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interviewBFMTV· 7 avril 2025 20 min

Réponse à Gabriel Attal, meeting du RN...L'interview de Sébastien Chenu (RN) en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Madame. Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions. Vous êtes le vice-président du Rassemblement National, vous êtes également député du Nord. Pas trop déçu ?

0:14
Sébastien Chenu

Pas trop déçu par...

0:16
Présentateur

Par l'affluence hier, ce grand rassemblement qui n'a pas fait plein.

0:21
Sébastien Chenu

Non, 10 000 personnes, c'est à peu près le double de ce qu'on fait. Sans doute plutôt 5 000. Non, non, 10 000. La place, c'est 8 000. On peut contenir 8 000 personnes. Il y avait des gens dans les rues, on était à 10 000 personnes, c'est à peu près le double de ce qu'on fait dans une campagne présidentielle.

0:37
Présentateur

On n'a pas vu les mêmes images Sébastien Chenu.

0:39
Sébastien Chenu

Les images vues de haut montrent que la bataille est pas pleine. Non, non, mais on ne les a peut-être pas vues non plus aux mêmes heures, mais la bataille des chiffres, on la connaît. Elle était presque inscrite avant que notre meeting ne commence. Il y avait une petite musique qui disait qu'ils ne vont pas réussir à mobiliser. Quand on mobilise 10 000 personnes... Mais d'ailleurs, personne n'a vraiment mobilisé hier.

0:54
Présentateur

C'est parce que vous n'avez pas le monopole du fait de ne pas avoir mobilisé hier.

0:57
Sébastien Chenu

Non, non, mais nous avons mobilisé 10 000 personnes. Et vous savez, dans nos meetings, pendant la présidentielle, le maximum qu'on faisait, c'était 5 000 personnes. On avait 10 000 Français hier qui se sont rassemblés dans un esprit d'abord bon enfant. Ceux qui disaient ce sera le Capitole, ce sont des sédicieux. Enfin, on a vu des gens qui criaient démocratie, qui dansaient sur Dalida, laissez-moi danser. Et qui, de façon totalement pacifique et démocratique, se sont réunis autour de Marine Le Pen et Jordan Bardella. Donc ça aussi, c'est important. Le nombre, il y avait du monde et nous en sommes heureux.

Et puis, l'ambiance, aucun souci, aucun problème pour tous ceux qui, comme Xavier Bertrand, prévoyaient le pire. Et encore une fois, ont tapé à côté de la plaque. Donc non, on est content de ce rassemblement populaire. Encore une fois, démocratique, dans une marée de drapeaux tricolores, au moment où les autres étaient dans des marées de keffiers ou de drapeaux européens. La gauche, les keffiers. Gabriel Attal, les drapeaux européens. Il y a eu beaucoup de drapeaux français.

1:55
Présentateur

Moi, j'ai vu les images des uns et des autres. Alors, pas beaucoup, en effet, place de la République, mais en tout cas, beaucoup chez Gabriel Attal.

2:01
Sébastien Chenu

50-50 avec les drapeaux européens. Mais nous, les drapeaux européens, on ne le reconnaît pas comme une nation. Donc, la seule nation, c'est la France. C'est le bleu, blanc, rouge. Et d'ailleurs, nos militants, on scandait parfois bleu, blanc, rouge, comme ils scandaient démocratie ou on est là. Ou on est chez nous. Non, on ne l'a pas tellement entendu. On l'a entendu sur les médias de BFM TV. Mais pourquoi pas ? Parce que bien sûr qu'on est chez nous et que Marine Le Pen, les Français, sont partout chez eux sur le territoire national. Mais je pense que vraiment, ça véhiculait quelque chose de positif, de sympathique, de populaire, sans un seul problème.

Ce matin, vous m'auriez interrogé s'il y avait eu une vitrine cassée, une poubelle renversée. Mais pour tout le monde. Oui, mais vous m'auriez dit, quelle catastrophe. Tout s'est bien passé. Il y avait du monde. Je crois qu'on a marqué le point.

2:45
Présentateur

Marine Le Pen, victime ?

2:48
Sébastien Chenu

Oui, bien sûr. Bien sûr que Marine Le Pen est victime. D'abord, aujourd'hui, elle est présumée innocente, je vous le rappelle. Je pense qu'il faut toujours commencer par ça. Parce que Marine Le Pen a rappelé, et on aura l'occasion probablement d'en parler, son attachement à l'État de droit, la façon dont elle conçoit la justice dans un pays. Mais aujourd'hui, elle est victime d'une décision qui a une coloration, une couleur politique, une appréciation politique, puisque c'est même écrit dans le rendu de cette décision.

3:14
Présentateur

Là où j'ai un peu du mal à comprendre, c'est que lundi dernier, Marine Le Pen, c'est un surjet contre l'exécution provisoire, c'est-à-dire en réalité immédiate de l'inéligibilité, qui laissait penser, en effet, qu'elle ne serait pas jugée avant 2027, étant donné les délais habituels courants d'un procès en appel. L'argument, c'était d'ailleurs de dire, si on se rend compte trois mois après l'élection, que finalement, lors de mon deuxième procès, je ne suis plus inéligible, alors ça entachera même l'élection qui viendra de se tenir, et à laquelle j'aurais été empêché de participer. Ça, je comprends bien lundi, cet argument-là.

Mais lorsque, depuis, la Cour d'appel de Paris annonce que le procès en appel se tiendra bien, de manière accélérée, de manière à respecter le calendrier politique, je ne comprends pas que vous continuiez à dire qu'elle est empêchée de se présenter.

4:15
Sébastien Chenu

Si. D'ailleurs, je m'en remets à ce que disait le premier président sur votre antenne. Le premier président de la Cour de cassation, M. Soulard, qui dit que la justice est capable d'entendre un émoi populaire. La justice a été capable d'entendre l'émoi, et en tous les cas l'atteinte, ou le point de basculement à la démocratie que pouvait être Marine Le Pen empêchée de se présenter devant les électeurs en 2027, et donc a fait en sorte que la procédure d'appel soit dans délai convenable avant l'élection présidentielle. Le problème, c'est l'exécution provisoire de cette peine motivée par des raisons politiques, et motivée de façon écrite.

4:49
Présentateur

Mais de fait, elle n'est pas empêchée de se présenter. Au moment où on se parle, c'est Bastien Chornu, Marine Le Pen n'est pas empêchée de se présenter aux élections de 2027.

4:57
Sébastien Chenu

Mais, Mme de Baller, il y aurait une présidentielle demain. Pour une raison ou une autre, le président de la République viendrait à démissionner. Ou une élection législative demain. Tout à fait. Marine Le Pen ne pourrait pas y concourir. Si ça a lieu avant l'été 2026. Pour des raisons politiques, Marine Le Pen ne pourrait pas y concourir. Donc ça, ça pose déjà un problème énorme.

5:12
Présentateur

Mais on est d'accord que c'est la loi.

5:15
Sébastien Chenu

Non, parce que la loi, ce n'est pas l'application automatique de l'exécution provisoire.

5:20
Présentateur

Mais la loi permet aussi au juge d'avoir une appréciation.

5:23
Sébastien Chenu

Absolument. Et d'ailleurs, cette appréciation, elle a un caractère politique. C'est ce que nous dénonçons. La juge a donc écrit que Marine Le Pen, candidate à une élection présidentielle, créerait un trouble à l'ordre public démocratique. Ce qui n'existe pas. Aucun texte, aucune jurisprudence ne source cette trouble à l'ordre public démocratique. Invention d'une magistrate pour, dit-elle, empêcher, elle l'explique, il faut empêcher Marine Le Pen d'être candidate à l'élection présidentielle. Donc, cette exécution provisoire motivée par des faits politiques, elle crée une injustice majeure, mais surtout une atteinte à l'état de droit.

C'est-à-dire que le peuple souverain ne peut pas choisir qui il a envie de choisir à l'élection présidentielle.

6:03
Présentateur

Marine Le Pen, victime, dites-vous.

6:05
Sébastien Chenu

Oui, Marine Le Pen, victime absolument. Dans cet état de fait des choses, Marine Le Pen est victime d'une décision politique.

6:12
Présentateur

Est-ce qu'il ne serait pas plutôt temps de dire merci le système ?

6:15
Sébastien Chenu

Mais non, parce que nous, nous contestons ce qui nous est reproché. Si certains ont envie de reconnaître, c'était le cas de François Béroux, qui a reconnu un certain nombre d'éléments qui étaient contre lui, pour passer probablement un peu entre les mailles du fier. Nous, nous le contestons formellement parce que derrière, ce n'est pas le plaisir de contester. C'est la liberté parlementaire. C'est l'utilisation, ce qu'on reproche à Marine Le Pen au Rassemblement National, enfin au Front National de l'époque, c'était l'utilisation des enveloppes d'attachés parlementaires, d'assistants parlementaires.

6:44
Présentateur

qui sont alloués chaque mois aux députés européens pour payer leur équipe.

6:51
Sébastien Chenu

D'ailleurs, il n'y a pas d'enrichissement personnel dans ce dossier-là, il n'y a pas d'emploi fictif, on n'est pas à la mairie de Paris, etc.

6:57
Présentateur

C'est des gens qui ont travaillé, mais pas pour les tâches pour lesquelles ils étaient payés.

7:00
Sébastien Chenu

C'est l'utilisation de ces enveloppes, qui ont fait de la politique. Or, non, non, mais ils ont fait de la politique, et la commission européenne qui mène un combat politique contre le Rassemblement National, contre Marine Le Pen, dit « Vous n'avez pas le droit d'effectuer des tâches politiques quand vous êtes embauchés. » Mais est-ce qu'elles étaient toutes politiques ? Elles étaient toutes au service d'hommes et de femmes politiques, élus comme tels, de députés qui contestent la Commission européenne, qui contestent la structuration de l'Union européenne, la politique de l'Union européenne, et ils ont embauché autour d'eux des gens qui les aident à travailler en ce sens.

7:31
Présentateur

Pourquoi ça sert de faire des fiches de paye, Sébastien Chenu, si on peut mettre n'importe quelle appellation qui ne correspond pas au travail ?

7:37
Sébastien Chenu

Mais madame, ça c'est la liberté parlementaire. C'est-à-dire que vous avez une enveloppe qui vous est allouée pour des collaborateurs, vous demandez et vous recrutez des collaborateurs pour faire ce que bon vous semble, pour vous aider, pour vous accompagner dans votre mission politique pour laquelle vous avez été élu.

7:52
Présentateur

Mais pour vous accompagner, parfois même, ils ne se sont pratiquement pas rencontrés.

7:56
Sébastien Chenu

Non, mais ça c'est...

7:57
Présentateur

Lorsque Julien Audoul, et c'est cette enquête de 10 ans menée par la justice qui dit que Julien Audoul, par exemple, 4 mois après son embauche, envoie un mail au député auprès duquel il est censé travailler pour simplement demander s'il est possible de le rencontrer.

8:15
Sébastien Chenu

Oui, mais parce qu'il travaillait à distance. Et que le fait de pouvoir faire du travail politique ne nécessite pas forcément d'être assis derrière, posé dans un bureau à Bruxelles ou à Strasbourg et à taper sur un ordinateur. Le travail politique, il est multiforme. Alors c'est vrai que c'est probablement compliqué à comprendre quand on a à soi-même un travail qui nécessite tous les jours d'aller au bureau à des heures fixes. Le travail politique, il est multiforme. Et derrière ça, c'est aussi la liberté des parlementaires à mener leur mission. Ils ont été élus pour des idées. Ils ont été élus pour mener des combats. Nous, nos députés, ils mènent un combat.

Combat contre l'institution européenne. Combat contre les décisions de la Commission européenne.

8:51
Présentateur

Est-ce que ça veut dire que c'était à vos yeux une manière, au fond, d'utiliser le système européen à votre profit ?

8:57
Sébastien Chenu

Non, c'est une manière de le contester. Nous contestons ce système, son organisation. Et on veut nous faire entrer dans une boîte, cette boîte dans laquelle les collaborateurs, en fait, seraient des fonctionnaires du Parlement européen et ne feraient pas de politique. Nous, nos collaborateurs, ils sont aussi des militants politiques. Ils font aussi de la politique. Et ils accompagnent nos élus dans cette mission qui est celle, évidemment, du redressement de notre pays, mais aussi de la souveraineté française qu'attaque, d'ailleurs, la Commission européenne chaque jour.

9:24
Présentateur

Derrière le mot « système », on a vraiment l'impression que chacun y voit ce qu'il veut y voir. Marine Le Pen a à nouveau se dit victime du système, qui était plutôt une expression qu'elle utilisait jusqu'à présent un peu moins, dirons-nous. Du côté de ceux qui ont énoncé ce jugement, ils parlent à votre endroit d'un système, un système mis en place et assumé, centralisé, optimisé par Marine Le Pen pour détourner des montants de 2004 à 2016. J'ai beaucoup de mal avec ce mot « système ». Qu'est-ce que vous entendez, vous, derrière le mot « système » ?

9:59
Sébastien Chenu

Le système, pour moi, c'est le fait d'avoir des gens qui passent leur temps à se renvoyer l'ascenseur pour préserver leurs propres intérêts au détriment des intérêts des Français. C'est par exemple le barrage dits républicains. C'est le système qui érige un barrage pour se protéger de l'arrivée du Rassemblement national. Alors dans ça, quand ce système, ce barrage se construit, il n'y a plus d'idées, il n'y a plus de philosophie politique, il n'y a plus de différences. On se serre les coudes pour empêcher les autres d'arriver. Mais vous, vous n'êtes pas serré les coudes, là ? On se renvoie l'ascenseur. Non, pas du tout.

Nous, on a travaillé, nos députés d'ailleurs, je vous le disais, il n'y a pas d'emploi fictif. Tout le monde a bossé, mais effectivement, on bosse contre eux. On bosse contre les décisions qu'ils prennent, et ça, ça les ennuie.

10:39
Présentateur

Martin Luther King.

10:41
Sébastien Chenu

Ben oui, c'est les droits civiques. Non, c'est intéressant, parce que, en fait, ce que dit Marine Le Pen hier, c'est sa conception de la justice dans notre pays. Des droits pour chacun, quels qu'ils soient, d'où qu'ils viennent lorsqu'il est français, les mêmes droits pour tous. Et Marine Le Pen a d'ailleurs mis le doigt, effectivement, sur le sujet qui nous préoccupe, mais également sur la présomption d'innocence qui, dans notre pays, est bafouée, sur le secret de l'instruction, qui n'existe plus dans toutes les instructions, quels que soient les sujets, pas uniquement politiques. Tout atterrit sur la table immédiatement.

Ça, ça montre que notre système judiciaire, que la justice dans notre pays, est victime probablement de graves dysfonctionnements.

11:19
Présentateur

Utiliseriez-vous, vous aussi, l'expression utilisée par Bruno Retailleau de « juge rouge » ?

11:23
Sébastien Chenu

Il y en a. 30% des magistrats votent pour le syndicat de la magistrature. Ça, c'est le résultat des élections syndicales. Donc, 30% des magistrats se reconnaissent dans des propos d'extrême-gauche, qui sont politiques, qui appellent lors des élections à faire barrage, par quelque manière, de quelque manière que ce soit au Rassemblement national. Bien entendu qu'il existe des juges extrêmement politisés, tout comme il existe une foultitude de juges qui font très bien leur travail. Vous savez, moi, je suis fils d'une fonctionnaire de justice. J'ai un immense respect, le Rassemblement national aussi, pour l'institution judiciaire.

Et pourtant, dans cette institution, il y a des gens qui font de la politique.

11:59
Présentateur

Sébastien Chenu, la décision, donc en première instance, est contestée aujourd'hui, puisque Marine Le Pen fait appel. Est-ce que vous respecterez, quoi qu'il arrive, la décision de cette cour d'appel ?

12:13
Sébastien Chenu

Mais nous sommes respectueux de l'État de droit. Nous considérons qu'il y a un problème, qu'il y a un basculement, que cet État de droit, comme disait d'ailleurs Alain Jakubovic, c'est un sale coup pour l'État de droit. Alain Jakubovic, qui était le président de la LITRA, qui n'est pas un allié du Rassemblement national, et qui dit que cette décision, c'est un sale coup pour l'État de droit. Mais nous, nous respectons les décisions judiciaires. Nous l'avons toujours fait. Et d'ailleurs, nous savons que le combat judiciaire juridique, c'est une des armes qui est utilisée contre nous. On ne nous combat pas uniquement politiquement, on utilise le combat judiciaire pour nous faire tomber.

12:44
Présentateur

Que l'inéligibilité soit levée ou soit maintenue, vous respecterez cette décision à l'année 2026.

12:51
Sébastien Chenu

Après l'appel, il y a aussi la cassation. Donc Marine Le Pen utilisera toutes les voies légales, toutes les voies du droit, pour contester des décisions injustes, et surtout pour empêcher les Français d'être privés du choix de leur candidate à l'élection présidentielle.

13:05
Présentateur

S'il y a à nouveau inéligibilité qui est donc énoncée par la Cour d'appel, alors vous vous pourvoirez en cassation ?

13:13
Sébastien Chenu

Probablement. On verra comment tout ça est écrit. Mais Marine Le Pen sera au rendez-vous des présidentielles 2027 parce que, quelque part, les Français le souhaitent. On a vu des sondages, 50% ou 49%, je crois, pour être exact, des Français seraient surpris, mais également contesteraient le fait que Marine Le Pen ne puisse pas être candidate devant eux. Donc Marine Le Pen, évidemment, utilisera tous les moyens légaux, qui sont à sa main, comme à celles de chaque Français, pour faire valoir ses droits.

13:40
Présentateur

Et Jordan Bardella, c'est vraiment un cas d'extrême recours ?

13:42
Sébastien Chenu

Mais ce n'est pas le scénario sur lequel nous travaillons. Marine Le Pen se prépare depuis si longtemps, elle est aujourd'hui, je crois, prête, et c'est d'ailleurs parce qu'elle est prête que, visiblement, elle inquiète des gens qui...

13:53
Présentateur

Et lui, il est prêt, quoi ?

13:54
Sébastien Chenu

Mais Jordan Bardella se prépare pour être Premier ministre de Marine Le Pen. Vous savez, dans la vie, les gens ne sont pas interchangeables.

13:59
Présentateur

Vous allez avoir du mal si finalement c'est lui qui doit devenir...

14:02
Sébastien Chenu

Votre candidat... Non, mais pourquoi, madame ? Les gens ne sont pas interchangeables. Chacun se prépare dans son couloir à assumer des responsabilités différentes. C'est comme ça que nous travaillons.

14:12
Présentateur

Mais si, toutefois, il devait devenir votre candidat, est-ce que vous pensez qu'il sera prêt ?

14:18
Sébastien Chenu

Mais si Marine Le Pen passait demain sous les roues d'un camion, c'est elle qui utilise souvent cette expression, il y aurait un candidat pour porter nos idées. Il y aura toujours un candidat... Pas forcément lui, pas forcément Jordan Bardella. Mais c'est le mieux préparé, Jordan Bardella. C'est celui qui a le plus de capacité à relever le défi. Mais ce n'est pas le scénario... C'est pour ça que vous intéressez, vous ? Non, non, pas du tout. Ce n'est pas le scénario sur lequel nous travaillons.

14:37
Présentateur

Vous allez le censurer quand, le gouvernement de François Bayrou ?

14:39
Sébastien Chenu

Ah ben, il prend une mauvaise pente, François Bayrou. Les résultats dans notre pays, en ce qui concerne la santé économique du pays, la sécurité de notre pays sont catastrophiques. François Bayrou ne fait rien. Il ne se passe rien depuis qu'il est élu. Il n'y a pas une grande loi qui a été votée, il n'y a pas un dossier qui a été traité, il n'y a pas un résultat qui est enregistré. Tous les feux sont au rouge. François Bayrou prend une très mauvaise pente en pensant user, finalement, les parlementaires à travers le temps pour pouvoir tenir le plus longtemps.

15:09
Présentateur

Donc vous envisagez de le censurer sans garder ?

15:11
Sébastien Chenu

Nous l'envisageons. Ça fait partie des choses possibles, que ce soit sur le plan pluriannuel de l'énergie qui va coûter 300 milliards d'euros et qui va affaiblir notre nucléaire, ou que ce soit sur les retraites qui ont été une espèce de façon d'entourlouper les socialistes, mais pas seulement les socialistes, les Français, avec ce conclave qui n'aboutira pas à grand-chose, François Bayrou est sur la mauvaise pente.

15:33
Présentateur

Mais c'est une sorte de menace que l'on doit entendre. C'est-à-dire que François Bayrou

15:36
Sébastien Chenu

doit se préparer à pouvoir sauter à tout moment. Mais on ne menace pas comme ça pour le plaisir. Le jour où nous considérons que François Bayrou est allé trop loin ou dans l'inaction ou dans la tromperie vis-à-vis des Français, nous saurons le censurer. Marine Le Pen, la première. Et avec lui, finalement, tout le bilan de ces années de macronisme, les années Philippe, les années Borne, les années Attal.

15:59
Présentateur

Pendant ce temps-là, les bourses dévissent, la croissance est menacée, l'inflation pourrait repartir et le chômage remonte. Est-ce que vous n'êtes pas décalé aujourd'hui à ne plus parler forcément, spontanément de ces sujets-là ?

16:14
Sébastien Chenu

Ah mais nous en parlons matin, midi et soir. D'ailleurs, souvent, on nous fait le reproche, mais que ce soit sur la réindustrialisation, sur l'énergie, on en parle, que ce soit sur, demain, par exemple, la réforme de l'éto-visuel, hier, sur les narcotrafiquants. Nous faisons des propositions et nous sommes de plein pied dans la réalité. Quand j'entends M. Attal qui foule au pied la présomption d'innocence de Marine Le Pen avoir un certain nombre de propos qui sont quand même extrêmement limites pour quelqu'un qui a été aux affaires...

16:40
Présentateur

Vous voulez dire, lorsqu'il dit tu voles, tu payes... Oui, je pense que M. Attal

16:44
Sébastien Chenu

devrait faire preuve de retenue parce que moi j'ai envie de lui dire tu ruines, tu dégages. Tu ruines le pays, tu n'as plus le droit, tu n'as plus la capacité à la ramener et à donner des leçons. Enfin, est-ce que vous vous rendez compte qu'on n'a jamais eu autant de faillites d'entreprises dans notre pays ? On n'a jamais accordé autant de droits d'asile ? La crise de l'agriculture, ce n'est pas Marine Le Pen. La crise migratoire, ce n'est pas Marine Le Pen. La crise de la dette, ce n'est pas Marine Le Pen. C'est l'œuvre de tous ces gouvernements. Donc, tu ruines, tu dégages. Ça, c'est le message que j'ai envie de dire à M. Attal.

17:14
Présentateur

Qu'est-ce que vous avez envie de dire à Donald Trump ? Est-ce que la politique de Donald Trump reste un idéal ? La question notamment du protectionnisme, un idéal économique à vos yeux.

17:23
Sébastien Chenu

Non, mais Donald Trump n'a jamais été ni lui ni sa politique un idéal. Et d'ailleurs, je pense que la violence avec laquelle il agit aura des conséquences. Des tarifs douaniers qui vont évidemment augmenter et puis probablement une inflation qui va s'établir en tous les cas aux États-Unis. Je pense qu'il y a quatre leviers sur lesquels il faut agir en ce qui concerne le patriotisme économique. Et le gouvernement ne le fait pas parce qu'il ne sait pas ce que c'est que le patriotisme économique. Ils ont défendu la mondialisation heureuse pendant des années.

La première chose, c'est effectivement des tarifs douaniers adaptés pour répondre aux attaques de Donald Trump, c'est-à-dire taxer la tech, les GAFA. C'est sur ça que les Américains sont sensibles ici. Ensuite, il faut en sorte de réindustrialiser notre pays. C'est l'énergie, évidemment. C'est les normes qu'il faut moins nombreuses. Ça, c'est nécessaire. Protéger des filières. L'Espagne a sorti un plan de protection d'un certain nombre de filières de plus d'un milliard. Je ne vois rien. D'ailleurs, François Béroud devait aller en Chine pour parler des protections d'un certain nombre de nos filières, notamment Viticole, Vinicole. Bon, visiblement, le voyage est tombé à l'eau.

Ça ne l'intéresse plus. Il est mieux calé dans son fauteuil à ne rien faire à Paris. Et puis, évidemment, développer des relations économiques avec des nouveaux partenaires. Je pense à l'Inde, qui est un pays continent quasiment, avec lesquels on a de très bonnes relations et sur lesquelles nous avons des perspectives. Et le Mercosur,

18:36
Présentateur

est-ce que la situation ayant changé, finalement, il faudrait rallier le Mercosur ?

18:40
Sébastien Chenu

Non, le Mercosur, c'est la ruine de notre agriculture. Tous ces contrats de libre-échange qui incluent l'agriculture, donc un but, c'est la détruire. Parce que c'est pris comme un véguteur qui permet d'ajuster des politiques économiques. Donc non, le Mercosur, on doit continuer à s'y opposer. On n'entend plus grand-chose de ce côté-là non plus.

18:58
Présentateur

Êtes-vous du côté de ceux qui se disent, au fond, c'est peut-être le début de la fin du libre-échange et donc de la mondialisation. C'est peut-être une bonne nouvelle.

19:07
Sébastien Chenu

Mais la mondialisation, elle doit être équilibrée. Elle doit se faire au bénéfice des peuples. Et c'est ça, le problème, c'est qu'avoir du libre-échange, avoir des échanges à l'international, c'est nécessaire. C'est évident. Ça doit être organisé. Ça doit être structuré. Et ça doit se faire dans le bénéfice des peuples. C'est tout à fait déréglementé aujourd'hui. C'est tout à fait à l'inverse de ce que nous proposons. Et ça doit se faire, évidemment, quand je dis au bénéfice des peuples, c'est-à-dire au bénéfice de l'économie nationale.

19:32
Présentateur

Merci Sébastien Chenu d'être venu dans ce studio pour répondre à mes questions ce matin. Vous êtes vice-président du Rassemblement National et député du Nord. Il est 8h52 sur RMC BFM TV.