Nicolas Dupont-Aignan veut défendre "un patriotisme humaniste de rassemblement"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Peut-être pour commencer, troisième campagne présidentielle, vous l'avez dit, vous avez essayé de lancer, qu'est-ce qui a fait la différence ?
Ce qu'on a vécu pendant la crise du Covid, la lâcheté générale face à des mesures liberticides, le sentiment que notre société partait dans une dérive orwellienne. Et comme je suis profondément attaché à la liberté de la France, ça c'est mon combat souverainiste depuis des années, mais au-delà de ça, à la démocratie, au sentiment que notre pays est en train de dériver. Et je me suis dit, il faut qu'il y ait un homme politique qui n'a rien à perdre, qui a toujours été franc, qui fasse campagne sur ce qui me paraît essentiel pour le pays. Liberté de la France, liberté des Français, démocratie participative. Renouer avec l'esprit du général de Gaulle qui était de rendre le pouvoir aux Français.
Ce serait l'indépendance de la France. C'est-à-dire, globalement, changer les traités avec l'Union européenne, sortir du commandement militaire intégré de l'OTAN, et redonner le pouvoir au peuple par le référendum. Ah non, elle a raison d'essayer. Mais ce que je n'ai pas aimé, c'est la manière dont elle l'a fait. C'est-à-dire, c'était indécent dans la forme, et surtout, c'était de la gesticulation. Parce qu'en fait, il n'en est rien ressorti. Si ce n'est une espèce de en même temps. On livre des armes qui mettent en péril encore plus les Ukrainiens parce qu'on n'en livre qu'une partie. Donc on les met en infériorité, on se donne bonne conscience.
Et en même temps, on ne fait pas d'offensive de paix. C'est-à-dire qu'on ne propose pas une sortie par le haut. Et c'est ça qui m'a choqué. Qu'il y ait des sanctions, par exemple, contre les oligarques, j'ai approuvé. Mais qu'en revanche, il n'y ait pas de cohérence et que ce soit d'une espèce de sentimentalisme inefficace, ce n'est pas rendre service aux Ukrainiens. Et moi, je pense que le meilleur service qu'on peut rendre aux Ukrainiens, pour éviter le drame qu'il y a en ce moment des civils, c'est tout de suite de présenter un plan de paix avec une sortie de crise.
Et j'ai proposé, et il y en a d'autres, la neutralité de l'Ukraine, un statut d'autonomie pour le Donbass, la neutralisation de l'Ouest de l'Ukraine pour qu'au moins il y ait une partie du territoire qui soit sauvegardée. Et puis des sanctions très fortes, bien sûr, financières sur les oligarques, mais pas cette espèce de gesticulation qui n'aboutit à rien.
Bien sûr que c'est peut-être plus difficile, parce qu'il y en a deux au lieu d'un, de ce côté-là.
Mais moi, je ne suis pas sur la même ligne politique, sur le fond des choses, sur beaucoup de choses, sur la vision de la société. J'ai un patriotisme, oui, comme eux, et je ne nie pas leur souhait d'indépendance de la France. Mais en revanche, je pense avoir une vision beaucoup plus cohérente de la refonte avec Bruxelles, de la liberté individuelle, et puis d'une vision de la société, la participation dans l'entreprise, la vision de notre projet environnemental. Et puis pas le même caractère, pas la même personnalité. J'ai été maire 22 ans, la bonne gestion. Mais pourquoi je rallierais l'un ou l'autre ? Mais non, mais attendez. Il y a le second tour, mais qui sera au second tour ?
Personne n'en sait rien. Vous savez, les sondages se sont toujours trompés. Personne ne sait qui sera au second tour. Il y a un premier tour, moi je suis candidat au premier tour. J'espère être au plus haut possible. Je vais défendre un projet cohérent, sincère, d'un patriotisme humaniste, de rassemblement, pas d'exclusion. Et puis les Français choisissent.
Une dernière question ?
Écoutez, Mitterrand n'avait pas le monopole de la France. Et puis, si vous voulez, je pense que la France doit avoir les pieds dans la terre et la tête dans les étoiles. C'est-à-dire que j'aurais aimé ajouter peut-être une fusée ou quelque chose du XXIe siècle. On ne peut pas tout faire. Mais ce que je voulais montrer, c'est qu'on est enraciné. On est enraciné. Quand un arbre qui n'a pas de racines, il tombe. Et je pense qu'on ne peut pas s'en sortir si on n'est pas bien posé sur notre territoire et sur la France des territoires. Et je crois qu'on est en train de nier notre passé. Et on sera bien demain si on sait qui on est. D'où l'indépendance de la France.
D'où l'exception française, la liberté des Français. Et c'est pourquoi ce mot « liberté » m'a paru évident vis-à-vis de tout ce qu'on vit. La propagande, la manipulation, les interdictions de tout, la déresponsabilisation des gens. Je voudrais qu'ils aient la liberté de voter et qu'ils apprennent la liberté. Maintenant, c'est aux Français de l'apprendre.
Nicolas Dupont-Aignan