Conférence de presse du Président Emmanuel Macron depuis la Conférence des Nations unies sur l’Océan
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 90 %Attaque 5 %Défensif 5 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 17:01OuverteRéponse directe
Sur le moratoire des grands fonds marins, comment réagir face au refus des États-Unis ?
- 18:00RelanceRéponse directe
Sur les 4% d'aires marines protégées en protection forte en métropole, les ONG critiquent le manque d'ambition.
- 20:00OuverteRéponse directe
Avez-vous des nouvelles des 6 Français interceptés par Israël près de Gaza ?
- 22:00OuverteRéponse directe
Assumez-vous la dissolution de 2024 et son impact sur la situation politique actuelle ?
- 24:00OuverteRéponse directe
Vous engagez-vous à ne pas dissoudre l'Assemblée nationale d'ici la fin de votre mandat ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Emmanuel MacronFait
« grâce au travail qui a été accompli, cette mobilisation a été possible. Nous l'avions lancée dès 2022, à Brest, avec le One Ocean Summit, puis à l'UNOC 2, à Lisbonne. »
- 4:00Emmanuel MacronChiffre
« plus de 60 chefs d'État et de gouvernement, de plus de 120 ministres, et plus de 1 000 événements organisés par la société civile »
- 9:00Emmanuel MacronChiffre
« Avant Nice, nous étions à 8 % d'aires marines protégées dans les ZEE de tous les États du monde. Nous arriverons à environ 12 % après cette conférence »
- 10:00Emmanuel MacronChiffre
« La France, à travers la Polynésie française, 4,5 millions de kilomètres carrés. Cela fait que, rien qu'avec ça, on passe de 4 à 5,2 % »
- 11:00Emmanuel MacronFait
« La France est la 2e puissance maritime du monde »
- 18:00Emmanuel MacronChiffre
« nous sommes désormais aussi en protection forte, à 14 %. L'objectif est de 10 % »
- 19:00Emmanuel MacronChiffre
« Avant ce sommet, nous étions, nous Français, pour l'ensemble de nos eaux territoriales, à 4 % de protection forte. Nous sommes passés à 14 % de protection forte »
- 21:00Emmanuel MacronChiffre
« 400 actions de pollution ont été détectées, 322 navires de pêche suspects ont été déroutés pour contrôle, 851 tonnes de poisson illégal ont été saisies, et 1 074 km de filets »
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Après cette première journée officielle, et après plusieurs journées de mobilisation, puisqu'il y a eu, comme vous le savez, ces derniers jours, à la fois un sommet et une conférence scientifique, et aussi une coalition des collectivités territoriales à travers le monde, et beaucoup de coalitions d'acteurs dont nous avons rendu compte hier, en fin d'après-midi, aujourd'hui se tenait l'ouverture formelle de ce sommet des Nations Unies sur les océans, dont la France et le Costa Rica ont la présidence, et que Nice a accueilli. Je suis très heureux de vous parler depuis Nice, à l'issue de cette première journée. Cette conférence de Nice est un moment extrêmement important, à nos yeux, et d'ores et déjà, il faut le dire et le revendiquer comme tel, un succès, par son organisation et par ce qu'elle représente, au moment-même où nous le faisons.
Alors que les vents mauvais se sont remis à souffler pour écarter toutes les questions climatiques, environnementales ou de biodiversité de l'agenda international, jamais la communauté internationale n'avait mobilisé autant de chefs d'État et de gouvernement, et autant de pays pour nos océans. En effet, grâce au travail qui a été accompli, cette mobilisation a été possible. Nous l'avions lancée dès 2022, à Brest, avec le One Ocean Summit, puis à l'UNOC 2, à Lisbonne.
Donc la mobilisation de plus de 60 chefs d'État et de gouvernement, de plus de 120 ministres, et plus de 1 000 événements organisés par la société civile, c'est déjà une avancée en soi, et c'est déjà quelque chose d'inédit pour nos océans. Avec le président Chaves, du Costa Rica, et le président Lula, qui était là aussi, les chefs d'État présents ont confirmé que la diplomatie environnementale était toujours là, et que rien n'arrêterait cette mobilisation. Je veux, avant toute chose, remercier celles et ceux qui l'ont rendue possible, Monsieur le Ministre, vous-même et l'ensemble des équipes du Quai d'Orsay, le représentant personnel en charge des océans et de la négociation climatique, ambassadeur des Pôles, Madame la Directrice et toute la direction des Nations Unies, et l'ensemble des équipes qui sont à vos côtés.
Merci infiniment pour cette mobilisation et ce qui a été fait avec mes équipes et celles du ministre. Je veux remercier évidemment les Nations Unies et le Costa Rica, pour leur étroite coopération avec nous. Le moment qui a été permis par cette mobilisation, c'est celui d'une avancée désormais irréversible pour nos océans.
Je voudrais insister sur quelques avancées de ce sommet, qui sont d'ores et déjà consolidées. La première, la plus importante, c'est le fameux traité sur la protection en haute mer, c'est-à-dire dans la mer, au-delà des zones économiques exclusives et donc des mers qui sont administrées par chacun des États, si je puis dire. C'est un enjeu essentiel parce qu'on parle là de 2/3 des océans.
Il faut se représenter que, lorsqu'on s'est rassemblés à Lisbonne, à l'UNOC, en 2022, il n'y avait aucun cadre agréé pour 2/3 des océans. Donc tout ce dont on parlait ne valait que pour ce qui était dans nos ZEE. Le reste, c'était le Far West.
Depuis l'UNOC 2 à Lisbonne, par notre mobilisation, nous avons d'abord finalisé une négociation, qui était bloquée depuis des décennies : ce fameux traité BBNJ. Une fois signé, pour qu'il rentre en vigueur, il fallait qu'il soit ratifié par au moins 60 pays, ce qui n'est pas chose aisée parce que je vous rappelle que, pour le dernier grand traité international sur le droit de la mer, la Convention de 1982, il avait fallu 12 ans pour avoir les ratifications. C'est-à-dire que ce traité, qui avait été signé en 1982, n'était entré en vigueur qu'en 1994.
Il y a un an, il y avait 8 ratifications. Nous avons travaillé d'arrache-pied, ces derniers mois, et c'est pourquoi nous avons annoncé, il y a quelques instants, qu'en effet, au 1er janvier prochain, ce traité pourrait entrer en vigueur et que nous allions enfin avoir un cadre international pour réguler et administrer la haute mer, et que nous pourrions enfin protéger et lutter contre la pêche illicite dans 65 % de nos océans, qui étaient jusque là une zone de non-droit. Nous avons d'ores et déjà 55 ratifications effectuées et déposées, une quinzaine qui sont en cours, avec déjà une date sûre, et une quinzaine qui sont en cours et qui se feront d'ici la fin de l'année.
Cela fait qu'il n'y a plus de doute, c'est pourquoi nous l'avons officialisé avec le Secrétaire général et plusieurs de mes collègues, pour dire que, d'ici à l'Assemblée générale des Nations Unies, plus de 60 ratifications seront dûment votées et déposées auprès des Nations Unies, ce qui fait que ce traité pourra entrer en vigueur au 1er janvier de l'année prochaine. Vous avez vu d'ailleurs, en exclusivité ce matin, l'annonce, par le Brésil, de sa ratification avant la fin de l'année. Il fait partie de ces États qui sont dans cette zone que je viens d'évoquer.
La deuxième grande réalisation, c'est la création de nouvelles aires marines protégées. Là aussi, je le rappelle, c'est une mobilisation de la France et du Costa Rica parce qu'on fait maintenant, dans nos débats publics, comme si tout ça était une évidence. 2021, nous lançons une coalition avec le président Chaves, du Costa Rica, et on dit qu'on va se battre pour mobiliser les pays avec une série d'engagements, dont celui de protéger 30 % de nos aires marines et terrestres.
Nous sommes partis à deux. On a mobilisé. On est maintenant majoritaires, si je puis dire, parce qu'on doit être autour de 80, et surtout, c'est rentré, parce que ça a été adopté par les conférences de Kunming-Montréal, et donc maintenant c'est de la mise en œuvre.
Mais là aussi, c'est une avancée collective avec le Costa Rica, qu'on a concrétisée ces dernières années, et qui est une vraie avancée de ces 3 dernières années. Avant Nice, nous étions à 8 % d'aires marines protégées dans les ZEE de tous les États du monde. Nous arriverons à environ 12 % après cette conférence, ce qui veut dire qu'on aura augmenté de 50 % les aires marines protégées par des annonces que nous avons faites.
La France, à travers la Polynésie française, 4,5 millions de kilomètres carrés. Cela fait que, rien qu'avec ça, on passe de 4 à 5,2 %. La France est la 2e puissance maritime du monde.
L'annonce qu'a fait la Polynésie française, en termes de protection, c'est à l'échelle de la planète + 1,2 point. De manière très claire, c'est le plus grand pas en avant qui ait été fait sur les aires marines protégées. Le Brésil va passer de 26 % à 30 %.
La Grèce a également annoncé de nouvelles aires marines protégées, et nous sommes en train de préparer, avec plusieurs partenaires internationaux, mais je veux le faire avec grand respect, l'annonce de nouvelles aires marines protégées dans les prochaines semaines. Je salue en particulier la déclaration très forte qu'a eu le président malgache à ce sujet. La 3e réalisation très concrète, c'est la remobilisation collective pour les fonds marins.
Là aussi, il y a 2 ans à peine, il y avait une forme d'avancée fatale, on allait exploiter les grands fonds marins. Nous sommes sortis, la France est le 1er grand pays maritime à être sorti pour dire : nous, nous avons décidé un moratoire. Donc on décide de faire des missions d'exploration, mais pas d'exploitation de ces grands fonds marins.
Ce n'est pas un petit enjeu, là non plus, parce que c'est un trésor de biodiversité inconnu, je le rappelais ce matin, il faut le comprendre. On sait que ce sont des puits de carbone, et vraisemblablement des puits de carbone irrécupérables extrêmement importants. C'est la science et la médecine, qui ont d'abord à travailler.
Je dis la médecine, parce qu'il y a aussi, dans ces espèces, on le sait, des trésors qui permettent à la recherche biologique, et en particulier génomique, d'avancer beaucoup plus vite. Donc on doit préserver ces grands fonds marins. On doit les protéger pour permettre d'abord à la science d'aller comprendre.
Donc le moratoire est quelque chose de très important. Je veux juste redonner l'enjeu en prenant une comparaison. La surface de la Lune, ce sont 37 millions de kilomètres carrés.
La surface des grands fonds marins, 320 millions de kilomètres carrés. Vous imaginez ? Et deux fois plus, à plus de 1 000 m de profondeur.
Ce qui veut dire qu'on parle véritablement d'une planète à elle seule. Donc, ces grands fonds marins, ça vaut la peine de les protéger. Ce moratoire, nous l'avons décidé à quelques uns.
Nous avons pu mobiliser davantage à l'occasion de cette conférence, et ce sont 36 États qui nous ont aujourd'hui rejoints, portant cette coalition encore plus loin. C'est ce qui nous a d'ailleurs permis d'arrêter des projets, par cette pression collective, chez certains de nos amis. La 4e réalisation, c'est la science.
En tout cas, nous avons réaffirmé collectivement notre attachement à la science comme base de nos décisions, avec le lancement de la mission Neptune, entre autres. Comme vous le savez, il n'y a que 5 ou 6 pays au monde qui sont capables d'envoyer des sous-marins habités à plus de 5 000, voire 6 000 m de fond, ce qui est une prouesse aussi dure que d'envoyer une fusée dans l'espace. Avec Neptune, nous allons consolider cela, créer plus de synergies et rassembler tous les grands pays de recherche maritime et océanographique, dont la France, avec l'Ifremer, mais aussi le CNRS, des coopérations avec l'Inserm et beaucoup de nos universités.
Neptune va nous permettre de lancer une grande mission d'exploration pour étudier les fonds, ce qui est cohérent avec la décision précédente, et aussi financer une recherche sur l'ensemble des écosystèmes marins, avec en particulier des recherches que nous voulons lancer avec des missions d'exploration sur ces fonds, mais aussi sur toute la colonne d'eau au-dessus d'eux. Alors que d'autres arrêtent de financer la recherche, nous ne lâcherons rien, nous accélérons. J'ai accueilli hier, sur le bateau de l'Ifremer que nous avons pris, le Thalassa, 3 premiers scientifiques qui travaillaient sur l'océan, aux États-Unis et qui ont décidé de revenir en France et en Europe.
Nous étions avec des chercheurs américains qui, il y a quelques semaines, étaient dans les équipes de la NOAA, étaient à Columbia et travaillaient pour le gouvernement américain. Ils étaient avec nous, sur le Thalassa, pour nous expliquer leurs recherches, et ils vont maintenant venir travailler en France et en Europe. De manière très concrète, nous avons remobilisé des financements pour accueillir plus de chercheurs, défendre les bases de données, en produire en mode ouvert, et confirmer des missions d'exploration telles que je viens de les rappeler.
Bien sûr, pour connaître l'océan, nous devons continuer d'observer l'espace avec une mission scientifique nouvelle et ambitieuse de collecte de données, CORSER pour Commun Oceanographic Research Study and Insight Resource. Cette mission CORSER, nous voulons la consolider. Ce faisant, CORSER deviendra bien plus qu'un projet spatial, mais un acte fort et un engagement concret pour protéger nos océans, parce que c'est ce qui va nous permettre de consolider ces missions d'observation satellitaire, entre autres, pour mieux comprendre le mouvement des océans et avancer.
Je pourrais parler aussi de Space for Ocean, et du soutien de la communauté scientifique avec, là aussi, une mobilisation de toute la communauté internationale pour financer ces avancées. Je pourrais aussi citer Mercator International, qui devient une organisation internationale et qui va permettre, par ce jumeau numérique des océans, d'avoir un suivi en temps réel de toutes les modifications. C'est-à-dire que, dès qu'il y aura une montée des eaux, l'impact de tel ou tel transport maritime, ou de telle ou telle catastrophe qui se passe, cela sera vu en temps réel, et ce sera un formidable instrument de prise de décision.
Demain d'ailleurs, on sera aux côtés des équipes pour consolider cela. La France est fière de pouvoir accueillir cette organisation, mais c'est une avancée majeure, là aussi, en matière de sciences. Starfish nous a été présenté hier.
Maintenant, on aura aussi cet indicateur composite de l'état de santé de nos océan, qui sera partagé tous les 8 juin. Je pourrais décliner encore beaucoup de choses, mais c'est une mobilisation financière. Ce sont aussi des grandes opérations, vous le voyez.
C'est aussi une aide à la décision, qui est prise à travers ce sommet. La 5e réussite, c'est la poursuite de l'accord pour la décarbonation du transport maritime. En effet, grâce à la mobilisation collective et au chemin vers Nice, et je remercie toutes les équipes, l'Organisation maritime mondiale a décidé, il y a quelques semaines, un accord inédit pour la décarbonation du transport maritime.
Il consolide les initiatives prises, d'ailleurs portées par le Cluster maritime français, de ralentissement des transporteurs, de décarbonation des flottes, d'électrification et de décarbonation des ports. La 6e avancée majeure, c'est la création d'une coalition de villes et régions côtières, je la mentionnais rapidement tout à l'heure, car nos populations littorales ne doivent pas être les grandes sacrifiées. En effet, nous devons faire avec elles, et les mobiliser autour des 5 crises : eau, alimentation, santé, climat et biodiversité, parfaitement modélisées par le Nexus de l'IPBES.
C'est autour de ce Nexus qu'on mobilise l'ensemble des collectivités territoriales, parce que c'est au niveau local que les décisions sont prises et que les comportements sont modifiés, pour pouvoir éviter les mauvaises décisions, qu'elles soient polluantes ou qu'elles attentent à la biodiversité, pour pouvoir les compenser, les réduire, mais aussi adapter le territoire lorsque malheureusement, les effets sont déjà là. Enfin, je veux aussi souligner ici l'importance du travail fait par la FAO et l'Organisation mondiale du commerce pour lutter contre la pêche illicite et toutes les pêches non documentées, la fameuse pêche INN, ces fameux "un poisson sur cinq consommés", qui sont une prédation terrible contre certains États et contre la biodiversité. Avec ces accords, que la France a signés et que l'Europe endosse, nous devons maintenant continuer de mobiliser la communauté internationale pour venir soutenir le travail de l'OMC et de la FAO.
C'étaient vraiment les 7 avancées sur lesquelles je voulais insister. Ensuite, on poursuit la mobilisation sur d'autres sujets, en particulier le plastique et la lutte contre celui-ci. La ministre de la Transition écologique réunira ses homologues car, là aussi, il nous faut un traité mondial.
On le sait, il a échoué, il y a quelques mois, en Corée du Sud. Il nous faut remobiliser pour les prochains mois. La France a pris des décisions fortes en la matière, ces dernières années, pour elle-même.
Nous mobilisons l'ensemble des Européens, mais il nous faut convaincre quelques États qui restent récalcitrants. Ce sommet est l'occasion de le faire, en mobilisant aussi toutes les solutions alternatives, la science et l'économie circulaire, pour aller en ce sens. Ce sommet est également l'occasion de mobilisation régionale.
J'ai tenu aujourd'hui une conférence ad hoc sur la Méditerranée, avec collègues et artisans des grands projets méditerranéens de toutes les rives de notre mer chérie, qui est derrière moi. Nous avons pu tenir et coprésider, avec le Royaume du Maroc, une conférence importante sur l'Afrique et les océans. Demain, se tiendra un forum des îles, que j'irai conclure mais qui sera tenu tout au long de la journée.
J'aurai l'occasion de réunir les îles du Pacifique, lors d'un sommet, demain matin, parce que, je tiens à le dire, ce sommet rassemble 92 % des mers et océans de la planète. Je veux vraiment dire ma reconnaissance à l'égard de tous mes collègues du continent africain, du continent américain et du Pacifique, qui ont parfois fait de longues journées d'avion, et parfois d'avion et de bateau, et qui sont présents ici pour être mobilisés, parce que certains d'entre eux seront, dans les décennies à venir, directement sacrifiés par l'absence de décision, ou déjà nos erreurs passées. Enfin, je veux ici dire que la France a pris des engagements pour elle-même, pour ses propres aires marines protégées.
Comme vous le savez, nous sommes déjà largement au-dessus des 30 %. Avant cette conférence, nous étions à 30 %. Les décisions prises par la Polynésie, nous mettent très largement au-delà de ce chiffre.
Donc nous faisons partie des pays qui sont les plus protecteurs en aires marines protégées. Nous sommes désormais aussi en protection forte, à 14 %. L'objectif est de 10 %.
Avant ce sommet, nous étions, nous Français, pour l'ensemble de nos eaux territoriales, à 4 % de protection forte. Nous sommes passés à 14 % de protection forte. Ceci en grande partie grâce à nos territoires ultramarins, qui font d'ailleurs, il faut bien le dire, l'écrasante majorité de notre ZEE.
Quand on dit que la France est la 2e puissance maritime mondiale, c'est parce qu'elle a la chance d'avoir en son sein la Polynésie française, par exemple, qui, à elle seule, est grande comme le continent européen. Mais nous avons aussi continué l'effort de protection forte. Je sais qu'il était attendu pour nos eaux directement métropolitaines.
La protection forte était de 0,1 % avant l'UNOC, et elle passera à 4 %, avec en particulier 500 aires marines protégées dans les prochaines années, qui seront ainsi validées, une concertation qui a été menée par la ministre avec des scientifiques, les organisations non gouvernementales, les collectivités territoriales et nos pêcheurs. Donc la France, aujourd'hui, pour ses ZEE, respecte ses engagements internationaux. Nous sommes au-delà des 30 % de protection et au-delà des 10 % de protection forte.
Sur le plastique, nous continuons le combat lancé en 2019 par la loi dite AGEC, avec de nouvelles mesures, que nous mettons en œuvre progressivement. L'exemple de Nice, ville qui vise l'horizon zéro plastique et qui a mis en place une consigne efficace, en est une parfaite illustration. Nous mettons aussi en échec les pirates qui pillent nos mers avec la pêche INN.
Les résultats sont là et notre marine agit pour protéger la planète. En 2024, je veux le dire ici parce que l'action de l'État en mer fait partie de la crédibilité de notre engagement, nous avons renforcé celle-ci et les moyens, 400 actions de pollution ont été détectées, 322 navires de pêche suspects ont été déroutés pour contrôle, 851 tonnes de poisson illégal ont été saisies, et 1 074 km de filets, la distance entre Nice et Lille, en quelque sorte. C'étaient des filets qui pêchaient de manière irrégulière sur nos côtes.
La France peut le faire parce qu'elle a une action organisée de l'État en mer. Je remercie celles et ceux qui la mettent en œuvre. Elle peut le faire parce qu'elle s'est dotée de ces moyens.
C'est là aussi que nous devons remobiliser la communauté internationale pour que chacun puisse le faire. Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je voulais présenter à l'issue de cette 1re journée. Je vais maintenant répondre à vos questions.
Émilie Torgemen, pour Le Parisien, Aujourd'hui en France, je voulais vous parler de "Deep-sea mining". 37 pays, dont la France, appliqueront le moratoire. À quoi ça sert quand un pays, nommément les États-Unis, refuse de l'appliquer ?
Ça, c'est la 1re partie de ma question. Puis, sur les aires marines protégées, ça va intéresser plutôt la partie française, vous dites : on monte le son, on monte le niveau d'engagement. Pour les 4 % d'aires marines protégées en protection forte, sur les hexagones, beaucoup d'ONG regrettent que ce soient des zones qui étaient déjà interdites aux chaluts profonds.
Est-ce que vous pouvez nous répondre là-dessus ? Merci. Sur votre 1re question, j'ai envie de dire que, si on raisonnait comme ça, on n'aurait jamais rien fait.
Parce que, je vous rassure, jamais les États-Unis d'Amérique n'ont été en pointe sur ce sujet. Maintenant, ils ne nous empêchent pas de faire. D'ailleurs, ils sont représentés à un niveau de travail, dans cette conférence.
Mais en vérité, si j'avais raisonné comme vous venez de le dire, on n'aurait jamais lancé la Coalition pour la protection. On ne parlerait même pas de 30 % parce qu'on ne se serait jamais mis avec le Nicaragua pour y aller, et on n'aurait même pas commencé à travailler sur BBNJ. Tout ce que je viens de vous dire a été possible parce que nous nous sommes mobilisés avec des pays qui sont de bonne volonté, comme nous, et on avance.
Après, on sait créer du droit qui s'oppose aux États-Unis d'Amérique, ce qui sera le cas, quand il rentrera en vigueur, du traité dit BBNJ sur la haute mer. C'est-à-dire que, si un acteur américain, chinois ou quelle que soit sa nationalité, va faire des bêtises en haute mer qui ne sont pas conformes à ce traité, la communauté internationale pourra le sanctionner. Donc ça sert beaucoup.
Cette coalition, on n'est encore que 37, en effet, mais enfin, on était 1 il y a deux ans, donc on va continuer. Mais moi, je note qu'il y a déjà des pays qui autorisaient, et qui ne sont pas dans notre coalition, face à la pression, ont dit "on va arrêter". Donc on va continuer.
Je ne veux stigmatiser personne, mais il y a des projets qu'on a pu stopper comme ça. C'est une bonne chose. Donc il ne faut pas lâcher ce combat.
Je compte sur les scientifiques et les ONG pour avancer. C'est clé. Ensuite, sur nos aires marines à très forte protection, je veux d'abord dire une chose, qui est importante, c'est ce que j'évoquais tout à l'heure en donnant les chiffres et en étant précis, on est à 14 % de protection forte.
La France, c'est toute la France. Je ne veux pas de doubles comptes. C'est trop facile de me dire qu'on compte en Métropolitains.
Non, la France gère toutes ses eaux, elle les protège tout entières. Elle investit dans une marine pour protéger la 2e zone économique exclusive du monde. Donc, sur cette ZEE, elle fait plus que 30 % de protection, et elle fera 14 % de protection forte.
On est au rendez-vous de nos obligations. Ensuite, il y a un débat plus particulier sur le chalutage de fond, qui est tout à fait juste. Les scientifiques l'ont établi.
Des reportages, des films très poignants, encore récents, ont montré les impacts de ce chalutage de fond. Mais moi, je veux simplement replacer les choses dans leur contexte. Nous, nous avons 13 000 pêcheurs.
L'écrasante majorité de cette pêche est une pêche qui est d'ailleurs artisanale, avec des petits bateaux. Pour les autres, ce sont des bateaux qui n'ont pas du tout la taille de ceux qu'on voit dans nos reportages. C'est-à-dire que, quand je prends la pêche française et sa flottille, on a une activité qui couvre toutes les tailles de bateaux, mais on a 70 % de nos bateaux qui sont en dessous des 12 m.
Ensuite, les autres, c'est entre 12 et 25 m. On a un grand bateau qui fait de la transformation, l'Émeraude. Je crois que je ne me trompe pas en le citant.
C'est le seul grand bateau de la flotille française, qui fait de la découpe et de la transformation. Mais on n'a pas de flottille industrielle, et on respecte parfaitement les règles de la pêche. C'est ça, la pêche française.
Je dit juste, pour rappeler et recontextualiser que, quand on parle de la Méditerranée, la France a 40 chaluts qui font du chalutage de fond. L'Italie en a 400 et l'Espagne en a 600. Donc juste parce qu'on adore se flageller nous-mêmes, on est plutôt des bons élèves, on est même de vrais bons élèves.
Moi, depuis 8 ans, j'ai une méthode assez simple, c'est que je ne fais jamais rien contre les pêcheurs, d'abord parce qu'ils ont intérêt à la biodiversité. Avant qu'on ait tous ces débats, nos pêcheurs, territoires métropolitains comme ultramarins, ont créé des zones de conservation parce qu'ils savaient que pêcher trop, c'était mettre en danger leur instrument de travail. Les aires marines protégées ont été inventées en Polynésie française avec des aires éducatives bien avant toutes nos règles et ce que pouvait dire l'IUCN.
Là, elles se mettent en conformité avec ces règles. Je suis dans le respect. La ministre a fait une concertation très longue sur ces aires, qui sont très sensibles parce que ce sont des zones de pêche importantes.
Je vous confirme que le chalutage de fond et le raclage, dans la carte qui est sortie, seront bien interdits. Ce que nous reprochent certains, c'est qu'il puisse y avoir du chalut pélagique, c'est-à-dire qu'on puisse encore pêcher, mais ce sont des pêches qui ne mettent pas en danger la posidonie, le fond, les espèces, qui sont les plus dangereuses, et qui suit une autre logique. Je fais bien le distinguo.
Mais je vous confirme que les techniques de chalutage de fond et de raclage, dans la cartographie qui a été concertée par la ministre, sur ces zones, dont la carte sort, qui vont donc concerner 4 % du territoire de nos eaux métropolitaines, on aura bien une protection forte qui empêchera ces pratiques. Cela a été concerté, zone de pêche par zone de pêche. La carte a normalement été sortie, m'a dit la ministre ce matin.
Donc on peut répondre à chacune des questions qu'il y a sur chacune de ces zones. [INAUDIBLE] Non, c'est tout le reproche qui nous était fait. Le reproche qui nous était fait, sur ces zones qui étaient déjà en aires marines protégées, c'est qu'il n'y avait pas de protection forte et qu'il n'y avait que le chalutage de fond qui se faisait.
Je vous confirme bien, sinon il n'y aurait pas eu de négociation avec les pêcheurs, si je vous vendais une carte qui existait déjà. Comptez sur moi, si ça avait été le cas, je l'aurais déjà mise. Je ne fais pas non plus de décomptes en ma défaveur.
Donc, si ça avait déjà été le cas, je vous l'aurais dit. Ma question est très proche de la dernière question. On a reproché à la France de ne pas aller aussi loin que d'autres pays pour interdire ces chalutages dans des zones protégées, et 4 %, dans des zones métropolitaines, ne répondent pas aux critiques.
Ils sont toujours mécontents. Est-ce que vous pouvez me dire comment la France compte arriver aux 10 % de protection forte pour ce type de chalutage ? Comment vous pensez arriver à 30 % de protection dans les eaux métropolitaines ?
Je refuse la distinction. La France a une ZEE tout entière, et donc nous faisons bien plus de 30 %, et on fait bien 14 % de protection forte. Pardon, mais c'est trop facile, sinon.
Je refuse d'être une chauve-souris qui, selon l'heure du jour et de la nuit, est un oiseau ou une souris. Non. Nous, on a une ZEE.
Elle est immense, on la couvre, on prend des règles et donc on est à 14 %. J'accepte de rentrer, parce qu'on est encore plus exigeants et qu'on veut aller plus loin, sur la partie européenne stricto sensu, ce qu'on appelle "métropolitaine". Mais enfin, nous, on a déjà nos engagements internationaux.
D'ailleurs, strictement parlant, si vous regardez nos obligations à l'égard des Nations Unies, de tout ce que nous avons mis en place, nous répondons à ces obligations. Donc le débat qu'on a sur la zone métropolitaine est un débat qui est déjà un débat du mieux, si je puis dire. J'ai envie de dire, comme on passe de 8 à 12 en protection et que nous, on est déjà à 30, les amis, rejoignez-nous !
Parce qu'en protection d'aires marines protégées, nous, on est au-dessus de 30, maintenant. Si je prends les ZEE du monde entier, on était à 8 avant cette conférence, on passe à 12. La France fait partie des meilleurs élèves.
Il n'y a pas de meilleurs élèves que nous en Europe, aujourd'hui, compte tenu de notre zone, ce n'est pas vrai. Je ne suis pas d'accord avec ce débat. Ensuite, je note que les ONG ont eu une déclaration extrêmement mesurée.
Elles voudraient qu'on aille plus loin. C'est normal, c'est leur travail, je les respecte. Elles sont plus exigeantes.
Mais elles reconnaissent que nous nous interdisons, dans ces 4 %, le fait d'aller racler au fond de la mer. Elles le reconnaissent. Ce qu'elles voudraient, c'est qu'on interdise toute forme de pêche dans la colonne d'eau, dans ces 4 %.
Elles veulent qu'on aille plus loin. Ça, on va continuer de le concerter avec les pêcheurs. D'ailleurs, les Britanniques, qui ont sorti un très beau communiqué de presse, ont beaucoup moins d'enjeux parce que leurs pêcheurs vont pêcher généralement chez des voisins, mais surtout, ils annoncent qu'ils vont concerter.
Ils n'annoncent pas qu'ils ont décidé. Nous, on a concerté. Ce que je vous annonce, ce sont des décisions avec une carte qui a été prise.
Mais moi, je veux le faire avec les pêcheurs. J'ai reçu des scientifiques pour préparer ce sommet, il y a quelques mois. En particulier, il y a des scientifiques qui m'ont montré l'impact des sciences humaines.
Ils m'ont expliqué le cas de Paimpol, en Bretagne. On a complètement réussi à enlever les pêches qui étaient les plus dangereuses pour les espèces. C'est vraiment un exemple vertueux.
Ça a pris des années, mais on a proposé des alternatives à nos pêcheurs. Donc tout ce qu'on est en train de faire in vivo, dans nos débats, qu'est-ce que c'est ? C'est mobiliser la communauté internationale sur la base de la science, emmener tout le monde pour se doter de règles collectives, puis ensuite emmener tous les acteurs économiques, et donc là, en l'espèce, les pêcheurs, pour les aider à changer.
Mais il ne faut pas, du jour au lendemain, les mettre face à des interdictions sans concerter. C'est comme ça qu'on perd tout le monde. C'est en faisant des choses comme ça qu'on se retrouve ensuite, des années après, à avoir des pays qui tournent complètement le dos à l'écologie, parce que vous avez construit des gens devenus réfractaires à l'écologie.
Moi, je suis convaincu du chemin qu'on mène. C'est-à-dire qu'on repose sur la science, on engage la communauté internationale, on fait les choses pour nous-mêmes, mais on est respectueux et on emmène tout le monde. Nos pêcheurs, on est en train de leur demander de sacrés efforts.
Simplement, nous, à côté, on doit les accompagner. Donc là, ils ont fait un très gros effort. Sur ces 4 % en zone métropolitaine, la France fait du mieux-disant, parce qu'elle est déjà à 14 %, je vous le répète, de protection forte dans toutes ses ZEE.
Mais je vous dis bien que ce sera un vrai changement pour ces zones. Pour nos pêcheurs, ce sera une vraie contrainte. On va les accompagner.
Puis, ce faisant, on va aussi les accompagner pour aller s'équiper avec des bateaux et une flottille qui correspondent aux pratiques de pêche qu'on promeut. C'est pourquoi on a créé un fonds avec CMA CGM, le fonds Décarbonation, qui aide à renouveler cette flotte pour qu'elle respecte nos règles. C'est aussi pour ça qu'on a besoin que la Commission européenne aille plus vite.
Je l'ai redit ce matin, et je sais la présidente U. von der Leyen mobilisée, pour aider ces pêcheurs à avoir des bateaux qui leur permettent de faire leur travail, et qui sont conformes aux règles dont on veut se doter. Puis on va continuer la concertation pour s'améliorer.
Les ONG parlent aussi de certaines pêches sensibles, les alevins d'anguilles. C'est très sensible parce que, dans certains bassins de pêche, ça représente beaucoup pour les pêcheurs. On va aussi lancer la concertation là-dessus.
On va continuer, je vous rassure, on ne s'arrêtera pas là. On le fera en transparence, comme toujours. C'est-à-dire qu'on vous dit exactement ce qu'on fait, on donne les cartes, on concerte et on continue d'avancer, mais on accompagne en proposant des solutions à nos pêcheurs.
Bonjour, Monsieur le Président, Mathieu Coache, BFMTV. Une flottille d'humanitaires et de parlementaires a été interceptée par Israël, la nuit dernière, à proximité de Gaza. D'abord, avez-vous des nouvelles des 6 Français qui étaient à bord, dont une députée européenne ?
Est-ce que leur arrestation est illégale ou abusive, selon vous ? Et allez-vous parler au Premier ministre israélien pour lui demander le rapatriement immédiat de ces ressortissants français ? Je vous remercie.
Merci beaucoup. Évidemment, tout cela a été suivi avec beaucoup de vigilance par le Quai d'Orsay. Je dirai deux choses très simples.
D'abord, la France est vigilante et aux côtés de tous ses ressortissants lorsqu'ils sont en danger. Nous avons évidemment passé tous les messages pour que la protection soit assurée à l'égard de nos ressortissants, que la protection consulaire à laquelle ils ont droit soit assurée et que, dès qu'ils auront eux-mêmes signé les autorisations, ils puissent retrouver au plus vite le sol français. Les liens entre nos ministères des Affaires étrangères sont constants.
Ensuite et surtout, la France appelle à un cessez-le-feu au plus vite, et à la levée du blocus humanitaire. Le scandale, l'inacceptable qui se joue à Gaza, c'est cela. C'est ce qui, depuis début mars, est une honte.
Une honte. J'ai encore eu, le président des États-Unis d'Amérique et l'émir du Qatar, qui jouent un rôle extrêmement important dans la négociation sur ce sujet, d'abord en les remerciant pour cet engagement, et en disant que maintenant, il fallait qu'on obtienne enfin ce cessez-le-feu, la libération des otages et une réouverture des routes humanitaires. C'est indispensable.
Et que les Nations Unies puissent faire, avec leurs agences et les ONG accréditées, en parfaite transparence, leur travail. On parle d'enfants et de personnes dans une situation très grave, aujourd'hui. On parle de personnes âgées qui sont en train de mourir, chaque jour, à cause de ce blocus et à cause du fait que le cessez-le-feu n'est pas signé.
Bonsoir, Monsieur le Président. Julien Nény, pour France Inter et Radio France. Hasard du calendrier, il y a un an, jour pour jour, presque à la minute près, vous annonciez, à la surprise générale, la dissolution de l'Assemblée nationale.
Aujourd'hui, objectivement un an plus tard, la situation politique pourrait être qualifiée de bloquée. Certains, même la plupart de vos alliés, reconnaissent ce blocage et dénoncent même une forme d'immobilisme, pour certains. 1re question toute simple, est-ce que vous assumez toujours cette décision ?
Est-ce que vous vous sentez responsable de la situation que je viens de décrire ? Puis 2e question qui va avec, est-ce que, comme vous l'avez déjà affirmé en privé à plusieurs députés du bloc central, vous êtes prêt aujourd'hui à vous engager publiquement à ce qu'il n'y ait pas de nouvelle dissolution d'ici la fin de votre 2nd mandat ? D'abord, si je me remets un an en arrière, et que je relis tous les papiers que vous aviez publiés entre 2022 et 2024, vous m'aviez à peu près tous dit que la dissolution était inéluctable et que la motion de censure arrivait.
Donc je ne dirais pas que c'était totalement la surprise générale, parce que vous l'aviez tous prédit et tous écrit. Voilà, vous l'aviez vraiment tous écrit et prédit, parce que tout le monde connaissait la situation, qui était celle d'une majorité relative avec des formations politiques autour, qui ne voulaient pas faire avancer le pays. Mais beaucoup de choses ont été faites pendant ces 2 ans, qui étaient très importantes pour le pays.
Ensuite, je l'ai dit, évidemment, j'assume la décision que j'ai prise, je l'ai prise il y a un an. Est-ce que je pense qu'elle a été comprise et qu'elle a permis de clarifier les choses ? Non.
Après, ce sont les Français qui ont voté, ce n'est pas le président de la République. Donc les Français ont fait un choix en conscience. C'est le leur.
C'est ça, la démocratie. Et des formations politiques qui se sont présentées devant eux ont pris leurs responsabilités, elles composent le Parlement. Que n'ai-je entendu pendant les 7 ans qui précédaient ?
J'avais tous les pouvoirs et je prenais toutes les décisions. Maintenant, le pouvoir est au Parlement. Vous savez quoi ?
C'est aux formations politiques qui sont au Parlement de travailler ensemble pour faire avancer le pays, et au gouvernement de faire avancer le pays. Ce serait un peu facile de reprocher au président de la République, et le vote des Français, et l'immobilisme des formations politiques, dont certaines ont été expliquer que le j'avais trop de pouvoir, ou qu'il fallait faire ceci ou cela. C'est ça, une démocratie.
Dans toutes les démocraties autour de nous, les formations politiques qui n'ont pas de majorité apprennent à travailler ensemble pour bâtir de l'action. C'est ce qu'on doit faire. Moi, je vous rassure, je continue d'agir dans mes prérogatives et là où je suis.
Vous le voyez aujourd'hui, je ne lâche aucun combat et je n'en lâcherai aucun. Je pense qu'aujourd'hui, on voit que la solution, pour le pays, ce n'est en tout cas pas de détricoter les choses, ni l'écologie ni l'économie. Parce que la France, jusqu'à maintenant, depuis 2017, a créé plus de 2 200 000 emplois.
Elle a quand même baissé son chômage de 2 points, et elle l'a fait en multipliant par 4 ses baisses d'émission de CO2. Il n'y a pas un autre pays européen qui a de tels résultats sur ces 2 sujets. On a montré qu'il y avait un "en même temps" possible.
On a avancé sur tous les sujets. On a agi. Le gouvernement continue à agir.
Donc le gouvernement doit continuer d'avancer, de proposer des réformes, et les formations politiques qui sont en situation de dégager une majorité à l'Assemblée nationale, doivent montrer qu'elles savent travailler ensemble, comme le font nos voisins en Allemagne, aux Pays-Bas et en Belgique, comme le font aussi tous nos autres voisins qui ont des coalitions, même si elles sont différentes dans leur géographie. C'est ça, la démocratie. C'est ça une démocratie dans des moments où les pays sont divisés.
Donc j'ai confiance. J'espère, mais, en tout cas, moi je n'arrêterai pas d'agir. Je pense que ça rend chacun lucide sur le fait que les "yaka-fokon" ne valent pas politique.
Sur la 2e question, mon souhait est qu'il n'y ait pas d'autre dissolution. Mais mon habitude n'est pas de me priver d'un pouvoir constitutionnel parce que, si des formations politiques décidaient d'avoir une approche totalement irresponsable et de bloquer le pays, peut-être me retrouverais-je dans une situation où je devrais utiliser la Constitution. Je n'ai pas l'habitude de dire que je n'utiliserai pas la Constitution.
Je suis un esprit très simple, mais mon souhait, c'est de ne pas le faire. Mon souhait, c'est que ce Parlement, qui correspond d'ailleurs à l'état du pays et de ses sensibilités, trouve le chemin d'une action utile pour le pays aux côtés du gouvernement. On a tant à faire.
Il faut consolider ce qui a été fait ces dernières années, mais il faut continuer d'avancer sur une écologie à la française, qui permet de créer des emplois. Il faut continuer les réformes économiques, dans un moment, on le voit bien, de grands dérèglements du monde. Il faut continuer notre ambition européenne.
On va avoir à investir davantage dans notre défense et notre sécurité. On doit continuer à lutter, comme le gouvernement le fait d'ailleurs, ce qui montre qu'il y a quand même beaucoup de choses qui ont été faites cette dernière année. On a su avancer sur le narcotrafic.
On a su avancer sur des combats qui sont importants pour la sécurité de nos compatriotes, parce qu'on avait aussi pris préalablement des décisions pour réarmer nos dispositifs et rééquiper l'État. Donc on va continuer à avancer. Simplement, il faut le faire avec une stratégie claire.
Le pays, qui est le nôtre, a encore des défis immenses. On doit répondre à la poursuite du travail économique. Il faut continuer d'être un pays attractif, qui crée des emplois.
Nous devons continuer la bataille écologique. Nous devons gagner la transition numérique qui est à l'œuvre avec l'IA, et la France est un leadership. En février dernier, post-dissolution, on a annoncé 109 milliards d'investissement, et on a su prendre des avancées.
Nous devons continuer d'être un pays qui renforce son unité par des services publics plus forts, plus modernes et plus efficaces. Ce sont des réformes que le gouvernement va porter et que le Premier ministre va annoncer, aussi, par une armée qu'on va continuer de renforcer, deux LPM se déploient, et par une justice des forces de sécurité intérieure qu'on va continuer à mobiliser sur les priorités parce qu'on veut un pays où on vit tranquille et uni. Voilà, les axes sont clairs.
Ces axes, qui valent pour la nation, on les déclinera au niveau européen avec un engagement fort. La France doit continuer, avec l'Allemagne et les autres pays d'Europe, à mener une ambition européenne forte, et nous n'avons pas cessé de le faire, y compris ces derniers mois. Regardez, il y a quelques semaines, un chancelier nouvellement élu en Allemagne est venu à Paris, et nous avons proposé ensemble un reset franco-allemand.
On avance. Il faut regarder les choses avec honnêteté, et il faut les regarder avec le sens du service. De là où je suis, de là où est le Premier ministre et son gouvernement, de là où sont les parlementaires, on doit tous trouver le chemin des femmes et des hommes de bonne volonté qui, malgré leurs différences, compte tenu de l'époque dans laquelle nous sommes, des troubles géopolitiques et des grandes transitions que nous vivons, doivent construire les solutions les plus ambitieuses pour le pays.
C'est la seule chose qui vaille. Le reste ne compte pas. Merci beaucoup, Monsieur le Président.
Nous arrivons au terme de cette conférence de presse. Merci beaucoup. Merci à toutes et tous.
On fait une photo avec les équipes.
Emmanuel Macron