Macron a parlé
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France Inter, le 18-20, Fabienne Sintès. Il tape sur les extrêmes pour être numéro 1, Emmanuel Macron, c'est une grosse part de la conférence de presse qu'il a donc donnée cet après-midi. Les deux extrêmes, droite et gauche, et il tape fort le vide de l'un, l'outrance de l'autre, antisémitisme et communautarisme d'un côté, abandot écologique et économique de l'autre. Il met deux à dos les alliances d'appareils des uns et des autres pour qu'à la fin, il n'en reste qu'un, le bloc central, le sien, et celui des sociaux-démocrates, des radicaux, des écolos, des gaullistes, dit le président, qui assure ne pas vouloir donner les clés du pouvoir au Rassemblement National en 2027.
« Je n'ai pas l'esprit de défaite », a-t-il dit, et il assume, y compris la réforme de l'assurance chômage, qui n'est pas enterrée, même s'il semble attendre une nouvelle majorité à nouveau recomposée pour l'actée, on en parlera, suspendue en revanche la réforme constitutionnelle de Nouvelle-Calédonie. Emmanuel Macron, pour le reste, est très longuement à dérouler ce qu'il appelle un accès, une méthode qui va de plus de fermeté sur l'immigration, en passant par un vrai débat sur la laïcité, en passant aussi par l'interdiction des téléphones portables avant 11 ans, par 8 nouveaux réacteurs nucléaires et la suppression d'un échelon territorial.
Voilà pour un président qui ne fera pas campagne, c'est ce qu'il a dit lui-même. Pendant que côté LR, vous l'avez entendu, on ne va pas faire comme si ça n'avait pas existé dans la journée, le parti explose et a viré son président pendant que la gauche négocie pied à pied des sièges et le contenu de ses programmes. J-18 avant le premier tour, la recomposition politique. Au pas de charge, c'est le téléphone sonne, soyez les bienvenus. Jean-Charles, c'est vous le premier, bonsoir, soyez le bienvenu. On vous écoute, Jean-Charles, allez-y. Bonsoir. Allez-y. Allô ?
Oui, allez-y, on vous entend. Je me pose une question de savoir si le but d'Emmanuel Macron est de faire exploser tous les partis politiques. Il y en a deux qui n'ont pas résisté aujourd'hui. Il s'y emploie depuis sa première campagne électorale. Je me demande également pourquoi il y arrive aussi bien et s'il ne comprend pas que sans les partis politiques, ça va être le chaos.
Eh bien, merci pour votre question. Jean-Charles, ce sera l'entrée en matière et le début de cette discussion. Pour discuter ensemble et débattre jusqu'à 20h, il y a Gaël Slimane qui est là. Bonsoir. Bonsoir. C'est le président cofondateur de l'Institut de sondage Odoxa. Il y a Yael Gauze du service politique de France Inter. Il y a Simon Lebaron du service politique de France Inter. Bonsoir. Vous me faites peur avec cette voix, Simon. Je suis désolé. Gaël Slimane, est-ce que l'intention était de faire exploser tous les partis de la part d'Emmanuel Macron ? J'entends ce que dit notre auditeur parce que là, pour le coup, LR a explosé.
On a dit précédemment, pendant la mandature, que le Parti Socialiste avait explosé aussi.
Alors, je ne crois pas. Faire exploser les partis, c'est ce qu'il a tenté et réussi de faire lors du premier quinquennat. Puis, depuis le début du deuxième, il s'est pas mal employé aussi. Donc, ça s'applique assez bien à la stratégie habituelle d'Emmanuel Macron. Mais là, le seul parti qui semble exploser, c'est le sien. C'est-à-dire que quand on regarde les premiers sondages qui sortent sur les perceptions de nos concitoyens, finalement, la gauche est plutôt en bonne position dans les premières intentions de vote qui sortent. LR est en souffrance, mais ce n'est pas vraiment lié à ce que dit ou fait Emmanuel Macron.
C'est plutôt lié à la prise de position très singulière, sidérante d'Éric Ciotti et aux réactions que ça a pu susciter dans son propre camp. Là, surtout, ce qui est frappant, c'est de continuer. On a le sentiment que le président continue de penser, c'est des propos qui lui sont souvent prêtés, que s'il ne s'occupe pas des choses lui-même, ça ne marchera pas. Or, depuis peut-être un an maintenant, voire plus, ce qu'on enregistre enquête après enquête, c'est que chacune de ces interventions suscite davantage de colère, davantage de rejet dans l'opinion. Et en fait, il joue du coup contre son propre camp. Là, le sondage que nous avons publié ce matin, un chiffre quand même sidérant.
On teste les codes d'adhésion et de rejet des hommes politiques. On a testé en comparaison Jordan Bardella, Marine Le Pen, Emmanuel Macron. Il faut savoir que structurellement, dans ces indicateurs-là, les leaders du RN ont toujours, pendant très longtemps en tout cas, des niveaux d'adhésion pas ridicules du tout, mais des très forts niveaux de rejet, ce qui suscite le vote de barrage. Et en revanche, les personnalités du bloc central suscitent parfois moins d'adhésion, ou pas tant que ça, mais ne suscitent pas trop de rejet.
Là, ce qui est sidérant, c'est que Jordan Bardella est à 42% de codes d'adhésion, c'est-à-dire de Français qui disent qu'ils le soutiennent ou qu'ils ont de la sympathie pour lui. Marine Le Pen est à 38%. Et en rejet, ils ne font que 42 et 45. Donc, moi, de la moitié des Français ressentent du rejet pour ces personnalités d'extrême droite. Alors qu'Emmanuel Macron est à 48.
Traduction, dans une autre question qu'on a posée sur le vote barrage au Rassemblement National, aujourd'hui, la part des lecteurs qui, pour les législatives, nous disent « je vais voter pour faire barrage au Rassemblement National » est comparable à la part des lecteurs qui disent « moi, je vais voter en détestant les deux candidats potentiellement, mais pour faire barrage à Emmanuel Macron et à sa majorité ». Et plus il intervient, et plus ce sentiment-là est présent.
Vous allez répondre, les garçons, dans une seconde, mais je voudrais qu'on rejoigne Eric, qui est dans le Var. Bonsoir, Eric.
Oui, parce qu'en fin de compte, mon intervention est dans la continuité de ce que vous voulez dire.
Exactement, c'est très bien fait. Allez-y.
Moi, je voulais savoir, d'après vos invités, si Macron est-il conscient du rejet qu'il provoque dans l'opinion. Parce que moi, je connais des gens qui sont pro-Le Pen et anti-Le Pen. Je connais des gens qui sont pro-Mélenchon et anti-Mélenchon. Mais je ne connais personne de pro-Macron. Et je suis dans le milieu associatif. J'ai plus de 60 ans, j'ai roulé un petit peu ma bosse. Et c'est impressionnant, quel que soit l'âge, quelle que soit la situation socio-culturelle de chacun, ce rejet. Alors, bien entendu, il y a les retraites. Bien entendu, il y a les 49-3. Il y a cette espèce d'arrogance et cette espèce de mépris et de parisianisme. Mais c'est étonnant de le voir.
Moi, je l'ai regardé un petit peu. Bon, parce que je ne veux pas non plus me faire trop souffrance. Je l'ai regardé un petit peu en direct. Mais c'est incroyable, comme il est persuadé qu'il suffit qu'il s'affiche quelque part pour que les gens vont le suivre. Il va se prendre une gamelle sérieuse.
Eric, merci pour votre intervention. Moi, je retiens cette phrase à la conférence de presse à Simon Lombaron. J'entends ce qu'on dit sur ma pomme, fermez les guillemets, a dit Emmanuel Macron. Mais je trouve que la question est légitime. Et c'est ce que disait Gaël Slimane aussi. Est-ce qu'il entend ce qu'on dit sur sa pomme, pour reprendre son expression à lui ?
Non, c'est difficile et ce n'est pas moi qui...
Et Gaël Slimane qui fait non avec la tête. Non, visiblement non.
Ce n'est pas moi qui vous dirai ce qu'il y a dans sa tête. Ce qui est sûr, c'est que ceux qui le connaissent, ou certains de ceux qui le connaissent très bien, des anciens conseillers, des anciens ministres qui lui parlent régulièrement, nous disent qu'il sous-estime l'ampleur du rejet dont il fait l'objet. Et ce qu'on nous a dit aussi ces dernières semaines, c'est qu'Emmanuel Macron, quand il était en Normandie pendant plusieurs jours pour les commémorations du 80e anniversaire du débarquement, avait parlé à beaucoup de Français qui étaient là et voilà, ils s'étaient arrêtés pour serrer des mains et discuter avec eux.
C'est des moments toujours particuliers parce que les gens qui sont là, nous on les voit, les journalistes qui suivent le président, parfois il y en a qui sont très vindicatifs, qui disent « moi je l'attends, je vais lui dire ma façon de penser ». Et puis quand ils sont face au président, c'est humain, le président est là, il leur serre la main, il les regarde dans les yeux,
c'est vrai qu'il a un côté très convaincant.
Et donc tout de suite, les gens sont souvent beaucoup moins vindicatifs qu'ils ne pensaient l'être. Et Emmanuel Macron, ce qu'on nous a dit, c'est que lors de ces pérégrinations en Normandie, il s'était dit « finalement, dans la vraie France, dans la France éloignée des cercles parisiens, des journalistes, des politiques, je ne suis pas si un populaire que ça ». Donc peut-être qu'effectivement, le président se dit « c'est pas moi qui suis rejeté, c'est mon gouvernement, c'est ceux qui sont au pouvoir, mais c'est pas moi ».
Est-ce que ça veut dire, Yaël, pendant un moment, on a cru qu'il voulait faire campagne lui-même, qu'il allait même faire des apparitions au moins deux à trois fois par semaine jusqu'à la fin du mois de juin et probablement entre deux tours, etc. Et finalement, il dit « je ne ferai pas campagne ». Est-ce que au moins, est-ce que là-dessus, c'est qu'il a pu être persuadé que ce n'était pas forcément utile et même une bonne chose pour les députés ? Ou est-ce que c'est une autre raison ?
En fait, c'est complètement paradoxal, parce que pendant une heure et demie de conférences de presse devant 170 journalistes, il dit « je ne vais pas faire campagne ». C'est lui qui la lance, qui l'a fait, qui fixe les axes, la méthode, qui fait une conférence de fraises fleuve. Il y a donc un paradoxe. Aura Dour-sur-Glane, où il est passé lundi, et Colville-sur-Mer, où il est passé la semaine dernière, Jordan Bardella en tête à plus de 30%. C'est quand même étonnant. Ensuite, vous avez le meilleur thermomètre, c'est les affiches de campagne. Combien de députés, renaissances et alliés voudront avoir la photo d'Emmanuel Macron à côté d'eux, dessus ?
Ils vont se compter sur les doigts d'une main. Extrêmement compliqué. François Bayrou et Edouard Philippe lui demandent, presque solennellement, de la mettre en sourdine. De ne pas être celui qui va faire les 18 jours de campagne. À peine, parce que si on enlève le week-end, c'est moins que ça.
Est-ce que c'est contraint qu'il ne fait pas ces fameux 3 jours par semaine ? Parce qu'il a compris ça. Donc, il donne les clés, effectivement, pour le coup, à Gabriel Attal ?
Une vérité, c'est ce que disait Gaël Sima tout à l'heure, c'est qu'il est persuadé intimement et depuis toujours qu'il faut qu'il fasse tout lui-même et que ce sera toujours moins bien fait s'il ne fait pas les choses tout seul. Ça, c'est clair. Donc, peut-être a-t-il été persuadé, effectivement, qu'il fallait qu'il se mette en retrait. Et il écoute, c'est vrai. Il lit les articles, il écoute ce qu'on dit sur lui. Ce qu'il dit tout à l'heure, j'entends ce qu'il se dit sur ma pomme, c'est une réalité. Il n'est pas totalement enfermé dans sa bulle. Et il a peut-être été persuadé, y compris des très proches, de se mettre à l'écart de cette campagne.
Et tout à l'heure, un stratège de la campagne du camp présidentiel pour ses législatives nous disait, non, non, mais il va rester discret. Est-ce que ça va tenir ? Ça, on l'a souvent entendu. Le président se fera discret et puis il ne peut pas s'empêcher de remonter en première ligne. Ça, on verra. Mais en tout cas, pour l'instant, il semble avoir entendu cette critique qui est massive, qui est, disait Yael, celle des ministres, celle de ses principaux alliés et celle de quasiment tous ses députés.
Et on ne peut pas s'empêcher d'être trappé dans la conférence de presse qu'on a entendue. Moi, j'ai entendu un mea culpa, c'est là qu'il le prononce, sur le logement des jeunes. Ça paraît tellement dérisoire. En fait, à la question d'un de vos confrères, où pensez-vous que vous avez échoué ? Je n'ai pas entendu la réponse.
On n'a pas été assez rapide. C'est uniquement rapide. Ce qui est frappant dans la conférence de presse de ce matin, à mon sens, c'est qu'on retrouve quasi copié-collé le discours de politique générale de Gabriel Attal du mois de janvier. Autrement dit, c'est la feuille de route qu'on connaissait déjà, que Gabriel Attal a énoncée au Parlement. Or là, il a décidé de mettre pause, d'arrêter tout ça, voire de faire exploser tout ça. Alors qu'il y avait moult projets de loi sur le point d'aboutir, sur le logement, sur la simplification, sur la fin de vie, c'était lancé. Énormément de dossiers, le congé de naissance. Et qu'est-ce qu'on a dans la conférence de presse ? Quasiment le même agenda.
À une mesure près, supprimons un échelon territorial, rapport Wörth à la poubelle, entre parenthèses, supprimons un échelon territorial, qu'est-ce qu'il y avait d'autre ? Si je cherche... L'interdiction des écrans à moins de 11 ans. À part ces deux mesures... Et d'internet à 15 ans. À part ces deux mesures, c'est la redite de la feuille de route qu'on connaissait déjà. Donc pourquoi avoir tout cassé ?
Mais on se dit aussi, drôle d'endroit pour annoncer ce genre de choses. On est dans ce moment politique, un moment politique très particulier. Et là, on a quelque chose au départ qui n'est pas vraiment un programme, enfin qui est très programmatique quand même, Gaël Slimane. Est-ce qu'il ne peut pas y avoir un décalage aussi, finalement,
avec les gens qui écoutent et qui regardent ce moment-là ? Je pense que votre auditeur, on a fait des sondages de post-test d'Emmanuel Macron très régulièrement. Et très représentatif, celui de tout à l'heure qui disait « J'ai écouté 5-10 minutes et puis après j'en ai eu assez et j'en avais marre de me faire du mal. » Et donc, j'ai coupé. Mais c'est ce qu'on observe. C'est-à-dire qu'il y a un décalage incroyable entre ce qu'il pense être efficace en termes de stratégie pour son camp et les effets produits.
Il a transformé largement les européennes en référendum anti-Macron et d'ores et déjà, même s'il n'intervenait plus, ce que personne ne peut croire, même s'il ne le faisait plus, là, c'était un chef de parti qu'on a entendu. Ça pose même un problème institutionnel. Je ne sais pas dans quelle mesure on est en phase, quand je dis ça, c'est une manière euphémisée de dire les choses, avec les institutions. Les partis politiques adverses ne se sont pas vraiment plaints. Et vous savez pourquoi ils ne se plaignent pas ? Parce que Marine Le Pen l'a dit à plusieurs reprises, mais ce n'est pas une boutade. Ils ont compris qu'à chaque fois qu'Emmanuel Macron intervenait, ça leur profitait.
Ce qui vient de se passer tout à l'heure, c'est une publicité pour le Rassemblement National d'un côté, l'alliance de gauche de l'autre et en particulier pour les Insoumis. Je vous donne un autre exemple. Et d'ailleurs, Jean-Luc Mélenchon lui répond aux 20h ce soir. Oui, mais il n'a même pas besoin de répondre. En fait, un enjeu clé de ces législatives, ce sera la participation. Parce que la participation produit plus ou moins de triangulaires. Pour faire simple, vous avez un électeur sur deux qui s'abstient, vous n'avez quasiment, comme la dernière fois, vous n'avez quasiment pas de triangulaires. Vous en avez eu moins d'une dizaine.
Vous gagnez 10 points de participation, ce qui n'est pas insensé, vous passez à 60%. Ce qui est plus que probable cette fois-ci. Quand il y a de l'enjeu, il y a de la participation. Eh bien, vous multipliez par 10 le nombre de triangulaires. Vous en avez quasiment une centaine. Or, en situation de duel entre le RN et Renaissance, aujourd'hui, c'est du 1 sur 2, voire un peu mieux pour le RN. Et en situation de triangulaire, sauf cas particulier où il y aurait des appels à désistement, c'est la victoire rassurée pour le RN. Donc, ce qui est en train de se passer là, c'est une situation qui pourrait être dramatique pour Renaissance.
C'est-à-dire, on verra si le Rassemblement National aura la majorité absolue, ce qui est probable. Vous vous dites probable ? Oui, ce qui me semble tout à fait probable. Aujourd'hui, quand vous regardez les premiers sondages qui sortent, vous voyez qu'ils sont en dessous en termes de projections, mais il faut savoir que ces projections ne tiennent que très peu compte de triangulaires. Donc, si on se projette sur le vote aux européennes, on vient de l'avoir aujourd'hui, rapporté aux circonscriptions législatives. Vous avez le RN présent dans, en gros, 90% des circonscriptions législatives au second tour.
C'est-à-dire qu'il arriverait premier ou deuxième dans 90% des circonscriptions législatives. Il y a très peu de raisons d'imaginer, sauf changement énorme, que les électeurs qui se sont déplacés pour voter pour le RN aux européennes ne se redéplacent pas pour voter pour le RN aux législatives. Et donc, ça signifie concrètement qu'on aura un RN très fort, majorité absolue ou très, très large majorité relative juste en dessous de la majorité absolue, mais qu'en plus, ça on pouvait le deviner depuis un moment, mais qu'en plus, on risque d'avoir un rapport de force totalement déséquilibré en faveur de la gauche, unie, face à Renaissance.
Ce qui se dessine en ce moment, c'est peut-être moins d'une centaine de députés Renaissance. C'est ce que j'allais vous demander.
S'il y a effectivement des triangulaires multipliés par 10, j'ai bien compris qu'à la fin, le face-à-face, ce sera bloc de gauche contre Rassemblement National. Ce ne sera pas RN
qui sortira son épingle du jeu. Dans la tripartition, celui qui a la médaille de bronze est celui qui perd. Le troisième est toujours lisé. Et ce que je ne comprends pas, moi, comme observateur dans la conférence de presse qu'on a eue ce matin, c'est cette charge lourde sur les extrêmes. Donc l'extrême droite d'un côté, l'extrême gauche de l'autre. Donc tout le monde est mis dans le même sac dans cette extrême gauche parce qu'il y a Mélenchon, parce qu'il y a des insoumis. Gauche qu'il qualifie d'antisémite, antiparlementariste et communautariste. Alors qu'il aura peut-être besoin dans l'entre-deux-tours d'en appeler pour sauver ces soldats Renaissance, Horizons et Alliés.
Il aura peut-être besoin de dire aux électeurs de gauche qui seront peut-être arbitres de certains duels de dire faisons barrage au nom des valeurs de la République. Mais puisqu'il les met hors du champ républicain de manière extrêmement insultante, qui fera l'effort d'aller sauver les Renaissance ?
Alors justement, un détour au standard avec vous, Éloi. Bonsoir. Bonsoir. On vous écoute.
Alors oui, moi j'avais une question par rapport à la stratégie de diabolisation de la gauche par notre président qui s'en faisait quelques années. Je me pose la question comment est-ce qu'on peut dire que LFI est un parti d'extrême-gauche alors que le Conseil d'État lui-même a reconnu que c'était un parti de gauche ? Est-ce qu'on peut considérer que c'est un mensonge de la part du président ou d'une stratégie ? Voilà, c'était ma question.
Voilà, il y a aussi Flo qui, dans les mêmes termes exactement, pose la question qui dit, pour être rappelé à Emmanuel Macron et aux journalistes que la France insoumise n'est pas classée à l'extrême-gauche par le Conseil d'État décision de mars 2024. S'il vous plaît, c'est ce que nous dit Flo. Donc on voit venir aussi de la part de LFI ces discours-là mais la réalité sur ce que vous disiez à l'instant l'un à l'autre c'est-à-dire la diabolisation de l'extrême-gauche ça c'est une réalité. Les termes antisémites communautaristes ça va être compliqué de retourner ces... Et antiparlementaristes. Et antiparlementaristes. Mais c'est pire
que ce qui est dit du Rassemblement National. C'est-à-dire qu'il ne les renvoie même pas dos à dos. En fait, il dit est-ce qu'il traite le Rassemblement National de parti raciste ou antisémite ? Non, c'est ça. Ils les trouvent mauvais économiquement, etc. Ils sont mauvais en économie mauvais gestionnaire et on va au devant d'ennuis financiers. Un parti qui choisit entre les vrais et les faux français. Oui, il l'a dit, d'accord.
Mais sinon, globalement c'est très sévère et j'ajoutais juste pour compléter ce que disait Yael ça va être très compliqué de demander l'aide comme le disait Yael il y a un instant de la gauche dans laquelle il y aura les insoumis pour ces candidats ces députés mais comment pourra-t-il les soutenir lui-même ? C'est-à-dire que s'il est en situation lui, son parti, Emmanuel Macron de permettre à la gauche de remporter une circonscription et donc peut-être de faire jouer l'équilibre qu'on ne se retrouve pas avec Jordan Bardella Premier ministre.
Comment pourra-t-il être audible vis-à-vis de son propre électorat Emmanuel Macron s'il a expliqué que les gens en question étaient des antisémites et des antiparlementaristes ? C'est compliqué.
Mais c'est totalement pardon Fabienne dans la droite ligne ce qu'a fait Emmanuel Macron dans la droite ligne de ce que nous disent ces députés depuis deux ans maintenant et les législatives de 2022 qui ont accouché de cette situation de majorité relative. C'est-à-dire qu'ils nous disent regardez comme les LFI sont dangereux ils crient ils créent le désordre bon les députés RN ils sont incompétents ils sont dangereux aussi d'une certaine manière mais au moins ils disent bonjour ils sont polis.
Ce qu'on a entendu d'Emmanuel Macron tout à l'heure c'est ça après Emmanuel Macron ne se base pas sur rien quand il tape à ce point sur LFI évidemment c'est de la stratégie évidemment ce qu'il fait c'est une manière d'agiter les peurs mais il le fait après une campagne des européennes où beaucoup à gauche y compris écologistes socialistes ont dit regardez LFI est dangereux LFI s'est radicalisé à cause de Jean-Luc Mélenchon
ils servent sur ce vrai rejet
de Jean-Luc Mélenchon y compris d'une partie de l'électorat même des insoumis certains insoumis et de l'électorat social-démocrate.
Et je vous soumets ce mail d'Edith qui nous dit oui il faut faire bloc avec les centristes les macronistes et les sociodémocrates définitivement non à LFI qui a emmené la gauche dans le mur cette alliance ne pourra pas marcher et si Raphaël Glucksmann s'allie à LFI je ne voterai plus pour lui tant pis et c'est le peuple qui décidera notre président a raison nous dit Edith il joue aussi là-dessus
il s'appuie deux fois sur Raphaël Glucksmann pour essayer de l'extirper de cette alliance nouvelle NUPES nouvelle génération Front Populaire il s'appuie deux fois sur lui un peu c'est le courant aussi de Bernard Cazeneuve c'est cette partie du PS qui n'est pas à l'aise depuis le congrès de l'année dernière remportée par Olivier Faure c'est une partie du PS qui n'est pas hyper à l'aise mais qui vous avez entendu Carole Delga présidente de la région Occitanie au 13h hier qui dit moi je vais quand même soutenir ce Front Populaire alors que c'est pas du tout cette tasse de thé mais au nom du barrage pour bloquer le RN pour l'emporter sur l'extrême droite donc même des gens qui pourraient être rattrapés sociodémocrates par Emmanuel Macron font le choix du Front Populaire Carole Delga c'est vraiment significatif alors pas tous forcément
bonsoir Pascal
oui bonsoir
on vous écoute Pascal allez-y
alors justement j'ai suivi en direct l'intervention du président bon on parle beaucoup de la cristallisation sur sa personnalité et moi j'ai trouvé que son discours d'essayer de rassembler les partis démocrates que ce soit à droite ou à gauche ça m'a semblé un discours cohérent et comment dire et porteur éventuellement d'une solution contre le RN et j'aimerais bien savoir ce qu'on pense finalement je viens d'entendre juste un instant commenter le fait que tous les démocrates ne sont pas d'accord pour le rejoindre peut-être mais est-ce qu'il a un autre choix à proposer moi j'ai trouvé que son discours était plutôt cohérent pardon Pascal
de vous avoir interrompu mais merci beaucoup votre réponse aux uns et aux autres Simon
ce qui est sûr c'est que Emmanuel Macron et à l'Elysée ses proches son entourage sont persuadés que ce qui se passe aujourd'hui c'est en quelque sorte l'aboutissement de la recomposition politique qu'Emmanuel Macron a entamé à partir de 2016 quand il s'est lancé dans sa première bataille présidentielle ça rejoint la question que nous posait le premier auditeur tout à l'heure est-ce qu'il explose les partis oui mais lui il estime que c'est une bonne chose quand il dit les masques tombent que son entourage se réjouit presque de voir regarder Eric Ciotti ça fait des années qu'on le disait ça y est il se jette dans les bras de Marine Le Pen regarder à gauche pour l'instant ça tient mais ça va pas tenir les cases neuves les gluxman ils vont pas accepter de se ranger derrière Jean-Luc Mélenchon et bien ils sont persuadés que c'est une bonne chose pour la politique française d'avoir ce qu'ils appellent cette clarification en ce moment et Emmanuel Macron n'est pas mécontent de voir ce qui se passe c'est-à-dire qu'il a l'impression que finalement tout cela était encore que voilà c'était encore un peu malsain il avait contribué à assainir la politique française d'une certaine manière en clarifiant les choses mais il y avait encore des petites combines des discussions d'appareils et bien aujourd'hui tout explose et il a l'impression que c'est l'aboutissement de ce qu'il a théorisé depuis 8 ans
et en même temps avec le rassemblement national on paye pour voir oui mais c'est
en fait c'est l'aboutissement d'un jeu aussi extrêmement dangereux qui a consisté à considérer que le clivage gauche-droite était devenu caduc donc à force de renvoyer gauche et droite républicaine dans les dans les dans les dans les corners dans les marges et bien il y a aussi une forme de radicalisation des deux côtés extrême droite extrême gauche est-ce qu'il n'y a pas un extrême centre au milieu aujourd'hui dans l'attitude du président de la république c'est un débat c'est une question qu'on peut se poser est-ce que l'extrême centre ça existe quand il dit que aujourd'hui on voit qu'à droite et puis au PS insoumis écolo c'est des querelles de boutiquiers pour trouver des postes des places en un minimum de temps mais qui crée cette situation d'avoir une campagne la plus courte qu'on ait jamais connue sous la cinquième pour des législatives de 20 jours dans laquelle forcément les partis font ce qu'ils peuvent dans le temps limité pour trouver un minimum d'accords mais la recomposition globale elle ne peut pas se faire en 20 jours donc vous avez quelques idées comme ça communes pour constituer rapidement des coalitions mais c'est très compliqué et juste une chose Emmanuel Macron si on met le nez un petit peu dans Horizon dans le Modem dans Renaissance eux aussi vont se prendre la tête sur les investitures il ne faut pas croire c'est le lot de toutes les législatives anticipées que ce soit le camp présidentiel ou un autre
parce qu'on dit aujourd'hui que le fameux Front Populaire a trouvé ils ont trouvé les chiffres le nombre de circonscriptions pour les uns et pour les autres ils n'ont pas trouvé ouf encore ce qui change vraiment tout parce que voilà il y a les gagnables
et les moins gagnables Gaël Simon juste sur ces questions des alliances c'était l'objet de notre sondage du jour dans le Figaro on a testé les trois grandes alliances donc on a testé l'alliance qu'évoquait votre auditeur il y a un instant c'est l'alliance du centre l'arc républicain que propose Emmanuel Macron en gros la majorité présidentielle les socialistes raisonnables qui ne se sentiraient pas à l'aise avec les insoumis et les républicains on a testé la deuxième alliance qui est l'alliance de gauche PS insoumis écologiste PC et la troisième rassemblement national reconquête qui était encore testable au moment où on a lancé le sondage mais qui finalement est sorti du jeu et les républicains et en fait les niveaux d'adhésion de l'ensemble des français à chacune de ces alliances sont à peu près comparables on en a 42% qui sont favorables à l'alliance de gauche 40% à l'alliance voulue par Emmanuel Macron et c'est pas les mêmes évidemment et 43% à l'alliance droite extrême droite pour faire simple mais ce qui est intéressant c'est que la seule alliance qui suscite l'adhésion des gens concernés c'est-à-dire des sympathisants de tous les partis concernés par l'alliance c'est l'alliance de gauche on a 97% des insoumis 80% des écologistes 67% des socialistes et 96% des communistes qui disent cette alliance elle me convient ceux qui disent ça me convient pas ce sont les autres partis donc ça les dérange pas trop en revanche l'alliance du centre qu'évoquait votre auditeur elle séduit les sympathisants renaissance à plus de 80% elle est rejetée par les sympathisants socialistes par les deux tiers d'entre eux et chez les sympathisants LR alors eux ils sont complètement perdus puisqu'ils sont un sur deux à dire pourquoi pas cette alliance vers le centre et ils sont exactement aussi nombreux à dire et pourquoi pas s'allier avec l'extrême droite avec le rassemblement national et voire aux conquêtes et donc à ce jeu des alliances ceux qui sont les mieux placés pour l'instant ce sont les partis de gauche ils ont le problème à gérer que vous avez évoqué qui est important qui est le cas Mélenchon qui suscite un très fort niveau de rejet auprès de nombreux sympathisants de gauche y compris un certain nombre de sympathisants ou d'électeurs des insoumis mais en dehors de ça le principe de s'allier et en plus autour d'un PS qui est plutôt en situation de force comme c'est le cas aujourd'hui après les européennes et comme c'était le cas au moment de la majorité plurielle en 97 avec Lionel Jospin c'est quelque chose qui fonctionne bien dans la tête de ces électeurs là
avant de reprendre cette discussion je voudrais rappeler d'abord qu'on est en train de discuter de cette intervention d'Emmanuel Macron aujourd'hui on n'a pas fini de le faire et de parler en tout cas de ces sujets d'ici au 30 nous sommes avec Gaëlle Slimane qui est président et cofondateur de l'institution d'un jour donc ça avec Yael Goz avec Simon le Baron du service politique de France Inter et aussi avec la note vocale d'André Linn qu'on découvre ensemble
en faisant élire l'ERN à l'Assemblée maintenant M. Macron donne trois ans aux Français pour comprendre que l'ERN ce sont des incapables des populistes des gens corrompus qui ne courent après le pouvoir que pour profiter de privilèges voire s'en créer eux-mêmes dans trois ans on peut espérer que les Français auront compris que l'ERN n'est pas la solution et qu'ils n'éliront du coup pas Marine Le Pen présidente et ainsi il aura effectivement réussi même si d'une façon vraiment très atypique à renvoyer l'ERN dans le coin avec son bonnet d'âne mais on risque de souffrir pendant trois ans
André Linn pour cette note vocale ça c'est un argument qu'on entend aussi beaucoup ah bah comme ça on verra ça pendant deux ans alors question 1 alors oui question 2 est-ce qu'on peut prêter ses intentions à Emmanuel Macron oui ou pas ?
La vérité des prix sur ce que vaut l'ERN une fois au pouvoir oui mais c'est complètement apprenti sorcier c'est-à-dire que là on présuppose qu'il y aura une cohabitation si à majorité absolue voire relative avec Allier le 7 juillet prochain cohabitation qui n'aurait rien à voir avec ce qu'on a connu par le passé parce que les cohabitations tranquillou heureuse de Chirac Mitterrand de Balladur Mitterrand et de Chirac Jospin avec la France Black Blanc le mondial 98 tout allait bien les français ont une image plutôt positive de ces moments où on crée l'union nationale forcée par la cohabitation là c'est pas la même c'est l'extrême droite qui serait aux commandes d'un gouvernement avec un parlement derrière et qui pourrait appliquer
sans aucune limite qu'est-ce qu'on voit en deux ans en fait honnêtement de toute façon qu'est-ce qu'on voit en deux ans est-ce que ça aura vraiment si c'était le cas est-ce que ça aura de toute façon valeur d'exemple
de quoi que ce soit Gaël Simon il est possible que dans l'entourage du président et le président lui-même on n'est pas dans leur tête ait envisagé cette option parce que ça ressemblait quand même enfin c'était très étonnant cette annonce faite dimanche soir au soir des élections au moment où le RN est le plus haut avec la meilleure dynamique de dire je vais faire des législatives donc apprenti sorcier gamique je maintiens mon raisonnement que ce soit une possibilité en ayant en tête les précédents c'est-à-dire qu'à chaque cohabitation le président qui était en cohabitation se fait un peu oublier et du coup finalement soit il réélu soit son censor on peut même prendre
mais à chaque fois c'était réélu Gaël Simon alors que là il ne peut pas se faire réélu
il est sortant bien sûr mais c'est la même chose c'est son successeur celui dont il serait réélu mais là où je rejoins Yael c'est que ces apprentis se seraient si c'était ça l'idée très apprentis sorcier très dangereux on a déjà entendu cet argument au moment des municipales en disant les gens verront bien en ayant des maires et finalement ils sont souvent réélus et puis il y a une autre dimension c'est que il y a la raison sur un point c'est pas la même chose le programme du rassemblement national et c'est pas un jugement de valeur quand je dis ça c'est pas la même chose parce qu'il y a un certain nombre d'éléments centraux dans le programme du rassemblement national qui nécessitent des réformes constitutionnelles que le président peut ou pas bloquer c'est un des rares pouvoirs qu'il aurait le président en période de cohabitation sur les questions d'immigration surtout sur l'Europe sur tout un tas de sujets imagine-t-on Emmanuel Macron valider des projets de réformes institutionnelles majeures que pousserait le rassemblement national non que dira le rassemblement national au bout de deux ans et demi que dirait-il j'aurais voulu faire ces réformes mais j'ai été empêché par le président votez pour moi et je les ferai vous avez eu l'apéritif vous aurez le plat principal avec Marine Le Pen en 2027
il n'y a pas que le président qui pourrait les empêcher de faire leurs réformes et d'appliquer leurs programmes il y a aussi la réalité du déficit aujourd'hui de l'état des finances publiques avec au moins 20 milliards si ce n'est 50 milliards d'euros d'économies à trouver donc on voit déjà que la réforme des retraites ils commencent à dire non mais on ne reviendra peut-être pas dessus sûrement pas d'ailleurs la TVA est 0% je me demande comment Marine Le Pen ou Jordan Bardet pourrait l'appliquer donc effectivement leur programme peut-être qu'Emmanuel Macron les empêcherait de faire leur réforme constitutionnelle pour appliquer la préférence nationale mais leur programme économique il coûte cher il coûte très cher 100 milliards a dit Emmanuel Macron tout à l'heure et ça ils ne pourront pas l'appliquer c'est sûr
c'est pour ça que dans les deux premières années au-delà de ce que disait notre auditrice soit effectivement on n'a pas le temps soit ils peuvent de toute façon arriver derrière en disant quel que soit le gouvernement peu importe mais en disant ben oui mais il ne m'a pas laissé donc je n'ai pas eu le temps d'eux mais reliser la constitution
en période de cohabitation le parlement est tout puissant le président a très peu de pouvoir en cohabitation à part bloquer quelques ordonnances par-ci par-là sur les blocages ah non non non ben si il y a un certain nombre de réformes
moi j'ai souvenir des ordonnances à l'époque de Mitterrand notamment
ça valse beaucoup regardez quand Jospin était au pouvoir il a appliqué toutes ces mesures de gauche qui ne plaisaient pas à Chirac non mais ce n'est pas une question de plaire c'est les questions de préférence nationale les questions de droit de supériorité du droit pourquoi pourrait-il bloquer ? quoi ? comment ? c'est pas dans ses attributions ah ben il me semblait que c'est non non non non relisez la constitution
allez écoutons Audrey surtout juste avant bonsoir Audrey bonsoir on vous écoute
oui alors moi j'ai envoyé un message en disant que la France Insoumise n'était pas du tout ma tasse de thé et j'ai jamais voté pour Jean-Luc Mélenchon mais quelqu'un que je n'apprécie pas du tout j'ai pas du tout apprécié l'attitude de LFI à l'Assemblée mais là j'avoue j'ai aucun état d'âme je suis de gauche je suis socialiste et enfin partisante j'ai pas de carte j'ai jamais eu de carte mais j'ai aucun état d'âme enfin je veux dire pour moi les valeurs de gauche même si la France Insoumise est pour moi il y a des choses qui ne me plaisent pas notamment la façon un peu j'allais dire de draguer le vote le vote des gens des cités etc il y a toute une stratégie je n'aime pas du tout mais là face au RN face à la droite dure mais je ne me pose même pas la question j'ai voté pour Raphaël Glucksmann mais là je vais voter pour Front Populaire et puis c'est tout
on a entendu Audrey merci beaucoup est-ce qu'on dit que c'est la gauche qui est en train de réussir son pari au moment où on se part là on est au troisième jour des tractations ou pas pas trop vite en besoin
en tout cas le pari d'Emmanuel Macron de profiter de prendre de vitesse la gauche en présupposant qu'elle se fracturerait vu les scores insoumis 10% Glucksmann 14% aux européennes
il présuppose que les Audrey qui ont voté Glucksmann ne vont pas aller voter pour le Front Populaire ça fonctionne pas
c'est même pire que ça non seulement la gauche ne se fracture pas mais en plus elle se rassemble c'est-à-dire qu'Emmanuel Macron après une campagne européenne au cours de laquelle la gauche s'était objectivement fracturée était parti d'abord divisé et en plus avait vu le camp hostile à Jean-Luc Mélenchon mené par Raphaël Glucksmann arrivé en tête 4 points devant les insoumis et bien hop Emmanuel Macron repousse tout ce beau monde dans les bras de Jean-Luc Mélenchon et refait l'union de la gauche alors ça c'est clair que c'est un raté dans la stratégie présidentielle néanmoins pour l'instant les sondages ne donnent pas non plus des scores mirobolants à ce nouveau Front Populaire en termes de nombre de députés
il y a une dernière question c'est celle d'Olivier qu'on n'a pas le temps de prendre Olivier mais je la vois votre question les français nous dit Olivier on le rejet de la politique pas uniquement d'Emmanuel Macron mais le rejet surtout de la politique Gaëlle Slimane et le rejet de la politique emmène au vote RN c'est ce que j'entends en creux dans la question
il y a un rejet de la politique il y a quand même un vote d'adhésion pour certains partis il y a un vote d'adhésion qui est plus fort aujourd'hui pour le noyau dur des électeurs qui restent à LR et qui sont très malheureux de voir leur parti risquer de partir vers le Rassemblement National ou vers Emmanuel Macron il y a un certain vote d'adhésion pour le Rassemblement National et il y a un vote d'adhésion pour les électeurs insoumis en dehors de ça la plupart de nos concitoyens disent qu'ils choisissent par défaut et qu'ils votent pour s'opposer aux uns plutôt que pour adhérer aux autres
il nous reste vraiment une toute petite poignée de secondes Yael Gauze moi j'ai une question Jean-Luc Mélenchon est invité dans un 20h ce soir je voudrais savoir si ce qu'on attend et ce qui peut bouger les lignes c'est oui je serai candidat à être Premier ministre si jamais ou non je ne suis pas le candidat à être Premier ministre si jamais est-ce que c'est ça la réponse qu'on attend si il a gagné en modestie
il ne dira pas qu'il est candidat à Matignon parce que ça ce serait la redite de 2022 et ça ça ne marche plus
Merci beaucoup merci à tous les trois
Emmanuel Macron