Élections européennes: le discours intégral de Gabriel Attal au meeting de Renaissance à Lille
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Chers amis, nous y sommes, le premier meeting de cette campagne. Nous y sommes à ce moment si important, celui où, à l'orée de cette campagne, nous allons et vous allez tant donner. Nous y sommes et nous sommes nombreux, car oui, chers amis, vous êtes plusieurs milliers cet après-midi à Lille pour lancer notre campagne des Européennes. Alors oui, nous nous souviendrons de Lille, cher Gérald, et de ce jour du 9 mars 2024 comme celui du premier jour du reste de cette campagne. Celui où nous pouvons enfin parler d'Europe. Celui où nous pouvons porter fièrement notre engagement européen. Celui où nous nous engageons à fond pour l'Europe, sans ambiguïté et sans angélisme.
Celui où nous sommes ensemble. Celui où nous sommes rassemblés. Celui où nous sommes là, présents, nombreux, fiers et unis. Car aujourd'hui, je vous le dis, aujourd'hui c'est le jour où nous levons la voix pour dire à la France et à l'Europe, oui, nous sommes là. Oui, il va falloir compter sur nous et oui, nous sommes les seuls vrais défenseurs de l'Europe dans le paysage politique français. On a beaucoup oublié qu'on était dans une campagne européenne. Et qu'on n'était pas là pour refaire un match. Qu'on a déjà gagné par deux fois avec le président de la République. D'ailleurs, il faudrait qu'ils finissent par s'y faire. Ils n'ont jamais de mots assez durs.
Ici, à Lille, on est venu pour parler d'Europe. Car je vous le dis, mes chers amis, un compte à rebours est lancé. Un compte à rebours pour l'Europe, un compte à rebours pour la France et pour notre souveraineté. Un compte à rebours pour les Français pour garder notre destin en main. Et pour cela, nous avons besoin d'unité. Cher Stéphane, cher François, cher Edouard, votre présence ici est le symbole de ce qu'il y a de plus fort et de ce que nous avons de plus précieux. L'unité. Notre unité. L'unité pour nos convictions. L'unité pour la France. Et l'unité pour l'Europe. Une unité qui nous rassemble, cher Laurent.
Et cette unité, cette multiplication des forces, nous la mettons à ton service, cher Valérie Ayet. Toi qui mènes ce combat pour nos valeurs, pour notre Europe, pour l'influence de la France. Toi qui mènes ce combat depuis cinq ans avec force et engagement au Parlement européen. la même ou d'autres, les fantômes, les absents, les prêcheurs de malheur, ceux qui ont capitulé avant même d'avoir essayé, montrent qu'ils n'ont ni projet ni bilan pour notre Europe. A toi qui es notre tête de liste. A toi qui portera le combat pour l'Europe. A toi, cher Valérie, nous le disons et nous te le disons. Nous sommes derrière toi.
Et que la force de nos applaudissements te donne le courage de ne jamais rien céder. A travers toi, c'est bien un espoir que nous portons. Celui d'une France qui croit en l'Europe. D'une France qui ne cède jamais à la fatalité. D'une France sûre de ses forces et confiante dans son avenir. Chers amis, la France est notre fierté. La France est notre fierté car elle est forte. Mais elle ne pourra le rester que si nous continuons à bâtir une Europe qui soit elle aussi forte et puissante. Jamais l'enjeu n'a été aussi important. Jamais le risque de dislocation de l'Europe et donc d'affaiblissement de la France n'a été aussi élevé.
Car au fond, rarement et peut-être même jamais dans l'histoire de notre Europe depuis 80 ans, l'heure n'a été aussi grave. Oui, l'heure est grave. L'heure est grave dans le monde. L'heure est grave parce que pour la première fois, nous allons choisir l'avenir de l'Europe à l'heure où les bombes pleuvent sur le sol européen. La guerre n'est plus un mirage lointain et improbable. Elle est là, à nos portes, à quelques milliers de kilomètres seulement. Nous allons choisir l'avenir de l'Europe alors que certains voudraient que notre seule réponse à cette guerre russe soit le triomphe de la loi du plus fort. L'heure est grave parce que le dérèglement climatique n'a jamais fait autant de ravages.
Il est une réalité concrète. Il s'accélère. Il est entré de plein fouet dans la vie des Français. Et oui, je serai à nouveau lundi dans le Pas-de-Calais, aux côtés de nos concitoyens touchés par les inondations. L'heure est grave. L'heure est grave dans le monde parce que les droits des femmes sont menacés et régressent partout dans le monde. L'heure est grave dans le monde. Elle l'est aussi en Europe. Le défi migratoire préoccupe les Européens. Nous devons y apporter des réponses. Nos réponses.
La fermeté envers ceux qui ne respectent pas nos règles et la dignité et l'humanité envers ceux que nous choisissons d'accueillir parce que c'est notre honneur de les accueillir sur le continent européen. L'heure est grave parce que la crise agricole traverse le continent. Partout. Et tu le sais bien, Valérie, toi qui viens d'une famille d'agriculteurs, toi qui es élue de Mayenne. Partout, les agriculteurs européens ont fait entendre leur voix ces dernières semaines. Ils ont crié leur ras-le-bol, leur mal-être, affirmé leur volonté d'être libérés d'un certain nombre de règles et parfois d'injonctions paradoxales.
Ils ont dit leur colère face à la concurrence déloyale de ceux qui n'ont pas les mêmes règles que nous. L'heure est grave parce que les extrêmes, partout en Europe, n'ont jamais été aussi proches de pouvoir mettre à bas le rêve européen. Et que partout où ils passent, ils détruisent. Ils détruisent ce que nous avons mis des générations entières à construire. L'heure est grave car l'heure est au choix. Le genre de choix que nous faisons pour nous-mêmes mais qui nous dépasse. Oui, mes amis, ce genre de choix qui conditionnera la vie de nos enfants et de nos petits-enfants. Au fond, le choix que nous aurons à faire le 9 juin peut se résumer en une seule et même question.
Voulons-nous continuer à bâtir l'Europe ? Le peuple français veut-il dire stop ou encore à l'Europe ? En d'autres termes, mesdames et messieurs, la France veut-elle sortir de l'Europe ? Nous, notre réponse, elle est claire, elle est nette, elle est franche. Oui, nous croyons encore à l'Europe. Non, nous ne voulons pas sortir de l'Europe. Oui, nous sommes européens parce que nous sommes pour la paix. La réalité en face et le monde tel qu'il est. Oui, nous sommes européens car nous ne croyons pas que la France puisse être plus forte en étant plus seule. Car, mes amis, je pose la question.
Face aux mégapuissances chinoises, américaines, russes, face à Vladimir Poutine, face aux dangers du monde d'aujourd'hui et de demain, qui peut imaginer que la France soit plus forte en étant plus seule ? Qui peut imaginer régler la crise climatique en étant seule ? Le défi climatique est un défi existentiel. Nous le relèverons. Nos émissions baissent et nous offrons des solutions à chacun. Nous devons continuer et c'est à 27 que nous pourrons vraiment changer le cours des choses. Mes amis, qui imagine faire plier les géants du numérique en étant seul ? Qui imagine répondre aux défis de l'immigration irrégulière en étant seul ?
Qui imagine permettre à nos agriculteurs de vivre de leur travail si la France n'exporte plus, ne commerce plus et ne vend plus à l'étranger ? Nous, nous savons que c'est à 27 que nous sommes plus forts. Mes chers amis, dans cette élection, face à nous, se lèvent les rentiers de la peur. Pour eux, chaque solution est un problème, parce que chaque problème est une opportunité. Ils prospèrent sur les malheurs, alors ils les cultivent soigneusement. Et tout dans leur bilan le montre. Oui, je parle bien de bilan. Parce que quand on est élu, on a un bilan. Le bilan du clan Le Pen, c'est 40 ans de Parlement européen. 40 ans d'indemnités de mandat.
40 ans de fantômes dans les couloirs de Bruxelles et de Strasbourg. Aujourd'hui, un Français voit plus le Rassemblement national en zappant sur sa télévision pendant une heure qu'un eurodéputé en passant 5 ans dans l'hémicycle du Parlement européen. C'est ça la réalité. Le bilan de 40 ans de clan Le Pen au Parlement européen, c'est quelques signatures sur les registres de présence pour toucher les indemnités, quelques interventions pour meubler sur les réseaux sociaux. Le bilan de 40 ans de mandat du clan Le Pen au Parlement européen, il se résume au fond en quelques votes. Tout au plus.
Alors je vous le dis, mesdames et messieurs, regardons les votes du Rassemblement national au Parlement européen. C'est une litanie de trahison contre les intérêts des Français. Trahison des agriculteurs. Alors qu'en 2019, ils ont voté contre les 9 milliards d'euros de politique agricole commune. Avec eux, ce serait la faillite des exploitations. Le respect de nos frontières. Alors qu'ils ont voté contre le renforcement de notre droit avec le pacte asile-immigration. Trahison pour les droits des femmes. Alors qu'ils ont voté contre l'égalité salariale. Contre une résolution pour défendre l'avortement en Pologne. C'est ça la réalité. Et nous devons le dire. Encore contre nos valeurs.
En refusant de voter plus de 20 fois des mesures de soutien à l'Ukraine ou de condamnation à la Russie. Le bilan de 40 ans de mandat du clan Le Pen, comme disait un très grand auteur qu'on aime tous, ne les sifflez pas. Combattez-les dans les urnes. Ça reste d'actualité. Et aujourd'hui, la réalité de ce clan, ça reste celle d'une vaste tromperie. Cette tromperie, c'est celle de la sortie de l'Europe, c'est celle de la sortie de l'euro. Car, mesdames et messieurs, le Rassemblement national a passé tous ses discours à l'adoucissant. Maintenant, Marine Le Pen, Jordan Bardella ne disent plus rien sur rien. L'euro, on ne l'abandonne plus, on le garde.
La peine de mort, finalement, après quelques hésitations, c'est plutôt non. L'IVG, il y en avait trop pour Marine Le Pen, qui voulait même en dérembourser certains, qu'elle osait appeler avortement de confort. Mais après tout, il faut être pour, aujourd'hui, parce que ça fait bien dans une campagne. La PAC, ils ont voté contre, puis pour, puis à nouveau contre, et à nouveau pour, en nous expliquant qu'ils étaient contre. À force de changer d'avis sur tout, ils vont finir pour appeler à l'immigration massive sur le continent européen, si ça leur permet de plaire dans une élection. Quant à l'Europe, il fallait à tout prix en sortir. Et maintenant, ils font mine de dire qu'on pourrait y rester.
Après avoir fait campagne pour le Frexit, après avoir soutenu les partisans du Brexit, après avoir nommé dans des communes dirigées par des maires du Rassemblement national, certaines rues, rues du Brexit, après avoir dit sur tous les tons qu'il fallait sortir de l'Europe, le Rassemblement national a maintenant le Frexit honteux. Mais les discours changent. Mais le projet reste. Les mots changent, mais les idées restent. Ils veulent nous faire croire qu'ils veulent rester dans l'Europe, mais sans payer la contribution de la France, sans respecter les règles et les traités.
Je vous le dis, quand on prétend arrêter de payer sa contribution, quand on dit qu'on va arrêter de respecter les règles communes et les engagements qui ont été pris, ça a la couleur du Frexit, ça a l'odeur du Frexit, ça a le goût du Frexit, c'est normal, c'est un Frexit qu'il nous propose. Notre devoir, c'est de le dire aux Français, de dire la vérité aux Français, de démentir tous leurs discours et tous leurs slogans. Le dernier en date, ils nous disent « La France revient ». Mais de quel droit parle-t-il au nom de la France ? Ce sont eux qui ont quitté la France. Où étaient-ils partis ?
Au bal de Vienne, à danser avec des néo-nazis, dans un congrès identitaire, à chanter avec les antisémites, à Moscou, pour chercher l'approbation de Vladimir Poutine, sur un tabouret du Starbucks, de la Trump Tower, pour négocier un selfie avec Donald Trump qu'elle n'aura jamais réussi, finalement, à avoir. Ils nous disent « L'Europe revit ». Et de quel droit parle-t-il de l'Europe ? Quelle Europe ont-ils défendu ? Si on les avait écoutées, nous serions dans une Europe où il y aurait toujours des Gisèle Halimi obligés de faire des procès et de défendre des femmes interdites d'avorter. Nous serions dans une Europe qui refoulerait les Missac Manouchian à Lampedusa.
Nous serions dans une Europe où la mort des Navalny serait saluée dans toutes les chancelleries. Nous serions dans une Europe où nos valeurs nous auraient quittés, où la liberté, l'égalité, la fraternité n'auraient plus aucun sens. C'est ça, leur projet. Ils cherchent par tous les moyens à ne plus faire peur. Mais s'ils font moins peur, ils feront toujours autant de mal. Mal à nos agriculteurs avec la sortie de la PAC. Mal à notre jeunesse, sans échange et moins de liberté. Mal à notre économie avec l'effondrement des échanges commerciaux et de la crédibilité de la France.
Mal aux retraités, mal aux salariés, mal aux ouvriers, mal aux classes moyennes, mal à toute notre société parce que la conséquence de leur projet, c'est le déclassement. Avec son projet caché de sortie de l'Europe, le Rassemblement National hypothèque notre avenir et prépare la plus grande crise économique de ces dernières décennies. Qui en seraient les premières victimes ? Pas les milliardaires qui peuvent vivre dans n'importe quel pays. Pas les plus riches qui ont le patrimoine qu'il faut pour s'en sortir. Pas les plus privilégiés. Ce que le Rassemblement National fait mine régulièrement de viser. Non ! Les premières victimes du vote Rassemblement National, ce sont les classes moyennes.
Ceux à qui on demande toujours plus. Ceux à qui on demande toujours les premiers sacrifices quand les crises surviennent. Ceux qui doivent toujours payer plus quand ça va mal. Croyons-nous aujourd'hui que la classe moyenne anglaise est heureuse du Brexit ? Croyons-nous aujourd'hui que les ouvriers anglais sont heureux de voir leur industrie décliner ? Croyons-nous que les agriculteurs anglais sont heureux d'être sortis de la PAC ? Alors je le dis aux classes moyennes françaises, je le dis aux jeunes comme aux retraités, à ceux de nos compatriotes qui peuvent parfois être tentés. Ne tombez pas dans le piège.
Ne tombez pas dans le piège parce que si les mots ont changé, la réalité reste la même. Ils ont toujours dit non à l'Europe. La seule différence maintenant, c'est qu'ils le cachent un peu et que le non s'est transformé en niet. Ne tombez pas dans le piège. Ne tombez pas dans le piège. Car le Brexit aura les mêmes conséquences désastreuses que le Brexit. Je dis à nos compatriotes, n'ajoutons pas le désordre des extrêmes au désordre du monde. Ne précipitez pas notre pays et notre Europe dans l'inconnu alors que nous avons besoin de stabilité. Ne jetons pas notre continent et notre nation dans les bras des extrêmes.
Ne jetons pas l'avenir de notre jeunesse en pâture à la destruction voulue par les extrêmes. Ma génération, notre génération, chère Valérie, c'est celle qui a grandi avec la paix sur le continent grâce à l'Union européenne et qui refuse de vieillir dans une Europe qui pourrait laisser faire des massacres et devenir le vassal de la Russie. Ma génération, notre génération, chère Valérie, c'est celle qui a pu rêver d'ailleurs arpenter l'Europe grâce à Erasmus, celle qui refuse de vieillir enfermée.
Ma génération, notre génération, chère Valérie, c'est celle qui a pris conscience du dérèglement climatique et qui passe aux actes et qui refuse de vieillir dans un monde qui suffoque à cause des climato-sceptiques qui guettent. Ma génération, notre génération, Valérie, c'est celle qui a vu l'euro arriver, qui a vu Airbus grandir, qui a vu l'Agence spatiale européenne s'emparer de l'espace. Il y a eu la génération des pères fondateurs, nous prenons sa suite, nous sommes celle de l'Europe des possibles pour les Français et pour les Européens. Alors, mesdames et messieurs, chers amis, parlons de nous et parlons de l'avenir. Parlons de notre avenir dans une Europe dont la voix porte.
Un avenir dans une Europe industrielle et innovante, à la pointe de toutes les technologies de notre temps. Un avenir qui s'écrira dans une France forte, au sein d'une Europe puissante. Nous, depuis 2017, et depuis le discours de la Sorbonne par le Président de la République, nous assumons pleinement de porter la vision d'une Europe puissante, d'une Europe qui prend son destin en main, d'une Europe qui cherche sans cesse à s'améliorer et à améliorer le quotidien de ses citoyens. En sept ans, il y a eu des crises, il y a eu des difficultés, tout n'a pas été réglé. Mais en sept ans, l'Europe a fait des pas de géants.
Et cela, nous le devons à des femmes, des hommes qui se sont engagés, qui se sont rassemblés en France au niveau européen. Nous le devons avant tout, je le dis ici, à celui qui a donné le cap, qui a changé le rythme, qui a insufflé un nouvel élan, le Président de la République, Emmanuel Macron. Les futés européens menés par vous, chère Stéphane, chère Valérie, chère Marie-Pierre, à l'engagement de nos parlementaires, aussi, M. le Président de la Commission des Affaires européennes, cher Pierre-Alexandre Anglade, nous le devons à vous toutes et à vous toutes. Devant chaque crise, on pensait les Européens divisés et menacés. Ils se sont montrés unis et déterminés.
L'épidémie de Covid aurait pu diviser l'Europe et lancer une guérilla au vaccin. Au contraire, nous avons fait front commun et grâce à l'Europe, tous les Français ont pu être vaccinés. On pensait que la reprise économique se ferait en ordre dispersé, que les États n'arriveraient jamais à s'entendre pour se relancer. Au contraire, nous avons fait front commun et grâce à l'Europe, nous avons construit et bénéficié d'un plan de relance sans précédent. Grâce à l'Europe et à ton travail, cher Thierry Breton, notre commissaire européen, aux avant-postes de ce combat. Vladimir Poutine pensait que l'unité européenne tomberait comme un château de cartes face à sa guerre.
Au contraire, nous avons fait front commun et grâce à l'Europe, nous avons pu prendre des sanctions fortes et nous pouvons aujourd'hui soutenir l'Ukraine dans son combat pour la liberté. Alors oui, face à chaque crise, face à chaque menace, à chaque danger, l'Europe a réagi. L'Europe a grandi. L'Europe a protégé et l'Europe s'est fortifiée. Puis, à Versailles en 2022, le président de la République a fixé un agenda nouveau, un agenda ambitieux, un agenda de souveraineté, d'indépendance et de progrès. Cet agenda, c'est notre feuille de route et nous nous y tenons. Depuis, la souveraineté stratégique de l'Europe est donc notre souveraineté à progresser.
Depuis, nous avons réformé Schengen, gagné en souveraineté à nos frontières, cher Gérald. Depuis, nous avons fait progresser l'Europe sociale. Nous avons imposé un salaire minimum dans tous les pays européens. Depuis, nous avons bâti une Europe plus verte qui s'est donnée des objectifs ambitieux et met la croissance et les technologies au service de la transition écologique, cher Pascal. Depuis, nous avons obtenu, grâce à Bruno Le Maire, au niveau européen, un impôt minimal pour les grandes entreprises. Nous avons investi massivement pour la réindustrialisation. Nous avons gagné en souveraineté économique.
Oui, tout n'a pas été fait encore, mais les résultats sont là et vous le savez bien, dans ce département du Nord où les usines ouvrent à nouveau, notamment grâce à l'aide de l'Europe. Ces usines, ce sont des gigafactories, des usines de batteries, que ce soit dans le Dunkerquois, dans le Douaisy, dans la Sambre, dans la Vénoie. Ce sont surtout des milliers d'emplois, de l'attractivité, de nouveaux talents pour un territoire. Oui, l'Europe, c'est du concret. L'Europe, ça change la vie. Alors le 9 juin, une seule question se pose. Est-ce qu'on dit stop ou est-ce qu'on dit encore ? Car le 9 juin, il n'y a qu'un seul bulletin clair pour l'Europe. C'est le nôtre. C'est celui de Valérie.
C'est celui de cette majorité. L'alternative, elle existe. Mais soyons clairs, cette alternative, c'est celle de la soumission. Car pour le Rassemblement national, face à la Russie, toutes les mollesses, toutes les faiblesses sont bonnes. Aujourd'hui, quand la Russie nous menace, multiplie les cyberattaques, les tentatives de déstabilisation, et il y en aura d'autres dans cette campagne, le Rassemblement national se garde toujours de les condamner. Au contraire, ce sont eux dont il a été fait la démonstration qu'ils sont aux côtés de la Russie dans ces déstabilisations par la presse internationale et par une commission d'enquête parlementaire présidée par un député du Rassemblement national.
Rappelons-nous qu'ils déclaraient admirer Vladimir Poutine, qu'ils ont refusé de condamner l'invasion de la Crimée, que pendant des années et durant, la Russie a financé leur parti. Rappelons-nous qu'il y a deux ans à peine, le Rassemblement national voulait conclure une alliance militaire avec la Russie. S'ils avaient été écoutés à l'époque, on ne serait pas en train de fournir des armes aux Ukrainiens pour se défendre de la Russie, mais des armes à la Russie pour écraser les Ukrainiens. Nous refuserons toujours la soumission, nous défendrons toujours la voie de la puissance et de l'indépendance.
Chers amis, aujourd'hui, dans cette ville de Lille, au carrefour de l'Europe, nous nous retrouvons pour affirmer haut et fort nos valeurs, porter haut et fort notre ambition pour l'Europe. Alors battons-nous, frappons à chaque porte, convaincons chaque personne autour de nous. Battons-nous pour une France, pour une Europe de la croissance et de l'innovation, qui attire les talents, qui fait rêver le monde. Battons-nous pour une France, pour une Europe verte, qui atteigne la neutralité carbone, sans brutalité et en ne laissant personne sans solution. Battons-nous pour une France, pour une Europe industrielle, qui crée des emplois, qui fait revivre des territoires entiers.
Battons-nous pour une France, pour une Europe agricole, qui construit notre indépendance alimentaire, simplifie la vie des agriculteurs, les protège face à la concurrence déloyale. Battons-nous, battons-nous pour une France, pour une Europe souveraine, qui fasse respecter leurs frontières. Battons-nous tous ensemble. Bien sûr, tout n'est pas parfait, loin de là. Bien sûr, il reste du chemin à parcourir. Et je le dis, nous avons encore des révolutions à mener. En France et en Europe, tant reste à faire. Mais chers amis, il reste 100 jours. Et nous sommes prêts. Nous avons un cap, celui fixé par le président de la République, de bâtir une France forte, dans une Europe puissante.
Nous avons une tête de liste, c'est Valérie Ayet. Nous avons un bulletin de vote, le seul, le seul qui dit clairement oui à l'Europe. Alors, mes chers amis, nous avons besoin de vous. Je sais ce dont vous êtes capables. Soulever des montagnes, déjouer tous les pronostics. On ne serait pas ici si on n'avait pas su déjouer tous ensemble tous les pronostics. Contre tous ceux qui n'y croient pas, battez-vous. Contre tous ceux qui disent que c'est joué d'avance, battez-vous. Contre tous ceux qui voudraient que nous soyons endormis, absents et mutiques, battez-vous. Contre tous ceux qui veulent démanteler l'Europe et donc affaiblir la France, battez-vous.
Avec la majorité, avec Renaissance, avec le Modem, avec Horizon, avec tous nos ministres, avec moi, battez-vous. Je vous en fais le serment, la promesse. Je mettrai toutes mes forces dans cette bataille. Je ne m'économiserai jamais. Et avec tout mon gouvernement, nous serons à vos côtés. Il vous reste 100 jours, 100 jours, et nous n'avons pas une seconde à perdre. 100 jours pour être au rendez-vous de l'histoire. 100 jours pour défendre nos valeurs. 100 jours pour l'avenir de notre jeunesse. 100 jours pour l'indépendance de l'Europe. 100 jours pour la force de la France. Levons-nous parce que nous croyons en l'Europe.
Levons-nous parce que nous voulons envoyer un message à l'Europe et au monde. Parce que nous croyons dans le progrès, dans nos forces, dans notre avenir. Parce que nous sommes fiers de qui nous sommes. Parce que l'Europe est notre avenir. Parce que nous sommes la France, et que rien ne résiste au peuple de France. Levons-nous et battons-nous. Jusqu'à la dernière semaine, jusqu'au dernier jour, jusqu'au dernier quart d'heure. Battons-nous. Oui, battons-nous pour que l'Europe vive. Battons-nous pour que vive la République. Et battons-nous pour que vive la France. Je vous remercie.
Gabriel Attal