Tout savoir du vrai-faux couvre-feu pour les mineurs non accompagnés dans le centre-ville de Troyes
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Les jeunes de moins de 18 ans ne pourront pas circuler seuls dans le centre-ville de Troyes cet été entre 23h et 6h30. Pour se déplacer durant cette tranche horaire, ils devront être accompagnés d'un titulaire de l'autorité parentale. Une mesure annoncée par François Baroin ce jeudi 18 juin.
Aucun mineur non accompagné ne sera autorisé à circuler de 23h à 6h30. Il sera raccompagné et il sera évidemment mis à la disposition des services de l'aide sociale à l'enfance.
Le maire de Troyes a signé un arrêté qui s'étend du 18 juin au 1er septembre 2026. Un dispositif qui s'apparente à un couvre-feu pour mineurs même si François Baroin refuse d'employer cette expression.
Il s'agit d'un arrêté de protection des enfants et de garantir la tranquillité et la sécurité d'abord de nos jeunes et ensuite de faire appel aussi à la responsabilité de ceux qui en ont l'autorité, singulièrement les parents.
L'objectif affiché est de protéger les plus jeunes et de responsabiliser les familles car pour la municipalité la présence d'un simple majeur ne suffira pas. Un ami plus âgé ne pourra pas accompagner un groupe de mineurs pour contourner l'interdiction.
S'il n'y a pas un regard parental, un regard d'adulte, un accompagnement d'adulte, c'est pas forcément le parent, ça peut être un grand frère, ça peut être une grande soeur. En tout cas il faut qu'il y ait une autorité d'adulte à ses côtés qui nous offre les garanties de cet enfant et pas en risque.
Cette annonce intervient à l'approche des vacances d'été, une période où les jeunes sont plus nombreux à sortir le soir. Sur les réseaux sociaux, la mesure suscite déjà de nombreuses réactions. Certains jeunes dénoncent une restriction excessive, tandis que d'autres appellent ouvertement à ne pas respecter l'arrêté. Mais alors, pourquoi la ville de Troyes a-t-elle décidé de prendre cette mesure ?
Ce qui s'est passé au moment de la Ligue des champions, quand même il y a des tirs de mortier ici, je ne parle même pas de ce qui s'est passé à Paris, c'était très jeune. Ce qui s'est passé au moment des Sénardes, et moi je dis toujours les leçons de nos expériences, en tout cas chez Sales, ça a été des très jeunes. La majorité des dégâts provoqués ont été des très jeunes. Ça veut dire que la responsabilité des parents est engagée. Laisser son enfant passer 22h ou 23h dans la rue et participer à des morts collectifs dont ils ne peuvent pas, ne pas savoir qu'ils existent, eh bien cette responsabilité est engagée.
Mais au-delà du message de fermeté, une question se pose, cet arrêté est-il réellement applicable sur le terrain ? Selon plusieurs sources policières, le dispositif pourrait se heurter à une réalité bien plus complexe. A ce jour, les forces de police ne disposent ni des effectifs, ni du temps nécessaire pour le faire respecter. C'est même loin d'être une priorité pour les agents de la voie publique qui doivent gérer des rixes, des tapages nocturnes, des accidents, des fermetures de barres et bien d'autres choses. C'est difficilement applicable, confie sous couvert d'anonymat un policier troyen.
Surtout un soir de Coupe du Monde où nous sommes débordés, nous n'avons pas que ça à faire, c'est de l'affichage politique. Nous avons toutes les urgences à gérer. Même constat du côté de la police municipale qui assure de multiples missions la nuit. Reste donc à savoir si les effectifs disponibles permettront de contrôler les mineurs non accompagnés et de les conduire ensuite au centre départemental de l'enfance de Saint-Pars-aux-Tertres. Enfin, l'arrêté pourrait être illégal. La raison, la justice administrative pourrait le considérer comme un couvre-feu détourné. Or, la liberté de circuler est un droit fondamental.
Une privation doit être justifiée sur le fond, par exemple par des atteintes documentées répétées à la sécurité publique perpétrées par des mineurs. Ce n'est pas le cas de l'arrêté dont la période et la cible très large peuvent aussi être source d'un débat juridique.