe d'Hormuz. Il ne s'est pas préparé. Au fond, il y a eu une sorte de... Un plan A, très clair. On les bombarde. Ils vont s'effondrer. On aura éliminé leurs dirigeants. Ça va aller très vite. En fait, il était dans le triomphalisme de l'affaire Maduro au Venezuela.
L'enlèvement du président.
Et il était prêt à faire la même chose en Iran. On supprime le grand Ayatollah Ramenei. On trouve un mollah modéré, l'équivalent de la vice-présidente au Venezuela. Et j'entre dans l'histoire comme un grand président. Et tout va bien. Et ça ne dure pas.
Sauf que ça ne s'est pas passé comme ça, Aïda Tabacoli. Celui qui a été nommé, c'est quelqu'un de plutôt dur. C'est Moujtaba Ramenei, le nouveau guide suprême, le fils d'Ali Ramenei. C'est un pied de nez aux Américains, aux Israéliens ?
En tout cas, c'est sûr que c'est un très, très dur. Il a participé depuis 2009, la Révolution verte, qui répondait à la réélection frauduleuse du président Ahmadinejad. Ibiya Moujtaba Ramenei, à ce moment-là, déjà était un des artisans de la répression sanglante de 2009, puis ensuite 2019, puis 2022, puis 2026. Donc, il est très, très proche des gardiens de la Révolution, qui sont déjà le corps militaire, mais aussi économique et politique qui est vraiment au cœur du régime. Mais il est invisible aujourd'hui. Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce qui se passe ? Certains se demandent même s'il est mort. Oui, certains se demandent s'il est mort. Des images aussi ont circulé de lui blessé.
En tout cas, on sait qu'il se cache. On sait que seule une vidéo faite par intelligence artificielle a été diffusée.
On a les images de cette vidéo. Vous pouvez nous raconter qu'est-ce que c'est cette vidéo ? Ce n'est pas une vraie vidéo ? Ce ne sont pas des vraies images ?
Ce ne sont pas des vraies images. C'est une vidéo qui est faite par intelligence artificielle et qui met en scène cette nomination du nouveau guide suprême qui arrive dans sa chambre de contrôle des bombardements, de la guerre.
Qui embrasse un kéfier.
Pardon ?
Qui embrasse un kéfier. On vient de le voir.
Qui embrasse un kéfier, exactement. et qui commence même avec l'image d'une petite fille qui d'un coup retrouve l'espoir parce qu'elle a un nouveau guide suprême. C'est toute la propagande du régime qui est mise en scène par cette courte vidéo avec une musique en plus qui se veut joyeuse, dansante, entraînante. Évidemment, pour les Iraniens et les Iraniennes qui se trouvent sous les bombes, qui espèrent que ce régime tombe et qui voient que le nouveau guide suprême n'ose même pas se présenter physiquement pour prendre la parole suite à sa nomination.
Il l'interprète comme un véritable aveu d'échec et un véritable affaiblissement du régime qui, effectivement, sait que ce nouveau guide suprême est une cible d'Israël. En tout cas, c'est ce que l'Israël a déclaré.
Dans un instant, on vous demandera s'il est vraiment affaibli ce régime et que peuvent faire les Iraniens aujourd'hui, Haïda Tavacoli et Dominique Moïse. Mais tout de suite, il est 8h46 et c'est l'Info en une minute avec Diane Ferschitt.
Pour Donald Trump, l'Iran est proche de la défaite. Le président américain affirme que les Etats-Unis vont, selon ses mots, finir le boulot. L'Iran, de son côté, se dit « Préhine guerre d'usure » qui détruiraient l'économie mondiale. Des drones iraniens ont touché notamment Dubaï. Cette nuit, des attaques aussi venues d'Israël vers le Liban. 7 personnes tuées dans la banlieue sud de Beyrouth. Ce matin, Emmanuel Macron demande à Israël de renoncer à une offensive terrestre au Liban. Le chef de l'État qui recevra par ailleurs dans le dossier cette fois de la guerre en Ukraine. Il recevra le président ukrainien Volodymyr Zelensky demain annonce de l'Élysée.
Il a pu être retrouvé neuf mois après les faits à Grenoble. Un homme de 38 ans visé par une enquête pour viol aggravé soupçonné d'avoir drogué une jeune femme dans un bar. Il a pu être identifié grâce à des recherches bancaires sur les clients de cet établissement. Un jouet, pas de patrouille à base de sable rappelé pour risque de contamination à l'amiante. Il était vendu dans 32 magasins de déstockage mystique. Riffes détails à retrouver sur le site officiel Rappel Conso. Nouvelle chance de médaille pour la France aux Jeux paralympiques aujourd'hui avec l'épreuve de slalom géant en lisse Aurélie Richard. Elle a déjà décroché l'argent à trois reprises depuis le début de ses Jeux. France Info
Le 830 France Info Agathe Lambret Paul Larouturou Avec Aïda Tavakoli doctorene franco-iranienne fondatrice de l'association We Are Iranian Students vous êtes membre aussi des guerrières de la paix et Dominique Moisy géopolitologue conseiller spécial à l'Institut Montaigne vous publiez Le triangle des passions du monde comprendre le chaos qui vient chez Robert Laffont Paul on parle d'un endroit stratégique bloqué en ce moment à cause de cette guerre le détroit d'Hormuz
Exactement si le pétrole franchit de nouveau les 100 dollars ce matin et si les bourses d'Asie sont dans le rouge c'est parce que l'Iran a à nouveau bombardé des navires dans le détroit d'Hormuz hier ce détroit qu'Emmanuel Macron veut rouvrir et sécuriser via une coalition on comprend que ça peut prendre beaucoup de temps pourquoi est-ce si délicat Dominique Moisy ?
Ce que l'on ne comprend pas c'est que dans sa stratégie Donald Trump n'est pas immédiatement intégré la possibilité du blocage de ce détroit Il l'a sous-estimé pour vous ? Il l'a complètement sous-estimé et la force des Mollas c'est l'escalade horizontale ils savent que sur un plan purement stratégique ils ne font pas le poids face aux Etats-Unis et à Israël mais ils se disent qu'en élargissant le conflit au pays de la région ils peuvent créer une crise économique mondiale et exercer des pressions sur Donald Trump qui n'a pas la même volonté de détruire le régime des Mollas que Benjamin Netanyahou
Donc ils temporisent les Mollas ?
Ils se disent que le temps joue pour eux et je crois qu'il y a un point qui me paraît important de même que les Russes n'ont pas intégré dans leur guerre contre l'Ukraine le fait stratégique nouveau qui était le facteur d'égalisation que représentaient les drones les Américains ne l'ont pas intégré non plus c'est-à-dire il y a une guerre qui a lieu juste devant vous et vous n'en tirez pas les leçons d'une certaine manière si on prend une vision historique longue la première guerre mondiale est intervenue parce que personne en Europe n'avait intégré les leçons de la guerre civile américaine entre 1861 et 1866 s'ils avaient intégré les leçons de cette guerre globale ils auraient réfléchi à deux fois avant de se lancer dans la première guerre mondiale
on va écouter le chef de la police iranienne il menace la population
si quelqu'un descend dans la rue à la demande de l'ennemi nous ne le considérons pas comme un simple manifestant nous le considérons comme un ennemi et nous agirons contre lui comme nous agissons contre un ennemi tous nos hommes ont le doigt sur la gâchette tous nos hommes
ont le doigt sur la gâchette Aïda Tavakodi tout à l'heure vous parliez de la détermination des Iraniens du fait qu'ils veulent transformer cette situation mais ces menaces ça ne les dissuade pas
non ces menaces ça fait longtemps qu'elles ne les dissuèdent plus le mur de la peur est tombé mais la répression est de plus en plus violente et il faut rappeler quand même qu'au mois de janvier 2026 donc il y a à peine 8 semaines les 8 et les 9 janvier ce sont 40 000 personnes qui sont tuées dans les rues de Téhéran en moins de 48 heures donc la rapporterie spéciale de l'ONU parle de crimes contre l'humanité il y a des mécanismes de protection qui auraient dû être activés notamment la responsabilité de protéger qui a été votée en 2005 à l'ONU donc ce qui signifie qu'on aurait dû déployer massivement des satellites pour apporter une aide technologique pour éviter que justement ces Iraniens même en temps de guerre soient complètement dans le noir privés de moyens de communication on aurait dû prévoir des convois humanitaires on aurait dû prévoir des sanctions beaucoup plus ciblées que cela n'a été le cas jusqu'ici
et aujourd'hui comment vous sentez la rue iranienne ?
et en fait ce qui se passe c'est que la rue iranienne est déterminée et qu'elle est toujours seule c'est que les éléments que je vous cite ici d'aide à la population civile iranienne et d'affaiblissement massif du régime ce sont des éléments qu'on demande depuis plusieurs années et la rue iranienne est toujours seule face à un régime qui est de plus en plus répressif de plus en plus violent qui a de moins en moins de raisons de retenir sa répression je veux dire que à partir du moment où les 8 et les 9 janvier 2026 le régime utilise des armes de guerre contre une population civile non armée que les bilans sont de 40 000 morts en 48 heures qu'on parle de crimes de guerre qu'on parle de crimes contre l'humanité et que la population la communauté internationale ne réagit pas non seulement elle ne réagit pas mais le président américain invite quelques jours plus tard les dignitaires du régime à la table des négociations donc il légitime à nouveau ce régime à peine quelques jours après des crimes contre l'humanité sans que le reste de la communauté internationale n'estime important essentiel indispensable de sanctionner beaucoup plus sévèrement ce régime et surtout de protéger la société civile iranienne on est en droit aujourd'hui d'être extrêmement inquiet de cette montée effectivement des menaces que vous venez de montrer et de la détermination de la société civile iranienne qui de toute façon est là ils ne reviendront plus jamais en arrière ce régime ne retrouvera plus jamais sa légitimité et si on persiste à vouloir les laisser seuls on persiste à ne pas dessiner de plan politique pour la suite on persiste à ne pas prévoir politiquement comment est-ce que cette issue comment cette guerre peut trouver une issue heureuse pour la société civile iranienne mais surtout aussi pour notre monde je veux dire si on persiste à se dire que notre monde peut être livré à la loi du plus fort et donner à Donald Trump au président américain l'ensemble des cartes non seulement de la région mais aussi de notre monde je veux dire c'est pas que la société civile iranienne qui est en danger c'est tout notre modèle européen
on entend votre appel Aïda Tavakouli qu'est-ce qui peut se passer maintenant vous entendez ce que dit Dominique Moïzy Aïda Tavakouli il ne faut pas laisser les Iraniens seuls il faut avoir un plan il faut les aider qui va les aider
en réalité pour le moment personne ce que l'on attend c'est à un moment donné il y a eu une division au sein du régime les spécialistes disent qu'il y a eu des tensions au sein des gardiens de la révolution que certains ont considéré que ce qui s'était passé les 8 et 9 janvier avait été beaucoup trop loin
les massacres de la population
mais ces tensions pour le moment n'ont pas de traduction politique à l'intérieur de l'Iran et ce qui me paraît grave c'est que l'homme clé Donald Trump n'a pas pour priorité l'avenir de la démocratie en Iran il menace la démocratie aux Etats-Unis il ne va pas prendre le moindre risque pour la rétablir ou pour l'établir en Iran donc nous sommes à un moment de doute qu'est-ce qui va se passer l'Amérique et Israël ont affaibli considérablement le régime iranien ont affaibli considérablement l'Iran aussi mais on peut gagner militairement une guerre et la perdre politiquement on l'a vu au Vietnam à la fin des années 60 et au début des années 70 on l'a vu également plus près de nous en Irak
en 2003 il est 8h57 sur France Info l'heure de la question qui ce matin la question qui imagine les Iraniens ont une énorme diaspora dans le monde entre 5 et 8 millions d'Iraniens à l'étranger principalement aux Etats-Unis et en Europe et comme vous une diaspora très éduquée très connectée politiquement je peux me permettre une question personnelle si le régime tombait demain est-ce que vous auriez envie de rentrer vivre en Iran pour reconstruire votre pays
oui je pense que je peux répondre pour 90% de la diaspora iranienne bien sûr on rêve de ce moment là
et il arrive
il arrivera pas si on il arrivera pas ni en dénonçant les bombes ni en les applaudissant il arrivera avec l'aide de l'Europe on demandait qui est-ce qui peut nous aider pour moi l'Europe aujourd'hui est la seule puissance qui a un intérêt à prendre la main de la société civile iranienne et à nous accompagner dans cette transition démocratique politique parce que c'est la défense de son modèle politique aussi qui est en jeu et ça n'arrivera pas si on n'a pas d'allié véritable pour une transition politique et pour le projet de démocratie laïque en Iran
si le régime tombe pardon Dominique Moézy que se passe-t-il brièvement si on veut faire de la politique fiction
on ne sait pas c'est-à-dire ceux qui sont contre ce qui se passe en ce moment disent la solution c'est le chaos donc on a ouvert les portes du chaos ceux qui pensent profondément à la société civile iranienne espèrent qu'il y aura une solution démocratique au bout et j'aimerais croire profondément à ce que vous dites c'est effectivement l'espoir maintenant en réalité les européens sont très profondément divisés sur la question du Moyen-Orient plus encore qu'ils ne le sont sur la question de l'Ukraine quand vous voyez la position de l'Espagne et celle de l'Allemagne
ça n'a rien à voir
il y a un océan
effectivement merci beaucoup Dominique Moézy géopolitologue conseiller spécial à l'Institut Montaigne je rappelle votre livre le triangle des passions du monde comprendre le chaos qui vient chez Robert Laffont merci beaucoup Aïda Tavakovi doctorante franco-iranienne fondatrice de l'association We Are Iranian Students et membre des guerrières de la paix merci Paul merci à tous