Présidentielle: l'interview intégrale de Marine Le Pen sur BFMTV-RMC à 9 jours du second tour
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à Marine Le Pen. Vous vous imaginez que ce serait finalement, comme à chaque fois, tout le monde qui se lève contre vous. Mais c'est qui tout le monde ? Votre monde ? Non, pas notre monde. Ce sont les sportifs, ce sont les artistes, ce sont les entreprises, c'est le MEDEF, c'est les principaux syndicats.
C'est-à-dire ceux qui, en réalité, ont le plus bénéficié de la politique d'Emmanuel Macron. C'est tout ce que je dénonce, en fait. C'est qu'en fait, la politique n'est pas faite aujourd'hui. Ce n'est pas le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, comme c'est exigé dans la Constitution française. C'est le gouvernement par un petit nombre pour un petit nombre. Donc voilà, c'est un choix. Certains en ont bénéficié. Ils bénéficient de la mondialisation sauvage. Ils y vivent très bien. Et puis, je crois qu'il y a l'immense majorité du peuple français qui en vit en réalité très mal.
Et c'est à cette immense majorité du peuple français que je viens dire, eh bien, défendez vos propres intérêts. N'ayez pas peur de toute cette agitation de ces anathèmes qui sont lancés du jour au lendemain, d'ailleurs. Le vendredi, j'étais un challenger. Le lundi, je suis Belzébute. Bon, moi, je veux bien. Mais je pense que chacun a pu... Ça fait des années que vous êtes Belzébute, si je vous... Non, je ne crois pas. Non, non, non. Non, mais je veux dire, vous imaginez peut-être que cette fois-ci, les choses auraient changé, justement. J'imaginais qu'on était dans une démocratie, qu'il y avait deux projets qui se faisaient face, comme ça existe dans toutes les démocraties.
Mais les oppositions, elles sont parfois précisément sur votre programme. Mais vous dites le mot démocratie. On n'est pas en démocratie ? On n'est pas en démocratie aujourd'hui ? Je pense que dans une démocratie, encore une fois, on se confronte sur les idées. On se confronte sur le projet. Moi, c'est ça que je souhaite faire. J'ai été assez frappé de voir le président de la République commencer à lancer des anathèmes, des injures.
C'est quoi des anathèmes ? C'est quand il dit avec Marine Le Pen, c'est l'extrême droite qui revient ?
Bien sûr. C'est évidemment un anathème. Donc on a le droit, encore une fois, d'avoir une pensée qui est différente dans une démocratie. C'est même le fondement de la démocratie. Donc moi, je viens présenter un projet. Je le présente depuis huit mois. Je suis allée sur le terrain. J'ai rencontré des dizaines de milliers de Français. 30 semaines de campagne pour non seulement présenter ce projet, mais l'affiner avec eux, le frotter à leur réalité, le frotter à leurs espérances, le frotter à leurs besoins. J'attends juste en face de moi qu'il y ait un candidat qui fasse la même chose.
Alors justement, sur les critiques, elles sont parfois sur le fond. Alors venons-en au fond. François Hollande, par exemple, hier, qui appelle donc à voter contre vous, il dit si Marine Le Pen arrivait à l'Elysée, il y aurait trois remises en cause fondamentales. La Constitution, l'appartenance de la France à l'Union européenne et l'OTAN. Il a raison. Ah non, il a tort. Il a tort les trois fois.
Non, non, il a tort les trois fois.
Une remise en cause, oui, il y aurait une remise en cause fondamentale de la Constitution.
Non, il n'y aurait pas une remise en cause fondamentale de la Constitution. Il y aurait un référendum pour faire une révision constitutionnelle. Je rappelle qu'il y en a eu trois dans les 20 dernières années, trois révisions constitutionnelles. Et la seule différence, c'est que là, c'est le peuple qui serait consulté. Et dans cette révision constitutionnelle, il y aurait des ajouts, c'est-à-dire au transfert de la loi vers la Constitution, des choses qui apparaissent importantes.
Il y aurait la priorité nationale qui serait intégrée si les Français le souhaitent, si les Français le votent, c'est-à-dire la possibilité d'accorder des droits supplémentaires aux Français par rapport aux étrangers qui viennent sur notre sol. Et puis, il y aurait un article qui me paraît très important et qui dit qu'en fait, la Constitution, parce qu'elle est la loi suprême du peuple souverain, est supérieure en autorité à des textes internationaux qui pourraient lui être contraires.
En fait, vous dites exactement la même chose que François Hollande. Vous dites précisément que c'est une forme de remise en cause de la Constitution.
Mais enfin, toute révision de la Constitution serait dans ces cas-là une remise en cause. C'est pas vrai. C'est une révision, c'est normal.
Vous voulez faire un dom que vous voulez faire ? Et vous le savez, il y a un certain nombre de constitutionnalistes qui, depuis plusieurs jours, sont sur tous les plateaux pour dire que ce serait même, l'expression a été lancée, une forme de coup d'État constitutionnel.
Mais enfin, ce propos n'est pas sérieux. Puisque ce que je propose, c'est ce qu'a fait le général de Gaulle en 62. Ça voudrait dire que nous sommes aujourd'hui, nous vivons aujourd'hui sous un coup d'État. C'est-à-dire que l'élection présidentielle que nous sommes en train d'organiser, là, qui a eu lieu dimanche dernier et qui aura lieu le 24 avril, est illégale. Vous respecterez la hiérarchie des lois. Mais bien sûr que oui. Tout ceci, je crois, ce sont des propos qui ont peu de sens.
Quand il dit l'appartenance de la France à l'Union européenne, parce que certes, vous ne dites plus de manière assumée que vous sortiriez de l'Union européenne. Mais dans les faits, ce que vous venez de déclarer, c'est-à-dire l'idée que notre loi française serait supérieure, quoi qu'il arrive, à la loi européenne. Non, pas notre loi, notre constitution. Mais ça veut bien dire qu'au fond, vous ne prendrez de l'Europe que ce que vous avez envie de prendre. Ça n'est pas accepter le principe même de l'Europe. Je ne dis pas que c'est bien ou que c'est pas bien. Ça, c'est aux Français jugés. Je dis juste que vous ne pouvez pas dire que vous ne sortez pas de l'Europe.
C'est une manière de sortir de l'Europe.
Non, Madame de Malabre, ça n'est pas une manière de sortir de l'Europe. Les autres Européens considéreront que c'est une manière de sortir de l'Europe. Ça m'étonnerait bien, puisque l'Allemagne elle-même a une constitution et une cour constitutionnelle qui indiquent de la manière la plus claire qui soit que les traités internationaux qui seraient contraires à la constitution... Pour certains domaines en particulier. Que les traités internationaux qui seraient contraires à la constitution allemande ne peuvent pas s'appliquer en droit allemand. Mais c'est normal. Madame de Malabre, c'est la démocratie. Il n'y a personne au-dessus du peuple français. Le peuple français est souverain.
C'est lui qui décide. Et par conséquent, il ne peut pas y avoir de textes qui soient des textes d'émanation étrangère, internationale, qui aillent à l'encontre de la loi suprême que les Français se sont choisis. C'est parfaitement naturel. Donc, encore une fois, l'Allemagne fait la même chose. Je crois qu'il y a beaucoup de fantasmes autour de tout ça. Mais en réalité, ça n'est que l'application de la constitution.
C'est précisément la raison pour laquelle je veux qu'on puisse prendre le temps ce matin. C'est justement pour voir ce qui est vrai ou ce qui n'est pas vrai dans les critiques qui peuvent être faites à votre endroit. Mais vous avez notamment utilisé le mot référendum et vous avez parlé du général de Gaulle. Vous ferez des référendums, dites-vous, sur un certain nombre de sujets. Est-ce que si les Français vous disent non, vous vous engagez à quitter la présence de la République ? Mais bien sûr que non. Puisque précisément...
Alors, pas très gaulliste, finalement. Non, mais vous vous trompez. La réalité, c'est que, si vous voulez, ce que je veux faire, c'est une utilisation plus fréquente, plus normalisée du référendum. On a modifié les conditions du référendum dans une révision constitutionnelle, Madame de Malherbe, en 1995, je vous rappelle. On a élargi les capacités du champ d'action des référendums. Avec désormais deux articles qui vous permettent de l'actionner. Et en réalité, on n'utilise pas le référendum. On l'a utilisé une fois en 2005. Et lorsque les Français ont dit non, eh bien, on a violé leur volonté. Donc moi, je m'engage à une chose.
C'est que lorsque les Français voteront oui ou voteront non, je respecterai absolument leur volonté. Absolument. Mais justement, je veux qu'on puisse utiliser plus souvent des référendums parce que je veux qu'on arrête de faire de la consultation des Français un choix sur des personnes. Je veux qu'on fasse des choix sur des projets.
Mais il y a un référendum qui est pour vous la clé de voûte de toute votre politique. C'est celui que vous voulez d'ailleurs proposer très vite après avoir été élu. C'est ce référendum sur les questions d'immigration, sur les questions d'identité, de préférence nationale. Si à ce référendum-là, les Français disent non, dans les faits, vous resteriez quand même présidente ? Oui, je resterai quand même présidente car j'aurais été élu quelques semaines.
Et ce serait pour le coup un refus de presque de tout votre programme ? Mais non, pas de tout mon programme. J'ai beaucoup d'autres choses. C'est quand même une clé de voûte. C'est pas une clé de voûte, c'est un élément important. C'est un élément important de souveraineté que de pouvoir maîtriser, encore une fois, nos frontières et maîtriser une politique d'immigration qui est depuis des années en même temps massive, anarchique et qui crée des problèmes qui sont des problèmes très importants dans la société. Et même, je vais vous dire, qui aspirent en fait une partie importante de l'énergie de la société pour régler les conséquences de cette immigration anarchique.
Étonnamment, vous en avez un peu parlé. Je vous rappelle que l'article 3 de la Constitution, la souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum. Voilà, donc le référendum, ça fait partie de la Ve République. Moi, si vous voulez, mon projet, puisque vous m'interrogez en arrivant sur quelle est la France de Marine Le Pen, Eh bien, la France de Marine Le Pen, c'est la France de la Ve République. C'est la France qui respecte la Constitution française. C'est une France laïque, indivisible, démocratique et sociale. Car je crois que nous ne sommes plus rien de ces 4 éléments fondamentaux de notre République.
Donc, je vais réinvestir en réalité les principes républicains, les faire vivre à nouveau, mais les faire vivre vraiment, pas uniquement sur le papier.
Vous avez parlé hier beaucoup, je vous ai écouté dans ce meeting, j'ai été y assister, de pouvoir d'achat, on va y revenir, d'égalité comme vous dites, mais vous avez à peine parlé d'immigration. Est-ce que c'est devenu presque un tabou ?
Ah mais pas du tout, c'est absolument pas un tabou. Enfin, je crois que...
Ou en tout cas, vous voulez montrer un autre visage.
Mais pas du tout, je pense que c'est la partie la plus connue par les Français de mon projet. Je veux dire, ils savent pertinemment que je veux... Ça vous encombre ? Limiter... Mais pas du... Mais je viens de vous dire l'inverse. Je le redis à votre antenne. Ça n'est pas un tabou. Tous les Français savent que je veux limiter l'immigration. Je veux la limiter parce qu'encore une fois, on ne maîtrise plus rien dans ce domaine, que se multiplie la présence de clandestins sur notre territoire, que tout cela, ça a un coût considérable pour la société française, un coût financier, mais aussi un coût en termes de sécurité. Et donc, il n'y a aucune difficulté là-dessus.
Entendez-moi tous, je vais régler le problème de l'immigration. Et accessoirement, je vais aussi régler le problème du communautarisme qui en est la conséquence, et qui, je crois, est une fracturation de notre pays et rond avec, justement, cette indivisibilité de la France.
Vous avez peut-être vu que Boris Johnson a annoncé aujourd'hui qu'il a signé un accord avec le Rwanda pour externaliser les clandestins. Il va envoyer au Rwanda les demandeurs d'asile arrivés illégalement dans l'île de la Grande-Bretagne. Et il espère ainsi dissuader les traversées clandestines de la Manche qui sont en augmentation. Est-ce que ça pourrait vous inspirer, ça ? Faire une sorte d'externalisation. On confie à un autre pays, comme le Rwanda.
Ça pourrait, mais j'ai une mesure qui est, je crois, plus efficace que celle-là, qui est dans mon projet, qui consiste à faire en sorte que les demandes d'asile ne puissent pouvoir être effectuées que dans l'intégralité des consulats et des ambassades de France dans n'importe quel pays du monde. Avant d'arriver sur le territoire français. Exactement. Et comme ça, elles seront traitées à l'extérieur du pays et ne pourront rejoindre la France que ceux qui auront eu l'autorisation de la rejoindre. Parce que le problème aujourd'hui est le suivant.
Il y a énormément de gens qui viennent, qui demandent l'asile, parce qu'en réalité, c'est devenu aussi, pour beaucoup d'entre eux, une filière d'immigration, et qui, évidemment, sont déboutés de ce droit d'asile. Ils sont ici aujourd'hui. Alors ça, c'est pour, effectivement, ceux qui voudraient venir à partir de maintenant. Mais laissez-moi juste terminer. Parce qu'ils sont déboutés du droit d'asile, et le problème, c'est qu'ils restent sur le territoire national en étant donc des clandestins. Et ça, je veux éviter cela. Et donc, la mesure que je propose permet d'éviter cela et, évidemment, de permettre à ceux qui ont l'asile de rejoindre le territoire national.
On ira même les chercher pour les amener en France.
Vous allez aller les chercher, y compris les enfants, les familles ? Vous allez les mettre où en attendant ? Si leur pays, le temps de faire les papiers, d'organiser que les pays dont ils sont originaires les accueillent, vous le savez bien, nombre d'entre eux, quand on leur dit, voilà, il y a quelqu'un qui a eu le refus du droit d'asile ici, il faut qu'ils repartent chez vous, l'Algérie, un certain nombre de pays, souvent ne les accueillent pas vraiment. Et c'est ce qui rend très compliqué dans les faits le renvoi de ceux qui n'ont pas obtenu l'asile ici. Qu'est-ce que vous allez faire entre-temps ? Vous allez les mettre où ?
Non, mais là, c'est différent. Ce que vous êtes en train de me dire, c'est qu'il y a un certain nombre de pays qui refusent la réadmission de leurs propres compatriotes. C'est-à-dire qu'ils violent... Vous savez bien, c'est une des raisons pour lesquelles il y en a beaucoup qui restent. Donc ils violent le droit international. Donc je vais mettre en place une grande fermeté dans ce domaine, parce que je crois que ces pays ne peuvent pas, ne peuvent pas, violer ainsi, impunément, le droit international. Donc les choses seront très claires. Tant qu'ils n'accepteront pas la réadmission des personnes qui sont indésirables sur notre territoire, eh bien, il n'y aura plus rien.
Il n'y aura plus de visa, il n'y aura plus d'aide au développement, il n'y aura plus de transfert d'argent, il n'y aura même plus de capacité pour les dirigeants de ces pays de pouvoir se rendre propriétaires de biens dans le nôtre. Je vais être très ferme.
Tout ça, j'ai bien compris. Et en plus, tous ces derniers jours, vous êtes nombreux à leur bien expliquer. Mais en attendant, vous ne répondez pas à ma question, qu'est-ce que vous faites de ces gens qui sont sur le territoire français, qui pour nombre d'entre eux sont des familles, sont là, on se souvient évidemment de l'affaire Léonarda, qui avait été une grande affaire à une époque, mais au fond, ce sont toujours des femmes, des hommes, des enfants, en attendant que le pays, comme vous le dites, réponde à la fermeté que vous allez leur imposer, ils sont là. Vous faites quoi ?
Je suis désolé, mais s'ils sont situés... dans des situations clandestines, ils sont dans des centres de rétention. C'est la loi française. Là, pour le coup, je n'invente rien, je ne crée rien. Ils sont en centre de rétention, le temps qu'ils puissent être ramenés dans leur pays.
Il y en a quand même un certain nombre, comme vous le dites, qui font l'objet de QTF et qui sont partout sur le territoire. Vous allez les prendre et les mettre dans des centres ?
En attendant que les pays les accueillent ? C'est l'application de la loi, madame, c'est l'application de la loi française. Je veux dire, on s'est trop habitués à ce que la loi française ne soit pas respectée dans notre pays. La loi, c'est l'expression de la volonté populaire. Donc, si on a le minimum de respect à l'égard des Français, on fait appliquer la loi qui a été votée par leurs représentants. C'est aussi simple que cela. Vous voyez, ça, ça s'appelle encore une fois la démocratie et l'état de droit, pour le coup.
Vous voulez toujours interdire le voile partout ? Parce que Robert Ménard, que j'ai interrogé il y a quelques jours, disait, j'étais au départ d'accord avec elle, mais aujourd'hui, j'estime que c'est une erreur et que ce n'est pas réaliste.
Moi, je pense que c'est réaliste. Mais, encore une fois, je le dis depuis longtemps, je ne sais pas pourquoi ce thème du voile réémerge. C'est quand même pas l'élément... C'est un élément qui est dans la loi, il n'y a aucune difficulté. Mais ce n'est pas l'élément, en fait, le plus fondamentalement urgent, celui-là. Moi, je n'en sais rien, c'est vous qui me dites si c'est urgent ou pas. Non, non, mais je le dis, c'est dans la loi. Ce n'est pas urgent, finalement ? Non, non, mais ce n'est pas ce que je dis. Je dis que vous ne cessez de me parler de cela. Je ne sais pas pourquoi.
Non, mais ce n'est pas parce que vous ne parlez plus d'immigration dans vos meetings que nous, on ne va pas vous en parler.
Non, ce n'est pas ça, c'est que sur chaque plateau, on parle du voile. J'en suis ravie. Mais j'aimerais bien qu'on parle aussi du contenu de la loi que je veux proposer pour lutter contre le fondamentalisme islamiste. Ça veut dire qu'il faut aussi... Il faut aussi supprimer tous les financements aux associations islamistes. Il faut interdire leur constitution. Il faut interdire les frères musulmans et le salafisme. Il faut fermer les mosquées qui sont des mosquées qui font la promotion de l'islam radical. Vous voyez, c'est un ensemble, si vous voulez. Or, qu'est-ce que je dis ? Il se dit que le voile est en fait imposé par les islamistes.
Au fur et à mesure du temps, ils ont utilisé le voile comme un uniforme qu'ils imposent aux femmes. Et c'est vrai qu'il leur impose, puisqu'en réalité, les femmes qui ne le portent pas sont isolées, sont victimes de pression, sont parfois d'ailleurs insultées. Leur, comment disent-ils, leur pudeur est mise en cause. Et moi, je ne l'admets pas. En France, toutes les femmes doivent pouvoir vivre librement. Et je veux les préserver de toute pression.
Mais certaines disent qu'elles sont libres. Vous avez sans doute vu l'échange entre Emmanuel Macron et une femme voilée à Strasbourg. Il lui pose la question. Il lui dit, mais est-ce que vous le portez librement ? Elle répond, ah oui, oui, oui, c'est un choix, c'est un choix, c'est un choix. Et il la félicite.
Vous lui auriez dit quoi, vous ? Il n'y a qu'un malheur, c'est que celles qui ne le portent pas, elles n'ont pas le choix, en réalité, de ne pas le porter. Donc, vraiment, je considère que l'interdiction du voile est essentielle. Essentielle. Donc vous m'avez dit, ce n'est pas une urgence, mais finalement, c'est quand même essentiel. Non, non, ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas la seule mesure. Ce n'est pas la seule mesure. C'est un ensemble. Je veux lutter contre l'idéologie totalitaire islamiste. Et il n'y a pas que le voile. Ça ne passe pas que par l'interdiction du voile. Sinon, ce serait objectivement, pour le coup, ça apparaît très dérisoire.
C'est une loi qui est très complète, que les Français, d'ailleurs, peuvent aller lire sur mon site. Moi, je les enjoins à le faire pour qu'ils comprennent que c'est pour protéger les principes constitutionnels qui sont les nôtres que je veux lutter contre cette idéologie totalitaire. Parce que cette idéologie totalitaire, elle s'attaque à la laïcité. Elle s'attaque à l'égalité entre les hommes et les femmes. Elle s'attaque à la liberté de choisir une religion ou de quitter une religion. Elle s'attaque à tous ces principes qui sont l'ADN de notre pays. Eh bien, moi, je vais défendre nos principes constitutionnels.
Encore une fois, vous avez évoqué aussi la barbe islamiste et la djellaba. Est-ce que vous l'avez évoqué aussi ?
Non, ce n'est pas moi qui ai évoqué ça. C'est votre directeur de campagne ?
Non, non, c'est faux. Il le conteste formellement.
C'est faux ? Il ne l'a jamais dit ? Oui, oui. Donc, vous n'interdirez ni la djellaba ni la barbe islamiste ? J'interdirais les uniformes islamistes. C'est quoi un uniforme islamiste ? Mais écoutez, la loi déterminera de manière très précise ce qui correspond à des vêtements.
Et vous allez prendre un double centimètre pour voir si les chevilles sont montrées ?
Madame, vous savez, il y a des signes d'un certain nombre d'idéologies totalitaires par le passé qui ont fait beaucoup de mal à notre continent, me semble-t-il. Eh bien, ces signes distinctifs sont évidemment, et Dieu merci, interdits. Eh bien, il en sera de même pour les signes de l'idéologie islamiste.
Ce sont des signes d'être du côté de l'ennemi.
Nous y arriverons. Vous y arriverez.
Vous vous en donnerez les moyens. Oui, oui, on s'en donnera les moyens. Encore un mot sur les questions de référendum. Vous pourriez faire un référendum sur la peine de mort ? On ne peut pas, c'est anticonstitutionnel.
Le référendum d'initiative citoyenne que je veux mettre en œuvre et qui permet à 500 000 citoyens de pouvoir soumettre au vote de l'ensemble des Français soit un projet de loi, soit soumettre l'abrogation d'une loi qui aurait été votée. Eh bien, il y a deux limites à cela. Il y a le fait que le référendum d'initiative citoyenne ne peut pas réviser la Constitution, puisque par définition, ce sont d'autres voies de révision. Le référendum dit présidentiel et le vote par les assemblées, qui peut réviser la loi, la Constitution, pardon, et lorsque, par exemple, un référendum mettrait en cause un élément vital pour le pays.
Par exemple, un référendum d'initiative citoyenne ne pourrait pas proposer, par exemple, la suppression de l'armée. Voilà. Quand ça touche à la sécurité intérieure du pays ou à la sécurité extérieure du pays, le référendum d'initiative citoyenne ne peut pas y toucher. Donc, c'est très clair, vous ne ferez pas de référendum, vous ne rouvrirez pas à la question de la peine de mort.
En plus, j'y suis... Vous y êtes de toute façon opposé. Fin de la libre circulation des biens et des marchandises. Là encore, je ne vois pas très bien en quoi vous restez dans l'Union européenne si vous mettez fin à cette...
Vous avez lu ça, vous ?
Dans les faits, vous dites que vous allez vérifier d'où viennent les gens, qui ne voulaient pas, par exemple, les accords de Dublin, c'est-à-dire la circulation aussi, au sein même de l'espace Schengen, dans les faits, avec vous, c'est fini ? Non mais attendez.
Je crois qu'il y a eu vraiment une ambiguïté sur ce sujet. Eh bien, levez cette ambiguïté. Non mais pardon, cette ambiguïté volontairement créée par mes adversaires. Ils considèrent que la lutte contre la fraude que je veux mettre en œuvre est une entrave à la libre circulation des produits. Non mais je tombe de ma chaise quand on me dit cela, d'ailleurs. Parce que la libre circulation, ce n'est pas la loi de la jungle. Ça veut dire qu'on n'a pas à accepter que des produits qui peuvent être dangereux pour les Français, dangereux pour nos enfants, dangereux pour notre sécurité alimentaire, puissent tranquillement traverser les frontières au motif qu'il y a la libre circulation.
Donc moi, je veux faire un grand ministère de lutte contre les fraudes. Alors les fraudes, c'est les fraudes fiscales, c'est les fraudes sociales, mais pas seulement, c'est aussi les fraudes aux importations. Il y a, selon un rapport sénatorial, 25% d'importations alimentaires frauduleuses. Vous vous rendez compte ? Mais on est bien placés là, il y a quelques jours.
C'est quoi une importation frauduleuse ?
C'est une importation de production qui ne respecte pas les normes qui sont imposées par l'Union Européenne. Parce que nous nous imposons des normes. Mais regardez ce qu'il y a eu en France, les scandales, butons, usines, tout ça.
C'était en France, il n'y avait rien à voir avec ça.
Non, ce n'était pas en France, non, c'était importé d'un pays de l'Union Européenne, ce qui veut dire que...
Mais il y a des usines en France qui n'ont pas respecté les normes d'hygiène, c'est-à-dire que ce n'est pas pire parce que ça vient d'ailleurs.
Mais ce n'est pas pire, mais ce n'est pas mieux. Et par conséquent, les normes que nous nous imposons, les contrôles que nous nous imposons, qui ne sont pas suffisants d'ailleurs, je le dis très clairement, eh bien ils doivent aussi porter sur les productions qui sont importées. D'abord parce que ça crée une concurrence déloyale à l'égard...
Je reviens sur le scandale butonique. Le scandale butonique, c'est dans une usine française.
Oui, enfin, il y en a... L'autre scandale, c'est dans une usine belge.
Ça, c'est Kinder. Voilà, d'accord ? Mais là, en l'occurrence, butonique, qui est quand même un drame absolu, c'est dans une usine française. Je ne vois pas en quoi le fait qu'un produit vienne de l'étranger, ce serait pire.
Eh bien, je vais vous expliquer. Voilà. Voilà, je vais vous expliquer. Très bien, allez-y. Alors, c'est pire. Parce que vous avez raison, que ce soit en France ou que ce soit dans n'importe quel pays, évidemment, c'est terriblement dangereux parce qu'il y a des enfants qui sont morts, là. Vous voyez ? Voilà. Les grands scandales du XXIe siècle seront des scandales alimentaires. Sachez-le. Donc, il faut anticiper cela. Et il faut mettre en place vraiment des contrôles qui sont extrêmement sérieux parce que les normes que nous nous sommes imposées sont des choix de société qu'il faut aussi faire respecter.
Mais c'est plus problématique encore quand ils sont importés de l'étranger parce que le fait que ces produits ne respectent pas les normes crée en réalité une concurrence déloyale à l'égard de nos propres producteurs. Vous comprenez bien que lorsque nos, par exemple, agriculteurs sont obligés de respecter des normes, qu'ils ne peuvent pas utiliser un certain nombre de produits qui sont très efficaces mais qui, parfois, peuvent être dangereux pour la santé et qu'on les met en concurrence avec des importations de produits qui, eux, utilisent ces produits-là.
Au-delà du problème sanitaire que ça pose, ça pose aussi le problème que ça coûte moins cher à produire lorsque c'est utilisé sans respecter les normes. Et donc, on se retrouve au supermarché avec des produits français qui sont soumis à des normes et donc qui peuvent être un petit peu plus chers et des produits étrangers qui ne respectent pas les normes et qui peuvent être non seulement dangereux mais de surcroît qui rompent la concurrence loyale que nous attendons de ces importations. Voilà la raison pour laquelle je veux mettre en place ce grand ministère contre les fraudes. Mais en quoi cela est une atteinte à la circulation des produits ?
C'est juste la mise en œuvre d'une circulation loyale et sûre des produits.
Marine Le Pen, il est 8h56, on est ensemble encore pendant une demi-heure pour justement pouvoir aller au bout de toutes ces questions. Vous avez développé votre politique étrangère, je ne vais pas y revenir, elle a été largement commentée depuis deux jours. Vous voulez mettre fin notamment au couple un peu sacro-saint à vos yeux, trop sacro-saint sans doute jusqu'à présent, franco-allemand. Pas vraiment, ce n'est pas vraiment ça. Non, ce n'est pas ça ?
Non, ce n'est pas vraiment ça. J'ai dit qu'au contraire, d'ailleurs, je souhaitais enrichir les liens entre la France et l'Allemagne, notamment par le fait de développer l'apprentissage de la langue allemande, le fait de faire plus de coopération entre les chercheurs, d'échanges entre les enseignants allemands et français. Donc j'ai pas mal de projets, justement, pour renforcer ce lien entre nos deux pays. Ce à quoi je veux mettre fin, c'est la coopération industrielle en matière d'armement. Pour une raison très simple, c'est qu'en réalité, l'Allemagne a une vision qui est radicalement différente, une philosophie qui est radicalement différente de la nôtre.
Donc nous travaillons ensemble sur la mise en œuvre d'armement, mais qu'en réalité, sur lequel nous n'avons pas la même politique d'exportation. Donc je pense que c'est une coopération qui est inutile. Et donc la France doit pouvoir envisager elle-même de trouver le successeur du Charles Leclerc, de fabriquer le successeur du Rafale. Cette coopération avec l'Allemagne en matière d'industrie d'armement, il faut l'arrêter.
Les massacres du peuple ukrainien, est-ce que vous parleriez de génocide ? Non, je ne parlerai pas de génocide. Emmanuel Macron non plus, il ne parle pas de génocide, contrairement à Joe Biden ou Justin Trudeau. Oui, mais il est sûr qu'il s'agit de crimes de guerre.
Voilà, là, c'est une évidence. Ce sont des crimes de guerre, ce sont des civils, des armées, qui ont été massacrés. Donc on est clairement dans le cas de crimes de guerre.
Vous souhaiteriez que Vladimir Poutine soit jugé pour crimes de guerre ?
Non, mais d'abord, il faut une enquête de l'ONU. Je suis désolé. Bien sûr, bien sûr.
Mais je vous demande simplement votre souhait. Je ne dis pas qu'il n'y aurait pas d'enquête, je ne dis pas qu'il n'y aurait pas de tribunal.
Je comprends qu'on se laisse évidemment... Comment dire ? On tient des propos qui sont liés à l'émotion et c'est normal. Mais le rôle des responsables politiques, eux, c'est justement de respecter le droit international. Donc le droit international, il oblige à faire une enquête de l'ONU, et je le souhaite d'ailleurs, ou de la Cour pénale internationale. Je l'ai réclamé d'ailleurs au moment, il y a plusieurs semaines, à Mariupol. Je l'ai réclamé évidemment à Boucha. Donc laissons, encore une fois, les enquêtes se mener et les responsables de ces massacres, évidemment, devront être condamnés.
Et si les responsables de ces massacres ont agi sur ordre d'un gouvernement, alors ce pays-là doit être mis au banc du concert des nations. Mes propos sont extrêmement clairs dans ce domaine.
Vous dites qu'il ne faut pas se laisser guider par l'émotion. Vous ne vous êtes pas laissé guider par l'émotion, enfin vos députés européens, parce qu'ils n'ont pas voté la résolution en faveur de la protection des enfants d'Ukraine. Alors que vous n'étiez pas défavorable à l'idée d'accueillir les Ukrainiens ici. Je n'ai pas très bien compris pourquoi, du coup.
Alors vous leur demanderez, parce que moi je ne suis plus député européen, mais ce que je peux vous dire, c'est qu'on a fait une résolution pour condamner, ils ont fait une résolution pour condamner l'invasion russe en Ukraine, pour soutenir l'Ukraine. Ce n'est pas seulement qu'ils l'ont voté. Ils ont été à l'origine de cette résolution. Donc vous me dites qu'ils ne l'ont pas voté, je ne sais pas. Ils se sont quoi alors ? Ils ont fait quoi ? Ils se sont abstenus. Ils se sont abstenus. S'ils se sont abstenus, c'est probablement parce que dans l'ensemble de cette résolution, il y avait d'autres éléments qui étaient des éléments, notamment qui pouvaient avoir des conséquences sur les Français.
Très clairement, je l'ai dit, je me suis exprimé sur les sanctions qui ont été réclamées d'ailleurs par la France, et dont j'ai dit dès le départ, attention, ces sanctions vont avoir plus de conséquences en fait sur les Français qu'ils ne vont en avoir sur la Russie. Et je ne veux pas, si vous voulez, que les Français soient en réalité, économiquement, dans le domaine de leur pouvoir d'achat, les victimes de sanctions qui, de surcroît, ne seraient pas efficaces. Mais il y a aussi un autre moyen, après tout.
On pourrait très bien aussi demander à tous les pays qui sont pour des sanctions de payer les conséquences aussi, de contribuer pour que les peuples comme le peuple français ne subissent pas de plein fouet les conséquences de ces sanctions. Je ne comprends pas très bien. Qui paierait pour quoi ? Je ne sais pas. Par exemple, les États-Unis veulent supprimer l'importation de gaz russe. La suppression de l'importation de gaz russe va avoir une conséquence, c'est que si tant est qu'elle soit mise en œuvre, car ce n'est pas le cas pour l'instant, ce serait de multiplier par 4, 5, 6 peut-être le prix du gaz et de l'électricité des Français.
Eh bien, les Américains qui, du coup, vendraient le gaz liquéfié, qui vont donc faire des bénéfices importants, pourraient, en quelque sorte, verser des sommes à la France pour compenser, pour permettre de compenser cette explosion des prix qui est la conséquence de sanctions à l'égard de la Russie. Voilà une idée parmi tant d'autres. Mais ce qui est sûr, c'est que moi, je protégerai les Français. Et je ne prendrai aucune décision qui peut aggraver la situation qui est la leur. Il y a 400 000 pauvres de plus depuis le début du mandat d'Emmanuel Macron. 400 000 pauvres de plus. Il y a donc 9 800 000 pauvres dans notre pays.
Si on veut aggraver la situation de ces personnes et faire tomber encore de nouveaux Français dans la pauvreté, je suis en désaccord avec cela. Et je continuerai à les protéger.
Marine Le Pen, vous l'avez sans doute vu, il y a une centaine d'étudiants de la Sorbonne qui occupent l'université, qui vous renvoient d'ailleurs dos à dos. Ils disent ni Macron, ni Le Pen. La révolution est un devoir. Ils refusent de choisir entre vous deux. Ce qu'on voit dans cette université, il y a un certain nombre de manifestations, d'ailleurs, qui sont aussi appelées à se tenir ce week-end. Il y a également Sciences Po qui est fermée. Est-ce que ce n'est pas un peu la préfiguration de ce qui se passera mécaniquement si vous arrivez au pouvoir ? Vous aurez des manifestations d'étudiants, vous aurez des blocages d'université. Je voudrais juste qu'on se projette.
Qu'est-ce que vous faites face à ça ? Est-ce que vous leur parlez ? Est-ce que vous les laissez faire ? Est-ce que vous les virez de ces occupations ?
Qu'est-ce que vous faites ? Sciences Po, ils ont raté le cours démocratie ? Ou ils ont séché ? Ils faisaient quoi ? Ils sont partis en week-end ? Le cours démocratie ? Le cours constitution ? Nous sommes un pays qui a la chance immense d'avoir un système démocratique immense. Je trouve que ces petits jeunes devraient respecter cette démocratie. Il y a des élections. Et ils ne peuvent pas, par des blocages, enfin, je ne le crois pas, je crois que c'est profondément antidémocratique, s'opposer à la volonté exprimée par le peuple français. Et que ce soit des étudiants de Sciences Po, c'est quand même très inquiétant, je trouve, pour le coup.
Vous voyez, parce que ce sont ceux qui, justement, étudient les sciences politiques. Donc, étudient notre système démocratique, étudient notre constitution. Voici la réponse que vous leur faites.
Dans les faits, est-ce que vous allez, est-ce que si vous étiez présidente, vous iriez leur parler pour essayer de les convaincre ? Est-ce que vous enverriez la police ?
Pour l'instant, c'est Emmanuel Macron qui est président. Non, mais justement, c'est de me projeter. Il a fait le choix de mettre fin, me semble-t-il, au blocage de l'université. Ça n'a pas complètement marché. Pour l'instant, ils sont encore dans l'université. Écoutez, nous verrons bien. Nous verrons bien. S'il y a des blocages dans le pays, vous verrez bien. Moi, ce que je veux, c'est expliquer, encore une fois, à tous que le peuple... Mais vous l'anticipez, j'imagine bien que vous l'avez prévu. Vous savez bien que ça va se passer comme ça. Eh bien, ils manifesteront. Ils ont le droit de manifester. C'est la liberté de manifestation.
Mais j'avoue que manifester entre deux tours d'une élection, c'est assez étonnant. Moi, je trouve qu'ils devraient plutôt faire des campagnes pour pousser les jeunes à aller voter. Vous voyez, parce que c'est très important que les jeunes votent. Parce que les choix qui sont faits aujourd'hui vont déterminer très certainement leur entrée dans la vie active, les impôts qu'ils vont payer, enfin, avec moi, qu'ils ne paieront pas, puisque je suis pour l'exonération d'impôts sur le revenu, pour les moins de 30 ans.
Mais la création de richesses dans notre pays, la création d'emplois, le modèle écologique localiste que je veux mettre en œuvre, ou le modèle mondialiste, ultra-libéral, que veut continuer Emmanuel Macron.
Il y a un modèle pour les jeunes, ce sont notamment... Alors, il y a les artistes, bon, ça, c'est pas très surprenant, qui se lèvent contre votre candidature.
Si, ça vous a surpris ? Bah si, moi, je trouve ça surprenant. Je ne comprends pas pourquoi les artistes s'élèvent contre mon projet. Parce qu'en l'occurrence, mon projet vise à accélérer la création culturelle, vise à mettre en place des pépinières d'artistes pour permettre à tous les artistes de France, car il y en a beaucoup qui n'ont pas de relation dans le milieu, qui ne connaissent personne, et qui doivent pouvoir rencontrer leur public. Donc je veux faire des pépinières d'artistes pour qu'ils puissent exposer leurs œuvres, les sculpteurs, les peintres, et rencontrer un public.
Je ne comprends pas parce que je veux mettre en place un service national du patrimoine pour permettre à tous les jeunes de 18 à 25 ans de pouvoir passer 6 mois rémunérés auprès d'associations, auprès de municipalités, auprès de structures de l'État pour entretenir et défendre le patrimoine national, qui est notre patrimoine à nous tous. Donc je suis sûre que les acteurs du milieu de la culture ne peuvent être que sensibilisés à cela. Donc non, je ne comprends pas, objectivement, pourquoi ils...
Il y a aussi les sportifs, Marine Le Pen, et ça je voudrais y revenir aussi, parce que vous parliez de la jeunesse à l'instant. Les sportifs, ça fait vraiment partie des modèles aussi pour la jeunesse. Il y a eu cette tribune dans Le Parisien il y a deux jours, où il y avait notamment des portes-drapeaux, vous qui êtes si attachés aux drapeaux français, des portes-drapeaux qui ont incarné la France, notamment dans les Jeux Olympiques, qui disent être opposés à votre arrivée. Et puis ce matin, il y a même les acteurs du sport, les présidents de clubs, qui disent ceci. Ils sont évidemment contre votre arrivée au pouvoir.
Ils appellent à voter Emmanuel Macron, et ils disent les rares prises de position de Marine Le Pen sur le sport sont révélatrices d'une vision nationaliste, stigmatisante, contraire aux valeurs qui fondent notre engagement sportif.
Oui, mais vous voyez tous ces gens-là, moi je veux bien tout ce qu'on veut, mais tous ces gens, il faut qu'ils comprennent qu'ils ne peuvent pas être heureux tout seuls. Voilà. Parce qu'un peuple, ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Une nation, ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Bien sûr, tous ces sportifs, ils gagnent très très bien leur vie. Pas tous, hein ? Non, non, non.
Dans les équipes, par exemple, olympiques, il y en a un certain nombre qui ont un job à côté.
Je vais vous dire, tous ceux qui sont sur la liste là, objectivement, dans leur immense majorité, ils gagnent très bien leur vie. C'est tant mieux pour eux, ce n'est pas le sujet. Mais il faut qu'ils pensent à ceux qui ne la gagnent pas. Il faut qu'ils pensent à ceux qui n'arrivent pas à terminer les fins de mois. Il faut qu'ils pensent à ceux qui n'arrivent plus à mettre de l'essence dans leur voiture parce que l'essence est trop chère. Qui sont en train de se poser la question de savoir dans quel magasin ils vont aller pour essayer d'acheter les derniers repas de leurs enfants à la fin du mois. Donc, il faut qu'ils fassent preuve de générosité. Il faut qu'ils fassent preuve de fraternité.
Parce que c'est ça aussi une nation. C'est ça aussi un peuple. C'est ce sentiment de fraternité qui fait qu'on essaye de régler les problèmes de ceux qui sont dans notre société les plus vulnérables. Moi, je n'ai jamais fait de proposition qui puisse modifier de quelque manière que ce soit leur activité. Donc, encore une fois, je les appelle d'abord à ne pas juger avant de voir. Parce que vous savez, on parlait de culture tout à l'heure. Moi, je me souviens, quand on a fait la campagne municipale à Hénin-Beaumont avec Steve Briouat, le milieu culturel d'Hénin-Beaumont était vent debout contre la candidature de Steve Briouat. Parce qu'elle était pleine d'a priori.
En disant, il va baisser la culture, il va supprimer les subventions, il va... Bon. La réalité, c'est qu'aujourd'hui, jamais, jamais, l'offre culturelle n'a été aussi importante à Hénin-Beaumont que depuis que Steve Briouat est maire de la ville. Et les acteurs de la vie culturelle d'Hénin-Beaumont se sont rendus compte qu'ils avaient des a priori, en fait, sur la gestion rassemblement national d'une ville. Et que tout avait été fait, au contraire, pour les aider, pour faciliter la création culturelle, pour faciliter l'offre culturelle, parce qu'on parle souvent de déserts médicaux, mais il y a aussi des déserts culturels.
Il y a des tas d'endroits en France, et je pense que c'est vraiment quelque chose auquel je souhaite m'atteler. Il y a des tas d'endroits en France qui n'ont, en fait, accès à aucune offre culturelle. Donc l'idée, c'est aussi de permettre à tous les Français, puisque mon slogan de second tour, vous le savez, c'est pour tous les Français, permettre à tous les Français de pouvoir avoir accès à l'offre culturelle. Vous, Président, vous iriez soutenir l'équipe de France
à la Coupe du Monde au Qatar ?
Non, mais je n'aurais pas choisi le Qatar, moi. Honnêtement, je... Mais vous iriez, une fois que c'est fait, une fois que c'est décidé, vous ne le boit coterez pas. Mais si on est en finale, si on est en finale, évidemment, j'irais soutenir l'équipe de France. Vous n'iriez pas dès le début ? Vous iriez seulement si on est en finale. Je crois que je vais avoir beaucoup de travail.
Je voudrais qu'on parle de l'économie, parce que vous dites, justement, « Non, moi, je vais rétablir une forme de confiance avec tous. » Vous parliez hier de croissance, rétablir la prospérité, la croissance. J'ai bien entendu ces mots. Sauf qu'il y a aussi de nombreux chefs d'entreprise qui appellent à faire barrage contre vous. Ils disent que le rayonnement... Je vous parle du MEDEF, je vous parle de la une des échos hier, quotidien de référence du monde économique. La une des échos hier, c'était votre visage avec marqué « Les dangers d'un programme ». Puis il n'y a pas que les grands patrons avec le MEDEF. Il y a aussi la CPME.
Non, non, pardon. La CPME ne donne pas de conseillers de vote. Ils ont dit que le programme d'Emmanuel Macron leur était davantage favorable. Non, je pense qu'ils se trompent en l'occurrence.
Mais même le monde rural, vous êtes en effet davantage élu dans le monde rural. Mais la FNSEA, personne, en fait, n'appelle à voter pour vous.
Oui, mais vous savez, je pense que dans notre pays, en réalité, il y a beaucoup de gens qui s'expriment avec une forme de crainte à l'égard du pouvoir. Ils ont peur ? Je pense qu'ils se disent qu'ils pourraient éventuellement, s'ils prenaient une position inverse, se le voir reprocher, oui. Avoir des représailles ? Des représailles ? Je ne sais pas, peut-être. Peut-être, ça pourrait exister. Oui, bien sûr. On serait moins entendus, peut-être moins bien traités. Mais je crois surtout que c'est aux Français de se faire une opinion.
Et si les Français lisent mon programme économique, et les chefs d'entreprise, d'ailleurs, de manière générale, et particulièrement les chefs d'entreprise des TPE-PME, parce que moi, mon programme, c'est tout pour les TPE-PME. Eh bien, un chef d'entreprise de TPE-PME, il ne peut pas considérer que mon projet est contraire à ses intérêts. C'est impossible parce que tout est fait pour eux.
Que ce soit la politique localiste que je veux remettre en œuvre, que ce soit le patriotisme économique qui fait que les entreprises françaises seront avantagées, évidemment, dans les marchés publics, que ce soit les mesures fiscales qui visent à supprimer la contribution, la CFE, la contribution faussée sur les entreprises, eh bien, tout cela, en réalité, est fait pour les TPE-PME. Donc, je pense qu'il y a, encore une fois, une forme de révérence à l'égard du pouvoir, peut-être de crainte par rapport au pouvoir qui est en situation. Mais le fait qu'ils n'appellent pas, qu'ils ne donnent pas de consignes de vote, je pense que c'est aussi à mon avis un élément.
En fait, vous dites que ceux qui n'appellent pas
à des consignes de vote, ceux qui ne n'appellent pas sciemment à voter pour Macron, en réalité, c'est une manière de dire qu'il faut voter pour vous ? En fait, c'est parce qu'ils n'osent pas aller plus loin, ils n'osent pas le dire. Mais vous savez, tous ces syndicats, ces associations... Ça veut dire que vous faites encore peur, pardon, mais vous dites tout le temps « je ne fais plus peur » ou « je ne sais plus à qui », visiblement, à eux, en tout cas, vous faites peur.
Je ne sais pas si c'est moi qui leur fais peur. La vraie question que je vous pose depuis cinq minutes, c'est est-ce que c'est moi qui leur fais peur ou est-ce que c'est le pouvoir en place ? Ça, je ne sais pas. Tout ce que je veux leur dire, c'est que je veux les rassurer. Je veux les rassurer. Je veux dire, le projet que je propose... Il y a encore du boulot, hein ? Le projet que je propose, c'est celui-là que je mettrai en œuvre. Voilà, c'est clair. Ça fait 30 ans qu'on vit un modèle qui est un modèle dont le moins qu'on puisse dire, c'est que les résultats sont mauvais. Ce modèle économique qui a été mis en œuvre a échoué.
Le modèle qui consiste à aider les plus gros parce qu'il va y avoir une forme de ruissellement qui va tomber en goutte... À propos des plus gros, vous avez entendu... En goutte bienfaisante sur les petits, ça ne fonctionne pas.
Je voudrais vous dire un mot sur le salaire de Carlos Tavares, le patron de Stellantis. Il a failli toucher 66 millions d'euros. Finalement, un certain nombre d'actionnaires se sont opposés, notamment les petits actionnaires, à une partie. Donc, ils se sont opposés à 19 millions d'euros. Mais enfin, ça reste un très, très, très gros salaire. Est-ce que vous, présidente, vous vous opposeriez à ce genre de salaire ? Emmanuel Macron dit que c'est choquant.
Oui, bien sûr que c'est choquant. Bien sûr que c'est choquant. Et c'est encore plus choquant, d'ailleurs, quand ce sont des chefs d'entreprise qui ont mis leur société en difficulté. Ça arrive assez souvent et qui touchent quand même des sommes qui sont considérables. Bien sûr que c'est choquant. Mais je crois qu'un des moyens d'atténuer ces rémunérations qui sont, enfin, je veux dire, hors de proportion, quoi, vous voyez, par rapport à la vie économique, c'est peut-être, justement, de faire entrer les salariés comme actionnaires. Moi, je vais réfléchir à... Oui, pas seulement à la participation.
Je pense que dans des sociétés telles que celle-là, il faut réfléchir à un concept qui serait une sorte de réserve légale de titres, qui soit partagée par tous les salariés... Oui, qui serait partagée par tous les salariés à égalité, totalement. C'est-à-dire qu'il n'y aurait pas les salariés, les cadres qui auraient plus et puis les salariés qui leur seraient inférieurs qui auraient moins. Tout le monde, en fait, serait propriétaire, tous les salariés seraient propriétaires d'une partie, en fait, de cette préserve légale de titres. Vous voulez notamment augmenter les salaires ? Ça, c'est une des réponses à votre... Je vous dis pourquoi, parce que... Mais comment vous allez les contraindre ?
Quand quelqu'un comme Carlos Tavares... Arrêtez avec la contrainte. On n'en peut plus de la contrainte. Je ne veux pas d'un pays qui contraint en permanence. Mais vous pensez que sans les contraintes, les patrons vont augmenter leurs salariés spontanément. Oui, ça fait deux ans qu'on est contraints tout le temps. Vous pensez que Carlos Tavares, qui se prend ses 66 millions, il va augmenter dans le même temps les autres. Moi, je suis pour l'incitation, pas par la contrainte. Je suis pour l'incitation. Vous êtes la gentille. Non, je ne suis pas la gentille. Elle va se faire gentiment. Et pourquoi pas ? Et pourquoi pas ? Et pourquoi pas ?
Oui, oui, par exemple, je propose aux entreprises d'augmenter de 10% leur salaire jusqu'à trois fois le SMIC. Pourquoi je le fais ? Parce que je sais qu'elles savent qu'elles ont besoin d'augmenter leur salaire. Et que dans beaucoup d'endroits, elles n'arrivent pas à trouver des salariés parce que les salaires sont trop bas par rapport aux emplois qui sont proposés. Et je leur dis, si vous augmentez les salaires de 10% jusqu'à trois fois le SMIC, parce que je veux inclure les classes moyennes dans cette augmentation, eh bien, je gèlerai pendant cinq ans les charges patronales, la hausse, en fait, des charges patronales afférentes à cette augmentation de salaire.
Oui, je suis convaincue que ça va fonctionner. Oui, je suis pour l'incitation fiscale pour les médecins.
Mais là-dessus, vous êtes exactement comme Emmanuel Macron qui dit qu'on va inciter les patrons. Ça a été Elisabeth Borne, la ministre du Travail, qui a dit qu'on va inciter les patrons à faire des augmentations salariales. Dans les faits, les augmentations salariales ne sont pas là.
Non, je n'ai pas vu, moi, un dispositif du type de celui que je vous propose, mis en œuvre ou proposé par le gouvernement d'Emmanuel Macron. Je ne l'ai pas vu. Voilà. Je ne l'ai pas vu. Et pareil, si vous voulez, par exemple, pour lutter contre les déserts médicaux, plutôt que de contraindre les médecins pour aller dans les zones sous-denses, je préfère leur proposer des incitations fiscales. Oui, à chaque fois qu'on peut le faire, autant passer par des incitations plutôt qu'en permanence, sortir le bâton pour taper sur les Français, sur les entreprises, sur les uns ou sur les autres. Je suis désolé. Vous assistez beaucoup
sur l'idée que la brutalité serait du côté d'Emmanuel Macron. Vous l'avez d'ailleurs dit. Et que vous, vous ne sauriez plus du tout ça. C'est comme le mot de barrage quand vous faites exprès d'utiliser vous le mot de barrage à l'inverse de ce qui est utilisé habituellement dans le mot de barrage qui est barrage à Marine Le Pen ou barrage à l'extrême droite ou barrage au Rassemblement National. Est-ce que c'est des mots ? Comment on peut croire que vous êtes sincère là-dessus ?
Mais il faudrait vous plaisanter. Vous savez l'image qu'a Emmanuel Macron auprès des Français ? Vous ne croyez pas qu'il y a des millions, des dizaines de millions de Français qui considèrent que le gouvernement d'Emmanuel Macron a été un gouvernement affreusement autoritaire, qu'il a gouverné seul avec brutalité, qu'il a réprimé des manifestations, des manifestations de gilets jaunes, des manifestations sociales, des manifestations de pompiers, qu'il a dirigées avec brutalité en méprisant l'Assemblée Nationale, en passant par les ordonnances travail, en effondrant tout à fait le rôle essentiel des corps intermédiaires dans le fonctionnement de la démocratie. Mais il se trouve
que ces corps intermédiaires continuent à voter pour lui ?
Je ne crois pas, je n'ai pas entendu. Moi, la CGT a appelé, Dieu merci d'ailleurs, à voter Emmanuel Macron. Il y a un syndicat qui appelle à voter à Emmanuel Macron qui est le syndicat qui en réalité a soutenu l'intégralité de la politique d'Emmanuel Macron. Très bien ! Oui, non, quoi ? Je veux dire, ce n'est pas parce qu'un syndicat appelle à voter que les membres de ce syndicat vont obligatoirement voter pour Emmanuel Macron. Ce sont tous des citoyens. Ils se déterminent librement, seuls, en regardant précisément avec leur intelligence, avec leur lucidité. Mais il est évident qu'Emmanuel Macron a été un dirigeant extrêmement autoritaire. Bien sûr. Vous ne le saurez pas.
Mais non, je ne le serai pas. Car encore une fois, moi, mon objectif, c'est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Voilà. C'est cela que je souhaite pour les années qui viennent. Et le peuple redeviendra souverain dans notre pays. Moi, je veux une France unie. Je veux une France qui soit recousue des fracturations qui ont été créées par Emmanuel Macron. Je veux une France, je vous l'ai dit, fraternelle. Je veux une France de l'écoute. Une France de la discussion.
C'est la raison pour laquelle, dans une tribune d'ailleurs, j'ai proposé que dès le mois, dès l'automne, on fasse une grande conférence sociale pour redonner aux syndicats, qu'ils soient syndicats de salariés ou qu'ils soient syndicats patronaux, le rôle qui est le leur dans le fonctionnement normal de notre protection sociale.
Vous avez revu Marion Maréchal depuis le prévu ? Non. Vous voulez recoudre la France mais vous, vous arrivez pas à vous recoudre entre vous, quoi ? Oui. Vous avez... Non, mais pardon. Non, mais c'est compliqué de dire je vais réconcilier
les Français quand vous-même, vous arrivez pas à vous réconcilier. Non, mais excusez-moi Madame de Malermes, mais là, vous atteignez ma vie privée. Non, c'est pas du politique. Comme dirigeant, je vais recoudre notre pays et les fracturations et les politiques qui ont été menées pour monter les Français les uns contre les autres. Les difficultés familiales que nous avons, que j'ai moi, des Français aussi, vous savez, on est tous les uns et les autres à un moment donné, on peut avoir des divergences au sein de sa propre famille. D'abord, ça nous appartient, Madame. Alors, moi, je ne veux pas vous parler de ce qu'elle a. D'abord, ça nous appartient. Moi, ce que je peux vous dire...
Mais alors, c'est qu'à la parlant de Nicolas Bell ? Est-ce que vous avez parlé avec Nicolas Bell ? Non, parce que vous voyez, politiquement... C'est pas votre nez Nicolas Bell ? Non, mais pardon. Politiquement, vous voyez, Marion, elle a appelé à voter pour moi au second tour. Ça, c'est ce qui vous concerne. Tout le reste, ça me concerne. Vous nous avez tout simplement
quand même dit que vous ne l'aviez pas revu. Stéphane Ravier, Nicolas Bay, Gilbert Collard. Mais, Madame, pardon, mais... Ils sont partis.
Tous ces gens-là sont partis. Excusez-moi, mais ça n'est plus... Je voudrais comprendre ce que ça dit. Ça n'est plus mon problème. Ça n'est plus mon problème. Vous voyez ? Ça, c'est le problème du Rassemblement national. Je ne suis plus la présidente du Rassemblement national. Moi, je suis candidate à l'élection présidentielle. D'ici dix jours, je serai peut-être élu par les Français qui m'auront fait cette confiance à la tête de l'État. Je ne serai plus dans une ambiance partisane. Je serai au-dessus des partis. Voilà, vous n'êtes pas au-dessus. Vous n'arrivez pas au réconcilier. Au-dessus des factions. Au-dessus. Au-dessus. Parce que je serai la présidente de tous les Français.
Y compris d'ailleurs... Au-dessus ? Et seul ? Non, pas seul. Y compris de ceux qui n'auront pas voté pour moi d'ailleurs. Pas seul. Je le serai avec un gouvernement. Je le serai avec les forces vives du pays. Je le serai avec les partenaires sociaux. Je le serai avec tous ceux qui ont envie à nouveau d'être écoutés,
d'être entendus. Ils appellent à voter pour vous. Ils partagent vos idées. Ils font partie des rares. Justement, je le disais, il y en a beaucoup qui n'ont pas appelé à voter pour vous, qui ont même appelé à voter contre vous. Il y en a quelques-uns qui appellent à voter pour vous. Vous disiez Marion Maréchal, Éric Zemmour. Et pour autant,
vous dites qu'il n'en veut pas. Mais ils ont choisi un autre candidat. Voilà, ils sont engagés dans une autre... Au premier tour. Au deuxième tour, vous n'êtes pas capable de vous réconcilier. Mais j'ai... Madame, excusez-moi, mais franchement... Non, mais j'ai du mal parce que depuis tout à l'heure, vous avez d'ailleurs changé le nom. Vous avez raison, mais nous ne sommes pas dans une... Mais le rassemblement, ça commence peut-être par les siens. Mais oui, bien sûr, mais nous ne sommes pas dans une cour d'école et je n'ai pas 4 ans et demi. Donc, vous voyez, le... Ce n'est absolument pas une cour d'école.
Vous avez été dans une campagne politique. Vous avez été adversaire.
Le fait de se réconcilier ne me paraît pas être... Je veux dire, on n'est pas dans une cour d'école où on dit à deux enfants « Allez réconcilier-vous ». On a besoin de nos enfants. Aux adultes, on n'en a pas besoin normalement. Moi, si vous voulez, je tends la main à tous les patriotes. Je l'ai fait. Je pense que ceux qui nous ont quittés, qui sont allés soutenir la candidature d'Alex Zemmour, sont des patriotes. Une partie d'entre eux, d'ailleurs, ont appelé à voter pour moi. Et tant mieux, comme l'a fait Nicolas Dupont-Aignan et comme le font un certain nombre de personnes qui ont voté pour d'autres candidats, d'ailleurs, y compris des candidats de gauche. Tant mieux.
C'est le rassemblement que je veux mettre en œuvre. Mais je suis d'ores et déjà au-dessus des engagements partisans. Voilà. Donc, le problème de ceux qui nous ont quittés, qui reviennent, qui ne reviennent pas, tout ça, c'est le problème de Jordan Bardella. C'est lui qui est le président du Rassemblement national. Il n'y aura ni Éric Lecour ni Marion Maréchal dans votre gouvernement. Mon rôle à moi, c'est de rassembler le peuple.
Mais vous avez dit qu'il ne serait pas dans votre gouvernement. Donc, vous n'êtes pas capable de gouverner avec des gens qui ont les mêmes idées que vous. Mais voilà, comme ils sont partis,
c'est tant pis pour eux. Je vais vous rappeler les institutions de la République française. Le président de la République choisit un Premier ministre. Et c'est le Premier ministre qui soumet au président de la République son gouvernement. C'est comme ça que ça se passera.
Marine Le Pen, prochaine étape, ce sera le grand débat. La semaine prochaine, vous avez encore des déplacements aujourd'hui, mais ensuite, vous allez préparer le débat et vous mettre un peu en retrait de la campagne active.
Je vais préparer le débat. C'est assez long. Pendant deux jours, je pense que c'est un moment important. C'est un moment qui est attendu. évidemment, il y a des millions de Français qui vont regarder ce débat, voir les deux projets qui sont soumis à leur choix. Le projet Patriote que je défends, le projet national et puis le projet mondialiste d'Emmanuel Macron. Ça va tout changer, évidemment, ce choix. Pas seulement pour les cinq prochaines années, d'ailleurs. Je pense presque pour probablement les décennies qui viennent. Parce que vous voyez, par exemple, les choix en matière énergétique, ce n'est pas pour les cinq prochaines années, c'est pour les décennies qui vont venir.
Merci Marine Le Pen d'avoir accepté de répondre à mes questions
ce matin sur AMC et BFM TV.
Merci à Pauline de Malherbe. Dans quelques instants, la guerre en Ukraine, le navire Moskva a coulé en mer noire quelques heures après avoir été touchée par une frappe ukrainienne.
Marine Le Pen