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interviewSud Radio· 19 décembre 2025 32 min

Juan Branco :"On est à la veille d’un effondrement systémique"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Invité

TerreDeFrance.fr, le premier site d'articles français et patriotes présente... Sud Radio, les carottes sont cuites. Les carottes sont cuites.

0:19
Présentateur

Sud Radio, Bercoff dans tous ses états. André Bercoff, Céline Alonso.

0:34
Invité

Edith Piaf sur Sud Radio pour parler du projet présidentiel de l'avocat Juan Branco, André Bercoff, qui, effectivement, va être candidat en 2017, André.

0:44
Présentateur

27, 27, 27. Pardon, 27, excusez-moi. On aurait dû, on aurait dû. 2027, oui, effectivement. Juan Branco, alors moi j'ai été trisonné, Juan Branco, c'est les livres sur Macron, c'est des polémiques énormes, c'est son exclusion de l'ordre des avocats, mais il va le réintégrer, c'est la défense de Julian Assange, j'en ai dit Julian, tu vois, je suis resté dans le roux, là. Julian Assange, c'est la défense d'un certain nombre de gens, dont l'opposant sénégalais Sonko, Ousmane Sonko, et c'est l'avocat de toutes les causes. Alors certains lui disent, mais non, ça suffire, c'est pas possible, il est trop bordaire, là, et les compagnie.

Les autres disent, non, mais c'est bien qu'il y ait des gens, et je dirais, moi, une chose très importante, on ne peut pas parler de liberté si on invisibilise des gens qui ne sont pas d'accord avec vous. Je reviens à ça. C'est quand même fondamental. Il y a des gens qui ont des opinions qui soient droite, gauche, en haut, en bas et ailleurs. Et je veux dire, comment il se fait qu'au nom de la liberté d'expression, on la supprime ?

Donc, Juan Branco, je voudrais qu'on en parle, on va parler aussi de votre film, Le massacre de Gilles Doré, mais on va peut-être commencer justement par le Assaïra, parce que vous aussi, vous avez envie de, je ne dirais pas révolutionner, mais oui, changer le système, quelque part.

1:59
Juan Branco

C'est très clair que là, on est à un moment de, c'est plus une crise démocratique, on est à la veille d'un effondrement systémique, en fait. Parce que, vous voyez, on l'a vu avec la crise des agriculteurs cette semaine sur la DNC. En réalité, on avait un gouvernement qui était complètement tenu par ses engagements européens sur la classification de la maladie, sur le fait que s'il y avait une vaccination générale, tout de suite, ça rendait le cheptel non indemne, et donc ça lui fermait la porte aux exportations. Bref, toute une série de règles sur lesquelles ils ne peuvent rien faire. Et donc, eux, ils aiment bien donner l'impression qu'ils ont le pouvoir aujourd'hui.

Donc, ils font mine de pouvoir faire des choses, mais de décider de ne pas les faire, ou l'inverse. Et en réalité, on voit bien que si on ne sort pas de ce système, si on ne sort pas à la fois de l'Union européenne, et éventuellement de l'euro, et en toutes circonstances, si on ne redonne pas au peuple la possibilité de décider, notamment dans des moments comme celui-ci, où il n'y a plus de majorité, où le Parlement est complètement effondré, on se retrouve avec une montée des colères très légitimes, avec une résistance à l'égard de ces méthodes barbares, parce que ce à quoi on assistait, c'est à la prise de pouvoir par la bureaucratie.

C'est d'un coup la bureaucratie, puisqu'il n'y a plus de gouvernement aujourd'hui, en réalité, elle voit des cases, elle les coche, et qu'importe si on a des bétails, des cheptels entiers qui sont massacrés sans son justification.

3:07
Présentateur

Oui, parce que pour une vache, une maladie dont elle n'est pas transmissible à l'homme, et les contagieux, on tue tout le cheptel.

3:13
Juan Branco

C'est ça, en fait, pas tant par peur d'une contamination en général, parce que de toute façon, si ça intervient, ça deviendra endémique, c'est une maladie qui est dans les États, ou alors... Donc en fait, c'est simplement lié à la peur de ce que telle réglementation ne soit plus respectée, que ça entraîne telle conséquence réglementaire, et qu'infin, en fait, toute la filière se bloquée. C'est pour ça que la FNSEA est pour l'abattage, contrairement à l'ensemble des autres syndicats...

3:37
Présentateur

Vous voyez, c'est intéressant, elle a quitté, alors, c'est peut-être une posture, même la FNSEA a quitté la table des négociations pour le moment.

3:43
Juan Branco

Oui, c'est dire, on en est là.

3:44
Présentateur

C'est pour dire où on en est. Mais alors justement, on voit très très bien, on a suivi toutes les séquences, vous avez suivi comme moi, comme nous, le Covid, le climat, la guerre en Ukraine, le Moyen-Orient, etc., etc., bien. Et puis vous n'êtes pas que ici, vous voyagez, mais au fond, ce système-là, il ne tient plus, mais alors, on dit toujours, oui, c'est très joli, mais on le remplace par quoi ?

4:06
Juan Branco

Oui, mais là, on a beaucoup... C'est pour ça qu'on a fait ce projet, qu'il y a quand même plus de 300 propositions vraiment détaillées, avec le point principal, c'est quoi ? C'est qu'on change de régime politique, c'est-à-dire qu'on rend la possibilité au peuple, comme en Suisse, de décider par lui-même quand il le souhaite, et pas quand on décide qu'il le devrait. Ça, c'est quand même un point fondamental, la possibilité d'avoir des référendums, des initiatives citoyennes, on appelle ça, des RIC, et des mandats impératifs et révocatoires.

C'est-à-dire que si à un moment donné, vous vous rendez compte qu'on vous a trompé sur la marchandise, qui a été le cas avec Emmanuel Macron, eh bien, on décide de passer à une autre... de le sortir de la situation à qualité, en amont du délai qui avait été fixé par le système électoral classique. Il y a les référendums sur l'OTAN, qui est quand même le grand enjeu de notre temps, c'est la guerre. D'accord ?

On a des dirigeants qui veulent nous amener à la guerre, et qui, pour des raisons qui leur appartiennent, peut-être qu'on peut spéculer parce qu'ils n'ont pas de légitimité démocratique, et qui s'expliquerait pourquoi Macron s'est allié au chef d'État allemand, enfin, au chef de gouvernement allemand et anglais, qui sont les trois dirigeants les plus fragiles en Europe, pour essayer de continuer une guerre que tout le monde souhaite arrêter. Il faut qu'on mesure l'importance et la gravité de ce qui est en train de se passer, parce que les Français ont peut-être l'impression que c'est encore distant, loin.

On l'a vu il y a quelques jours avec les premières sanctions qui ont été prises contre un Français, un citoyen français qui ne peut plus rentrer sur le territoire du fait de ces propos qui sont considérés comme pro-russes. Xavier Roux, en l'occurrence. C'est important quand même qu'on se rende compte que c'est une décision qui est prise au niveau du Conseil de l'Union Européenne par les ministres des Affaires étrangères, en l'occurrence le Français, M. Barrault, sans aucun contrôle judiciaire, mais c'est plus important. Donc il n'y a pas de magistrat qui décide si quelqu'un ne peut plus rentrer voir sa famille, ainsi de suite. Mais c'est également sans contradictoire préalable.

Et moi qui défend des personnes qui ont été sanctionnées auparavant, notamment Nathalie Yombe, je peux vous dire que le processus judiciaire postérieur mené par le tribunal de l'Union Européenne, qui considère que c'est de la politique étrangère, donc c'est un contrôle vraiment à minima, prend des mois voire des années, et a un résultat quasi incertain, c'est-à-dire qu'il y a en gros 5 levées de sanctions pour plus de 300 personnes sanctionnées sur ce simple structure.

6:05
Présentateur

Mais par exemple, l'avocat que vous êtes, il peut répondre, on va être technique, mais c'est intéressant. Quand Jean-Noël Barrault, ministre des Affaires étrangères, dit, il donne un certain nombre de gens qui sont considérés, à toi ou à raison, nous ne l'entrons pas sur le fond, comme agents propagandistes de la Russie, ou agents russes, ou etc. Ils déstabilisent la France, etc., dont un franco-russe, puisque Xavier Moreau est français. Est-ce que légalement, est-ce que c'est légal ?

6:36
Juan Branco

Le droit de l'Union Européenne l'autorise aujourd'hui, et donc, il faut le contester en justice, il faut obtenir gain de cause en justice, mais comme je vous le disais, ça peut prendre des années, et entre-temps, on ne peut plus rentrer chez soi, tous nos avoirs sont gelés, et on se retrouve, en gros, dans une situation de criminalisation. La question qui... Sauf que c'est une criminalisation sans juge, sans garantie, sans l'exercice des droits fondamentaux. Pourquoi c'est important pour les gens qui nous écoutent ? On n'est pas en train de prendre...

Moi, en tout cas, je ne suis pas en train de prendre position sur cette question, sur le conflit russo-ukrainien, la position que la France devrait avoir ou pas. C'est que si vous acceptez qu'un gouvernement qui est minoritaire au sein du système parlementaire, lui-même complètement décrédibilisé auprès de la population, peut, sur une décision qui lui appartient avec ses autres correspondants européens, décider d'imposer des sanctions qui sont plus graves, quelque part, que des sanctions pénales, parce qu'il s'agit quand même de vous condamner à une forme d'exil, sans aucun contrôle judiciaire, je veux dire, si ça devient possible, sur le simple, sur la simple expression d'idée.

Oui, c'est ça. C'est-à-dire que la seule chose... Pour le moment, il n'y a aucune preuve qui soit... Non, mais il n'y en aura jamais parce qu'ils ne prennent appui que sur des sources publiques. C'est-à-dire que c'est l'autre bizarrerie construite par l'Union européenne. Ils ne peuvent prendre appui que sur des articles, donc sur des ondits, des rumeurs. Je veux dire, ce n'est pas tant l'affaire de cette personne en particulier qui compte. C'est la possibilité tout d'un coup, pour des dirigeants qui n'ont plus de légitimité démocratique, d'imposer des sanctions qui, normalement, ne devraient être le fait que du seul juge.

Et on voit de façon générale comment on est en train de mettre à bas complètement l'état de droit qui est censé être celui qui légitime le conflit avec la Russie. C'est-à-dire qu'on est dans un paradoxe absolument incompréhensible si on ne comprend pas qu'en réalité l'Union européenne se comportait comme, en gros, l'agent de l'impérialisme américain pendant une période. Et aujourd'hui, essaie de s'en autonomiser pour continuer à subsister malgré le détachement des...

8:28
Présentateur

Le Péris nous a lâchés, on va faire la guerre tout seul.

8:30
Juan Branco

Voilà. Pourquoi ? Parce que toutes ces structures de pouvoir risquent de perdre leur sens. Et donc elles cherchent à persister, y compris contre l'intérêt des populations. Donc il faut que nous, on mette un frein très rapidement. Parce que l'Union européenne, ce n'est pas une question idéologique, contrairement à ce que beaucoup pensent. C'est une question d'efficacité, de capacité de l'Union européenne à gérer des crises comme celle à laquelle on est confronté. On en parlait sur la question des douanes. Les tarifs douaniers qui nous sont imposés par les États-Unis, on aurait dû pouvoir y répliquer immédiatement. Et n'importe quel État souverain aurait pu immédiatement répondre.

Et c'est ce qui s'est passé en Chine, ce qui s'est passé... Surtout qu'il n'y a pas l'État européen. Voilà. Et donc le temps de prendre une décision nous met en position. C'est des mois qui sont profitées, dont il est tiré profit par l'adversaire, pour entre-temps nous écraser. De sorte que l'on est de ceux qui se sont le moins bien tirés dans la guerre douanière qu'a menée M. Trump à l'échelle mondiale. Alors que l'on est encore, puis pour très longtemps, une grande puissance. Donc vous voyez, de façon générale, notre tempo politique, il est affecté par l'existence de cette Union européenne.

Ce qui fait que quand on arrive, quand on est président de la République au pouvoir, on est obligé de composer tout de suite avec le Parlement européen des élections qui vont avoir lieu deux ans plus tard. Mais aussi, et c'est aussi ce qu'on propose à l'échelle des collectivités locales.

9:40
Invité

Vous êtes pour la sortie de l'Union européenne ?

9:42
Juan Branco

Moi, je pense qu'il faut rendre la parole aux Français parce qu'on l'a lui volée en 2005. En 2005, on lui a volé. Ils avaient répondu aux Français. Il faut rendre ça. Et moi, je pense qu'il faut se préparer à une sortie de l'Union européenne qui est inefficace, bureaucratique, et qui propose une idéologie qui ne correspond plus à celle qui est celle de la majorité des Français. Je suis un enfant de l'Europe. Je suis né en Espagne, d'un père portugais, élevé en France. Donc il ne s'agit pas d'être contre l'Europe. Mais quand on a un monstre bureaucratique qui, en fait, n'arrive plus à résoudre les problématiques françaises...

Et l'autre élément, c'est qu'on ne peut pas être dans une négation d'identité des peuples. Vous voyez cette idée que la nation n'existerait pas, qu'il n'y aurait pas des différences culturelles, qu'il y aurait un grand ensemble homogène dont la seule caractéristique commune, ce serait quoi ? Le marché ? C'est-à-dire le fait qu'en gros, une sorte d'asservissement capitaliste à des puissances étrangères aux États-Unis... Non, il faut rendre ça.

10:30
Présentateur

On a fait l'Europe du marché jusqu'ici.

10:32
Juan Branco

Voilà, c'est ça. C'est comme disait Jean-Luc Godard, un très grand réalisateur. Il disait, oui, l'Europe est née avec le charbon et l'acier. 50 ans plus tard, on n'a ni charbon ni acier. Donc il faudrait peut-être s'interroger sur l'efficacité de ce...

10:43
Présentateur

C'est évidemment une boutade, mais... Le pélican, ses ailes de géant, l'empêche de marcher, en plus.

10:47
Juan Branco

Et puis après, elle finit par dévorer ses enfants, si on suit Baudelaire.

10:50
Présentateur

Alors qu'est-ce qui fait, Juan Branco, quand même, que vous voulez vous présenter ? C'est-à-dire que, bon, on peut dire, OK, vous avez des gens qui vous suivent, vous avez beaucoup de gens qui vous suivent, etc. Enfin, vous connaissez, il y a aujourd'hui... Aujourd'hui, on est encore un an et demi de mai 2027, un peu plus. Et il y a déjà 35 candidatures. Et il faut... Vous savez très très bien le chemin du parcours du combattant qu'il y a à faire. Qu'est-ce qui fait que vous dites, bon, moi, je vais y aller ? Pourquoi ?

11:17
Juan Branco

On a commencé le chemin il y a un an, quand il y en avait qu'une. D'ailleurs, une journaliste du Monde était venue me voir pour faire un papier sur notre candidature, qui a évidemment été censurée par la direction de la rédaction. Elle m'avait dit, et je lui avais demandé, mais pourquoi vous venez de nous voir ? Parce qu'on avait eu un impact sur les réseaux sociaux, mais dans l'espace institutionnel, on ne cherchait pas forcément une attention à ce moment-là. Elle m'a dit, parce que vous êtes le seul avec Édouard Philippe à vous être candidat. Moi, je n'étais même pas au courant qu'Édouard Philippe l'avait annoncé à ce moment-là. C'est dire...

Et donc, entre-temps, il y a eu une sorte d'effet boule de neige, parce qu'ils sont un peu plus lents que nous, mais ils se sont quand même rendus compte qu'en réalité, il y avait un espace d'effondrement potentiel et qu'il fallait, quelque part, proposer des solutions. Nous, on a créé une plateforme collaborative, ce programme, ce projet dont vous parlez, en est issu. 25 000 personnes y ont contribué et ont apporté... Parce que vous voyez, maintenant, aujourd'hui...

12:02
Présentateur

Ça fait combien de temps que vous l'avez lancé ?

12:04
Juan Branco

Ça fait un an. En fait, il y a une maturation de ce travail. On lance aujourd'hui le site qui s'appelle ruchepuriel.org, qui permet de s'inscrire.

12:12
Présentateur

Si les gens veulent voir le projet, le lire...

12:13
Juan Branco

C'est ça, s'inscrire, participer, contribuer, participer aux ruches locales dans chaque département. Donc, on a aujourd'hui 70 ruches départementales. Vous voyez, Dominique de Villepin arrive là et dit « j'ai 50 000 adhérents ». C'est des gens qui sont inscrits à une newsletter. Nous, on a tout de suite offert un rôle aux gens. C'est-à-dire, on leur a permis de contribuer, de participer, de s'impliquer, et surtout de nous dire sur l'agriculture, sur l'éducation, en tant que professeur, en tant qu'agriculteur, dans un GIEC ou tout seul, sur quelles étaient les problématiques auxquelles ils étaient confrontés, de faire des propositions et d'affiner.

On pose trois questions aux gens qui viennent à chaque fois. Qu'est-ce que vous auriez rêvé de faire dans la société ? Premier point. Qu'est-ce qui vous en a empêché ? À chacun, vous dites « à chacun ». Qu'est-ce qui vous en a empêché et qu'est-ce qu'il faudrait changer pour que cela soit possible, si ce n'est pour vous, pour ceux qui vous suivront ? Et comment on accorde ça ensuite avec le fait qu'on ne peut pas satisfaire les désirs de tout le monde ? Et en fait, ça amène chacun... On part d'une démarche contestataire.

C'est ce que vous auriez presque pu me reprocher au début de cet entretien, de dire « oui, tout va mal, oui, en effet, tout le monde dit que tout va mal, parce qu'en effet, tout va mal ». Donc, on accroche les gens qui viennent en s'en plaignant. Et après, on leur dit « bon, d'accord, mais comment est-ce qu'on accouple ça avec les contraintes d'un pays qui a tant de ressources, qui a tel... » Par exemple, sur la sortie de l'euro, qui est un point très... Je réfléchis avec des économistes un peu alternatifs. Vous êtes pour la sortie de l'euro. Je pense qu'il faut vraiment l'envisager sérieusement.

13:30
Invité

Mais vous, comment vous l'envisagez ? Parce que c'est très complexe, quand même, cette mesure.

13:34
Juan Branco

Les derniers plans qui ont été pensés pour la sortie de l'euro datent de 2013-2014. C'est-à-dire le dernier moment où les économistes y sont penchés. C'était après la crise grecque, enfin en pleine crise grecque de la dette. Donc, on avait vraiment réfléchi au cas où tout ça s'effondrait. Et en réalité, à l'époque, on avait encore 17-18% d'industrie dans le PIB. Aujourd'hui, on en est à 11-12%. Vous imaginez en 10 ans la violence de la... Et donc, plus ça baisse, plus c'est difficile de sortir. Parce qu'en réalité, là, on vit... Parce qu'on dépend de... Voilà, et on dépense de l'argent qu'on a pu pour acheter à l'étranger, ce qu'on ne produit plus.

Donc, à chaque fois, l'effort, et donc la dévaluation qu'il va falloir mettre, qui était peut-être de 20-30%, maintenant, c'est 45%. Est-ce que c'est possible et supportable ? Et quelles mesures on prendrait pour que les Français ne se retrouvent pas, tout d'un coup, sans habits ou sans capacité à se chauffer, et ainsi de suite ? Parce que c'est ça, la question de la politique monétaire. On se plaint beaucoup d'un système qui est en train de s'effriter.

14:25
Présentateur

Parce que, justement, les gens vous disent, oui, après, le franc, mais le franc, il ne va valoir rien du tout, et on va faire comment ?

14:30
Juan Branco

Oui, sauf que le franc n'a jamais rien valu. Il faut arrêter avec ça. C'est-à-dire qu'on a une puissance économique réelle, et la question, c'est comment est-ce qu'on s'assure qu'on vit aussi au niveau de cette puissance, et comment on fait que toutes les zones qui ont été dévastées par la désindustrialisation, que ce soit la paire du textile, qui maintenant est fabriquée par des esclaves au Bangladesh, on va devoir rapatrier ça. Ça va coûter un peu plus cher, mais on va avoir plus d'emplois. Mais c'est extraordinairement compliqué comme paramètre. On n'est pas en train de vous dire que c'est la solution miracle.

Et il va falloir qu'on organise un débat autour de ces questions dans les six mois de mon élection, pour s'assurer que si on prend cette décision, on le fait en conscience tous. C'est-à-dire qu'on va perdre des privilèges qu'on avait.

15:08
Présentateur

Alors, Romanco, il y a l'économie, il y a l'euro, évidemment, on ne va pas résoudre ça là. Et puis, effectivement, comme vous dites, il y a un an et demi. Mais quel est l'autre pôle le plus important pour vous ?

15:20
Juan Branco

Moi, je pense qu'il faut une simplification bureaucratique et impositive. Il y a 300 taxes, on a vraiment fait la liste de chacune, 300 taxes qui peuvent être supprimées, parce que soit elles coûtent plus cher. 300 taxes. Taxes et impôts. 300 impôts, oui. Soit elles coûtent plus cher à collecter que ce qu'ils apportent effectivement, soit de toute façon, ça crée une lourdeur bureaucratique. Et là, on voit avec les débats budgétaires, c'est le concours l'épine. C'est-à-dire qu'ils en rajoutent, pas forcément pour alourdir la facture d'ensemble, mais ça crée une complexité pour n'importe quelle personne.

15:48
Présentateur

Solution mille, afuera, afuera, afuera.

15:50
Juan Branco

On sort, c'est pas tant sur... Moi, je pense qu'il faut réduire la part de la lourdeur bureaucratique et administrative et la part de la taxation et de l'impositive générale, pour tout le monde, à commencer par les classes moyennes. Mais après, du coup, il faut savoir ce qu'on retire. On ne va pas prétendre qu'il y a une solution miracle, où on perd, on gagne tout et on ne perd rien. Donc nous, on propose là... En fait, on en est à la huitième version de ce projet, c'est-à-dire, c'est itératif. On agglomère les propositions, on renvoie. Et puis, vous corrigez au fur et à mesure...

Bien sûr, et on a des doctorants en économie, de polytechnique, de je ne sais pas quoi, qui nous aident et qui disent, là, cette proposition qui fait l'unanimité parmi les 25 000 abeilles, ça va créer telle dépense. Donc, telle dépense, il faut l'ajouter au budget, il faut voir après qu'est-ce qu'on retire, et on équilibre au fur et à mesure de cette façon. Mais ce qui est certain, c'est qu'il faut alléger. Il faut alléger à la fois... Parce que c'est aussi presque une question spirituelle. Quand on est salarié, c'est vrai, une majorité de la population active aujourd'hui, on ne s'en rend pas forcément compte.

Mais la violence et la lourdeur qu'il y a à gérer, créer des ressources dans ce pays, c'est quelque chose qui est assez difficile à supprimer.

16:54
Présentateur

Les normes, la bureaucratie, etc. Mais alors, justement, on va en parler, on va continuer d'en parler. Mais les ruches et les abeilles, c'est pour le miel. Comment ? Alors, le miel, ça doit attirer, parce que le miel, c'est très bon. C'est pour s'aimer aussi. Bien sûr, il faut polliniser aussi. Et puis, voilà, il faut polliniser. Vaste programme. Juste une chose. Au fond, comment ramener, parce que ça fait partie complètement des choses, ramener une partie du peuple, je ne dis pas que tout le monde, mais enfin, une grosse partie du peuple, ne croit plus en politique. Vous le savez très bien. C'est-à-dire qu'ils ont une méfiance totale qui peut se justifier.

D'ailleurs, droite et gauche confondus avec ce qu'ils ont entendu pendant 40 ans. Ce n'est pas Macron, là. C'est bien avant Macron, y compris Macron. Et là, ils se disent, mais c'est fini, pourquoi on va s'intéresser à X, Y ou Z ?

17:36
Juan Branco

Mais là, ils ont raison. Et nous, on ne leur appelle pas à croire, ni à fortiori à se soumettre. On les appelle à participer. C'est-à-dire, on les appelle à en faire leur projet eux-mêmes. Vous savez, jusqu'ici, la seule démocratie participative, entre guillemets, qu'on proposait aux Français, c'était, on va te laisser le choix de la personne qui va te diriger, y compris lors des primaires citoyennes, tout ça. Là, ça n'a rien à voir.

C'est vraiment une base programmatique qu'on construit ensemble et qu'ensuite, on va faire porter, en l'occurrence par moi, parce que je suis celui qui a le plus accès à l'espace institutionnel médiatique, mais peu à peu avec des porte-parole régionaux et surtout par thème, enfin, vous voyez, qui vont commencer à incarner, qui sont des gens qui ont créé des entreprises. Notre secrétariat général, c'est un mélange de gens qui ont tous une expérience de vie à un moment, quelque chose de différent, qui leur ont fait penser, OK, on veut la révolution. La révolution, il y a deux moyens de l'avoir en France.

Soit par un mouvement comme les Gilets jaunes, qui avait 80% d'approbation quand même de la population, soit par le coup d'État institutionnel que propose la présidence. Pas toutes les autres élections. Soit un coup d'État violent, vous en avez parlé dans un livre. J'ai proposé le coup d'État violent, mais en essayant d'éviter.

18:39
Invité

Mais votre candidature, c'est un coup d'État légal.

18:42
Juan Branco

C'est exactement ça. Cette candidature, vous voyez, ça, ça a été fait par un des... C'est fabriqué de façon autonome par des membres qui, à un moment donné, s'organisent par eux-mêmes. Parce que ça aussi, on voit beaucoup de gens arriver, c'est la logique républicaine actuelle. Et ils arrivent comme des clients. C'est-à-dire, ils arrivent comme des personnes qui veulent qu'on leur offre un service. Et on leur dit, mais pas du tout. Non, non, il va falloir qu'on construise ensemble. Moi, je ne suis pas votre sauveur. On va construire ensemble cette force-là et on va voir où elle nous mène. Et puis, après la question de l'incarnation, est-ce que c'est moi ? Peut-être que ça sera moi.

Peut-être que vous parlez au futur président de la République. Mais l'important, c'est qu'on essaime. L'important, c'est qu'on polonise.

19:16
Invité

Ron Branco, on va être obligés de faire une petite pause. On va continuer de parler de votre projet politique pour la présidentielle 2027, dans un instant sur Sud Radio. Terre de France.fr, le premier site d'articles français et patriotes présente... Sud Radio, parle ton français. Les carottes sont cuites. Les carottes sont cuites.

19:44
Présentateur

Sud Radio, Bercoff dans tous ses états. André Bercoff, Céline Alonso.

19:49
Invité

Rendre à la France sa souveraineté et à son peuple la possibilité de décider, c'est le projet politique de l'avocat écrivain Juan Branco pour la présidentielle 2027. Il débat sur Sud Radio avec André Bercoff.

20:01
Présentateur

Ron Branco, alors juste avançons un peu là-dessus. On ne va pas évidemment donner tout. Je rappelle vraiment, référez-vous à ruche.org. Ruche au pluriel.org. Vous entendrez toutes les abeilles et vous en ferez votre miel ou pas. Ça, c'est à vous de voir, auditeurs et résistants de Sud Radio. Mais au fond, moi je voudrais savoir, Juan Branco, qu'est-ce qui vous amenez ? Parce que vous êtes un enfant, allez, un fils de bourgeois. Vous avez fait les études qu'il fallait pour être un des hauts hiérarches de l'État, ENA, etc., tous les diplômes possibles et imaginables. En tout cas, vous en avez eu pas mal, vous êtes avocat.

Et puis, vous vous affichez, vous avez affiché très tôt, votre rupture avec ce système, avec les hiérarches de l'establishment. Et est-ce que c'est... On ne peut pas dire pour vous, vraiment, on peut tout vous afficher. C'est sûrement pas une imposture. Mais est-ce que ça a été une posture à un moment donné ?

20:56
Juan Branco

Non, enfin, qu'est-ce qui fait le destin d'un homme ? C'est toujours compliqué de remonter à la généalogie d'une chose. Mais je pense que ma rencontre avec Julien Nassange et Wikileaks a été cardinale. Parce que moi, j'y suis arrivé un peu la fleur au fusil. J'étais à IEL, je sortais de normal, j'avais fait le quai d'Orsay, tout ça. Donc je pensais que... Enfin, pour moi, vous savez, j'ai ressenti ça il y a quelques jours quand celui qui a dirigé ma thèse prenait sa retraite. Donc il donnait sa conférence de clôture à l'école normale. Et c'est un professeur d'histoire du droit. Donc il y avait tout un amphithéâtre plein de professeurs de droit, et ainsi.

Et ces gens parlent du droit comme une abstraction. Ils ne sont jamais sujets de ce droit. Ils ne subissent jamais les conséquences des appareils de pouvoir qu'ils analysent. parce que quand on grandit dans ces sphères-là... On est protégé, c'est ça ? C'est plus que protégé. C'est-à-dire que le droit... Théorique, on considère que vous êtes le droit. Vous êtes ce que le droit devra être, en quelque sorte. Votre comportement détermine le fonctionnement de la société. Donc on ne s'attend pas du tout, à un moment ou à un autre, à se retrouver ou à confronter brutalement à un appareil de pouvoir.

Et donc j'arrive, comme un gamin, un enfant de la balle, comme vous le dites, dans cette ambassade à Londres, où il était enfermé pour avoir révélé les crimes de l'armée étatsunienne.

22:03
Présentateur

C'est là où vous avez connu Julian Assange, l'ambassade de l'Équateur à Londres. C'est ça.

22:06
Juan Branco

Après, juste, je revenais du Centrafrique, où il y avait une guerre civile, je faisais ma thèse sur ce sujet, la violence de masse. Et là, en fait, tout de suite, je commence à l'aider, parce que je trouve que ça cause juste, mais comme un bourgeois aime défendre les causes justes. Vous voyez, comme Duxman, aujourd'hui, est convaincu que ce qu'il fait en Ukraine est favorable à l'humanité. Et là, dès que je sors de là, et que je reprends mon avion pour Yael, je suis placé dans ce qu'ils appellent le secondary screening, donc à la frontière, c'est-à-dire qu'on me met dans la petite salle au contrôle aux frontières. Et on me met une petite notice en indiquant que mes bagages ont été fouillés.

Et en fait, commence une aventure, une odyssée délirante, où je comprends...

22:40
Présentateur

Vous étiez déjà... Ah oui, il y a eu John L. Assange.

22:43
Juan Branco

Mais quelques jours après, quand je repars, c'est-à-dire que je me rends compte le niveau de surveillance et d'oppression, en réalité, que subissait cet homme. Et surtout, très vite, comment elle va s'appliquer à nous. Alors, j'ai encore le temps de miner des bitcoins à Yael en 2013 dans la bibliothèque, tout ça. Enfin, je fais le malin à ce moment-là. Mais peu à peu, l'étau se resserre à mesure que lui continue son travail et continue, en fait, à remettre en question les autorités de poux. Et comme on n'était pas si nombreux autour de lui, eh bien, ça se projette aussi sur son entourage. Et là, je découvre que la politique, c'est une chose sérieuse.

Et qu'en réalité, si on veut être digne, il faut, en fait, être à côté de son client et pas au-dessus. Et avec sa robe qui nous protège et qu'il va falloir prendre le feu, comme il a pris. Et c'est à ce moment-là que je décide de rendre public mon engagement avec lui, au moment où il révèle l'espionnage des présidents français par la NSA. Et honnêtement, à ce moment-là, en 2015, on pense qu'on va voir la Légion d'honneur. Je veux dire, on permet à la France de se défendre d'une action étrangère.

23:38
Présentateur

Vous êtes surveillé par les Américains, par la NSA, et qu'on va laisser...

23:41
Juan Branco

Et il y a à l'esprit que toutes les entreprises françaises qui participaient, et probablement c'est encore le cas, à des appels d'offres supérieurs à 250 millions d'euros où que ce soit dans le monde, faisaient l'objet d'une surveillance systématique par la NSA, de façon à capter tous les secrets industriels pour favoriser les entreprises étagéennes. On révèle ça. Eh bien, qu'est-ce qui va se passer ? La DGC va nous placer sous surveillance au titre du contre-espionnage. C'est-à-dire qu'ils vont considérer que c'est une manœuvre de déstabilisation de la France. Et donc, je comprends, et très rapidement, on se rend compte des conséquences que ça a.

Et donc, je me rends compte que je ne suis plus protégé dans mon propre pays. Et donc là, je pense, c'est peut-être une reconstruction, mais je pense que ça a vraiment joué. J'ai un sentiment de vulnérabilité qu'on ne ressent jamais, en fait, dans ces classes supérieures, en réalité, par rapport à l'appareil de pouvoir. En plus, ça s'est... C'est pour ça que je suis sensible à cette histoire de ce M. Moreau ou à Mme Yang. C'est pas par affinité idéologique. C'est parce que je sais ce que ça fait, tout d'un coup, de se retrouver face à cette sorte de menace... C'est un propre pays et on se dit... Et on perd cette souveraineté.

Et je pense honnêtement que c'est ce qui m'a relié, par exemple, aux Gilets jaunes. C'est parce que les Gilets jaunes sont nés dans cette vulnérabilité par rapport à ces appareils d'État. Et à un moment donné, soit vous êtes un être humain et du coup, il y a deux options. Vous vous en tirez, vous dites, ok, non, c'est pas pour moi, je prends la poudre d'escampette. Vous vous dites, non, là, il y a quelque chose à creuser et qu'il va falloir... Les instruments qu'on m'a donnés, il va falloir les mettre au service d'eux. Voilà, c'est un peu ce qu'on a essayé de réfléchir.

Et toute cette construction qu'on tente de proposer, toutes les propositions de solutions à ces systèmes, on n'a pas parlé de l'élection des juges pour essayer de mettre fin à ce système judiciaire aberrant. Le pouvoir des juges, le pouvoir...

25:12
Présentateur

Là, il faut se référer vraiment et il faut lire, il faut aller et lire...

25:16
Juan Branco

Mais toute cette idée, voilà, c'est un rééquilibrage qui permet enfin de faire que les Français se sentent en sécurité chez eux, au sens le plus plein, pas seulement de la sécurité face à la violence, l'immigration et compagnie, mais y compris par rapport à leurs dirigeants et aux classes dominantes. Vous voyez, il faut rompre en fait avec ce qui se passe aujourd'hui. Parce qu'en fait,

25:30
Présentateur

ce que vous avez senti, c'est que le milieu que vous connaissez, que vous côtoyez, qui était votre milieu, est un milieu, c'est pas protégé par l'impunité, mais qui est, effectivement, qui se sent protégé. Il est dans une autre planète. C'est un peu...

25:41
Juan Branco

Quand, dans Crépuscule, j'écris, ils ne sont pas la corruption... Ils ne sont pas qu'en ont pu, ils sont la corruption. Ce que j'essaye de dire, c'est que c'est même pas une question de choix individuel ou de personnes qu'il faudrait jeter au bûcher du fait de sa... C'est qu'à un moment donné, en fait, on devient participe et on devient un système qui va suivre ce que vous lui indiquez. Et si, en fait, à un moment donné, les effets d'impunité s'accumulent, on l'a vu sur beaucoup de sujets, c'est tout le système qui va dériver avec vous. Et c'est très difficile de le rattraper individuellement.

Et donc, c'est pour ça que je propose cette rupture structurelle qu'on propose et qu'on s'est remis ensemble. Aussi, parce que la voie révolutionnaire qu'on a défendue pendant des années, notamment au moment des Gilets jaunes, d'une part, elle est très éprouvante et isolante. Et puis, de toute façon, avec les agriculteurs, tout ça, la situation est la même. Et on voit bien, en fait, qu'à chaque fois, c'est des pulsions. C'est-à-dire qu'on essaie de rompre cette oppression et à un moment, on se dit, là, j'ai une respiration, là, je vais y aller, là, je vais bloquer une autoroute, là, je vais...

Et ce manque d'organisation qui existait pendant des décennies parce qu'il y avait des grands partis, que ce soit les partis, les partis, etc. On a perdu ça, donc il faut qu'on réfléchisse à des formes où on va retisser du lien entre les gens, ils vont apprendre à se connaître et peu à peu devenir, en fait, un poids sur ceux qui veulent que rien ne change.

26:52
Présentateur

En tout cas, à creuser. Alors, en attendant, on va parler aussi d'autres choses rapidement. C'est le bassacre de Gilles Deray. Alors, vous avez fait un film, justement, sur, effectivement, avec les comédiens Inès Pires-Tavares et Joao, Araïs, c'est ça, Alors, moi, au départ, je n'ai rien vu, je pensais que c'était un film médiéval avec des grands costumes, pas du tout. C'est deux personnes dans une maison qui racontent. Alors, c'est quoi ? C'est sur la justice, je crois.

27:18
Invité

En fait, il faut, et c'est un film, il faut le dire, le préciser, c'est un film qui est inspiré de la véritable histoire de Gilles Deray et des archives, surtout, du procès. Cet homme a longtemps été toujours même considéré comme le premier serial killer du monde entier. On l'a accusé d'avoir tué, torturé une centaine d'enfants, 140 exactement. Pourtant, aucune preuve n'a été retrouvée.

27:43
Juan Branco

Aucun cadavre n'a jamais été retrouvé autour de son château où tout était censé se passer, même cinq siècles après. Il y a eu des recherches et en fait, tout le consensus historiographique sérieux considère que cet homme qui, dit-on, a inspiré la légende de Barbe Bleue quelques siècles plus tard était probablement innocent.

27:58
Présentateur

C'est un monstre de l'histoire.

28:00
Juan Branco

Et que cet homme qui était le compagnon d'armes de Jeanne d'Arc, qui était maréchal de France, qui siégeait au conseil du roi, qui était un des hommes les plus riches de France parce qu'il avait tous les marais salins qu'il y avait autour de son château, eh bien, en réalité, aurait fait l'objet d'un complot probablement pour nuire...

28:13
Invité

D'un règlement de compte, oui.

28:15
Juan Branco

Pour nuire à Charles VII par le duc de Bretagne avec les Anglais. Et en réalité, le film n'est pas tant sur l'innocence de Gilles Deray, mais sur cette folie qui, d'une part, consiste... Parce que ces deux jeunes qui un peu appartiennent à la génération MeToo et en fait, toute cette période, elle a été de juger des personnes par nous-mêmes. C'était ça, en fait. Et sans preuve, totale, sans... Avec ou sans preuve ou avec des ondits sur la rumeur et ainsi de suite. Et en fait, la justice française s'est comportée de façon à peu à peu adopter des mécaniques inquisitoriales mais qui faisaient vraiment référence au Moyen-Âge.

Donc moi, j'ai fait un énorme travail historiographique sur ce point et par exemple, j'ai trouvé quelque chose de fascinant. En lisant des procès de sorcières au XVIIe siècle, j'ai retrouvé mot pour mot des questions qui avaient été posées à Gilles Deray deux siècles avant et des réponses qui étaient les mêmes. C'est-à-dire qu'en fait, il y a un moment donné où la fabrication du coupable devient une obsession y compris pour des gens sincères parce qu'ils pensent que la cause en vaut la peine. Et donc, c'était une interrogation sur ces mécanismes. Il faut fabriquer les coupables. Voilà.

Et qu'est-ce que l'innocence, qu'est-ce que la culpabilité, comment on vit dans ces moments où la rumeur redevient un aspect structurant de la société et comment est-ce qu'on peut s'aveugler ou être lâche et dire c'est pas mon problème, je ne m'en mêle pas et va y qu'ira. Ou on lance dans le combat. Voilà. Et à l'inverse, mais le danger. Et pourquoi est-ce que les gens sont lâches ? Parce qu'ils voient bien les conséquences qu'il peut y avoir à tenter de faire front face à... Non mais on perd son boulot,

29:45
Présentateur

on veut nourrir femme et enfants

29:46
Juan Branco

ou aux enfants. Ou même la violence simple de la réprobation. C'est là où en fait on en revient. On a fini par sous-estimer la puissance du contrôle social et comment on est conformé par les échos. On a une étiquette,

29:58
Présentateur

on a une étiquette. Celui-là il est là,

29:59
Juan Branco

celui-là il est complotiste,

30:00
Présentateur

celui-là est ceci, cela.

30:01
Juan Branco

Quand on parle des trolls, des fermatrolls, tout ça, c'est pas seulement le chiffre, c'est aussi à un moment donné essayer d'amener, habituer les gens à penser d'une certaine façon ou leur dire ça va être plus confortable pour moi si je pense ça parce que je vais recevoir une approbation plus importante que si à l'inverse... Et donc tous ces instruments que le pouvoir peut utiliser, je trouvais fascinant de l'interroger à partir des vraies archives telles que traduites par un grand écrivain français Georges Bataille et les mettre en scène par ces deux sublimes... C'est vrai que c'est Georges Bataille qui a écrit... Deux sublimes comédiens,

30:30
Invité

je tiens à le préciser, le casting est remarquable et votre film, personnellement, il est vraiment inspirant. Je suis très touché.

30:38
Présentateur

En tout cas, je voudrais dire à Rombranco, vous allez tout de suite vous précipiter sur les ruches, vous allez voir le miel des ruches là. En tout cas, c'est ruches.org

30:50
Invité

et aurores.org Et aurores.org aussi. Et aurores.org à chaque fois.

30:54
Présentateur

Et puis, on attend que ce film soit projeté en France. Oui,

30:57
Juan Branco

si la France cesse cette forme de censure sociétale, c'est-à-dire où elle finit par s'interdire elle-même d'interroger un certain nombre de questions, de se confronter à des problématiques qui sont dérangeantes parce que, par exemple, la lutte contre les violences sexuelles, elle est éminemment respectable. Et c'est vrai qu'il y a des phénomènes d'impunité particulièrement graves. On l'a vu encore récemment. Mais il faut, à un moment donné, qu'on ne se laisse pas prisonnier de l'idée que l'on est dans le juste et que le moyen justifie la fin. Ça, c'est des dangers qui exposent d'ailleurs toute dynamique révolutionnaire.

31:27
Présentateur

Tout, du stalinisme au nazisme, à tout, on l'a vu.

31:32
Juan Branco

Voilà. La fin justifie les moyens. Et ce qui est intéressant, enfin, c'est intéressant et effrayant, c'est qu'on est en train de voir ressurgir des dynamiques comme celle-ci. Et ça, c'est pour ça qu'il faut se présenter.

31:40
Invité

Juan Branco, merci d'être venu sur Sud Radio. Dans un instant sur Sud Radio, on va continuer effectivement de décrypter l'actualité. On va parler d'un scandale, André. L'appartement de Jacques Prévert qu'il a occupé à une période au cours de sa vie à Paris est menacé de disparition. A tout de suite.

Juan Branco :"On est à la veille d’un effondrement systémique" — Juan Branco · Pourquijevote