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videoyoutube.com· 9 juillet 2026

CNEWS : "La liberté d'expression est le fondement de notre démocratie", rappelle Sabrina Roubache

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

7h, 9h, Europe 1 Matin. Tout de suite sur Europe 1, Sabrina Agresti-Roubache. Bonjour Romain Desarbres.

Merci d'être avec nous ce matin sur CNews et sur Europe 1. Grande interview, on est 15 minutes ensemble et on va balayer toute l'actualité. Vous êtes secrétaire d'État à la citoyenneté et à la ville.

Je voulais tout d'abord vous entendre sur la décision du Conseil d'État qui a été saisie par Reporters sans frontières, qui est censée défendre la liberté d'expression dans le monde et qui demande que soient contrôlées et comptabilisées les opinions politiques des animateurs de la chaîne CNews, de notre chaîne, de cette chaîne, les opinions des journalistes, des invités, comme s'il s'agissait d'hommes et de femmes politiques. Comment est-ce que vous jugez cette décision ? Alors écoutez, moi j'ai une position assez simple en réalité sur ce sujet.

Déjà rappelez peut-être aux téléspectateurs et aux auditeurs que l'ARCOM est une instance indépendante et apolitique et le Conseil d'État est là pour juger le droit. Donc dans une position, et je ne suis pas de celles et ceux qui se contredisent, j'ai toujours affirmé des positions très simples, liberté de la presse absolue, liberté d'expression absolue, on a le droit de penser ce que l'on veut dans le cadre de la loi. Donc je vais laisser le Conseil d'État s'exprimer, faire son travail de Conseil d'État.

Donc vous savez, je l'avais dit notamment sur d'autres textes de loi, pardon, dur à l'ex, c'est de l'ex. La loi est dure mais c'est la loi. Donc le Conseil d'État a été saisi, l'ARCOM est une instance indépendante, apolitique et je pense que ce n'est pas aux politiques de dire ce qu'il est bon ou pas d'entendre ou pas à la télé.

Nous avons des instances vraiment qui savent faire ça, l'ARCOM sait faire ça parfaitement. Et le Conseil d'État est saisi, bon là notamment par Reporters sans frontières, c'est qu'ils ont dû juger que peut-être il y avait un problème de droit ou un problème de représentation d'opinion politique, peut-être plus pluriel, peut-être pas assez pluriel pour eux. Donc honnêtement, je les laisse faire leur travail très tranquillement sans venir encore une fois perturber un débat qui me semble est assez glissant.

Je crois que là il faut prendre un peu de distance et les laisser justement faire ce qu'ils savent faire, regarder le droit et en fonction de ce qu'ils diront, on pourra après commenter ou peut-être agir d'un côté comme de l'autre. Et le fond de ce débat touche à la liberté d'expression et à la liberté de la presse. Liberté qui est écrite sur tous les frontons des mairies de France.

J'y tiens énormément. Et nous donc, comment est-ce que vous comprenez le fait que cette décision de Reporters sans frontières de s'attaquer à CNews ne concerne que CNews ? Écoutez, moi je pense que Reporters sans frontières, juste pour rappeler, Reporters sans frontières, c'est une grande association de journalistes qui défendent la liberté d'expression au niveau mondial.

Je rappelle quand même qu'à chaque fois qu'il y a un sujet, on fait quoi ? On muselle la presse. Donc Reporters sans frontières est dans son rôle.

Selon moi, là je donne vraiment ma position, est dans son rôle. Elle saisit le Conseil d'État qui lui-même va saisir l'ARCOM. Donc encore une fois, je ne suis pas Reporters sans frontières, je suis la ministre en charge de la citoyenneté et de la ville.

Et je répète, et des fois je n'aurais pas été assez claire, la liberté d'expression c'est quand même le fondement de notre démocratie. La liberté d'expression c'est le fondement de notre démocratie et de notre magnifique pays qu'est la France. Hommage national à Robert Badinter.

Aujourd'hui vous allez y assister. Robert Badinter qui a marqué le pays évidemment. Qu'est-ce que vous en retenez de Robert Badinter ?

J'en retiens que c'est l'homme et le ministre, le garde des Sceaux de l'abolition de la peine de mort et de la dépénalisation de l'homosexualité. Voilà ce que je retiens. Un grand homme d'État, avec une sagesse immense, un grand humaniste.

J'en retiens qu'il va beaucoup nous manquer, que sa pensée nous manque. Il a été l'architecte de l'abolition de la peine de mort en France. Et Dieu sait si à l'époque ça avait été, rappelez-vous, on regardait, on parlait de l'INA juste avant, à quel point les débats ont été violents.

Vous voyez, pour changer une société, pour changer un point de vue dans une société, parfois il faut passer par quelques combats très courageux et il l'a fait et encore une fois il va beaucoup manquer à la France. Est-ce que c'est un acquis fragile l'abolition de la peine de mort en France ? Est-ce qu'il faut encore convaincre les Français ou pas ?

Non, moi je ne crois pas. Moi j'y suis extrêmement attachée, extrêmement attachée. Y toucher, ne serait-ce que penser y toucher, c'est revenir 40 ans, voire 50 ans en arrière.

Et ça, pour moi, ce n'est pas concevable. La famille de Robert Badinter a souhaité que ni le Rassemblement national, ni la France insoumise ne soient représentés à cet hommage. C'est le droit le plus strict de la famille de Robert Badinter.

Marine Le Pen a fait savoir qu'elle respecterait cette volonté. Décision de décence. Décision de décence, la famille ne veut pas qu'on soit là, on ne sera pas là.

C'est le minimum. Mais la France insoumise aura deux représentants. Elle ne suit pas ce qu'a dit la famille de Robert Badinter.

Comment est-ce que vous jugez l'attitude de la France insoumise ? Je parlais de décence. Vous savez, là, on parle au-delà de l'immense homme politique qu'a été Robert Badinter, on vient d'en parler.

Il faut respecter le souhait de la famille. Vous savez, dans un dernier moment, dans un décès, s'il y a bien quelque chose qu'il faut faire, c'est écouter le souhait de la famille. Donc, c'est un manque de décence absolu.

La délinquance, on va en parler. Vous avez décidé de lancer un grand Beauvau de la délinquance sur le modèle du Grenelle, comme les Grenelles. Mais voilà, Grenelle, c'est la rue de Grenelle pour le ministère des Affaires Sociales et l'Éducation.

Et puis, le Beauvau, c'est la place Beauvau, donc c'est le ministère de l'Intérieur. Beauvau de la délinquance, c'est un sujet qui préoccupe énormément de Français. Absolument.

C'est un euphémisme. Les chiffres de la délinquance sont très mauvais. Concrètement, quelle va être votre méthode ?

Alors, j'ai une méthode à ce système. En quoi elle va être nouvelle ? Qu'est-ce qui va faire que ça va fonctionner avec vous et que ça ne va pas fonctionner avec les autres ?

J'espère, je l'espère. Alors, pourquoi ? Parce que j'ai une méthode tout à fait simple.

Alors, déjà, juste pour reposer les bases. Dans mon portefeuille de la citoyenneté, puisque souvent on me pose la question, j'ai l'accueil des réfugiés, j'ai les demandeurs d'asile, j'ai la naturalisation, j'ai la laïcité, donc j'ai la prévention de la délinquance et la lutte contre la radicalisation. Donc, ça fait beaucoup, beaucoup de sujets dans ce sujet citoyenneté.

J'ai demandé et je vais le faire. Et ça fait partie quand même de la feuille de route que m'a fixée le Premier ministre, Gabriel Attal, et le Président de la République, de dire, on va rénover la stratégie de la délinquance. Comment ?

Donc, j'ai demandé à 25 préfectures, donc à 25 préfets, de consulter localement les élus locaux, les associations, les habitants. Je le redisais, je veux que les mesures de bon sens, je l'ai répété sur un plateau lundi, soient mises en haut de la pile. Et pourquoi ?

Parce que je ne veux plus, je ne le ferai pas, de décisions qui viennent de Paris et qui sont complètement déconnectées de la réalité de nos territoires. Je le répète encore, Marseille, ce n'est pas Paris, Paris, ce n'est pas Metz, Metz, ce n'est pas Lyon, et Lyon, ce n'est pas Brest. Donc, je pense que faire quelque chose dans la concertation avec les élus locaux, qui sont eux, tous les jours, au contact de nos concitoyens, mais comme moi, je suis une fille de terrain, je le disais, je ne connais que la vraie vie.

Et c'est que la vraie vie qui m'a...

Alors, comment est-ce qu'on peut changer la vraie vie des gens ? C'est en s'y intéressant et c'est en les consultant. Donc, ce Beauvau de la délinquance, donc la prévention de la délinquance, ça va être des mesures qui vont remonter, et j'en donne quelques-unes.

Par rapport à nos jeunes, le Premier ministre l'avait rappelé, tu salis, tu nettoies, tu casses, tu répares, tu défies l'autorité, on t'explique comment respecter l'autorité. Donc, c'est en réalité...

Il avait parlé des travaux d'intérêt éducatif et d'intérêt général pour les parents qui seraient défaillants. Encore une fois, je défends à chaque fois les familles monoparentales qui ne peuvent pas exercer l'autorité sur leurs enfants et qui, justement, n'arrivent plus à cadrer leurs adolescents. Parce que là, vraiment, on parle...

Une mère seule avec des enfants. Une personne seule avec des enfants. Une personne seule avec des enfants.

C'est beaucoup plus...

Souvent la mère. C'est souvent la mère. Non, dans la très, très grande majorité, la mère, bien sûr.

Bien sûr. C'est souvent les femmes qui portent ça. Et le père est où dans ces cas-là, d'ailleurs ?

On ne peut pas demander la responsabilité du père. Parce que même si les enfants vivent avec la mère, le père, on le connaît souvent. Le garde des Sceaux l'avait dit dans le poste émeute.

Qu'est-ce qu'avait dit Éric Dupond-Morritu dans le poste émeute ? Notre garde des Sceaux avait dit une chose simple. Ce sont les deux parents.

Même si le parent ne vit pas avec l'enfant et qu'il ne s'en occupe pas au niveau de la loi, il est responsable. Enfin, on parle de responsabilité parentale. Et sur ces mesures, moi, je compte vraiment mettre le paquet sur la prévention, notamment sur les conduites addictives.

Parce que je l'avais dit sur la lutte contre le trafic de drogue. Pas de consommateurs, pas de dealers. Regardez ce qui se passe dans les tribunaux à Marseille, par exemple, qui maintenant fait comparaître des consommateurs.

Le président de la République avait demandé quelque chose. Le paiement de l'amende forfaitaire délictuelle directement sur ceux qui sont sanctionnés et qu'on contrôle avec une détention de drogue. C'est une mesure, alors vous allez dire, c'est à la marge.

Non, c'est important de responsabiliser. Important sur la prévention. Important sur la prévention de la consommation, je parle.

Moi, j'appartiens encore une fois, j'ai 47 ans, à une génération qui a eu affaire à de la prévention. On va être très concret. Tu casses, tu répares.

Très bien. Comment ça se passe ? Alors, tu casses, tu répares, c'est de ramener...

Ce sont des beaux mots. Vous entendez la type de musique qui commence à arriver ? Il y a eu l'effet waouh de la nomination de Gabriel Attal.

Maintenant, les Français réclament du concret. Absolument. Tu casses, tu répares.

Comment ça se passe ? Un gamin de 14 ans qui va casser un abribus, comment est-ce qu'il répare ? La responsabilité civile des parents.

Voilà, je vous réponds. Avec l'assurance-habilitation. Écoutez, à l'école, quand un enfant casse les lunettes du copain...

On sollicite l'assureur. Absolument. Et donc maintenant, je pense qu'il faut aller vraiment sur cette voie-là, parce qu'on ne peut plus laisser des parents avoir des enfants qui saccagent tout sans les mettre devant leur responsabilité.

Je l'avais dit pour les parents. Tu es responsable de ce que tu fabriques. Quand on fait des enfants, on en est responsable.

Sauf dans des cas où, effectivement, les problèmes sociaux, les problèmes psychiatriques, les problèmes, on va dire, psychologiques, peuvent empêcher un parent ou des parents d'exercer leur autorité complètement sur les enfants. Et moi, dans tout ça, je dis quoi ? Il faut poser des cadres.

Maintenant, voilà, n'ayons pas peur des mots. Les jeunes, les adolescents, les réseaux sociaux ont complètement bouleversé leur perception du monde. Regardez ce qui s'est passé pendant les émeutes urbaines de l'année dernière.

Enfin, moi, je suis quelqu'un de tout à fait de pragmatique. Je suis moi-même maman d'une adolescente. Donc, les responsables des enfants, ce sont les parents.

La première autorité que les enfants doivent avoir, c'est les parents. Ça ne doit pas être la police. Vous m'étonnez qu'après, le lien soit un peu distendu.

Secrétaire d'État à la citoyenneté et à la ville. La ville, sur les quartiers prioritaires. Le constat, tout le monde le fait.

En fait, ce qui est compliqué maintenant à mettre en place, et vous allez être jugé, vous et tout le gouvernement, sur la réalisation de ces déclarations de volonté. Regardez, j'ai annoncé des mesures fortes. La responsabilité civile des parents.

Tu casses sur les parts, ça veut dire ça. Tu salis, tu nettoies. À un moment donné, si un enfant, un adolescent salit quelque chose, quand je dis salit, ça veut dire dégrade.

Dégrade, on va utiliser les mots, c'est dégrade. Dégrade, il doit être responsable. On ne peut plus accepter une société où tout le monde a laissé tomber.

Et je parlais aussi la dernière fois, pas de la démission des parents. Et je le dis à chaque fois, Alain Boer avait dit quelque chose de très juste. On a licencié les parents.

On a expliqué peut-être pendant trop longtemps que finalement, ils n'étaient pas responsables de leurs enfants. Ils sont responsables de leurs enfants. Et poser un cadre à un adolescent, c'est lui rendre service.

Sabrina Agri-Séroubache, dernière question sur la délinquance à proprement parler. Les courtes peines, dès le premier acte de délinquance, pour ou contre ? Non, moi, par rapport aux enfants, parce qu'un adolescent, ça reste un enfant.

Je pense que les travaux, ce qu'a annoncé le Premier ministre, est une excellente mesure. Au-delà de 16 ans. Au-delà de 16 ans, je pense que je laisse la justice, encore une fois, faire trier le bon grain de livret.

Moi, je ne suis pas magistrat. Moi, je suis ministre. Ce n'est pas exactement la même chose.

Donc, l'indépendance de la justice doit absolument être exercée, comme au Parlement, la séparation des pouvoirs entre l'exécutif et le législatif. Je laisse les magistrats faire leur travail. Dès le premier acte de délinquance, avoir une peine réelle, une véritable sanction, est-ce que ce n'est pas la solution pour éviter la récidive des 16 ans ?

Est-ce que ce n'est pas rendre service ? Ce qui peut être aussi la solution, c'est la prévention. Encore une fois, moi, le but, la prévention de la délinquance, c'est quoi ?

C'est essayer d'empêcher la commission de l'acte. Voilà. Là où je veux amplifier, c'est là.

Et permettez-moi juste de rappeler quelque chose. Travaillez beaucoup aussi sur la santé mentale de nos jeunes. Si on a quelque chose à faire et si on leur doit quelque chose, c'est ça.

Sabrina Agresti-Roubache, la loi contre les dérives sectaires, elle est à l'Assemblée, elle va être votée. Qu'est-ce que ça va changer ? Alors, qu'est-ce que ça va changer ?

Ça va changer beaucoup de choses. Hier, l'article 4, par exemple, dans l'hémicycle n'a pas été voté. Donc, je vais tout à l'heure discuter avec la majorité comment en réintroduire.

Juste pour rappeler l'article 4, c'est l'abandon de soins. Donc, la provocation à l'abandon de soins. Par exemple, quelqu'un est malade d'un cancer et vous avez un gourou 2.0 qui explique qu'il faut abandonner sa chimiothérapie.

Et en mangeant de la soupe, il sera sauvé. Et en mangeant de la soupe, il sera sauvé. Vous savez que 25% des dérives sectaires concernent la santé.

Moi, je ne fais pas un texte pour me faire plaisir. Je fais un texte pour pouvoir agir sur la vie des gens et pour pouvoir aider, justement, toutes ces familles qui sont victimes de dérives sectaires. Et je rappelle juste un chiffre entre 2015 et maintenant, donc 2024, 86% de plus de signalement sur le site de la Mivilude, la plateforme de la Mivilude.

Donc, je dis, nous avons un vrai sujet. L'article 1 a été voté. L'article 2, pareil, sur les circonstances aggravantes a été voté.

Donc, voilà, cette loi, je vais la défendre avec beaucoup de courage, avec la majorité et avec aussi le groupe socialiste qui soutient cette loi. Avec les écologistes, on va essayer de réécrire ensemble cet article 4 pour qu'il puisse passer tout à l'heure dans l'hémicycle. Un dernier mot, la grève à la SNCF.

Ce week-end, les syndicats de la SNCF qui réclament des augmentations de salaires, est-ce que vous la comprenez ou est-ce que vous êtes choquée ? Non, je suis, comment dire, le droit de grève est absolument fondamental dans notre pays, donc je ne vais pas remettre en cause le droit de grève. Ce n'est pas ma question.

Ce que je dis, c'est que ceux qui subissent, en tout cas, ces grèves, posez-leur la question. La dernière fois, vous, comme d'autres chaînes de télé, on fait un micro-trottoir qui était passionnant, où on voyait les gens qui disaient...

Mais c'est pas...

On comprend le droit de grève, mais nous, dans notre quotidien, surtout sur un week-end de vacances, c'est très compliqué. Moi, j'appelle quand même à une grande mesure...

C'est votre point de vue ? Non, à une mesure quand même d'équilibre, ouais. Je pense quand même qu'il faut penser un petit peu aux autres, aux usagers de la SNCF, mais je laisse le président Farandou gérer ce problème.

Merci beaucoup. C'était la grande interview de Sabrina Agresti-Roubach, secrétaire d'État à la citoyenneté et à la ville. Merci à vous d'être venus sur CNews et sur Europe.

Bonne journée, à bientôt. Merci.