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interviewINA Politique· 23 mars 2022 5 min

Valérie Pécresse et l’immigration | INA adn

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Ce débat, il traverse la droite depuis plus de 20 ans. En 1991, dans une interview choc, Valéry Giscard d'Estaing évoque, je cite, l'immigration-invasion.

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Invité

Ce que les Français souhaitent pour eux, pour eux, c'est le droit du sang. Lorsqu'un enfant naît en France de parents étrangers, il devient français. Moi je dis, je préfère qu'on devienne français en ayant demandé la nationalité. Je suis très attaché à la notion de droit du sol pour une raison que je vais vous expliquer, c'est que je n'aime pas l'idée du droit du sang. Qu'est-ce que ça veut dire le droit du sang ? Vous savez bien ce qu'ils en ont fait un certain nombre, c'est la pureté. On ne devient français que par le sang. Qu'est-ce que ça veut dire la pureté du sang ?

La France n'est pas un pays d'immigration et nous devons nous donner les moyens réglementaires et administratifs de gérer un quota zéro d'immigration.

0:58
Présentateur

Il est des quartiers où je peux comprendre l'exaspération de certains de nos compatriotes, pères ou mères de famille rentrant du travail le soir, apprenant que leur fils s'est fait arracher son pain au chocolat à la sortie du collège par des voyous qui lui expliquent qu'on ne mange pas pendant le ramadan.

1:16
Invité

Si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur, eh bien le travailleur français sur le palier devient fou. Moi je suis pour une vision de la société française qui respecte d'abord notre diversité. Je suis heureux d'ailleurs de voir que les évêques de France viennent d'écrire une lettre qui dit exactement la même chose. Nous sommes divers. Nous n'avons pas les mêmes religions, pas la même couleur de peau, pas la même origine. Il faut respecter cette diversité qui fait notre richesse. Le racisme anti-blanc, ça existe. Je le vis, moi, sur mon territoire, aux confins entre la Haute-Loire et la Loire, à proximité de Saint-Étienne.

Ce n'est pas en nous alignant si peu que ce soit sur les positions et sur les thèses du Front National que nous dissuaderons les électeurs de voter pour cette formation politique. Alors, question pas facile pour qui veut rassembler sa famille. De quelles paroles vous sentez-vous la plus proche ?

2:12
Valérie Pécresse

Ce que je crois, c'est qu'une immigration incontrôlée, avec une intégration ratée, ça peut disloquer la nation. Et ce que je crois aussi, c'est qu'on est face à ce défi aujourd'hui. Ce défi est réel, ce défi existe. Et ça va être le défi du prochain quinquennat. Refaire nation avec des Français qui se regardent, qui vivent côte à côte et qui ne doivent pas se retrouver face à face. Alors, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire reprendre le contrôle des flux migratoires et des entrées sur le territoire. On a aujourd'hui 272 000 titres de séjour qui sont donnés chaque année. C'est évidemment trop. C'est ce que je pense.

Nous avons des détournements du droit d'asile colossaux avec 100 000 demandeurs d'asile dont la majorité sera déboutée mais restera en France. Et aujourd'hui, ça n'est pas possible, ça n'est pas souhaitable. C'est pour ça que moi, je souhaite une loi constitutionnelle avec des quotas migratoires. Et ces quotas, selon un principe très simple, les pays d'origine qui ne reprennent pas leurs clandestins n'auront plus droit aux visas. Je vois d'ailleurs que le président de la République, Emmanuel Macron, qui avait été totalement immobile et impuissant sur ce sujet, a commencé à bouger. Mais il agite un sabre de bois puisque les visas qu'il a bloqués sont des visas de court séjour.

Et ces visas de court séjour, eh bien, ils peuvent être donnés dans n'importe quel pays de l'Union Européenne. Donc l'interdiction de visa d'Emmanuel Macron est aujourd'hui contournée.

3:42
Invité

Voilà. Donc je note que vous n'avez voulu citer personne dans la galerie de portraits, de déclarations qu'on vous a proposées.

3:50
Valérie Pécresse

Mais parce que c'est moi la candidate et c'est ma ligne qui sera proposée aux Français. C'est celle que je porte.

3:56
Invité

Et la phrase de Bernard Stasi prononcée il y a 30 ans, ce n'est pas en s'alignant sur les thèses de l'extrême droite, que nous dissuaderons ces électeurs, est-ce qu'elle vous parle aujourd'hui ?

4:04
Valérie Pécresse

Mais d'abord, on n'est pas du tout sur les mêmes thèses. Nous, on est pour des solutions qui vont fonctionner. L'immigration zéro, ça n'existe pas, ça ne marchera pas. Et il faut une immigration de travail. Il faut aussi une immigration étudiante. Il faut limiter l'immigration familiale dans la mesure où nous voulons des personnes qui parlent le français, qui passent un examen de français, qui aient des ressources suffisantes pour s'intégrer et qui respectent les valeurs de la République. Mais aujourd'hui, nous avons des solutions pour reprendre le contrôle de l'immigration.

Et ce n'est pas en niant le problème, ce n'est pas en faisant comme s'il n'existait pas que nous reconquérons la confiance des Français.

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