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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 13 mai 2025 23 minContradictoireActualité / polémiqueSantéInstitutions & électionsImmigration & asileEurope & international

Laurent Jacobelli : "Le référendum n'est pas un gadget pour redorer un blason terni !" (BFMTV)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:10OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous allez aider à changer la loi, vous, à titre personnel, en votant le texte ?

  • 1:51OuverteRéponse directe

    Ce sujet-là fait consensus, c'est la deuxième partie qui est plus discutée sur l'aide à mourir.

  • 2:18FerméeRéponse directe

    Il n'y a pas de consigne de vote, vous, Lynn Renaud ?

  • 2:38OuverteRéponse directe

    Mais vous, justement, à titre personnel, parce que Sébastien Chenu disait ce matin, moi je voterai pour ce texte, alors on va en discuter, mais a priori, je voterai pour ce texte, vous, à titre personnel.

  • 3:51RelanceRéponse partielle

    Il y a la mise en place, je me permets juste, il y aura la mise en place d'un délai parmi les garde-fous, la mise en place d'un délai de réflexion de 48 heures, où le contrôle du discernement de la personne sera étudié justement pour vérifier qu'elle est bien en mesure d'exprimer sa volonté.

  • 6:03OuverteRéponse directe

    Et puis, il en a pour certains aussi pour lesquels cette loi ne va pas suffisamment loin.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:32Invité politiqueChiffre
    « aujourd'hui, il faut le savoir qu'on est en déficit de soins palliatifs en France. »
  • 1:40Invité politiqueChiffre
    « C'est un rapport récent de la Cour des comptes qui disait que seulement 50% des personnes qui pouvaient prétendre aux soins palliatifs, il y avait vraiment... »
  • 1:59Invité politiqueChiffre
    « ce ne sera pas fait demain matin, malheureusement, cela prendra 10, 15 ans »
  • 2:57Invité politiquePromesse
    « Je ne le voterai pas. »
  • 3:08Invité politiqueFait
    « Il faut que le patient soit en état, dans une phase avancée de la maladie. »
  • 3:28Invité politiqueFait
    « Une infection grave et incurable, ce sont les cas. »
  • 3:41Invité politiqueFait
    « Le fait, par exemple, qu'une personne sous tutelle puisse vouloir accéder à la mort. »
  • 3:47Invité politiqueFait
    « Le fait aussi qu'il y ait un délit d'entrave, vous vous rendez compte ? »
  • 4:50Invité politiqueFait
    « Il y a par exemple à gauche des gens qui veulent aller beaucoup plus loin. »
  • 4:58Invité politiqueFait
    « Oui, mais vous savez bien, comme moi, que les amendements peuvent être votés. »
  • 5:25Invité politiqueFait
    « Cette loi est le moyen de mettre un pied dans la porte. »
  • 5:50Invité politiqueFait
    « il y a une explosion des demandes d'euthanasie de personnes atteintes d'autisme. »
  • 12:21Invité politiquePromesse
    « nous sommes ravis s'il y a demain un bon référendum qui est annoncé »
  • 12:32Invité politiqueFait
    « le recours au peuple dans la Vème République, dans cette république voulue par le général de Gaulle, le référendum a toute sa place. »
  • 13:11Invité politiqueFait
    « Un référendum, ce n'est pas un gadget. »
  • 19:33Invité politiqueChiffre
    « Les Français, aujourd'hui, 3 400 milliards de dettes, 5 millions de chômeurs, une immigration qui explose, une insécurité qui explose, des impôts qui ne baissent pas avec un matraquage fiscal, l'année dernière supérieur à l'année d'avant. »

Temps de parole

  • Laurent Jacobelli31 %
  • Présentateur24 %
  • Invité15 %
  • Invité 210 %
  • Invité 310 %
  • Invité 46 %
  • Invité 52 %

5,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Notre invité politique du soir, bonsoir Laurent Jacobini. Bonsoir. Merci d'avoir accepté notre invitation, vous êtes député Rassemblement National de Moselle. On va évoquer avec vous dans un instant la prise de parole attendue d'Emmanuel Macron demain soir. Mais d'abord ce débat qui a commencé aujourd'hui à l'Assemblée Nationale sur la fin de vie, qui a été scindé en deux textes. Il y a un premier texte qui fait consensus, qui concerne le développement des soins dits d'accompagnement. Et puis le deuxième texte, là, qui n'est plus discuté pour légaliser une aide à mourir dans de strictes conditions. Une nécessité pour Lynn Renaud qui en a fait son combat depuis plusieurs années. Écoutez.

0:35
Invité

La souffrance de ma mère, les souffrances de Loulou, tout ça m'ont dit qu'on ne peut pas mourir en souffrant. Il faut éviter, il faut faire tout ce qu'on peut faire, mourir d'accord, mais pas souffrir. Souffrir c'est insupportable. Je l'ai vraiment vu, vécu avec ma famille et c'est insupportable à supporter. Donc il faut changer ça, qu'on puisse mourir dans la paix.

1:07
Présentateur

Mourir dans la paix, il faut que ça change, c'est ce que dit Lynn Renaud. Est-ce que vous allez aider à changer la loi, vous, à titre personnel, en votant le texte ?

1:14
Laurent Jacobelli

Il y a toute une partie, et c'est la première loi que nous allons voter, sur les soins palliatifs qui va dans le sens de ce que dit Lynn Renaud. C'est-à-dire ne plus souffrir, même quand la mort s'approche, même quand on est dans une maladie incurable qui vous amène chaque jour un peu plus vers la fin. Aujourd'hui, il faut le savoir qu'on est en déficit de soins palliatifs en France. Et c'est aussi pour ça que certains imaginent en finir avec la vie, parce que malheureusement, le système hospitalier, le système sanitaire français ne les accompagne pas.

C'est un rapport récent de la Cour des comptes qui disait que seulement 50% des personnes qui pouvaient prétendre aux soins palliatifs, il y avait vraiment...

1:48
Présentateur

Et ce sujet-là fait consensus, c'est la deuxième partie qui est plus discutée sur l'aide à mourir.

1:51
Laurent Jacobelli

D'abord, ce problème-là, parce que lorsque la question des soins palliatifs sera réglée, ce ne sera pas fait demain matin, malheureusement, cela prendra 10, 15 ans, eh bien évidemment, beaucoup moins de personnes, puisqu'elles n'auront plus de douleur, songeront à mourir. Sur la deuxième partie, qui est celle qui fait le plus débat, évidemment, parce qu'il y a derrière des questions éthiques, religieuses pour certains, et que ça correspond à des parcours personnels, familiaux, compliqués. Nous, au Rassemblement National, nous aurons la liberté de vote.

2:18
Présentateur

Il n'y a pas de consigne de vote, vous, Lynn Renaud ?

2:19
Laurent Jacobelli

Parce que ce sont des sujets qui touchent évidemment à l'intime, et que dans notre partie, et je crois que d'autres groupes le feront aussi, nous voulons que chacun puisse s'exprimer en fonction de son parcours. Évidemment, ce n'est pas la même chose quand on a été touché de près ou quand c'est théorique. En revanche, il y a quand même des gardes de fous sur lesquels nous allons être vigilants.

2:38
Présentateur

Mais vous, justement, à titre personnel, parce que Sébastien Chenu disait ce matin, moi je voterai pour ce texte, alors on va en discuter, mais a priori, je voterai pour ce texte, vous, à titre personnel.

2:48
Laurent Jacobelli

Alors, à titre personnel, et là, ce n'est plus le porte-parole du Rassemblement National qui parle...

2:50
Présentateur

Il n'y a pas de consigne de vote, comme vous l'avez dit au RL.

2:52
Laurent Jacobelli

Donc je vais vous le dire, je vais vous répondre, dans l'état actuel du texte, mais il va être amendé, il va sûrement changer. Je ne le voterai pas. Pourquoi ? Je ne le voterai pas parce qu'il me semble qu'il y a des digues qui ont sauté, qui ne permettent plus d'être sûrs que ceux qui veulent mourir et qui le demandent sont vraiment en situation de le faire. Par exemple, je m'explique. Il faut que le patient soit en état, dans une phase avancée de la maladie. En termes médical et juridique, c'est un terme très flou. Qui va définir ce que c'est qu'une phase avancée ?

3:19
Invité

La Haute Autorité de Santé a donné quelques éléments à la Commission, notamment le fait qu'avancer, c'est qu'on ne peut plus reculer. C'est-à-dire que l'issue est inéluctable.

3:26
Laurent Jacobelli

Une infection grave et incurable, ce sont les cas. Effectivement, mais il y a des infections graves et incurables dont on sait très bien qu'elles mènent à la mort, qui peuvent maintenir un patient en vie 10 ou 20 ans. Ce n'est pas la même chose que quelqu'un qui va mourir dans les deux semaines. Pour moi, c'est un problème. Le fait, par exemple, qu'une personne sous tutelle puisse vouloir accéder à la mort. Le fait aussi qu'il y ait un délit d'entrave, vous vous rendez compte ? C'est-à-dire que si...

3:51
Présentateur

Il y a la mise en place, je me permets juste, il y aura la mise en place d'un délai parmi les garde-fous, la mise en place d'un délai de réflexion de 48 heures, où le contrôle du discernement de la personne sera étudié justement pour vérifier qu'elle est bien en mesure d'exprimer sa volonté.

4:06
Laurent Jacobelli

Ce délai n'est pas incompressible, c'est-à-dire que ça va de zéro à deux jours. Autre chose qui, pour moi, est un problème et qui montre bien qu'il y a quelque chose qui ne va pas, c'est l'existence, dans ce deuxième texte de loi, d'un délit d'entrave. Quelqu'un est mourant, veut mourir. Si vous lui expliquez qu'il y a des soins palliatifs, qu'il y a d'autres possibilités, vous commettez un délit d'entrave.

4:27
Invité

D'après les rédacteurs de la loi, ce n'est pas ça le délit d'entrave. Ils se sont inspirés de la loi Veil, le délit d'entrave, c'est de s'enchaîner à l'hôpital pour empêcher ça. Si c'est « j'essaye de te convaincre de ne pas avoir recours à la fin de vie », comme dans la loi Veil « j'essaye de te convaincre de ne pas avorter », ce n'est pas considéré comme délit d'entrave, dans l'esprit de ce qu'on rédige.

4:45
Laurent Jacobelli

Ce n'est pas dans le texte. C'est pour ça que je vous dis, attendons de voir comment le texte va évoluer. Il y a par exemple à gauche des gens qui veulent aller beaucoup plus loin. Par exemple, le droit à l'euthanasie pour des enfants, pour des mineurs.

4:56
Invité

Et ça, ce n'est pas la volonté de l'auteur de la proposition de loi.

4:58
Laurent Jacobelli

Oui, mais vous savez bien, comme moi, que les amendements peuvent être votés. Il n'y aura pas de majorité sur ce point-là. On a une assemblée divisée en trois tiers et on ne sait jamais exactement ce qui va en sortir.

5:07
Présentateur

Et puis, il y en a pour certains aussi pour lesquels cette loi ne va pas suffisamment loin. Il y a un certain nombre de cas qui ne seraient pas couverts par cette loi.

5:14
Laurent Jacobelli

Jean-Louis Touraine, parti socialiste, qui était un peu le prédécesseur de M. Falorni, le député qui porte ce texte, dans les années précédentes. Qu'est-ce qu'il dit ? Cette loi est le moyen de mettre un pied dans la porte. C'est ça qui est inquiétant. C'est-à-dire que jusqu'où va-t-on aller ? Et on voit bien ce que ça a donné aux Pays-Bas ou en Belgique, où là, ils se rendent compte qu'on est allé beaucoup trop loin et que malheureusement, il y a eu des excès. Donc, attendons de voir ce que va donner le projet de loi.

5:37
Invité

Les mineurs en Belgique, ça se compte sur les doigts d'une main en plusieurs années. Même s'il faut se prémunir contre ça. Et pour l'instant, le texte prévoit que ce n'est pas accessible aux mineurs. L'exemple de la Belgique n'est pas un exemple massif.

5:48
Laurent Jacobelli

Non, mais par exemple, en Belgique et aux Pays-Bas, il y a une explosion des demandes d'euthanasie de personnes atteintes d'autisme. Parce que c'est vrai que c'est une vie difficile.

5:55
Invité

C'est pour ça que ça a été exclu.

5:57
Laurent Jacobelli

Mais pour autant, ce n'est pas une maladie grave, incurable, qui a l'air d'un handicap. Les handicaps ne sont pas concernés par cette loi. Donc, il faut faire attention.

6:03
Présentateur

Roselyne, c'est intéressant quand même de regarder ce qu'en pensent les Français. Il y a plus de 9 Français sur 10 qui se déclarent favorables à l'euthanasie lorsque le patient est atteint d'une maladie insupportable et incurable et lorsqu'il en formule la demande. C'était un sondage IFOP il y a quelques mois. Et quand on demande aux médecins, qui sont aussi les principaux concernés, il y a 74% des médecins qui sont favorables à l'aide active à mourir. Comment expliquer le décalage entre une société qui est très majoritairement pour l'aide active à mourir et la résistance d'une partie de la classe politique ?

6:34
Invité

Alors, d'abord, je crois qu'il faut aborder ce sujet avec beaucoup de respect des opinions, des sentiments, des principes des uns et des autres. Et que les partis politiques, sur un sujet comme celui-là, ne donnent aucune consigne, c'est vraiment le minimum du minimum. Et on n'a pas d'ailleurs à se jeter des anathèmes à la figure, que ceux qui sont pour traitent les autres de réactionnaires et que de la même façon, ceux qui ont une vision plus conservante, je préfère cela à conservatrice, disent que certains sont des assassins. Je crois que vraiment, ça reflète aussi des parcours personnels, des gens qui ont accompagné des proches à la mort dans des circonstances extrêmement différentes.

Donc, vraiment, aborder cela avec beaucoup de respect.

7:20
Présentateur

Et d'ailleurs, certains de la classe politique ont changé d'avis sur le sujet, notamment Alain Juppé, après avoir été touchés personnellement par l'accompagnement d'un proche.

7:27
Invité

Alors, pourquoi est-ce qu'on est pour, là, majoritairement ? Parce qu'on n'est pas confronté à la mort. Parce qu'on n'est pas confronté à la souffrance. Quand on est jeune ou moins jeune et en bonne santé, on trouve ça très bien. Et puis, ça change au fur et à mesure qu'on s'approche. Moi, j'ai accompagné des personnes atteintes de maladies de charcot. C'est en général une très grande demande, la grosse latérale amyotrophique, parce que c'est détecté assez tôt. À un moment où on est encore suffisamment valide. Et des gens qui vous disent à ce moment-là, je veux bénéficier de ce processus de l'aide active à mourir. Et qui ne seraient pas concernés dans le cadre de cette loi-là.

Et qui ne seraient pas d'ailleurs concernés dans le cadre de cette loi-là. Mais qui, au fur et à mesure, et si elles sont bien accompagnées, ne sont plus d'accord. Et ça, je pense en ce moment à quelqu'un qui m'est très proche. Et pour lequel j'avais même fait des démarches dans une institution en Suisse. Et j'avais préparé cette demande qu'elle avait faite auprès d'une association qui s'appelle Dignitas. Et puis, devant l'accompagnement, ça ne s'est plus passé. Donc que 83% de gens disent « on est pauvre », ce sont les mêmes qui peut-être ne seront pas d'accord. Tout ça, c'est quelque chose qui est, j'allais dire, purement intellectuel, purement factice.

On ne peut pas se représenter, confronter à sa mort au moment où elle arrive. C'est un cheminement totalement individuel, totalement personnel. Et donc, voilà, c'est pour cela que j'ai avancé. J'ai avancé sur ce sujet qui est une aide active à mourir, pourquoi pas ? C'est d'ailleurs quelque chose qui a toujours existé en médecine. Il ne faut pas se faire d'illusions. Mais cacher le plan d'essence. Voilà, mais c'était plutôt, ce n'était pas caché, c'était un dialogue intime entre un soignant et une personne malade, dans ce qu'on appelle un entretien d'égal à égal.

Et c'est finalement notre société qui veut régir de façon, par une loi, qui de toute façon, il y a une chose, elle ne satisfera personne.

9:34
Présentateur

Il y a un autre biais possible, la consultation auprès des Français. Est-ce que ça fait partie de ces sujets de référendums, de consultations qui pourraient être posés sur la table par Emmanuel Macron ?

9:44
Invité

Ce n'est pas une question à laquelle on répondrait en disant « Ah ben c'est Macron qui la pose, je suis contre ou je suis pour ». Ce serait une question en conscience, dépolitisée, en tout cas par partisane. Mais est-ce que ce ne serait pas un désaveu des parlementaires

9:54
Présentateur

qui débattent en même temps de ce sujet-là à l'Asie nationale ?

9:56
Laurent Jacobelli

Non, parce que justement, nous sommes parlementaires, nous sommes aussi humains, nous avons aussi une histoire personnelle, et comme l'expliquait très bien Roselyne Bachelot, notre jugement est façonné par ça. Et donc, interroger l'ensemble des Français sur leur propre expérience et comment on se rencontre, me paraîtraient. Je pense que c'est même une bonne idée.

10:13
Invité

Je pense que c'est même probablement le référendum, enfin en tous les cas, le président de la République qui cherche des idées de référendum, c'est probablement le seul qui pourrait... Faire consensus ? En tous les cas, c'est incontestablement. Être amourvé par la classe présidente. Je vous dirais, à mon avis, c'est probablement le seul qu'il puisse gagner, parce que les autres, soit ils seront considérés comme des questions pas suffisamment, relevant pas suffisamment d'un référendum au sens où les Français se l'imaginent, soit c'est terriblement risqué pour lui. Et là, au fond, sur cette question-là, si difficile, telle que ça a été décrit par M.

Jacobelli et par Roselyne Bachelot, je pense que ça relève effectivement d'une question qui se pose directement. Qui se pose aux Français directement. Alors, je suis d'accord avec Bruno, bien sûr. Ça serait tout à fait légitime. C'est-à-dire que ça serait normal qu'on pose la question aux Français. Néanmoins, politiquement, je trouve que ça ressemblerait à un travail de gribouille. Pourquoi ? Parce que ça fait cinq ans qu'il y a eu une convention citoyenne. que ça prépare le terrain avec le référendum. Oui, mais à chaque fois, on voit bien que, finalement, le personnel politique patine. Oui, mais Yves...

Et à ce moment-là, il faut cesser de travailler sur le fonds législatif et carrément poser... Non, mais Yves, Yves, c'est un des problèmes majeurs du référendum. Il faut regarder l'histoire. Le contexte, il a été arrêté. Je termine, je termine. Il y a une proposition de loi qui ne fait pas consensus. Je termine, mais attendez. Et ce sera peut-être une porte de sortie pour Emmanuel Macron. Le système législatif n'est pas commencé. Moi, je pense qu'il faut quand même respecter le Parlement. Il faut que ça aille... Mais la question qui sera posée sera la question ou non. Oui, mais...

11:50
Présentateur

Alors, on sera fixé probablement demain, puisqu'Emmanuel Macron doit prendre la parole, Laurent Jacobelli. Et on l'attend sur ce sujet-là. Il avait dit aux Français lors de ses voeux le 31 décembre que vous serez amené à trancher sur un certain nombre de sujets. A priori, c'est donc demain qu'il va nous dévoiler ces sujets. Déjà, sur le principe, on parle... On va évoquer dans un instant, Bruno, ce qui est dans les tuyaux, mais on parle de consultation, de référendum, de référendum à tiroir. Référendum, c'est un mot qui vous plaît, ça, au Rassemblement National. Donc, vous applaudissez cette initiative.

12:21
Laurent Jacobelli

Eh bien, nous sommes ravis s'il y a demain un bon référendum qui est annoncé, parce que le recours au peuple dans la Vème République, dans cette république voulue par le général de Gaulle, le référendum a toute sa place. Et puis, surtout, on est resté sur un très mauvais souvenir de référendum. Le référendum de 2005, où les Français ont dit non à la Constitution européenne. Ah non, ils ont dit non à un traité.

12:40
Invité

Il y a eu un autre traité derrière. Ah, ben voilà. Si ça parmi, on peut jouer sur les mots. Mais peut-être, mais c'est ça la règle. Un traité rejeté, on le renégocie, on en fait un. Ce qui a manqué, c'est votre plan B. Il n'y avait pas de plan B. Les opposants à ce référendum, il n'y avait pas de plan B. Vous voyez, vous avez toujours quelqu'un qui vous expliquera que le peuple a tort. Alors allons-y, 2025.

12:58
Présentateur

Le peuple a eu raison, on n'a pas toujours besoin d'un bon dans le futur présent.

13:01
Laurent Jacobelli

Là, on aura une écharpe bleue, l'autre aura une écharpe verte. Le peuple a eu raison de dire non à ce traité. Il y a eu un autre traité. Attendez, on ne va pas refaire l'histoire.

13:09
Présentateur

2025, le référendum demain.

13:11
Laurent Jacobelli

En revanche, un référendum, ce n'est pas un gadget. Ce n'est pas là pour redorer le blason terni d'un président de la République. Est-ce que vous avez l'impression que c'est ça l'objectif d'Emmanuel Macron derrière cette initiative ? Dans la méthode, c'est qu'il dit, je vais faire un référendum et je ne sais pas encore sur quoi. Puis je vous annoncerai sur quoi. Ce qui veut bien dire quand même qu'il joue plus sur une logistique, une technique, que sur une conviction des référendums. Les Français en volent. Ils le disent d'ailleurs sur quoi ? Sur l'économie, sur l'immigration. Et il y a un troisième sujet.

13:41
Présentateur

Les retraites. Et pourtant, c'est un sujet qui vous tient à cœur.

13:43
Laurent Jacobelli

Bien sûr, parce que c'est des sujets qui ont divisé et sur lesquels on n'arrive pas à être d'accord. Et qui concernent directement les Français. Si demain, le président de la République annonce un référendum sur l'immigration, mais j'applaudis dès demain et je fais un tour de chaise. Mais s'il annonce un référendum...

13:57
Invité

Vous savez bien que pour l'instant, il y a des thèmes qu'on ne peut pas traiter en référendum tels qu'ils existent aujourd'hui.

14:02
Laurent Jacobelli

Pour moi, et là-dessus, il y a des bas. S'il annonce un référendum sur l'usage des écrans par les adolescents, honnêtement, il détourne l'idée du référendum et il en fait un vulgaire gadget de communication.

14:13
Présentateur

On va revenir sur l'immigration, parce que vous dites référendum sur l'immigration, ça fait débat. Peut-être qu'on pourrait quand même en organiser un. Je vais vous donner à parler dans un instant. Mais quand même, c'est vrai que pour reprendre ce que dit Laurent Jacobelli, quand on regarde le sondage Elab, il y a quelques jours, sur quel sujet les Français souhaiteraient être interrogés, effectivement, c'est la dépense, la dette, les impôts, il a déjà dit, c'est l'idée de François Bayrou, Emmanuel Macron a déjà balayé cette idée, et en deux, les retraites et l'immigration.

Et là, des tuyaux que vous avez dans la tribune, ce qui est paru dans la tribune dimanche, bon, sur les thématiques qui sont évoquées, on parle de la fin de vie, contrôle des écrans pour les moins de 15 ans, l'organisation territoriale, on est loin des sujets qui sont plébiscités par les Français.

14:50
Invité

Il peut y avoir d'autres questions, ils réfléchissent aussi à la question du financement de notre modèle social, alors après, il faut trouver une question qui est difficile à trouver. L'action proportionnelle, à mon avis, ce ne sera sans doute pas ça, mais ce qui est clair, c'est que de toute façon, son cabinet a travaillé sur plusieurs types de questions, et plusieurs sujets, alors demain, il dévoilera les deux, voire les trois, puisqu'en fait, l'idée, et ça, ils ont fait travailler le ministère intérieur pour voir s'ils pouvaient éventuellement faire trois questions sur le même bulletin. Mais alors là, ce n'est plus un référendum ?

Alors là, on sort du référendum, et on passe plutôt une consultation.

15:32
Présentateur

Mais alors attendez, attendez, parce que c'est important, parce que la consultation, Christophe, si on sort du cadre constitutionnel, qu'on n'est plus dans le cadre du référendum, consultation, il n'y a plus de valeur contraignante.

15:42
Invité

Il n'y a plus de valeur, ça ne rime à rien. Donc c'est un sondage. La convention citoyenne est un outil qui commence à trouver, bon an, mal an, une certaine forme de légitimité, mais une sorte de QCM où on cocherait 12 cases des oui, des non, ça n'a aucune valeur. Et ça coûtera très cher à organiser. Christophe, ils appellent ça renouer avec la démocratie directe. Et ça ne sera pas une démocratie, puisque ça ne décidera rien. C'est comme ça que Emmanuel Macron considère la démocratie directe. Non mais jouer avec les institutions pour les gadgetiser, il nous a déjà fait le coup avec la dissolution. Et donc il faut qu'il arrête ça.

Un référendum, voire plusieurs référendums, on peut très bien avoir deux urnes dans un bureau de vote, c'est déjà arrivé pour des élections, s'il y a deux questions importantes, le même jour. Déjà ça devient plus compliqué. Et en plus il y a l'idée que lorsqu'on fait un référendum ou deux, ça s'appuie sur des textes, donc ça veut dire aussi de la... C'est un projet de loi qu'il faut proposer, c'est pas juste une question... Ils réfléchissent aussi à dématérialiser pour pouvoir permettre aux citoyens de trouver la lecture des textes. La constitution européenne qu'on évoquait, c'était un pavé immense, les Français l'ont lu, ils ont lu des textes dessus, ça n'a rien empêché.

Il ne faut pas jouer avec les institutions, il n'y en a plus. Vous n'en feriez pas deux le même jour avec un paquet de textes comme ça. Bon alors attendez. Si il y a une question sur la fin de vie et une question par exemple sur l'organisation territoriale, ça s'organise très bien le même jour.

17:00
Présentateur

En tout cas, on sera attentif au cadre et au format que prendront ces questions, ces questions posées par la chistesse et au thème.

17:07
Invité

Des questions assez simples par exemple, où on répond vraiment par oui ou non. Voulez-vous élire le président de la République au suffrage universel ? Oui, non. Et puis il y a dans le cadre de l'article 11, alors là... Article 89 le poignet. Article 11 et article 89. Non vous allez nous perdre là sinon. Non non non on va pas aller dans le détail là. En fait, on vote pour ou contre un projet de loi, c'est-à-dire, ou une proposition de loi d'ailleurs, qui a été travaillée par le Parlement, amendée, etc. Ou un traité d'ailleurs. C'est-à-dire un pavé assez important. Le référendum n'est pas un sondage, il faut que ça soit adossé sur un texte de loi.

17:42
Présentateur

Il faut que ça soit adossé sur un texte de loi. Et c'est ça la question, et c'est là-dessus qu'on sera attentif demain.

17:46
Invité

Le rétablissement du cumul des mandats, ça pourrait être un texte de loi. Oui, bien sûr. Et soumis à un référendum. Ça serait très périlleux. Il y aurait d'un côté l'aspect tous des voleurs, ils veulent le fromage, ça donnerait une mauvaise campagne. Les Français sont bien sûrs, mais de l'autre côté, il y a des Français qui disent c'est vrai que mon député, il est déraciné depuis qu'il n'est plus maire. Mais c'est le référendum, c'est le débat. J'en reviens, Laurent Jacobelli, excusez-moi, excusez-moi.

18:09
Présentateur

J'en reviens, mais voilà, j'en reviens au référendum qui est attendu par les Français. Et ce que vous disiez, sur le budget, les retraites et l'immigration, ce sont les trois thèmes qui sont attendus par les Français. J'en reviens à vous, votre thématique, vous me disiez. Voilà, moi j'attends un référendum sur l'immigration, si je traduis ce que vous m'avez dit tout à l'heure.

18:23
Laurent Jacobelli

Ah oui, c'est une très bonne traduction.

18:24
Présentateur

Mais alors, non mais, quand on regarde l'article 11, et c'est pas pour aller dans le détail, l'article 11 de la Constitution, mais c'est important, vous me disiez tout à l'heure, il y a débat. Comment vous contournez la Constitution ? Comment vous contournez le cadre du recours au référendum sur l'immigration ?

18:35
Laurent Jacobelli

Mais il n'est jamais de contourner la Constitution. Moi je vois que M. Retailleau d'ailleurs évoque lui aussi ce référendum sur l'immigration et les ministres de l'Intérieur, j'imagine qu'il connaît lui aussi.

18:44
Présentateur

Oui, mais il a une pirouette, Bruno Retailleau, pour pouvoir faire ce référendum. Vous la connaissez ?

18:48
Laurent Jacobelli

Dites-la moi.

18:49
Présentateur

Et en fait, lui propose d'aller sur le terrain des mesures sociales pour contourner cet obstacle ?

18:54
Laurent Jacobelli

Alors, j'allais vous le dire, l'article 11, je ne voudrais pas être trop technique, parle des questions sociales qui peuvent être soumises à référendum. Est-ce que vous ne croyez pas qu'aujourd'hui, pour les Français, l'immigration est devenue une question sociale, sociale aux sciences, premier du terme, dans la mesure où cela détourne une partie des allocations sociales et des revenus sociaux, sociale parce que ça change le mode de vie, et sociale parce que ça joue sur la vie quotidienne, notamment... Mais vous leur posez quoi, comme une question ? Eh bien, nous, nous avons un projet de loi sur l'immigration, sur la fin du droit du sol, sur la restriction...

19:25
Présentateur

Oui, mais ça, vous ne pouvez pas le faire passer dans un...

19:27
Laurent Jacobelli

Mais bien sûr que si, c'est ce qu'expliquait Mme Bachelot il y a quelques instants. On montre ce projet de loi aux Français et ils décident. Moi, je pense que... Mais enfin, encore une fois... Mais une fois encore, les Français... On se contraint trop la table. Je termine juste. Les Français, aujourd'hui, 3 400 milliards de dettes, 5 millions de chômeurs, une immigration qui explose, une insécurité qui explose, des impôts qui ne baissent pas avec un matraquage fiscal, l'année dernière supérieur à l'année d'avant. Vous ne croyez pas qu'ils ont d'autres soucis en tête que de savoir s'il va falloir donner des tablettes aux enfants de 14 ans ou s'il va falloir flatter les goutes...

19:58
Présentateur

Non, mais j'ai posé la question de la faisabilité parce que Laurent Fabius, qui a longtemps été...

20:03
Invité

C'est pas une question, ça, M. Jacobelli. Mais la raison, on a déjà la réponse.

20:06
Présentateur

Laurent Fabius, qui a longtemps été président du Conseil constitutionnel, il le dit, la politique migratoire n'entre pas dans le choix du référendum. C'est-à-dire qu'un débat...

20:12
Invité

C'est-à-dire qu'un débat... Le projet de loi que vous bâtissez, Charles de Gaulle a détourné le sens de l'article 11 pour poser des référendums. Pour se faire des référendums, tout à fait. Mais évidemment, il n'a fait que le coup. Mais le Conseil, à l'époque, se couchait. Et ça serait moins le cas aujourd'hui. Oui, ça serait moins le cas aujourd'hui. Mais je suis persuadé que, bien posé, le président de la République peut à peu près faire ce qu'il veut. Et à mon avis, ce qu'il veut. Somme dans la réforme des institutions qui relèvent... Avec l'article 11 de la Constitution. Sinon, il emploie l'article 89. Mais là, il faut un avis qu'on fasse des assemblées. Oui, bien sûr.

Mais ça, c'est pas ce qu'on va faire. Il va faire l'article 11. Et à mon avis, on peut quasiment poser toutes les questions qu'on veut à partir du moment où c'est bien rédigé.

20:52
Présentateur

En tout cas, ça risque de faire un débat entre constitutionnalistes demain, quand on aura les thèmes...

20:57
Invité

Vous verrez dans les questions de Fonglo, il y aura celle de la fin de vie qui reviendra. Et l'immigration, il y a une possibilité... Emmanuel Macron veut que cette question soit tranchée avant la fin du mandat. Or, le parcours parlementaire ne le permettra pas.

21:08
Présentateur

Une dernière question. Laurent Jacobelli, vous aimez Brigitte Bardot ?

21:11
Invité

Oui, beaucoup.

21:12
Présentateur

Beaucoup. Vous savez qu'elle a été interrogée par Steven Bellery, chef du service culture de BFM TV. Longue interview de 45 minutes. Que l'on va retrouver dans les toutes prochaines minutes. Elle n'a jamais caché, d'ailleurs, son soutien au Rassemblement national, à Jordan Bardella notamment. Et pourtant, pas grand monde ne trouve grâce à ses yeux dans la classe politique. Mis à part Yael Brunpivet, la présidente de l'Assemblée nationale, elle admire la patience dont elle fait preuve face aux parlementaires. Écoutez.

21:39
Invité

Je l'admire pour la patience qu'elle a et la justesse de ses propos et surtout la façon dont elle remet en place la sauvagerie débordante de l'Assemblée nationale. C'est vrai que c'est souvent le bazar à l'Assemblée ? Ça vous déplaît ? Ça me choque. Beaucoup.

22:12
Présentateur

Ça la choque. Ce qui se passe à l'Assemblée nationale, elle va loin dans ses mots. Elle parle de sauvagerie débordante. La classe politique, elle n'est pas à la hauteur ?

22:18
Laurent Jacobelli

Non, je ne sais pas. Mais je pense qu'effectivement, aujourd'hui, à l'Assemblée nationale, parfois, il y a une certaine forme de violence verbale qui s'exprime. plus d'un côté de l'hémicycle, il faut bien être très honnête que des autres, qu'il y a des comportements qu'on ne voyait pas avant, des gens qui arrivent dans des tenues qu'on n'avait pas l'habitude de voir, des drapeaux qui ne sont pas des drapeaux français qui sont affichés. Et c'est vrai que ça demande parfois pour le personnel de l'Assemblée nationale et pour les élus, et pour Mme Bonne-Pivet ou les vice-présidents qui dirigent les débats, beaucoup de calme.

Moi, ce que j'aime bien chez Brigitte Bardot, c'est qu'elle dit les choses comme elle les pense. Elle est assez cache, si vous me permettez l'expression. Et je pense que dans un univers où la parole, aujourd'hui, est toujours sous-pesée, où on a beaucoup de mal à être sincère sans se faire taper sur les doigts, elle a cette espèce de spontanéité, de fraîcheur, je dirais, qui fait du bien.

23:08
Présentateur

Ah, et elle reste cache, vous allez l'entendre dans les prochaines minutes. Merci Laurent Jacobéli d'avoir accepté notre invitation.

Laurent Jacobelli : "Le référendum n'est pas un gadget pour redorer un blason terni !" (BFMTV) — Laurent Jacobelli · Pourquijevote