Trump : le pari de l’escalade militaire - C dans l’air - 07.03.2026
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
-Ca, c'est la solution ! Sous-titrage en direct france.tv access. -A.Casse: Bonsoir à tous.
Bienvenue dans "C dans l'air". L'Iran vit une vague de bombardements intenses. Cette nuit, plus de 80 avions de chasse étaient déployés.
Donald Trump annonce d'autres frappes. Il pourrait envoyer un troisième porte-avions dans la région et n'exclut pas d'envoyer des troupes au sol. Le régime iranien semble vouloir calmer le jeu.
Le président Pezeshkian a présenté ses excuses aux pays du Golfe pour les avoir bombardés. Il assure qu'ils ne le fera plus, sauf que les tirs de missiles continuent. Nous sommes avec le général Dominique Trinquand.
Bonsoir. Votre livre "D'un monde à l'autre" est publié chez Robert Laffont. Anthony Bellanger, bonsoir.
Vous êtes spécialiste des questions internationales. Mariam Pirzadeh, bonsoir. Vous êtes ancienne correspondante à Téhéran.
Nicole Baccarat, vous êtes éditorialiste à Ouest-France. Votre livre "Requiem pour le monde libre" est publié aux éditions de L'Observatoire. Ce sont des images fortes.
Les cercueils des six soldats tués au Moyen-Orient, qui sont de retour au pays. A quel point ce moment est redouté par Donald Trump? -A.Bellanger: Il a expliqué que les journaux libéraux et wokes des Etats-Unis ont beaucoup parlé de ces six morts.
Il a très peur. Pour ces six premiers morts de la guerre entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran, il y a une focalisation des médias, simplement parce que l'Amérique reste traumatisée d'Irak. Il y en a eu 4000.
Ils ont marqué l'opinion de ces dernières années. Donald Trump a toujours eu un rapport très complexe aux soldats, à l'armée, à la façon de communiquer à propos de ces morts. Il s'est ensuite plaint de la façon dont la presse américaine passait son temps à mettre leur biographie en avant.
Il voulait plutôt parler de la merveilleuse opération qu'il était en train de conduire au Moyen-Orient. -A.Casse: Il dit qu'il va durement frapper l'Iran.
On se demande si ce n'est pas une façon de faire oublier ce moment qui va être très difficile, le retour des six cercueils. -N.Bacharan: Je ne crois pas que le retour des cercueils influe.
Ce sont des moments très difficiles. En France, ce moment n'était pas pris à la légère. Cela touche beaucoup l'opinion.
C'est millimétré, comme cérémonie. C'est extrêmement fort. Les cercueils descendent, enveloppés dans la bannière étoilée.
Les familles sont là. C'est la première fois qu'elles voient les cercueils. Le président sera là.
Donald Trump, c'est un exercice où on ne l'a jamais vu. Il aurait préféré ne pas avoir à le faire. En même tmeps, dès le début de la guerre, il a annoncé qu'il y aurait des victimes américaines.
Cela va tourner dans tous les médias, toute la journée. Au moins jusqu'au prochain événement de la guerre. Au minimum, ça rappelle que c'est une guerre grande, importante, peut-être durable. -A.Casse: L'hommage aux héros nationaux, au moment où Donald Trump envisagerait d'envoyer un petit contingent au sol en Iran.
Quel pourrait être le plan, derrière? -D.Trinquand: Juste un point sur ce sujet.
Cela montre la fragilité de notre société. On oublie que la guerre tue. On ne fait pas la guerre sans qu'il y ait des morts.
Il faut l'assumer. Sur les soldats au sol...
Evidemment, pas de soldats au sol à cause de tout ce qu'on vient de dire, et je suis persuadé qu'il y des commandos, probablement infiltrés. Il y a deux mois, j'avais vu des informations sur des mouvements, sur des hélicoptères spécialisés pour amener du matériel. On a parlé également de la possibilité que les Kurdes iraniens interviennent.
Il pourrait y avoir un encadrement des forces spéciales israéliennes. Ca me paraît assez logique. Pourquoi?
Parce qu'il y a besoin de techniciens pour les frappes au sol. Il y a besoin de techniciens pour le guidage final. Ca ne s'improvise pas.
Aussi, parce qu'il y a besoin d'un encadrement sur des matériels qui pourraient être fournis au Kurdistan iranien. Donc, oui. C'est quelque chose qui restera probablement non pas secret, mais caché.
Même si on arrive à le savoir. Ca ne se fera pas comme on le fait quand il y a des débarquements de troupes d'infanterie, comme c'était le cas en Irak. -A.Casse: Ca dessine quel objectif stratégique? -D.Trinquand: L'objectif stratégique, on en revient à celui des Israéliens et des Américains.
Celui des Israéliens est clair: le changement de régime. Tant qu'on n'aura pas cassé le coeur du sujet, ça ne marchera pas. Pour les Américains, c'est plus compliqué.
Il a parlé d'un changement de régime, puis il a voulu discuter. On patauge un peu. Ce que je crois, c'est que cette guerre, c'est une guerre israélienne.
Elle est accompagnée par les Américains. Monsieur Trump, pardon, monsieur Nétanyahou est allé à Washington. Il a passé 3 heures en tête-à-tête avec monsieur Trump.
Je pense qu'il a --qu'il l'a convaincu qu'il fallait, pour changer le Moyen-Orient et régler le problème de Gaza, aller jusqu'au bout. -A.Casse: Vous dites que c'est une guerre israélienne.
On verra à quel point cela fracture la sphère MAGA. Des avions de chasse ont été déployés en Iran hier soir. Quels sont les nouvelles que vous avez?
Quels sont les nouvelles que vous avez? Quels sont les nouvelles que vous avez? -M.Pirzadeh: Avant de rentrer sur ce plateau, je parlais avec le peu de personnes avec qui j'arrive à avoir des contacts.
Il y a une incertitude de savoir où les bombes vont tomber. Il y a des check-points un peu partout dans Téhéran. Les commissariats sont visés.
Toutes les forces de sécurité sont dehors et elles dorment dans leurs voitures. On m'a dit: "Je les vois avoir peur comme on a eu peur d'eux." Il y a un sentiment fort de peur car les deux nuits qu'ils viennent de vivre ont été les pires qu'ils n'ont jamais expérimentées, même au moment de la guerre des Douze Jours.
Donald Trump dit qu'il veut être partie prenante dans le choix du prochain leader, et ils ont très peur d'endurer tout ça, et finalement, que ce soit quelqu'un du régime qui soit mis à la place. C'est ce qui revient dans les rares conversations que j'arrive à avoir avec les gens sur place. Téhéran est une ville morte.
Il y a des gens qui sont restés, mais les gens fuient vers le nord et là où ils peuvent aller. On ne sait pas où tombent les bombes. Ils n'ont pas Internet.
Ils ne savent pas ce qui se passe. Leur seul moyen d'information, c'est le téléphone fixe et regarder la fenêtre. Ils sont rivés à leurs fenêtres alors que c'est dangereux. -A.Casse: Comment vous réagissez quand vous entendez que Donald Trump...
On a dit que son discours n'était pas clair au début, mais il dit maintenant qu'il veut être partie prenante pour désigner le successeur d'Ali Khamenei et que ça pourrait être un chef religieux. -M.Pirzadeh: Il a dit qu'il avait pensé à quelqu'un qui était mort.
Ca veut dire qu'il avait pensé à quelqu'un du régime. Les Etats-Unis ne peuvent pas assumer un régime comme les Israéliens le font. Donald Trump l'a théorisé avec le mouvement MAGA.
Il faut vraiment parler de la population iranienne. Ils endurent des choses extrêmement difficiles depuis déjà 47 jours, particulièrement depuis le mois de janvier. Au moins 30.000 personnes ont été tuées parce qu'elles demandaient un changement de régime et la mort d'Ali Khamenei.
C'est lui qui a donné l'ordre de les tuer avec des armes de guerre. Passé cet effet de sidération où ils se sont rendu compte que le régime avait déclenché une guerre contre sa population, ils font face désormais à une guerre extérieure. Ils font face à une résilience que je n'ai jamais vue ailleurs.
Je l'avais déjà vu quand je vivais là-bas, mais ils se disent que s'ils tiennent, il faut aller jusqu'au bout. Je parlais même à quelqu'un dans le café qui a été entièrement détruit. Il n'a aucune colère.
Il me dit qu'il va reconstruire, que ce n'est pas grave, mais qu'il faut que ce qu'ils endurent servent à quelque chose. Ils ont la peur commune que quelqu'un du régime existant soit mis à la tête de l'Iran. On parle notamment d'un très proche conseiller d'Ali Khamenei.
C'est un des architectes de la répression du mois de janvier. -A.Casse: Il y a donc la crainte pour les Iraniens d'être trahis par les Américains. -M.Lacroze: Ce qui me frappe dans ce que vous dites, c'est qu'il y a deux populations qui disent: "On souffre, mais il faut aller au bout." Ce sont les Israéliens et les Iraniens.
Ils disent qu'il faut en finir avec ce régime, Israël parce qu'il y a une menace existentielle, et l'Iran parce que ça fait 47 ans de répression et de massacre sans commune mesure avec ce qu'on a vu auparavant. Je pense que ça reflète également ce que vous dites, j'entends aussi la peur des négociations. Quand Donald Trump dit qu'il veut la capitulation totale, qu'il veut avoir son mot à dire dans le choix du prochain leader iranien, ça ne veut pas forcément dire qu'il veut un religieux.
Dans les aspirations de beaucoup d'Iraniens, il y a le souhait que ce ne soit pas un religieux. -A.Casse: Il a dit hier qu'il n'excluait pas que ce soit un religieux. -M.Lacroze: Pour clarifier ce que l'on peut comprendre de la Maison Blanche, ils ont dit que ce ne serait pas l'Irak, que ça n'allait pas durer longtemps, que ce ne serait pas un changement de régime, qu'il n'y aurait pas une construction de nation, mais finalement, un changement de régime. -A.Casse: On va essayer de décrypter la prise de parole du président iranien.
C'était très étrange. Ca fait réagir beaucoup le régime. On assiste aujourd'hui à un retournement de situation.
Le Washington Post rapporte que Vladimir Poutine donnerait des renseignements à l'Iran sur des cibles américaines. En attendant, les frappes continuent. Explosions. - Le bruit des explosions et un panache de fumée noire dans le ciel de Téhéran.
Nouvelle vague de frappes annoncées par Israël dans la nuit contre des cibles gouvernementales iraniennes. L'Iran réplique par des missiles au petit matin. A Tel-Aviv et Jérusalem.
Quelques heures plus tard, déclaration surprenante du président iranien. - Je dois présenter mes excuses en mon nom propre et au nom de l'Iran aux pays voisins qui ont été attaqués par l'Iran. Le conseil de direction provisoire a décidé hier qu'aucune autre attaque ne serait menée contre les pays voisins et qu'aucun missile ne serait tiré à moins qu'une attaque contre l'Iran ne soit lancée depuis ces pays. - Pourtant, ce matin, l'aéroport de Dubaï, le plus fréquenté au monde, a dû suspendre temporairement ses activités suite à une opération d'interception.
Téhéran aurait-il pris conscience du risque d'un embrasement régional? Isolé dans sa guerre, le régime voit son principal allié, le Hezbollah, devenir une cible privilégiée d'Israël. - En rejoignant la guerre, le Hezbollah a commis une erreur stratégique et il en paye aujourd'hui un lourd tribut au détriment des citoyens. - 300.000 personnes ont déjà dû fuir les bombardements dans le pays.
Le centre-ville de Beyrouth est débordé les réfugiés venant du sud. - Comment voulez-vous que l'on reste en plein soleil avec des nourrissons? On a juste besoin d'une tente, ne serait-ce que pour passer la nuit. - Hier, une position des Nations Unies au Liban a été prise pour cible par Israël.
Une attaque inacceptable, selon Emmanuel Macron. Le conflit pourrait bien encore s'étendre. Ces dernières heures, l'Irak a été la cible de plusieurs attaques de drones.
Téhéran menace de prendre pour cibles les installations du Kurdistan irakien. Au Yémen, les Houthis, soutiens de l'Iran, se disent prêts à intervenir. - Nous sommes actifs sur plusieurs fronts, le doigt sur la gâchette en cas d'escalade militaire.
Nous sommes prêts à intervenir à tout moment. - Pendant ce temps, dans les zones immobilisées par la guerre, les Américains tentent d'éviter l'enlisement. En une semaine, le cours du pétrole a enregistré une hausse record de plus de 35%. - Il faut déjà réduire la capacité de l'Iran à semer le trouble, et ensuite, nous exportons les navires dans le détroit. - Réponse cinglante de l'Iran.
Alors que Donald Trump a annoncé hier son intention de poursuivre la guerre jusqu'à la capitulation inconditionnelle du régime, la porte-parole de la Maison Blanche a nuancé ses propos dans la soirée. - Ce que le président veut dire, c'est que lorsqu'il considérera que l'Iran ne représentera plus une menace pour les Etats-Unis et que les objectifs seront remplis, l'Iran sera dans une situation de capitulation sans condition, qu'ils le reconnaissent eux-mêmes ou non. - Après avoir frappé plus de 3000 cibles en une semaine, l'administration américaine craint-elle que la guerre s'inscrive dans la durée?
Le président ukrainnien a proposé son aide aux Etats-Unis pour contrer les drones iraniens. Poutine appelle à un cessez-le-feu en Iran. Les équilibres se redessinent d'une guerre à l'autre. -A.Casse: Allons en Israël retrouver notre équipe sur place en direct de Tel-Aviv.
Vous avez constaté que certains missiles tirés vers Israël étaient plus difficiles à intercepter. -M.Lacroze: La nuit a été courte à Tel-Aviv pour les habitants.
La nuit a été rythmée par les dizaines de tirs de missiles, les alertes aériennes dans tous les sens et les explosions qui retentissent à chaque fois que le Dôme de fer intercepte des missiles. Le sujet numéro 1 de tous les habitants de Tel-Aviv ce matin est une inquiétude autour de ces missiles à sous-munitions. C'est un missile qui permet de larguer une dizaine de bombes en vol.
Ce sont des bombes qui n'explosent pas forcément quand elles atteignent le sol, mais elles peuvent générer des explosions à retardement. Vous comprenez l'inquiétude de la population israélienne quant à cette arme qui aurait été tirée sur Israël ces derniers jours. Je remarque depuis ce matin l'insistance des porte-paroles de l'armée à la radio, à la télévision et sur les réseaux sociaux pour réitérer des conseils de sécurité.
Ils disent qu'il ne faut toucher à rien si nous voyons des débris sur notre chemin. Dès qu'une alerte aérienne retentit, il faut rejoindre le bunker le plus proche. Ici, à Tel-Aviv, un tiers des habitants n'ont pas d'abri.
Beaucoup se dirigent vers les stations de métro les plus proches. Nous les avons suivis ce matin lors d'une des premières alertes du jour. Nous avons rencontré une jeune fille qui faisait un jogging et qui nous disait qu'elle tenait à avoir des points de réalité dans cette ville en guerre, c'est-à-dire faire un jogging le samedi matin "pour ne pas devenir folle".
Elle disait que la vie était difficile avec les alertes. Elle avait l'impression que la guerre allait durer. Nous avons aussi rencontré une jeune mère de famille qui dort dans la station de métro depuis le début de la guerre avec son enfant, simplement pour pouvoir dormir.
Le sommeil est une denrée rare en Israël depuis le début de la guerre. Cette mère de famille était très inquiète pour la santé psychologique de son enfant et le traumatisme de la guerre. Elle se demandait comment parler de la guerre à son enfant de trois ans.
Voilà un exemple de conversations que nous avons eues ce matin avec les uns et les autres. Il y a le sujet Trump qui revient beaucoup. Un groupe d'amis me disaient que le problème avec Trump, c'était qu'il était imprévisible et qu'on ne savait jamais ce qu'il allait faire.
Il y a un autre sujet de conversation que je sens monter et que je n'avais pas encore entendu auparavant, c'est au sujet de l'Union Européenne. Un jeune garçon dans la rue m'a posé une question: Que font les Européens? Que fait l'Union Européenne dans cette guerre?" Peut-être que vos experts auront la réponse. -A.Casse: Merci 1000 fois.
Vous étiez en direct de Tel-Aviv. Elle soulève de nombreuses questions. Je voudrais que l'on rappelle ce que sont les missiles à sous-munitions pour expliquer l'inquiétude des Israéliens. -D.Trinquand: Je suis frappé de la communication faite par le gouvernement iranien sur ces missiles au moment où il y a 90% de missiles en moins qui partent dans la région.
Ca veut dire qu'on fait de la com' parce qu'on n'est plus capable de tirer comme avant. C'est un missile qui va très haut et qui descend très vite. Il part à 10.000 km/h.
Il est difficile à intercepter. On a pourtant vu une interception au-dessus de Tel-Aviv. Il lâche des sous-munitions qui sont interdites par une convention, mais peu importe.
Ca veut dire que ça envoie des munitions au sol. Je comprends l'inquiétude sur le fait que ça puisse lâcher des mines. Derrière, l'inquiétude après la communication, qui est faite pour faire peur: a-t-on trouvé des mines ou pas?
C'est la question. Pour l'instant, on dit que ça pourrait arriver. Je le comprends, mais à partir du moment où on va voir s'ils ont été détruits, il n'y a plus cette action.
On ne sait pas ce qu'ils ont lâché. Est-ce que ce sont des bombes qui ont explosé et qui traitent une grande surface? Ou est-ce que ce sont des choses très dangereuses pour la population civile, comme des petites mines, comme le font les Russes?
Ils ont notamment des mines papillons qui peuvent vous arracher une main ou un pied. -A.Casse: Leur capacité de nuisance existe toujours, notamment via les drones. -D.Trinquand: C'est ce qui m'inquiète.
Ils en ont probablement des milliers. On verra si les stocks ont été atteints. Ce sont eux qui ont créé un drone qui est fabriqué en Russie maintenant et qui a été envoyé en Russie à la base.
La différence entre entre ce qui se passe là et ce qui se passe en Ukraine, c'est qu'entre l'Iran et les pays du Golfe, il y a la mer. C'est difficilement repérable. Quand vous arrivez dans les zones en Ukraine, vous avez des gens qui prennent les drones avec leur téléphone portable, ça va dans un système antiaérien qui les détruit.
Là, il n'y a personne qui peut faire une alerte avancée dans la mer. Lorsqu'ils arrivent près des objectifs, s'il y en a beaucoup, le système de défense antiaérien des pays du Golfe n'est pas adapté du tout. Il est adapté pour les missiles, mais pas du tout pour des drones.
Il faudrait des mitrailleuses le long des plages, des systèmes comme ça. D'où la proposition de monsieur Zelensky pour aider. Il dit qu'ils peuvent envoyer des techniciens.
Certains sont déjà arrivés dans les pays du Golfe pour brouiller les drones. En Ukraine, la difficulté, c'est qu'il y a beaucoup de drones avec des fibres optiques qu'on ne peut pas brouiller. A travers la mer, vous ne pouvez pas mettre de fibre optique.
Il veut proposer cela. Cela lui permet de dire qu'ils sont toujours du côté des Américains alors que monsieur Poutine est en train de donner du renseignement à l'Iran. -A.Casse: Ca peut permettre de faire un échange. -D.Trinquand: C'est ce qu'il espère. -A.Casse: C'est intéressant de voir l'imbrication de ces deux guerres.
Volodymyr Zelensky joue un rôle alors que Vladimir Poutine en joue un autre. -A.Bellanger: Ca va peut-être réveiller un peu la Maison Blanche qui rêve de faire du business avec la Russie.
La Russie n'a jamais fait de business avec les Etats-Unis. Elle s'en est toujours gardée. Avant même la guerre en Ukraine, le volume d'échanges entre la Russie et les Etats-Unis était de 30 milliards de dollars.
C'est rien. Les Russes n'ont jamais fait d'affaires sérieuses avec les Etats-Unis. Il y a donc cet aspect business.
Vladimir Poutine avait promis 12.000 milliards de dollars aux Etats-Unis. C'est du bluff.
La réalité est en train de sauter au visage de Donald Trump. Il a pu vivre ce qu'il lit dans les journaux d'habitude. La seule chose que Vladimir Poutine a trouvé à faire pour aider son allié, qu'il ne peut pas aider objectivement car il ne peut pas se déployer en Iran...
L'Ukraine peut fournir des renseignements et placer des objectifs militaires américains. Ca risque de faire mauvais genre aux Etats-Unis. Je voulais revenir sur Israël.
Les Israéliens ont été surpris durant la guerre des Douze Jours par la violence des missiles iraniens. -A.Casse: Ils ont même réussi à traverser le Dôme de fer. -A.Bellanger: Oui, mais il y a aussi la violence physique.
Quand ça tombait sur Tel-Aviv ou Jérusalem, le quartier tremblait, l'explosion était énorme et tout cela a surpris la population. Ils étaient habitués aux roquettes du Hamas et aux torpilles du Hezbollah qui n'ont rien à voir avec les missiles iraniens. Que la population israélienne discute avec inquiétude de ce que pourrait envoyer l'Iran montre l'effet traumatisant des quelques missiles qui sont passés.
Deuxièmement, il ne faut pas oublier... -A.Casse: C'est votre "quatrièmement". -A.Bellanger: On voit bien l'intérêt d'une guerre éternelle.
Il y a des élections dans quelques mois. Il n'y a pas de meilleure position qu'une guerre qui est menée pour l'existence d'Israël. -A.Casse: Je voulais qu'on prenne le temps d'analyser la prise de parole de tout à l'heure du président iranien.
C'est assez étrange, ne serait-ce que par la forme. Il est avachi et cadré très bas. La dernière fois qu'on l'avait vu, c'était après la mort du guide Ali Khamenei.
Il présente ses excuses aux pays du Golfe. Comment vous regardez ce discours? -M.Pirzadeh: Il y a un triumvirat qui a été annoncé.
L'Iran se dirige aussi officieusement. Il avait perdu beaucoup de pouvoir, notamment au mois de janvier, parce qu'il avait appelé à écouter les manifestants et les revendications dans la rue. Ali Khamenei et les Gardiens de la révolution ont très vite désigné les manifestants comme des émeutiers et des terroristes.
La répression a été sanglante. Il a perdu beaucoup de pouvoir au profit de l'autre côté. Samedi matin, ils ont visé la présidence iranienne.
Les premiers propos ont été tenus dans un hôpital. Il y a de nombreux hôpitaux qui ont été visés à Téhéran. Ils se réunissent aussi dans des écoles.
Les écoles sont fermées, pour l'instant. C'est important de le souligner. Il n'y a pas d'enfants dans les écoles.
Ils sortent de sept jours de deuil pour la mort d'Ali Khamenei. La vie est censée reprendre à partir de demain, mais rien n'est moins sûr. Ils se réunissent dans des endroits comme ça.
Quand on est iranien, quand on voit ça, on se dit que ça ressemble au Hamas, quand on voit les hôpitaux qui ont été ciblés et les réunions dans les hôpitaux ou dans les écoles. L'Iran n'est pas habitué à ça. Ca, c'est pour la forme.
On a l'impression que son costume est trop grand pour lui. On a l'impression que c'est quelqu'un qui a perdu tout pouvoir. Il n'avait déjà rien. -A.Casse: C'est le président, mais ce n'est pas lui qui dirige le pays. -M.Pirzadeh: Il a vraiment zéro pouvoir.
Il est cerné. Il dit tout le temps qu'il n'est qu'un cardiologue. C'est son métier.
Il dit qu'il est simplement médecin. -A.Casse: Pourquoi il prend la parole pour présenter ses excuses aux pays du Golfe? -M.Pirzadeh: Il y a eu des critiques assez virulentes sur cette prise de parole.
Il y a notamment quelqu'un qui dit que c'est une humiliation pour les Iraniens, ce qu'il a fait. Il y a beaucoup d'éléments radicaux dans ce régime. Cette prise de parole, c'est un désavoeu.
Ca veut dire qu'ils sont faibles alors qu'ils veulent donner l'impression inverse lors des discours télévisés. Ils disent qu'ils veulent aller jusqu'au bout, que tous ceux qui filment ce qui se passe, qui écoutent une chaîne internationale, seront perçus comme des ennemis de la nation. Si vous parlez avec quelqu'un d'étranger, si vous filmez un missile qui tombe sur une base militaire ou de renseignement, ils disent que vous pouvez être considéré comme un ennemi de la nation.
C'est l'atmosphère du moment en Iran. Il prend la parole peut-être pour essayer de se démarquer, de se dire qu'il a un peu de pouvoir. Il est quand même assez vite critiqué par ceux qui veulent aller jusqu'au bout.
S'il faut entraîner l'Iran dans le chaos, s'il faut tuer des gens à l'intérieur du pays, ils le feront. -A.Casse: Est-ce que c'est aussi une façon de dire à Donald Trump qu'il est là? -N.Bacharan: Tout est faux dans cette affaire.
Il peut peut-être être l'illustration qu'il y a des initiatives qui échappent totalement au pouvoir central à travers certaines frappent -- frappes sur les pays du Golfe. Le mensonge est flagrant. Dire aux pays du Golfe qu'ils vont les épargner sauf s'il y a des frappes qui viennent de chez eux, alors qu'à l'évidence, il y a des bases américaines qui vont taper sur l'Iran, ça n'a vraiment pas de sens.
Au-delà de ça, ça continue à illustrer la faute stratégique majeure du régime des mollahs, qui a pensé qu'en tapant sur les pays du Golfe, ces pays allaient s'éloigner des Américains en pensant que c'était trop dangereux. C'est le contraire. Les pays du Golfe sont frappés.
Je rajouterai juste, on a parlé des drones et des renseignements qui viennent de Russie, on a parlé des intérêts des Iraniens et des Israéliens, on a cette carte régionale de la guerre, mais on a une carte mondiale beaucoup plus vaste où le front ukrainien, quelque part, rejoint le front israélo-américain en Iran. On a aussi toute la question de l'Iran qui était en train de devenir une base avancée de la Chine, à travers la fourniture de pétrole bon marché iranien en échange d'armes chinoises. C'est aussi ce qui est en jeu. -A.Casse: Il y a cette déclaration rare du président des émirats. -A.Bellanger: Un cap a été franchi quand les Emirats ont dit qu'ils allaient peut-être geler les avoirs iraniens sur leur territoire.
Le coffre-fort des Gardiens de la révolution et du régime iranien, ce sont les Emirats arabes unis. C'est à partir de là qu'ils blanchissent l'argent, qu'ils font sortir l'argent, ce qui leur permet de faire des opérations à droite et à gauche. Le bon vieux principe de cette dictatures est simple à comprendre.
C'est de ne jamais rendre l'argent. Je ne suis pas aussi convaincu par votre argumentation, celle qui dit que Massoud Pezeshkian n'aurait pas tout le pouvoir. Il essaie peut-être aussi d'expliquer aux voisins du Golfe qu'il y a peut-être un moyen de s'expliquer avec eux ou de calmer le jeu.
On verra dans les jours qui viennent. -M.Pirzadeh: Ce sont toujours les Gardiens de la révolution en Iran.
Il y a des gens de l'administration précédente qui ont été arrêtés et mis en résidence surveillée. Ca veut dire beaucoup de ce qu'il est en train de se passer. -A.Bellanger: Ca fait plusieurs mois qu'ils sont en résidence surveillée.
Il y a clairement un jeu de pouvoir. Ce que fait le président iranien, qui n'a effectivement aucun pouvoir, c'est qu'il est en train de prendre date et de dire qu'il y a peut-être un autre chemin. a -A.Casse: Sonia Dridi nous attend aux Etats-Unis.
Cette guerre est désapprouvée par 54% des Américains dans un dernier sondage. Le baril de pétrole a passé la barre des 80.000 dollars.
C'est aussi la base MAGA qui se déchire. - Et si le talon d'Achille de Donald Trump était la pompe à essence? Depuis le début de la guerre contre l'Iran, +9% pour le prix du carburant. - Si on regarde l'histoire, à chaque fois qu'il y a une guerre, les prix de l'essence augmentent.
On verra combien de temps ça dure et quel effet ça. - Ils doivent se ressaisir, mais Trump, mec! C'est lui qui crée tous ces problèmes. - La flambée des prix pourrait se transformer en explosion de colère.
Au pays où la voiture est reine, Donald Trump tente de rassurer. Il minimise la hausse et il annonce des mesures d'urgence pour contenir les tarifs. - De nouvelles mesures visant à réduire la pression sur le pétrole sont imminentes et le prix du pétrole semble s'être stabilisé.
Il était très bas. A long terme, les mesures prises permettront de stabiliser la région et les prix du pétrole. - Donald Trump fragilisé.
L'opinion américaine, en majorité, ne veut pas de cette guerre en Iran. 54% désapprouvent sa gestion du conflit, 41% l'approuvent. Le président américain est même lâchée par une partie de sa base la plus dure, les MAGA.
Ses anciens supporters les plus fidèles l'attaquent maintenant dans des podcasts. - C'est la guerre d'Israël, ce n'est pas la guerre des Etats-Unis. Cette guerre n'est pas menée au nom des objectifs de sécurité nationale américains pour rendre les Etats-Unis plus sûrs ou plus riches. - Nous vivons notre vie normalement et nous ne nous sentons pas menacés par l'Iran.
Nous ne vivons pas dans la crainte qu'un missile iranien nous tombe dessus. Le slogan était censé signifié -- signifier "L'Amérique d'abord". - Donald Trump avait promis de ne pas engager les Etats-Unis dans une nouvelle guerre.
L'administration américaine embourbée dans un autre scandale. Au premier jour de l'opération Epic Fury, une école est touchée. Elle est à côté d'une base des Gardiens de la révolution.
Selon l'Iran, la frappe aurait fait 175 morts, dont de nombreux enfants. - De toute évidence, les Etats-Unis ne cibleraient pas délibérément une école. - Mais selon le New York Times, les bombes seraient bel et bien américaines.
Pour les démocrates, il faut arrêter les opérations. - C'est terrible. Ce sont des victimes de la guerre.
On parle déjà de plus de 1000 civils tués après des dizaines de milliers de morts. J'exhorte l'administration à penser au peuple iranien. - Des élus américains ont tenté de faire passer un texte pour obliger Donald Trump à demander l'avis du Congrès pour continuer la guerre en Iran.
Mais les Républicains ont refusé de limiter les pouvoirs du président américain. -A.Casse: Bonsoir, Sonia Dridi.
On vous retrouve en direct de Washington. Ce qu'on entend dans la bouche des stars MAGA, c'est que c'est la faute d'Israël. -S.Dridi: C'est aussi ce qu'on entend dans la bouche des électeurs.
J'ai parlé à un électeur de Virginie qui a voté trois fois pour Donald Trump et qui était en colère. Il m'a dit que c'était la guerre d'Israël. Il m'a dit qu'il n'y avait pas de menace imminente sur le territoire américain.
Il était en colère par rapport à Donald Trump. Il m'a dit qu'il se sentait trahi. Vous avez vu tous ces commentateurs du monde "Make America Great Again".
Tucker Carlson avait été voir Donald Trump avant l'attaque. Donald Trump nourrit le fait que ce soit la guerre d'Israël. Tucker Carlson a dit que quand il avait vu Donald Trump, ce dernier lui avait dit que les Israéliens allaient frapper et qu'il allait y avoir des représailles.
Il voulait frapper avant que l'Iran ne fasse de représailles. Il y a vraiment de la colère et de la déception chez toute une partie des électeurs de Donald Trump, mais quand on regarde les sondages, il y a quand même une majorité de l'opinion publique qui ne soutient pas cette guerre, mais dans les républicains interrogés, une majorité dit approuver l'opération. L'essence a augmenté de 15% en une semaine.
Les conseillers de Donald Trump le pressent de crier victoire rapidement. Si le conflit s'enlise, il y a beaucoup plus de risques politiques pour Donald Trump. On sait que Donald Trump peut rapidement trouver la parade.
Il peut dire qu'il a gagné au bout de quelques jours. Il trouvera les arguments. Il pourra passer à autre chose.
Ce qui est intéressant, c'est que malgré l'opinion, les sondages et la pression de l'opinion publique, on sent vraiment un Donald Trump qui persiste. Il a dit que les sondages n'étaient pas si mauvais. "J'ai toujours le soutien du monde MAGA".
Il va encore plus loin. Il parle de plus en plus du possible envoi de troupes au sol. Cela a été confirmé par NBC hier.
Il a dit que pour l'instant, on n'en était pas à ce point-là. Malgré la pression de l'opinion publique, on sent un Donald Trump décidé. Il a dit hier aux dirigeants iraniens qu'il les appelait à capituler.
Ce qui est intéressant, c'est que Donald Trump évoque de plus en plus le scénario vénézuélien. Lorsqu'une journaliste lui a demandé s'il pourrait travailler avec des religieux, il a dit qu'il s'entendait très bien avec les religieux et que c'était des gens fantastiques. -A.Casse: Peut-être que l'on va revenir sur l'image de la prière dans le bureau ovale, qui avait beaucoup fait réagir.
Merci, Sonia Dridi. Je vous ai vu réagir, général Dominique Trinquand. C'est beaucoup trop tôt pour parler d'enlisement, mais quels sont les scénarios de la guerre et le principal péril pour Donald Trump? -D.Trinquand: Ce serait un enlisement dans la durée, le détroit d'Ormuz qui serait bloqué, aussi.
Et bien sûr, de nouvelles pertes américaines. Les démocrates étaient absents depuis l'arrivée de monsieur Trump. D'un seul coup, ils se réveillent.
Il leur a fourni un outil d'opposition qu'ils n'avaient pas. Il était omnipotent. Là, il arrive à réunir des opposants.
Il réunit des démocrates et des MAGA. Les MAGA disaient que c'était la guerre d'Israël. C'est exactement ce que j'ai dit tout à l'heure.
Je vous rassure, je ne suis pas MAGA. Si le détroit d'Ormuz reste bloqué longtemps, qu'est-ce qu'il va se passer? Sur les télévisions américaines, vous avez toujours en bande en bas les cours.
Monsieur Trump regarde cela tous les matins. C'est un businessman, il ne faut pas l'oublier. J'en reviens à l'intervention du président iranien.
Il s'excuse d'avoir frappé les pays du Golfe. L'Iran, aujourd'hui, a intérêt à enflammer la région. Il a intérêt à provoquer le chaos. "Nous, on ira au paradis, vous, aux enfers." Pourquoi?
Parce que ce chaos va inquiéter tout le monde. Il pourrait y avoir une pression telle sur Trump qu'il va vouloir un accord rapidement. On arrêterait, ce qui n'irait pas du tout à monsieur Netanyahou.
Je pense que la stratégie du chaos est une stratégie réaliste pour le gouvernement iranien. -A.Casse: Cela peut marcher? -D.Trinquand: Il est isolé.
Il n'a pas le choix. La Russie est isolée. La Chine ne fait pas grand-chose.
Il faut créer le chaos pour que ce soient les opinions publiques qui fassent pression sur les gouvernements, pour amener à un accord. -A.Casse: Le chaos, jusqu'où?
C'est la question de Xavier dans le Pas-de-Calais. -A.Bellanger: Les Anglais ont arrêté il y a quelques jours quatre hommes qui étaient en train de surveiller des lieux de culte juifs autour de Londres.
Le danger de cellules dormantes, notamment du Hezbollah, est toujours présent. Nous avons connu deux années de vagues d'attentats en 85 et 86, liées au Hezbollah, qui avait fortement marqué Paris. Le danger est toujours là.
Il faut la réponse militaire. Il ne faut pas prévenir poliment qu'on va attaquer une base américaine. C'est ce que Trump avait dit aux Américains.
Les Américains le savaient. La deuxième chose, c'est tout simplement de jouer la montre. C'est l'une des explications au fait que les Iraniens tirent moins en ce moment.
Ils ont un nombre de missiles limité. Ils savent que les Américains vont devoir partir à un moment. Ils tirent moins de missiles, mais ils en tirent tous les jours, de manière à pouvoir tenir dans la durée.
Je rappelle qu'on peut juger l'inflation au prix de l'essence à la pompe. L'essence a monté de 8% en une semaine. Le baril de pétrole n'a jamais autant augmenté depuis 1983 en si peu de temps. -A.Casse: Il faut nuancer.
Donald Trump a encore des partisans dans plusieurs courants. -N.Bacharan: Les sondages montrent que l'opinion est assez volatile.
Avant le début de la guerre, une large majorité aux Etats-Unis disait non à la guerre et non à la bombe nucléaire iranienne. Ces choses sont antinomiques. à 27% de soutien à la guerre.
Aujourd'hui, c'est plus de 40%. C'est très tranché selon les camps politiques. Au congrès, les démocrates sauf un ont tous voté contre.
Les républicains ont tous voté pour soutenir le président. Les élus démocrates se jettent sur ce sujet. Leur image absolue, c'est l'Irak.
En 2003, ils ont soutenu la guerre d'Irak. Barack Obama s'était exprimé très clairement contre la guerre. Les élus d'aujourd'hui n'ont qu'une peur, c'est d'être identifiés en tant que démocrates à une guerre qui peut mal tourner.
Quant au phénomène MAGA le plus MAGA, si j'ose dire, ça s'exprime surtout sur les réseaux sociaux, chez les influenceurs. En matière de sondages, ça fait un effet de loupe. Ceux-là sont dans la frange antisémite, qui veut faire croire que cette guerre ne concerne qu'Israël.
C'est tout à fait faux. -A.Casse: Comment réagissent-ils à l'image de la prière dans le bureau ovale? -N.Bacharan: Cette image est fascinante.
Ce n'est pas du tout une tradition de la Maison Blanche. Dans le sud des Etats-Unis, ça aurait été quelque chose de banal. Là, je ne sais pas quel est l'état de la spiritualité de Donald Trump, peut-être qu'il croit qu'il est envoyé par Dieu, mais une chose est sûre, c'est qu'il y a un appel direct à l'électorat évangélique, qui est extrêmement MAGA et qui le soutient à fond.
Cet électorat est extrêmement pro-Israël. -M.Pirzadeh: Avant la révolution islamique de 1979, les liens entre les Etats-Unis et l'Iran étaient extrêmement tendus.
Le chah a voulu s'émanciper d'une tutelle américaine. Il a voulu reprendre ses droits. Il y a eu la prise d'otages de l'ambassade américaine.
Elle est devenue le musée de l'arrogance à Téhéran. Il y a une cinquantaine de diplomates qui reviennent au bout de 444 jours. Le prédécesseur de Khamenei négocie directement avec les républicains.
A ce moment, c'est l'élection de Reagan. Ils obligent les républicains à ce que Jimmy Carter vienne en bas de l'avion récupérer les diplomates. Il y a une partie de l'électorat de Trump qui veut une vengeance pour cela.
Il y a une mission qui a été mise en place pour sauver ces Américains, qui s'est écrasée dans le désert iranien. Il y a eu 8 morts. Il y a une partie de cet électorat qui a envie de prendre sa revanche sur ce régime. -A.Casse: Cette question hante Donald Trump.
Cela remonte à plusieurs années. -A.Bellanger: C'est un homme de 80 ans.
Il ne faut pas l'oublier. Il est fasciné par Reagan. Par cette humiliation, qui est plutôt à attribuer à Carter...
Depuis 47 ans, tous les présidents américains ont rêvé d'une solution pour abattre le régime des mollahs. Aucun n'a osé faire ce que Donald Trump a fait. Donald Trump a réglé le problème cubain, et il n'a pas pu résister à l'envie de régler le problème iranien.
Il veut faire mieux que Reagan, que Kennedy, que tous les présidents. Kennedy s'était ridiculisé en envoyant tous les membres de la CIA dans la baie des cochons en 1961. S'il pouvait passer dans l'histoire en étant celui qui a fait tomber le régime cubain et tomber le régime iranien, il aura effacé deux humiliations de l'Amérique. -A.Casse: C'est l'heure du zoom de "C dans l'air".
Qui est Pete Hegsteh? C'est le ministre de la guerre américain qui a été félicité par Donald Trump. - C'est l'un des visages de l'offensive américaine en Iran.
Qui est le secrétaire à la défense, ou plutôt, le secrétaire à la guerre? - Je me tiens devant vous aujourd'hui avec un message clair et sans équivoque concernant l'opération Epic Fury décisive pour l'Amérique. - Il a servi dans l'armée.
Une expérience qu'il utilise pour justifier l'intervention en Iran. - Notre génération en a tiré des leçons. Notre président aussi. - Pete Hegseth est surtout connu pour être un présentateur-vedette de Fox News. - Mesdames et messieurs, dites bonjour! - Du divertissement, comme avec ce lancer de hache raté par l'animateur, mais aussi un moyen de déployer sa vision conservatrice de l'Amérique. - Nous ne pouvons pas continuer à envoyer nos enfants dans des universités d'élite qui empoisonnent leur esprit. - Son recrutement est l'un des plus controversés de Donald Trump.
Pete Hegseth n'hésite pas à faire la démonstration de sa virilité. Il se prononce même contre la présence de femmes au combat. - Nos institutions n'ont pas à encourager cela.
Dans toute l'histoire de l'humanité, les hommes sont les plus aptes à ce poste. - Pete Hegseth est aussi accusé d'avoir ordonné l'exécution des survivants d'une double frappe sur un navire de narcotrafiquants en septembre. Cela lui vaut de faire l'objet d'une procédure au Congrès. -A.Casse: Donald Trump pourrait-il se désintéresser rapidement de Cuba? -N.Bacharan: Je ne pense pas qu'il aura les moyens de se désintéresser rapidement de Cuba et de l'Iran.
La région est tellement complexe et dangereuse, que s'il veut passer à Cuba, il faudra qu'il continue à traiter l'Iran en même temps. -A.Casse: Il a déclaré que Cuba vivait ses derniers moments. -A.Bellanger: On est bien sur deux obsessions politiques américaines.
Donald Trump, le meilleur résultat qu'il ait obtenu, c'est au Venezuela. Le pays est ruiné. Pas seulement parce qu'il est sous embargo américain, mais aussi à cause de l'inconséquence du gouvernement cubain.
Je voulais revenir sur le ministre de la Guerre. -A.Casse: Vous pouvez le retrouver sur les réseaux sociaux.
Cela vous a fait réagir. -A.Bellanger: Il faut comprendre qui est Pete Hegseth.
C'est un vétéran américain. Je ne cesse jamais de dire qu'un adulte américain sur sept est un ancien combattant, aux Etats-Unis, un adulte homme américain sur sept. Vous passez votre temps à dire à des gens qui ont l'âge de Pete Hegseth "merci pour votre service".
Ce sont des hommes jeunes. Ce ne sont pas de vieux messieurs. C'est vraiment le quotidien des Américains.
C'est en plus une population plus pauvre. On peut obtenir des bourses, c'est un bon moyen de sortir de son milieu. Il fait n'importe quoi, Pete Hegseth, il fait des pompes, mais il représente une partie de l'électorat américain qui a besoin de se sentir représenté, notamment au ministère pour lequel il a combattu. -D.Trinquand: Ce qui est frappant, c'est qu'on parle de l'Irak et de l'Afghanistan.
On remercie les soldats alors que l'Amérique a subi deux échecs. L'Afghanistan, je ne veux pas rappeler les images du départ de Kaboul. C'est assez fascinant de voir cela.
C'est l'image de la force virile. C'est Rambo qui va chercher des types derrière les lignes. Tout ça, ce sont des échecs.
Simplement, c'est la force virile. On fait des pompes avec des tatouages au milieu des soldats. On est content.
Qu'est-ce que vous avez gagné dans la guerre en Irak, les gars? -A.Bellanger: L'armée française est une armée d'élite et se perçoit comme telle.
Ce n'est pas le cas de l'armée américaine, qui est une armée populaire. On a l'impression que l'on a des militaires de plateau qui regardent avec un peu de mépris ces militaires américains qui sont allés se battre par centaines de milliers. -A.Casse: Ce n'est pas ce que dit le général.
Il dit que c'est étrange de convoquer cette guerre. -A.Bellanger: Il y a 3 millions de jeunes Américains qui sont allés se battre depuis 20 ans en Irak, en Afghanistan.
Ils sont revenus traumatisés, blessés. Ils ont besoin d'être représentés et que Pete Hegseth les représente. -A.Casse: Pourquoi les vols sont-ils encore limités?
Est-ce que l'on sait quand ça va reprendre? -M.Pirzadeh: L'aéroport de Dubaï a été touché.
Les gens sont en vacances. J'ai une nièce qui vient de rentrer de Dubaï. Elle a mis trois jours.
On passe entre les missiles, entre les attaques. Il faut s'occuper des gens qui ont voyagé là-bas et les faire rentrer. On ne gèle pas tout.
On gèle par créneau, en fonction des moments où on peut passer. -A.Bellanger: La menace des Emirats arabes unis de geler les avoirs iraniens et l'annonce de pouvoir recommencer leurs opérations depuis Dubaï, à mon avis, c'est une séquence qui est à suivre.
Il y a une forme d'apaisement en ce moment de la part de l'Iran et des Emirats arabes unis. Ils se sont quand même reçu 1200 missiles sur la tête. -A.Casse: Quand vous parlez d'apaisement... -A.Bellanger: C'est comme une espèce d'appel de part et d'autre. -A.Casse: Une nouvelle question. -M.Pirzadeh: Parce que Pezeshkian, ce n'est pas lui qui donne les ordres aux militaires.
Depuis 47 ans, en Iran, il y a deux armées. Celle des Gardiens de la révolution et l'armée régulière. Celle-ci s'occupe plutôt de sauvegarder l'intégrité territoriale.
Les Gardiens de la révolution, c'est l'Etat dans l'Etat. C'est un régime militaire et religieux. Les Gardiens de la révolution ont mis la main sur tous les temps de l'économie iranienne.
S'ils estiment qu'il faut continuer la guerre, c'est la même chose, même si c'est Pezeshkian qui parle. Il sera tributaire des Gardiens de la révolution. C'est eux qui dirigent actuellement l'Iran. -D.Trinquand: Ils ont organisé le système pour être décentralisé, pour pouvoir combattre.
C'est pour ça que le système est très résiliant. Tout est organisé comme ça. On a coupé la tête, très bien, mais c'est pas grave.
La guerre continue. Chacun à son niveau sait qu'il doit continuer la guerre. -A.Casse: On s'est demandé s'il n'y avait pas un début de fracture au sein des Gardiens de la révolution. -M.Pirzadeh: C'est compliqué de savoir, à moins d'avoir des contacts profondément dans le système et le régime.
Je sais que le Mossad a infiltré à un niveau très élevé le régime iranien et les Gardiens de la révolution. Au mois de janvier, il y avait un doute sur les gens qui allaient être massacrés ou non lorsqu'ils manifestaient. Il y a quelques prisonniers qui ont pu partir.
Ce n'est pas quantifiable pour l'instant. Le régime est en train de voir...
Ils ont annoncé que des retraités de l'armée avaient été appelés à revenir reprendre du service. Cela, c'est invérifiable. Est-ce qu'il y a un fort taux de personnes qui refusent de prendre part à la guerre ou pas?
On n'a pas de chiffres. -A.Casse: Une autre question. -D.Trinquand: Au Liban, c'est vraiment la continuation de la guerre d'Israël.
Mon coeur est toujours au Liban. J'ai servi là-bas. Quand j'y étais, c'était occupé par Israël.
A mon avis, on va recommencer la même chose. Ce sera une zone-tampon. Les chrétiens, ils refusent de quitter leur village.
Ils passent la nuit dans leurs églises. -A.Casse: Pourquoi ils refusent? -D.Trinquand: Ils disent que s'ils partent, c'est le Hezbollah qui va venir.
Il faut rappeler qu'il n'y a que trois roquettes qui ont été tirées par eux. -A.Casse: Merci d'avoir été avec nous. -M.Bouhafsi: Bonsoir.
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