Budget 2026 : "Avec ce genre de copie, François Bayrou se prendra une censure en plein visage", affirme Sébastien Chenu
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Bonjour Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement National, député du Nord. Dans un instant, on va vous entendre et détailler évidemment l'ensemble des mesures annoncées hier par le Premier ministre François Bayrou. C'était son plan pour le budget 2026, la suppression de deux jours fériés. C'est près de 44 milliards d'euros à trouver d'économie. D'abord, avant donc de rentrer dans le détail, est-ce que vous nous dites ce matin que ça y est, le sort de François Bayrou est scellé et que le Rassemblement National va le censurer ?
Non mais c'est le sort des Français en fait qui est scellé. C'est-à-dire que leur bilan c'est la ruine et leur solution c'est l'austérité. Donc d'abord ce sont les Français, c'est pas François Bayrou qui est victime ou qui serait victime de quoi que ce soit s'il était censuré. Le sort de François Bayrou nous importe peu. Mais est-ce qu'il faut qu'il parte ? C'est ça ma question. Déjà il va venir présenter son budget devant l'Assemblée Nationale. On va pouvoir nous faire valoir un certain nombre de propositions parce que là, j'allais dire, c'est le début. François Bayrou a acheté du temps.
On a bien compris qu'il n'avait aucune vision, qu'il était paresseux, que c'était une espèce de budget de la fainéantise avec aucune réflexion sur les réformes possibles dans le pays. François Bayrou, ok, a voulu passer l'été. Il n'y a pas de session extraordinaire. L'Assemblée est fermée en soi. Voilà, donc on ne peut pas le censurer aujourd'hui. Donc rendez-vous à la rentrée. François Bayrou, avec sa petite feuille de route et la cure d'austérité qu'il propose aux Français, va venir rendre compte devant le Parlement. Et là, les choses sérieuses vont commencer.
Mais je me trompe ou vous êtes un peu moins sévère que Marine Le Pen, qui disait hier, si la copie n'est pas retravaillée, oui, il y aura censure. Je vous trouve un peu moins catégorique.
Non, non, pas du tout. François Bayrou, avec ce genre de copie, avec ce genre de proposition, se prendra une censure en plein visage. Mais d'abord, qui a voté pour ça ?
Il y a une porte de sortie, il y a encore moyen de... Oui, qu'il change totalement.
C'est-à-dire qu'il arrête de ponctionner les Français. Mais d'abord, qui a voté pour ça ? En fait, à quel moment les Français ont souhaité voir des jours fériés supprimés, le barème de l'impôt sur le revenu qui ne serait pas revisité ? Enfin, à quel moment ? Je veux dire, ils ont perdu les élections. Il n'y a aucun Français qui a voté ça.
J'entends cet argument, mais dites-moi si je me trompe. Vous avez eu 8, 9 occasions de censurer François Bayrou depuis qu'il est en poste à Matinot. Vous ne l'avez pas renversé, vous auriez pu voter...
On a toujours dit que c'était sur le budget. Il faut bien un budget pour le pays. C'est le rendez-vous, c'est le budget.
Par contre, vous ne l'avez pas fait sur les retraites ?
Non, nous ne l'avons pas fait sur les retraites parce que ça n'aurait pas désamorcé, ça n'aurait pas effacé, ça n'aurait pas enlevé la réforme des retraites d'Emmanuel Macron. Faire chuter François Bayrou là, c'était de toute façon... Après l'échec sur le conclave. C'était de toute façon avoir un nouveau Premier ministre qui aurait préparé un budget. Il faut bien un budget pour le pays. Donc nous, on est des gens responsables, il faut un budget pour le pays. Voilà les pistes budgétaires du pays. Elles ne nous convainquent pas, elles nous mécontentent, elles nous scandalisent. Ce ne sont pas des pistes de réforme, ce sont des pistes faites pour gagner du temps et essorer les Français.
François Bayrou, s'il persiste, se prendra une censure en plein visage.
Est-ce que ça ne reviendrait pas à revenir à la classe départ ? Vous aviez censuré Michel Barnier en décembre l'année dernière. Là, si vous faites tomber François Bayrou, tout porte à croire qu'Emmanuel Macron va insister et nommer probablement un Premier ministre, soit de son camp, soit d'un parti allié.
On verra ça, on verra ce que fera le Président de la République si le Premier ministre tombe. Quand on a censuré Michel Barnier, on a obtenu des choses. Michel Barnier voulait désindexer les retraites des Français. En le censurant, nous avons permis, puisque cette désindexation n'a pas été possible, nous avons permis aux retraités de voir leur retraite indexée sur l'inflation. Donc on a obtenu des choses. On a obtenu le fait qu'il n'y ait pas de hausse du coût d'ailleurs des médicaments. Quand on a fait bouger les lignes avec Michel Barnier, on a obtenu des choses au bénéfice des Français. Et c'est tout ce qui compte.
Mais là, je vais vous dire, la liste est tellement longue des coûts de canif que met François Bayrou dans le contrat social qui structure la nation, qu'évidemment, c'est absolument insupportable.
Alors vous dites « coup de canif dans le contrat social ». Hier, Jean-Philippe Tanguy, qui appartient à votre groupe Le Rassemblement National à l'Assemblée Nationale, a parlé de purge sociale et fiscale. D'abord, et on va détailler les mesures ensemble, la suppression envisagée de deux jours fériés. François Bayrou a dit « par exemple, le lundi de Pâques et le 8 mai ». Je vous vois déjà bondir. Est-ce que quand même, ce n'est pas un peu démago, excusez-moi, mais un peu facile de dire « non, il ne faut surtout pas supprimer deux jours fériés ». Il faut quand même faire des efforts. Vous êtes d'accord ?
Il faut faire des efforts. Non mais d'abord que l'État fasse des efforts. Je note que les trois domaines dans lesquels l'État pouvait et aurait dû faire des efforts, il ne les fait pas. C'est-à-dire la désadministration de l'État, rien en vue. La contribution à l'Union européenne. Il y a quand même suppression des agences, de certaines agences. On va voir ça. On va en parler. Quand il s'agit de l'État, ça reste très flou. Quand il s'agit de la cure d'austérité pour les Français, ça c'est très précis. L'Union européenne et sa contribution. Nous, on avait demandé une année blanche sur la contribution à l'Union européenne. Là, on ne bouge pas. Et alors le pompon, l'immigration. D'ailleurs, M.
Rotaillot, qu'on n'a pas beaucoup entendu, il n'a même pas réussi à faire baisser l'enveloppe de l'aide médicale d'État. Même ça, ce gouvernement n'y touche pas. Sur les jours fériés. D'abord, on a déjà vu dans le passé que ça ne marchait pas. On se rappelle tous de la suppression du jour travaillé de la Pentecôte. Le fameux jour de solidarité. Qui était au bénéfice des EHPAD. Quand on voit dans l'état dans lequel sont les EHPAD dans notre pays, quand on voit les besoins que nous avons pour le grand âge, on se dit que ça n'a pas suffi. Ça rapporte assez peu.
Vous pensez que c'est un symbole, ces jours fériés ?
C'est vraiment si grave que cela ? C'est un symbole et c'est plus qu'un symbole. On demande donc aux Français ou de travailler gratuitement. C'est-à-dire que de ne pas être payé. Ou alors, on demande aux entreprises de payer finalement ce jour-là. Ça aura des effets récessifs aussi. N'oublions pas que par exemple, le lundi de Pâques ou tous ces longs week-ends, ce sont des week-ends dans lesquels il y a de la consommation, dans lesquels le tourisme explose. Donc on va voir la tête que vont faire les restaurateurs, les hôteliers, les structures touristiques qui vont encore être amputées de ça.
Ce n'est pas seulement demander aux Français de travailler un jour férié, c'est aussi abîmer un peu plus notre économie du tourisme.
Pour que nos auditeurs comprennent bien, si vous étiez au pouvoir aujourd'hui, vous ne supprimeriez pas de jours fériés ? Pas le 15 août, pas le 11 novembre ?
Nous ne supprimerions pas de jours fériés. Et d'ailleurs, je vais vous dire, là, François Bayrou propose d'en supprimer deux. On ne sait pas pourquoi deux, ça tombe comme ça.
Peut-être pour ramener un seul après dans la négociation.
Encore pire, pour ramener un seul dans la négociation. C'est-à-dire qu'en fait, c'est vraiment une espèce de marge de manœuvre qu'il se donne de 2 à 4 milliards d'euros. Mais l'année prochaine, ça ne solutionne rien. L'année prochaine, il va demander d'en supprimer 4 ? C'est-à-dire, c'est quoi la fin ? C'est quoi la vision ? C'est quoi la réforme ? En fait, François Bayrou ne réforme pas, ne redresse pas le pays, ne change pas les choses. Parce qu'il travaille à périmètre constant. Donc en fait, à périmètre constant, vous faites du rabotage, vous demandez aux Français de se serrer la ceinture. Et aujourd'hui, c'est deux jours fériés. Et l'année prochaine, ce sera 4.
Alors, vous parlez de rabotage, pas de réforme structurelle annoncée par François Bayrou hier. En revanche, une année blanche pour 2026. Est-ce que ce n'est pas quand même un bon moyen de débrancher le pays qui est accro, selon les mots du Premier ministre, à la dépense publique, dans le contexte quand même d'une inflation faiblarde ? 1%, est-ce que cette année blanche, ce n'est pas la moins mauvaise des solutions ? Mais c'est surtout l'idée la plus grotesque.
Pourquoi ? C'est l'idée la plus grotesque, pour deux raisons. D'abord, François Bayrou nous dit qu'elle va rapporter 7 milliards d'euros. Tiens, c'est ce que pourrait ramener une année blanche sur la contribution à l'Union Européenne. 7 milliards d'euros. C'est-à-dire qu'au lieu de demander des efforts aux Français, là on pourrait dire, et là on ne sort pas des traités, il n'y a pas de Frexit, il n'y a rien du tout, on pourrait dire, nous ne donnons pas plus, on continue à donner, à contribuer, mais nous ne donnons pas plus cette année à l'Union Européenne que les autres années. C'est 7 milliards d'euros aussi. Mais pourquoi ça ne marche pas ?
Parce que si l'inflation est basse, ou baisse, ça ne va rien ramener dans les caisses de l'État. Donc en fait, c'est un long sens économique. Mais si l'inflation est haute, tout le monde va prendre très cher. Ça va coûter très cher, et ça va faire mal aux Français. Donc évidemment, cette année blanche, elle est une très mauvaise idée économique. Elle est injuste, et surtout elle percute qui ? Moi je le vois, je suis élu d'une circonscription populaire. Dans le Nord, en l'occurrence à Denain. Elle percute évidemment les petits salaires, elle percute les gens qui ont des petits revenus, elle percute les classes sociales qui déjà souffrent le plus.
Malgré tout, avec cette année blanche, dans le détail, les retraités vont voir leurs pensions gelées. Il n'y aura pas de hausse, pas de baisse, prévient François Bayrou. Dans la mesure où tout le monde doit faire des efforts, dans la mesure où il faut dégraisser le mammouth, est-ce que ce n'est pas légitime de dire « Bon ben voilà, 1% d'inflation, les pensions de retraite ne vont ni augmenter ni baisser, il va falloir faire un effort ».
D'abord, les retraités, ce n'est pas une caste de privilégiés. Les retraités, ils ont travaillé.
Vous pensez que le gouvernement pense comme ça aujourd'hui ?
Oui, mais surtout, il se dit « Les retraités seront bien sages, ils ne manifesteront pas, ils ne casseront rien, ils ne vont pas descendre dans les rues ». Les retraités, pourquoi il y a cet abattement de 10% qui existe ? Il est fait évidemment pour compenser un niveau de vie qui n'est plus le même lorsque vous arrivez à la retraite.
Pour frais professionnels, c'est cet abattement que va supprimer le Premier ministre, remplacer par un forfait.
C'est le fait que les dépenses, quand vous passez à la retraite, soient différentes. Vous avez plus de dépenses de santé, vous avez plus de dépenses d'accompagnement, etc. Donc, les dépenses des retraités ne sont pas les mêmes. Il y a cet abattement fiscal. Mais si on demande des efforts à tout le monde, et je ne vois pas pourquoi on demanderait à des gens qui ont travaillé toute leur vie de payer pour ceux qui ne font rien, parce qu'il n'y a rien sur l'immigration, je l'ai dit, mais à ce moment-là, la niche fiscale des journalistes, ce n'est pas vous que je vise particulièrement, à titre individuel, mais c'est 7 650 euros par an.
D'ailleurs, on ne sait pas, mais il n'est pas complètement exclu qu'il revienne. D'accord, le Conseil économique et social, 45 millions d'euros par an. Mais enfin, tout ça, je veux dire, à ce moment-là, mettons tout sur la table, et regardons, mais on voit bien que c'est du bricolage. La question des niches fiscales, elle est ouverte ? On va voir, on va voir, mais... Elle est ouverte, elle est à la main des parlementaires. Mais je vais vous dire, on va voir ce que la question des niches fiscales est ouverte, Mais l'emploi à domicile, manifestement, ne fera pas partie des niches fiscales.
Alors voilà, bien ce que je vous disais, tout ça, c'est du bricolage, tout ça, c'est flou, on ne sait plus ce qui en fait partie. Ce qu'on sait, tout simplement, c'est que ceux qui ne bougent pas une oreille, ceux qui ont travaillé toute leur vie, vont passer à la caisse.
Alors aidez-moi à comprendre, lesquelles vous visez, vous, les niches fiscales ? Quelles seront vos propositions, dès le début de cette interview ?
Ce n'est pas uniquement des niches fiscales dont je vous parle. Moi, je vous dis, on ne redresse pas le pays à périmètre constant. Il faut regarder les grandes directions dans lesquelles on veut aller. Nous, on souhaite un État qui soit centré sur ses missions régaliennes. La santé, l'éducation, la sécurité, la justice. Là, il faut du monde. Là, il faut des fonctionnaires. Là, il faut des moyens. Et puis, il y a un État qui doit se délester. Évidemment, je pourrais parler de l'audiovisuel public.
Il y a trop de géocratie, trop de procédures, trop de normes, c'est ça ?
Mais pas seulement, trop de strates. Par exemple, vous regardez une grande réforme des collectivités locales sur l'organisation du territoire avec des économies d'échelle. Elle aurait été pertinente. Ça, c'était courageux. Ça, ça bousculait les copains du système de M. Beyrou avec la région, les agglos, les communes. Là, il y avait de quoi aller chercher des économies d'échelle. Rien. Ça demandait trop d'efforts, là, M. Beyrou. Là, c'est... Évidemment, il faut du courage politique pour ça. Il y a quoi un plan de simplification ? Le simplification, c'est quoi ?
Il y aura un nouveau projet de loi de simplification qui va arriver à l'automne pour supprimer des agences, notamment des agences de l'État.
Il va supprimer la dame, 4,2 milliards, et ses coûts de gestion absolument pharaoniques ? C'est du bricolage. La réalité, c'est qu'ils n'ont pas de vision. Ils cherchent juste à rentrer dans les clous cette année. Ce sera pire l'année prochaine. Il n'y a pas de vision. On ne s'attaque pas à l'Union européenne. On ne s'attaque pas à l'immigration, je l'ai dit. Le RSA, sincèrement, touché par des personnes de nationalité étrangère, c'est 1,5 milliard par an. On ne s'attaque pas à l'AME, c'est 1,5 milliard par an. Tiens, vous avez déjà 3 milliards d'euros ici pour des gens qui ne contribuent pas à la richesse du pays.
Mais non, on demande aux Français qui ont travaillé ou qui travaillent de se serrer la ceinture et de voir leur pouvoir d'achat baisser. Bas et non.
Bon, Sébastien Chenu, vous restez avec nous. On continue la discussion, évidemment, juste après le fil info, puisqu'il est 8h45 sur France Info. Maureen Suignard.
Les annonces d'économie budgétaire de François Bayrou sont injustes et violentes pour le pays, selon la CGT. Sophie Binet, la patronne du syndicat, appelle les Français à se mobiliser à la rentrée contre la suppression de deux jours fériés, contre la réforme de l'assurance chômage, le gel du montant des prestations sociales. Les collectivités locales doivent faire pour leur part un effort de 5 milliards d'euros. Toutes ces mesures ont pour but de faire 43 milliards d'euros d'économie. « Il n'y a pas d'alternative », affirme sur France Info Thomas Cazenave, le député macroniste et ancien ministre des Comptes publics. Il obtient une libération conditionnelle après 20 ans de prison.
Serge Atlawi va sortir de prison dans les tout prochains jours. Le Français avait été arrêté en 2005 en Indonésie, puis condamné à mort pour trafic de drogue. Il avait été transféré en France en février dernier pour être incarcéré à Maud. La préfecture assure qu'il n'y a pas de conséquences sur l'eau potable. Un bateau a coulé à hauteur de Saint-Julien-de-Conselle en Loire-Atlantique. Il contient plus de 7000 litres de gasoil. Des barrages flottants sont installés pour limiter la pollution de la Loire.
Toujours avec Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement national, député du Nord. Sébastien Chenu, suppression de 3000 postes de fonctionnaires par le non-remplacement d'un fonctionnaire sur trois qui partira à la retraite dans les prochaines années pour continuer de dérouler le fil des mesures annoncées hier par François Bayrou. Ça, c'est un moyen de dégraisser le mammouth ou pas ?
Non, mais en fait, c'est le catalogue de l'horreur.
Le musée des horreurs, disait Éric Coquel, qui n'est pourtant pas de vote.
Oui, mais il a raison, c'est une bonne formule. Parce qu'en fait, ça nous montre qu'ils ont cherché à passer le rabot partout, sans vision. Entre 2023 et 2024, il y a eu 20 000 créations de postes d'emploi public. Là, ils proposent d'en supprimer 3000. Mais ça veut dire quoi ? Qu'est-ce que c'est que ces zigzags permanents ? Tout à l'heure, je vous ai expliqué la vision que nous avions. Quand vous êtes porté par une vision, quand vous savez ce que l'État stratège doit faire, là où on a des besoins, vous adaptez vos besoins, votre fiscalité, vos outils à cette vision. Nous, on dit que l'État doit être centré sur ses grandes missions régaliennes. On doit revoir l'organisation de l'État.
Mais quand vous n'avez aucune vision, quand vous cherchez à gagner du temps comme François Béroud, quand vous faites du bricolage comme François Béroud, vous passez des petits coups de rabot. Et puis l'année prochaine, vous en repasserez d'autres. Mais en fait, vous ne rentrez jamais dans les clous avec ça.
Vous faites le même commentaire à propos de la contribution, solidarité des plus hauts revenus ? Ou c'est une bonne idée ? Vous vous donnez le point là-dessus au gouvernement ?
C'est un milliard, un milliard d'eux, exactement. Donc, qu'est-ce qu'il faut ? Le retour de l'ISF, l'impôt sur la fortune ? Non, pas du tout. On n'est pas du tout d'ailleurs pour ce retour-là. On est pour une fiscalité qui impacte non pas, par exemple, le patrimoine, mais qui impacte l'argent qui dort. Avec Marine Le Pen, on a déjà proposé un impôt sur la fortune financière qui ne soit pas, évidemment, un impôt sur la fortune immobilière, en tous les cas sur la transmission. Nous, on pense qu'il y a quelque chose à aller chercher de ce côté-là. Mais là, il y a un milliard, c'est juste un symbole pour dire, regardez, on a demandé aussi un effort à quelques-uns.
Mais en réalité, par rapport à l'effort, à l'Himalaya d'effort, que ce gouvernement demande aux Français...
François Bayou, elle m'a dit, je suis au pied d'un Himalaya.
Oui, au pied d'un Himalaya. Le problème, c'est que l'Himalaya, c'est celui qu'il demande aux Français de gravir. C'est-à-dire qu'il leur demande de se serrer la ceinture. Et bien, quand on voit ce qu'il demande aux retraités et aux travailleurs de ce pays, et bien, je vous dis que non seulement ce n'est pas sérieux, ça aura des effets récessifs, ce n'est pas juste. Mais ceci ne règle aucun problème.
J'entends votre argument, mais malgré tout, il y a des efforts à faire. Il y a 44 milliards, le Rassemblement National dit qu'il faut s'attaquer au poids de la dette, qu'il faut faire des efforts, etc. Est-ce que François Bayrou, quand même, il n'est pas en quelque sorte, pardonnez-moi l'expression, en train de faire le sale boulot ? Et vous serez bien content, si un jour vous arrivez au pouvoir, de trouver un pays avec des comptes assainis, un déficit et une trajectoire de déficit respectés ?
Non mais, François Bayrou, il dénonce son propre bilan. François Bayrou, il n'a pas été absent de la scène politique ces dernières années. Ça fait 50 ans qu'il est dans tous les gouvernements, 50 ans qu'il fait de la politique, 50 ans qu'il soutient toutes les politiques qui ont mené à ces résultats-là. Parce qu'aujourd'hui, on est sur, quelque part, ce qui apparaît saute aux yeux des Français, les 1 000 milliards d'euros de dettes qui ont été réalisées par Emmanuel Macron et ses gouvernements. Oui, c'est-à-dire qu'une situation absolument déplorable, mais François Bayrou a fait partie des acteurs de cette situation. Et vous répondez pas à ma question ?
Est-ce qu'il ne vous facilite pas le travail, quand même, malgré tout ? Ah non, il le complique. Ce ne sont pas les gens qui ont créé les problèmes avec leur logique, leur logique mondialiste, leur logique ultralibérale, leur logique injuste, qui vont les réparer. Et d'ailleurs, on le voit, ils ne cherchent pas à changer de logique. François Bayrou, il est toujours dans la même logique. On contribue encore plus à l'Union Européenne, on ne touche pas au tabou de l'immigration, on ne change rien, on ne réforme pas le pays dans ses grandes structures. Donc en fait, en réalité, ils ont toujours le même logiciel. Ils ont toujours le même logiciel. Ils ne résoudront rien.
Ils vont faire une chose, ils vont appauvrir les Français. Ils vont faire chuter notre économie. Ils vont nous rendre un pays, nous donner les clés d'un pays qui sera totalement ruiné.
On a parlé en tout début d'interview de la menace de censure. Je vous ai interrogé sur cette menace, agitée hier par Marine Le Pen, que vous nous confirmez ce matin sur France Info, bien sûr. Est-ce que la censure n'engendrerait pas quand même une dissolution ? Je rappelle que depuis le 9 juillet, Emmanuel Macron est de nouveau armé constitutionnellement pour dissoudre l'Assemblée Nationale. Est-ce qu'une censure aujourd'hui n'est pas synonyme de dissolution dans la seconde ? Et est-ce que le Rassemblement National est prêt à affronter une dissolution et à retourner aux urnes, à retourner aux législatives ?
Tout à l'heure, je vous disais, qui a voté pour tout ça ? Les Français, aux élections européennes, ont voté très largement en tête pour Jordan Bardella, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas voté pour une contribution supplémentaire à l'Union Européenne, aux élections européennes, il n'y a qu'un tour. Donc, ils ont voté pour une politique, en tous les cas pour une proposition. Là, je parle par exemple de ce qui nous relie à l'Union Européenne. Les Français n'ont pas voté pour un programme dans lequel on donne plus à l'Union Européenne. Eh bien, pourtant, ils ont comme résultat d'avoir un gouvernement qui leur dit vous allez donner plus à l'Union Européenne.
Les Français, ils ont voté pour des idées très simples, pour des idées très concrètes. C'est-à-dire, ils ont voté pour la préservation de leur pouvoir d'achat aux législatives.
Ils n'ont pas voté pour que les Français, ils ont voté pour que les partis politiques en nombre à l'Assemblée Nationale s'entendent et s'entendent sur un programme de gouvernement.
Les partis politiques se sont arrangés, les partis politiques du système, pour contourner le choix des Français par des désistements, alors que soi-disant, ils se combattent pour pouvoir préserver les intérêts du système. Au-delà de ça, peu importe, la situation, elle est telle qu'elle est aujourd'hui. Ben oui, s'il y a des législatives, nous, on est capables de les assumer. On a des idées pour le pays. On a des propositions, j'en ai fait un certain nombre.
Même si Marine Le Pen ne pourra pas se représenter et ne pourrait pas être sur la ligne de départ.
Mais le sort personnel de Marine Le Pen ne l'empêchera pas de censurer François Béroud. C'est comme ces histoires de François Béroud qui cherchent à nous acheter un coup avec la proportionnelle, un coup avec la Banque de la Démocratie. Enfin, il se met le doigt dans l'œil, je disais, ce numéro de drague lourdingue. Mais l'idée de penser que de mois en mois, il va prolonger son mandat en agitant un coup aux socialistes. Bon, eux, ils se font acheter assez facilement, vous me direz. Un coup au Rassemblement National, des propositions qui peuvent les séduire pour gagner du temps, gagner deux mois, gagner trois mois, ça ne marchera pas. C'est la fin de l'histoire.
François Béroud est en train d'écrire le dernier chapitre de son histoire à Matignon.
Simplement pour terminer, Sébastien Chenu, autre sujet. La semaine dernière, le Rassemblement National a fait l'objet de perquisitions au siège du parti dans le 16e arrondissement à Paris, dans le cadre de plusieurs enquêtes ouvertes pour financement des campagnes législatives et même européennes, à laquelle vous faisiez allusion à l'instant. Vous dénoncez, comme le président du parti, une cabale, un acharnement contre vous. Ou franchement, cet argument, il n'est pas un peu véhiculé maintenant ?
Non, mais d'ailleurs, c'est la suite logique de notre conversation. C'est parce que nous sommes le parti qui peut gagner des élections. Et vous dérangez ? C'est le moins qu'on puisse dire « oui, je pense qu'on dérange ce système ». C'est parce qu'on peut gagner des élections, c'est parce qu'on est en tête de tous les sondages d'opinion qu'il faut nous faire la guerre et pas la guerre à la loyale. Donc on nous poursuit, donc on nous harcèle. Oui, effectivement, je crois que le Rassemblement National gêne le système. Il y a une chasse à l'homme contre le Rassemblement National.
Nous gênons le système et ils ont bien raison, nous allons continuer à les gêner parce que ce système, il faut le faire tomber.
Merci beaucoup Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement National, député du Nord d'avoir été en direct ce matin avec nous sur France Info. Et évidemment, l'info continue.