Réforme des retraites, "gauche des allocs", soupçons d'emploi fictif... Le "8h30 franceinfo" de Fabien Roussel
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Bonjour Fabien Roussel. Bonjour Marc Fauvel, bonjour Salia Braclia, vous allez bien ?
Très bien, Elisabeth Borne doit faire le point cet après-midi sur la situation énergétique de la France et annoncer aussi les contours du bouclier tarifaire version 2023. Pour vous, que doit-elle annoncer ?
Eh bien, je souhaiterais que le gouvernement prenne des mesures fortes pour protéger, protéger le travail et le pouvoir d'achat des Français. Je dis le travail parce que les hausses des factures de gaz et d'électricité que subissent de plein fouet nos entreprises conduit certaines d'entre elles à fermer et donc nous réclamons, je vous le dis, nous allons réclamer lors du débat à l'Assemblée nationale un bouclier tarifaire efficace pour nos entreprises, nos PME et nos entreprises de l'industrie. Je pense à LME dans le Valencien-Ouah chez moi, je pense à Arc International dans le Pas-de-Calais où il y a 5000 emplois menacés. Je pense à nos PME.
Nous demandons que le bouclier tarifaire soit élargi aussi pour les familles afin qu'elles puissent bénéficier d'un tarif réglementé, y compris quand elles achètent du pelé, quand elles se chauffent au fioul ou au bois, et je pense à ceux de la ruralité, vous avez fait un reportage d'ailleurs là-dessus à France Info.
C'est ce que réclame Famille Rurale, également extension au fioul.
Et nous relayerons leurs demandes. Et enfin, il faut que les collectivités, les communes, aient accès aux tarifs réglementés, stables, garantis. Il ne doit pas y avoir de hausse des tarifs du gaz et de l'électricité qui représentent déjà un budget important pour les entreprises, les collectivités et les ménages.
Ce sera entre 10 et 20% la hausse à partir du 1er janvier prochain. Le gouvernement dit que sans le bouclier tarifaire, la hausse aurait été de 100%. Vous vous dites qu'il faut continuer à geler quoi qu'il en coûte, pour les particuliers.
Il faut continuer à geler aujourd'hui, avec les mesures que je viens d'évoquer, de blocage, mais surtout il faut s'attaquer à la racine du problème. Au fait que le prix du gaz et de l'électricité aujourd'hui est fixé en fonction d'un mécanisme mis en place à l'échelle de l'Union Européenne qui fixe le prix de l'énergie en fonction du prix du gaz et comme il y a la crise, etc. qui fait que ça nous coûte un bras.
Il faut mettre fin à ce système qui est un système libéral que nous, députés, sénateurs communistes, avons dénoncé puisque ça fait 15 ans que les paquets énergétiques qui ont été discutés à l'Union Européenne ont contribué à déréglementer complètement le marché de l'énergie en Europe et en France qui fait que tous les peuples d'Europe, tous les travailleurs d'Europe subissent de plein fouet ce système libéral. Ils ont privatisé EDF et GDF en France.
Fabien Roussel, votre demande c'est celle aussi du gouvernement actuel. Bruno Le Maire dit qu'il faut découpler le prix du gaz de celui de l'électricité. Il faut aussi un plafonnement sur le prix du gaz. Aujourd'hui, plusieurs maires menacent de ne pas payer la facture d'électricité. Est-ce que vous les soutenez dans leur démarche ?
J'allais aller jusque-là. C'est que nous demandons, au-delà du bouclier tarifaire, nous demandons à ce que les Français, les mairies, les communes, les villages et les entreprises aient accès à un tarif réglementé de l'électricité et du gaz avec une maîtrise publique. Ça veut dire que nous devons reprendre la maîtrise publique de la production et de la tarification de l'électricité, de l'énergie en France. Et il faut garantir aux villes et aux villages, aux agglos, aux départements, aux régions, des tarifs fixes de l'électricité. Quand j'entends des maires...
Et comment on fait ça, en fait ?
Quand j'entends des maires... Nous avons fait un conseil, un séminaire municipal à Saint-Amar-les-Eaux. Et je me suis retrouvé confronté, comme beaucoup de maires aujourd'hui dans leur commune, où, en gros, on a une facture de 600 000 euros de plus à payer. Et on se dit... Mais on se gratte la tête. Et on se dit où est-ce qu'on fait des économies ? Quels services publics on ferme ? Mais c'est inadmissible. On ne doit pas faire ça. Et donc, quand j'entends des maires qui disent... On va fermer la médiathèque, on va fermer le théâtre, on va réduire telle activité, etc. Mais non ! Nous demandons, nous, à l'État, de garantir aux communes que les factures, les hausses seront prises en charge.
Les communes, nous demandons...
Il faut que l'État, en fait, compense les augmentations de prix et de tarifs aux collectivités territoriales ?
Oui, oui, je le demande. Je le demande que l'État garantisse aux communes un bouclier tarifaire, que les factures d'électricité et de gaz n'augmentent plus, mais surtout que l'on remette en cause la loi NOM, la loi de 2010. C'est pour ça que c'est facile de tout mettre sur le dos de la guerre en Ukraine. Mais la loi NOM de 2010 oblige les communes de faire des appels d'offres et donc de se fournir en électricité auprès du secteur privé. Ils ont complètement libéralisé. Quand je dis ils, Sarkozy, Hollande, Macron, les trois derniers présidents de la République ont complètement libéralisé le marché de l'électricité.
Il faut que nous soyons beaucoup plus ambitieux pour la France, pour nos emplois, pour notre souveraineté énergétique. Je demande à ce que le bouclier tarifaire soit élargi aux entreprises, aux communes. Et je demande que nous retrouvions une maîtrise publique de l'énergie dans notre pays pour que nous garantissions la protection du pouvoir d'achat et de l'emploi de nos concitoyens.
Fabien Roussel, le gouvernement envisage de faire passer la réforme des retraites dès cet automne, c'est-à-dire dès le mois d'octobre, lors de l'examen du texte de financement de la Sécu. Est-ce que vous comprenez qu'Emmanuel Macron ait envie d'aller vite ?
Vous savez ce que je comprends ? C'est surtout que le président de la République s'apprête à enflammer le climat social dans notre pays. C'est un président de la République qui se balade avec un jerrycan dans la main et avec un briquet dans l'autre main. Il va mettre le feu au pays. Les syndicats, les syndicats, unanimement, n'en veulent pas. Le MEDEF, Geoffroy Roux de Bézieux, dit que ce n'est pas l'ordre du jour. Ce n'est pas la priorité. Ce n'est pas la priorité. A l'Assemblée nationale, j'ai entendu les députés, les républicains, qui, eux, la droite, sont favorables à ce qu'on travaille plus longtemps, mais qui disent, surtout pas de 49-3.
Vous avez entendu les propos d'Emmanuel Macron devant la presse avant-hier, qui dit que si on attend sur les retraites une unanimité, on ne fera jamais une réforme.
Mais la seule réforme qui vaille aujourd'hui, c'est celle qui garantit à nos retraités et aux futurs retraités d'avoir une bonne pension, une bonne retraite quand on a travaillé toute sa vie. Le régime, ça, de mettre une retraite minimum, nous, nous le demandons au niveau du SMIC, c'est un amendement, c'est au PLFSS, et on peut le faire facilement.
On peut aussi, par le débat, par une réforme de retraite progressiste, et nous, à gauche, et moi, en tant que député communiste, d'ailleurs, il y a deux ans, j'avais initié, avec les autres forces de gauche, l'initiative d'une réforme de retraite progressiste, nous devons, nous pouvons garantir le financement de notre système de retraite en élargissant la base des cotisations, faisons cotiser les revenus financiers qui ne cotisent pas.
Emmanuel Macron, il a été élu sur un programme, en partie, programme qui prévoyait les 64 ou 65 ans. Non, non, non. Il n'a trompé personne pendant la campagne.
Il l'a dit, il l'a dit, vous avez vu une campagne, la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron, il a fait trois débats, Mais le programme était celui-là ! Non, mais vous rigolez, soyons sérieux. Est-ce que, faites un sondage, mais faites-le ! Est-ce que les Français, aujourd'hui, veulent, faisons un sondage ? Et moi, je propose même un référendum. Est-ce que les Français veulent travailler jusqu'à 65 ans ? Est-ce qu'ils sont d'accord pour cotiser pendant 43 ans ? Fabien Roussel, d'après le corps !
Fabien Roussel, 43 ans, ce n'est pas Emmanuel Macron, c'est la gauche. C'est la réforme de Mme Rennes qui prévoit les 43 ans de cotisation. C'est la gauche qui l'a fait.
Il propose, aujourd'hui, de rallonger, y compris par amendement, lors du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, d'un an de plus à ces 43 ans, et de nous emmener à travailler jusqu'à 65 ans. Mais ce sont les discussions, c'est ce qu'il aurait dit aux journalistes parlementaires. D'ailleurs, on est bien contents d'apprendre ce qu'il dit aux journalistes, et que nous, députés, nous ne savons pas. Fabien Roussel, d'après le corps, les 25 prochaines années,
le régime sera déficitaire, le régime des retraites. Le gouvernement dit que c'est le seul moyen de faire la réforme, c'est le seul moyen de financer aussi d'autres dossiers prioritaires, comme la dépendance. Cet argument-là, vous ne l'entendez pas ?
Alors, donc, c'est bien d'abord un aveu. C'est qu'il n'y a pas de problème de financement de la retraite, puisqu'il veut chercher 9 milliards d'euros de bénéfices sur le dos des travailleurs, en les faisant travailler plus longtemps, pour pouvoir financer d'autres prestations de la sécurité sociale, comme la dépendance. Il a dit aussi que ça devait servir à financer le déficit que nous payons auprès des marchés financiers. Donc, réduire le déficit. Réduire le déficit, financer la dépendance, bref. Aujourd'hui, nous sommes dans une situation de crise. Il y a besoin d'offrir, de garantir des réformes heureuses aux salariés. Il y a un problème d'emploi, de recrutement dans beaucoup de filières.
Eh bien, nous demandons, nous, à ce que les salariés qui rentrent dans des professions, y compris parfois difficiles, aient une garantie de retraite avec une prestation définie à partir de 60 ans. Nous avons des propositions montrant que c'est largement finançable. Et je pense notamment aux 300 milliards d'euros de revenus financiers qui ne cotisent pas la retraite. Voilà des ressources de financement pour garantir une réforme progressive de retraite.
On poursuit dans un instant. Allez-y. Fabien Roussel, le fil Info 8h42, Maureen Suillard.
Invité de France Info ce matin, le maire de Lacanau, en Gironde, s'inquiète des prévisions météo de l'après-midi, des rafales de vent. Alors que le feu continue de ravager la végétation, 3500 hectares détruits depuis lundi. Un feu qui mobilise près de 1000 pompiers sur place. Comment l'Union Européenne va-t-elle faire face à la flambée des prix de l'énergie cet hiver ? Discours attendu de la présidente de la Commission aujourd'hui devant le Parlement européen à Strasbourg. Ursula von der Leyen doit annoncer la taxation des super profits des entreprises de l'énergie. Y a-t-il un réel intérêt à injecter une deuxième dose de vaccin contre la variole du singe ?
La question est posée par le ministère de la Santé à la Haute Autorité de Santé. C'est une info France Info. L'épidémie est contenue mais moins de la moitié du public cible a pour le moment été vacciné. Trois hommes sont en ce moment en garde à vue dans l'affaire Keira Amraoui. Cette joueuse de foot du PSG a été victime d'une agression il y a quasiment un an maintenant. Victime d'un guet-tapant alors qu'elle se trouvait dans la voiture d'une coéquipière.
France Info
Toujours avec le secrétaire national du parti communiste Fabien Roussel, la gauche doit défendre le travail et le salaire et ne pas être la gauche des allocations. Avec ces mots prononcés il y a quelques jours, Fabien Roussel, vous avez mis un gros bazar à gauche. On va dire ça comme ça. Est-ce que vous regrettez ce matin vos propos ?
Non, je les assume totalement parce que je le dis dans une tribune qui va être publiée dans le journal Le Monde que le chômage tue. Le chômage tue. Il bousille des vies. Et là c'est les allocations. Donc les allocations, le chômage, le système capitaliste entretient un système qui repose sur du chômage, des revenus de substitution qui permet de faire pression sur le travail, sur les conditions de travail et sur les salaires. Je dis donc que la gauche et l'ambition que nous devons avoir pour le pays est de garantir à chacun de trouver sa place dans la société, de redonner du sens au travail et de garantir à chacun un travail, une formation, un salaire.
Quand je dis un travail, je dis un emploi. La différence entre travail et emploi c'est que l'emploi c'est des garanties, c'est un cadre, c'est un salaire et c'est tout ça.
Ça vous fait quoi Fabien Roussel d'avoir entendu toute une partie de la gauche vous traiter de réac ?
D'abord, ça montre la nature d'où viennent ces attaques et ceux qui le disent. C'est votre camp ? Non, non, non.
Si c'est votre camp, c'est la France insoumise, c'est les écologistes ?
Ça montre qu'on a des différences de vues sur ce sujet. Il y a ceux qui défendent le droit à la paresse, il y a ceux qui défendent l'idée de mettre le RSA à 1000 euros. Eh bien, je défends moi l'idée que nous devons garantir, nous devons nous projeter dans une société qui garantisse à tous un vrai emploi, une formation, les moyens financiers de le mettre en place, d'y travailler région par région. Bien sûr que pendant ce temps-là, avant de parvenir à cet horizon, nous avons besoin de ce filet de protection sociale qui existe, garantie par l'UNEDIC. Et nous ne devons surtout pas détricoter ce système d'assurance chômage qui existe.
Mais finalement, vous parlez, ou en tout cas vous argumentez finalement, comme Emmanuel Macron lorsqu'il défend sa réforme de l'assurance chômage, pour encourager à retrouver du travail qui est l'essentiel, il faut moduler les allocs.
La grande différence entre la droite et moi, et nous à gauche, c'est que la droite et les libéraux, et je dirais même les sociodémocrates, qui ont mis en place le RMI et le RSA derrière, et qui l'ont entretenu. C'est ça aussi qui a tué la gauche, c'est que la gauche, elle l'a entretenu ça, ce système de revenu de substitution à vie pour certaines familles. Eh bien, la droite, elle, elle casse le travail, elle le précarise, et elle met en place quelque part un système qui maintient les gens en situation de survie et de précarité totale. Je préfère, moi, que nous nous battions, par exemple, pour les territoires zéro chômeurs.
Enfin, un territoire zéro chômeur, comme le défend un TD Carmonde, c'est un territoire où on fait en sorte que des personnes sortent de la précarité, des revenus de substitution, du RSA, et retrouvent leur dignité par le travail.
Ça, c'est pas la gauche des allocs ?
Ah ben non, c'est la gauche qui se projette, qui redonne du sens au travail, mais le travail, c'est pour nous une intégration sociale. C'est un projet collectif au service d'un pays, au service de la transition écologique, pour redonner des moyens au service public. Je dis, moi, que nous avons, nous deux, nous avons là, nous devons avoir l'ambition de garantir à chacun d'entre nous un travail, un emploi, une formation et un salaire. C'est autre chose que de se dire, eh bien oui, il faut qu'il y ait un filet de sécurité à vie pour tout le monde. Ça, c'est pas mal.
Il y a un terme qui m'a interpellé, vous avez dit, dans votre camp, il y a ceux qui défendent le droit à la paresse. Ça veut dire que vous considérez aujourd'hui en France qu'il y a trop d'assistanat ?
Non, c'est philosophique. Ce droit à la paresse, c'est théorisé, que l'on défende le droit au repos, le droit au congé. C'est important.
Mais un revenu universel, par exemple, c'est non.
Mais, justement, voilà, c'est là où on a une différence de fond. Le revenu universel qui dit, à terme, le travail va disparaître et il faut garantir un revenu sans travail à tous ceux qui feraient ce choix-là. Eh bien, moi, je m'oppose à cette vision de la société. Je pense au contraire que nous avons tellement de défis à relever.
Celui de la transition écologique, celui de services publics utiles, celui de la production industrielle, pour relocaliser ici notre industrie, plutôt que de la développer dans des pays qui ne respectent aucune norme sociale et environnementale, c'est un défi tellement élevé que nous devrions se dire, eh bien, nous allons ouvrir des bureaux d'embauche dans tout le pays et en espace de 3-4 ans, nous allons garantir à chacun un véritable, une sécurité sociale de l'emploi, une sécurité sociale professionnelle.
Il y a une différence profonde avec vos amis de la NUPES. Quand on regarde la liste de vos désaccords ces derniers mois, avec la gauche, avec Jean-Luc Mélenchon en particulier et la France Insoumise, il y a le travail, le nucléaire, l'Ukraine, la sécurité, l'immigration, la laïcité et la chasse, entre autres. Finalement, il vous reste quoi en commun avec eux ?
Mais beaucoup. Et ne voyez pas cela.
Là, la liste était longue.
Je pense que nous avons des débats entre nous. Ils sont sains. Nous sortons d'une période électorale où nous avons montré que si nous avons progressé, nous n'avons pas gagné. Et que moi, je veux que l'on gagne. Je veux que la gauche, le monde du travail, gagne. Je veux des réformes radicales, fortes pour notre pays. Et donc, je mets ces sujets en débat. Parce que je dis que nous allons devoir changer de discours. Nous allons devoir renforcer notre discours. Je souhaite que l'on puisse convaincre les 26 millions de Français qui n'ont pas voté aux élections législatives.
Je souhaite aussi m'adresser à ceux qui ont pu voter pour des candidats de l'extrême droite, en disant, ceux qui vont défendre le travail, les salaires, c'est nous, ce n'est pas eux.
Vous vous adressez aux Français, mais vous ne dites pas la même chose, Fabien Roussel. Il n'y a pas un problème, là, aujourd'hui ?
Non, parce que je souhaite rassembler. Je souhaite, justement, que nous trouvions un accord, des accords, sur un programme beaucoup plus ambitieux que celui que nous avons pu présenter. Je souhaite que nous puissions nous dire, oui, là-dessus, il va falloir trouver un peu plus.
Quand on écoute Jean-Luc Mélenchon, il dit, regardez le score que j'ai fait à l'élection présidentielle.
J'ai fait 22, il a fait 2.
Voilà.
Oui, c'est un raccourci un peu facile, parce que je connais beaucoup de gens qui n'ont pas voté pour Jean-Luc Mélenchon, qui n'ont pas voté pour Jean-Luc Mélenchon, non pas pour les idées qu'il défendait. Ils préféraient voter pour moi, mais qui ont voté pour lui parce qu'ils voulaient juste et seulement qu'il n'y ait pas Marine Le Pen et Macron au second tour. Et c'était le jeu du vote utile, c'est tout.
Est-ce que vous iriez manifester avec lui le mois prochain pour la défense du pouvoir d'achat ?
J'irais d'abord manifester le 29 avec l'ensemble des organisations syndicales et faire en sorte que cette mobilisation soit la plus forte possible pour obtenir des hausses de salaire et de retraite. C'est la mi-octobre. Et nous continuerons de travailler et de discuter ensemble pour savoir quelle suite nous donnons à ce mouvement, en tout cas pour ma part. Mais vous vous parlez avec Jean-Luc Mélenchon ? Et pour les communistes, nous souhaitons nous construire les mobilisations les plus importantes, les plus efficaces et le construire avec les organisations syndicales, pas complètes. Et pas avec la France insoumise.
Et donc, nous discutons, nous, d'ailleurs j'en suis fier, autant avec la France insoumise, les Verts, les écologistes, qu'avec les organisations syndicales, avec Laurent Berger, Philippe Martinez. Et donc, nous travaillons ensemble et je souhaite que l'on se rassemble. Moi j'essaie d'être le plus rassembleur possible, vous voyez, c'est difficile, et sans en rabattre sur les contenus, sur les idées. Et donc, on va avancer ensemble, nos stress, ça va aller, vous allez voir, on va avancer ensemble.
Nos stress, voici le fil info 8h51, Maureen Suignard.
Pas de récession en France, c'est même une prévision de croissance relevée pour cette année. Le gouvernement table sur une croissance de 2,7% contre les 2,5% prévus initialement. L'exécutif qui prévient les tarifs du gaz et de l'électricité vont bien augmenter d'au moins 10% en début d'année prochaine. L'État ne peut pas tout, dit en substance le gouvernement. La Première Ministre présentera cet après-midi les mesures qui vont s'appliquer ces prochains mois, notamment pour le bouclier tarifaire pour le gaz et l'électricité. Et pour lutter contre l'inflation, les contrôleurs aériens demandent des hausses de salaire.
Ils veulent aussi des recrutements, puisqu'un tiers des effectifs partira à la retraite d'ici 15 ans. Tous sont appelés à faire grève vendredi. Elles s'annoncent très suivies. La Direction Générale de l'Aviation Civile appelle les compagnies aériennes à annuler la moitié des vols partout en France. Le PSG, grand favori ce soir pour son deuxième match de Ligue des Champions. Les Parisiens sont en Israël pour affronter le Maccabi Haïfa à 21h. Le PSG qui est sans presnel Kipembe, qui est blessé à la cuisse hier. L'OM s'est incliné à domicile face aux Allemands de Francfort. France Info.
Avec le secrétaire national du Parti Communiste, Fabien Roussel, la Coupe du Monde de football au Qatar, c'est dans deux mois. Si vous étiez footballeur, vous iriez sur place ?
Je m'interrogerais beaucoup. J'aimerais qu'il y ait un message plus fort des autorités politiques, de la ministre, du gouvernement, du président de la République. Les footballeurs ne sont pas des messagers politiques, mais par leur image, ils rayonnent. J'ai entendu l'appel de Cantona qui les invite à ne pas y aller, et je suis plutôt sensible à cet appel, et je me retrouve dans cet appel de Cantona. Si j'étais footballeur professionnel, je ferais le choix de ne pas y aller. Si j'étais footballeur professionnel, je ne le suis pas, donc c'est difficile. Je ferais le choix de ne pas y aller.
Parce que le Qatar est un pays qui criminalise toujours aujourd'hui l'homosexualité, parce que le Qatar, pour cette Coupe du Monde, a organisé des chantiers sous lesquels il y aura des milliers de morts, parce qu'aujourd'hui nous parlons de l'environnement, du respect de certaines normes environnementales, et que pour faire cette Coupe du Monde dans ce pays et sous un tel climat, il va y avoir une gabegie de dépenses, notamment pour avoir des stades climatisés, etc. Mais Fabien Roussel ? Et on va demander aux Français, faites attention, serrez-vous la ceinture, etc.
Fabien Roussel, vous n'êtes pas footballeur, donc vous n'allez pas y aller. En revanche, vous êtes téléspectateur et vous allez regarder à la télé.
Eh bien écoutez, je suis un fan de l'équipe de France, je ne regarde pas beaucoup les matchs de foot, mais j'ai toujours suivi les Coupes du Monde, et j'ai toujours soutenu mon pays. Alors ça va me tarauder, je sens que ce mouvement qui monte est plutôt sain, dans la population, parmi des jeunes, parmi des supporters de foot, et je pense à mon collègue Jérémy Bacchi, sénateur de Marseille, qui lui se bat pour le boycott, et lui dit, je ne regarderai pas la foot du monde, pourtant je sais que c'est un fervent défenseur de l'OM, des supporters de l'OM, et donc ça m'interpelle. Ça m'interpelle, et donc qu'est-ce que vous pourriez faire ? Mais moi je vous renvoie à la question.
Qu'est-ce que vous pourriez faire ? Qu'est-ce que nous pourrions faire collectivement si cette Coupe du Monde, elle a lieu malgré tout, malgré nous ? Est-ce qu'il n'y a pas justement des t-shirts à porter pour respecter tous les sportifs, quel que soit leur genre et leur sexe ? Est-ce que nous n'aurions pas des messages à faire passer, vous les médias, avant, pendant, après, pour parler de l'environnement, pour parler du respect de la défense, de contester l'homophobie en tout cas qui existe au Qatar ? Est-ce qu'on n'a pas des messages à faire passer à l'occasion de cette Coupe du Monde ?
C'est l'occasion pour moi, aussi, cette Coupe du Monde, de faire progresser les droits fondamentaux, et y compris au Qatar. Donc si au final ça servait à ça, eh bien ça servira à quelque chose.
Vous dites qu'il faut broucoter la Coupe du Monde de football, en revanche le stand de l'ambassade de Chine à la fête de l'Huma, ça, ça ne vous a pas gêné ?
Eh bien écoutez, ça a posé débat, et ce qui ne me gêne pas du tout, c'est de parler avec l'ambassadeur de Chine pour lui dire, pour lui dire, ce que j'ai dit par voie de presse et par voie de communiqué, que ce qui se passe en Chine et au Xi'an avec les Ouïghours sont des attaques insupportables contre la dignité humaine, et nous, Parti communiste français, nous avons toujours dénoncé cela, et je redis ici que tous les Ouïghours, tous les musulmans du monde et tous les Ouïghours de Chine ne sont pas des terroristes en puissance parce qu'ils sont musulmans.
Et donc je suis de ceux, mais d'ailleurs comme les chefs d'État, qui préfèrent avoir des relations avec les autorités chinoises pour avoir un dialogue franc, sincère et honnête, plutôt que de ne pas se parler et de se fâcher. Plus une démocratie que le Qatar ? Eh bien justement, non, justement, c'est pour ça que je dis que si on peut faire progresser les droits fondamentaux au Qatar par une campagne puissante, eh bien nous pourrions faire, nous devons faire la même chose en Chine, et donc avoir ce dialogue, ces campagnes pour la dignité humaine, pour le respect des droits de l'homme, et moi je défends les droits de l'homme partout dans le monde, que ce soit au Qatar ou que ce soit en Chine.
Le Parti communiste français qui s'est battu pour la décolonisation, pour le respect des peuples, pour leur souveraineté, on ne va pas nous faire le son à nous.
Vous êtes mis en cause dans une enquête sur des soupçons d'emploi fictif en tant que collaborateur parlementaire, vous avez été entendu il y a quelques jours par les enquêteurs de l'Office central de lutte contre les infractions financières. Est-ce que vous avez pu vous défendre ?
J'ai pu, grâce à cela, pouvoir apporter des preuves et des réponses à toutes les questions qui m'ont été posées. C'est plutôt une bonne chose, je fais confiance à cette enquête qui va me permettre de me laver du torrent de boue qui a été déversé pour moi en pleine campagne des élections présidentielles. Bien sûr, si je n'avais pas été candidat, ça ne serait pas arrivé, mais j'ai des ennemis, des adversaires qui en ont profité pour déverser des torrents de boue. Donc, c'est plutôt sain de pouvoir se laver de tout cela et de pouvoir dire la vérité et de la faire connaître.
Si vous étiez mis en examen, vous feriez quoi ?
Écoutez, pour l'instant, je ne sais plus comment ça s'appelle, c'est une audition libre. Et donc, laisser les choses suivre leur cours, on verra à ce moment-là. Je sais que l'émission se termine. Vous me permettez juste 30 secondes. 10 secondes, parce qu'aujourd'hui, c'est l'anniversaire de ma grand-mère de 97 ans. Je sais qu'elle m'écoute et je voudrais dire à Maria Lardiesse-Roussel que je l'aime beaucoup.
Merci. Le message est passé. Merci Fabien Roussel. Bonne journée à vous. Merci à vous.
Fabien Roussel