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interviewLe Média (sur YouTube)· 11 décembre 2024 58 min

« SANKARA, COMPAORÉ, GBAGBO, LA FRANCE ET MOI » (GUY LABERTIT, ANCIEN « MONSIEUR AFRIQUE » DU PS)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

bonjour Le Monde bonjour l'Afrique bonjour la diaspora chers téléspectateurs bonjour bienvenue dans cette nouvelle édition de décrypt l'Afrique votre revue d'actualité politique hebdomadaire coproduite avec le média et Vox Africa diffusé ben sur Vox Africa le dimanche à 16h GMT et 17h heure de Paris au sommaire aujourd'hui un grand entretien avec un grand témoin je reçois Guil Berti ancien Monsieur Afrique comm on disait du Parti socialiste français compagnant de route de nombreux politiques de gauche en Afrique durant des déces et auteur de ce livre anticolonialement votre autobiographie d'un militant politique paru aux éditions cartala une plongée dans la trajectoire d'un homme engagé au côté de figures qui ont marqué leur temps comme Thomas Sankara Laurent Bagbo ou Jean-Marie tiibaou et aussi une réflexion sur l'héritage colonial encore omniprésent dans nos sociétés contemporaines bonjour Guy laberti bonjour bonjour alors on va se tutoyer parce qu'on se tutoie dans la vraie vie et qu'on se connaît depuis maintenant des décennies oui alors tu viens de publier aux édition cartala ce livre anticolonialement votre autobiographie d'un militant politique on va dire tome 1 d'une autobiographie parce que disons dans sa phase politiquement active ton récit va de 1966 à 1991 seulement à quand le tome 2 le le tome 2 pardon le tome 2 il est dans la tête il est en préparation dans la tête et il sortira enfin j'espère encore avoir quelques années pour avoir le temps de l'écrire oui on en est convaincu mais pour comprendre la suite je crois qu'il vaut mieux comprendre le début aussi alors tu écris anticolonialement vôtre et ton livre sort au moment où après le Mali le Burkina et le Niger le Sénégal et le Tchad montrre la porte de sortie à l'armée française un parfum de rupture flotte dans l'air mais j'imagine qu'il ne ressemble pas à ce que tes camarades et toi tes camarades africains et toi imagin durant vos années gauchiste quel regard portes-tu sur le mouvement en cours ou plutôt sur les mouvements en cours parce qu'il y en a plusieurs il y a plusieurs pays plusieurs réalités et sur la réception qui en est faite en France euh d'abord je récuse un petit peu la la l'adjectif de gauchiste parce que bon effectivement je viens de je non non c'est sûr que je viens je viens de je suis un enfant 68 et en fait euh en 68 c'est c'est une aspiration qui est extrêmement libertaire et surtout dès le début de ma vie j'ai été très marqué je vais à l'UNEF évidemment en 68 et je m'occupe des relations avec nationale des étudiants de France voilà oui l'Union nationale des étudiants de France oui effectivement il faut le rappeler qui est quand même une une une organisation qui va jouer un rôle en 68 avec le syndicat du supérieur Alain gessmar et à l'époque l'UNF c'était Jacques Sauvageot et puis évidemment la troisème figure Daniel conbendit donc je suis dans dans ces milieux-l à Bordeaux et Bordeaux je j'insiste sur ça Bordeaux c'est c'est un des le port de Bordeaux c'est un des anciens poumon de l'empire colonial et par tradition coloniale je dirais que la plupart des étudiants africains qui arrivent en France ils sont souvent affectés à l'académie de Bordeaux et pour ceux qui viennent du côté de l'océan Indien c'est plutôt l'Académie d'ex-marseille voilà c'est la tradition coloniale oblige si jeose dire et donc dans ce cadre-là j'ai eu des relations immédiates dès janvier 69 avec des gens qui ont marqué l'histoire de la féanhe dont d'ailleurs un étudiant venu de Hute volta puisqueà l'époque c'est encore la Haute Volta et qui a été d'ailleurs un président de la féanfhe vers 72 73 et qui lui avait comme on disait fait Dakar en mai 68 et moi j'avais fait Bordeaux et c'est un petit peu à cause de cela que nous nous sommes rencontrés en janvier 69 et qu'il m'a précipité vers le continent africain alors que étant moi même plutôt étudiant en espagnol on avait les mêmes études j'étais plutôt orienté sur l'Amérique du Sud et tgevara à l'époque voilà alors l'ère était révolutionnaire et vous imaginiez je suppose ben en fait la sortie du néocolonialisme on peut dire que en ce moment c'est c'est de ça dont on parle quand on évoque les bases militaires françaises dans ces différents pays mais c'est une configuration disons qui est une configuration de 2024 le regard de quelqu'un qui a espéré dans la rupture des liens coloniaux peut être intéressant sur ce qui se passe en ce moment oui c'est-à-dire que on était aussi très pressé on avait un énorme enthousiasme un énorme espoir et euh dès ce début des années 70 on fait beaucoup de meeting commun je rappelle cette histoire là parce que vous savez quitter la zone francfa euh les bases militaires françaises c'est au aussi dans l'actualité dans certains pays dès le début des années 70 avec Madagascar et aussi la Mauritanie je me suis souvient avoir fait des débats publics des meetings avec la féanf sur lesquels on discutait justement du retrait de la zone CFA de Madagascar de la Mauritanie et évidemment du retrait des bases militaires Diego Suarez en l'occurrence à Madagascar enfin donc je veux dire qu' il y avait un alors ce qui est extraordinaire c'est de voir qu'aujourd'hui au moment où ce livre sort avec le titre anticolonialement vôtre qui d'ailleurs je dois le dire est une idée de l'éditeur après avoir lu le manuscrit euh ben ça c'est en pleine actualité parce que tout à l'heure tu parlais de néocolonialisme effectivement euh pour moi ben néocolonialisme c'est nouvelle forme du colonialisme hein on va pas on va pas faire des exégèes sur le mot et ce qui on on voit les les deux choses qui sont fondamentalement remises en cause aujourd'hui par en Afrique par les nouvelles générations et par quelques jointes militaires mais ça de façon peut-être plus opportuniste c'est la présence des bases militaire française et la survivance du CFA dont si j'ose dire la réforme qui était commencé à être engagé par les chefs d'État d'Afrique de la CDAO a été littéralement confisqué en 2019 par le couple présidentiel Macron Ouatara et je crois même à la surprise de certains chefs d'État qui av AV participeré à cette réflexion de rupture et d'ailleurs on a vu que l'écho n'a aucune réalité aucune différence avec la situation d'avant et que effectivement j'espère que c'est aux Africains même de définir sur quelle base se fera cette monnaie africaine et pas sur l'intervention de du président français mais ça a mis du temps justement pour que cette thématique que vous agitiez sur les campus et ailleurs prennent corps dans le vous rendez compte ça fait ça fait un demi-siècle et et je dois dire que en tout cas je disparaîtrai heureux parce qu'on n pas tout à fait lutté pour rien même si à l'époque on était peut-être très très en avance certains ont découvert ces choses-là il y a plus 10 10 15 ans mais ça ça nous a animé il y a très longtemps justement au sortir de cette explosion de 68 tu m'as dit une fois l'histoire est lourde ben l'histoire est tellement lourde qu'elle prend du temps et finalement faire bouger les choses ça prend du temps et quand on fait de la politique ce temps peut être au-delà d'une vie politique voire d'une vie et ça peut être assez troublant ça euh moi c'est pas du tout troublant je plus j'ai fait de plus je me suis engagé en politique c'est-à-dire plus je saisissait la subtilité des rapports de force dans le monde et plus j'ai ressenti que c'était très difficile de le faire bouger et je trouve que ce qui se passe en tout cas au niveau je dirais des des idées des volontés des boussoles en finir avec les bases militaires françaises en finir avec le franfa ben je dirais que c'est l'aboutissement de plus d'un demi-siècle de d'aspiration et ben ça rend modeste parce que vous savez les grands politiques leur vision elle est souvent occupée par la durée de leur mandat mais l'histoire profonde l'histoire lourde comme tu disais bah je crois que moi j'ai surtout un engagement très militant hein qui a toujours été au niveau des partis j'ai pas été très intégrable dans dans l'état français je dois dire d'ailleurs que c'est sous la Primature de Lionel Jospin que je dirais oui il y a eu le plus d'Atom crochu et on l'a vu notamment pour ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire alors ce qu'on ce qu'on on a l'impression ce qu'on voit ce qu'on aperçoit ce qu'on observe c'est que finalement ces mouvements en cours qui sont en cours dans des des pays démocratiques comme le Sénégal avec un exécutif fortement légitimé par des par des législatifs avant après la présidentiel mais on voit aussi au Tchad qui n'est absolument pas une démocratie ou dans des pays où il y a des des jeintes militaires quand même soutenu par une partie du peuple bref dans un un ensemble de pays totalement différents la même aspiration porte des politiques et on a l'impression qu'en France malgré le jeune âge de ceux qui dirigent de celui qui ich notamment on est complètement perdu et perplexe par rapport à quelque chose une sorte d'accouchement long dont qui a commencé il y a très longtemps et dont et qui a aussi commencé en France sur les campus français comment expliquer ça comment expliquer que cet accouchement long on a l'impression que en France on n jamais eu l'impression que le bébé allait naître c'est-à-dire benah si si vous voulez moi je crois que si je crois que en fait les choses ne pouvaient bouger que si elle venait d'Afrique nous en tant que militant en tant que citoyen français européens euh je considérais qu'on était surtout à un accord idéologique avec ces gens qui aspiraient à une Afrique libérée des tutelles c'est un choix c'était un choix euh c'était un choix de conviction pas un choix de citoyenneté moi j'étais français mais j'aspirais à ça et j'ai vécu des moments de politiqu assez dur où j'ai eu pratiquement à choisir entre mes convictions et ma citoyenneté quand vous aspirez justement à faire vraiment changer le monde avec vraiment un esprit égalitaire à un moment donné quand vous êtes citoyen d'un État colonial ou néocolonial vous apparaissez presque comme un traître aux intérêts de du du pays dont dont dont vous avez la citoyenneté intérêts que l'on vend comme les intérêts du pays voilà c'est ça les intérêts qu'on vend comme les intérêts du pays mais moi je pense je vois maintenant et et tu le soulignais quelle que soit la la situation politique des différents pays je évidemment quand on moi je moi si vous voulez à l'heure actuelle ce qui se passe me réjouit surtout au niveau du Sénégal parce que au niveau du Sénégal il y a une volonté quand les gens disent de rupture en fait c'est de changer la nature des rapports vers une perspective plus égalitaire c'estàdire que ce qui est en train de se passer là et ça aussi c'est une idée qui qui sera lente à s'imposer c'est que l'Afrique reprenne le contrôle de son histoire que la France ou d'autres puissances étrangère cesse de confisquer l'histoire des peuples africains ça fait des siècles que c'était le cas et donc c'est peut-être difficile à imaginer parce ah mais en tout cas c'est ça qu'il faut imaginer et et c'est pour ça qu'on je voit en tout cas l'idée c'est imposer quelles que soi les situations politiques que ce soit des des jeunes militaires qui renvers des des gouvernements élus que ce soit un processus démocratique com vient comme on vient de le vivre au Sénégal ou qu'est-ce que quelle que soit la situ la situation pardon de ce qui s'est passé au Tchad bon on pourrait en discuter en détail de savoir pourquoi C pourquoi ça mais en tout cas ce qui est important c'est que l'idée s'impose cette idée de reconquérir le droit à faire son histoire alors les choses auraient pu se passer autrement les gens qui ont un certain âge comme moi se souviennent qu'il y avait un un mouvement de défranceafriquisation si on peut dire à la fin des années 1990 avec Lionel Jospin on parlait de processus RECAMP on parlait de beaucoup de choses qui ont été remises en cause par l'élection de 2002 de Jacques Chirac qu'est-ce qui n'a pas marché pourquoi justement ce mouvement de de retrait progressif en tout cas d'un point de vue militaire a été si si éphémè si éphémè ah ben de toute façon euh moi je ne vous cache pas que Lionel Jospin a été premier ministre dans le cadre d'une cohabitation et ce n'est pas un secret de penser que leur désaccord entre Premier ministre président sur la sur la politique de la France en Afrique et était patent et le SOMUM ça a été en décembre 99 quand il y a eu le et là je peux me permettre d'en parler très précisément puisque même étant au niveau du parti j'ai été quand même mêlé aux échanges autour de la Noël c'est évident que Lionel Jospin s'est absolument opposé à une intervention que voulait Jacques Chirac pour réimposer Bédier qui était le successeur qui était le successeur de foette boigni et qui avait été renversé par le coup d'État militaire en tout cas attribué à Robert gay voilà alors ça c'était un moment fort je signale quand même que dès que lional juspin était premier ministre au tout début du mois de juin 97 moi le le samedi suivant j'ai eu Luc qui était le conseiller de défense de Lionel Jospin me demandant qu'est-ce que tu penses au Congo comment doit quelle politique peut-on définir je me souviens lui avoir dit écoute c'est extrêmement complexe parce que d'une part on a un processus de renversement militaire engagé par sassungesso qu'on ne peut absolument pas appuyer et d'ailleurs à l'époque Jacques Chirac penchait beaucoup pour cela et deun notre côté évidemment ça ça va de soi quand on parle du Congo et et aussi Pascal Lissouba dont on peut pas dire sur la fin de son mandat qu'il était particulièrement respectueux des textes constitutionnel et Jospin moi je me souviens de son expression il disait l'armée française n'a pas à faire la la police dans les capitales d'Afrique et il y a eu une forme d'intervention d'évacuation d'ailleurs de citoyens européens il a été extrêmement prudent et je dirais que c'est quand même à ce moment-là que peu après ont été fermés les les les bases de de boire et de Bangui enfin c'était un début mais sachez que tout toutes ces petites avancées étaient des choses extrêmement difficiles parce qu'il y avait évidemment la la présidence qui voyait ça d'un très mauvais œil et je me permets une anecdote Lionel juspin a fait un seul voyage politique en Afrique en décembre 97 il est allé il était allé au Maroc et moi j'aiétis associé à la partie Sénégal Mali où il m'a fait l'amitié de m'inviter personnellement et à la fin quand on est dans l'avion de retour il me dit Guy je suis à la ramasse mais j'aimerais bien qu'on fasse un petit peu le point et moi évidemment tout enflammé je lui propose une suite de parcours de capitale à visiter il m'a dit tu sais je ne suis pas là pour aller raconter le contraire de ce que fait Jacques Chirac 6 mois après ou 15 jours avant et il m'a dit j'ai j'ai marqué mes positions au plan militaire bon à travers effectivement RECAMP bien sûr céit çaait pas un côté révolutionnaire mais c'était très réformiste de vouloir que les Africains reprennent reprennent en main le leur propre sécurité et au plan politique bah je me souviens qu'il a fait son discours à la à l'Assemblée malienne à l'époque c'était d'ailleurs présidentassemblée nationale Dialo qui qui l'avait reçu et c'était aussi le temps d'Alpha conaré et cetera et donc là pour moi ce qui restera inachevé dans la vie c'est que lional Jospin n'a jamais été chef d'État et donc je n'ai pas pu savoir jusqu'au bout jusqu'où on pouvait aller dans l'état français alors ton parcours politique en Afrique et autour de l'Afrique est particulier pour les gens de ta génération beaucoup ont découvert l'Afrique en faisant de la Copé comme on disait donc dans une sorte de relation néocoloniale qu'il qu'ils étaient en service militaire ou en service civil qu'il a été qu' soit parti pour 2 ans dans le casadre d'une copée plus âgée ou alors qu'ils a travaillé pour des grandes entreprises sur le continent mais toi tu viens à l'Afrique par la filière affective si on peut dire VI a les Africains qui se retrouvent avec toi à l'Université de Bordeaux on disait dans cette période si particulière de de de 1968 et ça change tout le le rapport avec le continent part du rapport avec des gens issus du continent et pas des institutions oui c'est très important et c'est pour ça que j'ai voulu écrire cette partie de ma vie parce que euh maintenant je peux tirer des bilans mais vous rendez compte tu te rends compte que à la la première fois que je mets les pieds en Afrique c'est en 73 j'ai 24 ans je suis jeune prof c'est pour ça que j'ai pu me payer un billet d'avion à l'er-retour est passé plus de 2 mois où j'ai vraiment voyagé en taxi Bruce et mes étapes elles se font chez chez mes potes la féamphhe du Togo dont certains vont aller rapidement en prison torturer br vement ministre 4 mois puis de nouveau réfugié politique au Pays-Bas c'est c'est le cas de zumaro au Togo et puis également du Bénin du Niger et de la Haute Volta qui est toujours encore la Haute Volta pour moi aussi ce qui est très important dans la dans un parcours politique c'est la force des relations humaines et ça j'y suis très attaché et aujourd'hui euh c'est ce que je retiens de de de plus fort dans ma vie parce que en fait quand tu découvres l'Afrique en taxi Bru comme ça avec des des amis qui sont des égau c'est pas du tout la même chose que quand bah tu es dans un ministère à 23 ou 24 ans un coopérant conseill des du ministre et des fois reçu par le président euh évidemment évidemment moi je veux pas aller plus loin mais après quand je suis d'ailleurs je le dis dans le livre finalement ce sont plutôt des les politiques africains qui m'ont poussé vers le vers le PS h parce que moi je suis allé au PS j'avais 42 ans et je me souviens de l'accueil de de Gérard fou quand il est secrétaire au relations internationales qui me dit Agy tu viens enfin là où ça se passe alors au début de ta carrière politique justement tu minites au PSU une petite formation qui a la culture de l'anticolonialisme oui et déjà vous menez les combats pour la kalaki Nouvelle-Calédonie pour les autres néocolonies de la République si on peut dire et aujourd'hui on a l'impression que la relation entre l'État français et les autres mères pourries en même temps que celle qui lit l'Ancien Empire aux anciennes colonies en Afrique est-ce que les deux phénomènes peuvent être liés je je ne sais pas s'ils sont liés en tout cas dans ma tête ils sont profondément liés parce que dans mon dans mon engagement en Afrique je ressentais une dimension coloniale quoi on appelait ça le néocolonialisme parce qu'il y avait eu les indépendances mais je me souviens de l'expression de la féan qui étaaiit les indépendances formelles et donc moi je suis je je tenais en particulier à parler de cet aspect quand dès que je suis étudiant à Bordeaux je suis très lié au mouvement euh à des gens qui sont pour l'indépendance des Antilles de la Guadeloupe de la Martinique de la Guyane on a eu cette aspiration à la libération de toutes les tutelles et vous voyez aujourd'hui quand vous avez les problèmes de la euh qu'on appelle les problèmes de la vie chè en Martinique c'est le reflet c'est les séquelles d'un système colonial c'est pareil en Guadeloupe chaque fois que vous avez des des mouvements extrêmement extrêmement revendicatifs en réalité si c'est sur l'organisation de l'économie l'organisation du commerce et vous vous rendez compte que ce sont les mêmes familles qui aujourd'hui sont à la sont à la tête des hypermarchés qui étaient autrefois à la tête des des sucreries et cetera il y a une certaine continuité et pour le peuple Canac ça a été véritablement le révélateur parce que c'était une situation coloniale qui perdure parce qu'aujourd'hui quand vous voyez monsieur th qui était un des leaders du mouvement Canac qui s'est développé au début de cette année quand monsieur Macron a voulu imposer qu'on revoit le corps électoral qui était issu des accords de des accords de Paris et de Nea on se rend compte que Monsieur thtin il est arrêté il est emprisonné à mulouse il est emprisonné à mulouse et je j'ai évoqué ce cas là dans une autre sur un autre plateau et de cette cette décision a été même confirmée par la justice française en appel à noua donc on est où là autre exemple Mayotte moi je suis de ceux d'ailleurs j'en parle dans le livre j'ai j'ai travaillé avec des gens qui étaient de Mayotte et qui était du Front démocratique comorien qui voulait le rattachement qui voulait revenir sur le qui voulait le rattachement de Maillotte à l'ensemble comorien bon je ne suis pas Matusalem hein c'était effectivement dans les années 70 je d'ailleurs je cite le nom de Monsieur monjoint je me rappelle que en 84 la France aurait pu interrompre ce processus de séparation de Mayotte il ensemble comm rien de toute façon que ce soit la départementalisation pour les outres mères aujourd'hui ou la coopération les accords de coopération pour les colonies d'Afrique tout pourr en ce moment et est-ce que ça n'a pas quelque chose à voir avec la culture politique de ceux celles et ceux qui gouvernent aujourd'hui qui n'ont pas connu la période coloniale et qui peut-être ne se rendent pas compte qu'ils ont un logiciel suprémaciste mais évidemment ils ont gardé ce logiciel d'ailleurs dans la C de couve du livre on affirme clairement que les mentalités coloniales restent présentes dans toutes les têtes qu'elle soit de droite ou de gauche en France et chez les gens c'est c'est c'est quasiment inconscient c'est quasiment inconscient mais aujourd'hui voyez ça nous arrive à des aberrations quand vous voyez Darmanin dire bah il faut abroger le droit du sol dans un département français Mayotte c'est bien l'aveu le plus le plus grossier qu'on est en pleine colonie et d'ailleurs je crois que Rémy Carayol a fait enfin je crois j'en suis sûr remémy Carayol a fait un livre là-dessus Mayotte département colonie on est en plein là-dedans mais ce qu'il faut bien il faut bien être persuadé que enfin moi je l'ai vécu tout au long de mon engagement de plusieurs décennies c'est que j'ai rencontrer des mentalités coloniales aussi bien à droite qu'à gauche mais c'est souvent très très inconscient il y en a très peu qui ont une sensib moi combien de fois j'ai entendu dire ah oui mais toi tu es avec eux ou alors tes positions sont dangereuses nous sommes français donc dans le cas de cet engagement tu passes disons d'un engagement d'un petit parti tu passes de cet engagement pour dans un petit parti pour le pour un engagement dans le cas du PS tu deviens une personnalité ressources même au sein du PS en raison de ta connaissance profondeune partie du personnel politique africain et des pays d'Afrique au moment justement de la fin de la glaciation du parti unique mais disons c'est comme si tu n'avais pas vraiment fait exprès de de t'institutionnaliser comme si tu Ava été porté par quelque chose qui est finalement très africain je voulais c'est pour ça que j'ai j'ai écrit ce livre parce que je voulais que expliquer pourquoi finalement dans un parti qui était un parti de gouvernement je me suis comporté comme je me suis comporté c'est-à-dire en restant profondément fidèle à des convictions jusqu'à ce que la contradiction se pose et elle s'est posé avec la Côte d'Ivoire où à ce moment-là en 2011 tout le monde me tourne le dos dans mon parti quoi c'est clair alors les personnes de ta génération sont arrivés à maturité politique juste après la période coloniale strictoinsu mais euh ils ont pour beaucoup préféré s'intéresser aux luttees des camarades latino-américains au prise avec l'impérialisme états-uniens mais il y a une forme de d'aveuglement de trou noir sur l'Afrique quand on regarde ce qui ont écrit ceux qui ont été journalistes qui ont été euh activistes il y a très peu de gens comme toi qui sont intéressés à à l'impérialisme de leur propre pays comment on peut l'expliquer euh disons que c'est souvent c'est souvent plus porteur d'incarner des luttes qui ne touchent pas directement si j'ose dire au au nerf de l'état de l'État colonialiste ou néocolonial il y a l'Amérique mais je voudrais insister aussi beaucoup se sont beaucoup investis plutôt par rapport à l'Europe de l'Est oui aussi c'était plus porteur et dans l'évolution du monde d'ailleurs on peut voir les gens qui ont fait de brillantes carrières sur et qui qui voyaient bien qui savaient dénoncer l'impérialisme soviétique mais qui était étrangement muet devant l'impérialisme français c'était cette époque des années 90 ou nous on était vu comme des ouais c'était le sanglot de l'homme blanc quoi nous bon on comptait pas beaucoup on était des petits naïf qui des petits anges là qui rêvaient d'un d'un monde mais eux ils s'occupaient des choses sérieuses travailler contre les États-Unis et travailler contre l'Union soviétique mais la France après tout à croire qu'on était Virg que c'était un état virginal et je l'ai observé je me souviens je suis allé à la ble au moment du du du sommet de 0 franchement je dois vous dire que moi j'ai fait à l'époque dans un journal un article qui a détonné j'avais dit la nostalgie de l'Empire la bol le discours de la bol la nostalgie de l'Empire bon certains ont dit mais là il est complètement délirant parce que certains pensaient que c'était la grande rupture euh et que ça y est maintenant on allait avoir des relations nouvell avec le continent africain bon François mitteran on a on a vu ce que ça a donné hein euh moi je me souviens que même quand j'ai fait alors que je suis au PS un petit papier sur en finir avec le syndrome de fchoda en 94 miteran et François miteran est encore Président je dois vous dire que j'ai pas été vraiment applaudi par tous les gens du secrétariat international du Parti socialiste certains même futurs m'ont fait savoir que il n'était pas du tout d'accord donc le syndrome de Fachoda c'est la la la rivalité franco-anglaise sur continent exctement et qu'on a qu'on a en fait moi j'écris ce papier après après ce qui s'est passé au Rwanda parce que fondamentalement les les Herms de la politique française sont fondés sur une vision qui est pas d'ailleurs tout à fait erronné hein de l'affrontement entre le monde anglo-saxon et le monde français ENF c'était quand même demande je dirais tutellaire h et ben juste en plus fermer les yeux sur un génocide parce que on affronte les Américains c'est fermer les yeux sur la réalité humaine de ceux qui sont là et dont la vie n'est pas plus importante qu'une carte de une map monde on va dire ce qui frappe à l'époque pour revenir à l'époque où tu t'es vais à la politique et à la politique africaine fin des années 60 début des années 70 c'est l'omniprésence euh parmi tes camarades africains de l'idéologie en tout cas ceux qui sont dans l'opposition et même un certain sectarisme idéologique entre les maoistes les pro-albanais les proorusses les débats vir au pugil là avec le recul est-ce que c'était pas aussi une forme d'aliénation ah ben bien évidemment c'est c'était c'éit une copie mais ça allait très très loin bon à la fin au niveau de la féance ça a été la fin c'était la lutte entre les prochinois et les pro-albanais parce que les trotskistes avaient à peu près euh avaent avait avait avait déserté bon bien sûr ça avait quelque chose de caricatural et si vous voulez mais c'est intéressant de voir bien sûr que c'était une forme d'aliénation et je pense qu'aujourd'hui euh les peuples africains s'ils veulent reconquérir leur histoire ça sera pas pour changer de tutelle mais ça c'est c'est leur boulot moi je ne fais que constater qu'en tout cas j'ai passé ma vie à à souligner qu'on maintenait des rapports tutellaires avec le continent africain je vois que ça commence à craquer et je me dis bon tu as pas passé ta vie pour rien quand même c'est en train de bouger mais vous savez une vie humaine ça dure bon ça ça peut pas ça peut pas suffire pour des bouleversements aussi forts dans le monde et je peux vous dire que c'était très drôle parce que j'ai enfin très drôle entre guillemets j'ai connu des des des responsables maoistes par exemple au Gabon qui après ont été directement au plus haut dans le système d'Omar Bongo ils ont été ministres vous en avez d'autres qui par contre eux ont été arrêté pendant la dictature yadema parce que je parle notamment beaucoup de de Dominique lantam zumaro qui qui est arrêté dans des conditions extrêmement difficiles en en 77 parce que ils veulent créer une une fédération de l'éducation nationale ils vont aspirer à une lutte pour le multipartisme et ça finit ça finit très mal ça finit par des tentatives d'assassinat des maisons incendiées et finalement réfugiés à partir de des années 90 au Pays-Bas alors justement tu racontes bien cette période de guerre froide où les dictatures civiles et militaires sont partout il y a des militaires réactionnaires il y a des militaires révolutionnaires dans les pays réactionnaires tes camarades tu l'as dit sont dans dans la clandestinité ou en prison et et le tragique règne mais il y a aussi des militaires révolutionnaires qui ont le pouvoir il y a Thomas Sankar tu rencontres a wagadgou et tu rencontres aussi blesscoré est-ce que tu pressend l'aboutissement fratricide de leur de leur lien al je ne pressenss que en 1987 moi j'ai j'ai connu Thomas Sankara parce que j'ai j'animais c'est la période où je dirige libération Afrique Carib pacifique et j'ai fait un numéro spécial sur OL mais puisque le temps que le journal sorte c'est devenu Burkina Faso le 4 août le 4 août de cette année 84 et donc Thomas Sankara fallait voir l'armée l'armée voltaïque au sein de l'armée voltaïque vous aviez le rassemblement des officiers communistes c'était quand même assez singulier moi à l'époque je crois encore au raccourcis militaire pour aller à la démocratie et ça c'est un petit peu mon côté il ophone parce que j'avais vu ça au Pérou à la fin des années 60 excusez-moi là ça fait un peu Matusalem mais on a eu on avait toujours cet espoir et je dois dire que en 84 donc on fait ce numéro spécial et après j'ai entretenu des rapports en réguliers j'y vais chaque année mais je me contente pas de serrer la main Thomas sanara on a beaucoup parlé et d'ailleurs dans ma petite revue qui est une revue militante qui à 3000 exemplaires en 86 je fais un papier que j'intitule les S fleurs fané parce que c'est une référence à à la Chine parce qu'il y avait beaucoup de groupes prinois derrière Sankara les sansfleurs fané du Burkina Faso et à au mois de juillet 86 euh bah Sankara lui-même téléphone et me dit mais la Berti t écrit n'importe quoi faut venir te faut venir t'informer et cetera donc je suis allé mformé comme il disait donc j'ai eu ce que on appelle plaisamment ma rééducation pour retomber sur les rails de la révolution mais en fait c'est à partir de ce moment-là quand même que çaaffirme un certain un certain pouvoir personnel quoi et c'est moi je remets pas du tout en cause euh l'authenticité euh des des convictions de Thomas Sankara mais c'est vrai que il est dans un monde qui lui est totalement hostile comme miteran lui a dit Thomas Sankara vous tranchez mais vous tranchez trop et après bon je ne viens pas sur l'histoire particulière de qui on conduit à son assassinat mais il est évident [Musique] que la la Côte d'Ivoire a joué aussi un rôle important pour voir la Côte d'Ivoire d'f boani pour voir effectivement compuré devenir l'exécutant de cet assassin mais je dis d'ailleurs qu'au début je pense que lui-même Compaoré s'est fait dépasser par d'autres comme j Jery mais en réalité non moi j'ai vécu j'ai rencontré blcaoré 15 jours après l'assassinat Thomas Sankara je suis très je ne sais pas si je dois aller au Burkina et cetera il m'accueille en me disant c'est c'est le couvre-feu moi je m'attendais pas du tout être reçu la nuit alors on m'a amené avec des des mots de passe et tout ça jusqu'au Conseil de l'Entente où s'est passé la assassinat 15 jours avant et je trouve euh compauré le président compauré très abattu il a même des clinex il me dit à ce pauvre Patrice ce qui est subtile parce que il sait que Patrice Zagré qui a été assassiné avec Sankara était ce qu'on appelle en Afrique mon logeur avant en 82 j'ai logé chez Patrice et donc d'ailleurs le frère après prend par les sentiments enfin oui parce que là je peux pas même quand on sort de l'entretien il me dit tu vois Guy ça s'appelle le Conseil de l'Entente quelle tristesse après ce qui s'est passé enfin bon un truc bon j'ai mis bon j'ai j'ai j'ai complètement euh compris quand j'ai vu l'assassinat de l'inganiier Zongo je me suis même permis de dire euh d'autres camarades oui de de oui excusez-moi oui parce que moi je suis dans mon passé là mais il faudrait peut-être que je me réactualise donc Lingani et Zongo étit il y a eu quatre enfin trois capitaines et un commandant qui ont fait ce fameux coup d'État de 1983 qui a porté le capitaine Sankara au pouvoir il y avait le capitaine compauré il y avait le capitaine HRI Zongo et il y avait le commandant Lingani et donc et trois des quatre ont été tués trois des quatre oui et là je me suis permis de dire à à compauré d'ailleurs il y a eu un grand blanc quand on s'est téléphoné j'ai dit mais des exécutions sans procès ni rien puis d'une voix blanche il m'a dit toute façon c'est il y aurait eu des procès la réaction de la communauté internationale aurait été la même et j'ai dit à un autre qui est devenu après président d'assemblée nationale j'ai dit mais alors ces assassinats là c'est le doute historique sur su Sara c'est évident c'est évident et là effectivement bon ça c'est ça c'est plus progressivement dégradé alorsadouou tu rencontre aussi de manière assez particulière m Guandi le capitaine hauteur du pou contre le président camerounais Paul bya le 6 avril 1984 Guérand dit que Compaoré recyclera par la suite de manière assez terrible au libériia notamment la guerre civile au Libéria absolument mais d'ailleurs c'est c'est très étrange par s'est transformé finalement de du du capitaine révolutionnaire au Cameroun en mercenaire ah oui c'est c'est clair mercenaire sanguinaire d'ailleurs je je je je raconterai précisément notre notre rencontre sur la route de de à côté de de Waga sur la route de Fada ou moi-même le l'ambiance est telle que je me dis mais qu'est-ce que qu'est-ce que c'est que ce truc là parce qu'on me l'a préparé présenté comme quelqu'un de très important mais qui est évidemment sous un pseudonyme je je n'apprendrai qui il est que que beaucoup plus tard et j'ai d'ailleurs conservé une lettre de lui à l'époque qu'il m'a adressé et je crois que son pseudo c'était Amadou Traoré alors effectivement c'est assez courant en Afrique de s'appeler Amadou Traoré mais on me l'a présenté comme tel et j'ai su quiil était un peu plus tard et bon on a on a pas eu de contact après évidemment lui il avait à l'époque il avait beaucoup de un discours très très militant quoi il voulait absolument tous les numéros de libération Afrique et tout ça mais bon après comme comme tu le dis il s'est recyclé d'ailleurs il a une triste fin où les services camerounais ne sont pas très très loin de sa disparition et c'est une litotte il l'ont assassiné alors les personnes à gauche au sein de ma génération ont eu du mal à comprendre puisqu'il n'étit pas là pourquoi à l'époque de nombreux militants révolutionnaires et réformistes ont continué à cheminer avec Compaoré après l'assassinat de Sankara parce que comp pouré finalement il entre dans l'histoire comme celui qui ramène son pays dans le giron la France-Afrique et qui euh est un peu le démon de la guerre au Libéria en sierraaléone en Côte d'Ivoire partout au service de l'impérialisme qu'il dénonçait quelques décennies ou quelques années même avant pourquoi vous n'avez pas rompu avec compauré moi j'ai j'ai j'ai j'ai continué c'est aussi très lié à l'attitude qu'ont eu les militants burkinabé et je le dis très clairement dans dans mon livre la plupart de de mes amis de mes proches ont en fait continuer de fonctionner avec compauré et ont été écartés justement au moment de de l'ingani Zongo moi-même après je deviens quelqu'un d'un peu sulfureux parce que là c'est le début des des mises en place des des pseudo constitutions prratique et cetera je dis moi très naïvement à compauré que oui de mandats de 5 ans c'est vraiment le maximum quoi je l'ai vu d'ailleurs peu après le le le sommet de la Baule et d'ailleurs c'est très curieux parce qu'au cours de cet entretien il y a une certaine personne qui l'appelle et qui n'est autre que Alassan Ouatara qui à l'heure actuelle qui qui à l'époque est simplement coordonnateur de la politique économique bon au doufouette boon ça c'est avant sont très anciens très avant d'être le Premier ministre plus tard et donc on a on a une vraie on a une vraie rupture je suis curieusement invité en 91 au au 4 août traditionnal et là je me suis fait je me suis fait dépouiller dans la rue en une mobilette m'a fancé dessus m'a pris mon maises ma petite sacoche et tout et c'était très curieux parce que j'étais invité mais je n'avais aucun carton pour assister au au aux différentes cérémonies je sa très bien com comment ça se passe donc je voulais pas avoir l'humiliation d'être rejeté donc je me baladais dans Waga et bon comme m'ont dit certains camarades burourkinabé tu as été visité effectivement on m'a pris effectivement toutes mes notes politiques et j'ai récupéré tout le reste par le biais du commissariat de Vitri sursène donc c'est quand même un petit peu étrange et là c'est bon c'est la rupture avec Monon compuré ne me reverra en 98 et c'est lui qui vient vers moi euh parce que c'est l'époque Jospin il me donne la il veut pas mettre tout ses œufs dans le même panier de la droite et c'est ça il estess voilà mais c'est c'est pour ça mais bon moi ça m'a été beaucoup reproché par par par certains et et d'ailleurs je n'ai je n'ai aucun mal à à le reconnaître à le reconnaître mais ce que je dois vous dire aussi c'est que quand même euh par rapport à la lutte clandestine du FPI compauré a donné quelques petits coups de main donc c'était très très compliqué parce que compauré a eu l'art de soutenir que ce soit par exemple au Burkina ou au Niger des mouvements démocratiques dans l'espoir en côivo qu'est-ce que dis en Côte d'Ivoire oui en Côte d'Ivoire au Niger excusez-moi euh parce que toujours avec la stratégie de vouloir contrôler le chef d'État qui viendra et et de même qu'il a été extrêmement dur avec Laurent bagbao en Côte d'Ivoire c'était pas le cas en 1998 c'était pas du tout l'ambiance et après vous avez vu également que au Niger en tout cas je crois savoir que quand Mamadou Issoufou est devenu président du Niger la relation avec le chef d'État voisin s'est complexifié parce que il s'est aperçu que aussi bien Laurent bagbaau en Côte d'Ivoire ou mahamadoui soufou n'étit pas des des des chefs d'État qu'on allait manipulé dans la sous-région Compaoré a toujours eu l'ambition d'être celui qui allait contrôler l'Afrique de l'Ouest il est tombé quand même sur des eau par des rebelles ou par des démocrates partout partout par tous les moyens alors un des noms illustres les plus cités dans ce livre c'est celui de Laurent bagbao ancien président ivoirien que tu as connu héberger alors qu'il était opposant en exile autant de fou bon autant béni la post-colonie hein pourrait dire certain estce qui transparaît dans cette dans ce livre c'est une relation égalitaire entre vous une relation d'entrée tu l'aide dans sa traverser du désert alors qu'il est en France et lui il t'aide et il te conseille dans ta propre dans ton propre cheminement politique il y a pas de de mentura je je vais vous raconter une anecdote euh dans le monde c'est vers bah c'est au moment où c'est très chaud en Côte d'Ivoire et puis entre la France et la Côte d'Ivoire le monde a fait un papier en disant les soutiens de bagbao Henri Emmanuelli Charles Jocelin qui était le ministre de qui avait été ministre de la Coopération oui et et son mentor Guil Berti ben j'ai téléphoné à Laurent magbaau le soir j'ai dit écoute le monde titre que tu es mon mentor mais quand je suis ton mentor que je suis ton mentor en réalité c'est toi qui a été mon mentor et qui m'a fait aller au PS et donc et lui il a dit il a dit Oh c'est pas grave mais mais je savais qu'il était un peu atteint d'imaginer qu'on puisse dire qu'il est un mentor mais je dis ça qui est mentoré je et puis en plus c'est la la réalité c'est c'est que c'est lui qui a finalement qui a inspirer ma forme d'engagement je dirais plus institutionnelle que quand il m'a connu où j'étais à la tête d'un d'un journal militant voilà et c'est finalement ces ces années communes qui ont quand même peu sur sur qui on eu un certain déterminisme politique alors tu racontes comment Laurent Bagbo exilé en France passe parce qu'il reste des réseaux militants au sein du pouvoir Méran pour tenter de de nouer des liens avec le pouvoir il passe notamment par la secrétaire de vtéran pour l'IDE deukine est-ce que ça ne dit pas beaucoup sur ce qui va arriver plus tard le dirigeant qu'onaccepte pas vraiment qu'on menace à demimot d'un sort comparable à celui du Marocain Medi Ben Barka et qui essaie quand même en V de passer par la petite porte euh pour euh au moins avoir une neutralité bienveillante parce que paê de crine la secrétaire de mitéran c'est pas le moyen le plus classique d'essayer de parler à un président de gauche quand on est un opposant de gauche euh bon ça de toute façon ce rendez-vous euh a été sans doute arrangé par un par des par des raisseonsx bon que que j'ignore peut-être en tout cas c'était pas euh il fallait voir la au moment où ces choses se passent là c'est un vrai problème politique bagbao pour la France parce que Laurent bagbao aurait pu tout à fait et d'ailleurs c'est ce que certains du Parti socialiste ont voulu le convaincre que plutôt que de demander un statut de réfugié politique mais prenez donc la nationalité française il pouvait la le faire facilement il était né avant l'indépendance son père avait été il a été d'ailleurs plus tard décoré par la France était un ancien prisonnier de guerre et blessé de guerre de la Seconde Guerre mondiale il y a il y avait des tas d'arrangement possible mais c'est vrai qu'à l'époque ça revient ça revenait à à tirer une un trait sur sa ses ambitions politiques non c'était pas dire oui certainement par rapport à l'avenir mais à l'époque ce qui était important c'était que et ça ça ça je peux l'affirmer Laurent bagbaau quand il a écrit l'alternative démocratique il met un mot la dictature et en fait quand il est arrivé en France son objet était effectivement d'écrire ce bouquin mais aussi de démontrer au monde que le système de fbani n'était pas démocratique et en étant un réfugié politique de l'OFPRA c'était l'aveu par la France que le système ouf de Bo n'était pas un système était un système dictatorial et ça a pris longtemps parce que là les rendez-vous que vous évoquez là il se passe en 82 et Laurent bagb N tenu son statut de réfugié qu'en 85 et ça a pris 3 ans et là c'est vrai qu' il est sur cette question là il est resté attaché à sa nationalité ivoirienne c'està-dire qu'il a refuser les arrangements qui aurait pu lui enlever toute difficulté administrative moi je disons que je suis au au côté de Laurent bagbaau quand il est toujours dans les répic 3 3 mois 3 mois il a fait ça pendant 3 ans et vous savez ce que ça veut dire c'était les que à la préfecture c'était bon à voilà et je pense que il y avait je peux dire que il était de toute façon Laurent bagbeau quand il arrive en France il est véritablement sur une ligne social-démocrate déjà déjà en 82 mais c'est sû c'est s très rare C oui mais c'est et donc même vous avez beaucoup de militants qui rejettent Laurent BCBA parce qu'il le trouve comme on dirait démocrate bourgeois sauf qu' ils n'ont peut-être pas saisi à l'époque que la lutte pour la démocratie c'était un pas énorme en Afrique parce que à cette époque là quand on était pas d'accord on était en tle alors bien sûr je sais que le multipartisme c'est pas la démocratie mais quand il y a eu le la le multipartisme il y a quand même eu 10000 militants qui sont sortis de prison en Afrique ça c'est peut-être mon côté réformiste mais qui qui est quand même très révolutionnaire ça a permis à beaucoup de gens de recouvrer le droit de faire de la politique alors qu'on les avait mis en tôle sous les jeunes militaires et les partis uniques alors lui effectivement il a marqué une rupture je je situe bon ça ça le regarde c'est à Lui d'écrire mais plutôt à la fin des à la fin des années 70 quand il arrive ici il est déjà pour une économie sociale de marché et je crois que je le dis Laurent bagbao a même sollicité l'adhésion à l'international socialiste alors que le FPI est encore clandestin et ça se passe en 89 et ça a fait hérisser les cheveux de tous les socio-démocrates d'Europe à l'époque en particulier en France que un parti clandestin ve y adhérer à l'international socialiste ça ne s'est fait qu'en 92 alors de la clandestinité au pouvoir et du pouvoir retour à la case prison et puis à la case opposition la vie de Laurent Bagbo est un roman c'est ce que tu écris dans ton livre c'est aussi histoire d'une famille politique d'amis de 30 ans qui se déchirent aujourd'hui et qui semble oublier le passé tu rencontes par exemple ta visite à Abidjan alors que Laurent est en exil et que Simon garde les enfants et apparî politique du parti clandestin il franchissent tous les obstacle ensemble puis patatra il se déchir comme comme se déchir euh d'autres personnes qui ont été de cette génération là est-ce qu'il y a pas une forme de tristesse euh si vous voulez si tu veux je pense que là c'est c'est on on est hors du livre là mais bon moi je veux pas me me dérober devant devant une question d'actualité euh ce que moi l'enthousiasme des des années 90 il était aussi fondé sur un principe que Laurent bagbaud m'a rappelé souvent lui-même il m'a dit tu sais gu en politique faut toujours rassembler son camp et diviser l'adversaire et j'ai pas vraiment le sentiment que c'est ce qui est en train de se passer donc je crois que cette volonté de de rassemblement me semblait doit doit rester la préoccup la première préoccupation maintenant je veux pas aller plus loin parce qu'on va dire mais attends celui-là là il se mêle de donner des conseils sur ce qu'il faut faire en Côte d'Ivoire moi ce que je constate c'est que les principes majeurs qui a qui a conduit à des victoires politiques électorales il est au moins à remettre à l'ordre du jour en même temps je à la légitimité pour te mer de ce qui se passe en Côte d'Ivoire puisque tu étais un un militant de première heure du FPI dans la clandestinité et que le FPI est un parti qui jusqu'à présent d'ailleurs je pense en tout cas euh n'a pas de conditions de nationalité pour pour pour en être membre donc euh tu pourrais quand même répondre à la question sur est-ce que la tentative d'être quand en 2025 de de de de Laurent Bagbo alors qu'il était rendu inéligible par les manœuvres du pouvoir est-ce que est-ce que tu comprends cette volonté de réhabilitation par la participation à cette présidentielle 2025 est-ce que c'est pas le combat de trop à 80 ans tu peux quand même euh dire ou pas ce que tu en penses même si tu es à Vitri et pas à Abidjan oui euh de tout de toute façon euh par rapport à ce que tu dis au début euh aujourd'hui même au PS on peut être membre d'un parti qui est membre de l'international socialiste moi j'avoue que j'ai été que j'ai cotisé et et milité jusqu'en 90 j'ai adhéré au PS en 91 à l'époque quand j'ai étis effectivement dans la clandestinité du FPI j'étais aussi au PSU bon là il y avait pas de problème mais cette double appartenance est connu puisqueapprès le FPI a rejoint l'équipe l'adhésion à l'international socialiste et aujourd'hui on peut être socialiste français et membrre du SPD membrre du parti européen il y a les doubles partenur bon après je parle pas sur le détail de la situation actuelle mais moi-même je ne me suis plus considéré comme un militant du FPI dès lors que je n'étais plus je n'étais plus dedans maintenant bon j'ai fait un gros détour pour revenir à la question que tu me peut me repréciser je demande si est-ce que tu te sens légitime à dire si Bagbo quand en 2025 c'est le combat de trop pour un homme de 80 ans qui a déjà beaucoup donné je bon honnêtement je pense que il a il a été écarté du pouvoir de façon injuste bon j'aime bien entendre Robert Bourgis dire que Sarkozy voulait le vitricier que Laurent bagbao le Cher Laurent avait gagné les élections de 2010 mais il fallait le dire en 2010 moi quand je le disais sur les plateaux mais je me faisais jeter enfin pas tout à fait jeter mais enfin quand je sortais des micros j'avais un rapport un petit peu houleux avec ceux qui parfois m'ont interrogé à RTL ou ailleurs hein donc moi je je je pense en tout cas dans dans sa démarche il a gardé ce sentiment d'injustice qui se manifeste à travers le fait qu'il est pas de puisse pas jouir ces droit CIVI à cause de cette histoire abracadeabrante de ce qu'ils ont appelé de façon tout à fait erronée le braquage de la bcao donc il est il est effectivement dans cette logique là que je peux comprendre maintenant je pense qu'il est aussi à la tête d'un parti ce parti fait des choix je pense qu'il a sans doute des débats des débats internes là-dessus visiblement puisque le plan puisque euh leurand bagbao récemment a dit il y a pas de plan B il y a pas de plan C il y a pas de plan d il y a pas de plan Z ce qui veut dire peut-être que le fait de dire ça signifie qu'il y a peut-être d'autres plans sinon je vois pas pourquoi il le dirait donc qu'il poursuivent qu'il poursuivent leur processus qui le définisse hein moi je ne suis pas membre du ppaci qu'il définissent ce processus là mais je pense pense que fondamentalement c'est ceux qui porteront vraiment une dynamique de rassemblement qui auront raison au regard de l'histoire après que chacun construisse son itinéraire il y a des éléments aussi qui sont extrêmement personnel que j'ai pas ni à partager ni à combattre je constate qu'effectivement il faut faire de la politique toujours et se garder d'entrer dans des logiques de de politique fiction mais l'avenir dira la politique fiction c'est-à-dire mais la politique quand on croit si vous voulez c'est c'est très simple aujourd'hui vous êtes dans une logique le combat de Laurent MACBA c'est récupérer ses ses droits civiques moi là il est fondé à le faire puisque de toute façon cette histoire de justice al Ouattara la gracié la pas amnistié il sa pourquoi c'est pour l'empêcher d'être candidat Simone bagbao elle a été amnistié donc elle a déclaré sa candidature voilà Charles bégouet n'a pas été amnistié donc il pas donc si vous voulez je pense que chez lui il y a une volonté toujours de de tenir tête à ce que lui a fait subir Alassan Ouatara lui pense que accepter la candidature moi je je suis d'accord qu'il veille récupérer ses droits civiques après mais tu penses pas que attara puisse lui faire cette fleur globalement je vais vous dire ce que je crains moi c'est que si d'autres candidature se manifeste peut-être qu'alassan Ouattara à ce moment-là réintègrera Laurent bagbaau pour semer la zisanie au sein de l'opposition ivoirienne par rapport à son 4e mandat sur lequel il ne s'est pas encore prononcer et ça c'est une des ruses qui peuvent se qui font qu'aujourd'hui je suis prudent parce que je ne suis pas absolument sûr même si je étant mes créant je crois peu au miracles euh je ne suis pas absolument sûr qu' encore quelque chose trappe d'ici octobre 2025 on va observer en tout cas merci Guil Bertier et merci à vous d'avoir regarder cette édition spéciale de décrypter l'Afrique rendez-vous bientôt pour de futur décryptag de l'actualité africain

« SANKARA, COMPAORÉ, GBAGBO, LA FRANCE ET MOI » (GUY LABERTIT, ANCIEN « MONSIEUR AFRIQUE » DU PS) — Dominique Theophile · Pourquijevote