Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 24 janvier 2026 28 min

Dentiste, ophtalmologiste : que valent les soins low-cost ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bienvenue dans et santé. Ça va ? En France, notre système de santé est souvent présenté comme l'un des plus protecteurs et les plus efficaces du monde.

Pourtant, 16 % des Français déclarent avoir déjà renoncé à des soins pour des questions financières. Le secteur dentaire est le premier poste de renoncement. Conséquence, on l'a vu, une explosion des centres de santé dit lowcost [musique] à pas prix, notamment dans le secteur dentaire, mais également dans pour l'ophtalmologie.

Alors question. La santé low cost est-elle un nouveau modèle de soin en France ? Peut-elle [musique] être une solution d'accès aux soins ou au contraire constitue-elle un risque sanitaire pour les patients, notamment les plus défavorisés ?

Santé low cost, opportunité ou danger ? C'est tout de suite. Nos invités Bernard Jaumier, vous êtes sénateur place publique de Paris.

Vous êtes médecin généraliste et corrapporteur de la mission sur la financiarisation de l'offre de soins. Vous avez formulé 18 propositions et Valérie Paris, vous êtes co-autrice d'un rapport OCDE sur les tendances de la financiarisation des soins ambulatoires. Merci de participer à cette émission.

Bernard Jaomier, d'abord pour qu'on comprenne bien de quoi on parle et de quoi il s'agit. D'abord, qu'est-ce qu'on entend par centre de soins low cost et est-ce qu'on a une idée d'ailleurs du nombre de ces centres de soins qu'il y a en France ? Bah, les Français, ils connaissent depuis longtemps les centres de santé parce que c'était euh le secteur mutualiste par exemple qui a ouvert des centres de santé en France puis un certain nombre de villes.

Donc c'était des centres de ils existent toujours d'ailleurs des centres de santé municipaux, associatifs en général. Et là, il y a une nouvelle génération, on va dire, de centre qui est apparu pour des raisons multiples et qui sont des centres qui qu'on appelle locause. Et donc, ces centres se sont multipliés beaucoup dans le dentaire, beaucoup dans l'ophtalmologie parce que il y avait des problèmes de coût, parce qu'il y a des problèmes d'accès au soin.

Alors Valérie Paris, est-ce que la l'une des caractéristiques, l'une des particularités de ces centres de soins low cost, c'est que derrière on trouve des acteurs financiers, ce qui n'était peut-être pas forcément le cas dans les anciens centres de santé dont parlait à l'instant Bernard Jaumier. L'étude qu'on a réalisé à l'OCDE partait en portait en fait sur les acteurs financiers où les acteurs qui sont pas des acteurs de santé, c'est-à-dire pas des hôpitaux et cetera, qui investissaient euh effectivement dans des groupes euh dans des soins qui délivrent des soins ambulatoires dans des secteurs comme le dentaire par exemple ou où toute une partie des soins ou des prothèses plus exactement des implants sont très mal couverts. Effectivement, ils ont été ils ont été en mesure d'offrir des meilleurs tarifs.

Par contre, tous ces acteurs financiers quand ils entrent dans ces secteurs, c'est qu'ils en attendent une rentabilité parfois à court au moyen terme, parfois à long terme. Et donc ça veut dire qu'ils anticipent qu'ils vont pouvoir réaliser des gains d'efficience et de productivité. Ils vont instaurer des processus qui sont plus efficaces.

Par exemple, les ilsalisent les processus. Exactement. Ils mettent en commun des ressources et ça leur permet de produire des soins moins chers.

La sécurité sociale ne bénéficie pas toujours de ce moins cher parce que effectivement quand il y a des tarifs qui sont elle a des artisans. Elle en face. Elle a des artisans, unalmo, un Oui, oui, oui, oui.

Elle a des artisans qui eux sont confrontés restent confrontés à des coûts de production qui sont plus élevés que ceux de ces centres. Donc ça pose une vraie une vraie question de de soutenabilité d'un modèle dans lequel on souhaiterait avoir les deux acteurs. Mais c'est surtout que elle elle paye toujours le même tarif et la complémentaire, elle paye toujours le même tarif et donc tous les gains d'efficience sont pour les financiers sont capturés par les groupes les groupes financiers.

Bernard Jier, pourquoi depuis quand sont-ils apparus ces ces centres lowcost avec derrière des fonds financiers ? Qu'est-ce qui a changé pour qu'on plusieurs facteurs ? D'abord, il y a il y a la pénurie de soignant en France avec des territoires qui sont retrouvés dépourvus et donc là, ils savent venir et proposer une offre.

Je pense par exemple au Buch du Rône où vous avez plus de 30 centres de soins non programmés qui ont ouvert en médecine générale parce que en médecine générale parce que ou en médecine avec des spécialistes, on va dire clinique par exemple ORL, Ofthalmo et cetera et puis pour bien d'autres raisons, ils sont particulièrement développés depuis le Covid. Non, mais est-ce que il y a eu on parle beaucoup de de 2009 qui les a rendu possibles avec la loi Bachelot, c'est avant c'était pas possible pour un financier de j'allais dire de s'improviser de créer de toute pièces un centre de soins. Alors, il profite d'un contexte législatif et réglementaire qui a des failles comme vous le soulignez la loi de 2009-2010 mais en fait ils ont pas explosé non plus à ce moment-là.

Au moment il a fallu un certain nombre d'années pour aussi que tout le monde constate que l'assurance maladie, elle payait facilement et tout. On parlait tout à l'heure de l'oftalmo et du dentaire. Il a fallu attendre 2022 ou 2023 pardon pour l'imprécision pour que soit voté la Katabi qui soumet ses centres à un agrément.

Avant vous ouvriez un centre dentaire ou sans avoir besoin quelque chose de si contrôlé que la médecine pour ouvrir l'un de ses centres. Il y avait pas besoin d'un agrément. si contrôlé que ça.

Contrairement à ce qu'on pense, le contrôle de la médecine, de l'exercice médical, c'est le contrôle du professionnel essentiellement qui doit avoir des diplômes, qui est soumis à une inscription au tableau de l'ordre et cetera et après vous ouvrez une structure sans difficulté et donc un défaut de contrôle. Et puis il y a il y a bien d'autres facteurs c'estàd qu'ils ont vu une rentabilité et là il y a quelque chose de culturel aussi, c'est qu'en France la médecine ne doit pas s'exercer comme un commerce. Donc il y a 30 ans, c'était vous ne pouviez même pas ouvrir un cabinet médical dans un centre commercial par exemple au côté d'autres commerces.

C'est interdit. Aujourd'hui, ces structures, sachant rendre les choses simples, lisibles, proposer bah voilà des rendez-vous rapidement, des prises en ligne, une forme de modernité aussi je dire qui fait que elles sont devenues attractives et donc les gens pour tout un ensemble de raisons sont allés et vont vers ces structures. Alors, sauf que ces centres de soins ont abouti à certaines dérives et à des certains scandales, je vous propose de voir le cas pratique de Christine qui a 70 ans comme nombre de Français.

Christine s'est tourné vers un centre de santé lowcaust pour ses dents et vous allez le voir dans ce reportage, l'histoire a tourné à la catastrophe. Pendant des années, Christine avait perdu le sourire. Cette ancienne technicienne [musique] de laboratoire médical a souffert de maladie parodontales qui provoquent le déchaussement puis la chute des dents.

Il y a 10 ans pour son passage à la retraite, elle souhaite [musique] s'offrir un tout nouveau sourire. Quand on a toujours été souriante [musique] et que on va vers la retraite, on se dit là, j'ai 10 belles années à vivre. Pour moi, c'était je vais solutionner ce problème de dents, ce problème de bouche et tout va bien se passer.

Ça va être formidable. Sa pathologie nécessite de se faire enlever toutes les dents pour les remplacer par des [musique] implants. Mais les devis des dentistes la font vite déchanter.

Les devis s'étalé entre 20000 € et 24500 €. J'ai vraiment trouvé que c'était excessif. L'école dentaire lui propose des soins moins chers mais ils doivent s'étaler sur plusieurs années.

Christine se tourne alors vers un cabinet low cost. Le troisème choix c'était d'exia qui faisait des prix plus abordables et qui avait prétendu que les soins seraient finis en 6 mois. J'ai fait des chèqus trois chèqus donc à encaisser tous les tous les mois et j'avais fait un petit crédit.

Donc voilà, les soins ne commencent chez Nantxia que quand l'intégralité du devis a été réglée. On paye d'avance en fait. Christine règle au total 12440 € mais dès la pause de ses implants, le cauchemar commence.

On m'a posé 12 implants le même jour. C'était une souffrance qu'on peut même pas décrire. Il y a eu des douleurs aigues, des douleurs animales, des douleurs que vous pensez pas pouvoir les surmonter.

Et cette séance de pause d'un plan, c'était vraiment vraiment très difficile. Vraiment très difficile. Je j'en tremblerai une qui pensait.

En 2016, Dantexia est placé en liquidation judiciaire alors [musique] que Christine n'a fait que la moitié de ses soins. Dantexia a laissé sur le carreau des milliers de personnes et mutilées. Un scandale sanitaire d'une telle ampleur que le ministère de la santé débloque un fond d'aide dont va bénéficier Christine pour reprendre ses soins.

à ce moment-là, il aurait fallu tout refaire, les soins, mais j'étais dans un état psychologique tel que pour moi, c'était impossible. Donc, on a fait ce qu'on avait, on a ôté les implants qui étaient déjà morts et on a on a fini le travail. Sauf que le travail mal fait, ça ressort toujours à un moment donné.

Donc là, j'ai déjà dû refaire l'amandibut et très prochainement, il faudra que je fasse Maxil haute. 10 ans plus tard, le procès d'Antexia n'a toujours pas eu lieu, laissant les victimes avec un grand sentiment d'injustice. Sourire, c'est un c'est pas un état de grâce, c'est un état normal.

Si on ne sourit pas, c'est qu'il y a quelque chose qui va pas. Je pense que tout le monde devrait pouvoir sourire toujours. Bernard Jaumier, on voit la souffrance quand même de cette dame qui un d'abord dit avoir souffert le martyre quand on lui a fait 12 implants le même jour et même deux psychologiquement ne pas pouvoir sourire euh elle en a beaucoup souffert.

Ah bah on comprend enfin c'est terrible. C'estàd que l'histoire de Dantexia, c'est l'histoire d'un escroc en fait qui a créé une chaîne de centre dentaire en utilisant la forme associative. C'est là où on voit que notre réglementation, elle est très faible.

Il a il a créé en fait des associations pour créer des centres dentaires. Bon, un but lucratif. Alors et après dans le fonctionnement, c'est très simple, il y a des objectifs de rentabilité. ce que disait madame Paris tout à l'heure, c'est-à-dire que il y a des objectifs financiers et donc il faut dégager de la marge.

C'est la logique du gain qui l'emporte sur la logique du soin. Et ça, j'allais dire on éétait pas prêt. C'estàd que notre système de santé, il a été construit à partir d'un secteur public.

On peut penser ce qu'il veut, mais qui applique une logique de soins avant tout. et un secteur privé qui était éclaté entre une forme d'artisanat puisque chaque professionnel de santé possédait son outil de travail, il était un peu trop seul. Donc il y a eu après des regroupements mais il possédait son outil de travail, il était indépendant et évidemment ce qui gagnait était important mais la logique de soins était contrôlée par un ensemble de règles.

Et là avec ces centres b on a des acteurs qui sont des acteurs financiers là un escroc en l'occurrence par ailleurs, mais des acteurs financiers pour lesquels le soin est une occasion de faire du gain. Valérie Paris, votre regard sur cette aventure, un escroc ou bien la dérive aboutie d'un système ou euh et le fait d'ailleurs que certains dentistes se sont prêtés à ce jeu. Elle elle a dénoncé euh le manque de sérieux de ces dentistes qui sont capables de vous infliger des douleurs parce qu'ils font le même jour 12 implants.

Non, c'est c'est une histoire euh absolument terrible. Euh je alors j'interprète tout ça comme le fait effectivement d'un escroc parce que même si les objectifs des investisseurs financiers sont de dégager un certain niveau de rentabilité, ils sont pas ils sont pas tous nécessairement versés dans le l'escroquerie et la fraude dire c'est que financiarisation ne rime pas forcément avec mauvaise avec soins dégradés. Non non non.

Alors, on a beaucoup de mal à dire des choses absolument concluantes sur le sujet parce que en réalité, en particulier quand il s'agit des soins ambulatoires, puisque c'est plutôt le le sujet de l'émission aujourd'hui, euh on on n pas beaucoup d'indicateurs de qualité en fin de compte, donc de qualité des soins comme on en a sur le secteur hospitalier. Donc finalement, c'est très compliqué en dehors des des d'accidents de cas catastrophiques. compliqué de repérer de repérer des choses qui relèvent vraiment de la mauvaise pratique.

Et puis si vous me permettez, euh on peut pas considérer que tout ce qui n'est pas financier, c'est-à-dire tout le reste du système de santé est est complètement toujours pertinent. sécurité, enfin je veux dire les accidents médicaux évitables. Ça existe aussi dans d'autres dans d'autres dans le secteur public, dans des secteurs qui sont pas financiarisés.

Faut c'est c'est pas blanc ou noir. C'est pas blanc ou noir. Et là on est vraiment dans l'escroquerie.

Enfin les pratiques qui sont décrites dans les rapports précis sur sur ce centre de soins, elles sont quasiment inacceptables dans même dans un contexte commercial. Donc il y avait un manque de contrôle. Ah il y a Oui, manifestement, il y avait un manque de contrôle, peut-être aussi un manque d'information des patients parce que c'est tellement choquant qu'on lui demande de tout payer à l'avance de de enfin je veux dire, vous avez ça vous est déjà arrivé vous qu'on vous demande de tout payer à l'avance dans le secteur de soi.

On est vulnérable he quand on a perdu ses dents Ah non non mais attendez je je Oui, c'est ça. C'est ça qui est qui est d'autant plus scandaleux. les je parlais tout à l'heure des dentistes qui se sont prêtés à ce jeu.

Ils auraient pu il y a une déontologie quand on exerce dans le métier de la santé, non ? Oui, bien sûr. Mais le le contexte le contexte de la financiérisation, c'est quand même, je suis d'accord, tout n'est pas blanc ou noir bien sûr, mais euh il y a à la racine la volonté de dégager des marges.

Comment voulez-vous faire de la pertinence des soins quand vous avez des objectifs financiers, on fait du volum et que vous intéressez le professionnel de santé à la réalisation du bénéfice financier, là bah le risque il est élevé et très vite il y a une dérive. C'est ça le problème, c'est que à la racine avec les acteurs financiers, il y a un changement de logique dans notre organisation du système de santé. Et donc ils peuvent être ils pourraient être présents, ils le sont par exemple dans l'hospitalisation privée très majoritairement maintenant, mais c'est beaucoup mieux encadré dans l'hospitalisation privée que ça ne l'î dans l'ambulatoire.

Valérie Paris Bernard Jaumier disait tout à l'heure le secteur privé est allé dans le secteur dentaire et dans l'ophtalmologie parce que il a vu qu'il y avait un manque je vous livre cette statistique terrible he proportion d'adultes ayant des dents manquantes non remplacées de 21 à 43 % selon les catégories socio-professionnelles. On a coutume de dire qu'en France la santé est gratuite. Autre statistique 58 % des renoncements aux soins dentaires sont motivés par un motif financier.

Qu'est-ce qui se passe dans ce secteur dentaire ? pour que des margoulins puissent ainsi investir ce champ. Ben qu'est-ce qui se passe ?

Qu'est-ce qui se passe ? C'est pas c'est pas très très bien couvert et c'est mieux couvert en France, figurez-vous que dans de nombreux pays de l'OCDE où pour les adultes la santé dentaire est très très mal prise en charge. Alors je suis pas en train de dire que la situation est idéale parce que c'est un problème effectivement que que les les citoyens aient pas accès aux soins dentaires pour des raisons financières.

Est-ce qu'on pourrait faire des soins dentaires moins chers ? Je pense que c'est des questions légitimes là. La la l'assurance maladie se pose la question en permanence.

Est-ce qu'on pourrait faire moins cher avec des d'autres modes d'organisation ? Bernard Jaumier, en 2019, on a eu le le panier 100 % santé, c'est-à-dire qu'il y a un panier de soin pour le dentaire qui est intégralement remboursé. Est-ce que ça a changé euh quelque chose d'ailleurs dans l'accès aux soins pour les Alors ?

Oui, clairement. Mais ça aussi a cru certaines dérives parce que on disait que ces centres s'implantent là où il y a pas d'offre mais des fois ils s'implant là où il y a beaucoup d'offres aussi. Je pense par exemple au département la scène Saint-Ni où vous avez une multiplication des centres qui s'adresse à une population qui bénéficie soit de la CSS, l'ancienne CMU, c'est-à-dire de soins gratuits, soit de l'aide médicale, état, peu importe.

Et donc les personnes qui sont visées par ces centreslà ne payent rien. Simplement on donne la carte vitale ou le numéro et elle facture directement à l'assurance maladie. Et c'est comme ça que l'assurance maladie a par exemple, ça a été un des cas les plus extrêmes, constater une facture de plus de 1000 € pour un détartrageement c'est c'est quelques dizaines d'euros.

Alors comment c'est possible ça ? enyé parce que parce que l'absence de passage du circuit de paiement par le patient absence totale Ah ouais fait que bah ils font ce qu'ils veulent et donc il ils avent inventé soins fictif alors il ils multiplient les actes et ils inventent des soins fictifs et ça n'est pas un phénomène marginal c'est une dérive qui n'est pas majoritaire mais c'est une dérive qui est relativement fréquente et qui amène depuis que qui a amené à changer la loi pour soumettre ces ces centres à un agrément il y a quelques années et qui amène l'assurance maladie à multiplier les contrôles. Alors, comment se reconstruire quand on a été victime de ce qu'a vécu Christine ?

Je vous propose de revoir Christine qui a réussi à transformer son calvaire en un combat collectif pour venir en aide aux autres victimes. Et vous allez, on va la voir au Sénat. Je vous propose de voir la deuxième partie de ce reportage.

Dès 2016, les victimes de Dantexia se sont regroupées en un collectif lancé par Abdel. Avec Christine, [musique] ils ont fondé l'association La Dent Bleu, la première destinée aux usagers du secteur dentaire. au rapport d'expertise médico-judiciaire disant qu'effectivement ça n'a pas été fait dans les règles de l'art qu'il y a bien eu mutilation une manière de sortir collectivement de leur statut de victime.

Je pense qu'on se comprend en tant que victime lourde. On a pas besoin de se parler pour se comprendre déjà. C'est ça.

Moi, j'ai pas bien envie d'être considéré comme une victime. Moi, j'aime mieux être considéré comme quelqu'un qui veut se battre et qui veut s'en sortir. Ensemble, ils ont obtenu une aide pour le retour aux soins des victimes et ils poursuivent leur mobilisation pour qu'il y ait un procès [musique] de d'Antexia.

En 7 ans, ils ont élargi leur combat en soutenant des victimes d'autres centres dentaires. On s'estime faire partie d'une génération sacrifier. On sait qu'on pourra pas guérir.

Il y a cette promesse, l'horizon de la guérison en matière dentaire est complètement spécieux. Il existe pas quand on a des cas qui sont très lourds comme tous les trois. Et cette guérison, on peut pas courir après.

En revanche, on peut essayer par notre expérience de nourrir bah le panier d'idée qui est celui de de la démocratie sanitaire. Aujourd'hui, Abdel, Christine et Vesna sont invités au Sénat par le Comidan, l'association professionnelle des fabricants de produits dentaires. La dent bleue est désormais un interlocuteur crédible pour parler de sécurité bucodentaire.

Est-ce qu'on pourrait pas imaginer Néo une sorte d'innovation qui au service de la prévention ? Les patients doivent être informés et j'ai pas le sentiment que les informations soient systématiquement délivrées avant la pause au patients et notamment sur le lieu de provenance. Tout ce qui prime le soin avant le gain, c'est la sécurité avant tout le reste pour que la santé de la population puisse se maintenir dans la durée.

Leur plus belle victoire reste leur contribution à la loi votée en 2023 qui vise à améliorer l'encadrement des centres de santé. Être dans les haut lieux de la République, ça me fait penser que peut-être j'ai pas travaillé pour rien. C'est une reconnaissance.

Ça me touche énormément. On a parfois l'impression de de pédaler dans le vide et parfois on a des avancées et c'est ce qui nous stimule pour continuer. Donc Bernard Jaomier, on voit comment par l'action he Christine a réussi à rebondir après son calvaire.

Je pense que elle est pas prête de retomber dans l'un de ses centres. Quel comment les repérez-vous ? Est-ce que vous vous est-ce que vous vous avez des conseils à nous donner pour dire tiens, tu vois tel centre, je te je ne te conseillerai pas d'y aller.

Oui. Bah d'abord méfiez-vous d'un centre, vous avez un rendez-vous absolument immédiatement. Il peut y avoir un trou, mais enfin en général, c'est pas très bon si méfiez-vous d'un centre où il y a pas de clarté des tarifs affichés.

Méfiez-vous d'un centre où vous ne savez pas avec qui vous avez rendez-vous. Euh voilà, mais chez vous sens pas de médecin identifié qui va vous prendre en charge. Vous savez, c'est quand vous allez chez un dentiste ou regrouper dans un cabinet de groupe, mais vous savez à qui vous parlez, vous avez le même interlocuteur, il est installé dans le quartier depuis 1 an, 10 ans, 20 ans, vous pouvez le retrouver facilement.

Dans ces centres, il y a une rotation parce que les professionnels de santé même, ils viennent et puis au bout d'un moment, ils s'en vont, ils partent. Et donc vous vous avez une perte de la transparence et des repères traditionnels qui auquel est substitué des messages attractif commercialement sans rendez-vous, on paye pas et cetera et cetera et ça bah voilà pris isolément ces facteurs sont tout à fait possibles. On peut ne pas payer être en ti payant c'est pas un problème.

On peut avoir un rendez-vous rapidement c'est pas un problème. On peut avoir mais quand vous avez cette accumulation là, dites-vous que la qualité des soins est pas forcément ce qui va prédominer. Moi je je trouve ça désastreux mais je Elle pas dans dans le vide cette dame.

Elle pas dans le vide puisque la loi a changé déjà et queon travaille avec des experts comme scandale don vous parliez tout à l'heure ce serait plus possible aujourd'hui mais ce sera toujours possible parce que c'était un escroc. Donc on est là, on est dans la dérive ultime mais le cœur de la financiarisation c'est pas ça, c'est pas des escrocs. Le cœur de la financiérisation c'est des gens.

On consacre 270 milliards à la santé dans l'assurance maladie, dans la sécurité sociale. Et ben c'est des gens qui veulent une part de cet argent et la part qui prennent au lieu d'être réinjecté dans le système de santé, au lieu de servir à payer les professionnels de santé, elle va générer de la plusvalue ou du dividende. Même si vous le disiez tout à l'heure, Valérie Paris investisseur privé ne rime pas forcément avec mauvaise qualité.

Le ben c'est le principe des cliniques, hein, tout simplement. Vous avez des exemples comme ça peut-être ? Oui, mais il y a les cliniques, on parle souvent de la biologie encore que ça soit pas que des acteurs financiers, mais la consolidation, la la concentration dans le secteur de la biologie a permis de d'avoir une une meilleure qualité, enfin de de monter en niveau en terme de de qualité des prestations.

Enfin, c'est ce qu'on dit, c'est c'est ce qu'on reconnaît en général. Donc, vous nous parliez tout à l'heure des de des systèmes associatifs municipaux, c'est vertueux ça ? C'est ça ça répond à une offre de à une demande de soin mais parce que ce sont des acteurs d'intérêt général.

Une municipalité, elle cherche pas à prendre une part de l'argent queon consacre à la santé dans notre pays. Elle cherche si si un maire, un conseiller municipal veut créer un centre de santé, c'est pour améliorer la santé de sa population. les associations mais attention la forme associative je l'ai dit dans Texia c'était une forme associative peut être détournée mais les associations d'intérêt général les mutuel n'oublions pas que les mutuels ont inventé le tir payant en France n'oublions pas que les mutuels existaient avant la sécurité sociale donc elles sont par une volonté d'améliorer l'accès aux soins de leur de leurs quotisans.

Donc il faut il faut faut les mettre dans un cadre hein. Vous nous disiez les Oui Valérie Paris les contrôles ont été renforcés quand même. ce que vous nous disiez quel pédalogie.

Oui. Et je pense que tous les rapports vont dans le même sens, c'est-à-dire des recommandations pour que il y ait plus de transparence sur les montages financiers, plus de transparence sur la gouvernance à l'intérieur la gouvernance à l'intérieur des groupes pour s'assurer qu'il y a plus d'indépendance d'autonomie des professionnels quand même pour privilégier soit pas le financier qui dirige mais le professionnel de santé. Voilà. en tout cas sur la pertinence des soins et et ce qu'on doit produire comme type de service.

Donc ça a plus de contrôle aussi. On peut on a des systèmes d'information quand même aujourd'hui si on s'en donne la peine qui permettent aussi de monitorer de surveiller ce qui se passe en temps réel. L'assurance maladie a fait beaucoup de progrès sur la fraude mais elle peut elle peut faire des progrès sur d'autres types de monitoring.

Encore faut-il qu'il y ait des indicateurs de qualité qui permettent de le faire et qui soient définis. Euh, on peut améliorer. Encore faut-il donner aux administrations publiques dont on attend tous ces contrôles, les moyens dont elles ont besoin parce que je sais que la tendance est plutôt à la à la réduction de on peut pas demander de plus en plus de choses aux ARS, à la HAS et cetera et puis en même temps attendre de demander des économies, des réductions, des moyens et cetera parce que ça demande de l'expertise de d'observer ces montages financiers.

C'était un des un des une des choses que l'ordre nous a dit quand on les a interrogé, c'est que oui, ça ça demande de l'expertise. Merci beaucoup en tous les cas de nous avoir éclairé sur cette montée en puissance des de ces centres dit lowcost et on a bien compris qu'il fallait les encadrer. Je rappelle l'association de Christine qui a été victime donc de l'escroquerie d'Antexia qui s'appelle la dent bleue.

Si vous voyez un centre dentaire et si vous voulez avoir des informations dessus, il y a l'annuaire de la sécurité sociale qui s'appelle à trouver sur le site Amélie. Et puis avant de nous quitter, j'en profite pour signaler que le 4 février prochain, à l'occasion de la journée mondiale de la lutte contre le cancer sera remis le prix Gustave Roussi. Prix qui récompense un chercheur ou une chercheuse dont les découvertes scientifiques ont un impact majeur sur la prise en charge des patients atteints de cancer.

Bien sûr, on reviendra sur ce prix. Pour l'heure, la santé ça va, c'est terminé. Merci de nous avoir suivi.

L'émission est à retrouver sur la plateforme publicsena.fr et à bientôt pour un prochain numéro. [musique]