Check-up Santé - Samedi 17 octobre
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Questions et réponses
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- 1:45OuverteRéponse directe
Il y a beaucoup d'attentes, non ?
- 2:16OuverteRéponse directe
Que dit la législation ?
- 3:38OuverteRéponse directe
Nombreux, beaucoup de greffes en France ou pas ?
- 4:30OuverteRéponse directe
Et est-ce que les techniques de greffe se sont améliorées ou pas ?
- 5:13OuverteRéponse directe
Une nouvelle technique pour rallonger le délai de transport ?
- 5:49OuverteRéponse directe
Et ça coûte combien une greffe cardiaque ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00InvitéChiffre
« Il y a un refus de don de 37 % qui doit être expliqué pour plusieurs raisons. »
- 3:46InvitéChiffre
« Des greffes cardiaques en France, en 2025, c'était 421 greffes, un peu plus que 24, donc c'est quand même une augmentation. »
- 5:51InvitéChiffre
« Une greffe cardiaque, c'est quand même 150 à 200 000 euros pour l'année. »
- 6:13InvitéChiffre
« En Europe, on est juste derrière, on est 6 greffes par million d'habitants environ. »
- 7:24InvitéChiffre
« La prothèse elle-même coûte 250 000. »
- 10:33InvitéChiffre
« On gère à peu près 7 milliards et la santé représente à peu près un tiers de ces 7 milliards. »
- 10:43InvitéChiffre
« On gère à peu près 1 milliard. »
- 14:58InvitéChiffre
« On a commencé à 179 avec InnoBio 1 en 2009, InnoBio 2, 204 en 2018 et aujourd'hui donc InnoBio 3, 207 en 2026. »
- 16:08InvitéChiffre
« InnoBio 3, nous avons 207 millions. »
- 16:12InvitéChiffre
« On pense investir dans une quinzaine de sociétés. »
- 16:13InvitéChiffre
« On a des premiers tickets qui vont se situer entre 4 et 8 millions d'euros. »
- 20:17InvitéChiffre
« Le taux de rechute de 60 % environ, on avait de rechute, à 15 %. »
Temps de parole
- Invité30 %
- Invité 224 %
- Invité 322 %
- Présentateur21 %
- ?3 %
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BFM Business présente
Check
-up Santé avec Fabien Guèze.
Bonjour
à tous, ravi de vous retrouver sur BFM Business dans Check-up Santé. Près de 23 000 patients sont en attente de greffe par an et hélas trop peu d'honneur. A l'occasion de la journée mondiale du don d'organes et de la greffe,
j
'ai le plaisir d'accueillir le professeur Patrick Nataf, chef de service de chirurgie cardiaque à l'hôpital Bichat à Paris, spécialiste international de la greffe cardiaque. Dans ce contexte économique pour le moins compliqué, il existe encore des structures qui poussent, qui aident des entreprises de biotechnologie innovante. C'est le cas de InnoBio3, le fonds géré par la BPI. Et Philippe Boucheron, son directeur du pôle Biotech et Metech, va nous dire comment son fonds investit dans ces innovations de rupture. Enfin, mon dernier invité est l'un des inventeurs de l'ingénierie du génome, des ciseaux moléculaires qui suppriment, déplacent ou réparent les gènes.
C'est André Chulica, PDG de Selectis. Il se propose tout simplement de révolutionner le traitement des dix épidémies, peut-être à l'avenir une seule injection pour traiter de façon définitive l'hypercholestérolémie. Check-up santé, c'est parti.
Check
-up santé, au cœur de l'innovation santé. Patrick Nataf, bonjour. Bonjour. On se connaît depuis combien de temps ? 10 ans ? 20 ans, 30 ans ? Peut-être plus de 30 ans. Non, ça va nous vieillir. Alors, vous êtes chirurgien cardiaque de notoriété vraiment internationale, c'est vrai. Vous êtes chef de service à l'hôpital Bichat. Et vous aussi, vous êtes un pionnier quand même des nouvelles technologies, puisque vous êtes directeur de technologies immersives à l'Inserm, et vice-président de l'innovation pédagogique à l'université Paris-Cité. Alors, c'est aujourd'hui la journée mondiale du don d'organes et de la greffe. C'est vrai qu
'il
y
a
beaucoup d'attentes, non ? Il y a
énormément d'attentes, c'est-à-dire qu'il y
a
beaucoup de gens qui ont besoin d'avoir un greffon, quel que soit l'organe, et il y a très peu de donneurs.
Il
y a du moins, il y a des donneurs, mais pas suffisamment pour le nombre de patients qui veulent recevoir un organe. Et donc, il
y
a des patients qui, hélas, décèdent avant le... Malheureusement, sur tout l'ensemble des patients qui sont en attente de greffe, on en a, vous avez cité, 23 000, il y en a 11 000 qui sont sur l'ISACTIV, et il y en a 10 % qui sont décédés avant d'avoir l'organe.
D
'accord. Et donc, que dit la législation ? Je crois savoir qu'on est donneurs
par défaut, c'est ça, non ? Oui, c'est ça. On est présumé, on est donneurs, parce qu'on n'a pas signé le fait qu'on veut refuser de donner nos organes. Il y a un registre des refus, mais la transmission orale est suffisante. Ce qui est difficile, c'est pour une famille, quand quelqu'un vient de décéder, il a déjà le choc du décès. Souvent jeunes ? Et après, oui, souvent jeunes, ou même moins jeunes, mais à chaque fois qu'il y a une possibilité de greffe, on demande à la famille, malgré qu'il y ait ce registre des refus, c'est-à-dire que le consentement est présumé, mais on demande quand même, si oralement, s'il
y
a une transmission d'une volonté de ne
pas
donner. Et il y
a
des refus ? Il y
a
des refus, c'est 37 % pour
le cœur. Ah quand même,
donc un
tiers,
plus d'un tiers qui refuse finalement de donner. Oui, il y
a
un refus de don de 37 % qui doit être expliqué pour plusieurs raisons, c'est-à-dire que ça peut être une mauvaise information, ça peut être on ne sait pas et on vient d'être endeuillé, donc on n'est pas complètement
conscient. Voilà,
un trauma un
petit
peu psychologique. Il y a le choc psychologique, il y a plusieurs raisons qui font qu'on ne donne pas. Mais par contre, ce qui est important, c'est de transmettre l'information, en parler à l'école, avec les amis, en famille, en parler, dire je veux, je ne veux pas.
C'est
tout
à fait volontaire.
Alors vous êtes spécialiste bien sûr de la greffe cardiaque,
je
me rappelle à la pitié, vous faisiez plus de la moitié des greffes, des transplantations cardiaques.
Je
faisais des greffes, on va dire.
Oui,
je ne m'en rappelle pas très bien, je viens aussi de la pitié. Nombreux, beaucoup de greffes en France ou pas ?
Des
greffes cardiaques en France, en 2025, c'était 421 greffes, un peu plus que 24, donc c'est quand même une augmentation, donc c'est un signe positif, mais ce n
'est
pas encore suffisant, parce qu'il y
en
a quand même beaucoup de patients qui sont retirés de la liste ou décédés sur la liste d'attente. Mais il
y a
une augmentation de la demande ou pas ? La demande augmente régulièrement. En fait, on ne sait même pas qui sont
tous
les patients qui ont besoin d'une greffe cardiaque, parce que c'est l'insuffisance cardiaque terminale, il y a des patients qui ne sont même pas proposés pour la greffe. Donc déjà, en un mot, on pourrait savoir, peut-être qu
'il
y a beaucoup plus de gens qui seraient susceptibles d'avoir une greffe que de gens qui sont réellement inscrits sur la liste. D'accord, il y
en a
à peu près 1000 en attente, mais c'est sous-estimé. C'est ça.
Et
est-ce que les techniques de greffe se sont améliorées ou pas ? Il y a eu pas mal d'innovations. Les innovations portent aussi bien sur le donneur que sur le receveur. Receveur, la chirurgie, ce n
'est
pas vraiment le problème. Il y a eu beaucoup d'innovations en termes d'organisation. On a l'agence de biomédecine qui a permis de réguler un petit peu toutes ces transplantations. Elle le fait très très bien. Et on a un organisme institutionnel, national, qui nous permet d'avoir un registre parfait. En termes de chirurgie proprement dite, on a quelques améliorations techniques, mais ce n
'est
pas la problématique. La problématique, elle est vraiment logistique au point de vue de la greffe. Par contre, les innovations, elles se font surtout sur le prélèvement, sur le greffon, sur la personne qui va donner.
D'accord. Et c'est vrai que les délais de transport peuvent être plus longs. Maintenant, une nouvelle technique pour
rallonger le délai de transport ? Oui, il y
a
des possibilités. On a des machines de préservation de différents types. Il y
a
des machines où on enlève le cœur, on le perfuse avec du sang, et ça permet de régénérer un cœur, de lui redonner un peu de vitalité, et surtout de
l
'évaluer. Il y a des techniques où on peut faire de la préservation avec du froid, mais de façon régulée. Et on arrive quand même à augmenter les délais. La meilleure expérience, c'est celle qu'on a en France avec Pégas, où l'équipe de la Pitié a transporté un cœur des Antilles à Paris pour arriver à transplanter avec succès le patient.
Et
ça
coûte combien une greffe cardiaque ? Une greffe cardiaque, c'est quand même 150 à 200 000 euros pour l'année. Oui, mais par rapport aux États-Unis, 2 millions de dollars. Donc on est quand même
à 200 000, on n'a
pas besoin de trop pleurer. On peut dire qu'on est chanceux, parce qu'en fin de compte, tout est remboursé par la Sécurité sociale. On est très bien assuré. Oui, on est bien placé en France, dans le domaine de l'expertise, justement, des greffes cardiaques. On n'est pas mauvais. En Europe, on est juste derrière, on est 6 greffes par million d'habitants environ. En Espagne, 7, mais en Angleterre, c'est plutôt 2 à 3, et en Allemagne, c'est plutôt 4. Par contre, aux États-Unis, c'est 13. 13 greffes par million d'habitants. Donc on
est bien placé en Europe.
Malgré un prix décuplé. C'est ça. Ils ont beaucoup plus de moyens. Maintenant, il n
'y
a pas que la greffe cardiaque. Chez les insuffisants terminaux, il y a d'autres systèmes ?
Oui,
on
a bien sûr les assistances ventriculaires. On a plusieurs types d'assistances ventriculaires. On a ce qu'on appelle les ECMO.
C
'est des petites assistances qui permettent de passer un cap ou d'attendre une greffe. Ça permet aussi de prioriser pour la greffe quand on a cette machine. Il y
a
aussi les ventricules artificiels. C'est des ventricules uniques. On a deux ventricules, droit et gauche. Là, on ne
va
remplacer que le ventricule gauche.
On va l'aider, on va l'assister.
Ça,
c
'est par exemple le heartmet. Et la dernière technique, c'est le cœur artificiel total où là, tout le cœur a besoin d'être remplacé. Et dans ces cas-là, on met
un des cœurs artificiels.
Oui, il carmate, il y a des difficultés. Mais on espère bien un jour que ça va être possible de l'implanter à plus grande échelle. Ça coûte un peu plus cher aussi. La prothèse elle-même coûte 250 000. Mais après, en attente de greffe, ça fait la greffe en plus. Et après,
il
y a tous les soins hospitaliers également. Donc, il y
a
des problèmes financiers qu'il va falloir résoudre, même si on a envie qu'il soit résolu.
Bien
sûr. Mais il y a les critères quand même.
Ils
se sont un petit peu élargis. Les critères d'éligibilité d'une greffe cardiaque,
ils
se sont un
peu élargis. L
'éligibilité, oui. Parce qu'on peut donner,
on
a des... Bon, d'abord, on peut accepter plus de greffons. On a des greffons à critères élargis.
C
'est-à-dire des greffons qu
'on
ne prenait pas auparavant qu'on commence à prendre parce qu'on peut les évaluer justement grâce aux machines dont on a parlé. Il y a aussi les greffons qu'on peut prendre sur des patients à qui il y
a
une décision d'arrêt des soins qui est prise. C
'est
ce qu'on appelle le Maastricht 3. Il y
a
un patient qui est en réanimation. Il n'a pas ce qu'on appelle la mort encéphalique. Parce que normalement, les greffons se font prendre sur des gens qui sont morts et que le cerveau ne fonctionne plus du
tout.
On fait des électroencéphalogrammes ou des scanners pour vérifier qu'il y a bien une mort encéphalique. Mais il y a également des patients qui sont en réanimation. Le cerveau n'est pas totalement détruit parce qu'il y
a
encore de la réactivité. Mais on sait qu
'il
n
'y a
pas de récupération possible pour ces patients-là. Alors, qu'est-ce qu'on fait ? On prend une décision d'arrêt des soins collégiales. Les gens qui s'en occupent, les réanimateurs, avec les familles, avec l'ensemble du personnel qui s'occupe des patients, disent qu'il est préférable de décider d'arrêter les soins. Et dans ces cas-là, une fois que le patient est déclaré « on va arrêter les soins », il y a la deuxième décision qui doit être indépendante. C'est celle de dire « on peut prélever l'organe, les organes ».
Et donc, dans ces cas-là, c'est deux décisions qui sont vraiment indépendantes l'une de l'autre, mais qui permettent de prélever les organes d'un patient à qui on a décidé d'arrêter les soins.
Ça
veut dire qu
'il
y
a
un patient qui aura un cœur à arrêter. On va attendre cinq minutes que l'arrêt cardiaque se fait avant de pouvoir le prélever. On arrêtera la circulation dans le cerveau pour être sûr qu'il n
'y
a pas de réveil, mais il n
'y en
aura pas. Et en plus, ce qu'il faut savoir, c'est qu'on peut le prélever de la même façon qu'on prélève pour une transplantation cardiaque.
Et pour finir très très rapidement,
il
y a un critère d'âge aussi pour la transplantation ? On ne
va
pas greffer à partir d'un certain âge ?
On a toujours dit 70 ans, mais on a dégreffé beaucoup de patients qui ont plus de 70 ans. En fait, le patient âgé, on va parler d'âge physiologique, si la personne est en très bon état, si on pense qu'on trouve un greffon qui soit prioritaire et qu'on peut l'administrer, oui,
il
faut profiter. Il n'y
a
pas d'âge. On est encore chanceux, Fabien, tous les deux.
Merci, merci Patrick Nataf. On va à présent accueillir Philippe Boucheron, qui est directeur adjoint du pôle investissement biotech et écotech de BPI France. Philippe Boucheron, bonjour. Bonjour. Bienvenue dans Check-up Santé. Vous êtes directeur adjoint du pôle biotech et medtech de BPI France.
C
'est le sens de la vie. Exactement. Voilà, c'est vrai que ça appartient évidemment, c'est géré par BPI. La BPI qui a consacré pas mal d'argent pour la santé, non ?
Absolument.
Donc, dans ma business unit, comme on dit en bon français, on gère à peu près 7 milliards et la santé représente à peu près un tiers de ces 7 milliards.
Et
dans ce tiers, l'équipe à laquelle j'appartiens
et
que
je co-gère, on gère à
peu
près 1 milliard.
D
'accord. Et il paraît que l'objectif serait de plusieurs milliards d'ici 2030.
Il
faudrait toujours investir plus dans nos entreprises impliquées dans la santé parce que la santé, comme vous le savez, se développe de manière très très rapide. l'arrivée de l'IA va probablement accélérer encore cela. Donc, plusieurs verticales, les médicaments bien sûr, les dispositifs médicaux et tout ce qu'on appelle la thérapeutique digitale avec ce qui est numérique. Et je ne m'occupe pas du tout de ce dernier secteur.
Alors, c'est vrai que le contexte économique est plutôt complexe, c'est bon comme je veux dire. Est-ce qu'on peut encore investir en France ?
Alors, bien sûr, nous, on le fait tous les jours. Donc, InnoBio 3 vient d'être lancé. On a déjà cinq entreprises en portefeuille. On peut en faire au moins une d'ici la fin de l'année. On
va
en reparler, mais du
manière générale, on peut encore investir,
oui ? Oui, absolument. De toute façon, l'investissement en santé en général et en biotechnologie en particulier est un investissement contracyclique qui se passe sur des périodes qui sont relativement longues si on compare ça par rapport au digital voire à l'IA. Et c'est absolument... Oui. Bon, c'est en général des investissements qui se révèlent rentables. En plus, la France, historiquement, est le deuxième écosystème en Europe derrière le Royaume-Uni. On est à peu près égale avec l'Allemagne et la Suisse, pour vous donner une bonne idée, et très, très supérieure aux Espagnols et aux Italiens.
Mais on est quand même, pour ainsi dire, pris en étau entre deux mastodontes, la Chine et les États-Unis. Est-ce qu'on a les moyens de faire face à ces deux mastodontes ?
Notre système d'innovation reste performant, mais il va falloir s'adapter, parce que les choses s'accélèrent et s'accélèrent très, très vite.
Et puis, il
y a quand même des choses qui clochent en Europe, quand même.
Absolument. Mais c
'est
toujours pareil, on est dans un environnement contraint. Donc, en Europe,
il
y a deux choses, à mon avis, qui empêchent d'avoir une industrie de santé encore plus prospère et qui va créer beaucoup d'emplois. On a, d'une part, l'absence d'un marché de capitaux unifié pour permettre à nos plus belles entreprises de s'introduire en bourse en Europe, alors qu'aujourd'hui, quand elles veulent faire des levées de fonds qui sont supérieures à 200 millions de dollars, elles doivent aller sur le Nasdaq. Et donc, ça a d'autres contraintes, notamment de Madagirial, qui font que, souvent, on peut les perdre et qu
'elles
deviennent américaines. Et l'autre problème qu'on a pour nos startups,
c
'est quand même,
autant
on a un marché unifié sur l'accès des médicaments et même des dispositifs médicaux, mais là où on a un problème, c'est l'accès au prix, au remboursement. Et chaque entreprise doit faire une démarche individuelle dans chaque pays pour avoir un prix. Et ça, évidemment, quand vous êtes Sanofi ou une grande entreprise pharmaceutique, vous pouvez vous le permettre parce que vous avez toute l'infrastructure qui le permet. Quand vous êtes une startup, c'est extrêmement chronophage et consommateur de ressources.
Alors, évidemment, ce qui se passe d'habitude, hélas, c'est que finalement, une société est vendue à une compagnie américaine.
C'est souvent le business model, c'est-à-dire qu'on investit dans des sociétés qui sont à un stade pré-clinique ou début de clinique, comme on dit. C'est vraiment... Et ces sociétés développent la preuve de concept chez l'homme et lorsque la preuve de concept est suffisamment aboutie, en général, ces sociétés sont vendues à des entreprises pharmaceutiques qui peuvent être américaines mais qui peuvent être européennes. Nous, on a vendu récemment une société in-check, pour ne pas la nommer, à Ibsen, qui est une société pharmaceutique française.
Alors
justement, InnoBio, donc il y a eu InnoBio 1, 2, 3, c'est quoi la mission vraiment d'InnoBio
? Alors InnoBio,
c'est un fonds de capital risque donc géré par BPI France. Tous les InnoBio, donc on est à la troisième mouture, sont structurés de la même façon, des fonds de BPI France associés à des fonds de l'industrie pharmaceutique. Des fonds toujours plus grands ?
Oui, toujours plus grands. On a
commencé à 179 avec InnoBio 1 en 2009, InnoBio 2, 204 en 2018 et aujourd'hui donc InnoBio 3, 207 en 2026. On est accompagnés depuis le début par Sanofi et par Ibsen, qui sont deux partenaires qui ont investi dans les trois fonds et depuis InnoBio 2 par Servier et Bristol Myers-Quibb. D'accord. Et la nouveauté dans InnoBio 3, c'est que l'Institut Pasteur avec qui on travaille bien par ailleurs sur le démarrage de start-up nous a rejoints.
Alors justement, quel type d'entreprise vous financez
?
Alors, dans InnoBio, on investit exclusivement dans des entreprises qui développent des produits thérapeutiques.
D'accord. C'est
-à
-dire
qu'on n'investira pas dans une plateforme ou dans des modalités thérapeutiques où il n'y a pas un produit identifié. Et plutôt vers les innovations de rupture, non ? Et toujours des innovations de rupture, des produits qui peuvent apporter quelque chose
de
très novateur à une pathologie ou une indication qui est aujourd'hui mal servie.
Soit
des maladies rares, soit une indication cancéreuse, soit des choses comme
ça.
Évidemment.
Et donc, vous sélectionnez à peu près 10 à 12 ?
Alors,
InnoBio 3, nous avons 207 millions. On pense investir dans une quinzaine de sociétés. On a des premiers tickets qui vont se situer entre 4 et 8 millions d'euros. et on peut exposer jusqu'à 15-20 millions d'euros.
D
'accord.
Et
donc là, vous avez choisi quand même, on peut donner quelques noms ? Ah oui,
nous
avons
déjà
fait 5 premiers investissements. Donc, on est dans Artex qui est dans les maladies
rares.
Dans les maladies neuromusculaires ? Voilà, maladies rares. On est dans Silène qui fait de la thérapie génique pour une pathologie rare aussi mais associée à la vessie. On est dans Coav.
Adcytérix
?
Adcytérix, qui sont ce qu'on appelle des ADC, ce sont des anticorps armés pour l'oncologie. Et on a fait également donc Coav dans la thérapie génique de l'œil.
De l'œil. Ah oui, les maladies
rétiniennes,
vasculaires. On a quand même quelques, juste pour finir, quelques success stories ?
Absolument. Dans InnoBio 2, historiquement, on a fait quand même trois sorties. Donc, Imchec, j'en ai déjà parlé avec, qui a été vendu à Ibsen. On a fait Émergence Thérapeutique qui a été vendu à Lili. Et on avait également vendu Amolite Pharma à AstraZeneca.
On compte sur vous pour financer
d'autres entreprises ? Le but, c'est comme ça qu
'on gagne de l'argent aussi dans le capital risque.
C
'est qu'on a des succès qui vont payer pour les échecs ou les entreprises qui ne marchent pas si mal mais qui ne font pas d'aussi beaux succès. C'est comme ça qu'on gagne de l'argent.
Merci beaucoup, Philippe Boucheron. Merci beaucoup. On va à présent accueillir André Chulka, que vous connaissez ? Oui, absolument.
Qui
est le CEO de Selectis.
Merci
beaucoup.
Check
-up Santé sur BFM Business. André Chulka, bonjour. Bonjour. Ravie de vous revoir dans Check-up Santé. Vous aussi, on se connaît depuis quelques dizaines d'années. Vous êtes le cofondateur et PDG et CEO de Selectis depuis 26 ans, donc pas vraiment une start-up. Vous êtes le pionnier dans le domaine de l'édition génie, c'est-à-dire que vous pouvez modifier l'expression des gènes en les supprimant, les activant, les réparant. C'est vrai qu'il y a deux approches, c'est ça. Et vous intervenez sur les gènes depuis de nombreuses années. On a beaucoup parlé des ciseaux moléculaires.
Absolument, oui. En fait, effectivement, il
y
a deux approches. L'utilisation d
'une
sorte de fantasme incroyable dans l'approche de ciseaux moléculaires ou l'édition de génome.
Ça fait rêver, quand même.
Oui, c'est une approche chirurgicale sur l'ADN et toujours, on s'est dit, on voyait ça d'un horizon lointain, le fait de pouvoir intervenir directement dans le corps humain pour pouvoir modifier des gènes. Et alors, jusqu'à présent, jusqu'à il y a peut-être un an ou deux, on n'osait pas en faire faire ça directement dans le corps humain, mais on extrait des cellules.
Ça s'appelle Exvivo. C'est l'édition Exvivo.
Exvivo. On faisait la modification, on vérifiait que tout allait bien et puis on les réinjectait. C'est le cas des cars allogéniques, par exemple. Et en fait, il y
a
une grosse révolution absolument incroyable, tout le monde connaît, qui est la révolution du Covid, où on a commencé à injecter des acides nucléiques chez les gens pour des raisons vaccinatoires avec les vaccins Covid. Le rôle de
l'ARN messager, d
'ailleurs. Comment ? L'ARN messager.
L'ARN messager,
est packagé dans ce qu'on appelle une particule lipide et on a injecté ça directement dans le sang et ça a ouvert en fait un potentiel incroyable de pouvoir faire directement de l'édition de génome InVivo. InVivo, donc chez le patient.
D'accord, donc votre stratégie est passée de l'Exvivo à InVivo.
Et
alors, la stratégie, en fait, elle a été un tout petit peu bouleversée par la concurrence, pour dire franchement, parce que l'Exvivo et l'écarté halogénique qui ont eu des résultats absolument formidables et qui ont toujours des résultats
formidables. Les écarticelles, on appelait l'écarticelles. L
'écarticelles,
voilà,
sur étagère. Nous, on a vu le développement d'un produit, on le s'est mis, l'infoblastique aigu. Il y a eu en fait un grand bouleversement concurrentiel avec un produit qui a été repositionné en première ligne, le Binatumumab ou Blinsaito qui est développé par Amgen, qui a été mis en fait en consolidation de première ligne après la chimiothérapie et qui est une très très bonne nouvelle, a fait chuter en fait le taux de rechute de 60% environ, on avait de rechute, à 15%. Ah ouais, énorme. Et du coup, en deuxième ligne, il
y
a deux nouveaux produits qui sont arrivés, etc. On s'est retrouvé avec un produit qui avait de moins en moins de patients, même si on arrivait à les mettre en rémission complète, on a dû repositionner la société.
Et donc, si vous vous êtes repositionné, surtout sur les dissipidémies, les troubles
des
lipides, les glycérides et les cholestérols
?
Alors, il y a plusieurs raisons à ça. Alors, premièrement,
c
'est des deux produits, alors un qui tape sur l'hypertriglycéridémie, donc c'est des gens qui ont des taux de triglycérides très très hauts, ce qui induit en fait des pancréatites qui peuvent être
mortelles.
C
'est
plus un problème pancréatique que vasculaire quand la triglycéridémie est très élevée. Absolument. Et deuxièmement... L'hypertriglycéridémie aiguë, c'est largement pire qu'un infractus. C'est comme
si
vous mettez une grenade dans le ventre et on la faisait exploser. C'est dramatique.
Et en fait, on ne peut rien faire. Et jusqu'à présent, en fait, l'un des gènes responsables, c'est un gène qui s'appelle APOC3, toute petite protéine non drogable, c'est-à
-dire
qu
'on
ne pouvait pas développer de médicaments contre ça. Et nous, ça fait de nombreuses années qu'on travaille effectivement sur ce gène-là et qu'on a des produits qu'on attendait à développer en préclinie. De l'autre côté, c'est les LDLC. Et en fait, là, c'est l'hypercholestérolémie très connue.
Le LDLC, le mauvais cholestérol.
Exactement.
Et
donc là aussi, c'est un gène extrêmement connu qui s'appelle PCSK9. Donc deux gènes très très validés comme cible thérapeutique APOC3, PCSK9. Et troisièmement, des produits extrêmement matures avec une maturité du marché là-dessus.
Et donc,
vous
parlez justement de traitements presque radicaux ou pas ?
Alors, à partir du moment où on fait une édition de gènes dans le foie et que ça a été hard-codé dans le gène, par exemple, à changer une paire de bases dans le gène APOC3, on ne peut pas la changer dans le sens inverse. Donc en fait, tout le concept, c'est le même concept de la chirurgie. On appelle ça de la chirurgie de gènes. Le gars a un problème de prostate.
Il
a du mal à aller aux toilettes. Il prend des pilules
pour boire. Non, il va trop souvent aux
toilettes
au contraire.
Ou même quand il y va parce qu
'il
n
'y
arrive pas bien. Donc il prend des pilules toute la journée. Et puis à un moment, il fait une énucléation de la prostate et puis après, tout va bien. Voilà, c'est formidable.
Donc on peut imaginer des traitements radicaux.
Et là, c'est fini. Il n'a plus de pilules ni rien du tout. Et là, c'est un traitement complètement radical où on va en fait faire une fermeture du gène APOC3 et ça va... Pour les hypertriglycéridémies. Pour l'hypertriglycéridémie, en fait, ça va libérer des médications à vie et sur lesquelles l'adhérence du patient finalement se fatigue et il ne prend plus ses produits-là. Et donc tout est sur le concept d'un potentiel long terme, voire à vie.
Oui. Sur l'hypercholestéronique, il y a des produits qui agissent sur le fameux gène PCSK9
?
Alors oui, effectivement, il y a des produits, des anticorps monoclonaux,
il
y a en fait ce qu'on appelle des RNAi ou des ARN antisense. Il y a plein, même maintenant, il y a le développement de molécules qui sont prises peros. Mais c'est toujours la même chose,
c
'est des choses qu'on doit prendre de façon très
régulière
à
vie.
Et donc, ça peut être assez intéressant de subir une chirurgie génomique, surtout par exemple, où on est en train de traiter une population de jeunes personnes qui ont en fait une maladie génétique sur l'hypercholestéronique familiale qui ont eu en fait un événement cardiovasculaire avant l'âge de 40 ans. Donc, ils sont très, très, très à risque. Et puis, ils doivent se projeter jusqu'à l'âge de 90 ans, peut-être 100 ans.
Et là, vous avez des partenaires, vous avez même des investisseurs. AstraZeneca est un des investisseurs les plus importants, non ?
Oui, alors AstraZeneca est non seulement un investisseur, mais c'est aussi un partenaire de développement. Or, pas sur ces produits-là. On a des développements dans des tas d'indications différentes qui vont des maladies rares à l'oncologie en passant par les maladies auto-immunes. Mais voilà, c'est un de nos... Et vous avez
suivi
aussi par mal de labos de l'industrie pharmaceutique. Servier aussi vous suit
? Servier nous suit. On a aussi Pfizer comme actionnaire aussi de Selectis. Donc, on a effectivement pas mal de relations avec soit des boîtes de biotechnologie, soit de la grosse industrie pharmaceutique.
Bon, très rapidement, votre plan alors. On est pressé quand même. On veut ses traitements rapidement.
Alors, on veut ses traitements rapidement. Moi aussi, je suis très très pressé. Donc, voilà, on a mis le turbo. Et pour mettre le turbo, il faut aller dans les endroits où ça va extrêmement vite, où les gens ont une force de travail considérable, qui est la Chine. et on a commencé à fabriquer les produits pour faire en fait ce qu'on appelle une étude sponsorisée par un investigateur,
ce
qu'on appelle une ITT en Chine. Et ça va permettre en fait de faire non seulement une escalade de doses pour savoir c'est quoi la bonne dose pour ces patients-là, mais très vite démarrer. Alors, à partir du premier trimestre de 2027, on essaiera d'avoir le premier patient.
Bon,
on est très impatients. On est très impatients. Merci André Chouliquiam. Merci beaucoup. Vous revenez quand vous voulez. C'est la fin de cette émission. On se retrouve la semaine prochaine.