Olga Givernet, députée EPR de l'Ain | La politique et moi
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Elle aurait pu rester ingénieure dans l'aéronautique, mais une série télé l'a convaincue de se lancer en politique. D'abord conseillère municipale, mon invitée est devenue ensuite députée et même ministre. Elle siège aujourd'hui au sein du groupe Renaissance.
Générique --- Bonjour, Olga Givernet. -Bonjour. -En octobre 2024, c'était deux semaines, je crois, après votre entrée dans le gouvernement de Michel Barnier.
Ce n'est pas la ministre qui s'est rendue à l'Ecole polytechnique, mais c'est l'étudiante en master. On va voir ça en images. Musique --- L'Executive Master m'a apporté d'abord un apprentissage, une remise à jour de mes connaissances technologiques et scientifiques.
Elles sont importantes dans l'action et la mission que je mène aujourd'hui et puis elles m'ont permis également d'accéder à une mission plus importante, celle de pouvoir être membre du gouvernement sur les sujets énergétiques et cela, ça n'a pas de prix. -Une ministre qui se retrouve sur les bancs de l'école, c'est surprenant. Est-ce que vos gardes du corps vous ont accompagné ce jour-là, le jour de la remise des diplômes ? -Pas le jour de la remise des diplômes, puisqu'on était déjà après ma sortie du gouvernement, mais le jour où j'ai passé ma soutenance, effectivement, c'était au mois d'octobre, et je me suis retrouvée au tableau à passer le dernier examen qui m'a permis d'obtenir cet Executive Master. -Avec les gardes du corps. -Ils étaient effectivement dans la salle, et mon équipe. -Ca a dû surprendre vos camarades de promotion d'avoir une ministre à leur côté. -Evidemment, j'étais déjà députée et c'était important pour moi de continuer de la formation continue. -Oui, parce que vous avez commencé, vous étiez députée et en chemin, vous êtes devenue ministre. -Et en chemin, je suis devenue ministre.
J'étais sur la fin de cet Executive Master qui dure une année en parallèle de notre activité professionnelle puisque l'ensemble de mes camarades de classe étaient eux-mêmes soit dirigeants ou engagés par ailleurs. -Qu'est-ce qui vous a motivé dans ce choix de reprendre un peu vos études en cours de carrière ? -L'objectif, comme je le dis dans la vidéo, c'est de pouvoir être à jour des questions technologiques et scientifiques.
Je suis ingénieure, mais bon, vous voyez bien, les technologies évoluent très vite. Je suis également membre de l'OPEX, l'Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques à l'Assemblée nationale, ce qui nécessite un engagement évidemment politique, mais aussi de compréhension technique. Et donc je trouvais que c'était plutôt pertinent de pouvoir le mener. -Il y avait aussi cette idée qu'il faut se préparer à la suite, le jour où votre mandat de députée prendra fin, retourner sur le marché du travail ? -Oui, j'ai toujours pensé que le mandat politique, aussi long qu'il puisse être, pouvait aussi se terminer.
C'est peut-être juste une parenthèse dans une carrière professionnelle et il faut pouvoir aussi retrouver du travail derrière. J'ai un certain nombre de collègues qui ont déjà passé le pas et l'objectif c'est d'avoir toutes ces connaissances toujours à disposition. -Le retour sur le marché du travail peut être compliqué ?
On se dit que ça doit ouvrir des portes d'avoir fait de la politique, on a un réseau. -Ca peut en ouvrir mais ça peut aussi en fermer. Donc la question de revenir dans le privé est toujours un questionnement, effectivement. -Il y a des anciens députés qui se retrouvent au chômage ? -Qui se retrouvent au chômage, évidemment, comme tout un chacun, avec plusieurs mois, le temps de retrouver quelque chose qui puisse leur permettre de se relancer. -Alors vous expliquez que ce diplôme vous a aidé à être nommé ministre déléguée à l'énergie.
Ce gouvernement, il n'a duré que trois mois. Est-ce que ça laisse vraiment le temps de prendre la mesure de ce que c'est qu'être ministre ? -Alors, ça va très, très vite.
Quand on est parlementaire, on a déjà accès aux ministres, aux cabinets ministériels, donc on comprend comment ça fonctionne. Mais vu de l'intérieur, effectivement, il faut monter son équipe très vite quand on sait que c'est assez instable. Et l'objectif, c'est de prendre tout de suite les sujets en main.
Je travaillais déjà sur l'énergie à plusieurs titres. J'ai fait un rapport sur la sobriété énergétique. J'ai l'implantation de nouveaux réacteurs EPR 2 sur mon département de l'Ain.
Et par ailleurs, très engagée aussi sur tous les types de production énergétique. Donc au niveau technique, c'était plutôt acquis. En revanche, il faut créer ces liens avec l'ensemble des acteurs et faire avancer les sujets. -Et est-ce que ce n'est pas un peu difficile de revenir à l'Assemblée quand on a goûté à une fonction exécutive ? -C'est frustrant, surtout quand ça a duré aussi peu de temps et qu'il faut tout de suite passer la main.
Les dossiers comptent se poursuivre et on est toujours engagé, vous le savez. Mais effectivement, on peut se dire que pour faire de la politique, il vaut mieux avoir un peu de long terme. -Pendant longtemps, vous vous êtes pas du tout intéressée à la politique.
Vous avez commencé votre carrière dans l'aéronautique après un diplôme d'ingénieure en électronique et en informatique. Et à peine diplômé, vous êtes partis en Nouvelle-Zélande. Pourquoi ? -Oui, parce que c'était il y a plus de 20 ans, parce qu'on n'avait pas un marché du travail aussi propice à l'époque.
Et donc, j'avais pris la décision de m'expatrier, aller voir comment ça se passait ailleurs. D'abord avec des petits boulots, et puis j'ai eu l'opportunité de trouver, avec la compagnie aérienne nationale, Air New Zealand, un travail dans mon domaine d'activité. -Ingénieure avionique, ça veut dire quoi ? -Avionique, ça veut dire les systèmes électroniques embarqués dans les avions. -D'accord.
Et trois ans après, vous êtes revenue en France. Alors là, on vous voit sur le tarmac en Nouvelle-Zélande. -Avec mon équipe, oui. -En France, vous avez trouvé un emploi à l'aéroport de Genève, vous vous êtes installée de l'autre côté de la frontière, dans l'Ain.
Et à l'époque, la politique ne vous intéressait toujours pas ? -Non, en fait, je continuais mon travail. Et puis après, on s'installe.
Je me suis mariée, j'ai eu des enfants et j'ai commencé à m'impliquer très localement sur des sujets, notamment à l'école. Quand on met un pied dedans, finalement, ça nous attrape et on a envie de faire plus pour les concitoyens. -Le côté parent d'élève qui vous a mis un peu un pied à l'étrier. -Oui. -Et puis alors, c'est surtout, si j'ai bien compris, une série télé, une série danoise ? -Oui, alors "Borgen", qui a une série télé sur la politique et j'ai trouvé intéressant...
Alors, évidemment, elle est première ministre, mais quand on voit, en fait, l'engagement que ça demande et puis le fait de pouvoir trouver des solutions, faire face aussi à des situations de crise nationales ou internationales, on a envie d'y participer. -Donc ça a été le déclic, si on peut dire. -Le déclic, oui. -Donc vous vous êtes présentée aux municipales sur la liste du maire de votre commune à Saint-Genis-Pouilly.
Et à l'époque, vous étiez au MoDem, sauf qu'un an plus tard, au moment des régionales, vous vous êtes présentée sur la liste d'Union de la gauche dans la région. Pourquoi ? -Tout à fait.
Parce que mon engagement sur Saint-Genis-Pouilly était plutôt une tendance de gauche. Et puis moi, je ne voulais pas faire, même si je suis vraiment très centriste, je ne voulais pas faire de grand écart. Et donc, il y a eu cette opportunité de pouvoir m'engager auprès de Jean-Jack Queyranne sur les régionales.
On a perdu, mais j'ai quand même été élue d'opposition, ce qui est une très bonne école de la politique quand on est élue d'opposition, surtout à la région. -Tout est allé très vite, parce qu'après, il y a eu, en 2016, donc un an après, législatives partielles. 2017, vous vous présentez avec La République en marche et vous êtes élue députée.
Vous vous êtes présentée à quatre élections en trois ans. Ca a été un coup de foudre, la politique ? -Ecoutez...
J'adore rencontrer les gens sur les marchés, aller parler. Quand on s'engage en premier lieu et qu'on n'a jamais fait de politique avant, le premier tract qu'on tend à quelqu'un de manière publique, en fait, c'est un passage. Ce n'est pas si facile que ça. -Qu'est-ce qui vous a plu à ce point-là ? -Parce qu'en fait, finalement, d'avoir des convictions, de vouloir trouver des solutions et de vouloir faire adhérer et rassembler des personnes autour de ces convictions.
Donc, oui, j'aime les campagnes électorales parce que je pense que c'est comme ça qu'on est au plus proche du public. Il faut trouver des nouveaux formats. Il y a les marchés, bien sûr.
Il y a les formats porte-à-porte. J'ai même fait des "j'irai débattre chez vous" au moment des conférences que nous faisions. Donc, il faut trouver toujours des formats différents, pas que sur les réseaux sociaux, mais en direct avec les personnes aussi.
Vous avez donc été élue à l'Assemblée en 2017. Comment étaient vos premiers pas à l'Assemblée ? Est-ce que ça ressemblait un peu à "Borgen" ? -Alors, je ne dirais pas ça.
Plutôt une rentrée scolaire, en fait. On était tous là, tous nouveaux. -C'est déceptif. -Non, ça veut dire qu'on va prendre en main des sujets, une organisation.
Il a fallu qu'on comprenne aussi comment ça fonctionne. On était un peu quand même des petits nouveaux, il faut le voir. Mais on était beaucoup dans ce cas-là. -Et les intrigues, les coups bas à la "Borgen", ils sont arrivés un peu après, rapidement ? -On ne les voit pas tout de suite, parce que... on comprend pas tout de suite comment ça fonctionne.
Est-ce qu'il y a vraiment des intrigues et des coups bas ? Oui, en fait, on veut faire passer nos sujets, donc il faut être parfois plus rapide que les autres, il faut se positionner, et ça on l'apprend au fur et à mesure. J'ai mis un peu de temps.
Donc c'est un vrai apprentissage que l'on fait, un pied à Paris et un pied en circonscription. -Vous avez travaillé sur des sujets très variés. Il y a eu la politique énergétique, la régulation des jeux d'argent et puis les violences conjugales dans le cadre du Grenelle qui a été organisé sur ce sujet.
Alors, on parle souvent des victimes de violences conjugales et vous, vous avez mis l'accent sur les auteurs. Pourquoi ? -Oui, parce que...
J'ai une situation un peu personnelle, puisque j'ai accueilli, il y a plus de dix ans, des enfants qui avaient perdu leurs parents dans des circonstances de féminicide. Donc c'est un sujet sur lequel j'ai voulu quand même travailler. Il y a beaucoup de choses qui sont faites sur les victimes et il faut poursuivre, toujours, ce soutien, notamment à libérer la parole.
Mais aussi, 50 % du problème c'est les auteurs de violences conjugales. Et donc si on ne les traite pas d'une manière ou d'une autre, si on pense juste qu'il faut les mettre en prison, on ne pourra pas garder tout le monde en prison, ça ne fonctionnera pas. Donc c'est un travail que j'ai mené pour faire des propositions de prise en charge des auteurs pour éviter la récidive et éviter d'aller jusqu'au coup fatal. -Cette histoire personnelle, vous en parlez très peu.
Je crois que vous en avez parlé une fois sur LCP et une fois dans un journal suisse. Pourquoi ? -Parce que mon expérience personnelle vient enrichir, évidemment, les convictions que je peux avoir et les travaux que je mène.
Mais je ne veux pas en faire un totem, d'abord par respect pour l'entourage que j'ai. J'essaie de protéger aussi ma famille et mes proches. Cet engagement que j'ai eu il y a plus de dix ans a nourri, évidemment.
Je me suis dit un jour, il y a des gens qui ont besoin de nous, à titre personnel, et pourquoi ne pas le poursuivre à titre public ? -A travers la politique. -A travers la politique. -On va passer à notre quiz à présent, avec des phrases que je vais vous proposer, que vous allez devoir compléter.
Rouler en voiturette sans permis sur l'autoroute, c'est... -Ce n'est pas encore possible. -Mais vous le souhaitez ? -Mais je le souhaite sur les voies rapides, pas sur l'autoroute.
Vous avez été caricaturée. On s'est un peu moqué de vous sur cette proposition de loi que vous avez portée et qui avait notamment une proposition sur les voiturettes. -Oui, parce qu'il y a des voiturettes rapides qui montent jusqu'à 90 kilomètres heure et qui devraient pouvoir accéder typiquement aux périphériques ou à des voies rapides.
Pas sur l'autoroute, il y a un différentiel trop important avec la vitesse qui est sur les autoroutes. Donc oui, ça a été caricaturé. Parce que votre texte de loi visait à alléger un peu le poids des véhicules. -Oui. -Pour des questions écologiques. -Et on voit que ces voiturettes reviennent à la mode, notamment par les jeunes qui s'en saisissent.
Entre piloter un planeur ou barrer un trimaran de compétition, je choisis... -Oula, c'est difficile.
Je vais dire le trimaran. -Oui. Ce sont deux de vos passions, une peut-être plus ancienne, le planeur ?
Vous avez un brevet... -Oui, j'ai un brevet de pilote planeur que j'ai fait quand j'étais étudiante.
C'est un peu la même chose. C'est de l'aérodynamisme, c'est... un peu de la communion avec la nature également.
J'ai une tendance en faveur de l'écologie et de l'environnement. Mais là, c'est difficile de choisir. -La voile, vous êtes instructrice ? -J'ai été monitrice, effectivement, et régulièrement, sur mon temps libre. -Vous choisissez quoi ? -Allez, la voile. -La voile.
Enfin, si Coluche était vivant ? -Si Coluche était vivant, je crois qu'il... il débriderait, quand même, encore l'humour aujourd'hui.
On ne peut plus dire tout ce qu'on voudrait dire par l'humour. -Je crois que c'est un de vos humoristes préférés. -Je ne le cite pas souvent, mais effectivement, je crois qu'il a même eu, à un moment donné, un engagement en politique. -C'est vrai.
Il n'est pas allé jusqu'au bout. Il a été attiré par le fait de pouvoir faire bouger les choses. -Merci beaucoup, Olga Givernet. -Merci à vous.
Olga Givernet