Vincent Peillon
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:08FerméeRéponse directe
Avez-vous consulté les documents de nos services de renseignement qui attribuent à Bachar Al-Assad l'attaque chimique du 29 août ?
- 0:17OuverteRéponse directe
Qu'en avez-vous pensé ?
- 1:55RelanceRéponse partielle
Est-ce qu'un vote au Parlement ne donnerait pas une plus large assise à une éventuelle intervention ?
- 2:24OuverteRéponse directe
Que savez-vous de ce que les communes ont mis en place pour le temps périscolaire ?
- 2:43RelanceÉludée
Avez-vous dit qu'il y avait plus de cours ?
- 4:20OuverteRéponse directe
Activités culturelles et sportives, avez-vous dit, partout, il n'y aura pas de garderie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:19Invité politiqueFait
« Je pense que nous sommes face à une horreur historique qui contredit tous nos principes et les principes de la communauté internationale. »
- 0:42Invité politiqueFait
« Nous avons une question majeure qui est de savoir comment, lorsque nous avons tenté de construire un ordre international avec toutes ses faiblesses, nous le faisons respecter. »
- 1:14Invité politiqueFait
« La position de la France, celle du président Hollande, est courageuse, elle est responsable. »
- 3:09Invité politiqueFait
« On n'enlève pas un quart d'heure, on le répartit autrement, pour qu'il soit meilleur, pour apprendre à lire, écrire et compter. »
- 3:36Invité politiqueFait
« Payant, d'ailleurs. »
- 3:51Invité politiqueChiffre
« Et des financements de la Caisse Nationale d'Allocations Familiales, qui dit bien, les parents ne doivent pas payer un euro pour que nous, nous apportions 50 euros, la caisse. »
- 5:45Invité politiquePromesse
« Il le faut, il le faut. »
- 6:11Invité politiqueChiffre
« 6 heures de classe par jour pour un élève de CP, seulement 144 jours par an. »
- 6:31Invité politiqueChiffre
« On passe de 144 jours avec la réforme dont nous parlons ensemble tous les deux à 180. »
- 7:51Invité politiqueChiffre
« Nous, cette année, nous avons mis sur le remplacement 1 000 postes. »
Temps de parole
- Vincent Peillon78 %
- Présentateur22 %
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France Inter, le 7-9 de Patrick Cohen. Bonjour Vincent Péion. Bonjour. Avant de parler d'éducation, la Syrie, avez-vous consulté les documents de nos services de renseignement qui attribuent à Bachar Al-Assad l'attaque chimique du 29 août ? Je les ai vus, oui. Qu'en avez-vous pensé ?
Je pense que nous sommes face à une horreur historique qui contredit tous nos principes et les principes de la communauté internationale. Il y a des débats qui prolifèrent comme d'habitude sur l'accessoire, le débat sur le débat, des gens qui voudraient mettre en cause des preuves matérielles qui sont apportées. Ce n'est pas sérieux. Nous avons une question majeure qui est de savoir comment, lorsque nous avons tenté de construire un ordre international avec toutes ses faiblesses, nous le faisons respecter. Il s'agit de vie humaine. Il s'agit de pratiques qui, déjà, sont horribles, mais si elles se reproduisaient, si elles n'étaient pas sanctionnées.
Donc nous avons cette question et chacun voit qu'elle est difficile parce que le jour d'après, sur le plan politique, sur le plan militaire, n'est pas clair et parce qu'il y a une forme de paralysie à ce moment de la communauté internationale. Ce n'est pas un bon moment, d'ailleurs, pour la communauté internationale. La position de la France, celle du président Hollande, est courageuse, elle est responsable. Nous avons maintenant à construire une solution pour ne pas perdre l'essentiel. Car on ne pourra pas dire « je ne savais pas ». Je vois certains qui tenteraient encore ce matin de dire « on ne savait pas, nous étions sourds et aveugles ». Non, nous ne sommes pas sourds et aveugles.
Et cette responsabilité, elle appartient à la nation, et bien sûr au président de la République éminemment, mais à chacun d'entre nous. Nous sommes face à une décision très difficile et je crois que nous devons sans doute être habiles. Il y a beaucoup de gens habiles, j'entends ces derniers jours, mais nous devons aussi voir quels sont les principes et ce que nous ne pouvons pas accepter.
La décision appartient au président de la République, de par la Constitution, à la nation, avez-vous dit, peut-être un peu aux parlementaires, est-ce qu'un vote au Parlement ne donnerait pas une plus large assise à une éventuelle intervention, Vincent Péillon ?
Il y aura demain un débat au Parlement, c'est important. Sans vote. Vous voyez, on a vu sans vote, c'est notre tradition. Maintenant, le temps de cette action est plus long que ce qui était prévu initialement, et il ne faut fermer aucune porte. Mais le premier moment, c'est que chacun aille chercher dans sa conscience les raisons profondes d'une inaction ou d'une action. Je suis partisan de l'action.
La rentrée scolaire, Vincent Péillon, pour 12 millions d'élèves aujourd'hui, avec une modification des rythmes, une semaine de 4 jours et demi pour 22% d'entre eux seulement. Et ici et là, l'inquiétude des parents dont les enfants seront confiés à des animateurs et pas à des enseignants, 3 heures par semaine. Que savez-vous de ce que les communes ont mis en place pour ce qu'on appelle le temps périscolaire ?
D'abord, les enfants ne sont pas confiés 3 heures de plus à des animateurs, comme on dit avec d'ailleurs un ton dépréciatif à l'égard des animateurs, qui n'est pas correct, puisque les enfants sont repris par l'école 3 heures le mercredi matin. Et le mercredi matin, ils étaient confiés à des animateurs ou ils étaient gardés chez eux. Toute la réforme vise au contraire à donner davantage de temps public à nos enfants, un meilleur temps scolaire, même nombre d'heures. On n'enlève pas un quart d'heure, on le répartit autrement, pour qu'il soit meilleur, pour apprendre à lire, écrire et compter. C'est la mission que le Président de la République nous a confiée avec la refondation de l'école.
Que les petits Français apprennent mieux à l'école. Pour mieux apprendre, il faut du meilleur temps scolaire. Il n'y aura pas de cours en plus, Vincent Payon. Il est réparti différemment. Voilà, c'est ce que je viens de dire, alors que vous aviez dit qu'il y avait plus de... Et sur le temps périscolaire, alors, aujourd'hui, seuls 20% des enfants ont droit à un temps périscolaire éducatif. Payant, d'ailleurs. Par exemple, le mercredi matin, quand vous emmenez vos enfants au centre aéré. Aujourd'hui, c'est 80% des enfants avec cette réforme qui pourront avoir accès à ces activités périscolaires, culturelles, sportives, aides aux devoirs.
Et elles doivent être gratuites, puisque nous avons prévu les financements, à la fois des financements d'État, qui n'ont jamais existé dans ce pays, et des financements de la Caisse Nationale d'Allocations Familiales, qui dit bien, les parents ne doivent pas payer un euro pour que nous, nous apportions 50 euros, la caisse. Donc, c'est un progrès à la fois scolaire et périscolaire. Et c'est important, parce que vous avez entendu le sujet tout à l'heure, sur votre antenne, de cet enfant en souffrance, avec cette mère qui parle. Nous avons besoin d'un système et d'une mobilisation de toute la nation qui soit plus forte et d'un système plus accueillant, plus bienveillant à l'égard des enfants.
Activités culturelles et sportives, avez-vous dit, partout, il n'y aura pas de garderie, comme l'a dénoncé le SNU-IPP dans un rapport. Ils ont interrogé 2000 communes ou 2000 écoles, et ils disent que dans certains endroits, quasiment rien n'est prévu, sauf simplement de la garderie.
Les activités périscolaires en France ne sont pas obligatoires, et sont déjà très différentes selon les communes. Si vous allez à Lyon ou si vous allez dans une commune rurale, on parle du périscolaire. Vous interrogez d'ailleurs le ministre de l'Éducation nationale, du scolaire, sur du temps, qui n'est pas du temps scolaire obligatoire, mais qui est du temps d'activité, de loisirs périscolaires. Les inégalités aujourd'hui vont de 1 à 10. Je pense qu'avec cette réforme, elles seront diminuées par des multiples, j'évoquais tout à l'heure, 4 ou 5. Donc c'est une très grande réforme de justice. Est-ce que c'est différent selon les endroits ?
Évidemment, ce n'est pas le temps scolaire obligatoire. Donc vous pouvez choisir ici de faire de la peinture, choisir ici d'aller visiter un monument historique, choisir ici de faire de l'aide aux devoirs. Et malgré tout, quand il s'agit de millions d'enfants, de milliers d'écoles, il est assez naturel qu'il y ait une diversité. Notre rôle, c'est de faire qu'il y ait la meilleure offre éducative pour tous les enfants, péri-éducative. De ce point de vue, franchement, je fais confiance quand même aux élus et même aux familles pour faire pression sur les élus.
Ce qu'il faut, nous y avons mis les moyens, c'est que ce temps périscolaire, offert à tous les enfants, y compris ceux des milieux plus défavorisés, ce n'était pas le cas, soient le meilleur possible. Et l'an prochain, c'est certain, tous les élèves seront 4 jours et demi ? Il le faut, il le faut. Pourquoi il y a 25% d'enfants qui sont en difficulté à l'entrée au collège ? Pourquoi nous sommes le pays brocardé dans le monde entier pour l'accroissement des inégalités ? Pourquoi nous sommes le pays, le deuxième dans le monde dans lequel les enfants éprouvent le plus de souffrance à l'école ? Où on change les choses ? Formation des enseignants, on l'a mis en place.
Révision des programmes, on est en train de le faire. Numérique à l'école, nous sommes en train de le faire. Et aussi du temps scolaire, car je le redis, 6 heures de classe par jour pour un élève de CP, seulement 144 jours par an. Il n'y a qu'en France qu'on fait ça, c'est mauvais de la vie de tout le monde. Il faut changer.
144 jours, avez-vous dit, par an, contre 208 en Allemagne. Pour les spécialistes, le problème reste entier. Vous avez définitivement renoncé à vous attaquer aux vacances scolaires.
Ça n'est pas bien de dire ça. Je vous le dis. Qu'est-ce qui n'est pas bien ? On passe de 144 jours avec la réforme dont nous parlons ensemble tous les deux à 180. Donc le problème ne reste pas entier. Nous venons de progresser, en rajoutant cette demi-journée, nous venons de progresser de façon considérable. Et voyez les résistances du pays, de tout le monde. Donc, sur les 200 qui ne sont pas la moyenne, la moyenne européenne est de 187. Nous nous rapprochons. Mais qu'est-ce que nous faisons aussi ? Nous donnons à nos enfants ce que nous avions nous. Car tous les arbitrages français depuis 20 ans, ce sont des arbitrages contre la jeunesse.
On se permet de leur faire subir des choses que nous n'avons pas subies. Vous savez même, pour les plus vieux d'entre nous, qu'il y avait 5 jours pleins de classes et beaucoup de spécialistes les demandent. Nous sommes au début d'une grande réforme. On fait le premier pas dans la bonne direction. Je vous promets qu'il y en aura d'autres. D'autres, y compris les vacances scolaires, les vacances d'été, oui ?
Tous les sujets sont sur la table. Ils sont sur la table, mais pas forcément traités. 7 500 postes d'enseignants supplémentaires en cette rentrée, dans les zones prioritaires, avez-vous dit, dans les ZEB, dans les zones rurales. Est-ce que c'est la garantie pour les parents que les profs absents ne resteront plus non-remplacés pendant des semaines, voire pendant des mois ?
Vous savez, c'est toujours pareil. Il faudrait que tout soit blanc ou tout soit noir. Non. Simplement, il y a un moment où on avance dans la mauvaise direction, on supprime des postes, on les prend sur les enseignants qui ne sont pas devant les élèves, donc les remplaçants. Donc on a diminué de plus de 5 000 de potentiel de remplacement sous la droite. Nous, cette année, nous avons mis sur le remplacement 1 000 postes. Est-ce que 1 000 postes, ça va résoudre tous les problèmes ? Non. Est-ce que ça va améliorer ? Certainement. Est-ce qu'il faudra continuer ? Bien entendu.
Vincent Péillon, qu'on retrouve dans quelques minutes.
Vincent Peillon