MALTRAITANCE, DÉSESPOIR ET CADENCES INFERNALES : LES SOIGNANTS N’EN PEUVENT PLUS
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] la nation soutiendra ces enfants qui personnel soignant en ville à l'hôpital se trouvent en première ligne dans un combat qui va leur demander énergie détermination solidarité nous leur devons évidemment les moyens la protection nous serons là il est bien loin le temps de la crise sanitaire du covid où les soignants étaient applaudis chaque soir aux fenêtres des Français pire face à l'inflation d'important déficit au manque de lit et au sous-effectif c'est une véritable crise que connaît l'hôpital public depuis maintenant des années sans espoir d'amélioration pour les professionnels de santé ils sont sortis des hôpitaux pour dire leur rbol dans toute la France ce que veulent ces soignants ce sont des hausses de salaires l'arrêt des fermetures de lit mais aussi des moyens et des postes pour l'hôpital public les CIV par les vagues successives de covid-19 nous avons pris une décision historique pendant la crise à la fois d'investissement plus de 19 milliards d'euros dans nos hôpitaux et d'investissement dans les salaires on va s'offrir un petit tour de France le ch8 Strasbourg a été obligé de déployer une unité sanitaire devant ses urgences à Bordeaux on a plus la capacité de décrocher au centre 15 avec le personnel dans le Var c'est un service d'urgence sur deux qui ferme Doren avant la nuit et vous savez que la population du Var est nombreuse donc voilà un petit tour de Fance très très vite fait pour vous dire que et bien non rien n' Chang à l'hôpital aujourd'hui les conditions de travail sont exécrables on manque de médecin on manque de soignants on nous demande de faire des heures supplémentaires sans arrêt il faut que ce gouvernement comprenne qu'on ne les lâchera pas et ce n'est pas l'annonce de gabrielal d'un investissement pour l'hôpital public de 32 milliards supplémentairirees sur les 5 ans à venir qui va venir les rassurer bien au contraire puisque beaucoup ont dénoncé un coup de comme du nouveau chef du gouvernement et oui puisque cette hausse était déjà prévue par la loi de programmation de finances publiqu dans les 5 ans qui viennent c'est 32 milliards d'euros supplémentaires qui seront investis pour notre système de santé notre hôpital et nos soignants c'est un trésor national l'hôpital est en train de mourir est en train de mourir je sais pas si vous en avez conscience mais l'hôpital est à train de mourir il faut arrêter de nous raconter des histoires les 32 milliards en question c'est pas 32 milliards en plus ce sont 32 milliards qui sont déjà inscrites dans la perspective de dépens publique c'est déjà inscrit mais derrière les grandes déclarations les débats et les statistiques quelle est la réalité des soignants de l'hôpital public sur le terrain quel est leur quotidien et comment peuvent-ils assurer des soins à leurs patients médecin directeur infirmiers brancardier représentants syndicaux internes ou encore psychologue pour blast j'ai interrogé sur leurs conditions de travail celles et ceux qui font vivre l'un des piliers de la fonction publique pour resser un portrait alarmant le quotidien d'un hôpital public en souffrance c'est tout de suite sur Blast si les conditions de travail des personnels soignants sont connues et souvent mise en avant il est pourtant très difficile d'en récolter des témoignages publics c'est aussi cela qui est à l'origine du malaise de nombreux soignants c'est pourquoi certaines interview seront flouté le personnel de de l'hôpital public ne peut pas réellement s'exprimer euh voilà par le ne serait-ce que par le le droit de de réserve pour moi le personnel hospitalier il peut faire grève mais avec une pancerte dans le dos Point Bar quoi en tant que fonctionnaire on a quand même l'obligation de réserve qui s'impose à tout fonctionnaire qui fait qu'on a une certaine mesure dans l'expression à l'égard de notre employeur euh bon je vous dis j'ai aussi une casquette avec un mandat syndical membre du collectif national de psycholog CGT dans mon expression euh je peux je pense assez facilement faire valoir le fait qu' qu'elle est souscouvert de de l'exercice de de ma liberté syndicale on peut pas aller dans le bureau d'un chef de service de je ne sais quel SP et de dire bon enfin là c'est inadmissible ible ces conditions là sont déplorables et cetera parce qu'il va dire bah tu es bien gentil mais des internes j'envoie des filés tous les 6 mois et puis j'était pas contente enfin voilà j' tis invalide ton stage ou je te je te je te je te je te compromets ta carrière j'ai des exemples de représaill c'est-à-dire que un collègue interpelle la directrice des soins pendant une réunion en disant ça fait un mois vous nous laisser sans brancardier c'est plus possible elle dit ben non moi j'ai donné des directives pour qu'il y a un brancardier remplacement bah c'est pas vrai vous êtes une menteuse madame et puis bah il se retrouve convoqué pour un blâ la semaine prochaine enfin toutes les vérités sont pas bonnes à dire quand même voilà dans un monde un peu carriériste faut pas faire de vague j'ai accepté de parler parce que je suis ça fait très très longtemps que je suis à l'hôpital je suis rentrée à l'hôpital en 86 je suis en fin de carrière je je n'ai aucune aucune aucune ambition particulière à part traiter mes patients le mieux que je peux je crois que justement l'hôpital souffre de ça souffre d'un déficit de démocratie de de politique mais au sens de démocratie sanitaire de de de se mêler un peu de ce dans quoi on est pris et qui a des effets concrets sur ce sur quoi on peut travailler y compris sur no collectifs de travail on est dans la culture d'entreprise he on est vraiment dans du management d'entreprise et et donc bah voilà n 3 vraiment si ça peut pas faire bruit c'est quand même vachement mieux il y a une maltraitance qui existe et on la voit aussi beaucoup de cas de harcèlement des personnes on leur dit clairement il faut que tu quittes cet hôpital cet établissement c'est devenu d'ailleurs très très très fréquent et cette maltraitance elle est devenue comme une politique managériale qu'on va dans moi je pense qu'on va dans dans dans une bonne partie de nos établissements de santé il y a comme ça une une violence une terreur qui s'installe dans beaucoup de d'hôpitaux et ils sont connus parce que à force on a quand même on commence à avoir comme ça dans toutes les régions de France des noms qui sont connus et et encore même plus surprenant il y a il y a des chefs d'établissements qui ont été condamnés par la justice et ben même condamné par la justice pour harcèlement moral il continu à exercer donc ça pose vraiment question sur quelle importance on met à la maltraitance dans nos structures tu vois qu'on cherche des exécutants voilà c'est des exécutants c'est pour ça que tu as beaucoup de postes de coordinateurs qui sont des postes transversaux qui qui sont tournés qui en fait relaent les ordres de la hiérarchie quoi c'est même effarant j'ai j'ai été amené à dire un directeur je suis effarc en formation vous soyez même pas instruit sur les droits syndicaux que ce soit pas une petite partie quand même de votre boulot quoi parce que les mecs tu leur apprends tout quoi tu leur apprends tout c'est-à-dire que c'est même c'est que ce soit par une volonté ou par omission c'est dire que tu vois le fait que cette communication là elle soit brouillée dire qu'il y a pas pas une volonté de toute façon de de d'échange avec les partenaires sociaux que sont les délégations syndicales que sont les représentants syndicaux je me souviens il y a quelques années de ça on avait un de nos directeurs qui est arrivé qui disait bah bah l'hôpital bah c'est pour moi une entreprise he comme une entreprise je regarde ce qui rentre je regarde ce qui sort et ce qui se passe donc ça ne m'intéresse pas ma direction d'hôpital c'est des salariés comme moi en fait le directeur dehôpital il a ses objectifs à tenir cult donné par la RS et voilà lui s'il doit fermer des lits il les ferme s'il doit aller en ouvrir il ouvre il respecte les directives qu'on lui donne donc je peux pas lui jeter des pierres en lui disant non plus donnez d des moyens non il fait avec ce qu'il a en fait la tarification à l'activité ou T2A c'est peut-être l'un des symboles les plus décriés au sein de l'hôpital public depuis des années il s'agit d'un système de financement déployé en 2004 en vigueur pour 70 % des hôpitaux publics et qui rémunèent les établissements en fonction de l'activité médicale réalisée un mode de rémunération perçu comme une course à la rentabilité qui a des effets directs sur le rythme de travail et le traitement des patients je pense le grand symbole du productivisme actuellement c'est c'est la T2A qui est venu la tarification à l'activité qui fait que chaque acte chaque opération chaque signifie qu'il y a un tarif et donc on a demandé effectivement professionnels de santé de de coder leurs actes euh donc ça fait partie maintenant de leur métier finalement de coder les actes eTTH et ils pourront vous en parler mieux que moi mais on n plus dans le soin on est dans quelque chose d'autre on est dans de l'administratif donc leur a demander de faire une activité administrative à but on va dire financière euh et comme un hôpital est financé comme un hôpital c'est essentiellement de la masse salariale c'est 70 à 85 % de masse salariale donc l'impact sur les dépenses à part par baisser le nombre d'effectifs est très compliqué euh l'autre l'autre paramètre c'est d'augmenter l'activité donc il a eu effectivement une recherche d'augmentation de l'activité en regardant l'activité des des concurrents entre guillemets de ce qui est devenu aujourd'hui des concurrents en parlant finalement dans un langage commercial de part de marché et de rechercher les moyens d'augmenter l'activité voilà par rapport au privé par rapport aux autres hôpitaux et l'un des meilleurs moyens de le faire c'est peut-être de de de recruter par exemple un médecin qui va augmenter forcément l'activité donc c'est devenu quelque chose assez d'assez curieux mais qui répond pas forcément au besoins de santé de la population mais à un besoin on va dire financier mê les deux peuvent se rencontrer mais sont pas forcément compatible et les équipes se sont beaucoup focalisées à commencer par les médecins à l'activité de leur service et la question de la délégation de gestion à ce qu'on a on a créé des pôles euh la délégation de gestion c'est aussi aussi de dire à chaque service grosso modo combien tu coûtes combien tu rapportes euh et du coup chacun est responsabilisé enfin responsabilisé entre guillemets par rapport à son activité en disant tu as x nombre de patients euh mais par rapport à par rapport au même service dans un autre hôpital tu coûtes beaucoup trop cher et on s'éloigne comme ça de plus en plus de la personne humaine alors qu'à la base on est commandême là pour eux un lit a deux fois plus de patients maintenant que que il y a y a 10 15 ans avant la la tarification à l'acte donc en fait il y a il y a une pression permanente de de passage de d'hospitalisation et surtout de sorti le plus rapidement possible ce qui fait que les patients reviennent aussi très très rapidement après moi dans ma pratique clairement ce qu'on m'a dit ce qui m'est demandé c'est donner 15 minutes par patient parce que sinon je suis pas rentable je gagne pas bien ma vie ce qui est vrai si je suis en libéral et et il faut faut voir des gens parce qu'il y a pas assez de médecins donc en fait il faut voir les gens gens donc tu t'en voie un toutes les 15 minutes comment on peut voir un patient en 15 minutes moi je me pose encore la question aujourd'hui c'est la réalité on nous demande de faire ça de de voir le plus de patients possible moi je vois pas comment je peux faire à l'hôpital si un infirmier en fait ou un aide soignant voilà il tarde à prendre telle personne telle personne c'est parce qu'en fait il a déjà 1000 coups de fil à passer parce qu'il a déjà en fait un tas de missions à à faire qu'il doit faire un gaz du sang en urgence que il doit gérer telle entrée et telle sortie en fait qui sont inattendu et oui du coup ben il y a du retard dans certaines choses qui se font il y a des retards dans les prises en chargge en tant que brancardier dans un petit hôpital on travaille dans tous les services donc on côtoie on côtoie tout tout le personnel de de de l'hôpital et on on on a un œil où on on voit tout ce qui se passe partout quoi et on voit très bien que que que rien ne va quoi que les les infirmières ont la tête et les les aêtes soignantes on on tout le temps la la tête dans le guidon et il y a il y a un côté humain qui qui qui disparaît petit à petit quoi et heureusement que les filles quand je dis les filles c'est les Aes soignantes les as les infirmière on euh on quand même voilà on a forcément de de l'empathie quand quand on travaille dans dans ce domaine là mais après il faut savoir il faut dire aux gens aussi que ben on a plus le temps les filles elles n'ont plus le temps de s'occuper correctement des patients elles n'ont pas le temps elles n'ont pas le temps on leur laisse pas le temps parfois elles font leur tournée de de change par exemple ben elles ont changé une personne mais il manque de bol 10 minutes après bah cette dame elle fait ses elle fait ses besoins et et elle est changer longtemps après et c'est malheureux alors elle va appeler elle va sonner on va leur dire oui oui on arrive on arrive mais il y a le tour à finir et puis elle est faite après donc nous des fois ça nous arrive en tant bancardier de Ben d'arriver de prendre une patiente et puis ben de sentir une mauvaise odeur et puis ben de l'emmener comme ça à sa consultation quoi mais voilà parce que ben on a pas le temps et puis que nous aussi on est pressé parce que il y a ce patient là à emmener et après il y en a un autre on branarde nos passions nous-mêmes quand on se reconte à temps que le d'ge n'est pas là donc le médecin broncard je brancarde des patients quasiment tous les jours hein euh donc il faut y aller sinon on perd le le rendez-vous et puis ça prolonge hospitalisation le diagnostique la prise en charge nous on a un hôpital qui est calibré pour 80 passages journaliers on en fait entre le double et le triple c'est-à-dire que parmi ces patients je vais en avoir CIN ou si faut qu'ils aillent au déchoage il faut pas que je les loupe ceuxl c'est au milieu du du flux continu de patients qui viennent pour des choses non graves non non non en urgence relative on va dire au milieu de tout ça j'aurais des urgences absolues donc le problème ce flux d'urgence relative fait que bah les urgences absolues elles peuvent être ralenties ou on peut même carrément passer à côté en fait parce que quand on trie un patient toutes les 5 minutes bon on est à l'usine en fait on n plus en train de faire du soin on n'est plus en train de faire de l'humain l'interniste en fait est à l'hôpital surtout donc on a donc à prendre en charge des patients des secteur d'hospitalisation après bien bien sûr on a toute tout le versant aussi d'enseignement qui est chez nous malheureusement plus du tout représenté et puis on devrait faire des des travaux de recherche clinique études mais qu'on a absolument pas le temps parce qu'on est complètement parasité par tout ce qui est d'un côté prise en charge hospitalière et surtout la paperasse dire qu'actuellement on a plus de 50 % notre travail c'est de la paperasse comme on n pas de secrétariat tout ce qui est transmission des examens c'est difficile aussi parce que bon on fonctionne toujours par fax il fallait assurer tous les contte-rendus euh sur nos temps de garde en fait donc si on pouvait dormir on dormait pas parce qu'il fallait qu'on remplisse nos compte-rendus il fallait en faire 4 C par jour en même temps qu'il fallait faire les visites parfois tout seul voilà on était un peu livré à nous-même et puis puis en même temps on nous demandait de nous former quand on rentrait le soir mais c'est pas possible parce qu'en fait on a eu deux gardes dans la semaine voilà on a même eu on a même eu des bah là vous êtes en souseffectif bah il faudra qu'il y en a un qui supprime ses vacances quoi pour gérer en fait avant je restais au travail jusqu'à très tard parce qu'il fallait que je fasse mes courriers mes rendez-vous et tout ça je restais au travail maintenant ils ont instauré un système on peut se brancher par internet sur les systèmes informati du chup dossier des patients donc je travaille à la maison on met sur le personnel médical en fait toute cette pression qui fait que ben vu qu'on a un devoir déontologique euh d'assurer et ben en fait c'est assuré on peut pas se mettre en grève par exemple enfin si si on veut se mettre en grève on est réquisitionné donc en fait nous on peut pas et en fait la continuité des soins par devoirs déontologique elle est toujours assurée que l'hôpital est croule ou pas que on est toujours plus de patients qui viennent aux urgences ou pas tant qu'on voit que ça peut tenir tant qu'on fait montrer que que ça tient pas de souci ça tient on est le tampon d'une structure qui marche plus en fait c'est qu'on a un hôpital qui a plus de lit on a un la médecine de ville qui n'a plus de spécialiste et et nous on part à tout ça en fait c'est toujours un petit peu compliqué parce que étant donné qu'on on entend pas forcément ces problématiques enfin dans les médias on va dire assez généraux on entend pas vraiment la souffrance aussi que peuvent avoir les soignants dans leur travail que les conditions de travail qu'ils ont sont de plus en plus dégradées euh donc comme les gens sont pas vraiment informés là-dessus ils ont pas forcément connaissance je pense de de de l'état de notre système de soin bon après ils se rendent compte quand même quand ils vont aux urgences ou quand ils ont du mal à avoir des des rendez-vous avec avec des médecins moi si je suis en cabinet que je va orienter un patient chez un cardiologue les délais c'est 4 5 mois en cardiologie la cardio c'est important c'est le cœur c'est pareil pour énormément d'autres spécialité si un enfant doit prendre un rendez-vous spécialité spécialisé en tel ou tel service dans tel hôpital bah il va devoir attendre 6 mois et ça c'est la réalité aujourd'hui un dermatologue euh moyenne d'attendre 6 mois aussi voilà donc sinon du coup ben si on se dit c'est trop urgent on peut pas l'envoyer là donc on envoie à l'hôpital et donc en fait on a pas le choix que d'envoyer on envoie on envoie on envoie l'hôpital mais l'hôpital il peut plus déjà et à côté de ça il y a le SAMU qui bah qui fait plus de tri par téléphone en fait qui qui envoie tout le monde à l'hôpital parce que parce que s'il passe à côté de quelque chose c'est euux qui ont des problèmes avec la justice après donc il préfèrent envoyer quelqu'un à l'hôpital pour rien le 15 que de dire bah monsieur non aller voir votre médecin traitant oui mais s'il fait une complication n'importe quoi dans la nuit la famille va se retourner donc je comprends aussi que bah à chaque appel ils envoyent une ambulance le problème c'est que ça les ambulances on en a pas énormément les pompiers on les sollicite beaucoup mais on vide les casernes et il stagne à l'hôpital parce qu'ils mettent 1 heure 1 heure de à pouvoir descendre leur patient en fait on du coup ça fait un effet domino un petit peu qui qui qui qui marche sur plusieurs services publics du coup au cabinet il y a il y a beaucoup de patients qui viennent pour justement trouver un médecin généraliste on en vient bah leur refuser de les suivre parce que du coup on leur dit tout simplement qu'on qu'on peut pas on est déjà au maximum de nos capacités on pourrait pas les voir justement pour des rendez-vous en urgence des choses comme ça donc ça ça ça ferait que finalement enfin il y aurait plus vraiment de tampon il serait obligé de d'aller dans le S système de garde ou même des fois aller aux urgences o on reçoit aussi dans notre cabinet des des étudiants en médecine quand ils voi un petit peu la réalité du terrain et se rendent compte qu'effectivement bah c'est pas forcément ce qu'ils avaient envisagé on sait qu'une infirmière par exemple aujourd'hui à la sortie de l'école au bout de 5 ans en moyenne elle est partie c'estd que on forme des professionnels et puis très rapidement les personnelles partent j'ai beaucoup de connaissance et qui qui se sont euh un peu au pied du mur senti obligé de prendre une disponibilité de 6 mois au milieu de leur internat euh c'est les cas d'une d'une amie en médecine interne à rouan c'est le cas d'une amie en psychiatrie à Lille euh j'ai j'ai j'ai un copain qui est qui est médecin généraliste qui lui-même aussi a dû prendre 6 mois de dispo euh j'ai des j'ai eu connaissance de de de certains qui sont allés jusqu'à leur test parce que en fait ce qui se passe c'est que c'est des études longues donc moi personnellement et de ce que j'ai pu entendre c'est est-ce qu'on abandonne maintenant ou pas mais on est allé jusque là donc on va pas abandonner maintenant parce qu'on a déjà fait 7 9 10 ans mon dernier maître de stage il est il a plus de 60 ans il est près de la retraite il est médecin généraliste il m'a dit clairement la dernière fois si j'avais su ce que c'était par rapport à la charge financière la charge mentale ce qu'on nous demande euh de de de de prendre sans sans jamais répondre enfin chargeementental enfin tout j'aurais fait un autre métier j'aurais fait garde forestier qui mais malgré tout les gens ils donnent le meilleur deeux même ils viennent ils font ce qu'ils peuvent c'est c'est ça qui est impressionnant qu'est-ce qui nous reste derrière à part la mobilisation faire enfin négociation qui ne donne rien à part la mobilisation qui pour créer une une pression et après à part un tribunal administratif qui ne reconnaîtra pas ça quoi euh voilà quoi quoi très franchement c'est peut-être à nous aussi de développer des idées he de de de peut-être d'inciter plus de d'être plus communiquant d'essayer d'amener d'une culture de la mobilisation quand les professionnels ils signalent quand ils alertent sur justement ce qu'on leur a dit ce qu'on leur a fait parce qu'il évidemment beaucoup ne se laissent pas faire il n'y a rien qui se passe le Centre national de gestion laisse faire il disent qu'ils n'ont aucune compétence ou que c'est qu' n'ont aucun pouvoir les ARS ne font pas d'enquête personne ne signale le procureur et du coup la maltraitance elle se fait et la maltraitance elle concerne pas que les directeurs et les directrices d'hôpitaux elle va concerner aussi tout le personnel les cadres les médecins les administratifs d'autres soignants le seul levier c'est d'être en burnout et de se faire arrêter quoi il y a 30 à 40 % de personnel soignants qui sont en burnout il y en a à peu près 98 % qui ont déjà euh eu un symptôme en lien avec l'épuisement au travail et puis il y a aussi le le taux sa de suicide qui est le plus important dans la population générale chez les soignants par exemple il y a un interne qui suicide tous les 18 jours ou je crois que j'avais vu une étude où il y avait un soignant qui suscite tous les tous les TR jours donc c'est assez alarmant de ce côté-là l'inspection du travail vous pouvez la saisir mais ils interviennent rarement par expérience ils interviennent rarement ils s'intéressent très peu à ce qui se passe dans les hôpitaux défenseurs des droits pareil donc en fait vous êtes très vite démuni on a l'impression d'être dans un système qui a pas de solution en fait on est une impasse une vraie impasse il y a euh de plus en plus une logique aussi de d'acceptation qu'on vient pour souffrir à l'hôpital et qu'on y tiendra le temps qu'on y tiendra et puis qu'on finira par s'embarrer ça devient normal pour nous de se dire bon bah voilà je quitte à 21h tous les soirs euh ou j'ai deux gardes par semaine ou euh moi j'ai une amie elle est en gynécologie obstéatrique elle fait sa garde et puis son repos de garde il arrive qu'à 15h30 parce qu'il faut qu'elle fasse la visite le lendemain matin dans le service après sa gure de 24 heur par exemple enfin voilà un tas de choses comme ça mais ça rentre dans les habituses finalement et ça devient normal je crois aussi euh qui a un biais dans lequel on est pris c'est d'attendre que ça vienne de l'autre espèce de grand Autre paternaliste un peu comme on va lire tous les 5 ans le président de la République à dire ou mais cette fois ça sera peut-être le bon et inévitablement on est déçu Mo je crois que euh une part de la solution elle est dans l'acceptation qu'il n'y aura pas d'institution idéal elles sont euh vraiment extrêmement violentes les institutions dans lesquelles on travaille il y a pas d'ambigité là-dessus les logiques dans lesquelles nous sommes pris sont extrêmement mortifèire mais malgré tout je crois qu'il faut qu'on accepte l'idée qu'il n'y aura de toute façon pas d'institution idéale et que l'enjeu c'est comment là où on est avec ceux avec qui on est comment on s'organise pour se soutenir pour se rassurer sur le fait que ce que l'on fait ben on le fait au mieux de ce que l'on envisage sur le moment dans les situations dans lesquelles on en fait c'est toute la question éthique et ça personne ne le fera à la place des soignants parfois quand on parle de d'effondrement du système hospitalier je pense que qu'on y est même si finalement on résiste on tient malgré tout mais il y a quand même une sacrée crise hospitalière et on sait pas trop où va où va l'hôpital public aujourd'hui l'État veut tuer l'hôpital public quoi pour pour moi c'est c'est une évidence quoi on va ils veulent américaniser le système et voilà il faudra pour se soigner il faudra mettre la main à la poche quoi ceux qui ont jamais mis les pieds à l'hôpital ils se disent mais comment vous faites ce boulot il y a de l'empathie c'est les patients qui ont de l'empathie maintenant comment vous faites ce boulot mais c'est pas possible et il nous voient courir partout al du coup il patient il voit bien qu'on est pas en train de jouer aux cartes clairement alors il y a ceux qui qui s'offusque de la situation que qui partent en claquant la porte euh et puis il y a ceux qui qui restent patiemment et qui et qui nous disent un grand merci en partant et j'ai j'ai envie ça vaut autant que le salaire ça c'est si on n pas ça euh régulièrement voilà c'est encore pour ça qu'on vient bosser c'est que même s'il attendu 7h pour avoir un scanner un bilan et ben il part et il dit merci et voilà c'est ce qui fait qu'on est encore au taf mais euh mais à quel prix quoi merci d'avoir suivi cette vidéo et ces histoires du quotidien des soignants de la fonction publique peut-être avez vous vous-même des témoignages à nous partager en commentaire ou à nous faire remonter directement nous serons là pour les recevoir et comme toujours vous pouvez soutenir blast et une information indépendante en partageant la vidéo ou en faisant un don moi je vous dis à très vite pour de nouvelles actualités sur [Musique] 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Gabriel Attal