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interviewRTL — L'invité de 7h40· 12 mars 2026 10 min

Xavier Bertrand dénonce sur RTL des "profiteurs" de la crise et propose "un plafonnement" des prix

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Thomas Soto, RTL Matin.

0:03
Xavier Bertrand

Il est le président LR de la région Hauts-de-France. Il se verrait bien en successeur d'Emmanuel Macron à l'Élysée dans un an et il ne s'en cache pas. Xavier Bertrand est l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Xavier Bertrand. Bonjour. Vous aimez dire que vous représentez la droite sociale, celle qui prétend ne pas laisser les plus démunis sur le bord de la route. Faut-il subventionner le carburant ? On vient d'écouter François Langlais, les barils qui repartent au plus haut.

0:24
Présentateur

Déjà, il faut plafonner les prix et pour ça, il faut plafonner les marges. Les marges de qui ? De ceux qui ont profité de la situation. Qui ? Les pétroliers, très clairement. Ils ont augmenté les prix de stock qu'ils avaient déjà. Ce n'est pas du pétrole qu'on a fait venir. C'est tout simplement ce qu'ils avaient en stock. Ils ont augmenté les prix. Ça s'appelle un scandale. Et ça touche qui ? Vous avez raison de le rappeler. Ça touche ceux qui ont besoin de leur voiture particulière pour aller travailler. Ceux qui habitent plutôt la campagne. Ceux qui habitent en banlieue dont les horaires ne correspondent pas aux horaires de train.

Et puis aussi tous les professionnels qui ont besoin de leur véhicule pour aller travailler. Donc, plafonner les marges. Vous dites scandale quand même. Bien sûr. Ce n'est pas du carburant qui aurait été renchéri parce que le coût du transport a augmenté. Ils l'avaient et ils ont augmenté les prix. C'est de l'opportunisme. Ça s'appelle un effet d'aubaine. Ça s'appelle des profiteurs. Et cela très clairement. Comment vous les plafonnez les marges ? Vous dites quoi ? Quelle est la règle que vous mettez ? Soit ils acceptent un plafonnement des marges et donc un plafonnement du prix de l'essence. Soit le gouvernement l'impose. Et l'impose sans tarder. Voilà exactement moi ce que je propose.

Et quand vous dites plafonner les prix, c'est plafonner les prix à la pompe ? Bien sûr. Bien sûr. Et vous mettez où le plafon ? La seule chose qui est importante, ça se voit en fonction notamment de ce que disait François Langlais, en fonction de la durée de ce qui va se produire. Mais une chose est certaine aujourd'hui, on ne peut pas continuer à avoir des prix aussi élevés alors même que certains ont profité de la situation. Vous savez, je voyais le week-end dernier, je faisais mon plat et je regarde toujours. Il était à combien ? Il était à combien ? Chez moi à 51, je peux faire de la pub ? Oui, allez-y. À l'intermarché, rue de Mulhouse. Il était un peu en dessous de 2 euros le diesel.

Donc il était encore en dessous de 2 euros et il l'était aussi, ce que je regarde tous les jours, encore hier. Bon. Je regardais combien les gens mettaient. 20 euros. Ils ne mettent pas 20 litres, ils mettent 20 euros. Certains mettent 15 euros. Voilà exactement ce que ça représente pour des millions de Français. C'est la raison pour laquelle on doit imposer des solutions s'ils ne sont pas capables de plafonner eux-mêmes leurs prix. Donc vous pointez les pétroliers et les stations-service ce matin, on est bien d'accord ? Oui, parce que l'État, regardons les choses, on demande à l'État de faire des efforts en première. J'ai entendu les propositions.

2:32
Xavier Bertrand

Le RN qui dit qu'il faut baisser peut-être la TVA ou ce qu'on appelait avant la TICPE, la taxe des assises sur les produits pétroliers.

2:39
Présentateur

Et c'est la preuve qu'ils n'y connaissent rien en économie, ceux-là. Alors rien du tout, qu'ils ne savent pas compter. C'est-à-dire que ce sont les pétroliers qui ont profité de la situation. Et on va dire à l'État, c'est-à-dire à nous, les finances publiques, de faire un effort. En plus, il faut savoir une chose, c'est que ça représente alors 17 milliards d'euros, 12 milliards d'euros, même 10 milliards d'euros. Où est-ce qu'ils vont les trouver au RN ? Ils vont faire une chasse au trésor pour les trouver ? Ce n'est pas sérieux ces gens-là. Et puis en plus, si vous décidez de baisser la TVA, qu'est-ce qui va se passer ? Ils ne sont pas pour la préférence nationale normalement ?

Ils ne sont pas pour la préférence nationale ? C'est-à-dire que vous allez avoir tous les étrangers, notamment les transporteurs étrangers, vont faire leur plein. Où ? Ils vont faire le plein en France. C'est insensé. En revanche, il faut qu'on remette à plat la question de la fiscalité sur le carburant. Parce qu'on ne peut pas avoir à chaque crise, à la fois ces questions existentielles, ces atermoiements.

3:28
Xavier Bertrand

Sur un litre de carburant, 55% du prix sur les taxes. Bien sûr. C'est l'État, ça va dans les poches de l'État. C'est un problème ou pas ça ?

3:35
Présentateur

Oui, c'est un problème tout simplement quand il y a une crise. Vous devez revenir à un principe. Moi, de toute façon, c'est ce que j'entends proposer dès l'an prochain. C'est que l'on revienne au système un peu de la TIPP flottante, même si maintenant la TIPP s'appelle la TICPE. Ça veut dire quoi, Thomas ?

3:51
Xavier Bertrand

Pardon, mais c'est exactement ce que propose Jordan Bardella. Non, il propose de baisser la TVA à 5,5.

3:55
Présentateur

Non, non, non. Ils disent la TVA et la TICPE. La TVA baissée à 5,5, il faut trouver 10 milliards d'euros. Voilà. C'est-à-dire qu'on connaît la situation de nos finances publiques. C'est de l'argent qui manquera pour nos hôpitaux. C'est de l'argent qui manquera pour nos écoles et pour nos policiers. Il ne répond pas à la question...

4:09
Xavier Bertrand

Est-ce qu'il y a un effet d'aubaine aussi pour l'État ou pas ?

4:12
Présentateur

Est-ce que je peux vous expliquer ? Je propose de revenir à un système comme celui-ci. Ce n'est pas une proposition que je fais ce matin pour la première fois. Je la fais régulièrement. Le système nous permettrait, un, que les finances publiques aient exactement les recettes qui étaient prévues dans le budget. Mais en revanche, qu'il n'y ait pas non plus d'effet d'aubaine pour l'État. Donc l'État en profite aussi aujourd'hui ? Quand il y a des augmentations de carburant, oui, bien évidemment. Il est normal que l'État reçoive les recettes prévues pour les finances publiques. Mais il n'est pas normal non plus que l'État ait un effet d'aubaine sur le dos des automobilistes.

4:48
Xavier Bertrand

Donc vous demandez une taxe lotante et un blocage des prix.

4:50
Présentateur

Oui, mais ce que je vous dis, c'est un système sur lequel très clairement, moi, je le mettrai en place parce que je pense qu'on ne peut pas revenir à chaque fois à ces questions-là. Et il faut surtout que l'on protège les Français. Et je le dis d'autant plus, Thomas Soto, que je crois que la région des Hauts-de-France est la seule à aider aussi les automobilistes qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler. On les aide, ce n'est normalement pas la responsabilité de la région. On aide ceux qui prennent les transports en commun, ce qu'on finance, vous le savez, quasiment au deux tiers le prix des billets de train. Mais j'aide aussi ceux qui prennent la voiture.

Donc ce que je vous propose là est en totale cohérence avec ce que je fais dans ma région.

5:24
Xavier Bertrand

Bon, ce n'est pas encore la campagne des régionales. On va parler plutôt des municipales. Le RN qui espère bien gagner plusieurs villes symboles lors du scrutin qui débute dimanche. Toulon, Menton, Nice avec Éric Ciotti. Il peut rêver de Marseille, peut-être de Nîmes, peut-être de Lens. Ils sont devenus plus gaullistes que les gaullistes au RN. Marine Le Pen a dit que l'objectif, c'est de rassembler les Français, pas la droite.

5:42
Présentateur

Ce n'est certainement pas les extrêmes, ni la France insoumise, ni le Rassemblement national, qui vont savoir rassembler les Français. Eux, ils ont besoin de bouc émissaire, ils ont besoin de diviser. Mais ils sont prêts à tout. Ils sont prêts à tout en campagne électorale. On l'a vu notamment avec les propositions.

5:56
Xavier Bertrand

Les Français aussi, ils ont l'air d'être prêts à tout et prêts à voter RN, non ? On n'en reparlera.

6:00
Présentateur

Vous comprenez qu'ils n'en ont envie ou pas ? On n'en reparlera, on verra. Ce qui se passe surtout, c'est que je le vois moi notamment avec les candidats des Républicains. Les candidats des Républicains ont les mêmes priorités que les Français dans ces élections municipales. Ce que l'on fait dans nos villes, c'est-à-dire la sécurité, la fiscalité. Je suis moi-même candidat sur la liste à Saint-Quentin. Depuis 2007, nous n'avons pas augmenté le taux des impôts locaux, quasiment 20 ans.

6:22
Xavier Bertrand

Est-ce qu'on peut parler des candidats des Républicains de manière unie ? Parce qu'on a l'impression qu'il y a quand même une bonne partie de vos troupes qui est de moins en moins étanche au RN. Eh bien, il faut clarifier.

6:32
Présentateur

Il faut clarifier très clairement. Clarifier très clairement, c'est le moins compliqué. Il faut être vraiment intraitable sur cette question.

6:38
Xavier Bertrand

Ça veut dire quoi ? Le PS a fait des comptes. Il parle de fusion cachée et silencieuse sur tout le territoire. 600 candidats qui seraient passés du LR à RN, du RN à LR. Il parle d'un pacte du déshonneur. On a vu François Fillon, votre candidat à la présidentielle en 2017, aller dîner et soutenir Éric Ciotti à Nice. C'est une attitude irresponsable de sa part.

6:58
Présentateur

Alors, je vais aller jusqu'au bout de mon raisonnement. Aujourd'hui, on doit dire très clairement que ceux qui sont avec le Rassemblement National ou avec Mme Cnaffo ou avec M. Ciotti n'ont plus rien à faire chez LR. Je vais prendre deux exemples. Je voudrais terminer, si vous voulez bien, à Bourg-en-Bresse, il y a un candidat reconquête avec des candidats qui sont LR. Ils n'ont plus rien à faire chez LR.

À Nice, j'attends que la tête du parti, j'attends que Bruno Retailleau dise clairement que notre candidat, c'est Christian Estrosi et que nous avons investi comme chef de file des Républicains, Dominique Estrosi-Sassonne, une sénatrice de talent qui est engagée et que l'on dise très clairement qui est notre candidat face à un M. Ciotti qui a en plus le RN honteux, qui n'affiche pas qu'il est Rassemblement National, qui s'en cache. Il faut que l'on dise les choses clairement. Et il faut aussi que Bruno Retailleau retrouve le chemin des municipales. Il est trop mou ? Surtout aujourd'hui, sur le dossier des municipales, nos candidats ne sont pas aidés.

On ne prend pas les décisions qui s'imposent à Bourg-en-Bresse, pour prendre ce seul exemple, et on ne prend pas les décisions qui s'imposent à Nice. Un exemple. Christophe Gomart, député européen, est allé faire un tour à Nice. Et il a dit que son candidat, c'était Ciotti. Et bien dehors, il n'a rien à faire. Sauf que, comme il a dit qu'il soutiendrait Bruno Retailleau à la présidentielle, je ne sais pas s'il pense que ça va lui conférer un totem d'immunité. Il n'a plus rien à faire chez vous. Votre ligne est claire, il faut mettre dehors tous ceux qui sont en ambiguïté. Parce que quand vous n'avez pas la cohérence et la clarté,

8:29
Xavier Bertrand

comment vous voulez que les Français nous fassent confiance ? Et les Français, ils ne comprennent plus rien à votre famille politique. Si on en croit l'express, Nicolas Sarkozy, qui a quand même incarné, qui est le dernier président de droite républicaine, comme vous dites. Il a déjeuné avec Jordan Bardella le mois dernier. Il en est ressorti avec une conviction. Le président du RN est le mieux placé pour devenir le prochain président de la République.

8:48
Présentateur

Bon, deux choses. Moi, je ne déjeune pas, et je ne dîne pas avec les responsables du Front National. Je les combats. C'est une faute. Bien sûr. Et pourquoi ? Parce que du coup, il y a des électeurs qui n'y comprennent plus rien. Vous avez raison. Vous me parliez de clarification et de clarté tout à l'heure. Je vais vous donner deux exemples. Un Roubaix. Il y a le risque que la France insoumise...

9:06
Xavier Bertrand

Mais attendez, j'ai encore une question si vous voulez bien sûr.

9:07
Présentateur

Attendez, mais vous me laisserez répondre sur ce point parce que vous me parliez de cohérence. Je veux vous montrer où elle est la cohérence.

9:10
Xavier Bertrand

Vous avez été ministre Nicolas Sarkozy. Qu'est-ce qui vous reste en commun avec lui aujourd'hui ? Oui.

9:14
Présentateur

L'action qu'on a pu mener de 2007 à 2012, des liens, des liens qui sont des liens personnels, mais d'un point de vue politique, quand il dit que Bardella, c'est Chirac, je suis désolé. Rien à voir avec Chirac. Rien à voir. La position de Chirac vis-à-vis des extrêmes a été très claire. Et je voudrais encore une fois être clair vis-à-vis des deux extrêmes. À Roubaix, il y a le risque que la France insoumise arrive en tête dimanche prochain et soit en position de l'emporter. Je le dis, je me battrai de toutes mes forces pour qu'il n'y ait qu'une seule liste face à la France insoumise pour faire maximum pour que les filles ne l'emportent pas.

Et à Cambrai, par exemple, s'il y a le risque que l'ERN l'emporte, je me battrai de toutes mes forces pour que toutes les listes puissent s'entendre et qu'il n'y ait qu'une seule liste. Vous voyez, l'ERN et les filles, je combats clairement les deux.

10:00
Xavier Bertrand

Si jamais Sarak Nafou s'allie avec Rachida Dati, Rachida Dati devra sortir des républicains.

10:04
Présentateur

Mais ça ne risque pas parce que de toute façon, Sarak Nafou, elle est d'extrême droite, très clairement. Sarak Nafou et Eric Ciotti, c'est la même extrême droite que le Front National, voilà.

10:12
Xavier Bertrand

Merci beaucoup. Vous êtes en forme. Merci. Merci. Merci. Restez avec nous.