Jordan Bardella, port du voile, Algérie... L'interview en intégralité de Laurent Nuñez
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Vous êtes bien sûr BFM Politique, notre invité ce matin, le ministre de l'Intérieur. Bonjour Laurent Nouniez, merci d'être avec nous à mes côtés pour vous interroger ce matin. Amandine Attalaya, la dictatrice politique BFM TV et Jules Pecknard de la Tribune Dimanche, le partenaire de notre émission. Alors bien sûr, dans un instant, je vais vous demander qu'est-ce que vous proposez pour lutter contre l'insécurité ? La sécurité, c'est la priorité numéro un des Français. Dans quelques mois, il y aura les municipales. Il ne parle que de ça. Je vous demanderai aussi si vous êtes pour ou contre l'interdiction du voile pour les mineurs.
C'est ce que proposent notamment la droite et Laurent Wauquiez. Vous nous direz quand est-ce que vous vous rendrez en Algérie ? Vous aviez évoqué cette visite. Mais d'abord, cette agression dont a été victime hier le président du Rassemblement National, Jordan Bardella, lors d'une séance de dédicace de son livre. C'était à Moissac, dans le Tarn-et-Garonne. Vous l'entendez, il y a un instant, un homme de 74 ans lui a donc sauté dessus pour lui écraser un oeuf sur la tête. L'homme a été interpellé, placé en garde à vue. Une plainte a été déposée au nom de Jordan Bardella et du RN. Est-ce que vous condamnez cette agression, monsieur le ministre ?
Non, bien sûr, je condamne très fermement cette agression. C'est inacceptable. Nous sommes dans une démocratie. Tout le monde doit pouvoir s'exprimer. Et ces actes qui sont des actes d'intimidation, au Dieu, quels qu'en soient les motifs. Il y a une personne, effectivement, qui a été interpellée, qui est actuellement en garde à vue, qui est entendue. Donc voilà, quels qu'en soient les motifs, c'est absolument inacceptable. Et ça dénote aussi un durcissement. Du climat politique, évidemment. Dans la semaine aussi, monsieur Bardella avait reçu de la farine à Vesoul, pour la traditionnelle fête de la Sainte-Catherine, dans laquelle il se rendait. Donc tout ça est évidemment inacceptable.
Et ça justifie évidemment encore plus les dispositifs de protection que nous mettons autour de certains élus, de certains de leurs déplacements. Et Jordan Bardella, enfin monsieur Bardella, fait partie de ces élus. Il y a toujours des dispositifs pour éviter que les manifestants ne viennent perturber, notamment ces séances de dédicaces. C'est le cas hier à Moissac. Il y avait une manifestation qui s'est rendue aux abords du site. Et puis c'est la protection au plus près des élus. Et en l'occurrence de monsieur Bardella, une protection au plus près, qui est une articulation entre un dispositif policier et la sécurité privée du Rassemblement national.
Et c'est ce que nous faisons pour tous les élus quand il y a des menaces, des risques d'incidents ou d'agressions. Nous sommes évidemment présents. On va continuer à l'être d'autant plus. Mais je condamne évidemment très fermement. C'est inacceptable.
Est-ce que vous avez des informations sur le profil de ce suspect ? Je n'ai pas d'informations. On le voit, Jordan Bardella est une partie des responsables du RSA. Elle est d'extrême droite, pointe la responsabilité de l'extrême gauche à leurs yeux. Est-ce que vous avez des informations sur le profil de ce suspect ?
Non, je n'ai pas d'informations. La personne est en garde à vue. Il y a une enquête judiciaire en cours. On en saura forcément plus. Les informations, c'est très factuel ce que je vous dis. Les informations qui m'ont été données, c'est que c'est quelqu'un qui s'est fait passer pour un kidam dans la file d'attente, qui a attendu son tour et qui s'en est pris à la personnalité au moment où il arrivait à son niveau.
Vous n'étiez pas en lien en tout cas avec les manifestants à l'extérieur ? A priori, c'était un homme isolé ?
Je n'irai pas jusque-là. Le factuel, c'est qu'il est rentré comme un militant qui venait pour obtenir une dédicace de M. Bardella. Mais ça ne veut pas dire qu'il n'y ait pas une orientation politique. Ça ne veut rien dire du tout, qu'il ne se soit pas détaché de cette manifestation. À ce stade, je ne me prononce pas, je reste très prudent. Mais quelles qu'en soient les causes, de toute façon, c'est très condamnable. Et vraiment, je condamne encore une fois très fermement.
Vous évoquiez le dispositif de sécurité autour de Jordan Bardella et de ses séances de dédicaces. Est-ce que ça veut dire que ce dispositif va être... renforcer lors de ses prochaines sorties ou de ses prochaines dédicaces ?
En tout cas, il va être maintenu. Il est justifié qu'on ait ce dispositif de sécurité. C'est vrai aussi pour d'autres élus. Attention, chaque fois que des élus seront menacés et que la vie démocratique risquera d'être mise en cause, le ministre de l'Intérieur que je suis déplorera des dispositifs. Chaque fois, nous le ferons.
Jules, sur la campagne présidentielle à venir,
est-ce que, d'après vous, cette agression dont Jordan Bardella a fait l'objet, est-ce que ça présage une campagne présidentielle qui aura lieu dans un an et demi, particulièrement tendue, voire brutale, pour certains élus ou pour les personnes qui participeront à cette campagne ?
Honnêtement, on ne peut pas savoir à ce stade. Ce qui est certain, c'est qu'à chaque fois, quand il y a des campagnes présidentielles, c'était le cas en 2017, c'était le cas en 2022, il y a des dispositifs de protection qui sont mis en place pour les candidats. Et c'est bien normal. Encore une fois, cette protection, c'est l'extérieur. On évite que des manifestants viennent perturber, notamment les réunions publiques, et puis c'est aussi une protection au plus rapprochée. C'est ce que nous ferons, évidemment, pour cette campagne présidentielle.
De ce que vous voyez, est-ce que ça veut dire qu'aujourd'hui, dans les informations que vous avez, au-delà même du cas de Jordan Bardella, est-ce que les élus, les responsables politiques, sont plus que jamais des cibles aujourd'hui ?
Pour certains, oui. Pour certains, oui. Les élus nationaux, puis vous avez aussi les maires, qui parfois sont confrontés à des agressions, qui sont en augmentation, ce qui fait qu'on a tout un dispositif de protection des élus, avec des dispositifs de boutons d'alerte qui sont déployés pour ceux qui le souhaitent, une protection au plus près. Oui, il y a une montée des violences dans la vie politique, c'est évident. Vous avez aussi parfois des invectives entre élus, qui, je pense, peuvent nourrir cette violence. Vous savez, moi, j'étais membre du gouvernement sous le premier quinquennat d'Emmanuel Macron, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Intérieur.
Les invectives auxquelles j'assiste à l'Assemblée maintenant, comme ministre de l'Intérieur, ne sont plus les mêmes que ce que je voyais il y a encore cinq ans. Il faut faire attention aussi, il faut avoir beaucoup de respect, y compris dans la parole publique, pour que ça n'incite pas un certain nombre d'individus, qui pourraient être peut-être plus fragiles psychologiquement, à passer à ce genre d'action violente. Il faut qu'on soit très attentif à ça.
Est-ce qu'un bord politique en est plus victime qu'un autre ? Parce que là, en l'occurrence, par exemple, le Rassemblement national pointe, Guillaume le disait, le rôle de l'extrême-gauche, selon eux. Est-ce que le Rassemblement national, par exemple, subit plus de violences ou d'agressions que d'autres partis politiques ?
Non, je n'irai pas, je ne rentrerai pas dans ce débat. Vous avez aussi un certain nombre de parlementaires de la France insoumise qui reçoivent régulièrement des menaces, qui sont menacés. Donc voilà, moi je suis ministre de l'Intérieur, je dois, dans la protection des élus de la République, faire preuve d'une vraie neutralité, et elle est totale me concernant. Et donc voilà, nous protégerons tous les élus. Mais voilà, force est de constater que cette semaine, M. Bardella a fait l'objet de deux, j'ouvre les guillemets, mais ce sont des agressions, des agressions. Voilà, jet de farine, un œuf écrasé sur la tête. Donc voilà, force est de constater ça.
Mais on reste attentif à tous les élus de la République. Tous les élus de la République.
M. le ministre, vendredi matin, vous avez annoncé que l'un des deux détenus de la prison de Dijon, qui s'était échappé en scieant les barreaux de sa cellule, avait été arrêté par la BRI en Saône-et-Loire. Où en sont les recherches concernant le second évadé ?
Voilà, les recherches sont en cours. Je ne doute pas un instant que nous le retrouvons également. Voilà, donc je ne peux pas vous en dire plus. Donc, ce sont les policiers qui ont pris en chasse ces deux individus. Un d'entre eux a été récupéré. D'ailleurs, je remercie et je refélicite à nouveau les effectifs de police, notamment de la BRI Dijon. Voilà, je les félicite et les en remercie. Mais évidemment, les recherches se poursuivent avec une haute intensité.
Il y a quelques jours, vous vous réjouissiez des résultats, je cite, « encourageants contre la délinquance ». Ce n'est pas forcément l'avis des Français. Selon un sondage d'Odoxa publié ces derniers jours, il y en a plus de 6 sur 10 qui pensent que leur sécurité est mal assurée et que 77% même ne font pas confiance au gouvernement pour assurer la sécurité des Français. Vous étiez à Marseille il y a quelques jours avec Gérald Darmanin. Le président de la République s'y rendra, on le sait, au mois de décembre, il l'a annoncé.
On a appris il y a quelques jours que Orange, la société Orange, a décidé à Marseille de fermer provisoirement son site qui est situé dans le quartier très sensible de Saint-Moron et mettre ses salariés en télétravail sur d'autres sites. Pourquoi ? Parce que la faute au trafic de drogue qui gangrène ce secteur, notamment autour du métro qui est situé à quelques dizaines de mètres du site. Monsieur le ministre, quand une société comme Orange est obligée de fermer temporairement son site, comment les Français ne peuvent pas se dire que la République a perdu le combat contre le narcotrafic ?
D'abord, on n'a pas perdu le combat contre le narcotrafic. Je vais y revenir très largement. Je ne me réjouissais pas des résultats de la délinquance. J'adressais une instruction au préfet en leur demandant de continuer le travail qui a été engagé par mes prédécesseurs, que je reprends à mon compte, de le continuer avec beaucoup de fermeté et d'autorité. J'y reviendrai aussi. Vous n'aurez pas le plan Nunez. Je connais tous les dispositifs qui ont été mis en place par le passé. Je les ai appliqués pendant 15 ans, notamment à la demande du président de la République depuis 2017. Je sais qu'ils produisent des résultats et qu'il faut continuer avec beaucoup de fermeté et d'autorité.
C'est ce qu'attendent les Français de notre part. Je ne me réjouissais pas des résultats. Je disais qu'il y avait des bons résultats, mais qu'il y en avait d'autres qui étaient très mauvais et qu'il fallait continuer, je pense notamment aux vols violents et aux violences aux personnes. Quelle réponse, par exemple, pour Orange ?
Si vous permettez, sur Orange,
ce qui s'est passé d'abord à Orange est implanté dans un quartier de Marseille qui est dans le 3e arrondissement. C'est le quartier Félix-Pierre, qui est un quartier où il y a du trafic de stupéfiants. Une action déterminée aussi des forces de l'ordre pour le combattre, à la fois en judiciaire, pour démanteler le point d'île qui s'y trouve, de présence de voies publiques. On a une brigade de sécurité territoriale une BST dans le 3e arrondissement qui fait un travail remarquable. Et il y a eu un certain nombre d'incidents qui ont été relevés par les salariés.
Et lors d'une réunion qui s'est tenue au siège d'Orange, ces salariés ont manifesté leur mécontentement et donc ils ont été placés en télétravail jusqu'à la mi-décembre. C'est acceptable ? Je veux aussi saluer le travail qui a été fait par la préfète de police déléguée des Bouches-du-Rhône qui a regardé la nature de ces incidents. Pour une partie d'entre eux, d'ailleurs, on ne les confirme pas, mais peu importe, je peux vous confirmer, que ce quartier est compliqué, il y a du trafic.
Et donc j'ai eu la directrice générale d'Orange au téléphone et nous avons convenu de renforcer les dispositifs policiers autour du site, d'avoir un partenariat qui n'existait peut-être pas forcément, ce qui est quand même une petite difficulté, très direct entre cette implantation d'Orange et la préfecture de police, les forces de police, pour pouvoir s'appeler quand il y a des incidents. Et donc nous avons préparé les conditions du retour des salariés sur le site d'Orange.
Est-ce que c'est acceptable qu'une entreprise en soit obligée à envoyer ses salariés en télétravail pour cause de trafic de drogue dans le quartier ?
Alors, c'est son choix, c'est son choix. Moi, ce que je peux vous dire, c'est qu'on va continuer, nous, à être présents et à sécuriser les abords du site d'Orange. Voilà. Donc, les incidents qui ont été signalés ces 15 derniers jours, je le redis, n'ont pas forcément été confirmés par la préfète de police qui a regardé les appels 17, qui a regardé les bandes vidéo. Tout n'a pas été complètement confirmé. Ce que je peux vous dire, c'est que ce secteur, il est compliqué, que la crainte des salariés, je la comprends, et même je la parlais, nous la partageons, comme ministre de l'Intérieur, je la partage et les forces de sécurité locales la partagent.
On va renforcer nos dispositifs pour permettre, évidemment, le retour le plus rapidement possible des salariés qui sont actuellement en télétravail. Le site n'a pas fermé. Non, ils sont en télétravail.
Un autre élément qui a un impact sur la manière dont vous assurez la sécurité des Français, c'est l'aspect budgétaire. Actuellement, le budget est examiné au Parlement. Il y a une incertitude sur la capacité du gouvernement à le faire adopter. Concrètement, quel impact aurait une non-adoption du budget ou alors une adoption par loi, une loi spéciale de la loi de finances sur les investissements en matière de sécurité, le renouvellement du matériel, tout cela ?
Pour nous, ce serait, pour le ministère de l'Intérieur, ce serait catastrophique et notamment pour la sécurité de nos concitoyens, en vrai. Catastrophique ? Oui, puisqu'on a quand même dans ce budget une augmentation des effectifs, notamment ceux qui vont être destinés à la filière judiciaire, donc à la lutte contre le narcotrafic dont on vient de parler. On a 700 emplois. Catastrophique pour les brigades de gendarmerie. On a un plan de déploiement de gendarmerie sur le territoire national.
Il doit y avoir 58 brigades avec 400 emplois de gendarmes qui sont créés pour les armées pour renforcer la sécurité du quotidien, avoir une gendarmerie comme elle l'est déjà, mais encore plus proche des territoires, notamment dans des zones où il y a une densité moins importante. Et puis, on avait aussi, on a aussi, et derrière, il y a évidemment des augmentations de budget pour l'immobilier, pour la police, pour revaloriser cette filière investigation, cette filière judiciaire qui souffre beaucoup. Et puis, on a aussi l'achat de... de Canadair. Et puis, on a aussi des créations d'emplois pour la lutte contre l'immigration illégale et le contrôle aux frontières.
Qu'est-ce que vous dites à la droite
qui hésite à voter ce budget alors qu'elle dit toujours qu'il faut plus de sécurité ?
J'y vois une petite contradiction, mais tout ça, tout ça... En tout cas, ça ne peut pas fonctionner dans le cadre d'une loi spéciale. En cas de loi spéciale, ça ne fonctionne pas.
Donc, une loi spéciale serait catastrophique ? Il n'y a pas d'alternative. Je reprends votre mot. Une option, pourtant.
Non, mais une loi spéciale, ce serait effectivement catastrophique. On ne peut pas réengager de crédit nouveau, on ne peut pas embaucher. On reconduit les dépenses de l'année précédente.
Contradiction de votre prédécesseur Bruno Retailleau qui est désormais patron de Républicain ?
Tout ce dont... Non, je ne dirais pas qu'il y a une contradiction de Bruno Retailleau. Je ne dirais pas sur ce terrain-là. Je dis qu'il faut être cohérent. Il n'y a pas d'alternative au compromis sur le budget. La loi spéciale n'est pas du tout...
Bruno Retailleau qui explique que ce budget est un hold-up fiscal.
Il n'y a pas d'alternative, en tout cas pour le budget du ministère de l'Intérieur. Il n'y a pas d'alternative. Toutes les mesures, ce sont des mesures nouvelles, ce dont je viens de parler, qui visent à renforcer la sécurité de nos concitoyens, qui vont dans le sens de renforcer la filière d'investigation judiciaire, comme l'avait d'ailleurs souhaité Bruno Retailleau. C'est lui qui a lancé ce plan de revalorisation. Et donc, évidemment, j'entends le mener à son terme. Mais pour cela, il faut évidemment que le budget soit adopté.
Première priorité des Français pour les municipales, la lutte contre la sécurité, Amandine.
Tout à fait, avec une proposition venant de la France Insoumise, disant que s'ils sont élus dans les villes où ils assureront donc ce mandat, ils démantèleront à la fois les caméras de vidéosurveillance et ils ne souhaitent plus que les policiers municipaux soient armés. Qu'est-ce que ça vous inspire ?
Non, ça m'inspire, comme ministre de l'Intérieur, une petite inquiétude quand même, une petite inquiétude. Petite inquiétude ? Non, c'est un euphémisme. Une grosse inquiétude. Non, non, je pense qu'il faut être sérieux, il faut être réaliste. D'abord, ce que vous venez de dire, c'est la libre administration des collectivités locales. Il faut que nos téléspectateurs comprennent bien qu'un maire est élu, il y a un principe de libre administration des collectivités locales dans notre pays, il prend des décisions en toute liberté.
Et par ailleurs, la France insoumise n'a pas gagné la dernière fois beaucoup de villes.
C'est vrai. En toute liberté, il peut prendre ses décisions. Je ne crois pas qu'elles soient de nature à assurer la sécurité de nos concitoyens. Moi, je suis à titre personnel très favorable à ce que les policiers municipaux soient armés et d'armes létales, comme 54% d'entre eux, pour 54% d'entre eux, c'est déjà le cas. Parce que c'est plus dissuasif, et puis parce que ce sont devenus des cibles aussi, parfois, des terroristes. On l'a vu malheureusement, ils ont été victimes d'attentats terroristes. Et puis, pour ce qui est de la vidéoprotection, vidéosurveillance, c'est un terme que toute la LFI emploie. Les vidéos, elles ne sont pas là pour surveiller, elles sont là pour protéger.
C'est de la vidéoprotection. Vous savez, la vidéoprotection, ça permet aux effectifs de faire des vidéopatrouilles, mais surtout, quand il y a des crimes, des viols, des délits, ça permet de faire des investigations judiciaires qui permettent de remonter aux auteurs. Donc voilà, je serais très inquiet qu'une commune, désarme sa police et démantèle son réseau de vidéoprotection, je serais évidemment très inquiet. Vidéoprotection qui ne bénéficie pas qu'à la commune concernée, puisque souvent, les services de l'État, les policiers et les gendarmes bénéficient également des images.
Monsieur le ministre, en parlant de la France insoumise, il y a Jean-Luc Mélenchon qui vous interpelle directement après la publication par le média Blas d'une photographie montrant des policiers cagoulés posant derrière une banderole féministe et antifasciste qui est tenue à l'envers, banderole noire que l'on voit ici, sur laquelle il est écrit en rouge et en blanc « Antifa féministe contre la transphobie et le racisme » qui a été récupérée par les policiers lors de la manifestation qui avait eu lieu le 22 novembre dernier à Paris, selon le média.
Média qui interprète d'ailleurs cette photo en disant que s'afficher en cagoulé avec le matériel ennemi est une pratique, je cite, « connue des milieux hooligans ». Réponse de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon qui a repris cela et qui juge que ces hommes déshonorent leur uniforme. Deux questions déjà sur cette photo, sur l'attitude des policiers. Est-ce que c'est acceptable ?
Non, alors cette photo n'est pas acceptable. Je vais quand même vous rappeler le contexte. Pardon, parce que la France insoumise fait beaucoup de commentaires, mais ça s'est passé, j'ai été préfet de police, ça se passe sur le territoire parisien, le 22 novembre pour la manifestation contre les violences faites aux femmes. Pardon, mais je vais rappeler le contexte. Les policiers ne vont pas récupérer des banderoles pendant les manifestations. Ça, ça n'existe pas. Ça existe que dans un cas.
Un cas seulement, c'est quand derrière ces banderoles, en l'occurrence c'est une banderole des antifas, vous avez vu, c'est une banderole de la mouvance antifa, quand derrière ces banderoles, des personnes se griment, profitent de la banderole pour se grimer, ouvrent des parapluies et vont commettre des exactions. Oui, les policiers à ce moment-là interviennent et peuvent récupérer les banderoles. Ça, je vous le confirme. Ça n'arrive que dans ce cas-là. Il faut peut-être aussi rappeler le contexte.
Il y avait forcément un contexte de violence et ces policiers qui se prennent en photo de manière très maladroite, ces policiers qui se prennent en photo, ce sont les mêmes, ce sont les mêmes qui assurent la sécurité des manifestants. Pour la manifestation du 22 novembre, en l'occurrence, vous aviez les associations qui défilaient, vous aviez le collectif Nous Vivrons, vous aviez le collectif Némésis, plutôt d'extrême droite, et qui ne s'entendent pas forcément entre eux. Et sans policiers, il n'y a pas de manifestation possible.
Maladroit ou inacceptable ?
J'y viens, j'y viens. Laissez-moi, je veux replanter le décor parce que j'entends beaucoup la France Insoumise parler. Ces policiers sont eux qui assurent la sécurité des manifestations et quand ils récupèrent des banderoles, c'est forcément parce qu'elles sont utilisées dans le but de commettre des violences. C'est-à-dire qu'on se dissimule derrière, voilà, après, il y a cette photographie manifestement qui est prise quand ils retournent au service, elle est effectivement inacceptable. Oui, je vous le confirme, elle est inacceptable.
Donc il y a une enquête administrative qui est lancée, il y aura des sanctions, mais je veux rassurer, enfin, rassurer non, je ne vais pas le rassurer, mais je veux dire à M. Léaumant qu'il dit qu'il faut révoquer ces policiers. Enfin, il n'y a pas un monde où pour ça, des policiers sont révoqués. Donc voilà, il y aura une enquête administrative, il y aura des sanctions administratives, mais enfin, voilà. Donc il me paraissait important de rappeler le contexte.
Je condamne clairement cette photographie, je condamne clairement cette action, mais que les choses soient claires, cette banderole, elle ne s'est pas retrouvée dans ce service par hasard, elle a été précédée de violences pendant cette manifestation et les policiers l'ont récupérée, évidemment, pour éviter que ces violences se continuent.
M. le ministre, il y a quelques jours, ici même, face à ma collègue Apolline de Malherbe, vous évoquiez le fait qu'en tant que ministre de l'Intérieur, la probabilité que vous vous rendiez en Algérie était très forte, invitée par votre homologue algérien. Est-ce que vous avez davantage d'informations ? Est-ce que vous savez désormais quand est-ce que vous allez vous rendre en Algérie ? Est-ce que c'est dans les prochains jours, les prochaines semaines ? Où est-ce que ça en est ?
Mon homologue m'a invité, je lui ai répondu évidemment que je me tenais à disposition pour m'y rendre et les échanges techniques ont commencé entre les équipes pour préparer cette visite. Voilà, donc les échanges techniques ont commencé et nous attendons, pour ce qui me concerne, j'attends évidemment, donc il y a la libération de Wolem Sansal, donc évidemment je me réjouis et j'attends de mon côté de voir comment le rythme de laisser passer Varpartie, c'est-à-dire les délivrances de laisser passer pour les Algériens qui sont en centre de rétention administrative nous sont délivrés.
Voilà, et donc on prépare techniquement cette visite mais je n'ai aucune raison de douter de la bonne volonté de mon homologue.
Est-ce que vous avez, depuis que vous avez pris vos fonctions, est-ce qu'il y a davantage justement effectivement d'OQTF algériens qui sont repartis en Algérie ?
Non, non, non, pour l'instant non, on a enclenché une discussion technique, déjà la discussion est repartie, c'est déjà quand même bon signe, mais il faut continuer, voilà. Vous voulez dire que c'était arrêté ? Bien sûr, c'est arrêté, évidemment, tout était arrêté.
Et quant au sort du journaliste, Christophe Gleize, qui est aujourd'hui...
C'est la justice algérienne qui décidera dans les jours qui viennent, voilà.
Oui, parce qu'en effet, il sera devant la cour d'appel le 3 décembre, mais qu'attend la France aujourd'hui ?
On est évidemment très attentifs à cette situation et voilà, on espère que la décision sera favorable, voilà. Maintenant, je vous redis... C'est-à-dire qu'il pourrait pour vous être libéré dès la semaine prochaine ? On n'a plus de canot, on n'a plus de canot actuellement, c'est une décision de la justice algérienne. Oui,
mais c'est une option.
Je ne me prononce pas là-dessus, je ne me fais pas de commentaires, je rebondis sur ce que vous disiez. On va réenclencher les canots, qui sont les canots d'obtention de laisser passer, et on va réenclencher les canots sécuritaires également, voilà. Donc, il y a des visites techniques qui se déroulent actuellement et quand les choses seront, je voulais guimer, mûres, je me rendrai en Algérie. Avant Noël ou pas ? Avant Noël ou après Noël, voilà, nous verrons.
Votre prédécesseur Bruno Retailleau a expliqué récemment, début novembre, les Algériens nous utilisent et nous, nous sommes faibles. Est-ce que vous approuvez cette déclaration ? Non,
je n'ai pas envie, voilà, j'ai beaucoup de respect pour Bruno Retailleau, j'ai été son préfet de police pendant un an, on a travaillé ensemble, j'étais haut fonctionnaire, il était ministre, voilà, on a géré ensemble des crises.
Qu'est-ce qu'on a qu'on est à ceux qui vous accusent d'être complaisants vis-à-vis du régime algérien ?
Je ne peux pas, voilà, je n'ai pas, Bruno Retailleau, il me connaît, il sait que je ne suis pas un faible, je ne suis pas un faible et la relation avec l'Algérie, je la connais depuis de nombreuses années et peut-être que sur ce sujet, j'ai un petit peu plus d'expérience que lui. Voilà, c'est tout ce que je peux dire. Donc, voilà, j'ai beaucoup de respect pour M. Retailleau, je ne peux pas me laisser dire que, voilà, la France n'est pas faible, je ne suis pas faible, nous savons ce que nous faisons, nous savons ce que nous faisons, voilà.
C'est ce que dit par ailleurs toute une partie du Rassemblement National, il n'y a pas que Bruno Retailleau ou Éric Zemmour qui disent qu'aujourd'hui, la voie de la diplomatie est celle en effet de la faiblesse, enfin ne fonctionne pas. Vous, vous leur dites qu'au contraire, montrer les muscles est inutile. Moi, ce que je leur dis, ce que je leur dis,
c'est que quand on est responsable politique, on est aussi responsable de la sécurité de nos concitoyens. Et s'ils pensent qu'on peut se passer de relations sécuritaires, normales avec l'Algérie, s'ils pensent qu'on peut s'en passer, c'est très inquiétant pour la sécurité et l'avenir, la protection des Français. Très inquiétant.
Pourquoi on ne peut pas s'en passer ?
Mais parce que, regardez ce qui se passe sur le narcotrafic, regardez le nombre de, je pense que nous reparlerons du narcotrafic, mais regardez le nombre de leaders des mafias marseillaises et françaises, d'une manière générale, qui se trouvent dans certains pays du Maghreb, qui se trouvent dans les pays du Golfe. Gérald Darmanin est allé d'ailleurs aux Émirats Arabes Unis pour convenir d'un certain nombre d'accords. En matière de narcotrafic, d'une part, en matière de terrorisme, vous avez des telles relations entre le Maghreb et la France qu'il serait irresponsable de ne pas avoir de relations sur le terrorisme. Voilà, je l'ai dit, je le redis ce matin.
Voilà, c'est tout ce que je peux dire. Et nous ne sommes pas faibles. Moi, je n'ai jamais été faible. J'ai été haut fonctionnaire pendant 20 ans de ma vie sur les questions de sécurité. Je ne passe pas pour être quelqu'un de tendre. Et d'ailleurs, ce que je viens de dire sur la banderole pour laquelle M. Mélenchon m'attaque, vient en attester à nouveau. Moi, je serai toujours en soutien des policiers. Je suis dans la fermeté. Je ne peux pas laisser dire que je suis faible. Nous savons ce que nous faisons dans cette affaire. Le président de la République sait parfaitement ce qu'il fait.
M. le ministre, dans un instant, on vous demandera concrètement qu'est-ce que vous comptez faire pour lutter contre ce qu'on appelle l'entrisme de l'islamisme radical qui s'insinue un peu plus chaque jour. C'est ce que montrent les derniers rapports dans notre vie quotidienne. Vous restez, bien sûr, sur BFM Politique. On se retrouve dans quelques instants. Notre invité sur BFM Politique ce matin, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez. Laurent Nunez, on évoquait cette question de la lutte contre l'entrisme islamiste. Il y a un rapport qui avait été fait un petit peu avant l'été. On parlera dans un instant des propositions que vous mettez sur la table.
Les Républicains également se sont emparés de cette question. Cette semaine, c'est Laurent Wauquiez, le patron des députés de droite républicaine à l'Assemblée nationale, qui a déposé une proposition de loi afin d'interdire le port du voile dans l'espace public pour les jeunes filles mineures. Est-ce que vous y êtes favorable ?
Non. Je vais vous expliquer pourquoi je ne suis pas favorable comme ça. La lutte contre l'entrisme, il faut peut-être recontextualiser les choses. Dans notre pays, on a eu la vague d'attentats qui nous a frappés et à la demande du président de la République, Emmanuel Macron. Ça avait commencé sous le quinquennat de François Hollande, évidemment. Et on a eu tout un dispositif de lutte contre la radicalisation violente, le terrorisme, qui est toujours en place, toujours en place, avec des lois qui sont extrêmement précises, des moyens des services de renseignement qui étaient renforcés, qui fait qu'on a resserré les mailles du filet sur la radicalisation violente, le terrorisme.
Et puis on a eu une deuxième étape qu'a voulu ouvrir le président de la République en 2018-19, qui est de lutter contre le séparatisme islamiste. C'est-à-dire toutes ces groupuscules, ces mouvements qui disent que la loi de Dieu est supérieure aux lois de la République et il en découle tout un tas de comportements. Et donc, on a eu une deuxième étape qui a voulu ouvrir le président de la République, donc cette lutte contre le séparatisme, qui ne s'inscrit pas forcément dans la radicalisation violente, loin de là, mais c'est simplement une atteinte très directe aux lois de la République, mais avec des propos qui peuvent inciter à la haine, aux discriminations.
Et on a eu une loi en 2019 qui a été adoptée, qui nous permet de lutter contre le séparatisme, qui a créé deux délits, qui nous permet de fermer des lieux de culte, fermer des associations, dès lors qu'il y a des entorses fortes à porter aux lois de la République, et surtout des propos qui incitent à la haine, à la discrimination. Et donc c'est ce texte qu'on utilise, d'ailleurs encore aujourd'hui, les préfets ferment de nombreux lieux de culte, engagent la dissolution de nombreuses associations. Il y a un troisième mouvement qui a été engagé, c'est la lutte contre l'entrisme. Il y a eu un rapport qu'avait demandé Gérald Darmanin, qui a été publié lorsque M.
Rotaillot était ministre de l'Intérieur, qui a été même rendu public, qui dénonce une autre forme de séparatisme, qui est celle de l'entrisme. C'est-à-dire, c'est un séparatisme qui ne se voit pas, où les groupuscules de l'islamisme politique empruntent finalement les chemins de la démocratie, c'est-à-dire qu'ils investissent, c'est un certain nombre d'institutions républicaines, c'est plus sournois, ça ne se voit pas. Il n'y a pas d'appel à la violence, il n'y a pas d'appel à la haine, à la discrimination, et donc c'est cette troisième étape que nous allons engager, que le président de la République nous a demandé d'engager.
Alors pourquoi vous êtes défavorable à la proposition
de le renvoquer d'interdire le voir pour les mesures dans l'espace public ? J'y viens. Nous travaillons, le président de la République nous a demandé à réfléchir à un certain nombre de mesures pour mieux lutter contre l'entrisme, Pendant l'été. Sur le fond, pendant l'été, nous y travaillons actuellement, ce qui est plus compliqué.
On n'est pas sur la radicalisation violente, on n'est pas sur des appels à la haine, à la discrimination, on est sur un comportement qui au final vise à faire que la loi religieuse soit supérieure à la loi de la République et sur un comportement donc d'entrisme, qui de manière sournoise, sourdurne, et qui en fait porte atteinte à la cohésion nationale, porte atteinte à la cohésion nationale, au vivre ensemble, peut-être à la forme républicaine de nos institutions, et donc il faut qu'on réfléchisse à ça. Il faut savoir comment on se renforce pour pouvoir dissoudre ce type de structure, travailler en renseignement sur ce type de structure.
Clairement, on vise les frères musulmans, vous l'avez compris, je le redis, c'est la technique des frères musulmans.
Pourquoi ne pas interdire le voile pour les mineurs dans l'espace public comme le propose Laurent Wauquiez ?
Je vais y venir. Dans ce cadre-là, vous avez la proposition de loi de Laurent Wauquiez, vous avez aussi le rapport du groupe LR au Sénat, qui a été donc, avec un travail de Madame Eustache Brignot, que je veux saluer, qui est très engagée sur ces questions de longue date, et qui propose d'ailleurs le titre du rapport, c'est « Islamisme, deux points, atteinte à la cohésion nationale ». Je crois que c'est exactement le sujet, c'est bien ça. Maintenant, ce qu'on veut appréhender, c'est l'atteinte à la cohésion nationale, au vivre ensemble. C'est cette troisième phase qui s'ouvre.
Et dans le rapport du groupe LR au Sénat, il y a plein de mesures qui rejoignent les réflexions actuelles du gouvernement. Je pense à la nécessité de renforcer les polices administratives, dissoudre les structures qui posent problème, interdire un certain nombre de choses, former les agents pour mieux identifier ce qu'est l'entrisme. Il y a tout un tas de propositions qui nous vont bien. Le voile, je viens sur le voile.
Interdire le voile pour les mineurs dans l'espace public, pourquoi vous n'y êtes pas favorable ?
Je viens sur le voile, comme sur l'interdiction du jeûne, l'interdiction du ramadan pour les moins de 16 ans. Je viens sur ces deux mesures. Attention, ce qu'on vise, c'est des structures, ce sont des individus, qui portent un discours d'entrisme islamiste, qui vise à terme à faire en sorte que la loi religieuse s'impose aux lois de la République. C'est ça qu'on vise. Mais il ne faut pas oublier que l'entrisme, je vous le redis, on n'est pas dans la radicalisation violente, on n'est pas dans des discours de haine, d'appel à la discrimination. Donc on est sur un sujet qui, politiquement, est bien plus sensible. On se rapproche pas mal du délit d'opinion.
Donc il faut qu'on soit extrêmement prudent dans les mesures que l'on va proposer. Et donc, cette réflexion qui a été engagée sur essayer de mieux caractériser ce qu'est une atteinte à la cohésion nationale, au vivre ensemble et à la forme républicaine de nos institutions, réflexion en cours, doit nous amener à la plus grande prudence. Or, toute mesure qui serait décidée de manière générale, de manière générale, 1 me semble pas forcément très efficace.
Il faut plutôt essayer de s'attaquer à ces structures, à ces individus qui disent à ces jeunes filles qu'elles doivent avoir le droit d'aller voiler à l'école et qu'il faut se battre pour se faire, et que sinon il faut refuser d'aller à l'école. C'est ces gens-là qu'il faut atteindre. Ce sont ces gens-là qu'il faut atteindre. Donc elle n'est pas forcément efficace et utile. Et deuxièmement, je pense qu'elle est très stigmatisante vis-à-vis de nos compatriotes musulmans qui peuvent se sentir blessés par ce type de propositions. Voilà, maintenant ce n'est que mon avis personnel. Vous me le demandez, je vous le donne.
Et je vous explique pourquoi par rapport à la politique qu'on mène à la demande du président de la République maintenant depuis 2017 pour lutter contre toutes les formes de radicalisation violente, de séparatisme et d'entrisme, il faut faire attention aux mesures qui seraient trop stigmatisantes.
Deux choses que je n'ai pas très bien comprises. D'une part, est-ce que voir néanmoins des jeunes femmes voilées dans la rue vous choque ou pas ? Et deuxième chose, vous dites sur le rapport sénatorial qui propose notamment d'interdire le jeûne aux moins de 16 ans qui font le ramadan, vous dites que ce rapport est intéressant, mais donc vous êtes oui ou non favorable à cette proposition sur le jeûne ? Non, je vous ai dit que non.
Le rapport est intéressant parce qu'il comporte de nombreuses mesures qui vont dans le bon sens. D'abord, il y a le constat qui est fait sur le développement de l'entrisme. Vous avez des mesures qui sont proposées qui sont très intéressantes, celles qui visent à renforcer.
Oui, mais il y en a une autre par exemple qui est très symbolique, c'est interdire le voile aux accompagnatrices scolaires. Ça, c'est non également ?
Renforcer le pouvoir des services de renseignement, renforcer les financements qui viennent de l'étranger sur les lieux de culte, ce qu'on a déjà fait. D'accord, mais par exemple pour les accompagnatrices scolaires, vous dites que c'est non également.
En fait, les mesures les plus symboliques, vous les trouvez vaines.
Non, il y a tout un tas de mesures qui vont dans le bon sens. Je dis attention aux mesures qui seraient stigmatisantes et qui donneraient finalement du grain à moudre à ceux qui nous critiquent. Je dis nous critiquent. Je nous mets dans le même sac avec les Républicains, le gouvernement, le ministre de l'Intérieur. Attention à ceux qui nous critiquent en disant que ce qu'on engage, finalement, la France serait islamophobe. C'est ce que disent un certain nombre. De partis politiques, c'est ce que dit très clairement.
Vous ne m'avez pas répondu sur le port du voile, en l'occurrence sur les jeunes femmes. Est ce que ça vous choque ou pas de voir des jeunes femmes voilées
à titre personnel, à titre personnel, à titre personnel? Évidemment que dans l'espace public, quand il y a des jeunes femmes voilées, la première question qu'on se pose, c'est ce qu'elles ont eu le choix de se voiler. Et on peut penser souvent que ça n'est pas le cas. Voilà donc je pense qu'il y a une action effectivement résolue à mener, mais je ne crois pas à l'interdiction générale. C'est quoi une action résolue?
Une action résolue, c'est l'action qu'on mène contre les structures qui essaient de diffuser, qui essaient de faire en sorte qu'on ait de plus en plus de personnes qui adoptent des codes religieux dans les services publics et qui essaient de diffuser cette idée que finalement, la République serait contraire à l'islam. Donc il faut imposer les lois religieuses à la République. C'est ça. Et ça, on a des moyens d'action qui passent par des dissolutions, qui passent par des fermetures, qui passent par un suivi des services de renseignement. Et c'est ce à quoi nous travaillons pour l'entrisme. Attention, j'insiste. Pour le séparatisme islamiste et pour la radicalisation, nous avons des outils.
Monsieur le ministre, question très simple. Est-ce qu'à vos yeux, le voile est un outil d'asservissement de la femme, oui ou non?
C'est une question qui touche à la liberté de conscience de chacun. Moi, je ne me prononcerai pas là-dessus. En revanche, quand des jeunes filles n'ont pas le choix et se retrouvent voilées, oui, la question se pose. Maintenant, vous me demandez des mesures. Moi, je suis ministre de l'Intérieur. Vous me demandez des mesures pour lutter contre l'entrisme. Je pense qu'il y a toute une batterie de mesures qui sont très intéressantes, qu'il faut les renforcer. Ce que je dis, c'est attention aux mesures qui peuvent être stigmatisantes.
C'est attention à ne pas donner nous-mêmes le sentiment qu'on porte atteinte à la cohésion nationale, alors que c'est ceux que nous voulons combattre, ce sont ceux qui eux-mêmes portent atteinte à cette cohésion nationale en essayant d'imposer la loi religieuse. Vous parliez des frères musulmans. Question de Jules Pecknard.
Vous parlez des frères musulmans comme principaux responsables de cet entrisme. Est-ce que vous êtes favorable à ce que cette organisation soit classée comme organisation terroriste, comme Donald Trump l'a fait en signant récemment un décret ?
En fait, c'est une multitude. Pour classer une organisation terroriste, il faut un certain nombre de critères.
Les frères musulmans ne correspondent pas à ces...
Honnêtement, je ne pense pas. Il faut être réaliste. Il faut que ce soit un groupuscule qui en appelle à la violence pour semer la haine, la terreur. C'est surtout mener des actions violentes d'atteinte à l'intégrité physique des personnes, en entreprise individuelle ou associative, ou collective, pour semer un climat de haine, de terreur, de violence. Bon. Vous n'y êtes pas tout à fait.
Pour vous, c'est une fausse solution que...
En revanche, avoir des outils qui permettent de s'attaquer aux structures qui relèvent des frères musulmans sur le territoire national et qui en appellent à imposer la loi religieuse sur la loi de la République, il y a tout un tas de structures associatives. Le rapport qui a été rendu public à l'été les a clairement désignées. Nous les connaissons. Et les préfets travaillent sur ces structures. Alors, pour l'instant, en application du droit existant, mais ça permet de fermer un certain nombre d'associations, de fermer un certain nombre de lieux de culte, de procéder à un certain nombre de dissolutions. Donc voilà, nous y travaillons.
Et donc, on travaille au cas par cas, après avoir caractérisé des propos qui peuvent être... qui incitent à la haine, qui peuvent inciter à la discrimination. Et demain, ce que l'on veut pouvoir faire, c'est pouvoir s'attaquer à ceux qui simplement, simplement considèrent que la loi religieuse est supérieure aux valeurs de la République.
Monsieur le ministre, justement, question. Une courte réponse courte. Nos confrères de l'IFOP, les sondeurs de l'IFOP, ont fait un sondage sur cette question-là. Ils sont l'objet de menaces. Aujourd'hui, est-ce que c'est acceptable d'être menacé ? Parce qu'on a fait un sondage qui ne plaît pas forcément à certains.
Non, mais évidemment, non, c'est pas acceptable du tout. Oui, j'ai bien évidemment connaissance des menaces qui pèsent sur les... notamment sur un certain nombre de responsables de l'IFOP. Oui, évidemment, c'est pas acceptable. Et évidemment, la République les protégera.
Vous avez été auditionné, vous, par la commission d'enquête sur les liens existants entre les mouvements politiques et l'idéologie islamiste. C'était l'Assemblée nationale, une commission qui vise plus particulièrement en sociopolitique la France insoumise. Est-ce que vous, vous jugez que la France insoumise fait l'objet de complaisance à l'égard de l'islamisme radical ?
Mais je vais reprendre ce que j'ai dit à la commission, puisque j'y suis allé, c'était pas huis clos, je suis ministre. Un certain nombre de responsables des services de renseignement aussi y sont allés. La question, c'était est-ce qu'il y a des relations directes entre l'islam politique et un certain nombre de formations politiques ? La relation directe, la réponse est non.
En revanche, en revanche, quand vous avez un certain nombre de formations politiques qui, quand on mène sur le combat que nous menons, sur le séparatisme, sur l'antrisme, et qui laisse à croire à un certain nombre de nos compatriotes de confession musulmane que ce faisant, nous sommes islamophobes, que ce qu'on stigmatise, ce sont les musulmans, alors que nous ne visons que l'islamisme politique, l'islam politique, l'islamisme.
Je crois que quand on diffuse ce genre de paroles, quelque part, indirectement, on soutient, effectivement, c'est une forme de soutien qui est apportée à l'islam politique en disant que, finalement, le gouvernement, le ministre de l'Intérieur, là, ce que je viens de dire, ils vont dire oui, voilà, il est islamophobe. Moi, je suis tout sauf islamophobe. La France insoumise soutient l'islamisme politique, c'est ce que vous nous dites. Ce n'est pas ce que je vous dis.
Je vous dis qu'indirectement, quand vous critiquez le gouvernement français, que vous le traitez d'islamophobe, parce qu'il mène des actions pour lutter contre l'antrisme, en reprenant un discours de l'islam politique qui dit qu'en fait, le gouvernement français est islamophobe, quelque part, vous condamnez, en condamnant l'action du gouvernement, quelque part, vous donnez du crédit à cette mouvement.
– Jean-Luc Mélenchon a été convoqué par cette commission. À l'instant, Manuel Bompard, responsable de la France insoumise, assure et je cite, considère que les insoumis ne doivent pas répondre à ces invitations, pas dans les règles, je ne vois pas pourquoi nous devrions y répondre.
– Je trouve que c'est dommage, ça serait intéressant d'entendre ce qu'en dit la France insoumise, en tout cas, moi, par exemple, qu'ils puissent me répondre sur le fait qu'ils puissent me répondre sur le fait que, par exemple, comme je le redis et je le dis, quand on engage les actions qu'on engage et que nous sommes traités d'islamophobe, quelque part, ça revient à soutenir l'étonnant de cet islam politique.
– Monsieur le ministre, est-ce que, d'après vous, l'immigration est une chance pour la France ? Je vous pose la question, parce que pas plus tard que jeudi, votre prédécesseur, encore lui, Bruno Retailleau, a répété que l'immigration, dans les circonstances dans lesquelles elle se fait aujourd'hui, n'est pas une chance pour la France.
– Oui, il dit bien dans les conditions dans lesquelles elle se fait aujourd'hui, oui. Après, nous sommes un pays qui a connu des vagues d'immigration importantes, de personnes qui sont intégrées, installées…
– Il explique aussi que 60% de la délinquance sur la voie publique est le fait d'une immigration que l'on ne contrôle plus.
– Alors, là-dessus, je vous redis, il faut faire attention quand on tient ce genre de propos, nous sommes aussi un pays d'immigration, qu'actuellement il y ait un phénomène de migration extrêmement important que nous veillons à juguler avec les institutions, à juguler avec les institutions de l'Europe. Évidemment, c'est une évidence, c'est une évidence. Nous y travaillons, donc on augmente les reconduits de forcés, voilà. Mais l'immigration, nous sommes un pays traditionnellement d'immigration. – Mais est-ce que c'est une chance ? – Écoutez, l'immigration dans le passé, ça a été une chance.
Maintenant, il faut réguler les flux de migrants, c'est ce à quoi s'emploie la France et l'Union Européenne. – Je voudrais éclaircir… – Après, sur la délinquance… – Alors justement, Amandine a une précision à vous demander.
– Oui, je voudrais éclaircir un débat qui agite beaucoup, sur les classes politiques françaises, notamment là sur la semaine qui vient de s'écouler. Est-ce qu'il y a, oui ou non, un lien entre l'immigration et la délinquance ? Quand le Rassemblement National en parle, en général, il s'appuie sur deux chiffres précis. Le premier, qui vient du ministère de la Justice, disant qu'il y a 25% des détenus français qui sont étrangers. Et le second chiffre, ministère de l'Intérieur cette fois, c'est qu'en Île-de-France, 93% des vols et 63% des agressions sexuelles sont commis par des étrangers. Est-ce qu'on peut en déduire qu'il y a un lien entre l'immigration et la délinquance ?
Alors d'abord, moi je suis ministre de l'Intérieur, je fais la tête de policiers et de gendarmes qui s'en prennent, qui interpellent et qui luttent contre la délinquance d'une manière générale. Donc ce lien, moi je refuse de le faire. Mais comme je le fais toujours, et je ne l'ai jamais nié, je donne évidemment les chiffres. Oui, les étrangers représentent une part de 8% de la population générale. Il y a le chiffre que vous donnez pour les étrangers en détention. Et puis, dans certains items de la délinquance, ils représentent une proportion qui est effectivement plus importante. Vous savez, ça va de 11 à 39% en fonction des catégories.
Mais qu'est-ce qui fait que le lien alors ne peut pas être établi ? 11% c'est pour les vols de véhicules, et les vols dans les véhicules c'est 39%. Pour les cambriolages, par exemple, c'est aux alentours de 30% de mis en cause de nationalités étrangères. Voilà, donc il y a un constat à faire. Mais moi je me refuse à faire ce lien. Nous, nous luttons contre des délinquants, quels qu'ils soient. Et on va continuer à le faire de manière ferme et déterminée
sous mon autorité. Monsieur le Ministre, il y a quelqu'un qui a écrit directement au Président de la République. Il s'agit du Premier ministre britannique Keir Starmer. Il dit que la France n'en fait pas assez pour empêcher les traversées de clandestins dans la Manche. Il propose même d'envoyer des bateaux britanniques dans les eaux françaises pour sauver et renvoyer les gens en France.
Qu'est-ce que vous lui répondez ? Alors d'abord, on a un partenariat très étroit avec le Royaume-Uni pour la protection de la frontière extérieure de l'Union Européenne, qui est la frontière au nord de la France. L'accès à la Manche. Donc ce que je lui réponds, c'est qu'on a des accords ensemble. Donc il a écrit, évidemment, il y aura une réponse qui lui sera faite. Mais on a des accords qui font que nous n'avons eu de cesse les contrôles de l'accès, notamment à la Manche. Pour ce qui est du terrestre, du ferroviaire et du maritime, les contrôles sont très performants.
Et puis il y a ces traversées qui se font en small boat, en bateaux de fortune, souvent à la main d'ailleurs de filières d'immigration illégales contre lesquelles nous luttons, que nous démantelons. Et puis on a un travail de présence qui est très dense, qui est très fort sur la Manche. Et donc ce que je peux répondre d'ailleurs, c'est qu'on a des accords. On a les accords de Sanders avec le Royaume-Uni, où le Royaume-Uni finance un certain nombre de nos dispositifs de protection. On vient d'appliquer, comme le souhaitaient nos partenaires britanniques, la doctrine d'intervention en mer, qui nous permet maintenant d'appréhender des bateaux en mer, ce qui n'était pas possible jusqu'alors.
Donc voilà, ce que je réponds, c'est qu'on continue à agir de manière ferme et déterminée. Et je dois d'ailleurs rencontrer mon homologue britannique
dans les jours qui viennent. Monsieur le ministre, trois photos, trois questions. On commence par la photo du musée du Louvre, Amandine.
Oui, qui intéresse beaucoup les Français, avec deux questions. D'abord, est-ce que tout le commando est aujourd'hui sous les verrous ? Vous trouvez ces bijoux ? Vous disiez que vous étiez optimiste au début.
L'êtes-vous toujours ? Oui, moi je continue à rester optimiste. Tous les auteurs sont maintenant interpellés. Les quatre auteurs.
Les investigations se poursuivent.
Le temps qui passe ne joue pas contre nous, à l'inverse ? Non, le temps qui passe ne joue pas contre nous. On a les services de police qui sont saisis de cette affaire. Il y a l'ANFIS, le lutte contre le trafic de biens culturels. Et puis surtout, la brigade de répression du banditisme de la préfecture de police. Ce sont des services d'excellence. On a la confiance pour retrouver toute l'équipe, peut-être des commanditaires et sûrement les bijoux. Il est probable qu'on retrouve les bijoux ? Je ne dis pas qu'il est probable, je dis que tout est fait pour.
Deuxième photo, Jules, on approche de Noël, une crèche de Noël. Une crèche de Noël installée par Robert Ménard, le maire de Béziers depuis 2014. Il l'assume, il installe une crèche dans sa mairie, assumant les racines chrétiennes de la France, explique-t-il. Est-ce que cette image vous choque, vous, personnellement ?
Sur les crèches, il y a eu toute une jurisprudence, comme vous le savez. Est-ce qu'on considère que c'est du cultuel, du religieux ? Ou est-ce que c'est du traditionnel, du culturel ? Il y a toute une jurisprudence sur ce sujet. Je crois qu'il y avait d'ailleurs eu une décision d'une cour administrative d'appel sur ce sujet. Quand c'est cultuel, il y a un principe de laïcité, ce n'est pas possible. Mais quand on le rattache à la tradition culturelle d'un lieu, etc., c'est possible. Je crois qu'il faut avoir une position équilibrée sur ces sujets.
Une crèche dans une mairie, ça ne vous choque pas ?
Écoutez, franchement, je redis, c'est du cas par cas. Il y a un principe de laïcité qui s'applique. Après, quand on est dans du traditionnel, du culturel, c'est exactement ce qu'a dit le Conseil d'État. Je m'en réfère à la jurisprudence du Conseil d'État.
À l'approche de Noël, il y a aussi les marchés de Noël qui ont débuté ce week-end dans l'Est de la France et un peu partout en France. Est-ce que vous êtes particulièrement inquiet pour ce qui est de la sécurité justement de ces marchés de Noël et puis des fêtes qui auront lieu, évidemment, notamment autour des églises ? Est-ce qu'il y a un dispositif de sécurité particulier ? Parce que la menace terroriste est particulièrement élevée à cette période-là.
Oui, forcément, c'est un moment symbolique important pour la communauté chrétienne et pas que. D'une part. D'autre part, c'est des lieux où les gens se rassemblent, y compris sur l'espace public, dans le cadre des marchés de Noël. Et quand on lit la propagande des groupuscules terroristes, ce sont des cibles. C'est pour cela que l'on renforce significativement les dispositifs autour des lieux de culte pendant cette période, des marchés de Noël, de tous les lieux de grands rassemblements.
Ça reste une cible ? Oui.
Ça reste une cible, comme le sont les forces de l'ordre, comme le sont les lieux de culte de la communauté juive, comme le sont un certain nombre d'institutions publiques. Dans cette propagande de l'État islamique, d'Al-Qaïda, qui ne peut plus se projeter sur le territoire mais qui peut essayer d'inciter des individus présents sur le territoire à passer à l'acte, oui, ça reste clairement une cible.
Quel est l'état, plus largement, de la menace terroriste aujourd'hui en France, alors que la France, il y a quelques jours, commémorait les attentats du Bataclan de 2015 ? L'état de la menace,
ces dernières années, n'a pas évolué. Le risque d'attaque projetée, comme les attentats de 2015, avec des groupes qui viennent de Syrie, d'Irak, est beaucoup plus faible en réalité. Il a même quasiment disparu, mais les services de renseignement restent attentifs. Et puis, vous avez effectivement ce risque de cette mouvance endogène. Tous les attentats qui sont déjoués actuellement proviennent de cette mouvance, des individus présents sur le territoire qui décident de passer à l'acte. Attaque au couteau, voiture bélier, avec des moyens qu'on dit rudimentaires, mais qui sont évidemment laitaux et donc très graves. Donc, on reste attentifs à cette forme de menace.
Merci beaucoup, monsieur le ministre, d'avoir été notre invité. On évoquait tout à l'heure la rave party qui s'est déroulée à Istres, avec notamment des policiers qui ont été blessés. Est-ce que vous avez des dernières informations à ce sujet-là ?
Les dernières informations que j'ai d'abord, d'une manière générale, chaque fois qu'il y a des raves parties, on intervient pour les empêcher. Je reprendrai d'ailleurs des mesures qui avaient été préparées par Bruno Rotaillot visant à durcir le fait qu'on passe du contraventionnel à du délictuel, ce qui permettra de mettre en garde à vue les personnes. Donc, chaque fois, on intervient. On l'a fait en Bretagne, où il y a une évacuation qui est en cours. Et puis, à Istres, il y a effectivement une rave party où les personnes sont installées par la force et où les forces de l'ordre convergent vers ce site. Voilà.
Je confirme qu'on a eu des policiers blessés, des véhicules de police qui ont été endommagés et donc on va évidemment réagir. Qu'est-ce qui va se passer quand vous allez réagir ? C'est-à-dire, vous savez, d'abord, on empêche que le rassemblement se déroule. On essaie d'empêcher l'installation. Ce week-end, ça s'est produit à de nombreux endroits sur le territoire national où on a empêché plein d'installations. Il y en a eu un qui a eu lieu en Bretagne, une installation en cours qui va être évacuée. Et pour Istres, je vais regarder ça personnellement et de très près, évidemment.
Mais on ne tolérera pas les rassemblements musicaux illégaux qui, souvent d'ailleurs, entrent par la violence sur des terrains privés et installent des murs de son. Et voilà, ça n'est pas acceptable. Et comme ça a été fait par tous mes prédécesseurs, je m'y opposerai avec beaucoup de fermeté.
Merci beaucoup, monsieur le ministre, d'avoir été notre invité exceptionnel ce matin.
Jordan Bardella