Début de campagne : les clés pour comprendre - Reportage #cdanslair 17.06.2024
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Un ancien président, des prétendants pour 2027, un premier ministre en sursis ou le dynamiteur de la droite. Tous sont entrés en campagne avec plus ou moins de ferveur. Premier déplacement pour Éric Ciotti dans les rues de Nice ce week-end pour continuer de justifier son choix contesté d'alliance avec le RN.
J'ai voulu ouvrir une voie nouvelle. Le vrai LR, celui qui vient du RPR, celui auquel j'ai adhéré à 16 ans, ne disparaîtra pas. Et ces valeurs, nous les porterons.
Sous l'intitulé « À droite, les amis d'Éric Ciotti », le toujours président des LR a investi 62 candidats, dont seulement deux députés sortants, lui compris. Les autres figures, le président des jeunes LR investis dans le Tarn, ou encore Jacques Millard, soutien notoire de Vladimir Poutine, candidats dans les Yvelines. Des débauchages sans doute plus maigres qu'espérés. Au RN, on veut croire que la base LR suivra.
J'ai vu dans un sondage élab que 63% des sympathisants LR approuvaient cette union avec le RN, cette alliance en tout cas, parce qu'il ne s'agit pas de perdre chacun notre identité respectée.
Côté LR Canal Historique, 400 candidats sont investis par le parti, dont le revenant Laurent Wauquiez, fâché contre son ancien ami.
Je ne pense pas que le saut dans l'inconnu avec le RN soit la solution. Je veux me battre pour reconstruire la parole d'une droite républicaine, qui soit claire, solide sur ses valeurs.
Par endroits, LR a tout de même passé des accords avec le parti présidentiel pour s'éviter des face-à-face. Mais la droite défiera bien Gabriel Attal dans les Hauts-de-Seine. Le Premier ministre qui écume les plateaux, dénonçant pour la majorité...
Les extrêmes, qui serait une catastrophe d'abord en termes de climat social dans le pays, parce que c'est la division à tous les étages, le conflit à tous les étages. Mais une catastrophe aussi pour l'économie et pour l'emploi.
Mais à bien y regarder, le camp présidentiel ne présente aucun candidat dans plus de 60 circonscriptions. Personne contre l'élu LR Philippe Juvain par exemple, ou bien à gauche, dans les circonscriptions de François Hollande ou Olivier Faure. Un choix présenté comme celui de la lucidité.
Ce n'est pas du tout renoncer à gagner, c'est au contraire se donner les chances, dans une circonscription, de ne pas laisser aux Françaises et aux Français le choix entre le RN et LFI.
À gauche, pas d'impasse ou presque. L'Alliance Nouveau Front Populaire a investi des candidats dans 546 circonscriptions. 229 pour la France Insoumise, 175 pour le Parti Socialiste, 92 pour les écologistes et 50 pour le Parti Communiste. Mais déjà, LFI agace ses alliés en écartant certains frondeurs ou en investissant des candidats comme le militant Raphaël Arnaud qui avait justifié les attaques du 7 octobre par le Hamas.
Vous savez, dans une coalition électorale, chaque composante politique choisit librement ses candidats. Et il peut y avoir par exemple des candidats qui sont choisis par le Parti Socialiste et qui n'ont pas comme ça ma préférence. Néanmoins, je ne vais pas commencer à les contester puisque c'est le principe de cette coalition électorale. Et donc j'attends de mes partenaires qui fassent la même chose que moi.
Parmi les surprises du week-end, la candidature sous la bannière Front Populaire de François Hollande en Corrèze. Retour de l'ancien président, durement jugé par son prédécesseur.
Quand le pouvoir est à portée de main, la gauche se rassemble. Sans même avoir un mot pour dénoncer le retournement de veste de François Hollande, un homme qui décidément a bien peu de convictions. Les Français ne sont pas dupes et ils sanctionneront ses comportements.
L'engouement des électeurs semble en tout cas à la hausse. Le nombre de procurations déjà déposées est six fois plus élevé qu'en 2022.
Laurent Wauquiez