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interviewLe Figaro (sur YouTube)· 7 novembre 2025 17 min

Otage du Hamas pendant 491 jours : le récit glaçant d'Eli Sharab

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Éllicharabi. Shalom. Merci beaucoup d'être avec nous.

Vous publiez donc ce livreage 491 jours aux mains du Ramas. C'est aux éditions Robert Lafond, près de 9 mois après votre libération et alors que le Ramas doit encore à ce jour rendre les corps de septé. Ce livre, ce livre Elicharai, c'est évidemment le vôtre, mais il est écrit au nom, j'imagine des 250 autres otages qui ont été fait prisonniers comme vous le 7 octobre 2023.

Oui, il était très important d'écrire ce livre comme témoignage d'un otage au nom de tous les autres otages pour que le monde entier sache de ce qui s'est passé le 7 octobre et pendant toutes ces tout ce temps où nous étions prisonniers. C'est un témoige extrêmement important pour euh l'histoire, pour le peuple juif, pour le monde entier. C'était pour rappeler à tout le monde qu'il y a encore des otages à Gaza dans les mains d'un d'un groupe terroriste, le Hamas, et était très important de faire revenir tout le monde.

Je je sais bien que la plupart sont rentré. Il y a encore sep otages. Ce sont des victimes.

Ils sont morts. Un autre grand regret, mais aussi doivent être rendus et être enterré en Israël. Et vous avez décidé de prendre la parole, de témoigner dans dans le monde entier de ce que vous avez vécu, vous qui vivez encore aujourd'hui en en Israël.

Vous êtes de passage en France. parce que ce livre est traduit, je le disais, dans dans de nombreuses langues, j'imagine que là aussi vous avez une pensée pour les familles de des otages qui sont qui sont décédées et qui non pour certaines, vous venez de l'évoquer hein, toujours pas pu récupérer le le corps. Est-ce que vous vous dites au fond, je pourrais réellement commencer à me reconstruire ?

Et bien le jour où tous les corps auront été auront été restitués au fond, c'est ce jour-là qu'on pourra peut-être commencer à à tenter de de passer à autre chose. En fait, quand je suis sorti et moi, depuis 7 mois, je parle au nom des autres qui sont restés là-bas et comme je l'ai dit, je suis très heureux que la plupart d'entre eux soit revenu. Il y a encore sep otages, sep cadavres qu'on doit rendre à leur famille pour qu'ils soi enterrés en Israël pour qu'on puisse refermer ce cercle.

Et donc évidemment, je pense que tout ce traumatisme qui a été imposé au peuple d'Israël, les gens pourront se guérir de ce traumatisme. Ils pourront commencer à se guérir. Ces deux années, ce sont des années horribles.

Euh Israël a été attaqué de toutes parts et je pense que le peuple d'Israël cherche la paix, cherche la tranquillité et cherche la tranquillité avec ses voisins. Et j'espère j'espère queon pourra commencer une nouvelle route avec nos voisins et une voix de paix dans la région. Vous évoquez les la souffrance des des familles qui n'ont toujours pas pu récupérer les les corps.

Cette souffrance évidemment vous en savez quelque chose vous qui avez appris le jour de votre libération donc le 8 février dernier que votre femme vos deux filles et votre frère avaient été assassiné le jour du du pogrome. Quand on découvre ce témoignage, ce livre et qu'on feuillette ces ces pages, c'est vrai qu'on se demande comment vous avez réussi au fond à vous relever de cela et même à et même à prendre la plume. Qu'est-ce qui vous a aidé à à commencer ce travail de reconstruction aujourd'hui ?

En fait, le jour où j'ai été libéré, j'ai appris au sujet de mon épouse, de mes deux filles, mes deux filles, c'était des citoyennes britanniques qui ont été assassinés avec leur passeport britannique dans les mains et de jours avant ma libération, j'ai appris que mon frère avait été pris en otage aussi par le Hamas et j'ai décidé immédiatement le jour de la libération que je dois vivre. J'aime la vie. Je veux reconstruire ma vie.

La reconstruire. La douleur et mes pertes et mon deuil feront partie de ma vie jusqu'à mon dernier jour. Mais ça sera une partie de ma vie.

Ça ne sera pas ma vie et je construirai à nouveau. Je suis optimiste et j'espère et je veux regarder la lumière. C'est la seule voix où je peux honorer la mémoire de mon frère, de ma femme, de mes deux filles et de tous ceux qui ont lutté pour moi pendant tous ces mois.

Et pour honorer cette cette mémoire précisément et bien vous avez donc décidé de de témoigner. Vous avez notamment pu vous exprimer devant les Nations- Unies à l'ONU au mois de mars dernier. Vous avez notamment interpellé les dirigeants internationaux et vous leur avez demandé assez avec beaucoup de virulence quand même.

Vous leur avez demandé où ils étaient pendant tout ce temps. Quel était le sens de cette interpellation ? Vous avez eu le sentiment d'être un peu abandonné pendant ces près de 500 jours de détention. toutes ces journées prisonniam c'est 490 jours à 50 m sous terre on s'est posé la question où est l'ONU où est l'ouge internationale pourquoi ils viennent pas nous rendre visite pendant toute cette période on était prisonnier et on s'est demandé pourquoi est-ce qu'ils ne comprennent pas à quel point l'aide humanitaire à Gaza au peuple palestinien est volé par le ramas.

On a vu ces boîtes, ces caisses qui arrivaient, des dizaines de caisses chaque semaine qui descendaiit dans les tunnels. Cette aide humanitaire, on voyait que le Khamas leur volait aux Palestiniens et mangait eux cinq fois par jour alors que nous on mangeait un repas par jour. Et notre repas c'était un petit peu de une demi pita ou une portion de riz pour 24 heures alors que eux ils mangaient cinq fois par jour.

Et en tout cas, nous nous savions que le peuple d'Israël luttait pour nous, que nos familles, nos amis lutit pour nous à l'extérieur pour qu'on puisse rentrer chez nous et qu'ils étaient avec nous et comme ça on a pu tenir le coup. Est-ce que Elisharabi près de 9 points maintenant après cette libération et on se souvient d'ailleurs des images très émouvantes hein, ce jour de votre libération mise en scène par le ramasse avec votre visage particulièrement témacié ce ce jour-là. Est-ce que vous arrivez aujourd'hui à prendre un peu de recul par rapport à à tout ce qui s'est passé, par rapport à tout ce que vous avez vécu ou bien est-ce que ces images terrible terrifiantes de ce que vous avez vécu pendant un an et demi continue de vous tourner en tête tout au long de la journée ?

Je ne réussis pas à oublier un seul instant de momentù j'étais prisonnier. Mais c'est pas ça qui dirige ma vie. Je n'oublierai jamais ces moments du fait où j'étais prisonnier.

Je n'oublierai jamais la violence qui était euh qui nous était faite alors qu'on était entravé par des chaînes au pied 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 pendant 491 jours. Mais je ne laisserai pas cela diriger ma vie. Je vais construire une nouvelle vie avec beaucoup d'optimisme, avec beaucoup de lumière.

Et je vais essayer de faire penser à l'éternité de ceux qui sont morts, de ceux qui ne sont pas avec nous, de ceux qui ont été tués dans le kibut Bi, les 70 otages qui ont été pris de ce kibots et de tous ceux qui ont été assassinés. C'est un prix très dur à payer. Il y a encore deux euh de ce kiboots qui sont encore n'ont pas dont les corps n'ont pas été rendus et on espère les les avoir bientôt.

Cet enfer que vous avez vécu, vous le racontez très précisément dans ce livre et notamment l'obscurité. Vous avez été marqué par cela dans les tunnels de la bande de Gaza. Vous racontez également euh avec beaucoup de précision euh certains dialogues avec euh vos géoliers qui ont à de mainre reprise tenté de vous de vous endoctriner.

Qu'est-ce que vous retiendrez finalement ? Qu'est-ce qui vous a le plus marqué pendant cette détention ? et le plus important pendant ces moments-là tomber dans le terrorisme psychologique et se souvenir que nous étions des juifs des Israéliens et en dépit des conditions extrêmement dures, en dépit du fait qu'on nous étions entravés, en dépit des coups qui nous étaient donnés, en dépit de la fin, il tent de euh de nous acheter par un morceau de pain pour que nous récitions des passages du Coran et nous on a refusé.

Il c'était très important de nous souvenir que nous étions ça nous donnait beaucoup de force et de foi que nous les quatre qui étions ensemble nous pourrions survivre et arriver jusqu'au jour de notre libération. Est-ce que vous avez douté de pouvoir être libéré un jour ? Tout le moment j'ai dit au plus jeune qui est au moin d'uccune façon nous ne serons pas libérés.

Nous serons libérés. C'est une question de temps. Nous savions que le Mossade, que les services de renseignement, que l'armée de défense d'Israël faisait tout pour nous libérer.

Nous savions qu'il luttait pour nous, que le peuple d'Israël ne nous oubliait pas. Et donc, de mon point de vue, c'était simplement une question de temps jusqu'à ce qu'on revienne à la maison. Notre mission était de survivre alors que l'extérieur, il tentait d'arriver à un accord pour nous libérer.

Et là aussi, vous racontez très précisément euh cette scène de votre libération et vous ce qui vous a marqué particulièrement, c'est l'indessence de la population à ce moment-là que vous décrivez dans ce livre dans la bande de Gaza avec donc une foule entassée de personnes qui venaient et vous dites, j'ai plus le terme exact, mais vous racontez, vous dites au fond, ils étaient prêts à nous sauter dessus à ce moment-là. Le 7 octobre lorsqu'on s'est arrêté pour la première fois à côté de la mosquée à Gaza. Cette foule en colère civile m'a attrapé.

Elle m'a tiré des mains des terroristes. Ils ont tenté de me lycher. Il y a des enfants qui me tapaient dessus avec leurs chaussures sur la tête.

Heureusement, ces terroristes ont réussi à me faire rentrer dans la mosquée et là-bas, ils m'ont ils ont fait une enquête sur qui j'étais et puis il m'ont emmené jusqu'à ce qu'il m'est amené à une famille palestinienne. Dans cette maison de la famille palestinienne. Ces terroristes qui devaient nous garder avaient très très peur des civils à l'extérieur.

Ils avaient peur qu'ils sachent que nous étions dans cette maison et qu'ils rentrent de force dans cette maison. et qui nous lâcherait tous. C'était des moments terrorisants et c'est les moments qui leur ont fait très très peur aussi à eux au c terrorist du Ramas et donc tous les citoyens auquels j'ai dû à faire face dans la bande de Gaza était très très dangereux pour moi, parfois bien plus dangereux que les terroristes du Ramas.

Quel était justement le lien que ce soit avec effectivement la population locale sur place, avec les gens que vous avez côtoyé pendant cette détention euh et puis évidemment avec ceux qui venaient chaque jour et bien vous vous apporter malgré tout un temps soit peu de nourriture. On avait des relations avec eux, on a développé des relations avec nos géoliers pour que nous nous puissions survivre, pour que nous les otages, nous puissions demander de la nourriture tous les jours et parfois en obtenir. C'est important que ces relations soient bonnes et pour qu'il ne nous battent pas tous les jours pour qu'ils aient un peu de miséricorde envers nous et c'était notre but qu'il y ait des bonnes relations qui puissent en fait les respecter aussi.

On a écouté beaucoup de discussions qu'ils avaient entre eux, mais dans chaque discussion avec nous, il disait à chaque fois à chaque fois deux choses. La première, c'est que ils reviendront en 2026, en 2027, en 2028 en Israël et qu'il massacreraient tout le monde jusqu'à ce qu'il nous exterminent tous. Et après, ils iront en Angleterre et en France et en Allemagne et aux États-Unis. et il prendrait la main sur le monde entier parce que le monde entier doit devenir musulman parce que la seule foi qu'il doit y avoir dans le monde c'est l'islam.

C'est ce qu'ils ont dit et répété et répété. Est-ce qu'aujourd'hui vous avez repris espoir avec notamment ce cesser le feu ? Est-ce que vous croyez encore qu'une paix est possible ?

Certains disent beaucoup de témoignages disent "En fait, nous n'avons qu'une peur, c'est que cela recommence. cette peur et ça peut recommencer absolument aussi longtemps que dans à la tête de du gouvernement palestinien, il y a un organisme comme le Khamas. Il y a aucune chance qu'il reconnaisse Israël, qu'il veit vivre au côté d'Israël.

Et donc la seule chance pour la paix à l'avenir avec les Palestiniens et avec les autres peuples de la région, c'est que leurs dirigeants reconnaissent l'État d'Israël, que ce soit des dirigeants rationnels et pas terroristes et qu'il n'est pas une vision djihadiste. Et à ce moment-là, lentement, lentement, les générations qui viennent apprendront la paix et non la guerre et sauront qu'ils doivent pouvoir vivre pour leur pays, non pas mourir pour leur pays. Est-ce que vous êtes inquiet par la forte poussée de de l'antisémitisme qui et bien a suivi ce qui s'est passé le le 7 octobre et puis cette cette guerre donc en Israël ?

Et on est particulièrement touché. Ici en France, en Europe, les chiffres le disent. Toutes les enquêtes officielles le disent.

Cette poussée de l'artisémitive, c'est quelque chose que vous ressentez d'abord et qui vous inquiète. l'antisémitisme la terre particulièrement l'année dernière très très puissamment dans les pays européens aux États-Unis en Australie contre les Juifs. Ça inquiète beaucoup.

Je rappelle à tous que nous ne sommes pas en 1940, nous sommes en 2025 et c'est vraiment très très triste voir la situation qui prévoit aujourd'hui. Des juifs qui vivent depuis des centaines d'années en France, en Angleterre et en d'autres endroits du monde aux États-Unis, en Australie vivent dans ces lieux soudain ont peur d'être dans la rue et ils ont peur des des attaques de haine. Donc moi, je rencontre des dirigeants, je rencontre des membres du parlement, des ministres des affaires étrangères et je leur dis et répète, c'est votre responsabilité de prendre soin de la population juive chez vous.

Euh la population doit la population juive et ces gens-là tous doivent avoir une voix beaucoup plus forte contre l'antisémitisme. Et je leur dis à tous. Merci beaucoup arabi.

Merci beaucoup. Votre livre oage 491 jours aux mains du ramas. C'est publié aux éditions Michel Lafond bien sûr et non pas Robert Lafond, livre qui est évidemment hautement recommandable et dont les bonnes feuilles sont à retrouver sur le le site du Figaro.

Merci beaucoup d'avoir été notre invité aujourd'hui.