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Podcast / conversationThinkerview (sur YouTube)· 12 avril 2019 97 minComplaisantDivertissementÉconomie & entreprisesNumériqueInstitutions & électionsJustice

Champagne, Duplessy et Fontaine : Investigation sans filtre ? [EN DIRECT]

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 33 %Défensif 37 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Stéphanie Fontaine, pouvez-vous vous présenter succinctement ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Jacques Duplessy, quels sont vos faits d'armes ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Antoine Champagne, quels sont vos faits d'armes ?

  • 8:00FerméeRéponse directe

    Combien de procédures bayon au fesses avez-vous subies ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi ce documentaire ? Pourquoi ce sujet ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Jacques Duplessy, pourquoi l'investigation ? Pourquoi ce sacerdoce ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 18:00Stéphanie FontaineFait
    « La plupart des journalistes en France ils sont en province et ils racontent la vie locale. »
  • 12:00Fait
    « Les plus grands pourvoyeurs de fake news, c'est quand même les politiques. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[musique] Mesdames et messieurs, bonsoir. Bonsoir. Bonsoir.

Nous vous recevons pour une chaîne internet qui s'appelle Syerview. On vous interview ce soir dans le cadre de votre profession, de votre sacerdoce qui est, si je me trompe pas, journaliste d'investigation, journaliste court. Euh est-ce que vous voulez-vous bien vous voulez-vous bien ?

Oui, vous avez compris. vous présenter succintement Stéphanie. Stéphanie, comment ?

Stéphanie Fontaine. Je suis donc journaliste, journaliste indépendante euh depuis maintenant 10 ans à peu près et euh et donc ça veut dire que je suis pas attachée à une rédaction en particulier. Je travaille pour plusieurs titres différents.

Euh et pour ce les sujets d'enquête, ben je peux publier aussi bien dans le canard enchaîné Médiaparts, ça m'est arrivé aussi, l'Express bien sûr et voilà. En gros, Jacques Duplé, même punition, moi aussi journaliste indépendant depuis 2012. Avant, j'étais fait un petit saut à West-Fance.

Voilà. Et moi aussi, je suis dans l'investigation. Je travaille essentiellement aussi pour Paris Match, Média Part, Le canard enchaîné, Marianne, enfin un peu tous les journaux, il y a des cases enquêtes et puis à côté de l'enquête, je suis aussi d'autres choses sur la société.

Tes tes tes faits d'armes, c'est quoi ? Alors, mes faits d'armes ? Bah, j'ai trois trois articles ont donné lieu à des enquêtes au parquet national financier.

On reviendra dessus après. À votre gauche, vous avez Antoine Champagne. Bonsoir.

Donc moi, je suis journaliste aussi, indépendant, pareil. Donc voilà, comme mes petits camarades, je travaille pour à peu près tous les tous les médias où il y a des cases d'investigation. Et puis j'ai aussi cofondé euh comme tu le sais euh un journal sur internet qui s'appelle Reflet.info et où on a on a on aborde des sujets plus euh techniques euh sur les internets en effet d'armes.

On reviendra sur Stéphanie après pour l'effet d'armes aussi. Bon l'effet d'arme c'est voilà avoir révélé la vente d'un système d'écoute global pour tout l'internet en Libye par une société française qui s'appelle Amésis. Et puis voilà, après on a creusé le sujet en long, en large et en travers.

Et je crois qu'il y avoir une centaine d'articles reflets sur sur ces sociétés reflets que reflet amésis, cosmos et cetera. C'est ça ça a provoqué quelques condamnations ou pas ? Alors non, ils sont poursuivis devant le pôle crime de guerre, crime contre l'humanité du tribunal de de Paris, grande instance.

Mais c'est pas c'est pas forcément à cause de nous hein. C'est voilà, il y a des il y a eu des conséquences en fait la vente de ce système. Il y a des gens qui ont été torturés en Libye sur la base des écoutes qui avaient été faites de leur leur discussion sur Facebook ou ailleurs qui était intercepté et donc voilà par une par une société française enfin par les le matériel d'une société française en tout cas.

Stéphanie [grognement] vous faites et bien comme Jacques, j'ai deux enfin j'en ai une de moi on va dire j'ai deux enquête au parquet national financier. Enfin deux enquêtes au parquet c'est je suis à l'origine de deux enquêtes au parquet national financier qui concernent des marchés publics dans le dans le contrôle automatisé des infractions routières donc les radars. Vous trois la question vous choisissez pour répondre c'est vous avez combien de procédures bayon au fesses ?

Vous en avez subi combien ? Alors moi j'en suis à trois plaintes, j'ai tout gagné en première instance et j'étais il y a 2 jours pendant plus de 4 heur à nouveau en cours d'appel. Euh moi j'en ai [raclement de gorge] j'en ai une qui s'est soldé en fait par une erreur de procédure.

L'avocat de la partie adverse le jour du procès en fait il avait fait une une erreur de procédure et donc tout le monde était là et on avait envie de plaider parce que on avait encore des révélations à faire au procès. Ça nous amusait beaucoup et manque de pôle pour procès donc a été a été suspendu, annulé pour en raison d'une erreur de procédure. Voilà.

Moi, j'ai pas eu de procédure Billon. J'ai juste eu un procès de la part d'une d'une entreprise qui s'appelait Tati qui m'a enf qui pensait que j'avais piraté son serveur web. Euh donc voilà, intrusion et maintien dans un système de traitement automatisé de données.

Euh voilà. Pourquoi tu me regardes comme ça ? Non, pour rien.

Voilà. Donc je me suis retrouvé en première instance, j'ai été condamné assez légèrement à 3000 € de d'amende avec surcis. Euh moi, je voulais que ça s'arrête parce que ça ça avait quand même duré un an et demi c cette histoire débile.

Tout ça parce que je m'étais promené sur leur site avec un simple navigateur, donc j'avais rien piraté. Euh et puis euh bizarrement le parquet a fait appel et euh pour demander ma relaxe. Donc je suis reparti pour un tour et effectivement le le parquet a gagné puisque j'étais relaxé en en 2uxè instance, ce qui a fait une jurisprudence sur le le fait de trouver des informations sur un site alors qu'elles auraient a priori pas dû être là.

Enfin bon, voilà. Bon euh maintenant qu'on a fait les présentations, on vous reçoit aujourd'hui parce que vous avez monté un collectif de journalistes qui s'appelle Intramurau Extramuros. Ah extramuros et merci et on vous pousse on est partenaire avec vous pour vous lancer parce que vous faites un documentaire d'investigation financé par internet.

Qui commence ? Qui dit quoi ? À quoi ça ressemble ?

Qui travaille là-dessus ? Combien ça coûte ? Vous allez embêter qui ?

Vous avez prévu des frais d'avocat ? Vous avez décidé de faire ça ? Pourquoi ?

Euh Stéphanie ? Alors, on va pas pouvoir Ça va coûter combien ? Ouais, ça va.

Un pognon de dingue comme on dit en ce moment. Euh, ça va coûter cher forcément l'investigation ça coûte cher parce que ça prend beaucoup de temps surtout. Ensuite, on a quand même pas mal de moyens en interne dans notre collectif.

On est des journalistes plurimé. Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi ce documentaire ?

Pourquoi tu as choisi de t'associer ? Pourquoi le faire ? euh parce que c'est un sujet qui est jamais passé à la télé euh et queon a euh beaucoup de documents, beaucoup de on a des témoignages, des gens qui veulent bien euh parler à visage découvert, ce qui est quand même assez rare sur ce genre de sujet un peu compliqué où on parle quand même de beaucoup d'argent public, où il y a beaucoup de il y a quand même de gros soupçons de conflit d'intérêt.

Donc on va pas donner le sujet pour éviter qu'il y ait une stratégie défensive en face. C'est ça. Mais il y en a pour un pognon.

C'est ça. Euh nous, on a évalué donc on peut quand même dire que c'est ça concerne de l'argent public. On a évalué qu'il y avait une dépense de plus de 2 milliards d'euros.

Forcément, c'est plus de 2 milliards d'euros qui ont été dépensés et qui euh et qui ont été dépensés pour des prestations demandées à des entreprises privées. Donc il y a des il y a des preuves de tout ça. C'est sourcé, c'est carré, c'est bétonné, c'est triangulé.

Bah c'est ce qu'on va tâcher de faire. Donc effectivement, ça prend aussi beaucoup de temps par rapport à ça et on a des métiers en fait. Pourquoi ça nous coûte cher ?

Parce qu'en interne, on a quand même déjà beaucoup de de compétences euh mais euh il y a quand même des compétences qui nous manquent dans notre collectif, notamment un monteur par exemple. On va faire aussi pas mal d'animations et voilà. Jacques, pourquoi tu fais ça d'ailleurs ?

Pourquoi tu es journaliste ? Alors moi je suis journaliste parce que c'est un mo bénédicin. Voilà, c'est le moine bénédicin.

Non mais gen moi franchement je suis rentré dans ce métier-là parce que j'avais envie de raconter un peu le monde. Moi j'ai commencé en local et je me suis aperçu que le journalisme ça pouvait commencer tout près de chez soi. Et puis ensuite bon moi j'ai un petit côté euh fouille merde.

Allez j'aime bien aller voir un peu le parce que j'en ai tout de suite eu marre des conférences de presse où on nous raconte ce qu'on doit dire quoi. Voilà. Donc ça ça m'a tout de suite gonflé et donc dès que j'ai eu des possibilités de dès que j'ai eu des possibilités de de regarder un peu le dessous des cartes et ben ça moi ça m'a ça m'a passionné.

Et donc j'ai commencé même en local, j'étais à l'aval pour Ouest France et voilà. Puis un jour, on a un agriculteur qui a débarqué avec un énorme dossier en disant on m'arnaque, il y a liquidateur judiciaire qui qui veut me prendre tout mon argent. Bonnement, il avait l'air un peu dingue mais en fait il a filé son il a filé un gros dossier tout.

Donc bah on s'est fadé le dossier avec un collègue et finalement on en a fait une page dans West France qui est pas un journal spécialement d'investigation, on peut pas le dire. Voilà, il a fallu expliquer à la rédaction que c'était important, intéressant et finalement on a fait une page spéciale pour raconter et le mec avait plutôt il avait raison quoi. Voilà et moi c'est ça qui m'intéresse.

Et d'un côté il y a beaucoup de journalistes qui fréquentent les conférences de presse. Moi je suis heureux, je dois en faire deux par an. Voilà.

Et donc c'est il y a beaucoup de journalistes qui fréquentent les les les les les rédactions de presse les quoi les les conférences de presse de presse et les salons feutrés aussi les petits fours les machins. Est-ce que ça fait un peu de ménage le jour de moins en moins un il y en a de moins en moins mais deux éventuellement c'est des lieux pourquoi pas si on y rencontre des gens intéressants qu'on s'échange des cartes de visite parce que les sources elles viennent rarement frapper à notre porte. Donc il faut qu'on aille aussi dans les endroits où on peut rencontrer des gens avec qui b on va établir une relation de confiance et qui un jour quand on aura une question à leur poser, ils nous répondront.

Ou alors si un jour ils ont ils sont témoins d'un truc, ils ont envie de parler qui nous appellent nous. Voilà. Et ça ça se fait en rencontrant des gens, ça se fait pas en attendant qu'ils viennent à nous.

Voilà. Mais après je dis il y a les conférences de presse, c'est le truc où les mecs ils nous ils nous disent bah voilà ce qu'on voudrait que vous communiquiez là-dessus quoi. Et moi ça m'intéresse absolument pas.

Antoine oui. Pourquoi l'investigation ? Pourquoi sacerdoce ?

C'est une c'est quoi ? C'est c'est une vocation. C'est Ouais, c'est une vocation.

C'est c'est venu très tôt. J'étais tout petit. Euh j'ai j'ai moi aussi j'ai commencé en fait dans un journal voilà carré, très très propre [grognement] qui s'appelle et puis qui s'appelle la GFI. tu un canard financier très financier et euh donc on était vraiment sur les faits euh les chiffres et cetera et puis bon euh le temps passant euh je me suis intéressé à d'autres trucs euh voilà euh et effectivement j'en suis assez vite venu à l'investigation.

J'ai rencontré des gens de Can enchaîné, donc j'ai commencé à écrire chez eux aussi. Euh voilà et puis j'étais un peu dans les premiers sur les trucs internet. Donc voilà et comme je regardais un peu les dessous d'Internet, j'arrivais à sortir des infos qui étaient pas trop publiques ou expliquer des trucs un peu complexes.

Du coup oui, ça m'a amené aussi à l'investigation. Ouais. C'est puis c'est effectivement c'est un sacerdoce parce que c'est pas un métier où tu fais fortune, c'est pas un métier où voilà où il y a c'est facile de garder son intégrité, où on subit pas de pression.

Alors, tu peux garder ton intégrité, mais ça va se faire au dépend de ta carrière. Euh enfin c'est mon avis hein. Bon après, je suis peut-être le seul à penser comme ça, mais je pense que tu euh tu tu vas pas euh finir euh avec une écharpe rouge à la tête d'une rédaction et surtout les plateaux de télé si tu passes ton temps à gueuler contre les institutions, contre les entreprises, contre je sais pas quoi pour expliquer ce qu'elles font de travers.

Euh donc ouais voilà. Est-ce que Est-ce que vous m'autorisez à être très vulgaire ? Ouais.

Vous m'autorisez ? Oui. Non [rires] non, je suis infiniment désolé mais c'est je vais prendre le langage vrai de temps en temps qui se balade sur internet.

Est-ce que pour être un bon journaliste, il faut fermer sa gueule et sucer ? Alors non. Pourquoi ?

Pour être un bon journaliste. Non non, je pense pas. Si tu veux, ça dépend.

Tu peux fa l'avocat du diable. Ouais. Non mais tu peux tu peux imaginer que il y a un certain nombre, ce qu'on appelle les éditocrates, voilà, qui passent leur temps sur les plateau à donner leur avis sur tout alors que ils sont absolument pas spécialistes du truc, mais ils ont quand même un avis et un avis autorisé.

Euh voilà, donc eux effectivement probablement il faut qu'il serent des pinces et que voilà, ils aient euh une bonne communication avec euh avec beaucoup de gens, mais euh donc évidemment, ils vont pas se fâcher avec les gens, donc ils vont pas euh raconter des histoires qui fâchent. Mais de toute façon, nous on s'en est rendu compte il y a pas très longtemps à une soirée qui s'appellecope où ils remettent un prix. En fait, c'est les éditorialistes, les journalistes éditorialistes en vue euh qui remettent des prix aux politiques et vraiment on voit on voit vraiment euh euh c'est effectivement en fait c'est quand même deux mondes très différents entre nous et et ces éditorialistes où finalement l'idée c'est de devenir confident pour récupérer parce qu'il récupère malgré tout quand même des informations par sa intermédiaire mais c'est vrai que s'ils vont récupère pas ils sont sous le robinet Ils attendent que ça coule.

Voilà, c'est ça. C'est ça. Mais voilà, il y a il y a il y a quand même voilà, ils savent il y en a qui sont plus ou moins courtisans et donc qui ont plus ou moins d'information.

Enfin vraiment, il y a il y a quand même quelque chose euh nous effectivement on on a du mal à le comprendre mais il n'empêche que c'est aussi comme ça que éventuellement on a quand même des informations. Je dis pas que c'est comme ça qu'il faut le faire mais il n'empêche on peut pas dire non plus qu'ils n'ont pas du tout d'information. Disons que il faut il faut de tout pour faire un monde.

Voilà tu vas avoir les Stéphanie terminé. Ouais, mais c'est vrai comme tu dis qu'on est un peu sous le robinet et mais quand même ils vont aller chercher, ils vont se faire copain pour essayer de tirer des ils vont partir en vacances, ils vont dîner. En vacances, j'en sais rien mais dîner, déjeuner, c'est c'est évident.

Et Courchevel, Courchevel, tu connais pas Courchevel ? Bon, mais en tout cas, ce que je veux dire, c'est le problème, c'est pas tant d'aller récupérer cette information en courtisant, séduisant que ensuite effectivement ils vont ils vont finalement, je pense, ne pas franchir un cap, c'est-à-dire perdre en indépendance quand même pour pas perdre. C'est ça le problème, c'est que si tout d'un coup ils disent quelque chose qui va pas plaire à leur à celui à ceux qui veulent bien leur donner quelques informations de temps en temps, forcément on ne leur donnera plus.

Donc c'est un rapport finalement qui est biaisé. Ja. Ouais.

Moi je te donne quoi ? Un contre exemple mais déjà pour dire la plupart des journalistes là on parle de journalistes parisiens. La plupart des journalistes en France ils sont en province et ils racontent la vie locale.

Je veux dire quand on voit bon W Ouest France premier quotidien national c'est pas pour rien. C'est un journal qui est très enraciné que les gens aiment bien. On dit on parle de défiance des journalistes.

Et ben, il y a un jour, il y a le journaliste local. Je vois moi honnêtement j'ai toujours quand j'étais en local, j'ai toujours été apprécié par les gens et les gens ils croyaient et il y en avait des gens qui me disaient non mais c'est vrai, je l'ai lu dans West France ouais mais finalement c'est peut-être pas si vrai que ça les gens ils croyaient encore ils croient vraiment à l'information qu'il liv ça veut dire quoi les gens les gens les gens les lecteurs lecteurs ouais les lecteurs de les lecteurs de West France mais ils nous disaient et ils sont nombreux quand même ils nous disaient on croit ce que vous écrivez et c'était une énorme pression parce que vraiment les gens il ils étaient attachés Il pensait qu'on rapportait fidèlement l'actualité locale. Voilà.

Donc non mais ce qui est vrai ce qui est vrai qu'on essaie de le faire mais en même temps on peut pas parler de tout. Enfin un moment pas bah ça arrive mais c'est rare. Voilà.

Mais ensuite quand on dit le fait des fois de parler et parce que après on a plus d'information si on se fâche une source. Moi je vais raconter quoi avec une institution. Moi un moment j'étais chargé des faits d'hiver et on apprend par pourquoi les faits d'hiver c'est les chiens écrasés.

Ouais, bah c'est plutôt les vols, viol, enfin voilà, tout ce qui est relève police justice. Enfin voilà. [raclement de gorge] Et donc on apprend qu'il y avait un gros malaise au commissariat de la Val, malaise au niveau du personnel.

Il y avait un commissaire adjoint qui posait plein de problèmes. Voilà. Bon, [raclement de gorge] on le raconte.

Du coup, avant, on allait voir, moi tous les jours, je passé au commissariat pour raconter pour savoir s'il y avait des choses à raconter sur les faits divers locaux. À partir du moment où je raconte le malaise au commissariat, ils veulent plus nous recevoir. Et ben en même temps du coup, j'ai des policiers qui m'ont contacté et j'ai jamais eu autant d'affaires parce qu'avant le commissaire il filtrait, il me disait ce qu'il avait envie de me dire.

Moi après, j'avais réussi à avoir des sources dans le commissariat et donc j'allais j'allais voir l'ordinateur et il me disait les procédures en cours de la journée. Donc j'allais, j'avais plus d'informations après m'être fâché avec l'institution qu'avant. Voilà.

Et du coup, j'étais reconnu. Les mecs, il me disaient "Au moins toi, tu as bien parlé de nous. au moins, tu as vraiment fait ton boulot et voilà et du coup, il me donnait des informations avant que j'avais pas.

Alors, tu me lances sur une question qui est très importante et que Antoine va récupérer. Comment t'explique ce cette défiance face à la presse, au journalisme ? Comment la les pour reprendre les termes de Jacques, les gens, la population, la France d'en bas, lescendant, ils exécrent maintenant la la presse.

C'est c'est un peu comme Crooc Mort. Ouais, je sais pas si c'est comme Crroc Mort mais bon, je pense qu'il y a plein de trucs qui rentrent en compte. La première chose, c'est sans doute que euh quand tu enfin ça part de très loin, je pense.

C'est en fait tu as les les rédactions aujourd'hui euh limitent au maximum leur coût. En gros, la plupart des grands médias ont été rachetés par des gens qui ont l'habitude dans leur business habituel de faire des des chiffres importants. C'est du 12 % de rentabilité.

La presse c'est pas ça. Donc il s'achète une danseuse, il se retrouve avec un truc où soit ils gagnent pas d'argent, soit très peu. Donc ils mettent à la direction de ces de ces entreprises de presse des gens qui sont des experts.

Par exemple à Prisma pendant un moment, il y a un gars qui qui avait été parachuté de chez L'Oréal, c'était un coast killer, il avait des Excels et puis voilà, il il coupait là où il pensait que ça coûtait mais sans se poser la comme il connaissait pas les métiers, [grognement] sans se poser la question de savoir c'était essentiel ou pas. Donc euh en gros, tu te retrouves avec des réactions où il y a de moins en moins d'argent pour le reportage, pour l'enquête. Donc il plus a plus quasiment plus personne qui part à l'étranger voir ce qui se passe dans le monde.

Euh tu as un un turnover des journalistes, ceux qui sont encore embauchés dans la rédaction et c'est de moins en moins le cas, on fait de plus en plus appel à des pigistes, ça coûte moins cher en charge. Euh donc ceux qui sont dans les rédactions s'occupent d'un sujet et puis soit ils sortent de l'école, soit ils connaissent un peu le sujet mais tout d'un coup on les met sur autre chose. qui redécouvre un sujet, quelqu'un d'autre prend leur place, redécouvre le sujet d'avant et infé quand tu es un peu spécialiste d'un truc et que tu lis un article dans un journal sur quelque chose que tu connais bien, bah souvent tu te dis en fait il y a des conneries là, c'est il raconte des conneries dans cet article et après tu te poses la question suivante bah si il raconte des conneries sur un truc que je connais, si ça se trouve il raconte des conneries sur tout le reste et donc voilà, tu as une espèce de de défiance parce que la qualité n'est plus vraiment au rendez-vous.

Stéphanie ? Ouais. Non, mais je suis assez d'accord et je pense quand même pour revenir aux éditorialistes, effectivement les chaînes d'info en continu euh font beaucoup de mal je pense à l'image des journalistes parce qu'effectivement on interroge des gens qui ont un avis sur tout qui peuvent raconter plein de bêtises parce que ils peuvent pas tout connaître et il y a ce ce sentiment effectivement que ils sont pas forcément toujours très pointus sur les sujets sur lesquels il ils répondent et en plus on a cette impression effectivement qui copine beaucoup avec le pouvoir en place et c'est en l'occurrence vrai et s copine pas ou si ce c'est ce que je disais c'estàdire le problème c'est qu'à un moment donné il y a un déséquilibre qui se crée si s'ils vont trop loin s'ils ne vont pas là où on leur dit d'aller et bien c'est fini ils n'ont plus d'information ils n'ont plus rien.

Donc quelque part c'est terminé pour eux. Donc ça crée un vrai problème ensuite pour pour le public. Après, tu as un biais aussi qui qui doit être enfin qu'il faut pas perdre de vue, c'est en tout cas sur Paris euh la plupart des journalistes sont issus à peu près de la même classe sociale et ont fait à peu près les mêmes études.

Voilà. Et donc ils ont une vision du monde qui est bah la même à peu près pour tous et qui est pas forcément la même vision que celle de des du des gens dont tu parlais. Euh on l'a vu avec les gilets jaunes, c'est il y a un décalage total entre ce qu'on voit à la télé et la réalité sur le terrain des des manifestations.

Moi, j'ai suivi à peu près toutes les manifestations tous les samedis avec un appareil photo et voilà. Ce que ce que j'ai vu, c'est pas du tout ce que j'entendais. à la télé le soir en rentrant ou à la radio dans la voiture.

Donc il y a un vrai souci. Voilà, pendant un mois et demi, je me suis demandé si les rédactions envoyaient des gens dans les manifes ou pas parce queon voyait pas la même chose en fait. Donc il y a quand même un souci sur les relations avec les politiques.

Je vais donner une anecdote. Les politiques, il pensent que les journalistes sous prétexte, on a bien bouffé ensemble et on va raconter ce qu'ils veulent. Moi, je suis parti un jour en Libye en reportage et donc euh on est parti dans un comme l'aéroport était fermé à cause du conflit, on est parti dans un vol privé affraité par le gouvernement libyen avec un député français.

Et donc dans l'avion, le mec il me raconte un tas de conneries. En fait, il connaissait pas ses dossiers. C'est qui le nom du mec ?

C'est qui ? Ah ! C'est Jean-Frédéric Poisson.

Voilà. Euh donc parti chrétien démocrate et tout. Donc il part là-bas voir le gouvernement de Tripoli tout ça.

Donc il commence à m'expliquer. Il all se présenter à présidentiel donc le grand Scoup enfin on s'en foutait. Bon euh voilà, il il voulait se présenter à la présidentielle et puis me donc dans l'avion, il me raconte quand il va sauver le monde, que là il va rencontrer le gouvernement liben puis qu' après il va aller en Syrie et puis que bientôt il va lui il va s'occuper de la paix sur la planète et tout et il connaissait absolument pas les dossiers quoi.

Donc il commence à me parler de trucs des islamistes des trucs mais il savait pas qui était où enfin bon et euh bon effectivement mange bien dans l'avion et tout. Bon et euh et puis moi je suis un article sur lui et je raconte qu'en fait il connaît pas ses dossiers et tout et il m'appelle outré en me disant mais je comprends pas quand même le vin était bon dans l'avion on était sympa, on a bien mangé je comprends pas que tu pu dire des choses méchantes comme ça sur moi. Bon il m'a sur dit vous he parce qu'on tutoyait pas mais voilà mais et je dis ouais mais les choses elles se passent pas comme ça quoi.

C'est pas parce qu'on parle gentiment dans un avion et qu'on est décontracté que voilà que moi je fais pas mon boulot quoi et on n'est pas pote. Voilà, il y a des politiques, il pensent facilement parce que on a une conversation décontractée qu'on est pote. Et en local, c'est encore pire.

Bon moi j'étais à l'AV, le maire de la Val rapidement on s'est tutoyé. Bon et sous prétexte on tuto un jour j'ai fait un article qui était un peu méchant ah quand même tu es pas sympa sur ce coupl méchant mais méchant c'est non non non factuel c'est dire je racontais justement bon c'est une histoire bête d'équipement d'informatique dans des écoles mais en fait ça marchait pas c'était pas opérationnel voulait faire croire que c'était opérationnel donc moi j'ai raconté que c'était pas opérationnel et voilà et donc il a pas aimé parce que c'était pas son plan com et moi je lui ai dit mais je suis pas là pour faire le plan com moi je suis là pour raconter ce qui se pass et voilà ils ont du mal des fois les politiques à penser que c'est pas parce qu'on est sympa qu'on discute que nous on va pas raconter ce qui se passe derrière. Après chaque journaliste fait ce qu'il veut mais enfin la déontologie normalement le métier c'est de raconter ce qui se passe pas le plan com.

Stéphanie tu veux rebondir ou je peux t'envoyer une autre question ? Non, bah juste euh pour rebondir, c'est vraiment c'est vraiment ça. C'est-à-dire que on n' pas besoin, on dit méchant, mais il y a en fait on n'est pas forcément méchant, pas du tout, mais juste on pose on pose les questions et là si on pose certaines questions, on est euh méchant [rires] alors qu'on cherche juste à être à être factuel.

Combien tu gagnes ? Je gagne bon, en ce moment, pas grand-chose parce que je suis dévolue à notre projet, donc j'ai pas voilà, je publie pas grand-chose. Euh mais sinon, c'est entre 2000 et 2500 € par mois.

N je dirais plutôt brut mais ça peut être net. Niche fiscale de combien ? J'en sais même rien parce que je suis mariée, je me souviens même plus.

À la niche la niche fiscale, pardon. Euh c'est 7500 €. Ouais. qu'on déduit des impôts mais qu'on déduit de ce qu'on gagne.

Donc en fait ça fait je sais plus il y avait quelqu'un qui l'avait calculé ça. Alors toi tu étais pas d'accord ce que tu l'avais fait et tu avais dit qu'on gagnait quand même. Ça faisait une ristour.

Oui. Ouais. Oui mais pour revenir sur la niche fiscale c'est intéressant parce que ça aussi les gens se posent des questions en disant pourquoi les journalistes ont une niche fiscale ?

C'est quoi les gens ? Alors oui vo les citoyens les citoyens journalist les citoyens qui se posent des questions disant pourquoi une niche fiscale pour les journalistes euh à titre personnel à titre personnel si ça pose problème moi je serai pour qu'on la supprime. Euh voilà après pour au départ elle était faite pour parce que les journalistes ont des frais qui n'étaient pas remboursés par les rédactions.

Aujourd'hui les seuls qui n'ont qui ont des frais qui ne sont pas remboursés par les rédactions c'est les pigistes. C'est les journalistes indépendants. Les autres quand ils vont manger au resto avec une source ou un politique et tout ça, ils présentent la facture et c'est le journal ou la télé qui rembourse.

Ce qui est normal, c'est un frais professionnel. Nous, j'allais dire pendant les sujets qu'on fait, on peut passer à un certain nombre de frais de moins en moins. Mais là, heureusement, on rembourse quand même en général tout ou une grosse partie de nos frais professionnels.

Pas toujours. Pas toujours parce qu'il y a des journaux qui ont plus d'argent et donc il m'égotent pour une nuit d'hôtel, il m'égotent pour un repas. Voilà.

Mais faut savoir que pour faire des sujets ou pour des enquêtes qui durent longtemps parce que nous on présente le sujet quand on est journaliste indépendant une fois qu'on est sûr qu'on pourra le faire. Donc c'est-à-dire par exemple toute la phase de préparation d'une enquête pour être sûr qu'on va arriver à quelque chose à un sujet qu'on pourra vendre à un journal et ben ça ça nous coûte des sous et alors là il y a pas de rétroactivité. Et donc nous moi clairement moi quand j'invite si j'invite quelqu'un au restaurant la plupart du temps j'ai personne qui me rembourse mes frais.

Euh s'il faut que je me déplace, c'est pour moi. Donc dans ce qui pour ce qui concerne les journalistes indépendants, cette niche fiscale vient réellement faire son travail. C'est-à-dire que parce que réellement, j'ai des frais qui sont pas remboursés.

Après, moi je comprends que pour des journalistes en poste, c'est clairement une niche fiscale, c'està dire un avantage euh pour payer moins d'impôts. Voilà, qui est pas forcément logique. Antoine, vite fait sur la niche fiscale.

Bah, exactement comme Jacques en fait, je suis tout à fait d'accord. Bon, après euh voilà, on se focalise souvent sur cette histoire de niche fiscale des journalistes, mais des niches fiscales, il y en a euh des milliers, des milliers. Les fabricants de pipes de je sais pas où Saint-George ou je sais pas quoi ont aussi une niche fiscale fabrique des pipes.

Euh tant en tant qu'indépendant, moi je enfin il me semble qu'elle est pas complètement elle est pas complètement quoi ? [rires] C'est depuis pas indépendant qui t'a fait Non non non, c'est Antoine qui fait encore des gagnasses. [rires] Mais je trouve qu' en tant qu'indépendant, moi cette niche fiscale ne me choque pas plus que ça parce qu'effectivement ça nous permet quand même de garder cette indépendance.

Alors euh on va fermer le sujet de la niche fiscale. J'ai une question à vous poser. La ligue du LOL c'est quoi ?

C'est comment ? Vous avez perçu ça ? Comment ça a créé des séquels sur votre profession ?

C'est euh c'est euh alors déjà c'est quoi la ligue du franchement ? C'est un groupe de jeunes journalistes spécialisés dans les trucs de du web qui voilà qui avait des postes assez élevés dans les rédactions euh et qui avait créé un groupe sur Facebook où il s'est changé les bons plans, les machins, les les jobs et cetera et puis ça a un peu dérivé assez sérieusement même en truc de harcèlement contre bah principalement des femmes souvent et des hommes et des hommes souvent précaires. Voilà.

Et euh enfin franchement, je crois que faut pas le voir autrement que comme un groupe de petits cons comme il y en a dans toutes les professions. C'est-à-dire voilà des gens qui ont qui ont pété un câ qui ont pris le melon et qui se sont mis à être agressif et désagréable avec avec les autres. Enfin, tu en trouves partout des gens comme ça.

Stéphanie, euh vous connaissez un peu la rédaction euh les tours d'ivoir de certaines de certains journaux. Il y a il y a un phénomène de meut parce que la Ligue du LOL c'est peut-être simplement la la face visible de l'isberg. Moi je sais pas là pour le coup je j'ai j'avais bien du mal à comprendre même comment ça avait été possible finalement cette ligue du LOL.

Donc non, franchement je alors je suis peut-être naïve mais je trouve ça juste fou quoi. Vraiment juste c'est des étudiants et après quand ils se retrouvent en poste bizarrement ils se retrouvent à des des postes élevés et là ils vont créer un truc et continuer comme à la récréation à l'école. Mais là pour le coup sur internet sur les réseaux sociaux non moi j'ai quand même vraiment du mal à comprendre finalement qu'on en soit arrivé là.

Franchement, moi à part condamner parce que moi je connaissais pas aucun journaliste qui était là-dedans. Moi, j'ai peu été en rédaction mais dans les rédaction où j'étais, on était absolument pas concerné par ce genre de phénomène euh voilà en local West-Fance et voilà. Donc et sinon comme indépendant en fait, on est éloigné des centres de pouvoir et voilà.

Donc en fait, bon, j'ai trouvé ça hallucinant en fait que ce soit possible et puis que ça a cassé des gens. Enfin, je dire humainement ça a cassé des gens. C'est quand même assez dramatique et c'est bien qu'il soit sanctionné.

Mais à part ça, j'ai pas de je sais pas, je peux pas expliquer pourquoi ils sont fait, qui sont ces gens-là. Après, ça pose aussi une question qui est pas inintéressante, c'est que ces gens-là sont ont été euh euh catapultés, étiquetés, grands spécialistes d'Internet et du web et de tout ça dans les rédactions euh sur la base d'un truc tout simple, c'est qu'ils avaient beaucoup de followers. Alors, est-ce que le fait d'être connu sur les réseaux sociaux fait de toi un expert du sujet internet ?

Je crois pas. Euh maintenant, ça pose vraiment une question, c'est comment des dirigeants de journaux peuvent embaucher des gens en se disant voilà un spécialiste d'internet pour mettre dans ma rédaction en se basant uniquement sur le nombre de followers. Je je me pose des questions sur les capacités de management en fait des dirigeants des rédactions qui ont fait ces embauches.

Bon, maintenant qu'on a fait les les présentations, euh vous êtes sur un documentaire d'investigation H qui touche, si je résume trivialement, environ 2 milliards 2 milliards de de pognons. Pognon de dingue. Si tu veux montrer ton t-shirt, tu peux.

Ah ouais, le micro. Hop là. [rires] Non, ça va.

Voilà, on est bon. Ouais, on coûte un pognon de dingue. C'est bien connu.

Ouais, d'accord. Donc Superman est arrivé. [rires] Ça va en embêter des gens.

On espère, hein. On espère. Vous faites ça pourquoi ?

Pour l'intérêt général, pour C'est clairement intérêt. C'est clairement un sujet d'intérêt général. Stéphanie.

Ouais, clairement un sujet d'intérêt général. Alors moi, je dirais pas que je cherche spécialement à emmerder des gens pour le coup, mais je cherche absolument effectivement à mettre voilà. à mettre de la lumière sur des sujets qui restent sinon cachés.

C'est vraiment pour ça, je pense qu'on fait ce travail-là, c'est que l' journalisme d'investigation sans lui, il y a des choses qui restent vraiment enterrées, vraiment cachées. On comprend pas forcément. Voilà, on a une communication officielle.

Il y a il y a voilà, c'est ce que disait Jacques tout à l'heure, les conférences de presse, en fait, c'est pour relayer la communication officielle. J'ai rien compre parce que parfois il y a voilà, il y a un nouveau il y a une nouvelle politique qui veut une nouvelle mesure. Bon bah, il faut bien qu'on nous la présente avant éventuellement de de se poser des questions et se demander euh ce qu'il en est.

Donc je veux dire rapporter que le gouvernement va proposer telle ou telle loi, ça me paraît en même temps tout à fait honnête comme travail. Enfin, ça me pose pas de problème. C'est quoi la charte de Munique ?

La charte de Munique ? Alors là, chist 1910 euh 18, c'est la première. Oui, mais je veux dire voilà, les gens qui te saouent.

Oui. Non, mais euh c'est complètement euh dépassé ce trucl. Pardon.

Voilà, Antoine, pourquoi ? Mais c'est complètement dépassé puisque en gros si tu veux, on te dit euh pour obtenir des informations, tu ne dois pas utiliser des moyens des loyaux. Mais le problème c'est que aujourd'hui en face de nous, on a des multinationales avec des budgets com, des avocats qui ont des milliards à dépenser pour écraser une info qui les dérange.

Euh eux ont des moyens qui sont largement des loyaux quand tu as des officines qui viennent voilà ou des services de renseignement qui viennent piquer des ordinateurs dans des rédactions. Je suis désolé, les moyens des loyaux ils sont pas chez nous. Donc tu prêches, tu prêches pour rééquilibrer et passer en mode bah en tout cas être un petit peu plus offensif et pas forcément voilà enfin je il s'agit pas d'aller voler des informations, c'est pas ce que je dis mais euhiltration on peut pas Ben pourquoi pas pourquoi pas mais c'est sûr que tu si tu si tu es invité pour visiter un ÉPAD et qu'on te fait faire le tour de l'ÉPADE, tout va être propre, tout va être joli.

Si tu viens en caméra cachée, ça va pas être pareil. Donc oui, bien sûr Stéphanie. Moi, le plus possible, je j'essaie d'être le plus honnête possible, mais effectivement, je veux dire honnête dans le sens où je vais dire pourquoi je suis là et cetera, mais je suis assez d'accord avec mes petits camarades, c'est-à-dire que on se rend bien compte que si on annonce directement ce qu'on ce pourquoi on est là, on on aura malheureusement très peu de résultats.

De toute façon, tu vois bien quand tu appelles aujourd'hui, c'est un truc quand même qui est assez fascinant. Tu appelles un ministère et tu leur dis voilà "Bonjour, vous êtes le service de presse, j'ai besoin de telle information." Réponse : "Envoyez-nous un mail." Tuenvoies un mail et puis après tu as plus jamais de réponse et tu passes des mois comme ça à relancer des services de presse dont le métier est de répondre aux journalistes.

C'estàd qu'ils sont payés pour répondre au journalistes et en fait ils ne répondent pas. Toi, tuas tu as essayé un peu le qued d'orsais, le porte-parole du qued ? Le qued d'ors je sais plus mais le ministère de la défense, j'ai fait plusieurs fois.

C'est Non, c'est marrant. Ouais. Effectivement, il se passe rien.

Donc non, les interpelle même sur Twitter mais ça bouge pas. Ils disent "Oui, oui, on va vous répondre." C'est parce que tu as pas assez de followers.

Oui, ça doit être ça. Quand tu débarques avec 300000 followers, ils appellent les gendarmes. Ça doit être ça.

Mais c'est sûr que oui, je pense qu'il y a il y a des Oui, il y a quand même des journalistes qui réussissent à avoir des informations, mais c'est drôle, c'est la télé finalement qui réussit encore à avoir des infos. Enfin, des réponses, je veux dire. Je sais pas si c'est des infos mais en tout cas des réponses.

Je pense que aujourd'hui par exemple, il y a des sujets en dehors de l'infiltration est nécessaire. On le voit aujourd'hui euh pour plein de sujets. Je dire c'est nécessaire aujourd'hui de pas avancer forcément toujours comme journaliste.

On le voit. Moi par exemple, je connais une personne Aerl qui a fait un livre dans la peau d'une djihadiste où elle s'est fait passer pour une convertie qui voulait rejoindre Daesh en Syrie. Bah évid donc elle s'est fait un faux profil, elle s'est fait voilà une légende de de converti et ça lui a permis de dialoguer avec des djihadistes en Syrie et de sortir un livre qui qui a fait un carton et ça elle aurait pas pu le faire si elle dit "Bonjour, je suis bidule." Comment s'appelle le livre ?

Le livre, il s'appelle Dans la peau de notre djihadiste et là il vient de sortir en poche. Voilà. Donc ça fait voilà, ça fait un carton.

Moi je travaille sur un autre sujet là. On est en train de faire aussi on est obligé de faire de l'infiltration euh voilà de ou de faire des fermer quand même non de faire des caméras cachées. Ben non parce que on prend un pseudo euh voilà on prend un pseudo et voilà.

Et si donc on est obligé de faire ça ou d'aller faire des caméras cachées pour dans le casre de de documentaire télé. Souvent on est obligé de le faire à un moment. Alors, je vais vous poser la question parce que je vais savoir un petit peu.

Vous avez fait des caméras cachées là pour votre documentaire qui va sortir sur internet ? D'ailleurs, vous avez un site de crowfunding ? Alors, répondez pas tous en même temps.

Alors, non. Donc, on sait pas s'il y aura besoin de caméra cachée. Si on peut éviter, on évitera mais euh s et si on y arrive, on le fera.

Songe. Ouais. Voilà. le site le site de crowfunding.

Alors le site de crowfunding, nous comme on est une association de 901, on est sur ell asso et donc il y a il y a un un possibilité de don sur asso et c'est bit. On a fait un on a fait un lien court bit./ reflet au pluriel TV.

Voilà, ça c'est trop compliqué [rires] Antoine. Ouais. Non, pour les les caméras cachées, je reviens juste sur un truc.

Par exemple, voilà, je suis je suis allé à Milipol le Oui oui, je crois. C'était beau. Bon euh je me pointe.

Sorti les vidéos ? Ouais, ouais, on les avait publié. Je suis sorti je C'est quoi ?

Médipol. Milipol c'est le salon sur lequel viennent tous les enfin les services de police, renseignement militaire et cetera pour s'équiper. C'est le supermarché en fait de des services de des forces de l'ordre, des services de renseignement.

La foirefouille. Ouais. la faro farfouille des voilà et donc tu peux acheter un ims catcher un truc blindé catcher qui permet d'intercep d'intercepter les communications des GSM et cetera en bon il y a il y a de tout et donc je suis allé sur le stand d'Amésis sur lequel j'avais temps écrit machin dire bonjour je voudrais rencontrer le patron et là j'avais pas le temps de de dire quoi que ce soit il y a un petit fait ah monsieur monsieur Champagne non on vous répondra pas mais si mais il est là le patron Non non, on vous répondra pas.

Voilà. Et puis il y a quelqu'un d'autre qui est venu après avec une caméra cachée et ils lui ont déballé tout le tout le programme, tout ce qu'il faisait, comment ils pouvaient intercepter toutes les communications sur internet et cetera et tous leurs clients. Voilà.

Donc il a pas dit qu'il était journaliste. Donc voilà. Donc parfois tu es un peu obligé parce que sinon on te dit rien.

Quoi d'autre ? Quoi d'autre ? Quoi d'autre ?

On peut parler un peu de quelques enquêtes si ça intéresse les dessous les dessous des enquêtes. Tu nous demandais nos faits d'armes. Voilà, il y a pour dire la complexité par exemple j'enquête sur un c'est un des plus gros scandales financiers de la planète s'appelle 1MDB les gens connaissent pas trop.

C'est un fond souverain malaisien qui a été pillé. Ils ont volé 8 à 10 milliards de dollars. 8 à 10 milliards de dollars.

Donc l'argent financ une petite guerre avec ça. Ah ouais ouais. Bah, il est possible qu'une partie de l'argent et soit partie en Libye.

On nous a dit ça en Libye, en Syrie, mais on est ça s'est servi acheter des armes. Mais bon, ça on pour l'instant ça on l'a pas prouvé. Mais donc un jour, on a une source qui nous dit il y a une partie de l'argent qui est cachée en France et donc on nous donne des noms de mecs.

Donc on commence à regarder. Effectivement, ils ont des sociétés, ils ont acheté plein de bien sur la côte d'Azur à Saint-Trope, immeuble à Paris. Voilà.

Donc on commence à lister un peu tous les biens qu'ils ont. On s' faire ça que il y en a vraiment pour du pognon et que les dates d'achat correspondent au moment où ils ont volé dans la caisse quoi. Donc bon et euh bon l'enquête elle a duré hein.

C'estàd pour faire ça par exemple ça a été à peu près 9 mois voilà pour établir un peu qui étaient ces mecs que bon en plus il y a des connexions politiques en France on savait pas si ça pourrait donner quelque chose. Bon et ben donc après à la fin je viens voir le parquet national financier. Je leur dis bon pour savoir bonjour êtes-vous au courant-vous ouvert sur ce dossier ?

Alors ce dossier un peu connu parce que il y a eu aussi beaucoup d'argent qui est parti aux États-Unis puis quelques morts et pardon et quelques morts aussi. Ouais il y a Ouais, il y a eu deux morts. Un banquier assassiné et la la maîtresse du premier ministre qui a été retrouvée dispersé façon pu à l'explosif.

Voilà. Le premier ministre libien. Non, le premier ministre malaisien.

Ah malaisien. Malaisien. C'est de l'argent de Malaisie.

Ouais. Très bouché. Ouais.

Voilà. Et donc euh et donc je vais voir le parquet national financier, je leur dis bah est-ce que vous connaissez ce dossier, vous avez ouvert et tout qui dit ah non je suis pas au courant, il regarde, il dit non non on n pas ouvert. Mais il me dit par contre votre article m'intéresse et donc on a publié la le premier dans Marianne et suite à ça ils ont ouvert une information judiciaire et actuellement je sais qu'ils ont saisi plus de 100 millions d'euros.

Donc qui a de l'argent que les mecs ont piqué dans la caisse sur 10 milliards. Euh ouais 8 à 10 milliards. Oui.

Ah bah c'est Non mais c'est une petite partie. La France c'était une goutte d'eau. Mais les mecs après ils ont dispersé l'argent et c'est pas fini parce qu'ils ont des pistes maintenant sur l'ancien premier ministre malaisien Razak et qui lui aussi a pas mal de biens en France.

Une autre petite histoire concernant des rédactions qui vous courtcircuitent ou des choses comme ça. Non ouais tu bah ta belle histoire là. Ah j'ai une une belle histoire. libyienne.

Alors, les histoires Ah, les histoires libnes. Ouais, ouais, ouais. Celle-là est pas mal.

Elle a donné lui aussi une ouverture au PNF. On est parti, au départ, c'était des médecin national financiers. Voilà.

Au départ, c'était des médecins qui rallaient parce qu'ils avaient été virés de Libye au moment de la prise de la guerre par une société française et ils disaient "Oh, derrière ça sent pas bon et tout ça." Et c'est euh en fait, ils avaient alerté le service enquête du point, le magazine Le Point. Ça c'est sourcé, c'est tout bien.

Ah ouais. Ouais. C'est tout bétonné.

Oui, c'est tout bétonné. Et donc euh et donc le point euh moi je les rencontre parce que je revenais de Libye, ils me disent "Bah nous on n' pas le temps, est-ce que ça te dirait pas de travailler là-dessus ? Et si tu trouves tu publies ?" Je dis "OK" et je me mets avec un petit collègue du collectif parce que les enquêtes, c'est tellement long et c'est tellement une polote de laine et c'est tellement compliqué qu'on essaie souvent de se mettre à deux pour pouvoir échanger et pas être seul face à son sujet, être complètement perdu et noyé dans son sujet.

Et à deux, on n' plus d'idées, on discute, on tire les pistes ensemble et si on y arrive à rien, et ben on y arrive à rien ensemble. Voilà. Euh et donc euh là, on commence à à tirer les plottes et tout et on s'aperçoit que derrière, il y a un marché de 30 millions qui a été euh confié euh à une boîte sortie de nulle part euh et sur ordre direct de l'Élysée de Sarkozi.

Et ce marché d'équipement d'un hôpital libien était une des contreparties de la libération des infirmières bulgares. Zéro marché public et la boîte le projet directement piloté par l'Élysée. Et là, on a l'ancien consulaire de de France là-bas qui décide de nous parler parce qu'il a pris sa retraite et donc il nous raconte les sous du marché en disant "Ouais, c'était comment Moi au départ, on m'a même demandé à un moment de créer une association la 1901 pour récupérer les 30 millions de l'Élysée.

Il dit "Mais moi je j'ai répondu que je voulais pas finir en prison." Et donc et donc c'est passé par l'agence française de développement qui d'habitude ne s'occupe pas de la Libye la FD. La FD.

Non, c'est et l'AFD a eu une dérogation et a récupéré sur directement un budget présidentiel de 30 millions qui a été reversé à cette boîte et la FD a servi de de banque. La FD d'ailleurs m'a parlé parce que quand ils ont vu aussi les emmerdes, gens qui étaient là-dessus, il y a des gens de la FD qui m'ont qui m'ont dit "Attendez, nous on veut bien se dédouiner." Et ils m'ont montré le document, ils m'ont passé le document montrant que c'était un ordre signé direct des ministres et tout parce que ils savaient bien ce qu'il fais.

Ah ouais, c'est sorti. Ouais. Sor alors au départ, ça devait sortir dans le point.

Donc voilà. Et il y avait donc c'était chaud parce que quand même le consul de France là-bas s'est quand même fait mitrailler dans sa bagnole. Donc quoi mitraill ils ont pris 12 balles de flingue avec sa femme.

Heureusement ils ont ils ont eu vraiment un miracle. Ils ont pas été touchés. Et il y a un français qui était en charge de la sécurité de l'hôpital qui était assassiné.

Voilà. Donc c'était quand même chaud. Et donc voilà.

Ouais. Donc ce qui s ce qui s'est passé à ce moment-là, c'est que nous on écrit l'article et là on va voir la boîte en question et la boîte en question, ils nous disent "Non mais de toute façon, votre article, il sortirait pas parce que je connais un administrateur du point." Donc nous on rigole quoi.

On leur dit "Écoutez désolé mais non mais ça marche pas comme ça quoi. C'est pas parce que vous connaissez administrateur du point qu'on qu'on sort pas un papier quoi. Donc voilà on écrit l'enquête, il a l'enquête elle est mise en page prête à être publiée et là on nous dit bah c'est décalé et finalement on nous dit que ça sortira pas.

Ça va rester sur les étagères. Ouais. Donc là, on a été payé euh ils ont payé les frais, ils ont payé l'enquête comme s'ils avaient été publié et ils nous ont dit c'est terminé.

Et puis bon, le service enquête évidemment il faisait la gueule le service enquête, ils nous ont dit bah allez voir ailleurs. Donc 8 jours plus tard, on a une petite enquête qui est sortie dans le canard enchaîné. Euh voilà et puis euh encore quelques mois plus tard, on a sorti l'intégralité de l'enquête dans une revue qui venait de sortir le numéro 1 d'une revue d'investigation qui malheureusement n'existe plus qui s'appelle Sansfroid qui s'appelait Oui. qui s'appelait Sansfroid.

Bon, ils chauffent de formule, ils feront plus d'investigation. Voilà. Et donc là, on sort l'intégralité de l'enquête.

Et là encore euh le parquet national financier s'intéresse au dossiers, ils avaient déjà la boîte dans le collimateur et du coup ils ouvrent aussi là-dessus. Et pour dire oui, par rapport au point pour terminer, c'est que nous on dit rien. Quand on est pigiste, en général on ferme sa gueule parce que ça peut être un client demain.

Donc en général, on dit rien. On a on avale la coulevre, on se taille, on publie ailleurs. Ça c'est là l'avantage, c'est que nous on peut aller ailleurs pour publier si on nous prend pas un truc.

Et là, on ne dit rien jusqu'à ce que Média Part raconte que le point a censuré une autre enquête libienne concernant Sarkozy. Et là le là le rédacteur en chef du point dit c'est fake news, ils insultent Media Partnel. Et donc il voilà donc il insulte Media Part en disant c'est n'importe quoi, c'est une fake news et tout ça.

Moi je suis nous on est intègre et tout. Et donc du coup j'ai contacté bah je travaille aussi pour Media part donc j'ai contacté Fabrice Arfi qui gérait le dossier et donc je lui ai dit bah nous aussi on a une bonne histoire à te raconter et on avait la lettre de la boîte qui avait été envoyée à l'administrateur du point qui connaissait demandant que l'article ne paraisse pas. Et donc pour dire voilà pour dire oui c'est c'est ça qui est incroyable et donc ça arrive évidemment que des journaux euh je veux dire censure des Stéphanie Antoine voulait rebondir voulait compléter amender.

C'est c'est un beau métier journaliste. Bah ça ça dépend comment tu le fais mais de toute façon tu vois bien que il y a un certain nombre de de choses qui sont très évidentes et logiques. par exemple, est-ce que tu penses que tu vas voir une enquête un peu désagréable sur LVMH dans les échos ?

Non, appartient à LVMH. Bon, tu peux faire la même chose avec à peu près tous les tous les journaux. Donc, il y a quand même un problème quelque part.

Avant, les journaux étaient détenus par des gens dont le métier était de faire des journaux. Maintenant, c'est détenu par des industriels, ça pose un vrai problème. Stéphanie, bah c'est-à-dire que oui, on est on s'en rend compte de toute façon que on est parfois bloqué.

Il y a des il y a des sujets, on se dit "Ah ben on va pas le proposer à un tel, on va plutôt le proposer à un autre." Euh et le fait qu'on soit indépendant nous permet d'avoir cette liberté. Et c'est aussi pour ça qu'on veut qu'on veut lancer nos documentaires d'investigation.

Oh là là là là. [rires] Donc vous avez décidé de faire appel à l'internet pour toutes ces raisonsl pour vous affranchir de de déjà il y a des codes télé qu'on a envie de casser. On a envie de casser certains codes télé.

C'est bien pour certaines choses mais on se dit qu'on peut faire un peu autrement pour internet. Et puis d'autre part, il y a de moins en moins de cases d'investigation à la télé. Évidemment, il y a cache investigation, euh il y a euh complément d'enquête, il y en a quand même.

Mais par exemple Boré ligne, ouais, là c'est une boîte de protemière ligne qui fait cacher investigation tout ça. Ouais, bien sûr. Mais ils font du super boulot.

Mais la question, c'est que malheureusement ils font un sujet de temps en temps, euh voilà, alors qu'il y en aurait plein d'autres à faire. Et c'est là qu'on se dit qu'avec la liberté d'internet, à condition d'avoir des gens qui nous soutiennent parce que pour l'instant le problème c'est qu'il y a un modèle économique est quand même très fragile. Euh donc là vous vous payez pas là avec les là clairement on cherche 20000 € 20000 € on se paye pas.

C'estàd qu'on va payer les compétences qu'on a pas en interne au collectif c'estàdire on va payer le monteur parce que ça on a pas et la personne qui fera de l'infographie parce que il faut beaucoup d'infographie pour expliquer des choses compliquées et ça ça coûte cher. Voilà. Et puis les frais, bah les frais de déplacement et puis on provisionne déjà quelques milliers d'euros pour l'avocat parce queon sait on sait qu'on aura déjà une procédure de diffamation.

Voilà. Procédure bayon. Oui, bien sûr.

Ouais, mais ça c'està dire c'est un classique et là on sait déjà. Antoine le le le crowfunding de journalistes sur internet c'est en train d'émerger ? C'est en train de se renforcer ?

Ça fonctionne pas ? Ça fonctionne moyennement je dirais encore en France. Euh ceci dit, euh tu vois bien que il y a un c'est c'est des trucs Ouais.

Mais c'est des trucs cycliques. On a déjà eu dans les années 2000 un mouvement des dit journalistes citoyens. C'est en fait voilà, internet permet à chacun de devenir un émetteur, un journaliste.

Euh donc tu as eu dans les années 2000 un mouvement comme ça, notamment aux États-Unis, tous les trucs des manifestations contre la enfin pendant la période bouche. Euh donc oui oui, il y a déjà eu ça. Aujourd'hui, ça revient un petit peu.

Tu vois que les gilets jaunes essayent voilà d'avoir leur propre canaux de de de diffusion d'information. Voilà. Donc il y a des gens qui effectivement demandent aux internautes de financer des enquêtes.

Mais c'est aussi parce que nous pourquoi on fait ça ? Est-ce que tu te rends compte que tu as des des codes, des a priori dans la profession qui font que bah par exemple, on va te dire là, typiquement le sujet qu'on veut aborder, marché public, argent, voilà, on va te dire mais comment tu vas le mettre en image ? Ça va être compliqué ?

C'est pas c'est pas visuel, c'est pas bon. Voilà. Bon en fait en gros, on dit non euh ça marche aussi pour certaines enquêtes.

On va dire non ça c'est pas assez conso, c'est pas assez je sais pas quoi. Euh et du coup bon c'est pas assez concernant. La télé nous dit c'est pas assez concernant.

Ouais ça c'est le truc qui dit ça le truc de la télé. Bah qu'est-ce qu' dit ça ? C'est en fait on n pas forcément accès aux chaînes directement.

C'est les boîtes de prot qui travaillent qui ensuite proposent euh les sujets aux chaînes. Donc mais on sait pas vraiment euh s'il y a vraiment une politique derrière, s'il y a vraiment quelqu'un qui dit "Ça, on veut pas, ça on veut, ça" on nen sait rien nous. On est juste à un niveau où sur l'investigation comme c'est difficile de le mettre en image.

Souvent on nous dit c'est pas assez concernant, tu peux pas nous parler plutôt d'un truc donc entre guillemets plus consau ? Ouais, c'est ça. Ce qu'il faut savoir aujourd'hui, c'est qu'il y a une vraie tyrannie de l'audience.

C'est que les chaînes de télé, les grandes chaînes de télé suivent l'audience d'une émission minute par minute. Et c'est à partir de là qu'il cale c'est à partir de là qu'ent les sujets suivants. Et donc en fait, ils disent "Ah, si ça a bien marché avec ça, il faut que je reprenne des trucs comme ça plus tard." Donc les rédacteurs en chef aussi ont la pression de l'audience. même les rédactions, les rédacteurs en chef qui sont des vrais journalistes et qui des fois ils trouvent le sujet super mais disent mais ça va pas être assez concernant pour la chaîne.

Eux [raclement de gorge] ce qu'ils volent c'est vraiment l'audience minute par minute et voilà ils suivent ça et donc ils volent des trucs entre guillemets qui marchent et ça c'est une tyrannie de l'audience qui marche parce qu'il y a de la pub derrière. Ouais bien sûr. Derrière derrière c'est questions de pub.

Bah pareil, enfin, tu prends Slinkeriew, personne ne ferait ça. Dire "On va [ __ ] de une deux personnes euh sur un fond noir euh trois aujourd'hui, voilà et puis on va parler pendant 1h et3. Euh voilà, vous faites une super audience.

Euh personne ne ferait ça aujourd'hui en télé. Je veux dire, c'est pas il y a pas de place pour ça. Il y a eu un petit peu il y a longtemps où il y avait des choses un peu comme ça pas formaté mais aujourd'hui mais aujourd'hui on est dans des choses très formatées.

Voilà. Bah, il y a un programme à tenir. Ceci dit, enfin, je veux dire, internet nous permet justement cette liberté.

C'est ça qui nous on s'est dit on a qu'à essayer. Essayons essayons sur internet et voyons si ça si ça fonctionne ou pas. C'est finalement on fait un petit Ça fonctionne pas, on fait quoi ?

Mais on recommence autrement. [rires] J'espère que ça va fonctionner, que vous allez tout cartonner. [grognement] En tout cas, derrière, on sera là pour vous assurer les vecteurs de communication.

Antoine euh si tu devais euh t'atteler à un sujet comme ça ton sujet d'investigation, tu choisirais quoi en priorité ? La bouffe, le fric, le sexe, la politique, la drogue, les finances publiques ? Franchement euh je sais pas, c'est des trucs qui viennent économique.

Ouais. Alors bon, de toute façon Oui. Bon, pourquoi pas ?

Mais ce que surveillance de masse, surveillance de masse, j'ai beaucoup fait surveillance de masse et pas posé toujours toujours avec Ouais. Il il y a toujours un prisme de mes débuts journalistiques qui font que je pense que derrière toute chose un peu importante, il y a toujours des des histoires de gros en fait. Donc ça reste lié à l'économie, à la finance et cetera.

Euh voilà, derrière il se passe quelque chose. Donc c'est des trucs qu'on peut creuser et de toute façon les sujets ils viennent un peu comme ça par hasard parce que voilà, il y a quelqu'un qui te qui t'alerte sur quelque chose que toi bah dans ton dans ton dans ton milieu, dans ton cercle, tu ne vois pas. lui il l'a vu parce que c'est son truc à lui.

Il t'en parle et puis après tu vois comme disait Jacques, tu déroules un peu la pelote et tu trouves tu trouves des trucs. Ce qu'on avait fait sur le Bardeau par exemple euh avec Jacques, on a on avait travaillé sur le l'attentat du Bardeau en Tunisie. Euh bon, on s'est rendu compte que bah le juge français avait eu une toute petite partie du dossier d'instruction tunisien, que ce dossier d'instruction tunisien, c'était absolument n'importe quoi.

C'était un truc de malade. On a on a épluché un nombre de documents mais monumental parce qu'on avait le dossier dossier d'instruction. Euh bah à tel point d'ailleurs que au début on commençait à prendre des notes sur des cahiers puis on s'est dit on va jamais s'y retrouver.

Donc c'est là, on a fait rentrer un logiciel que voilà que tu dois connaître qui s'appelle Maltego qui permet de de recréer une scène de crime avec des entités dessus, faire des liens entre les gens, lier des documents à chaque entité que tu as mis sur ton sur ton écran. Et donc au bout d'un moment, tu finis par voir apparaître en fait des bulles de gens qui sont en lien les uns avec les autres alors que ben on en parle un peu au début du dossier, puis après un peu au milieu, puis après peu après la fin. Mais toi en fait sur ton écran, tu vois apparaître des bulles de gens qui sont ensemble.

C'est assez assez intéressant. Mais euh Oui. Oui.

Ce qui était bizarre dans cette histoire du Bardeau, c'est que euh des gens qui étaient très très proches des terroristes voire complices, doin d'ailleurs aussi qui avait été présenté comme le chef de la cellule terroriste, avait été libéré. Voilà. Donc on a refait un peu cette contre-enquête, voilà, par les Tunisiens par les Tunisiens en disant alors certains avaient été libérés parce que ils avaient plaidé que leurs aveux avaient été obtenus sous la torture.

Donc on avait des expertises médicales. Alors pour certains c'était compatible, pour d'autres pas trop. Voilà.

Et la mais leur question la question de leur culpabilité se posait toujours. Par exemple, il y avait un des types qui avait été libéré, il avait fui en Libye pour rejoindre un groupe islamiste. Voilà.

Donc ce qui prouve qu'il était quand même euh enfin dans la mouvance et peut-être est probablement lié plus ou moins à l'attentat. Voilà. Donc c'était intéressant.

On a refait cette enquête avec euh bah l'aide aussi de sources en Tunisie dont certaines ont été arrêtées. Des policiers qui avaient dénoncé des choses qui ont été arrêtées, mis en prison au moins pour l'un d'entre eux. Voilà.

Euh donc euh c'est vrai que les enquêtes euh ce qui est intéressant, ce que dit Antoine, c'est que ça il y a plusieurs choses. Il y a les sources humaines, mais il y a aussi énormément de documents. Et là, il faut de l'aide pour gérer ces documents.

Et là encore, ça coûte cher parce que par exemple, il dit "On a utilisé Maltego." Maltego, c'est des c'est des logiciels où il faut s'abonner euh chaque année. Il faut payer pour des options.

Par exemple, quand on fait des recherches internet, des enquêtes sur des gens, qu'on va aller voir des choses qui sont pas indexées par Google, et ben il faut payer des logiciels. Voilà. Et ça, ça fait partie des frais d'enquête.

Aujourd'hui, même les rédactions n'en sont pas là. On a même pas d'êt des rédactions. C'està-dire que nous, ils attendent qu'on amène des choses mais eux-mêmes, même s'ils ont les moyens, ils connaissent pas tout ça et ils nous aident pas du tout par exemple pour aider à trouver des documents à trouver les choses.

De toute façon, ils comprennent rien quand tu leur parles de matego ils comprennent pas. Bon, mais ça c'est pas très étonnant ceci dit. Non, c'est pas étonnant mais voilà c'est des trucs qui sont c'est le type de logiciel de pour recréer une scène de crime.

C'est des trucs sont utilisé par les flics. Voilà. Bon, c'est pas c'est pas complètement abérrant quoi.

Ouais. pas [rires] que le problème de l'enquête de toute façon c'est que ça prend énormément de temps. Donc de toute façon même si on utilise pas du logiciel même si et cetera, ça prend énormément de temps.

Et d'avoir les documents, non mais de récupérer les documents, des documents qui sont communicables normalement à toute personne qu'on fait la demande, je veux dire, on n'arrive pas à les avoir parce et pourtant on est en France donc il faut passer par une commission qui est spécialisée là-dedans pour avoir des des documents qui normalement devraient nous être fournis dès qu'on en fait la demande. qu'on soit journaliste ou simple citoyen, c'est vraiment c'est on n'y arrive pas, c'est l'omerta, c'est la le manque de transparence en France. Du coup, on attend donc l'avis qui est seulement consultatif de cette commission et ensuite maintenant ça ne suffit même plus donc il faut aller au tribunal administratif et cetera.

Donc c'est des procédures très longues. Les gens sont condamnés ceux qui font obstruction. Mais non, pas du tout.

Non. Et ce qui est incroyable, c'est qu'on voit que il y a une opacité qui est organisée. C'est ça le problème, c'est qu'il y a une opacité qui est organisée par notre propre administration.

Et ça c'est un vrai problème. On parle d'opa, mais quand on demande les documents nous les donne pas. Voilà.

Et on est parti pour 2 ans de procédure. Le dernier exemple, c'était pour des datas sur quoi ? Euh là euh très concrètement, on devait aller au tribunal administratif, enfin je devais aller au tribunal administratif la semaine dernière et je n'y suis pas allée euh parce que bon, j'ai on a remis quelque chose en cours, mais le début de l'action c'est janvier 2017.

Je demande plusieurs marchés publics et des des statistiques concernant les fameux radars automatiques. Pas de corruption en France. Voilà, je les ai pas.

Je saisis donc euh cette fameuse commission et euh qui qui donne un avis en gros favorable. Puis le ministère de l'Intérieur ne donne toujours pas euh suite. Donc je saisis le tribunal administratif à l'été 2017.

On est en avril 2019, j'attends la première audience devant le tribunal administratif. C'est organisé ? C'est ou c'est simplement de la lenteur administrative ?

Non, c'est pas organisé. Mais non, mais c'est c'est individuel. C'est pas c'est pas une stratégie organisée, décidée à haut niveau.

C'est simplement que les gens pensent que ils ont pas à se justifier en fait. Ils ont pas à te donner les infos que tu demandes. C'est exactement ce qu'on disait tout à l'heure sur tu appelles un service de presse dont le métier est de communiquer des informations aux journalistes.

Tu leur demandes des trucs et ils te disent "On va vous répondre et tu attends pendant des mois." C'est surréaliste honnêtement. J'allais dire ce qui est incroyable c'est quand même on a des fonctionnaires qui ne respectent pas la loi.

Il est-ce qu'il la connaissent ? Ah oui, bien sûr qu'il la connaissent. C'est pour ça que moi je suis moi je moi je suis un peu loin moi Oui, bien sûr.

On leur dit ça fait partie des pièces qui par d'après la loi qui doivent pouvoir être communiqué sous certaines conditions et une fois qu'on leur appelle ça, il les donne pas et ils s'en foutent. Et donc le problème c'est que nous on est on est pris dans le on tape le mur. Bah voilà.

Bon bah c'est simple, ils répondent pas, ils répondent pas, on renvoie des mails, ils répondent pas. Donc au bout d'un certain temps, bah faut saisir la CADA. La CADA n'a qu'un avis consultatif et après une fois que l'avis est donnée, il est favorable et ben ils le font toujours pas.

Alors que là on pourrait dire ils s'exécuteraiit. Je vais faire le candide, d'accord ? [grognement] C'est quoi ?

C'est une administration soviétique où ils font ça, où ils traînent des pattes. C'est quoi ? Moi, je pense qu'ils craignent les ennuis.

Il dit, "S'il y a un journaliste qui le demande, si je le donne, mon patron va me faire ta main." Ouais, il y a un peu de ça. Et puis qu'est-ce qu'il va trouver ?

Qu'est-ce qu'il cherche ? Et donc du coup, il ne respecte pas la loi et il préfère en disant bah on va attendre. C'est principe de précaution, tu vois.

Oui, principe. Ouais, c'est ça. Principe de précaution, pas d'emmerde.

Voilà, c'est ça. Ils ont un certain pouvoir, le pouvoir de pas donner les documents qui sont normalement communicables à toutes personnes qui en font la demande. Donc, c'est du genre façon astérique, c'est-à-dire qu'il te renvoie un service machin.

Ils disent non, non, non. Parce que dans les dans le cadre de cette loi ou normalement un document administratif qui est communicable donc à toute personne qui on fait la demande, de toute façon, il suffit juste de de s'adresser à la bonne administration. Ensuite, même si on s'est pas adressé au bon service dans cette administration, la loi veut que de toute façon le service qui a reçu la demande va donc transférer au bon service.

Donc de toute façon, c'est pas un problème. On saisit l'administration qui selon nous a le document et celle-ci ne répond pas. Mais moi je pense que c'est c'est pas tellement les fonctionnaires hein qui veulent pas.

C'est quand même ceux qui sont finalement euh qui c'est les politiques hein. C'est ceux qui sont nommés à des postes stratégiques par les politiques ou les ministres même enfin qui disent non ça en commun de dire que les fonctionnaires ne sont pas indépendants du pouvoir politique. Oh là là [grognement] sans déconner.

Bon question d'internet, vous choisissez qui est-ce qui répond. Est-ce que vous avez vu un changement depuis la loi sur le secret des affaires ? Bah, j'allais venir justement enfin je sais pas si c'est tellement la loi pour être tout à fait honnête et sincère.

Je suis pas sûr que ce soit la loi des secrets des affaires. Mais il y a une évolution par rapport à ces documents administratifs. Il fut un temps, je demandais les marchés publics, je les avais pas non plus donc je saisis les lacada mais parmi les documents de ces marchés publics, je pouvais avoir accès à ce qu'on appelle les bords d'eurau de prix unitaires, les BPU.

Euh donc ça nous permet en fait l'administre quand il y a un un marché public, un appel d'offre, un contrat, donc avant euh avant de signer un contrat avec une entreprise, euh l'État en gros il va il va dire euh il va rédiger un appel d'offre, il va dire "J'ai besoin de c, j'ai besoin de ça" et cetera. Il va y avoir un fichier Excel avec telle prestation. Je voudrais que vous me fassiez telle prestation.

Alors, parlons de d'un truc que je connais très bien. Par exemple, les radars. Alors, il faut et la fourniture de radar.

Ensuite, il faut le poser le radar, l'installer. Enfin, voilà. Donc, c'est combien coûte le radar ? combien coûte le fait qu'on va le poser quelque part.

Voilà, donc à chaque fois, il y a une ligne de prix. Il y a 400 super efficace qui vont débarquer. Voilà, il paraît.

Donc il se trouve que on avait le détail de ces prixl. On avait pas le pourquoi ça coûtait vraiment ce prix-là, mais on avait au moins prestation par prestation le détail de ces prix. Et ben aujourd'hui, on y a plus accès, il y a une jurisprudence qui fait que on a plus accès au bord de on a le prix global mais ensuite on n pas le détail prestation par prestation. dans le marché avec le radar par exemple plus identifier qui s'est fait graisser la pâte.

Oh bah [rires] mince ! Alors par exemple, oui, c'est dommage. Alors sur le secret des affaires euh là avec un collègue du collectif, on a sorti une affaire sur une biothèque qui a cramé plus de 100 millions dans des projets correctement foireux à base de microalgues, voilà qui marchaient pas.

Et ben euh c'est sorti juste avant c'est sorti juste avant la loi secrète des affaires en cours de discussion et le PDG nous a dit "Ah c'est dommage hein, s'il y avait eu la loi secrète des affaires et ben comme ça on aurait pu vous attaquer." Bon ils auraient pu attaquer en diffamation he ils l'ont pas fait. Euh voilà, bon on avait tout euh voilà mais parce que comme on utilisait des documents de la boîte et qui savait qu'on avait accès à ces documents, et ben ils auraient pu nous attaquer parce qu'on avait utilisé des documents qu'ils auraient fait couvrir par évidemment par le secret des affaires.

Autre question internet, est-ce que vous créez la judiciarisation de votre métier ? Bah oui euh oui. Ben déjà on a des procédures bagnants en diffamation régulièrement.

Voilà. Non, mais on retombe dans ce que je disais tout à l'heure, c'est que en face de nous, on a des gens qui ont des budgets euh pour les pour les procès qui sont euh illimités par rapport à C'est pour ça que tu vous demandez à l'aide pour à l'internet pour être plus fort avec votre communauté, vous renforcer. Évidemment, plus on est de monde et plus il y a de gens qui sont à nos côtés pour voilà conscients et voilà et qui euh qui sont intéressé par nos sujets, bah plus on se sent fort.

Oui, ça c'est clair. C'est clair que le journaliste d'investigation c'est essentiel pour la démocratie. Je crois que ça l'a montré.

Sinon, on aurait peut-être sans doute Fillon comme président. On aurait rien su de l'affaire Benala. Il y a tellement d'affaires qu'on aurait pas su.

Les Wikileaks, il y avait pas eu après des journalistes pour s'emparer de toutes ces maltodonnées. Panama Papers. Wikileak, c'est bien schei qui se fait serrer, qui se fait pas serrer, l'équateur qui touche le jour même des milliards sur son compte.

Compliqué. Non mais on connaît bien le dossier tous les deux. D'accord, pas de problème.

Mais en terme de journalisme, c'est un c'est un mauvais c'est un mauvais signal mais c'est un mauvais signal qui se renforce mais qui existe déjà depuis longtemps. Enfin, je veux dire depuis Bouche, depuis le 11 septembre, tu as un certain nombre de guerres qui ont été déclenchées qui sont totalement injustifiable où il s'est passé absolument n'importe quoi, où c'est censé être la première démocratie du monde qui s'est mise à torturer des gens, enlever des gens, déposer des gens dans des prisons pour qu'ils soient torturés, déposer en en Europe. En Europe, en Europe euh et dans des pays et et à transporter Oui. dans des pays salas aussi et aussi à transporter les ce qu'ils appellent détenus sur notre espace aéraen pour les hommes.

Bien sûr, bien sûr. Tu as eu quand même un truc comme Guantanamo qui est en fait une prison dans laquelle tu es enfermé hors système judiciaire sans perspective de procès. Enfin, c'est un truc de dingue.

Don tuas tu as une démocratie qui dérive complètement. Tu as énormément de journalistes et notamment Wikileak avec le collateral Murder qui a en fait une vidéo prise depuis un hélicoptère américain où il tire comme des dingots sur des civiles des qui sort par Chelsea Maning et à l'époque sur des sur des civils et des journalistes. Bon tu tu à partir de là si tu veux se met en place une volonté de faire terire les gens qui contestent la vérité officielle.

La vérité officielle étant on attaque l'Irak et on attaque l'Afghanistan parce que c'est Ben Naden qui a fait tomber les tours. Bon, on voit pas ce que l'Irak vient faire dans l'histoire, personne ne comprend. Euh mais il y a une espèce d'histoire qui est raconté comme ça qui passe d'ailleurs dans la presse américaine.

Tu as deux journalistes qui dans leur coin font des enquêtes de malade et expliquent que tout ça est un montage complet et que il y a rien de vrai dans cette histoire. Ils sont pas écoutés, ils sont pas publiés, ils se font taillés, ils se font un peu taillés. Euh voilà.

Bon et donc en gros, tu as une politique gouvernementale américaine qui se met en place pour faire terre les lanceurs d'alerte et faire terire en leur faisant suffisamment peur. Enfin Bradley Manning à l'époque, donc aujourd'hui Chelsea, Chelsea se prend 35 ans de prison. 35 ans de prison truc aberrant euh pour avoir communiqué des informations qui ne sont pas fausses, qui sont vraies sur ce que fait le gouvernement.

Tu en danger la sécurité américaine ? Pas du tout. Bah et après quand tu fais tes petites affaires à l'étranger, si comme ça tu as des gens euh d'accord.

Ouais. Bon donc euh donc voilà et euh et évidemment on va poursuivre aussi les journalistes ou les gens qui font office de journalistes comme euh Wikileak. On peut discuter beaucoup sur Wikileak, sur Assange, il y a il y a des choses à dire dans c'est c'est ni tout blanc ni tout noir hein comme tout.

Euh voilà, mais il y a une vraie volonté de faire terire ces gens-là. Et euh ça a continué après. Sous Obama, les lanceurs d'alerte se sont fait euh décimer sous Obama euh et ça continue sous Trump euh avec euh comment s'appelle euh comment s'appelle-t-elle ?

Euh son nom m'échappe mais bon voilà. Je peux peut-être t'aider. Euh euh Winner Winter comment elle s'appelle ?

Non je vois pas ce bon. Enfin bref, il y en a encore une qui euh qui qui a été mise en prison parce queelle a elle a révélé euh elle a révélé les le rapport sur les liens entre Trump et et les Russes. Bon, en parlant de Trump et les Russes, euh le rapport qui dit qu'il y a pas de collusion, mais on l'a pas encore vu.

Tu as vu la conclusion, tu as pas eu les 412 pages. J'ai vu la conclusion qui a été transmise par le gouvernement américain. J'attends juste sur pièce, ce qui est très bien.

Oui, saint Thomas. Ouais, j'attends. [grognement] Ah oui, mais ma vie quoi.

Oui, là pour ça, oui, faut attendre. Faut attendre. Oui, pareil. [rires] On va attendre.

Le fait qu'il traite les journalistes de fake news en pleine conférence de presse, mais c'est un do dingue. Enfin, franchement, oui, non mais voilà, il est pas si doux dingue que ça. Non, mais c'est ça le pas dou mais il est dingue quand même.

Il est pas si dingue que ça non plus. H [grognement] je pense que c'est un fin stratège. Hm non là bon on peut en discuter si tu veux.

Ouais. Donc il y a la question des fake news aujourd'hui. C'est facile dès que aujourd'hui on commence à nous dire fake news, fake news.

Mais en fait les plus grands pourvoyeurs de fake news, c'est quand même les politiques. Mais tu tu as vu l'article Média part a pris le temps. Laisse parler tes copains.

Ouais. Oui. Non mais voilà, je je dis enfin quand on voit par exemple pour l'affaire Benala, ils ont retrafiqué des vidéos pour faire croire que enfin voilà.

Euh donc j'allais dire les plus gros pourvoyeurs de fake news euh j'allais dire c'est quand même les politiques quand ils vont des interviews. Après ils peuvent appeler ça communication politique mais enfin euh entre communication politique et fake news des fois euh il y a ça se recoupe la loi sur les fake news. Non mais c'est je je je trouve ça enfin en même temps enfin je suis tout à fait d'accord avec ce que vient de dire Jacques.

Enfin, les groupes pourvoyeurs de fake news, c'est les politiques. Mais c'est vrai que c'estit Mais c'est vrai, voilà, c'est ça que j'allais dire. C'est un problème aussi quand même qui est des officines, je sais pas comment les nommer, euh des pseudo journalistes ou même d'ailleurs on a le droit, on peut se tromper aussi hein, même dans les rédactions, même dans des des journaux très reconnus, il y a le droit à l'erreur quand même.

Mais c'est vrai que ça pose un problème quand même ces officines qui qui qui font de l' qui font des des fake news quoi. ou c'est le c'est leur leur truc de lancer. Tu parles de cabinet de spin doctor pour faire oui enfin je parle de tout ce qu'on voit et qui qui pose vraiment un souci parce qu'après les gens ne sont pas alors les gens tu me dis qui c'est bah ceux qui qui vont les lire ou les voir et qui sont pas capables de savoir si c'est vrai pas vrai et tout ça crée une défiance d'une manière générale et où il y a une perte de confiance je pas faire autant de confusion dans l'esprit critique des gens.

C'est c'est fait pourquoi ça ? des il y en a il y en a qui le font enfin moi j'en étais moi j'en ai été victime. J'étais en janvier 2012 en Syrie au moment.

Toi tu cherches aussi Ouais, c'est ça. On cherche les emmerdes, on est d'accord. Au moment où c'est pris des obus sur la gueule et que le journaliste de France 2 d'envoyé spécial a été tué.

Euh voilà donc et bien euh après, il y a eu un article sur un site euh réseau Vol euh c'est je confonds pas Bouvert Voltaire et réseau réseau Voltaire parce que ça s'appelle voilà. et donc qui a fait un site en expliquant on était tous des journalistes, on se connaissait pas. Enfin, il y avait une équipe de France 2 mais il y a plein d'autres journalistes.

En expliquant, on était tous une équipe de la DGS et que Gilles Jacquier, le journaliste qui a été tué était notre chef. Et ces abrutis ont fait un article pour expliquer qu'on était tous une équipe de la DJS. Mais toi, tu es pas crédible.

Voilà. Non mais non mais non mais ce que je veux dire c'est que c'est hyper dangereux c'est je veux dire c'est c'est hyper dangereux parce que bon à part que c'était justement des fake news pour euh discréditer la France, le mec en même temps il partage son temps. Il est souvent basé à Damas enfin donc euh voilà et puis euh et que derrière j'allais dire peut être basé à Damas être clean, hein.

Ouais enfin bon lui lui il est vraiment pas clean. Voilà donc là il écrivait vraiment n'importe quoi. Euh et on ne peut strictement rien faire parce qu'en plus c'est même pas diffamatoire d'être accusé d'être un agent de DGS. pas il peut pas le prouver.

Du moi, tu peux pas prouver. Est-ce que tu es un agent de la DG ? Voilà, c'est ça. [rires] Non, mais non, mais après c'est hyper dangereux.

Après, c'est hyper dangereux parce que moi après j'ai fait des reportages, je suis allé en Libye, je suis allé en Tunisieinfiltré et bien le problème c'est que si les gens tapent nos noms, alors maintenant c'est passé, c'est vieux, mais si les gens tapent nos noms et tombent là-dessus, j'allais dire c'est hyper dangereux. Ça met notre ça met notre vie en danger. Et c'est ça qui est c'est ça que des fois les pour ça qu' t' viré de la DGSE.

Voilà, c'est ça. Tu avais grillé ta légende. Voilà.

Non mais euh c'est j'allais dire non mais ils se rendent pas compte que c'est abruti que c'est c'est quand même très dangereux pour les gens d'écrire des choses comme ça. Qu'est-ce qui tu as lu son article ? Qu'est-ce qui lui a donné cette intime conviction que tu il y a pas d'intime conviction, c'était il faisait de la propagande parce qu'en fait la question il faisait vraiment de la propagande pro Bachar parce qu'en fait on ne sait toujours pas qui est à l'origine des tirs.

Il y a plein de choses bizarres et donc là il faisait vraiment il a toujours fait des choses de propagande et son objectif aussi c'était de démolir la politique étrangère française. Enfin voilà, ils ont une ligne ils ont une ligne complotiste. Non mais ils ont une ligne complotiste.

Enfin voilà c'est pas un site d'information. C'est pas des journalistes ces mecs. Voilà, c'est ça le problème.

Et pourtant ils ont une audience mais c'est pas des journalistes. Il cherchent pas établir comment t'explique cette audience. Bah je pense qu'il y a toujours des gens quand on leur parle de complotisme et que tout est caché et tout ça et ben il y a des gens il y a des gens ça leur parle et en même temps que les journalistes ils ont peut-être fait le ils ont laissé un boulevard à ça.

Non. Oui et non. Et parce que en même temps j'allais dire quand nous on dit il y a des choses cachées qu'on révèle dans le journaliste d'investigation nous on le fait sur des pièces.

C'est ça des journalistes, c'est qu'on le fait pas sur des euh on le fait parce que on a des documents ou des euh des témoignages sérieux qui prouvent des fait. Et donc effectivement, on leur dit, on va vous dévoyer des choses qui sont cachées qu'on aurait pas voulu vous raconter que vous sachiez pas. On peut nous accuser d'être complotiste, mais la différence entre les deux c'est que nous derrière il y a des faits.

Il y a des documents, il y a des témoignages, des choses qu'on recoupe, plusieurs sources et on arrive à quelque chose et on est responsable de ce qu'on écrit et de quand Élise Lu fait euh emmerder par rapport au glyphosate, c'est quoi ? C'est une opération de déstabilisation. Elle a pas fait correctement son travail.

Il y a des lobby qui veulent discréditer. C'est quoi clairement ? Je dire il y a une il y a de toute façon des lobbyes, ça c'est sûr.

Après, c'est vrai que le sujet il est très il est complexe comme d'habitude. Donc comme toute la lumière n'est pas faite dessus, voilà, disons qu'il y a une ouverture là pour pour s'engouffrer et pour effectivement commencer à casser du sucre sur Alise Lu qui finalement pour le coup elle a un vrai pouvoir aujourd'hui en tant que journaliste à la télé, elle a vrai pouvoir de nuisance. Donc faire bisous.

Ouais. Ouais mais regarde. Non, je savais pas.

Ouais, on lui fait un bisou. [rires] Non mais dès qu'il y a des failles, dès qu'il y a des doutes et que il y a des grosses boîte en face, genre Monsante et tout ça, c'est des grosses boîtes, il s'engouffre sur la moindre faille, sur la moindre chose pour essayer de décrédibiliser le travail de des journalistes d'investigation. Je veux dire, il y a une entre guillemets une sorte de guerre de l'information.

Je veux dire, il y a des gens qui voilà qui eux ils ont des gros gros moyens par rapport aux journalistes. Et tu disais que ça venait des journalistes. Moi je pense qu'and même internet c'est un grand du diable.

Ouais. Attends, commence pas à cracher sur internet. Non mais internet est devenu c'est un grand boulevard de liberté.

Donc ça quelque part c'est ça cet espace qui est qui est pris par justement ce genre d'officine et cetera. Et là pour le coup, il faut vraiment que les gens euh bah qu'il y a une formation qui se rendent compte qu'il faut qu'il fassent gaffe à ce qu'ils lisent et que avant de lire quelque chose et d'y croire, se demander si vraiment tiens quelle est la source, qui est-ce qui qui est-ce qui publie ça ? Qui qui sont ces gens qui sont en train de me de me donner ce genre d'information ?

Est-ce que vraiment je peux les écouter ? Parce que c'est vrai que après c'est un brouis terrible et finalement les gens ne même parce qu'on peut pas dire qu'on est mal informé en France. C'est pas vrai, faut pas exagérer.

Non, c'est pas vrai. Il y a J'ai pas j'ai rien dit. Non, non, mais je vois bien que tu voilà, tu en deine et voilà, tu en doutes.

Non, il y a l'information. Le problème, c'est justement ce tri. Comment on fait pour trier ?

Pour voir qui Comment vous faites pour vous informer ? C'est quoi vos vos canaux ? Alors, je sais que toi tu lis reflets mais le toi aussi Non, mais nous on lit que reflets.

Non, mais reflet. Je crois qu' il y a une part des des médias traditionnels, enfin voilà sur en lecture sur internet. Euh voilà, après pour des trucs très spécifiques pour aller chercher des petites informations Twitter où on peut suivre des gens qui sont dans des coins très particuliers.

Donc après, on évalue si la personne est bonne ou pas bonne ou même si elle est pour un camp. Mais si on sait qu'elle parle pour tel camp et ben elle parle pour tel camp et puis on suit le camp d'en face et puis comme ça on arrive à avoir des informations avant qu'elles soit dans les dans les médias. enfin pour s'informer si on suit certains sujets puis après bah je dire il y a nos sources quand on travaille sur certains sujets.

Comment on fait pour protéger les source ? Bon toi je sais que tu sais c'est très compliqué moi je trouve. Alors peut-être c'est de plus en plus compliqué.

On le voit bien d'ailleurs avec c'est rigolo parce que tout le monde dit à Sange grand hackeur et cetera machin truc ça a merdé quand même parce que Chelsea s'est fait alpaguer donc c'est compliqué hein aujourd'hui à part elle est donné rendez-vous dans un lieu public avec beaucoup de bruit et beaucoup de monde et même comme ça quoi dans la forêt pas de téléphone machin c'est c'est ça ça devient ça devient vraiment compliqué Ouais. Euh, vous continuez sur la protection des sources ? Non.

Non. Question d'internet. Euh, quels sont les rapports entre la presse locale et les barre locaux ?

C'est ça. C'est c'est Jacques qui va répondre. La presse locale, effectivement, le problème c'est que la presse locale, elle fait l'info.

Je veux dire, il y aura pas d'AFP. À la rigueur, c'est elle qui la fera s'il y a un gros truc. L'AFP, ça vaut quoi aujourd'hui ?

Bah ça couvre le territoire ça. Moi je trouve que ça couvre les grandes nouvelles passent par la FP. Enfin pourquoi ?

Pourquoi en Afrique on appelle la FP agence France propagande ? Ouais, c'est une légende ça. Oui, peut-être.

Ah si. Est-ce que Est-ce que la FP est la voix de son maître ? Pas pas uniquement.

Je pense pas. C'est c'est plus compliqué que ça. Ouais, c'est ça.

Je je me fais le ou c'est plus compliqué que ça parce que tu as dans tu as dans la FP pas mal de journalistes qui se qui font vraiment leur boulot, qui sont sur place dans des terrains quand même compliqués et cetera. Enfin, je dirais, il y a des bureaux dans certains pays d'Afrique. Bon voilà, les mecs, ils sont ils risquent leur peau pour aller c'est compliqué pour voilà de de sortir l'info.

Bon, ils le font. Donc euh oui, après parfois tu peux avoir effectivement euh une info qui est un peu plus poussée qu'une autre euh parce que ça b c'est sûr que c'est un canal de communication de du gouvernement quoi. Ça aussi bien sûr comme France 24, comme RT comme tous ces journaux enfin voilà ce sont des des trucs d'état.

Mais euh pour en revenir avec les barons locaux effectivement j'allais dire les journalistes locaux sont en première ligne avec les barons locaux. Et donc le moi je vois bien j'y étais confronté, je veux dire le maire, le le président du conseil général comment on les voit très facilement. La question c'est comment on arrive à avoir à la fois des relations de [grognement] pont voisinage et de collaboration pour avoir les les infos de base et puis à la fois comment on est aussi libre de les critiquer et ça c'est vrai que après le problème c'est que il y a la crainte par rapport à la publicité et puis il y a en fait aussi beaucoup de médias locaux qui sont très légalistes.

Je veux dire, c'est à partir du moment on critique pas trop le maire parce que bah c'est le pouvoir élu quoi. Et donc le problème de médias locaux c'est que ils sont plutôt légalistes et que par rapport à l'investigation B en fait ils ont pas beaucoup de temps et c'est pas trop leur priorité. Ils veulent pas se fâcher aussi avec le pouvoir local.

Il y a un manque de moyens et il y a des pages à remplir. C'est tous les matins, on a des pages blanches, il faut remplir les pages et le plus simple, c'est d'aller au point presse, de faire quelques trucs et on peut, ils ont pas forcément les ressources humaines aussi pour aller faire le véritable travail d'investigation. C'est pour ça que par exemple, il y a des confrères média cités qui est un médiia part en fait local d'investigation locale.

Ils font le boulot que souvent la presse locale ne fait pas. Faut comment pour survivre ? Bah pareil euh alors eux c'est sur abonnement euh voilà et un peu de crowdfunding, ils ont eu quelques Media part a mis un petit peu d'argent au départ aussi voilà et ça c'est des gens qui cherchent à faire le boulot que la presse locale fait pas assez voire pas du tout.

Mais c'est on en revient finalement à ce qu'on disait tout au début, c'est la proximité en fait hein le problème. C'est vrai que voilà et c'est avec les journalistes politiques, c'est la proximité qui fait que c'est compliqué parce qu'effectivement une fois qu'on connaît les gens bah quand on les connaît, quand on les côtoie tous les jours, c'est quand même un peu compliqué d'aller d'aller fouiner et comme disait Jacques, aller chercher la merde he c'est compliqué. C'est tout simplement humain.

On se connaît c'est pas si simple que ça demain de de faire une enquête sur Thinkerview. Faire une enquête sur nous. Bah si, on a eu la copine de ta copine qui est venue chez nous là.

Oui, mais il était plutôt il était plutôt il était plutôt sympa l'article. Bah, je sais pas si c'était sympa, c'était factuel. Voilà, c'est ni méchant ni sympa le le Non, c'est vrai.

Les plus gros barons locaux, c'est les entreprises. Sauf que ça a été changé son article. Ouais, ça a été changé par la direction du monde 48 he après ou 24 heures après la publication papier.

Ils ont rajouté trois phrases pour nous éclabousser la tête. a fait tirer sa signature parce queelle il lui avait pas demandé, ils avaient laissé sa signature alors que le papier a été changé. Et sur les deux trois choses qui t'avait qui elle était pas d'accord euh parce qu'elle avait fait une enquête de terrain, qu'elle avait rencontré les gens, que ça avait mis du temps, qu'elle connaissait le bordel et qu'elle était pas d'accord.

Mais bon, on aura notre vengeance. T'inquiète, [rires] t'inquiète pas, ça [grognement] prendra le temps que ça prendra mais t'inquiète pas, ça va bien se passer. Euh autre question à l'internet, quand vous vous êtes rencontré ?

Euh c'était euh bah par le collectif en fait euh en fait moi je fais partie des je fais partie des fondateurs du collectif Extramuros et donc à un moment on avait mis des petites annonces sur des forums de voilà et donc en disant on cherchait des journalistes intéressés par notre modèle et par le désir de travailler ensemble de faire de l'investigation de faire des reportages voilà et de partager des moyens et tout et c'est comme ça que Stéphanie nous a contacté et Antoine je sais même plus comment C'est connu. Moi, je suis venu par un ami commun, enfin qui était dans le collectif par Guillaume. Voilà.

OK. Euh euh qu'est-ce qui vous rapproche dans votre euh dans votre approche du métier ? Qu'est-ce qui vous rapproche dans votre approche du métier ?

Non, mais pour le coup, c'est vraiment d'aller essayer de de faire l'investigation, c'està-dire enquêter, ne pas vrai. Voilà, sortir la vraie info parce que sinon on est, je pense qu'on est voilà, on est on est quand même relativement différent. On traite pas les mêmes sujets mais c'est cette envie d'aller plus loin quoi, de pas s'en tenir à à ce qu'on nous raconte.

Donc je rebondis sur ce que tu viens de nous dire. Quelles sont vos spécificités à chacun ? Ah moi je fais finalement quand même pas mal de sécurité routière en dehors de l'investigation et sur l'investigation c'est vraiment l'argent public, les marchés publics qui m'intéressent.

Moi, j'ai pas mal travaillé sur les questions de terrorisme, euh de défense, voilà et puis euh la corruption puisque j'ai fait un bouquin, le Tour de France de la corruption. Voilà. Donc c'est un peu mes spécificités.

Mais écoute, spécialité euh je crois que c'est un peu tout ce qui est technique lié à la surveillance de masse, à l'insécurité informatique, ces choses-là. Et après effectivement, j'ai pas mal bossé notamment avec Jacques sur les questions de terrorisme. Voilà.

Que pensez-vous ? Alors, toujours question internet, que pensez-vous des journalistes d'opinion par rapport au journalisme d'investigation par exemple ? Je crois qu'on a un peu répondu, non ?

Ouais. Ouais. Alors, quel est le phénomène le plus présent dans les journaux ?

La censure ou l'autocensure ? L'autocensure. Ah oui, clairement la censure, elle est très rare quoi.

Connue. Bon voilà, elle est elle est quand même très rare pas divisé un petit peu. Non, je pense qu'il y a beaucoup d'autocensure et que c'est surtout l'autocensure que les journalistes disent "Ah bah tiens, si je plais pas puis il y a tel actionnaire ou il y a le patron, il est proche d'un tel et tout ça" alors que des fois il a rien demandé.

Et finalement, il y a aucun exemple là de nous trois là le l'exemple du point. Enfin voilà, depuis des années après tu tuas tu as des exemples Cyril Nouna qui fait retirer un papel. Non mais bien sûr.

Non mais voilà. Oui mais franchement nous en l'occurrence c'est vraiment à la marge. C'est arrivé là l'histoire que Jacques a raconté sur le point.

Point voilà. Point. Ouais.

Moi j'en c'était pas de la censure mais c'est une conséquence. C'était quand je travaillais à la GFI euh Visa, les cartes bancaires, c'est une associ enfin à l'époque c'était une association de banque invité la presse pour un route annuel tous les ans. Une première année, j'y vais.

Ah, on mange super bien. On est super bien logé. Ça se passait dans un pays étranger.

Donc, tuas un petit voyage, tout ça, tu es logé. Chambons garnies ou pas ? Non.

Tu as pas de petit de fraises ? Rien. Ah merde !

Et euh mais tu es très bien logé et tu voyages très très bien. Et donc on fait première année truc super intéressant vraiment des conférences passionnantes qui font venir des gens super. 2è année je me dis c'était bien la première année.

J'avais fait pas mal d'articles pour dire que c'était bien. Deuxème année, je me dis bon ben il me réinvite, j'y retourne. Euh il se passe rien.

Aucune conférence intéressante. C'était le vide sidéral. Quand je suis rentré en fait, j'ai fait j'avais une enquête en cours sur les moyens de sécurisation des paiements sur internet à l'époque c'était tellement vieux SSL, tout ça, c'était pas voilà.

Donc il y avait un projet qui s'appelait SET et je titre "En attendant SET" et j'explique que ça marchera jamais. Et vraiment j'ai dit ça jamais ça va marcher. Et tu as pas été révité ?

Alors un, j'ai pas été réinvité et pendant 6 mois plus personne journal ne pouvait avoir quelqu'un chez Visa. pas que moi, plus personne, il répondait plus. Non, vous on va on vous parle plus.

Bon après, au bout d'un moment, ils sont rendus compte que quand même ils avaient besoin de faire passer des messages parce que le journal était tellement spécialisé et tellement à destination des financiers et cetera, ils sont dit "On peut pas se couper complètement. Euh voilà." Si ton patron de l'époque revenait au bout de 3 semaines en disant écoute très cher, on a dégagé ce vilain petit canard qui a écrit en attente.

Non, je pense que ça ça aurait pas ça aurait pas calmé les esprits. C'était vraiment c'était très enfin sur ce cas en particulier, c'était très emmerdant pour Visa, c'était très emmerdant pour les banques ce papier parce que il mis énormément là-dessus et tu avais par exemple en France, tu avais deux euh top manager de chaque banque qui était grassement payé pour travailler à 100 % sur ce projet-là. L'idée c'était de faire un système de sécurisation des paiements sur internet qui reposait sur la carte bancaire.

C'était très compliqué. Il y a beaucoup de cryptos et de machins. Dire que ça n'allait jamais marcher, c'était mettre en cause en fait tout ce qu'ils avaient fait jusque-l.

Ils étaient pas contents du tout. Bon, j'ai encore une tripotée de questions, donc je vais vous en envoyer une salve et puis euh on va passer à autre chose. Est-ce que vous avez travaillé sur les données de Wikileak première ?

Est-ce qu'il vous êtes arrivé d'avoir peur pour votre sécurité dans l'une ou plusieurs de vos enquêtes ? Euh comment on sort de cette situation de possession des journaux par les milliardaires ? Ça, c'est quelque chose qui revient souvent ça.

Ouais. Est-ce que vous cherchez des profils particuliers pour vos projets ? Allez hop, vous en choisissez une chacun et vous alors Wikileak euh c'est marrant parce que je j'ai préparé un papier pour reflet pour écrire sur cette histoire de de l'arrestation d'Assange et donc je me suis replongé un peu dans les trucs que j'avais écrit il y a très longtemps et je me suis rendu compte que j'avais écrit des trucs pour dire que à l'époque que Wikileak s'en bourgeoisait.

Euh c'était un de mes un de mes papiers dans sur mon ancien site avant 2011. Donc euh au début, ils ont balancé toutes les infos comme ça en vrac et débrouillez-vous, fouillez, chercher, essayez d'en tirer quelque chose. Et puis après euh sans doute sous la pression d'Assange, il y a eu une espèce de il s'est rendu compte du pouvoir qu'il avait euh vis-à-vis de la presse et il a imposé en fait de euh donner les infos ou une partie des infos à un certain nombre de journaux choisis ou de télé choisis par Wikileak.

Et du coup en fait ça a repassé par le prisme de la presse qui fait que ben dans la presse on est obligé de faire des choix parce qu'on peut pas tout traiter. Euh du coup il y avait plein de trucs qui étaient laissés de côté mais donc qui n'étaient pas public et que les gens ne pouvaient pas creuser par eux-mêmes. Donc voilà les cable gates, j'avais regardé au début en gros au bout de quelques jours, tu avais 200 câbles qui avaient été publiés sur des milliers quoi.

Donc c'était vraiment nas comme démarque. Pas full disclose. Bah non c'est pas full discle joueur quoi.

Donc donc à partir de ce moment où ils ont choisi de travailler avec certains journaux choisis et bien bah non, il était pas possible de travailler sur les documents de Wikileak. Next. Alors les milliardaires, Oui.

Moi je pense effectivement c'est un vrai problème. Quand il y a des milliardaires qui sont propriétaires de journaux, il y a un problème de conflit d'intérêt. Alors jeis dire surtout qu'il y a certains pays par exemple en Angleterre où il y a vraiment au niveau une liberté éditoriale.

C'està dire que ça ne viendra même pas l'idée au propriétaire d'aller influencer sur la rédaction. Mais on sait qu'en France c'est c'est pas le cas. Euh voilà, Bernard Arnaud tout ça.

Bon, on sait pas la diffamation hein, attention. Mais je sais pas tellement quelle est la solution là. Euh ils vont, de toute façon, la presse écrite va tellement mal que c'est je sais pas, ça va être ils vont vont mourir peut-être.

Donc voilà, une fois. Non, c'est un vrai problème. C'est un vrai euh ils vont pas bien mais ils reçoivent combien de millions d'euros ?

Euh [soupir] bah non, pas bien public. Oui, bien sûr. D'êre public, c'est 100 millions, c'est combien ?

Euh, je sais pas. C'est ça public. C'est quand même un sacré paquet de pognons, non ?

Oui, c'est un paquet de pognons. Ouais. Oui, mais quand on fait du papier, ça coûte très cher quand on a l'imprimerie, la diffusion.

Aujourd'hui, prestalis, enfin toutes les les prestataires pour livrer les journaux de kiosqu et tout ça, ça coûte une fortune. Le papier coûte cher. Voilà.

Donc je veux dire, il y a beaucoup de sous mais il y a de l'autre côté beaucoup de dépenses quoi. Et on voit quand même que les dépenses pour les reportages, pour les enquêtes il taille d'abord là quoi. Voilà.

Euh on arrive à la fin de notre interview. Euh euh vous cherchez des des profils particuliers ? Non.

Ça vous intéresse pas comme question ? Bah des profils quoi comme de journalistes et tout projet. Ouais.

À mon avis, tu dois avoir quelques élèves éécole de journal derrière. En fait, en fait, nous on est un collectif déjà, j'allais dire on est un collectif actuellement on est 23 donc on est vraiment fou là honnêtement parce 23 on saut vous êtes pas on saut donc voilà on a des photographes des gens qui font de la télé des gens qui font de la radio, des gens qui font de la presse écrite. Voilà par contre s'il y a des journalistes qui veulent nous contacter des jeunes ou des gens qui ont envie de fonder des collectifs, nous on reçoit souvent des jeunes ou moins jeunes d'ailleurs qui disent "Bah nous on aimerait bien fonder un collectif.

Est-ce que vous pouvez nous parler de notre expérience, votre expérience et tout ça ? Donc ça, on est tout à fait open pour partager parce que je pense que c'est l'avenir. C'est quoi c'est quoi le lien pour donner du pognon pour votre doc ?

Alors le lien donc c'est sur lois et donc il y a un lien court qui est bit.lyy/reflet au pluriel TV. Euh je pense que ce sera mis en ligne.

On tape hello assaut et reflet avec un s et on tombe dessus. D'accord. D'accord.

C'est des gens en ligne chez nous. Et et la dernière question qui n'est pas une question, c'est laisser un conseil pour les jeunes générations et puis comme vous êtes trois, vous avez conseillé à chacun un livre. Et donc un conseil pour les jeunes générations et un livre.

J'en sais rien. Je sais pas. On va pas commencer par to serait.

Antoine, tu es rompu à cet exercice. Montre le chemin à tes petits copains. Euh un livre, croise pas les bras.

Un livre, je dirais le littératron. Voilà. euh l'escarpite, je crois, euh qui est un bouquin passionnant sur le le bullshit en fait que peuvent générer les sources justement et voilà comment embobiner les gens avec un générateur de bullshit.

Un conseil pour les jeunes génération euh réfléchissez. C'est facile, hein ? Bah oui.

Non parce que c'est un métier qui devient quand même difficile, qui est qui est fatiguant, qui rapporte très peu. C'est vraiment, tu l'as dit, c'est un sacerdoce quoi. Donc voilà, c'est parce que tu as une vraie, je pense que tu fais ça parce que tu tu as une vraie vocation quoi.

Voilà. Donc on profite aussi pour dire nous aussi on est un tipi, on est 100 % indépendant, financé par notre communauté. Et voilà.

Jacques, un bouquin, un conseil pour les jeunes générations. Euh, un bouquin euh le lambeau de je crois que c'est Philippe Lançon, le journaliste du canard qui s'est pris une balle de Kashnikov au visage et qui raconte tout son chemin de reconstruction. Voilà, je trouve que ça fait ça fait réfléchir.

Enfin, ça c'est un livre vraiment touchant. Ouais. Euh voilà.

Donc je pense qu'il est intéressant à lire et voilà, c'est un chemin humain enfin voilà d'un confrère. Voilà. Euh conseil pour les jeunes générations.

Moi j'aime pas conseil, ça fait vieux les vieux cons qui Stéphanie. Euh moi sur le conseil, j'ai du mal aussi. C'est vraiment voilà euh le journal, je suis assez d'accord avec Antoine quoi.

Je suis pas sûre moi de le de le de le conseiller par à mes enfants. Le bouquin, je sais pas à la rigueur, on pourrait lire là d'actualité lire le bouquin de Rufin quand il était sorti d'école. Ça c'était comment les nouveaux chiens de garde ou je sais plus comment ça s'appelait exactement.

Rupin de de Ruffin. Ruffin. Ouais.

C'est un type et en fait quelque c'est pas des scooters non quelque part il était euh Non mais c'est c'est pas inintéressant et c'est d'actualité puisque lui-même se retrouve maintenant euh politique et finalement il fustigeait un peu les ses rédactions qui étaient euh à la botte des politiques. Donc voilà. Donc qu'est-ce que vous pensez de Pierre Carl ?

Ça c'était Ouais. Bah en tout cas ça a baigné toute Ouais bah c'est des c'est des méthodes journalistiques qui sont intéressantes. Voilà.

Ouais, c'est une bonne bonne chose. Ouais, ça a baigné ce pourquoi éventuellement on est enfin en ce qui me concerne pourquoi on est devenu journaliste. Merci d'être venu nous voir ce soir.

On rappelle que vous êtes sur le coup d'un doc sur de l'argent public qui ça va piquer et donc merci d'être venu nous en parler et à la prochaine. Merci. [musique]