"Il faut remplir sa vie avec ce qu’on considère comme essentiel" - Agnès Bricard
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
La Caisse despargne île-de-france fière de soutenir toutes les femmes, vous présente Sud Radio Parlons femmes, Judith Beller. Vous êtes sur Sud Radio et vous écoutez Parlons femmes, l'émission qui met en avant les femmes qui font la différence. Bonjour à toutes et à tous.
Agnè Bricard est experte comptable et commissaire au compte. Elle a marqué l'histoire de sa profession en devenant la première femme, attention, présidente du Conseil supérieur de l'ordre des experts comptables en 2011. Bienvenue et bravo Agnè.
Merci plaisir de vous recevoir. Vous êtes à la tête de votre cabinet Agnè Bricard Lacroix et associé récemment vous êtes engagé aussi en tant que tête de liste hein dans le 8e arrondissement de Paris lors des élections municipales. On va en parler aussi évidemment.
Parlons femmes sur Sud Radio. C'est maintenant Sud Radio, parlons femmes. Juditth B.
Alors Parlons femme vous pose des questions. Agnèse, vous êtes prêtes ? Je suis prête.
Quelle femme vous inspire une force radicale ? Elle peut être envie, pas envie, ce que vous voulez. Ça peut être un personnage, une femme forte comme ça qui vous inspire la force.
Moi qui m'inspire la force, c'est vraiment Simone Veille. Alors, c'est vrai qu'elle est souvent cité mais à juste titre. Ouais.
Euh mais mais c'est celle qui nous a tous impressionné. Euh plus que certaines pourraient citer Simone de Beauavoir. J'ai beaucoup aimé Simone de Beauvoir, c'est vrai que ça a été une pionnière, mais c'est sûr que Simon Veille nous a impressionné par la force de sa résilience aussi, j'imagine.
Absolument. Il y a il y a d'abord ça et puis ses convictions cheviller au corps et et le fait qu'elle a bâti pour nous les femmes des positions fortes et et qui sont aujourd'hui clairement affiché et pour lesquels on continue à se battre quand à un moment ou un autre on risque peut-être de perdre les avantages. C'est vrai, c'est un phare dans la nuit pour certaines effectivement.
Euh est-ce que le leadership à votre avis au féminin aujourd'hui, il est accepté ou il est toléré ? Moi je pense qu'il est vraiment euh accepté parce que tout un chacun, on voit depuis plus de 10 ans, on va dire que ce leadership féminin est issu quand même de cette loi Ziberman, Ziberman Copé, faut jamais l'oublier. Et que ce leadership au féminin, il s'est construit mais avec une légitimité puisque il y avait cette obligation des 40 %.
Ouais. Et surtout, il y avait aussi dans les sociétés le fait dans l'index de l'égalité de Muriel Penicob bien qu'il va être abandonné par rapport à cette directive européenne qui arrive et qui approche pour une application, c'est sûr, euh fin 2026, mais au moins, on a vu apparaître par exemple que parmi les 10 personnes les mieux rémunérées dans les sociétés, au moins 40 % des femmes et bien seraient 40 % pardon des 10 personnes les mieux rémunérées seraient des femmes. Je trouve quand on a 10 personnes les mieux rémunérées dans un dans une société et bien il est à constater que d'avoir 40 % de femmes les mieux rémunérées ça donne du sens à un leadership.
Donc on est tout à fait légitime pour dire oui, il y a eu des vraies avancées dans le cas non seulement de l'autonomisation des femmes, dans le cadre du leadership, dans le cadre de cette gouvernance. Alors elle est pas encore totalement, je dirais toujours prise en compte cette gouvernance. Nous, on souhaite évidemment et on continue un certain nombre de réseaux féminins à poursuivre ce combat sur cette gouvernance mixte.
On voit que les choses changent, y compris d'avoir pour la première fois une femme à la DG FIP. Donc ça cette directrice c'est quand même un grand moment je dirais de de l'histoire de même d'avoir eu cette première femme à l'Assemblée nationale. Donc on voit bien que finalement peu à peu les femmes sont convaincues de leur légitimité.
C'était surtout sur ce point et les hommes aussi, j'ai envie de dire de leur légitimité aujourd' et aujourd'hui et aujourd'hui on reconnaît que les hommes aussi parce que finalement on constate que chez les hommes, il y a des choses qu'on ne fait plus qu'on faisait que qui avait un côté presque service militaire et qui maintenant bah s'est estompé au profit, je dirais de la mixité, de la vraie mixité de la et surtout la consécration d'une chose qui était importante pour nous les femmes, c'est de dire que il y a pas un sexe plutôt qu'un autre qui va l'emporter mais qu'il y a bien un + 1 é= 3. Hm. Alors vous, votre cause structurelle c'est vraiment la féminisation du pouvoir économique en fait hein quelque part.
C'est ça votre cause. C'est vraiment le pouvoir économique, l'autonomisation économique, c'est-à-dire dès lors qu'on a les moyens et bien on peut à un moment où les choses sont difficiles dans un foyer, ce qui arrive, on peut dire bah on part, on s'installe, on a un logement. C'est ça l'autonomisation et ne pas être dépendante dans ce qui est un foyer où il y a des violences.
Et donc c'est sur ça qu'on s'est battu depuis des années. Pour autant, il faut pas oublier que les violences existent, que les féminicides existent, qu'il faut évidemment continuer à se tourner vers ces cas insupportables et et se dire que ce sont des crimes et continuer à dire haut et fort. Mais il faut bien commencer par la prévention. cette fameuse prévention donc aujourd'hui on met en une priorité et à juste titre la prévention c'est l'autonomisation des femmes.
Bien sûr s'il y avait une ligne maintenant à faire bouger, ça serait laquelle selon vous qui bouge trop lentement. Alors qui bouge trop lentement je trouve c'est du côté de cette culture mathématique. Ouais.
Alors ces femmes ingénieures, c'est vrai que on prépare pas assez au niveau des des petites filles euh jusqu'en 6e. Euh voilà, je trouve que euh il faut que les mathématiques soient reconnues comme une priorité au niveau de la culture que qui est une culture presque préhistorique, les mathématiques, les chiffres, bien avant, le langage presque. Et donc je pense que cette priorité c'est ça, c'est vraiment de mettre l'accent, féminiser l'ingénierie en général.
D'ailleurs dans la tech aussi il y a il y a un vrai souci très ingénieur et et pour ça c'est vraiment culturel. C'est c'est pour ça que dès les petites classes, c'est donner du sens à ces éléments chiffrés et pas les pousser de côté parce que bah elle-même peut-être que les astuitrices quand même à 85 % dans les petites classes en dessous de la 6e sont elles-mêmes peut-être pas convaincues par les chiffres. Donc, il y a une pédagogie à mettre en place et pour donner enfin de côté de ce qui va être notre intelligence artificielle demain du sens à ce que les femmes soient présente.
Alors, est-ce que le patriarcat dont on entend beaucoup parler en ce moment puisque justement il a été désigné plusieurs fois mais que justement les choses avancent, est-ce qu'il se confrontent, il se contournent, il s'embrassent ou il s'ignore complètement selon vous ce patriarcat pour le contrer ? Alors euh est-ce qu'il faut euh j'allais dire euh le le le nom même Oui. Alors le nommer sûrement Ouais bien sûr.
Euh il est nécessaire mais comme le matriarcat, c'est-à-dire que finalement c'est pas l'un contre l'autre, c'est l'un avec l'autre et c'est sur quoi on on continue à affirmer que il y a pas réellement une position qui est plus forte l'une que l'autre. il y a prendre en compte les qualités et mettre sur ces qualités de l'autre côté d'autres qualités. Et je crois que aujourd'hui on on le voit euh apparaître dans cette génération des 40 ans.
On regarde pour autant la génération des 20 ans. On s'aperçoit que de nouveau, c'est une génération de 20 ans puisque c'est toujours une génération il y a 20 ans et on s'aperçoit que là aussi encore du travail à faire. Euh mais bon constamment il y a un travail à faire pour tout.
C'est comme le droit du travail. Rien n'est jamais établi. rien n'est établi.
Euh donc c'est c'est la même chose, c'est un long combat et il faut des convictions et et donc de part et d'autre, il nous faut des ambassadeurs hommes. Je j'insiste comme on l'a vu un peu partout et ils ont levé la main. J'ai vu que beaucoup d'hommes ont levé la main en disant on est prêt à être des ambassadeurs.
Et donc voilà, on voit bien que notre société elle elle volue. Vous avez un message pour les femmes qui nous écoutent ? Alors, leur dire d'abord queelles ont pas besoin de modèle, elles sont d'abord elles.
Moi, j'aime bien regarder ce qu'on est, c'est-à-dire voir ses points forts, voir ses points faibles. Sur ces points faibles, se dire bah si je peux pas les corriger et ben je vais m'associer. Alors, on s'associe soit dans un couple et pu ça c'est l'amour, c'est de l'alchimie, c'est une fusion.
Soit on s'associe dans les affaires dans le fait de d'imaginer de pas rester tout pour autant tout le temps salarié. On peut avoir une période de salariat, on peut avoir après une période de de de chef d'entreprise de de libéral de monter une boîte et du coup sur ces points faibles, trouver quelqu'un qui est justement les points forts et qui a ses points forts. Je pense que c'est ça dire aux femmes, non, prenez pas des modèles, soyez-vous et ben vous êtes comme vous êtes, mais vous avez envie d'aller plus haut.
Alors celles qui ont peut-être pas envie d'aller plus haut, au moins dire un équilibre. Qu'est-ce que c'est qu'un équilibre ? identifier l'autre comme soi-même et non pas se considérer comme mineur.
C'est vrai. Vous en avez fait des choses Agnès Bricard. Vous êtes ambassadrice du partage de la valeur auprès du gouvernement.
On va y revenir. Vous êtes vice-présidente de pacte PME. Vous avez été membre d'instances qui sont liées à l'innovation à la gouvernance, ancienne présidente de l'ordre des experts comptables, fondatrice de la Fédération femmes administrateur.
Et alors, j'ai envie de dire quand est-ce que vous dormez Agnè Brecard ? Si vous dormez bien parce que vous êtes très engagé pour les femmes et ce que vous dites aussi c'est dans la vie il y a pas de solution, il y a des forces en marche, il faut les créer et les solutions suivent. C'est vrai, c'est vraiment Saint Exupéri qui disait ça et c'est vrai que il y a des forces en marche chez nous.
C'est-à-dire que cette vie qui est quand même très courte, quand on se regarde tous, on se dit c'est pas possible, on a plus nos 20 ans, on a plus nos 40 ans, on a plus nos 60 ans, la vie est très très courte. Donc s'il y a pas des forces en marche pour donner du sens à sa vie et qui fait queon se retourne et on se dit voilà on a fait ça et ben c'est plus une vie c'est-à-dire je la laisse passer. Moi la vie faut la fabriquer.
Donc aujourd'hui ce que je fais la vie faut la fabriquer. C'est joli ce que vous dites. C'est très juste.
Non mais c'est vrai. Et ce que je fais c'est donner à avoir envie. C'est-à-dire que quand je suis dans des associations, quand je travaille en équipe, c'est toujours donner envie à l'autre d'être dans l'excellence par rapport à lui.
C'est donc pas d'avoir un modèle, pas de regarder l'autre. C'est de dire toi, qu'est-ce que tu as envie ? Et ben, si tu as pas envie nécessairement d'avoir le leadership féminin ou d'avoir un leadership masculin, pareil, bien fais ce que toi tu envies, ce que tu considères comme essentiel parce que c'est une vie qu'il faut bien la remplir.
Donc vivre, c'est essentiel. Fabriquer sa vie, c'est essentiel et toujours avec le sens de l'autre, le respect de l'autre. Et je trouve que là, quand on a un respect des autres, ça veut dire que on s'aime soi-même.
Et vous avez beaucoup œuvré hein pour l'évolution euh euh justement suite à cette loi Copésimerman. Euh vous vous aviez trois trois objectifs qui étaient déjà de corriger une égalité une inégalité structurelle, améliorer la gouvernance avec plus de diversité parce que c'est aussi plus de points de vue et puis accélérer le changement. Vous faites partie de ceux qui ont fait que les choses bougent parce que quand même première patronne de l'ordre des experts comptables en 2011, c'est un manifestat.
Vous le savez au moment où vous prenez ce poste là Agnè Brcard ? Oui, je le sais puisque je me dis euh pourquoi euh ne pas faire ce qui a priori n'avait pas euh été envisagé euh réellement euh quand il y a 75 % d'hommes dans une profession, euh c'est la même chose chez les chirurgiens. 75 % chez les experts comptables.
Oui. Alors, un petit peu moins aujourd'hui. Euh on approche voilà les femmes au lieu d'être à 25 %, elles approchent à 28 30 %.
Mais c'est la même chose chez les chirurgiens. Euh je vois moi le monde médical comme le monde de l'expertise comptable. On a au niveau des institutions une position forte sur des hommes et il est très difficile en tant que femme d'arriver euh et ben la la présidente de l'ordre des chirurgiens par exemple, je prends cet exemple.
Donc le faire et l'avoir fait dit que c'est possible et surtout de pas rester seul, c'est-à-dire imaginer que quand on prend une présidence, on prend une direction générale, c'est aussi penser à mettre d'autres femmes parce que être seul correspond réellement à deux blocs, un bloc des hommes et le seul comme femme. Alors qu'en fait, il suffit simplement de recruter des femmes qui soient avec soi et avoir du sens à ce que faire que les hommes nous discutent avec nous, nous discutons avec eux. C'est pour ça je dis toujours pensez mes quand vous devenez présidente d'une d'une entreprise et ben de faire monter les femmes et je vois moi des femmes qui par exemple prenons l'autorité des marchés financiers madame Barba Layani elle fait monter des femmes faire en sorte que justement dans ce monde financier il y ait des femmes beaucoup plus de femmes qui soient dans une positioné ça existe avec vous Agnè Bricard on est dans parlons femmes.
C'est un espace de parole libre he pour celles qui avancent sans renoncer comme Agnè Bricard ici présente aujourd'hui présidente du cabinet d'expertise comptable Bricard La Croix et associé parmi tant d'autres titres restez avec nous la Caisse départne île defance fière de soutenir toutes les femmes vous présente Sud Radio Parlons femme Judith Beller parce que chaque femme qui s'impose fait avancer toutes les autres c'estes Parlons femmes sur Sud Radio avec Agnès Bricard aujourd'hui présidente du cabinet d'expertise comptable Bricard La Croix et associé puis notamment attention Attention, c'est important. Première femme ancienne présidente de l'ordre national des experts comptables de France, c'est pas rien. Alors Agèse Berar, vous êtes aussi engagé en tant que tête de liste dans le 8e.
Bon, vous êtes vous êtes passé juste en dessous de la barre des 10 % donc du coup on aura pas l'honneur de enfin vous avez pas eu envie d'aller au conseil de Paris si j'ai bien compris. Euh mais en fait sur les réseaux sociaux, vous avez fait un post qui m'a qui m'a touché moi. Vous dites "On ne s'engage pas simplement pour un résultat électoral, on s'engage aussi pour des convictions, pour des rencontres et pour servir l'intérêt général." C'est ça votre lettre motive Agnè, c'est de servir l'intérêt général les autres en fait.
Et ça c'est très touchant parce qu'il y a très peu de gens qui s'engagent en politique pour ça. Oui. Alors il faut tout de même pas exagérer.
Il y a beaucoup de personnes qui s'y engagent peut-être au début et après il parle des con. Après voilà, il y a des il y a des déviations, c'est ça. Mais mais au départ, je suis convaincue que tout à chacun quand on rentre en politique, on est sûr de changer le monde, on est sûr de vouloir changer le monde.
Et donc quand j'y suis rentrée au niveau de ces municipales euh avec autour de moi une véritable équipe et avec bien sûr comme il se doit une parité sur une liste, j'étais euh très fière d'être tête de liste parce que j'embarquais une équipe autour d'un certain nombre évidemment de de thèmes forts et notamment on avait comme thème sur la partie des logements sociaux qui existe aussi dans dans le 8e arrondissement de mettre une priorité à ces femmes institutrices, à ses femmes infirmières, à ses femmes même soignantes, à ses policiers faire en sorte qu'il passent pas 60 km enfin qu'il fassent pas 60 km pour rentrer chez eux. Et et donc c'était une priorité pour nous en plus évidemment de ce qu'on appelle la sécurité, avoir des rues réellement éclairées quand le soir on rentre, on va chercher ses enfants à la crèche qu'on passe pas par des endroits où il fait où il fait noir, on doit avoir une vraie sécurité. Il y a une propreté et donc nous on avait dans cette dans notre commune en tant que tel enfin dans notre arrondissement puisque c'est Paris on avait justement imaginer de privatiser comme il y a dans Paris déjà trois arrondissements qu'on privatisé.
Oui, c'est ça. Donc ils ont fait un appel d'offre ce qui est normal et nous on imaginait tout à fait parce que le 8e il faut savoir qu'on on n'est pas nombreux, on est que 35000 habitants ce qui est on est le plus petit des arrondissements depuis que le 1er 2e, 3e et 4e ont fusionné. Ils sont à 94000.
Nous on est 35000 mais il y a plus de 180000 personnes qui viennent travailler. Donc 180000 personnes, on peut pas nettoyer une seule fois dans la journée. Donc c'est vrai que c'était une conviction chevillée au corps avec aussi des des des beaux exemples de de femmes.
J'avais une Caroline Bachelé qui était voilà complètement impliquée. Sophie second que je vais citer aussi. Enfin j'avais des femmes remarquables, des hommes remarquables aussi évidemment.
Et puis euh et puis on n pas gagné. On avait pourtant quelqu'un de tout à fait étonnant euh tout à fait même remarquable. Pierrive Bournael euh qui avait du sens, qui savait de quoi y parler.
Il a pas eu malheureusement la possibilité d'avoir un débat au premier tour. Ça a été refusé par Ashidadi. Donc il a pas pu s'exprimer.
Et on a vu qu'au deuxième tour et ben il aurait eu évidemment des réponses là où il y avait pas réellement ni questionnement ni réponse. Et donc je ne peux que le regretter pour lui parce que on avait là un homme qui pouvait nous changer notre ville, la belle mairie de de Paris. C'est sûr que ça va pas trop bouger là a priori hein.
Euh ce qui est intéressant en fait c'est que vous passez du monde professionnel à la sphère publique. Vous êtes déjà très engagé de d'un point de vue professionnel, on vient de le dire sur les femmes, sur énormément de sujets et votre volonté c'était d'agir directement en fait, d'avoir les outils, hein, pour mettre en concret vos idées et vos volontés quoi. C'est ça de de de meilleure vie en fait.
Absolument. Absolument. J'ai un exemple par en tête pour changer la vie.
Je trouve que quand on a des gardiens d'immeubles et on a une chance incroyable parce que je vois bien que quand on part dans des banlieux, il y a plus de gardiens mais il y a des points d'il. Voilà, on remplace ce qu'on a voulu économiser. Finalement, on dépense 10 fois plus et aujourd'hui il y a des gardiens dans dans dans la l'arrondissement où je suis dans le 8e.
Et bien moi, je voulais qu'une fois par mois et bien ces gardiens on puissent les rencontrer à la mairie parce que qui mieux qu'un gardien voit ce qui se passe, qui mieux qu'un gardien voit et assure la sécurité, puisse parler, puisse s'exprimer dans justement une mairie parce que souvent ils sont pas invités parce qu'il y a une diversité dans ces gardiens et ben que du coup il faut les écouter et je suis sûr qu'on aurait une ville beaucoup plus rayonnante parce que justement il on était à l'écoute de ceux qui nous gardent quoi. C'est ça. Il nous garde, il voit et il voit ce qui se passe et puis on les enfants, ils disent "Bonjour, au revoir monsieur ou "Bon bonjour madame, au revoir madame ce qu'on ne fait plus quand il y a plus de gardien." Voilà, c'est vrai ça.
Sont des belles vigiles, sont des mêmes peut-être des lanceures d'alerte, pourquoi pas. C'est vrai, c'est il y a une déshumanisation en fait des immeubles parisiens qui peut-être pousse effectivement à ce qui est plus de de difficultés. Euh en fait, vous vous contentez pas d'exercer votre métier, Agnè Bricard.
Vous vous cherchez à peser sur les règles du jeu et c'est assez impressionnant vu de l'extérieur parce que il faut avoir du courage, hein. Est-ce que c'est pas un mot qui vous va bien ça ? Surtout, il faut pas avoir de peur.
Moi, je crois que le courage à tout le monde là, mais pas avoir de peur. Et pas avoir de peur, ça veut dire que soi-même et bien on s'est vu, on s'est regardé, on sait ce qu'on vaut. C'est ce que je disais.
C'est pas besoin de regarder d'un modèle, c'est soi. Qu'est-ce qu'on vaut ? Et surtout plus avoir peur.
C'est-à-dire plus avoir peur, plus avoir peur de l'autre non plus parce que voilà, on est tous pour un temps très court sur cette terre et que du coup le respect de l'autre, le respect est essentiel. Voilà, on discute aujourd'hui, on constate qu'il y a des murs qui se font parce que on veut plus discuter à part de Saint-Jurier. Et donc ça je voudrais encore et on est nombreux à penser que on peut encore c'est une espèce de majorité silencieuse hein qui qui souffre en fait et qui effectivement aurait envie de moins de polarisation mais que c'est pas toujours le dire parce que sinon elle se fait taper sur les doigts aussi.
Oui, c'est exact. Exact. Ce qui est intéressant dans votre parcours, c'est que vous êtes en progression constante même encore aujourd'hui ou comme vous dites, je a priori vous avez dépassé les 60 ans parce que vous l'avez dit tout à l'heure, vous êtes dans une progression constante encore.
Finalement, ça ne s'arrête jamais chez vous cette espèce de d'engagement sociétal, d'évolution professionnelle permanente. Qu'est-ce qui vous motive au fond Agnès Brcard ? Alors, prenons la dernière euh mission qui m'a été euh confiée euh par le gouvernement donc ambassadrice au partage de la valeur.
On est sur cette partie employeur employé et on a la même chose en fait le même constat que j'ai fait femme homme dans la partie rééquilibrage puisque c'était bien ça la partie parité c'est un rééquilibrage mais on a la même chose employeur employé c'estàd qu'on a des ressources humaines il y en a une qui a un leadership c'est le dirigeant ou la dirigeante et puis il y a les autres qui sont là alors est-ce qu'il y a pas un moment à se poser la question en se disant ce partage de la valeur c'est d'abord de la créer c'est évident que si on n'arrive pas à la créer, on peut pas la partager. Mais une fois qu'on l'a créé, qu'est-ce qu'on distribue ? Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui on va reconnaître notamment dans des aspects souvent immatériels, une valeur à une ressource humaine ?
C'est pas nécessairement celle qui va le mieux performer, ça peut être aussi celle qui va le mieux collaborer. Ça va être celle qui va le mieux écouter, celle qui va passer des messages, celle qui va assurer une adhésion. Hm.
Et donc du coup, il y a des aspects comme ça très immatériels qu'il faut prendre en compte dans ce partage de la valeur et rééquilibrer réellement la relation employeur employé parce que le droit du travail donne toujours ce lien de subordination et en fait associer les salariés à la performance de l'entreprise bah c'est dynamiser l'entreprise c'estàd le chiffre d'affair il va monter quoi tout bêtement ou à chaque fois qu'on a vu cette association des des alors d'ord il y a un partage de la valeur et puis on est passé à une deuxième étape importante c'est de dire et pourquoi pas l'actionnariat salarié OK, il y a encore beaucoup de choses à faire. Notamment le ministre Serge Papin est en train de réfléchir sur la transmission d'entreprise et comment on met le pied à l'étrier des salariés pour devenir demain dirigeant. On s'improvise pas de dirigeant.
C'est la fonction qui fait l'homme et qui fait la femme. Donc il faut travailler sur cet actionnariat salarié dans les cadres de mes PME par que dans le casre des grandes sociétés, des ETI, des start-ups, l'actionnariat salarié existe. Mais dans le cas des PME, des les PME, faut savoir que c'est au-delà de 50 salariés jusque à peu près 250 hein, puisque après c'est des ETI, quoi.
C'est après c'est des ETI. Voilà. H et donc sur cette partie où il y a beaucoup de transmissions qui sont attendues parce qu'on a une facturation électronique, faut pas oublier septembre 2026, septembre 2027 la facturation électronique, ça paralyse tout le monde donc personne en parle et en même temps tout le monde en parle mais on les écoute pas beaucoup.
Donc il y a des vraies transmissions d'entreprises qui vont se faire. Des dirigeants qui normalement attendent 75 ans, bah là à 65 ans, il disent c'est bon, on va passer la main. Comment préparer les salariés ?
Et bien cet actionnariat salarié auquel il faut repenser un certain nombre de points sur lequels on réfléchit parce que faire justement des FCPE pour des grandes sociétés ça coûte cher. Le faire pour des PME, il faut trouver justement un système d'un palier qui permet de faire rentrer les salariés, donner du sens. Alors certains me disent, on peut faire une scope mais c'est pas toujours ce que veulent un scope.
Je pense que les auditeurs vont pas comprendre ce que c'est. Ah oui, une société coopérative ouvrière. C'est joli.
C'est pas très joli où en fait chaque salarié a une voix comme tout le monde. Mais en fait, il y a toujours un leadership. Parfois c'est que trois ou quatre qui arrivent à faire bouger cette la société.
C'est ces trois qu ou 5. Donc on fait souvent ce qu'on appelle une holding de managers mais il faut les mettre le pied à l'étrier un peu un peu comme ce qui s'est passé chez Duralex. Oui, exactement.
Non, qui a été reprise par euh rachetée par ses ses salariés avec une désignation de gestionnaire, j'imagine, je sais pas comment il l'appelle. Tout à fait. Mais du coup, il faut les former.
Donc il faut d'aider du sens à ouvrir son capital et puis même si on voulait pas transmettre son entreprise pour avoir des des capitaux plus rapidement c'estàd qui permet d'avoir une autonomie financière, on peut imaginer aussi d'avoir la possibilité avec ses salariés d'y réfléchir quand on est dans une boîte de communication, quand on est artisan, quand on est une petite boîte de travaux publics de pouvoir inscrire ces salariés aussi dans le dans le capital. Mais il faut simplifier et surtout réduire la voilure au niveau évidemment du coût d'entrée qui est très cher. Et donc on est en train d'examiner, d'étudier ces pointsl.
Agnè Brard, on va être obligé de se quitter bientôt mais pour pour opinion pour mon opinion, votre parcours c'est celui d'une femme qui a jamais entendu attendu qu'on lui fasse de la place. Vous avez créé votre propre place. Est-ce que c'est pas ça le meilleur message qu'on puisse passer à celles et ceux d'ailleurs qui nous écoutent aujourd'hui ?
Il faut se la créer sa place. Il faut la créer sa place. C'est vrai qu'il faut souvent forcer un temps soit peu et faire des demandes là où nous les femmes on a pas habitude de demander alors que chez les hommes c'est tout naturel de demander et ben sachons qu'on doit demander.
Alors si vous cherchez une excellente experte comptable Agnè Bricard et ben vous avez un blog on peut vous trouver c'est Agnès-dis bricard avec un dattention.com et puis votre cabinet c'est la croix bricard la croix et associé je je le recommande je dis ça comme ça hein. Je vous remercie d'être venu partag avec nous.
Merci infiniment à Sud Radio. Merci Judit Bre. Merci.
C'était Parlons femmes sur Sud Radio. Merci à Julien qui réalise pour vous aujourd'hui et merci à vous qui nous accompagner chaque samedi à 13h30. On se retrouve demain 19h vous le savez pour c'est excellent et puis surtout prenez soin de vous.
Je vous embrasse. Bye. Sud Radio parlons femmes.
Juditth Bellaire avec la Caisse d'épargne île defance.
Olivier Faure