Pesticides, alimentation, environnement : l’ère des maladies politiques ?
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Merci beaucoup, merci infiniment à vous pour votre accueil extrêmement chaleureux et bienvenue aux Amphys pour cette conférence, conférence qui s'institule à la fois alimentation, pesticides, environnement, l'ère des maladies politiques. Et je vais commencer par présenter les invités qui sont avec nous, que je voudrais qu'on remercie immensément d'être présents avec nous pour avoir cette discussion. Donc d'abord nous avons tout au bout Denis Benoît qui est avec Sylvie Poulin, qui sont membres du collectif de soutien aux pesticides de l'Ouest.
Et Denis a été à la fois salarié dans l'arboriculture mais aussi apiculteur et a été reconnu comme malade professionnelle, comme une maladie professionnelle avec un cancer. Et je veux vous remercier infiniment d'être aujourd'hui avec nous pour le travail très important notamment que mène le collectif. Merci à vous deux. Je mentionne aussi parce que c'est important, elle vous en parlera, que Sylvie Poulin était elle infirmière libérale en milieu rural et elle vous en parlera aussi puisqu'elle a vu elle-même le nombre d'agriculteurs et d'agricultrices qui étaient justement avec des lymphomes, des cancers, des Parkinson dont on parlait tout à l'heure.
Ensuite j'ai Sandrine Rousseau députée écologiste qui est avec nous et non seulement je voudrais qu'on remercie Sandrine Rousseau d'être venue mais je voudrais aussi réaffirmer en notre nom à toutes et à tous notre immense soutien, notre totale solidarité avec Sandrine Rousseau face aux menaces, aux insultes et aux intimidations absolument abjectes qu'elle reçoit de certains agriculteurs agricoles.
Je le dis parce que non seulement ce sont des choses que l'on fait plus à des femmes politiques, je veux le dire aussi, et avec des niveaux, tout à l'heure on était avec Catherine Couturier, ancienne députée de la Creuse, qui elle a eu cinq fois sa permanence dégradée, là aussi par la coordination rurale. Vous avez Mathi Ligné, première ouvrière agricole jamais élue à l'Assemblée nationale, qui elle se fait menacer. Il y a des menaces sur des permanences, des menaces directes et des menaces sur les proches et cela doit cesser.
Donc total soutien et maintenant quand nous avons un ministre de l'Intérieur qui est toujours aussi prompt à tweeter contre n'importe quelle attaque à des élus, même lorsqu'il s'agit, parce que rappelez-vous pendant la bataille contre la réforme de la retraite à 64 ans, qui n'est pas terminée, et bien rappelez-vous qu'ils avaient crié au loup au moment où il y avait eu juste des autocollants qui avaient été collés sur une permanence d'un député du Val-de-Marne.
Et bien tous ces gens-là n'ont jamais un seul mot lorsque des élus, et souvent des élus femmes, sont attaqués de telle manière par des gens qui sont de plus en plus violents, de plus en plus dangereux, et cela est un comportement qui est anti-républicain, donc soutien total.
Et ensuite je veux remercier infiniment Lucien Mercien qui est avec nous, qui est fondateur de Caraïbes Rassemblement, qui est à la fois de Guadeloupe et de Martinique, et qui est l'organisateur, vous avez probablement suivi l'immense mouvement populaire contre la vie chère qu'il y a eu en Martinique depuis un an, et bien c'est lui qui organisait les immenses marches qui ont eu lieu à Paris, donc contre la vie chère, et évidemment il nous parlera des différents scandales qui touchent les Antilles, et notamment du chlordécone, qui est un scandale dont nous n'avons tiré aucune leçon. Donc merci infiniment Lucien d'être ici.
Peut-être juste pour remettre le contexte dans lequel nous sommes en train de parler avant de donner la parole à nos invités qui sont ici. Nous avons commencé juste avant l'été à l'Assemblée nationale par le vote d'une loi qui n'a jamais été débattue à l'Assemblée nationale. J'explique pourquoi. Lorsque vous débattez d'une loi, vous avez un rapporteur qui est en bas, donc qui est un député qui est censé défendre le texte parmi les députés, et répondre aux différents amendements qui sont faits. Le rapporteur, qu'a-t-il fait ?
Il a été en tribune, présenté une motion de rejet, et donc le texte a été immédiatement rejeté, avant même qu'il n'y ait discussion sur une loi que nous appelons la loi pesticide, avec ce pesticide dont vous avez entendu parler beaucoup cet été, qui s'appelle l'acétamipride, l'acétamipride qui fait partie de la famille des néonicotinoïdes, que nous appelons les pesticides tueurs d'abeilles, et dont nous savons que cette loi est une loi qui allait faire exploser le nombre de cancers, notamment. Cette loi avait été contestée par une alliance inédite. Pour la première fois, la Ligue contre le cancer a pris position contre cette loi.
Vous avez 22 sociétés savantes médicales qui ont pris position contre cette loi. Vous avez 20 mutuelles qui, elles aussi, ont pris position contre la loi. Les régies publiques d'eau potable qui ont pris position, le conseil scientifique du CNRS qui a pris position, et on pourrait continuer assez longtemps. Contre toute la science, la Macronie, la droite et l'extrême droite ont voté la loi du plomb. Voilà comment nous avons commencé l'été.
Juste après, nous avons eu Bayrou qui nous a expliqué le pire budget d'austérité qu'on n'ait jamais vu dans la Vème République, dans lequel il a expliqué quelque chose qui est extrêmement important, qui est notamment, en plus des jours fériés, en plus de tout ce qu'ils veulent faire derrière pour vous faire les poches après avoir fait des cadeaux aux multinationales et aux riches, qui a expliqué qu'il voulait dérembourser des médicaments, donc que vous payez plus cher certains des médicaments, et surtout qu'il voulait faire des économies sur les ALD. Qu'est-ce que c'est les ALD ? Les affections longue durée, typiquement, par exemple, lorsque vous avez un cancer.
Donc, faire en sorte qu'on arrête de prendre en charge des maladies qui sont pourtant créées par les mêmes lois comme la loi du plomb, qui est celle qui est responsable du fait que derrière, des gens se retrouvent avec ce qu'on a appelé dans cette conférence, les maladies politiques. Donc non seulement la société vous rend malade, mais en plus de cela, derrière, c'est vous qui allez payer. Voilà ce qui était en train de se passer au début de l'été.
Et là, il y a eu un signal extrêmement puissant cet été, en plein cœur de l'été, à un moment où on ne s'attendait pas à ce que ça puisse repartir comme ça, notamment grâce à une mobilisation d'associations et de collectifs, je pense notamment au collectif Cancer Colère, qui était notamment incarné par Fleur Bretot au moment du vote, qui a crié aux représentants de l'extrême droite, de la droite et des macronistes, vous êtes des alliés du cancer, et on le fera savoir, pendant que les députés d'en face d'extrême droite étaient en train de rire. D'accord ?
Eh bien, notamment grâce à cette mobilisation-là et à une pétition, ce qui est du jamais vu dans toute l'histoire de l'Assemblée nationale, en plein été, cette pétition a recueilli plus de 2 millions de signatures. Je ne sais pas si vous l'avez fait vous-mêmes, mais c'est extrêmement dur de signer sur le site de l'Assemblée nationale. Ce n'est pas juste, vous mettez un petit truc et puis c'est fini. Non, il faut s'identifier, aller sur France connaître, je ne sais quoi. Donc nous n'avions jamais vu une pétition dans toute l'histoire de l'Assemblée nationale qui recueillait plus de 2 millions de signatures.
Eh bien, cette mobilisation citoyenne extraordinaire, qui leur fait peur, qui fait peur à Le Pen, qui fait peur à Macron, a fait, grâce aussi au recours que nous, nous avions fait avec le groupe écologiste notamment, a fait que le Conseil constitutionnel, nous avons gagné une première victoire, a censuré la réintroduction du néonicotinoïde, donc de ce poison qu'il voulait remettre, et donc a censuré l'acétamipride. Et ça, c'est une victoire de la mobilisation populaire.
Alors, puisque ce n'est qu'une partie de la loi du plomb, et que dans la loi du plomb, il y a beaucoup d'autres horreurs qui sont aussi à la fois pour accaparer l'eau, accaparer les terres, faire de l'élevage industriel, comme si on n'avait pas vécu le Covid et que les zoonoses n'existaient pas, vous savez, ces maladies qui se transmettent des animaux aux hommes, comme s'il n'y avait pas eu des méga incendies dans l'Aude, mais aussi en Espagne, au Portugal, et donc on allait encore plus détruire de zones humides, etc.
Eh bien, il y a encore toutes ces horreurs dans la loi du plomb, et donc, nous, groupe parlementaire insoumis, lors de notre niche parlementaire qui aura lieu en novembre de cette année, nous déposerons une proposition de loi pour abroger entièrement cette loi du plomb. Et comme les écologistes, ils sont aussi favorables et se sont déclarés favorables, j'ose espérer que nous la présenterons ensemble, et donc nous abrogerons définitivement cette loi de l'agrobusiness.
Et de même, puisque je vous parlais du budget absolument terrifiant que vient de proposer Bayrou et son gouvernement, qui vise à faire payer tout le monde, et notamment les malades, pour les cadeaux faits aux plus riches, nous commencerons l'année, dès le premier jour de la session parlementaire, par censurer le gouvernement de M. Bayrou, pour ensuite faire tomber M. Macron. Alors ça, c'est juste pour replacer le moment politique dans lequel on est, et je vais du coup commencer par donner la parole à Sandrine Rousseau. Donc ce qu'on va faire, c'est que je vais donner la parole aux différents intervenants, et puis ensuite, on aura un moment, questions, réponses.
Merci encore infiniment à vous pour l'accueil, et l'accueil que vous ferez à chacun de ces invités. Vas-y Sandrine.
Bonjour à tous et toutes. Je dois commencer par vous dire que c'est un réel plaisir d'être ici, et que je remercie vraiment très chaleureusement Mathilde, de m'avoir invitée à discuter et à échanger avec vous sur cette question absolument cruciale, nos maladies sont politiques, mais aussi pour les mots de soutien que tu as eus, parce qu'il n'y en a pas tant que ça, des mots de soutien, et que le fascisme et la montée de l'extrême droite passent aussi par cela pour empêcher qu'il y ait du débat de fond, pour empêcher qu'il y ait du débat politique. Eh bien, on procède à de l'intimidation et à de la violence, et je suis heureuse de voir qu'ici, ça ne passe pas.
Alors, Mathilde a parlé de la loi Duplomb. Dans la loi Duplomb, il y avait cette substance qu'on appelle l'acétamipride, et qui était en débat, et qui a été le point un peu crucial de tous les débats sur la loi Duplomb. Moi, je voudrais vous dire quand même quelques éléments sur la loi Duplomb que vous avez sans doute entendus, mais il y a quelque chose d'assez fascinant, c'est que Duplomb, le sénateur, quand il a mis en place cette loi, quand il a travaillé cette loi, vous savez, avant que ça n'arrive en discussion dans les commissions, que ça n'arrive au vote dans les commissions et dans l'hémicycle, on fait des auditions.
Et il se trouve que ce sénateur Duplomb n'a auditionné aucun médecin, aucun institut de santé, aucune société savante, aucun scientifique. C'est une loi de l'agrobusiness, c'est une loi de la rentabilité, c'est une loi du profit, mais c'est aussi une loi de la maladie des agriculteurs, c'est aussi une loi de la souffrance des agriculteurs, parce que c'est une loi qui les enferme dans un modèle d'agrobusiness et de rentabilité à tout crin, dont ils sont, et je pense qu'on peut le dire, parmi les premières victimes. Donc, je dis aux agriculteurs, n'ayez pas peur, vous aussi, de dire que vous ne voulez plus de la rentabilité. La France possède de tristes records en matière de cancer.
Nous sommes le pays au monde où il y a le plus de cancers du sein, en proportion de la population. Il y a des départements, et tu vas en parler, des départements français, ultramarins, qui possèdent le record mondial de cancers du pancréas et de la prostate. En six ans, le taux de cancers du pancréas a doublé, selon un colloque sur le cancer du pancréas. Nous sommes aussi l'avant-dernier pays d'Europe en matière de mortalité infantile. C'est-à-dire que nous avons un taux de mortalité infantile de mort des enfants de moins d'un an, qui est en 23e position en Europe. Et en fait, tout cela, ce sont des données qui sont en permanence renvoyées à des comportements individuels.
C'est-à-dire qu'on dit qu'il faut arrêter de fumer, qu'il faut arrêter de boire, qu'il faut bien manger, qu'il faut faire du sport, qu'il faut coucher les bébés sur le côté. Et jamais, jamais, la responsabilité des politiques publiques, la responsabilité des gouvernements successifs n'est interrogée dans ces indicateurs de santé qui sont extrêmement inquiétants. Je vous donne un exemple. Le Lot, le département du Lot, et le département dans lequel il y a la mortalité infantile dans l'Hexagone la plus importante. Sur les 15 maternités du Lot, 13 ont fermé ces dernières années.
C'est le résultat direct d'une politique libérale qui consiste à s'aborder minutieusement tous les services publics et l'hôpital en particulier. Ces morts-là, ces cancers-là sont politiques. Et moi, je voudrais parler d'un autre aspect de nos maladies qui sont, elles aussi, politiques, c'est notre santé mentale. Parce qu'on n'en parle pas beaucoup, on parle beaucoup des cancers, on parle un peu moins de notre santé mentale et de notre santé psychique. Je voudrais dire que nous sommes dans une épidémie en France de dégradation de la santé mentale. Nous sommes dans une épidémie, particulièrement chez les jeunes, de tentative de suicide.
Je vais vous donner un chiffre, un seul, qui devrait faire la une de tous les journaux, tous les jours. Le taux d'hospitalisation des jeunes filles de 10 à 19 ans pour tentative de suicide, je répète, de 10 à 19 ans, a augmenté de 570 % depuis 2007. Les hospitalisations, donc des tentatives de suicide, suffisamment graves pour qu'on hospitalise derrière. Plus 570 %, aujourd'hui, en France, il y a un médecin scolaire sur deux qui manque à l'appel. Aujourd'hui, en France, les psychologues scolaires qui sont dans les collèges et dans les lycées ne sont pas dédiés à la santé mentale des jeunes. Leur boulot, maintenant, est de les orienter pour qu'ils trouvent du travail.
Aujourd'hui, la psychiatrie en France est en état d'effondrement, littéralement. Les infirmiers et infirmières en psychiatrie démissionnent. C'est parmi les turnovers les plus importants. Les psychiatres tiennent l'hôpital public à bout de bras. Et en fait, toute la violence sociale que nous nous prenons, toute la précarisation qu'une partie de la population subit, toute la violence des réseaux sociaux, toute la non-régulation, tout le libéralisme qui se met en place, le libéralisme économique, mais aussi le libéralisme de cette non-régulation, par exemple, des réseaux sociaux, tout cela a un impact sur notre santé.
Et toute la violence que nous recevons, eh bien, nous la retournons, ou une partie d'entre nous la retourne contre lui-même. Et en fait, tout cela, et je le dis vraiment avec fermeté, c'est le résultat des budgets successifs du PLFSS. C'est le résultat de l'absence de soutien à l'hôpital public. C'est le résultat de l'absence de volonté de mettre la santé au-dessus des enjeux économiques. Et quand je vois que dans les 5,5 milliards d'euros d'économies qu'ils veulent faire sur la santé, ils vont aller toucher les longues maladies, comme le disait Mathilde. Ils vont aller toucher les arrêts de travail de plus d'un an.
Si vous regardez ces arrêts de travail de plus d'un an, dont ils estiment que 50 % ne sont pas justifiés, la plupart sont pour des maladies du dos, pour des maladies psychiques. Et en fait, c'est sur les plus vulnérables, encore une fois, qu'on va aller taper. Alors, je ne vais pas être plus longue pour vous dire qu'il n'y a pas 36 solutions pour arrêter ça et pour arrêter cet effondrement de notre santé. C'est que nous arrivions au pouvoir. Que nous arrivions au pouvoir. Vraiment. Et que nos vies, que nos vies valent plus que leurs profits. Que nos vies valent plus que leurs points de croissance. Que nos vies valent plus que leur rentabilité.
Parce que ce sont les mêmes entreprises qui d'un côté vendent les pesticides et qui, de l'autre, vendent les médicaments contre le cancer.
Merci beaucoup, Sandrine. Et je vais laisser Denis et Sylvie continuer. Vas-y, Denis.
Là, c'est bon ? Bonjour à tout le monde. Moi, c'est Denis Benoît. Donc, je suis membre du collectif de soutien aux victimes des pesticides, qui sont principalement des agriculteurs. Donc, le collectif, il est né en 2015 suite à une affaire Triscalia, c'est-à-dire c'est une coopérative agricole de l'ouest de la France, de Bretagne. Et les ouvriers traitaient le blé qui était stocké dans les silos de façon à ce qu'il se conserve. Parce que le directeur de l'entreprise avait décidé de ne plus ventiler le blé. Ça coûtait trop cher en électricité et c'était moins cher de mettre le pesticide en question. Sauf que les ouvriers sont tombés malades.
Et à partir de ce jour-là, quelques membres ont débuté le collectif et ont soutenu les employés de cette coopérative pour obtenir une reconnaissance en maladie professionnelle. Ça a été un long combat. Et ensuite, en 2016, le groupe en question a décidé de faire une association. Cette fois-ci, pour soutenir les agriculteurs qui tombaient malades, notamment de Parkinson, l'infôme, les myélômes. Et dernièrement, ce qui est reconnu, c'est les cancers de la prostate depuis 2021. Voilà donc pourquoi moi, j'en suis arrivé à adhérer à cette association? Tout simplement parce que moi même, je suis victime et reconnu en maladie professionnelle, victime d'un cancer.
Et donc, je me suis dit OK, j'ai été ouvrier en arboriculture. J'ai épandu pendant 10 ans des pesticides. J'ai constaté que ça me rendait malade par des allergies, des fièvres et tout ça. J'ai arrêté. Je me suis installé en apiculture jusqu'à aller en apiculture bio. Bon, malheureusement, les pesticides m'ont suivi. Vous connaissez l'histoire des abeilles. Donc, en 2008, j'ai arrêté et j'ai fait un emploi de chauffeur de bus de nuit dans la ville d'Angers. Et en 2019, j'ai subi le verdict du cancer et je fais connaissance avec ce collectif lors d'une manifestation.
parce que c'était aussi une conférence due aussi à l'intoxication d'une population sur un territoire de maraîchers qui avait intoxiqué la population aux environs. Et du coup, par un aussi un produit qui avait obtenu une dérogation qui était reconnu toxique, mais obtenu une dérogation, le méthamsodium. Donc, j'ai je me suis dit, puisque je suis reconnu en maladie professionnelle et que je touche une rente que merci, vous payez tous. En fait, ça, ça fait partie des coûts cachés des pesticides, de l'agriculture conventionnelle et de l'agro business, on va dire. Donc, ce qui ne compte pas, c'est effectivement, on parle de rentabilité. Mais au niveau de la société, c'est absolument pas rentable.
Ça coûte au niveau de la santé des gens. Donc, je me suis dit, je vais je vais militer dans cette association et aider les agriculteurs qui tombent malades ou qui sont tombés malades à monter leur dossier, qui est assez compliqué. C'est un peu le parcours du combattant. Et c'est peut être la raison pourquoi aussi tous les malades de l'agriculture pesticidée ne sont pas reconnus en maladie professionnelle. C'est parce qu'ils ont du mal à faire la démarche. Et c'est surtout aussi parce qu'ils ne sont pas informés par leur mutualité sociale agricole, qui est leur assurance santé. Et ça, c'est vraiment scandaleux.
Les travailleurs de la mutualité sociale agricole n'ont pas pour mission d'informer leurs cotisants lorsqu'ils tombent malades, alors qu'ils savent très bien de quoi ils tombent malades et qu'ils ont ces maladies Parkinson, lymphome, cancer de la prostate, myelome, à rembourser. Et donc, ils devraient normalement, automatiquement reconnaître cette maladie, ces maladies en reconnaissant ces maladies professionnelles. Sauf que ça n'est pas fait. Et donc, nous, notre association, elle cherche à informer les gens que ça, c'est possible de se faire reconnaître en maladie professionnelle. Et ma motivation, c'est de dire plus il y en aura, plus ça coûtera cher.
En fait, eh bien, vu que les politiques, ils parlent beaucoup argent, pas tous, évidemment, puisque autrement, je ne serais pas là. Eh bien, je vais militer pour défendre ça et de façon à ce que les pesticides, on puisse trouver des alternatives. On a trouvé, d'ailleurs, mais faire la promotion de l'agriculture non-pesticidée. Les alternatives existent et des agriculteurs en vivent. Voilà. Je n'ai pas l'habitude de parler, je ne sais jamais combien de temps je prends. Donc, tu me diras, Mathilde. Donc, notre travail, c'est du travail de terrain. Donc, on exerce surtout, l'association, le collectif exerce surtout en Bretagne et Pays de Loire.
Et donc, ça consiste à aller chez les agriculteurs qui sont malades et à les aider à faire le dossier, les soutenir psychologiquement. Parce que la maladie, effectivement, c'est lourd psychologiquement. Et en plus, s'il faut faire le dossier de reconnaissance à la maladie et que rien n'est fait pour simplifier cette démarche, eh bien, c'est une charge supplémentaire pour ces gens-là. Voilà. Donc, la mutualité sociale agricole, elle devrait reconnaître automatiquement la maladie en reconnaissance lorsqu'elle est dans les tableaux des maladies de reconnaissance, dans les tableaux de maladies de reconnaissance, maladies professionnelles. Et ce qui n'est pas fait.
Au contraire, c'est un dossier qui est assez lourd, qui peut durer jusqu'à six mois. Et parfois, pour défendre le dossier, on est aidé par un cabinet d'avocats qui s'appelle le cabinet François Laforgue, que vous connaissez peut-être parce que c'est lui qui a soutenu aussi Paul François. Vous avez peut-être vu le film et qui connaît bien le sujet des pesticides. Et c'est lui qui nous soutient et qui nous défend au tribunal lorsque les dossiers sont un peu plus compliqués.
Excuse-moi, Denis, juste Paul François pour que tout le monde ait en tête. Paul François, qui est l'agriculteur qui s'est fait empoisonner aux pesticides et qui a réussi à gagner son procès contre Monsanto après une très, très, très longue bataille juridique. Et qui a notamment été lui-même victime d'un acte extrêmement violent il y a peu, où il a été, je crois, ligoté par trois individus qui sont arrivés chez lui, qui lui ont fait ingurgiter une substance dont il ne sait toujours pas ce que c'est, ce qu'on lui a fait ingurgiter. Donc, qui, depuis, reçoit des menaces extrêmement fortes. Et donc, il reçoit des menaces parce que c'est l'agriculteur qui a fait condamner Monsanto.
Voilà. Il a d'autant plus de mérite que c'était un agriculteur agrobusiness à l'époque et qu'il a tout reconverti. Ça fait 300 hectares en agriculture biologique. Donc, il voulait prouver que c'était possible et ça l'a été. Voilà. Je suis venu ici, donc, aussi pour dénoncer, en fait, quelques, comment on va dire, magouilles. Je ne vais pas dire autrement. C'est-à-dire que, par exemple, le Fonds d'indemnisation des victimes des pesticides, qui détient l'argent, donc, pour indemniser ou réparer les maladies des agriculteurs atteints.
Et bien, dans ce fonds d'indemnisation, dans ce conseil de gestion du Fonds d'indemnisation des victimes des pesticides, il y a une personne parmi les 12 du conseil de gestion qui fait partie de ce qui, anciennement, a été appelé l'UIPP, c'est-à-dire les producteurs de pesticides. Donc, il est là parce qu'il donne un tiers, à peu près, de la rente de réparation des agriculteurs. Mais nous, on dit qu'il n'a pas sa place dans un conseil de gestion de fonds d'indemnisation des victimes des pesticides. Et ça, il faudrait que ça change. Voilà, donc, sinon, je ne sais pas, qu'est-ce que j'oublie, peut-être ? Ah, les riverains, oui, effectivement.
Effectivement, il y a un cadre, donc, qui est un peu compliqué pour les agriculteurs, mais il n'y en a pas du tout pour les riverains. C'est-à-dire qu'il y a des gens qui vivent à proximité de vergers ou de maraîchers intensifs ou de cultures céréalières intensives et qui n'ont aucun cadre juridique pour se défendre lorsque un membre de leur famille tombe malade, alors que c'est forcément dû à une exposition journalière des pesticides dû aux épandages de proximité que les agriculteurs leur font subir. Voilà. Donc, on se bat aussi.
Il y a une commission riverain au sein du collectif qui permet, c'est une commission qui est aussi européenne, en fait, qui va s'organiser européennement de façon à pouvoir défendre aussi les riverains. Vous savez qu'il y a eu des lois permettant, soi-disant, d'éloigner les pesticides des habitations qui se réduisent à une peau de chagrin. Et donc, on veut défendre les riverains aussi. Voilà. Juste une petite précision lorsque vous dites, lorsque on vous dit que oui, mais les pesticides, c'est contrôlé, tout, enfin, c'est un peu le discours de la FNSA, parce qu'il y a l'EFSA qui contrôle, etc.
Il faut savoir que l'EFSA, en fait, elle ne fait que valider des études qui sont faites par les firmes elles-mêmes qui produisent des pesticides. Donc, c'est validé avec des outils informatiques, numériques. Et moi, j'ai absolument plus confiance, puisque j'ai utilisé des produits qui m'ont rendu malade, qui aujourd'hui sont interdits parce que reconnus cancérigènes, mais qui, à l'époque, étaient homologués. Donc, voilà. Je voulais alerter là-dessus. Lorsqu'on vous donne cet argument-là, il est faux, quoi, tout simplement. Je laisse la parole à Sylvie, ma femme, qui va vous parler de la suite. Je suis un peu déçue, parce que tout à l'heure, quand je suis rentrée, il y avait une ovation.
Alors, moi, je voulais faire ça. Et puis après, j'ai entendu que c'était « Mathilde, Mathilde, Mathilde ». Voilà. C'est pour détendre un petit peu l'atmosphère. Voilà. Ok. Alors, moi, je voulais vous parler. Bon, Denis a déjà évoqué le parcours du combattant pour une reconnaissance en maladie professionnelle. Donc, c'est vraiment un parcours du combattant. Ces familles-là ont vraiment besoin d'être soutenues. Et il n'y a rien. Il n'y a rien. Il y a au niveau de la MSA, Denis l'a dit, il n'y a aucun soutien. Les gens ne sont pas informés. La MSA est évidemment informée du fait que telle personne est atteinte d'un lymphome.
Enfin, d'une maladie au tableau qui est reconnue en maladie professionnelle. Mais n'informe pas, en fait. Ne dit pas à la personne. Là, vous avez un cancer de la prostate. Ça pourrait être une maladie professionnelle. Donc, on vous invite à demander une reconnaissance en maladie professionnelle et avec peut-être à la clé une rente qui vous indemnise. Qui ne répare rien. On ne peut pas réparer la santé quand elle est cassée. Et surtout par une maladie aussi grave que les cancers ou les maladies de Parkinson. On ne peut pas réparer. On peut juste indemniser pour permettre éventuellement de mieux se soigner, par exemple, ou de mieux être accompagné.
Et moi, j'avais vraiment envie de vous parler de du fait que derrière toutes les statistiques qu'on nous donne sur les maladies professionnelles, sur les personnes atteintes et aussi sur les riverains. On entend beaucoup parler d'une augmentation des cancers pédiatriques. Donc là, ce ne sont pas des maladies professionnelles. Évidemment, ce sont ce sont les riverains. Derrière toutes ces statistiques, il y a des drames familiaux énormes. En fait, ce n'est pas seulement la personne qui est atteinte de maladie qui souffre, mais c'est aussi son conjoint ou sa conjointe. Je pense beaucoup. Moi, je reçois beaucoup les confidences des femmes d'hommes atteints de maladies de Parkinson.
Ce sont plus souvent eux qui sont atteints, mais pas que. On a aussi dans le collectif des femmes qui sont atteintes et leur vie est devenue un enfer. Elles et lui non plus, tout le couple n'a plus de vie sociale. Ils passent leur temps en rendez vous médicaux. Leur beau projet de retraite, il n'y en a plus. Et puis, il y a toujours la mort qui rôde pas très loin. Donc, vraiment, j'avais envie de dire ça parce que c'est des drames. C'est vraiment des drames et leur fric à côté. On s'en fout. Pardon, je n'ai pas fait exprès. Voilà ce que je voulais vraiment vous dire. Ils ne peuvent plus faire de projet non plus. Ça, c'est vraiment quelque chose.
On voit ça, certains d'entre nous, au collectif. On a un ami, par exemple. Ça fait trois ans qu'il essaye de projeter un voyage. Et puis, à chaque fois, le passage à l'hôpital fait qu'il va falloir redémarrer un traitement, qu'il va falloir rester sur place. Enfin, ils ne peuvent plus faire de projet. Même des fois, ils n'en flonnent plus du tout parce que ce n'est pas la peine. Et voilà. Donc, j'avais vraiment envie de vous parler de ça. Alors, ce parcours du combattant, il est lié, comme je vous le disais tout à l'heure avec Denis, à la MSA, qui déjà ne donne pas l'information. Donc, très souvent, les personnes, elles l'apprennent par hasard.
Alors, ça fait partie de notre travail du collectif, de notamment faire des articles de journaux, d'organiser des rencontres pour parler de ce sujet là et se faire connaître. Et souvent, les gens nous contactent parce qu'ils ont vu un article dans le journal comme quoi ils pouvaient peut être être reconnus en maladie professionnelle parce qu'ils ont utilisé des pesticides. Donc, déjà, il y a ce manque d'informations.
Alors, la première chose qu'on leur demande de faire, c'est de faire un certificat médical initial, c'est à dire qu'ils doivent aller voir leur médecin pour que le médecin certifie qu'ils sont atteints d'une maladie, type l'info, maladie de Parkinson, cancer et qu'ils ont manipulé des pesticides. En aucun cas, on demande au médecin de faire le lien entre les deux. On leur demande juste sur un papier de noter ces deux faits là pour que la procédure puisse commencer. Et là, déjà, ça commence à poser problème parce qu'il y a beaucoup de médecins qui refusent.
Ils refusent par méconnaissance, certainement par manque de formation et aussi par crainte de s'engager à faire un lien qu'on ne leur demande pas de faire, mais qu'ils croient faire en signant ce papier là. Et on a des retours de personnes pour qui cette confrontation avec leur médecin traitant est vraiment très compliqué. Voilà, donc ça commence là déjà. Ensuite, le parcours n'est pas du tout fléché, on va dire, c'est à dire qu'une fois qu'ils ont même une fois qu'ils ont leur reconnaissance en maladie professionnelle, il n'y a personne. S'il n'y avait pas le collectif qui leur indique comment procéder pour obtenir une rente. Voilà donc là aussi, ça se complique.
Alors, vous vous rappelez le contexte que j'ai mis, donc des familles qui sont bouleversées par le verdict, qui ont la mort qui rôde autour, qui sont submergées de rendez vous médicaux. Et en plus de ça, pour faire cette démarche, il faut beaucoup d'énergie. Souvent, c'est la conjointe qui s'en occupe. Alors, parce que dans cette génération qui tombe malade, c'est plus souvent les hommes qui sont victimes. Mais souvent, c'est la conjointe qui s'occupe de ça, alors qu'elle s'occupe déjà de tout le quotidien. Et parfois même des gestes quotidiens de son conjoint, c'est-à-dire le faire manger, l'aider à s'habiller. Donc, vous imaginez un petit peu ce que ça peut être.
Donc, évidemment, c'est très compliqué pour eux de faire cette démarche. Le collectif est là pour les soutenir, mais malgré tout, ils sont parfois découragés. Ils reçoivent des courriers de la MSA, par exemple, qui sont absolument incompréhensibles. Voilà. Donc, on tient à souligner que certainement, cela ne tient pas aux professionnels de la MSA, mais bien à l'institution MSA qui ne veut pas favoriser les choses. Voilà. Alors, je vous ai dit que les médecins n'étaient pas très bien informés. Ils commencent cependant à se réveiller. Ça met du temps. Ce que je disais tout à l'heure à Mathilde, c'est que moi, j'étais infirmière libérale en milieu rural.
Et en 99, je m'en souviens très bien parce que je rentrais de trois mois de voyage. J'ai repris mon activité et je n'ai pas compris ce qui se passait parce que je voyais. J'étais appelée chez des agriculteurs qui avaient des maladies de Parkinson, des cancers. Enfin, un nombre incroyable, une augmentation incroyable. Je ne comprenais pas ce qui se passait. Donc, à ma petite échelle, moi, d'infirmière, en 99, je voyais et je me posais des questions sur ce qui était en train de se passer. Donc, des fois, j'avoue que je suis quand même un petit peu en colère que ça ait pris autant de temps et que les soignants ne se soient pas réveillés avant. Mais moi non plus.
Je ne me suis pas réveillée avant. Enfin, j'ai fait d'autres choses, mais je n'ai pas alerté. Je ne me suis pas non plus ralliée à mes collègues pour essayer de faire bouger les choses. Donc, voilà, ça met du temps. Et donc, les médecins se réveillent. Il y a l'ordre des médecins qui est intervenu par rapport à la loi du plomb. Donc là, franchement, peut être, on peut même les applaudir pour les encourager. Et puis, il y a une association de médecins qui s'appelle Alerte médecin pesticides qui se trouve entre New York et La Rochelle, où là, il y a des clusters, notamment de cancers pédiatriques.
Et donc, il y a des médecins qui sont en train de se constituer en association pour essayer d'alerter par rapport à ce qui est en train de se passer. À notre environnement malsain qui nous rend malade. Voilà, donc, par rapport à ce parcours du combattant, ça fait qu'il y a beaucoup d'agriculteurs qui ne se... D'agriculteurs en général, parce qu'il n'y a pas que des pays, que des maraîchers. On a des pépiniéristes, on a des viticulteurs. Enfin, voilà, tous les agriculteurs ont du mal à s'engager dans cette procédure. Et donc, on pense que le nombre de malades est très fortement sous-évalué à cause de ces difficultés.
Mais aussi, sans doute, parce qu'on s'en rend compte quand on côtoie le milieu agricole. Il y a une sorte d'omerta par rapport aux pesticides. Et c'est très mal vu de dire qu'on est reconnu en maladie professionnelle à cause des pesticides auprès de ses collègues qui eux-mêmes continuent d'en manipuler ou les ont défendus toute leur vie. Et puis aussi, sans doute, que c'est difficile aussi de reconnaître qu'on a fait une grosse erreur. Voilà. Alors, il se trouve... Donc, on a quelques réformes essentielles que porte Mathilde Higné de la France Insoumise. Voilà. Qu'on demande, on aimerait bien être entendues.
Alors, déjà, que les personnes qui relèvent du régime agricole, qui cochent toutes les cases par rapport au fait que c'est une maladie professionnelle, qu'elle soit systématiquement reconnue, qu'il n'y ait pas toute cette procédure à mettre en place. On demande aussi, et ça, on ne vous en a pas parlé. Alors, ça, c'est des... Denis parlait de magouille. La rente qui est obtenue, donc la rente de maladie professionnelle, actuellement, elle débute à partir d'une date dite de consolidation dont on ne sait pas trop ce que ça veut dire. Vraisemblablement, c'est une stabilisation de la maladie, mais c'est un truc quand même assez subjectif.
Et en fait, la MSA joue beaucoup là-dessus, sur le fait de retarder le plus possible cette date, pour ne pas avoir à payer des arriérés. Voilà, des arriérés. Et nous, on demande que ce soit la date de la première constatation de la maladie. Voilà. On demande à ce que les personnes qui relèvent du régime de la CPAM, parce que, par exemple, Denis vous a expliqué, il a terminé sa carrière chauffeur de bus, donc il relevait de la CPAM. Et donc, le relevent de la CPAM serait pu poser des difficultés, parce qu'il n'y a pas la reconnaissance en maladie professionnelle liée aux pesticides pour les personnes relevant de la CPAM.
Donc, ce qu'on demande, c'est que les personnes qui relèvent de la CPAM soient aussi prises en compte dans ce genre de reconnaissance. On demande que ce soit les entreprises productrices de phytosanitaires qui assument la charge totale des rentes des personnes. Actuellement, elles n'en assument qu'un tiers. D'accord ? Donc, comme disait Denis, c'est vous qui participez aussi à ça. Et on demande à ce que le représentant des phytosanitaires qui siège au FIVP, au Fonds d'anonymisation des victimes des pesticides, soit éjecté. Voilà. Je vous lis juste ma petite conclusion. Donc, depuis 2015, notre collectif accompagne des victimes de pesticides.
Notre expérience montre qu'accompagnement et solidarité sont nécessaires pour que la démarche du malade puisse être conduite à son terme. En effet, la maladie constitue déjà elle seule une charge mentale, et pas seulement mentale, qui ne laisse pas beaucoup de disponibilité pour s'occuper d'autre chose. Être guidé, conseillé, rassuré est un réconfort. Et en ça, par exemple, le service social de la MSA n'intervient pas parce qu'il y a le secret médical entre les médecins qui connaissent la maladie et le service social. Donc, ils ne sont pas aidés non plus à ce niveau-là.
Alors, au sein de notre association, l'accompagnement de chaque démarche individuelle est un pass supplémentaire vers un but commun, en terminé avec l'utilisation de ces poisons légaux que sont les pesticides. Merci, Sylvie.
Merci beaucoup, Denis et Sylvie. Et ce dont parlait Sylvie à l'instant, c'est que Mathie Ligné, en lien avec le collectif de soutien aux victimes de pesticides de l'Ouest, a donc déposé une proposition de loi qui reprend les revendications issues du travail de terrain qui est fait par le collectif. Donc, merci infiniment à vous. Je me tourne vers Lucien et je te donne la parole.
On m'entend ? Comme par hasard, ça tombe sur moi. Merci. Alors, je disais, comme on dit chez moi, bel bonjour. Ça veut dire bonjour. Il y a des Antillais ici dans la salle ? Oui ! Yes ! M'empêquez pas les créoles. Bon, je ne veux pas parler créoles, mais je suis content quand même. Alors, ce que je voudrais dire, c'est que vous avez vu que nous, bon, naturellement, les Antillais, on garde notre bonne humeur. Mais malgré tout, on a énormément de choses qui sont très contraignantes chez nous, sur nos territoires.
Et en tout cas, avant de parler de ça, je suis honoré d'être aux côtés de Mathilde Panot et aux côtés de Sandrine Rousseau, ainsi que Sylvie et Denis, pour parler de ce qui se passe chez nous. En Martinique, en Guadeloupe, depuis les années 60, on a un pesticide qui s'appelle le chlordécone, qui est utilisé par, on va dire, une caste aux Antilles, qui sont blanche, on n'a pas de problème avec les problèmes de couleur, mais leur particularité, c'est que ce sont une lignée de colonialistes.
Donc nous, en plus d'avoir le problème de pesticides chez nous et d'autres problèmes qui sont liés aux injustices, dont je vais parler tout à l'heure, Sandrine Rousseau parlait tout à l'heure de fascisme, nous, on a le problème de colonialisme. Et donc, du coup, pour parler, pour faire une petite synthèse de cela, comme je disais, depuis les années 60, on a ce pesticide qui s'appelle le chlordécone qui a été utilisé par une caste qu'on appelle les béquets. Donc voilà, c'est les esclavagistes et les fils d'esclavagistes, les fils et les filles d'esclavagistes, sur la Martinique, la Guadeloupe et les territoires d'outre-mer dans son ensemble. Et leur objectif était de créer de la monoculture.
C'est ce qu'ils ont fait d'ailleurs jusqu'à maintenant. Aujourd'hui, si vous allez en Martinique et que vous partez du Lamantin, là où il y a l'aéroport, et que vous alliez, je ne sais pas, par exemple, au Robert, qui est la troisième plus grande ville de la Martinique, vous allez vous rendre compte qu'il y a énormément de champs de bananes. Et ces champs de bananes, depuis les années 60, font l'objet d'épandages. Et il y a une association, j'aimerais vraiment mettre en avant plusieurs associations, notamment la première qui s'appelle Zéro Chlordécone, Zéro Poison. C'est le premier collectif qui se sont rassemblés dans les années 2010 pour pouvoir combattre contre ça.
Ils ont effectué énormément de combats. Donc voilà, ça a été des combats assez agressifs. Donc quand je dis agressifs, ils n'en sont pas venus aux mains à tout ça. Mais des combats très revendicatifs. Et ils ont eu quelques victoires, notamment l'une des plus grosses victoires, c'est de permettre d'avoir le dépistage du chlordécone dans le corps des Martiniquais. des personnes gratuits. Parce que lorsque, dans les années 2009-2010, il y a eu ces décrets qui ont stipulé que c'était très dangereux pour la population, pour les terres et pour l'environnement, il y a plusieurs laboratoires qui sont venus, qui se sont mis en place pour pouvoir faire du dépistage.
Et ces dépistages-là étaient à 140 euros par personne. Donc ils ont combattu pour avoir ces dépistages-là gratuits. Ils ont aussi combattu pour permettre que la population soit reconnue, aussi bien les ouvriers agricoles que la population. Il faut savoir aussi que depuis les années 60, les Antilles, la Martinique et la Guadeloupe ne s'appelaient pas les régions et les départements d'outre-mer. Ça s'appelait les colonies. Et c'était des colonies. Et à cette époque-là, il y a eu énormément de revendications violentes qui ont produit beaucoup de morts du côté de la population. Énormément d'histoires. On ne va pas étaler tout cela ici. On n'aura pas assez de temps.
Mais ce que je retiens de tout ça, c'est que je me rends compte que c'est les mêmes personnes, c'est les mêmes procédés, que ce soit dans la Loire ou que ce soit sur les territoires d'outre-mer. Les mêmes personnes, ce sont les mêmes procédés, ce sont les mêmes victimes, à savoir les personnes les plus démunies, la population locale. Et aujourd'hui, on va se rendre compte que depuis les années 60 jusqu'à maintenant, il n'y a pas de changement. Ce qui diffère, et ce qui me peine le plus, c'est que, quel que soit le lieu, les personnes qui sont victimes de ces pesticides-là doivent pouvoir être prises en charge à 100%. Ça ne devrait même pas être une question à poser.
Et en plus de ça, sur les territoires d'outre-mer aux Antilles, on n'a pas ces revendications et on n'a pas ces avantages qui nous permettent d'être dépistés et de se dire que, oui, on a du chlordécone dans le corps et à l'issue de ce chlordécone, on doit être pris en charge au niveau de la santé. Il n'y a pas de prise en charge là-bas. Puisque il n'y a pas eu de... Il y a eu des répercussions, mais il n'y a pas eu de revendications. Et puis, rien n'a été stipulé clairement que ces pesticides-là ont été faits par le gouvernement et par la grande distribution aujourd'hui. et de ce fait, la population n'a aucun droit, en fait. La population malade n'a aucun droit. C'est ça. C'est ça.
Donc, voilà. Ce que je peux dire aussi, c'est que... Je vais reprendre mes notes. Alors, les pesticides, ils ont des conséquences multiples. Ils ont à la fois des conséquences au niveau de l'environnement, comme je le disais tout à l'heure, dans la Terre, puisque aujourd'hui, si je vous pose la question, ceux qui savent, ne répondez pas. À votre avis, il y a eu des épandages. Donc, voilà. Les épandages se sont arrêtés. Il y a eu des semences. Donc, on a semé du chlordécone à la main. Les personnes qui ont semé du chlordécone à la main ou par les machines ont été fortement touchées. Beaucoup sont morts ou beaucoup sont malades aujourd'hui. Et à votre avis, combien d'années...
Pendant combien d'années les terres sont affectées par ce pesticide-là ? 100 ans ? 400 ans ? 700 ans. Donc, les terres sont affectées pendant au moins 700 ans. Donc, les conséquences environnementales sont catastrophiques. On a aussi des conséquences au niveau populaire. c'est-à-dire que lorsqu'il y a un fruit ou un légume qui sort de la terre, bien sûr, on va forcément trouver du chlordécone dedans. D'ailleurs, les personnes qui mangent des bananes de la Martinique ou c'est écrit... Quand vous allez faire vos courses, il s'est écrit banane de la Martinique ou banane des Antilles. Faites des analyses, en tout cas, de la banane. Si je dis ça, je ne dis rien.
Et on a aussi des conséquences socio-économiques. Dans la mesure où, aujourd'hui, on a des agriculteurs aux Antilles. Vous avez parlé des agriculteurs aussi. Donc, c'est pour ça que je dis que c'est vraiment les mêmes problèmes, les mêmes personnes, les mêmes problèmes. Les agriculteurs, aujourd'hui, sont restreints par le gouvernement lorsqu'il y a du chlordécone sur leurs terres qui sont déclarés. C'est-à-dire qu'on a des agriculteurs, aujourd'hui, à qui on dit vous ne pouvez pas cultiver parce que vous avez un certain taux de chlordécone dans les sols. Et à chaque fois, il y a des études qui sont faites pour savoir s'il y a du chlordécone sur certaines terres ou non.
Donc, il y a le métier, il y a ce métier d'agriculture qui disparaît, en fait. On a aussi... Alors, il y a un petit bien pour un mal, un petit bien pour un mal qui se fait. Alors, les colons de l'époque ne prenaient pas les terres qui étaient dans les hauteurs puisque c'était trop difficile pour eux de marcher, d'aller dans les hauteurs ou de rouler dans les hauteurs. Donc, ils prenaient les terres qui étaient plates. Et c'est dans ces terres-ci qu'il y a eu le plus de chlordécone. Ce qui veut dire qu'aujourd'hui, on a des agriculteurs qui sont dans les hauteurs qui ont des terres avec 0% de chlordécone. Donc, voilà. C'est un bien pour un mal.
On ne devrait pas dire ça, mais c'est un bien pour un mal. Et aujourd'hui, on a créé plusieurs... plusieurs équipes, si je puis dire ça comme ça, qui travaillent avec les agriculteurs aujourd'hui en Martinique, notamment, pour pouvoir aider ces agriculteurs-là. Parce que l'autre chose qu'il faut savoir, c'est que sur les droits que nous avons, sur les droits que les agriculteurs ont et les financements et les aides que les agriculteurs ont, nous, on est tout en bas de la file. C'est-à-dire que, par exemple, il me semble que sur... sur la charte qui permet à la Corse d'avoir des aides de l'État à hauteur de 280 millions d'euros, la Martinique n'a que 7 millions. Pour toute la Martinique.
Et ces 7 millions-là, devinez qui a la plupart des millions pour pouvoir... pour pouvoir gérer l'île. Ce sont les mêmes personnes, les béquets. Donc, on est dans cette configuration-là où la population est étreinte de partout. Et donc, les revendications que nous avons, elles sont celles-ci. Le fait que le peuple peut se gérer. on est encore dans un système qui est colonial puisqu'on pense que la population, le loco, ou une personne locale ne peut pas gérer un certain secteur d'activité. Ou c'est fait exprès. Je pense que c'est fait exprès. Et on est lésé. La population est lésée.
Donc, aujourd'hui, la population des Antilles, la population caribéenne, que ce soit la Martinique, la Guadeloupe ou la Guyane, en tout cas, les Outre-mer, les Outre-mer, les territoires d'Outre-mer françaises, se lèvent. Et je suis content d'être là et je suis content aussi que vous soyez là parce que ces choses-là, il va falloir que tout le monde les entende. Et ces choses-là aussi, il va falloir qu'on ait le soutien de tout le monde. Donc, merci à vous.
Merci beaucoup, Lucien. Et pour continuer sur ce qui a été dit, Lucien a commencé en disant ce qui se passe autour de la Loire et ce qui se passe aux Antilles, c'est les mêmes procédés. Moi, je veux insister sur un point, peut-être avant de vous laisser la parole pour les questions. D'abord, ce qui s'est passé cet été est extrêmement important parce qu'on a repolitisé notamment le cancer. Et au pire, quand vous avez un cancer, alors, au mieux, plutôt, on va dire ça comme ça, au mieux, on vous dit, c'est pas de chance. Pas de chance, t'as un cancer. Bon, voilà. Au pire, on vous remet la responsabilité individuelle pour vous dire que vous l'avez un petit peu méritée.
C'est ce que disait Sandrine Rousseau tout à l'heure. Vous avez fumé, vous avez mangé du saucisson gras plutôt que de manger des brocolis, vous n'avez pas été courir le matin et je ne sais quoi, et je ne sais quoi. Et on individualise ainsi la question des maladies qui sont faites. Ce qui s'est passé cet été est primordial parce que cela repolitise les maladies.
Et on sort du prisme individuel pour revenir sur le fait que ce dont nous sommes malades, c'est de la société, c'est de la manière dont on incorpore les normes sociales et les règles qui sont faites et que parce que la société est malade dans la manière dont elle est construite aujourd'hui par les lobbies pour le profit, eh bien du coup, cela se retrouve dans notre chair, dans notre corps. Et donc, ce qui s'est passé cet été est quelque chose de fondamental pour récupérer la question de la souveraineté sur nous-mêmes, de la souveraineté alimentaire, de la souveraineté agricole, bref, de comment est-ce que nous contrôlons nos vies. Voilà ce qui s'est passé cet été.
Et peut-être pour commencer, si on voulait donner une image de ce à quoi Emmanuel Macron a réduit la France, tout à l'heure, Sandrine Rousseau parlait de la mortalité infantile dont j'ai beaucoup parlé. Normalement, quand vous regardez le niveau de développement, le niveau de bien-être d'un pays, vous regardez le niveau de mortalité infantile dans un pays. Mais moi, je vais vous donner une autre image. La France de Macron, c'est le retour du score but. Le score but, c'était la maladie des marins. Le score but, pour l'avoir, il faut que pendant un à trois mois, je répète, pendant un à trois mois, vous ne mangiez aucun fruit ni aucun légume frais.
Donc, c'est une période quand même assez longue. D'où le fait qu'on l'appelait la maladie des marins. Eh bien, il se trouve qu'en 2024, en France, une étude est sortie pour montrer que le score but revenait fortement dans le pays et touchait des centaines d'enfants dans le pays. Cela veut dire que la France sous Macron, c'est non seulement une personne sur trois qui se prive régulièrement de repas pour pouvoir nourrir ses enfants, c'est un nombre d'enfants qui explose, qui se trouve sans abri et qui se trouve à dormir à la rue, mais c'est la maladie du score but qui revient. Et je trouve que ça dit tout de ce que nous sommes en train de dire sur l'ère de la maladie politique.
Oui, le score but est politique comme le cancer est politique. Et donc, puisque c'est politique, cela implique non plus d'être dans une responsabilité individuelle culpabilisatrice sur les gens, mais cela appelle à l'action collective. Et voilà ce que nous faisons aussi collectivement en faisant de la politique. Et peut-être pour aller sur la question des mécanismes dont on parlait juste après et qu'on retrouve dans les différents scandales qui ont été évoqués. D'abord, vous avez beaucoup de choses qui se retrouvent et une première chose, c'est le fait qu'à chaque fois, vous retrouvez les inégalités sociales de la société dans la maladie.
Dans les années 80, vous aviez, lorsque vous étiez ouvrier, quatre fois plus de risque de mourir d'un cancer qu'un cadre supérieur. Aujourd'hui, vous avez dix fois plus de risque de mourir d'un cancer qu'un cadre supérieur lorsque vous êtes un ouvrier. On sait aujourd'hui que ce sont dans les communes les plus pauvres qu'on trouve les centres d'enfouissement des déchets les plus dangereux mais qu'on trouve aussi les incinérateurs. Je peux en dire quelque chose pour avoir à Ivry-sur-Seine le plus grand incinérateur d'Europe qui a été reconstruit qui se trouve là aussi dans les communes populaires.
Et que dire des Antilles dont on parlait juste avant mais d'ailleurs on peut parler d'autres territoires dits d'outre-mer. On peut parler des essais nucléaires qui ont été faits en Polynésie mais reprenons les Antilles avec un racisme et un néocolonialisme qui est évident puisque l'on parle de 95% de la population anti-aise qui est contaminée en chlordécone. On parle et Lucien l'a dit de sol, d'eau mais même y compris de cordons ombilicaux des femmes qui sont empoisonnées et ce pour des générations et des générations puisque l'on parle de 7 siècles d'empoisonnement. Alors quand on regarde les mécanismes qui sont faits à chaque fois on a des caractéristiques communes.
D'abord tout le monde savait à chaque fois dans tous les scandales tout le monde savait et ne croyait pas qu'ils font ça de manière inconsciente comme le vote de la loi Duplomb et pourtant ils décident en conscience volontairement de donner des permis de tuer aux multinationales. Je donne des exemples l'amiante dès 1927 on sait ce que l'amiante peut créer sur les corps humains et la santé.
L'amiante est pourtant interdit en France après de longues longues batailles seulement en 1997 on la trouve encore dans des écoles on estime qu'il y a encore des malades professionnels de l'amiante aujourd'hui et juste pour vous rappeler les chiffres on pense qu'il y a entre 120 000 et 180 000 personnes qui sont d'ores et déjà mortes de l'amiante et entre 2009 et 2050 nous parlons pour l'amiante d'une responsabilité de 70 000 à 100 000 morts de l'amiante. 1927 1997 je vous donne un autre exemple Chlordécone Chlordécone depuis au moins 1976 on savait ce que créait le Chlordécone pourquoi ?
parce qu'aux Etats-Unis le Chlordécone a été interdit suite à un scandale en 1976 en France on continue à l'utiliser jusqu'en 1990 en Hexagone avec une dérogation de 3 ans pour les Antilles puisque à cette époque-là les lobbyistes les industriels les planteurs expliquaient qu'ils ne pouvaient pas faire autrement ça doit vous rappeler quelque chose avec le glyphosate avec les néonicotinoïdes etc et donc ont permis de l'utilisation jusqu'en 1993 aux Antilles du Chlordécone scandale qui n'est pas un scandale du passé comme l'amiante scandale qui perdure toujours et qui perdurera à l'avenir vous pouvez faire la même liste avec tout les néonicotines l'acétamipride ils savent la preuve toutes les sociétés savantes les scientifiques les chercheurs qui se sont exprimés le glyphosate rappelez-vous quand Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir dans 3 ans le glyphosate est interdit et bien le glyphosate n'est toujours pas interdit alors qu'il l'avait promis pour 2020 et on sait dans beaucoup d'études par exemple que le glyphosate augmente l'exposition au glyphosate augmente de 40% le risque de cancer pareil par exemple pour les PFAS dont Gabriel Amard qui n'est pas là aujourd'hui pourrait vous parler assez longtemps ce qu'on appelle les polluants éternels qu'on retrouve absolument partout et qui là aussi va produire d'énièmes et énièmes énièmes maladies politiques donc première caractéristique tout le monde sait en tout cas dans les responsables et ils décident quand même de sacrifier la santé des gens au profit au lobby à la rentabilité donc ils le font sciemment ce que j'appelle avec une chercheuse des permis de tuer donnés aux multinationales une deuxième caractéristique qui vient juste après parce qu'ils sont malins ils effacent les traces qu'est-ce que c'est l'effacement des traces c'est quand vous ne faites pas de suivi médical parce que pas de suivi médical pas de malade pas de malade du coup pas de problème pas de nécessité de changer la politique à long terme je vous donne un exemple qui est très récent vous vous rappelez que Notre-Dame a brûlé Notre-Dame a brûlé la cathédrale et il se trouve que la cathédrale de Notre-Dame de Paris a un toit sur lequel se trouvent 400 tonnes de plomb donc quand ça a brûlé évidemment avec la fumée tout ça s'est répandu absolument partout vous n'avez aucun suivi médical ni des travailleurs ni des commerçants autour ni des habitants ni des enfants à l'école ni des enfants à la crèche absolument rien et peut-être que dans 10 ans dans 15 ans ces gens développeront des maladies qui sont liées justement au fait que le plomb est un neurotoxique etc etc développeront des maladies et qu'ils ne feront jamais le lien avec l'incendie de Notre-Dame donc ça c'est ce qu'on appelle l'effacement des traces je vous rassure tout de suite ils ont reconstruit le toit de Notre-Dame de nouveau avec du plomb voilà parce que sinon parce qu'il faut apprendre de ses erreurs vous comprenez donc ils l'ont reconstruit de nouveau avec du plomb ça c'est ce qu'on appelle l'effacement des traces il y a d'autres manières d'effacer les traces c'est par exemple quand vous laissez les gens dans l'ignorance tout à l'heure on disait il n'y a pas d'information qui est donnée aux agriculteurs sur le fait qu'ils peuvent faire des procédures qui sont des batailles en plus incroyables de reconnaissance de maladies professionnelles je vous donne un autre exemple d'ignorance complète de ce qui se passe c'est le combat de Laure Marivain dont vous avez peut-être entendu parler Laure Marivain qui est une fleuriste dont la fille de 11 ans Amy est morte suite à un long combat contre une leucémie foudroyante et on s'est rendu compte que Amy a été contaminée et empoisonnée aux pesticides par le métier de sa maman lorsqu'elle était enceinte puisque Laure Marivain est fleuriste et comme fleuriste elle n'avait aucune conscience qu'elle était en train de manipuler directement des pesticides quand vous êtes agriculteur et autres vous avez une conscience du fait que vous manipulez des pesticides même si vous ne savez pas forcément ce que ça veut dire derrière excusez-moi mais mais lorsque vous êtes une fleuriste personne ne vous dit que vous êtes en train de manipuler des pesticides donc Laure Marivain contre son gré sans aucune information a empoisonné avec ce qu'elle appelle des tueuses silencieuses c'est-à-dire les fleurs a empoisonné sa fille et sa fille est la première enfant à avoir été reconnue par le fonds d'indemnisation des victimes de pesticides on a regardé dans une étude belge par exemple qui a fait une étude sur les fleuristes ils ont trouvé en faisant travailler juste un peu une journée des fleuristes ils ont trouvé plus de 100 pesticides différents sur les gants et plus de 70 pesticides différents dans les urines voilà de quoi on parle lorsqu'on dit maintenir des gens dans l'ignorance et depuis Laure Marivain se bat non seulement pour qu'on mette des normes sur les fleurs coupées puisqu'il y a 85% des fleurs qui sont importées de l'étranger et il n'y a pas de normes de limite de résidus comme il y a par exemple sur les aliments mais elle se bat aussi pour qu'on informe les fleuristes pour qu'il y ait des protections pour les fleuristes ce qui n'existe pas aujourd'hui et puis il y a une autre forme aussi pour invisibiliser les victimes de pesticides et les victimes de maladies politiques c'est de faire ce qu'on appelle soit de la précarisation des travailleurs soit directement de la sous-traitance c'est ce qui se passe par exemple dans le nucléaire dans le nucléaire 80 à 90% de la maintenance nucléaire est faite par des sous-traitants qu'on appelle souvent d'ailleurs des nomades du nucléaire des gens qui vont changer d'un endroit à l'autre qui vont changer d'employeur à l'autre et ces sous-traitants du nucléaire se retrouvent à recevoir 80% de la dose radioactive ça c'était le combat notamment d'un homme puisque nous sommes dans la Drôme à qui j'aimerais qu'on rende hommage qui était un insoumis extraordinaire qui nous manque humainement mais aussi comme militant Gilles Reynaud le fondateur de Mazone Contrôlé Gilles Reynaud est décédé cette année et Gilles Reynaud est quelqu'un qui a fait un travail extraordinaire que moi je veux continuer pour les sous-traitants du nucléaire notamment pour qu'il y ait un statut unique une convention collective unique pour l'ensemble des travailleurs du nucléaire parce que ceux qui ont le statut dont ce qu'on appelle les industries électriques ont eux des protections meilleures des rémunérations meilleures des protections de travail meilleures que les sous-traitants du nucléaire qui font pourtant dont l'industrie nucléaire fait une utilisation absolument massive et bien ça c'est le combat que Gilles Reynaud insoumis syndicaliste a porté et que nous nous continuerons à porter vous pouvez aller voir Mazone Contrôlé qui est dans le village juste après donc d'abord tout le monde sait on donne des permis de tuer à des multinationales et à des industriels ensuite on efface les traces et troisième et dernier mécanisme évidemment on organise l'impunité on organise l'impunité pour ceux qui ont empoisonné pour les empoisonneurs vous vous rappelez probablement du scandale qu'il y avait eu avec les Monsanto Papers les Monsanto Papers où il avait été démontré que Monsanto avait trafiqué des études pour qu'on mette en doute le lien de causalité entre le glyphosate et des maladies cancérogènes donc à chaque fois on met en doute la causalité on n'est pas sûr que ça soit ça ça pourrait être ça mais ce n'est pas tout à fait ça il n'y a aucune preuve etc.
etc.
la preuve des papiers scientifiques qui avaient été sortis par Monsanto lui-même via des chercheurs qui montraient qu'il n'y avait aucune causalité ça c'est la première manière qu'ils ont ensuite évidemment il y a le parcours de combattants dont parlaient Denis et Sylvie juste avant qui là aussi organise l'impunité et par exemple quand on regarde sur l'amiante l'état a été plusieurs fois condamné sur l'amiante mais il n'y a jamais eu de procès au pénal pour les industriels de l'amiante jamais et à chaque fois qu'il y a des batailles alors on arrive à en gagner quelques-unes il y a Paul-François dont on parlait juste avant il y a une condamnation de l'état récente sur les algues vertes qui a été gagnée mais à chaque fois c'est là aussi l'impunité qui est organisée et c'est le troisième mécanisme qui est fait et là on fait le lien avec le chlordécone avec un non-lieu qui a été déclaré sur le chlordécone ce qui est un scandale absolu et je veux terminer par ça avant de vous laisser la parole pour dire c'est pourquoi nous nous sommes des partisans de l'écologie populaire parce que pour nous il est insupportable que les riches puissent acheter un air qui soit sain qui puissent acheter une eau qui ne soit pas polluée qui puissent acheter des terres qui ne soient pas empoisonnées et que ainsi comme cela on se retrouve dans une situation d'une hypocrisie totale c'est le débat qu'on a eu à l'Assemblée récemment je sais qu'on n'est pas d'accord avec le groupe écologiste dessus sur cette question mais ça montre l'hypocrisie sur la question des ZFE l'hypocrisie pourquoi est-ce qu'il y a ces ZFE qui sont faites ces ZFE sont faites officiellement sur la question de la santé des gens et notamment de la pollution de l'air il se trouve que si on développait par exemple des transports publics gratuits ce que nous nous proposons nous aurions une mesure de santé qui serait dix fois plus efficace que les zones qu'ils sont en train de faire et qui exclut des centaines de milliers de gens dans le pays de la mobilité nous ne sommes pas d'accord avec l'assignation à résidence des classes populaires de même nous ne sommes pas d'accord avec le fait que des gens fassent la leçon sur la question de la pollution de l'air avec une France qui a été multicondamnée sur cette question pendant que ce sont les mêmes qui détruisent et je sais que nous sommes d'accord là-dessus le service public ferroviaire le fret ferroviaire et qui mettent des millions et des millions de camions partout sur les routes parce que là on peut parler de la question de la qualité de l'air voilà pourquoi nous sommes partisans de l'écologie populaire qui lie les choses avec la justice sociale et ce que nous voulons démontrer probablement avec cette conférence ce que le lien qui est avéré avec ce qui se passe avec l'épidémie de maladie c'est que ce que fait le capitalisme c'est de créer des conditions dégradées d'habiter le monde mais ce ne sont pas seulement des conditions dégradées d'habiter le monde ce que crée le capitalisme c'est d'expliquer qu'il y aurait en quelque sorte des vies qui valent moins que d'autres la peine d'être vécues c'est ça qui est en train de se passer lorsqu'on parle de ce qui se passe aux Antilles dans ce qu'on se parle dans ce qui se passe dans les quartiers populaires dans les ruralités dans les villages et bien nous ne serons jamais d'accord avec ça nous ce que nous portons partout et tout le temps c'est toutes les villes se valent toutes sans exception et donc toutes les vies se valent il n'y a personne de surnuméraire ici et donc ce que nous portons c'est la question du droit à la vie digne et c'est pourquoi l'écologie est forcément anticapitaliste et c'est pourquoi l'écologie est un champ de bataille alors entre les lobbies et la survie de l'espace humain il faut choisir et nous nous avons choisi et c'est pourquoi dès septembre prochain nous mettrons toutes nos forces à la fois pour faire tomber Bayrou et son gouvernement mais aussi pour faire partir Macron merci infiniment à vous et on va laisser des questions être posées
Pouyanné aussi effectivement Ayotte qui fait partie de l'une des personnes majeures qui son père et son grand-père ont travaillé à la à l'épandage du chlordécone et aujourd'hui qui détient plus de 80% de la grande distribution en Martinique a été décoré de la Légion d'honneur il y a quelques mois par Macron il y a deux Pardieu et Pouyanné aussi qui ont été décorés par la Légion d'honneur et sans doute quelques autres encore je voulais confirmer une chose je suis épileptique je suis épileptique depuis Macron depuis Macron il y a 15% d'épileptique en plus parce que tout ce qui est en fait pollution et autres rajoute de l'épilepsie etc etc la FFR RE a confirmé en faisant des études etc etc et en plus c'est moins remboursé qu'avant on galère de plus en plus pour se faire reconnaître etc etc donc c'était pour confirmer vos dires sur autre chose et une dernière chose je vous conseille dans toute la salle le livre Gains de Richard Powers en fait il part des années 1800 jusqu'aux années 2000 à peu près non pas 1995 96 et il prend en fait un vendeur de bougies qui se transforme en Transper et Gumbel en général et qui finit vendeur de goutte à goutte cancérigène et nous vous avez tous processus c'est exactement ce que vous dites bonjour déjà j'ai une double question la première ça concerne effectivement l'agriculture moi il y a une question qui me porte c'est est-ce que pour sauver justement l'agriculture en tout cas bio est-ce que ce serait intelligent de voter enfin de signer un traité un traité européen qui s'appelle en anglais le plant-based treaty ou en français le traité végétalien et dans un second temps j'aimerais juste interpeller Sandrine Rousseau quand elle a je sais pas si on peut je peux dire tu vous quand tu as parlé effectivement de la santé mentale effectivement la situation aujourd'hui l'état qui est catastrophique littéralement il faut parler français est-ce que vu vu les nombreuses dérives est-ce qu'il faudrait pas pour une fois peut-être réformer peut-être le système le système cicatrique français une dernière question je suis désolé il faut qu'on rende la salle à 17h15 merci pour vos interventions au sujet des cancers pédiatriques des enfants actuellement on embête les familles parce qu'on est tous les cancers pédiatriques notamment en région viticole on parle de la campagne notamment en région viticole tous les cancers pédiatriques ne sont pas encore reconnus c'est à dire que tant que ça pas le poumon atteint voilà c'est très compliqué pour les familles et c'est dramatique on a reculé en termes de mettre l'épandage autour des écoles et des villages mais ça ne sert à rien c'est plus grave que ça et faites reconnaître tous les cancers pédiatriques si vous le pouvez merci on peut procéder aux réponses alors sur les cancers pédiatriques il se trouve que j'ai échangé beaucoup avec les personnes qui sont dans les cancers pédiatriques de Charente et qui ont trouvé dans les cheveux des enfants des pesticides rémanents c'est à dire des pesticides interdits mais qui refont surface et donc qui sont ingérés par les enfants de nombreuses années après le répandage parce que ça c'est aussi quelque chose qui nous est vendu par l'industrie agrochimique qui est qu'on répand un pesticide et derrière il n'y a pas de conséquence donc on le voit avec le chlordécone il y a 7 siècles avant qu'il puisse disparaître autant dire que c'est l'infini mais on le voit aussi sur l'acétamipride c'est qu'au Japon ils ont montré que les enfants les avaient dans les liquides céphalo-rachidiens ils ont pris le liquide céphalo-rachidien c'est à dire ce qui entoure le cerveau de 14 enfants et ils ont trouvé dans 13 de ces 14 enfants de l'acétamipride dans le liquide qui entoure le cerveau et j'ai entendu des gens des journalistes des médecins affiliés au lobby dire sur des antennes type voilà les grandes antennes d'information je ne vais pas citer les noms dire ouais mais sur 14 enfants ça n'est pas suffisant comme échantillon pour conclure mais j'ai envie de leur dire il suffirait qu'on le trouve dans le cerveau d'un seul enfant et ça suffirait à ce qu'on l'interdise en réalité c'est à dire qu'on ne va pas trépaner 1200 enfants pour faire un échantillon représentatif en fait ça n'existe pas mais que par contre sur 14 enfants testés il y en a 13 qui est de l'acétamipride ça n'est pas possible et par ailleurs cette même étude a montré que l'acétamipride était retombée par la pluie c'est à dire qu'en fait elle était absorbée et elle retombait sous forme de pluie à des endroits plus loin donc il y a vraiment cette parce qu'on a l'impression que c'est un geste et qu'après c'est terminé mais tout ce qu'on répand aujourd'hui rien ne se perd rien ne se crée tout se transforme tout ce que l'on répand aujourd'hui dans la terre reviendra d'une manière ou d'une autre sera rémanente et donc c'est en cela qu'on ne peut pas se permettre d'avoir des temps d'expérimentation on ne peut pas se permettre d'avoir même des temps courts d'expérimentation dès lors qu'il y a le soupçon d'un danger on doit juste l'interdire et c'est pour ça que les 2 millions et je suis sûre que vous êtes tous et toutes signataires de cette pétition pour moi les 2 millions de signataires de la pétition contre Duplomb c'est la première fois en fait qu'il y a cette révolte écologique sur notre santé et c'est pour moi un moment de bascule très important dans l'opinion publique dans la société et j'espère que le débat à l'Assemblée et la suite l'écologie deviendra une lutte sociale parce qu'aujourd'hui c'est des endroits de lutte sociale mais ça n'est pas une lutte collective enfin une lutte commune en tous les cas et j'espère que cette loi Dupont finalement parce qu'ils sont allés sans doute un peu trop loin permettent de déclencher cette révolte populaire écologique indispensable il y avait aussi sur la psychiatrie pardon oui il faut réformer de fond en comble la psychiatrie mais il faut d'abord la soutenir parce qu'aujourd'hui je dois vraiment rendre hommage notamment aux psychiatres des hôpitaux publics qui tiennent le service public de psychiatrie à bout de bras et vous savez que dans le service public de psychiatrie viennent beaucoup de gens précaires beaucoup de personnes qui sont en difficulté d'accès aux soins et c'est pour l'amour du service public c'est pour le bien commun qu'ils tiennent dans les hôpitaux envers et contre toutes les politiques de libéralisation de la santé et de l'hôpital ils gagneraient deux, trois fois cinq fois plus en libéral ou dans des cliniques privées ils tiennent et c'est grâce à eux notamment qu'on a passé l'été à peu près comme on a pu mais en tous les cas sans grande catastrophe sur ce plan là parce que sans eux et sans ces agents du service public et bien la situation sur le plan sanitaire et de notre santé mentale serait encore pire alors moi je vais juste conclure après je pense qu'on va tous conclure pour ma part on a tous compris que le scandale du Chlordécone et le scandale de la répression aux Antilles ça illustre une politique marquée par le colonialisme ça il faut le comprendre le capitalisme au profit le colonialisme et le capitalisme il faut bien appuyer les mots au profit et au détriment de la santé de la population et ça engrange des conséquences sanitaires environnementales et sociales très graves et aujourd'hui on a besoin vraiment du soutien de la plupart d'ailleurs de tous les français pour pouvoir se lever et dénoncer ça c'est vraiment la seule chose qui nous manque nous avons les experts nous avons les personnes qui travaillent sur le terrain qui sont H24 sur le terrain qui ont même quitté leurs emplois pour pouvoir dénoncer beaucoup de choses ce dont nous avons besoin aujourd'hui c'est le soutien de la population et ce que nous voulons c'est une reconnaissance et une réparation la reconnaissance concernant le scandale du Chlordécone la reconnaissance concernant les injustices qui se passent en Martinique à savoir la vie chère le fait que aujourd'hui on peut acheter un pack d'eau à 1,50€ dans n'importe quel magasin et là-bas on peut acheter ce même pack d'eau à 11€ pour vous faire un état des lieux assez bref et dernière chose je voudrais remercier toutes les associations à savoir Zéro Chlordécone Zéro Poison le Coadep et les associations telles que le Airprag qui se bat contre la vie chère et contre toutes les injustices et je fais un clavier aussi au collectif Caraïbes Rassemblement ici qui se bat ici en hexagone contre ces injustices merci à tous juste pour répondre à la dame par rapport au cancer pédiatrique il y a une association en Loire-Atlantique l'association de Meshkul qui met en place aussi des études épidémiologiques territorialisées qui mettraient peut-être en lien les cancers et les épandages de pesticides ceci dit ceci dit c'est bien de le faire mais là la situation est trop grave et je pense qu'il faut faire la différence entre les études épidémiologiques et les études de toxicité toxicologiques c'est ça fait par des scientifiques du CNRS de l'Inserm et qui avec ces études nous permettent de dire aujourd'hui il faut arrêter ces produits au nom du principe de précaution et de prévention je pense qu'il faut vraiment que ça s'arrête parce que là on n'a pas encore parlé des effets cocktail et on ne va pas avoir le temps de le développer mais vous savez ce sont ces groupes enfin ces réunions de pesticides dont on a jamais étudié en fait l'action quand ils étaient en commun or je rebondis sur ce que vient de dire Sandrine étant donné qu'il y a des tas de pesticides qui sont encore dans les sols aussi certainement dans l'air dans la pluie etc qui sont interdits et sur lesquels on ne fera jamais d'études d'effets cocktail avec ceux qu'on met actuellement et bien en fait c'est foutu on ne peut plus rien contrôler c'est parti il faut tout arrêter il faut juste tout arrêter parce que ça nous échappe ça échappe à tout le monde donc arrêtons de créer des malades arrêtons de créer des malades voilà
merci infiniment vraiment désolé pour toutes les personnes qui avaient des questions qui n'ont pas pu les poser et juste peut-être pour terminer sur un point positif je pense pour la suite on vient de voir qu'il y avait plus de 2 millions de personnes qui ont signé une pétition pourtant très difficile à faire signer sur le site de l'Assemblée nationale et je crois que ce qui donne beaucoup d'espoir pour la suite c'est notamment évidemment les luttes qu'il y a un peu partout sur le territoire mais surtout on est plus nombreux qu'eux on est plus nombreux que les riches mais on est plus nombreux que les empoisonneurs et je vous assure que le jour où on posera la question au peuple de savoir s'ils sont d'accord pour que Monsanto nous empoisonne je vais vous dire qu'on sera beaucoup beaucoup plus nombreux que de même si on demande si on est d'accord pour que par exemple aux Antilles on ait des produits plus sucrés et plus salés qui font que par exemple il y a un taux de diabète qui est beaucoup plus élevé aux Antilles que dans l'hexagone rapporté à la population ben là aussi je suis sûre que la réponse elle sera toujours au détriment de ceux qui préfèrent le profit et je crois que ça c'est la chance qu'on a pour la suite parce qu'on va faire en sorte de reprendre le pouvoir sur les empoisonneurs voilà la tâche qui nous attend notamment cette année grande belle chose à vous merci beaucoup merci beaucoup