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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 18 juillet 2022 25 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiEnvironnement & énergieSolidarités & famille

Franck Riester : "il y aura un bonus" sur l'indemnité carburant au-delà de "30 km pour aller travailler"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 20 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:35OuverteRéponse directe

    Quelle est la préoccupation majeure du gouvernement aujourd'hui face à la canicule ?

  • 2:30RelanceRéponse directe

    Mobilisation, mais est-ce qu'on en a les moyens ? La flotte de Canadair est-elle vieillissante ?

  • 3:24RelanceRéponse directe

    Mais aujourd'hui on est obligé de faire appel à la solidarité européenne ?

  • 3:44OuverteRéponse directe

    Une loi est en préparation pour accélérer les renouvelables. Pourquoi son examen est reporté à la rentrée ?

  • 4:39OuverteRéponse directe

    Quelle est la philosophie du texte sur le pouvoir d'achat ?

  • 8:10OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous pouvez nous expliquer le mécanisme de l'indemnité carburant et qui va en bénéficier ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:44Invité politiqueFait
    « On a une vingtaine aujourd'hui d'avions bombardiers d'eau qui sont modernisés. Il faut aller encore plus loin. »
  • 3:04Invité politiqueFait
    « Ils seront neufs à partir des toutes prochaines heures. »
  • 3:22Invité politiqueFait
    « Je rappelle quand même que la France est le pays qui est la flotte la plus importante dans l'Union Européenne en matière de bombardiers d'eau. »
  • 4:45Invité politiqueFait
    « On voit qu'aujourd'hui, ça prend 10 ans pour installer des éoliennes en mer. Il faut que ça aille plus vite. »
  • 6:25Invité politiqueFait
    « C'est protéger nos compatriotes face aux conséquences de l'inflation. »
  • 6:50Invité politiqueFait
    « Je rappelle quand même le bouclier énergétique, avec ce bouclier sur le gaz, sur le plafonnement de l'augmentation du gaz, le plafonnement à 4% de l'augmentation de l'électricité. »
  • 7:13Invité politiqueChiffre
    « C'est 20 milliards d'euros de mobilisés, c'est l'augmentation des retraites pour accompagner nos compatriotes face à l'inflation. »
  • 7:31Invité politiqueFait
    « Je rappelle quand même que ça fait 37 ans qu'il n'y a pas eu une augmentation de la sorte des fonctionnaires. »
  • 8:35Invité politiqueChiffre
    « C'est un chèque de 100 à 300 euros en fonction des conditions de ressources et en fonction aussi des kilomètres qui sont faits. »
  • 9:10Invité politiqueFait
    « Un très gros rouleur, c'est plus de 30 kilomètres pour aller travailler et plus de 12 000 kilomètres par an. »
  • 18:24Invité politiqueChiffre
    « À partir du 1er août, pour quelqu'un qui bénéficie de la prime d'activité, ça pourra représenter jusqu'à plus de 1450 euros nets par mois pour le SMIC. »

Temps de parole

  • Franck Riester78 %
  • Présentateur16 %
  • Auditeur3 %
  • Auditeur 23 %

2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Franck Riester. Bonjour Jérôme Calais. Ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement. Merci d'être notre invité ce matin. Les auditeurs de France Inter vous interrogent au 01 45 24 7000 et via les réseaux sociaux via franceinter.fr. On va parler dans un instant du texte sur le pouvoir d'achat porté par le gouvernement. Il est examiné à partir d'aujourd'hui à l'Assemblée. Vous nous direz comment vous comptez vous y prendre pour le faire adopter. Avant cela, quelques questions autour de l'épisode de canicule extrême que vit notre pays. 15 départements en alerte rouge dont certains pour la première fois.

Quelle est la préoccupation majeure du gouvernement aujourd'hui Franck Riester ? Ce sont les incendies, la situation en Gironde. C'est la situation sanitaire, notamment pour les plus âgés d'entre nous. C'est le manque d'eau.

0:47
Franck Riester

C'est d'abord sécuriser les populations qui sont menacées par les incendies, notamment en Gironde. Je voudrais d'ailleurs saluer tous les pompiers qui sont mobilisés. Plus de 1500, et Gérald Darmanin a annoncé qu'il allait y avoir 200 sapeurs-pompiers en renfort à très court terme. Donc tous ces hommes mobilisés, ces femmes mobilisées contre les incendies au péril de leur vie qu'on doit saluer aujourd'hui. Et puis je pense aux populations qui sont menacées, qui vivent dans l'angoisse, qui vivent avec ces fumées, qui sont évidemment très impressionnantes, qui sont agressives aussi pour les voies respiratoires.

Et donc il faut vraiment, et le message que je veux faire passer une nouvelle fois, écouter les consignes. Écouter les consignes des pompiers, des pouvoirs publics, des collectivités territoriales, qui donnent des informations et des consignes aux populations. Respectez ces consignes. Il en va de votre vie et il en va de la vie de vos proches. Deuxièmement, bien évidemment, c'est être mobilisé partout sur le territoire pour faire face à cette crise caniculaire, cette canicule à nouveau en France. Et là, le ministre de la Santé, François Braune, l'a redit. Nous sommes tous mobilisés et notamment tout le système de santé, les hôpitaux sont mobilisés.

Nous avons relancé le numéro vert que je vous redonne aujourd'hui sur l'antenne. Le canicule infoservice au 0800 06 66 66. N'hésitez pas que les personnes qui nous écoutent et qui ont des interrogations sur les consignes à prendre ou les mesures à prendre face à cette canicule appellent ce numéro vert pour avoir toutes les informations. Donc mobilisation totale à la fois du système de santé et à la fois bien évidemment des pouvoirs publics, états et collectivités territoriales.

2:30
Présentateur

Mobilisation, mais est-ce qu'on en a les moyens ? Franck Riester, le président du Sénat, Gérard Larcher qui s'est rendu hier en Gironde, là où font rage les incendies, a estimé que notre flotte de Canadair était vieillissante. Est-ce qu'on a anticipé ce risque tout simplement ?

2:44
Franck Riester

Il y a des investissements bien sûr qui sont faits régulièrement pour moderniser la flotte de Canadair. On a une vingtaine aujourd'hui d'avions bombardiers d'eau qui sont modernisés. Il faut aller encore plus loin. Gérald Darmanin a dit d'ailleurs qu'il renforçait la flotte de bombardiers qui sont en intervention sur les incendies en Gironde. Ils seront neufs à partir des toutes prochaines heures. Et puis plus globalement, dans les budgets à venir, il y a une ambition pour se doter encore et toujours davantage d'avions bombardiers d'eau. Je rappelle quand même que la France est le pays qui est la flotte la plus importante dans l'Union Européenne en matière de bombardiers d'eau.

3:24
Présentateur

Mais aujourd'hui on est obligé de faire appel à la solidarité européenne.

3:27
Franck Riester

Oui, mais comme on l'a fait dans le passé, je pense par exemple à la Grèce quand ils ont eu des incendies très importants où nous avons envoyé des bombardiers d'eau pour soutenir les pouvoirs publics grecs. Donc c'est de la solidarité européenne. Nous en avons besoin. La France a la plus grande flotte et continuera de la moderniser à travers des budgets ambitieux en la matière.

3:44
Présentateur

Pour agir sur le climat et développer plus vite les renouvelables, une loi est en préparation. Loi d'exception, avait dit Emmanuel Macron. Son examen, Franck Riester, était au départ prévu cet été. En fait, elle ne sera présentée qu'à la rentrée. C'est difficile d'aller vite sur ces questions, malgré l'urgence climatique.

4:00
Franck Riester

Alors d'abord, vous avez raison. Il y a l'urgence, on en a parlé, les incendies, la question de santé, d'accompagnement des populations face à la nécanicule. Mais il y a aussi plus largement le problème de fond, qui est le réchauffement climatique. Et pour ça, il faut continuer d'être ambitieux. Il faut même accélérer. C'est tout ce que est le projet du Président de la République pour veiller à sortir le plus rapidement possible des énergies fossiles et être les plus indépendants aussi de fournisseurs comme la Russie.

D'où cette loi énergétique pour conforter notre stratégie autour du nucléaire, des énergies renouvelables, mais aussi de la sobriété en matière de consommation et de la réduction des gaz à effet de serre, de l'émission de gaz à effet de serre. Et pour ça, il faut une loi pour aller plus vite, par exemple pour faire des fermes d'éoliennes en mer. On voit qu'aujourd'hui, ça prend 10 ans pour installer des éoliennes en mer. Il faut que ça aille plus vite, parce qu'on a besoin rapidement de se doter en matière d'énergie renouvelable notamment. Mais c'est vrai aussi pour la construction de nouveaux réacteurs nucléaires, se doter de moyens pour aller plus vite et être plus efficace pour se faire.

Et cette loi, il faut du temps pour la mettre en place, il faut du temps pour discuter. Vous savez, on parle beaucoup de nouvelles méthodes. On va en parler. Oui, on va en reparler. Cette nouvelle méthode, c'est d'abord, avant de présenter une loi en Conseil des ministres et avant de la porter au Parlement, de prendre le temps de consulter. Consulter les parties prenantes, c'est-à-dire celles et ceux qui sont les plus directement concernés par le texte. Est-ce qu'on a le temps d'aujourd'hui ? Oui, il faut qu'on le prenne.

Parce qu'une loi bien faite et bien débattue, et donc bien votée, c'est une loi pour laquelle on a pris le temps de travailler en amont avec les parties prenantes, je le redis, et avec les Français. Et cette nouvelle méthode, en tant que ministre en charge des relations avec le Parlement, j'en serais garant. Parce que nous avons besoin de prendre ce temps-là. Et c'est vrai qu'on se donne l'été là, pour bien la préparer, bien en discuter, et ensuite la présenter en Conseil des ministres, afin ensuite de la débattre au Parlement.

5:57
Présentateur

Alors ça, c'est le chantier de la rentrée. Le chantier d'aujourd'hui, c'est l'adoption, en tout cas, l'examen du paquet pouvoir d'achat à l'Assemblée nationale. Examen en séance publique, 20 milliards d'euros d'aides, remise carburant, bouclier tarifaire, suppression de la redevance, chèque alimentaire, revalorisation des retraites, hausse du point d'indice, entre autres. Quelle est la philosophie de ce texte, Franck Riester ? C'est de concentrer les aides, en fait, sur les Français qui en ont le plus besoin ?

6:25
Franck Riester

Oui, c'est protéger nos compatriotes face aux conséquences de l'inflation. L'inflation qui est liée à la fois à la perturbation d'un certain nombre de chaînes d'approvisionnement du fait de la crise Covid, et de la guerre en Ukraine, qui a créé, évidemment, un problème majeur d'approvisionnement en énergie, en renchérissement du coût de l'énergie. Et donc, il faut protéger nos compatriotes. Alors, on n'a pas attendu ce projet de loi pour le faire.

Je rappelle quand même le bouclier énergétique, avec ce bouclier sur le gaz, sur le plafonnement de l'augmentation du gaz, le plafonnement à 4% de l'augmentation de l'électricité, un certain nombre d'indemnités et de chèques qui ont été d'ores et déjà versés à nos compatriotes depuis la fin de l'année dernière, pour les accompagner face à la crise inflationniste. Mais là, l'idée, c'est de cibler davantage. Là, on va aller encore plus loin et de cibler davantage.

C'est 20 milliards d'euros de mobilisés, c'est l'augmentation des retraites pour accompagner nos compatriotes face à l'inflation, c'est l'augmentation des prestations sociales, c'est le plafonnement de l'augmentation des loyers, c'est le fait d'augmenter le point d'indice des fonctionnaires. Je rappelle quand même que ça fait 37 ans qu'il n'y a pas eu une augmentation de la sorte des fonctionnaires. Et qu'il aura fallu attendre un taux d'inflation à plus de 5% pour y arriver. En tout cas, il faut prendre en compte la réalité de ce que vivent nos compatriotes. Et c'est ce que nous faisons, et nous le faisons avec force et détermination.

Il y a toute une série de mesures, il y a 20 articles qui visent à accompagner ceux qui en ont le plus besoin. Mais il y a tous les Français qui sont face à cette difficulté de la crise inflationniste. Mais il y en a certains qui sont plus, évidemment, touchés. Je pense par exemple à ceux qui ont besoin de prendre leur voiture pour aller travailler, qui sont des gros rouleurs, et qui utilisent leur voiture pour aller travailler. Alors, on est dans Massie, la conscription par exemple en Seine-et-Main. Sur le carburant,

8:11
Présentateur

donc ça va être la fin de la ristourne au litre, qu'on connaît aujourd'hui, il va y avoir une prime. Est-ce que vous pouvez nous expliquer le mécanisme et qui va en bénéficier précisément ?

8:20
Franck Riester

Ceux qui en bénéficieront sont ceux qui utilisent leur voiture pour aller travailler, qui font par exemple des dizaines de kilomètres pour aller travailler ou qui font de nombreux kilomètres par an pour aller travailler. C'est quoi la limite ? Simplement par un chèque. C'est un chèque de 100 à 300 euros en fonction des conditions de ressources et en fonction aussi des kilomètres qui sont faits. Par une simple déclaration sur un site dédié, ils pourront toucher un chèque de 100 à 300 euros. Et en parallèle...

8:49
Présentateur

On va renseigner ces revenus, le nombre de kilomètres par an ?

8:51
Franck Riester

Non, parce qu'en fait, on aura accès aux déclarations fiscales des déclarants et automatiquement, on saura leur catégorie de revenus pour pouvoir bénéficier d'un chèque de 100 encore une fois à 300 euros en tenant compte d'un bonus en fonction du fait d'être un très gros rouleur ou pas très gros rouleur. Un très gros rouleur, c'est plus de 30 kilomètres pour aller travailler et plus de 12 000 kilomètres par an.

9:13
Présentateur

Donc ça sera ça la barrière ? 30 kilomètres de son lieu de travail ?

9:16
Franck Riester

Ça, c'est pour avoir le bonus. Au-delà de 30 kilomètres et au-delà de 12 000 kilomètres par an. Comment on vérifie ça ? On fait confiance aux Français. On fait confiance aux Français. Et il y aura des contrôles, bien évidemment. Il y aura des contrôles qui sont faits. Mais le principe d'être dans une société de confiance plutôt qu'une société de défiance, je pense que c'est un message fort qu'on envoie à nos compatriotes. En revanche, il y aura évidemment des contrôles pour ne pas qu'il y ait des fraudeurs. Mais on fait confiance aux Français. On veut un système simple et qui accompagne ceux qui travaillent. D'ailleurs, il n'y a pas que les salariés.

Il y a aussi évidemment celles et ceux qui sont indépendants ou des étudiants qui sont en alternance. Les alternants pourront bénéficier de cette indemnité. Et on aura une discussion au Parlement pour voir quelles sont les modalités. Est-ce que le système convient ? Est-ce qu'il y a des autres propositions ? C'est ça le débat parlementaire.

10:04
Présentateur

Alors, il y a d'autres propositions justement puisque les oppositions demandent des mesures plus larges, moins ciblées. Baisse de la TVA, demande le Rassemblement National sur ces carburants. Gèle des carburants à 1,50€. Ça, c'est la demande du groupe Les Républicains. Vous avez été mis en minorité à l'Assemblée Nationale la semaine dernière. Franck Riester, au moment de l'examen du projet de loi sanitaire. Comment faire pour éviter que cela se reproduise cette semaine ?

10:30
Franck Riester

Écoutez, notre méthode, c'est d'abord de faire confiance aux parlementaires. Là, on est dans la séquence des parlementaires. Et donc, ce sont rapporteurs, les présidents de commissions, les orateurs des groupes avec lesquels on travaille pour trouver les voies et moyens d'avoir des majorités au service de ce projet de protection de nos compatriotes. Ça, je crois que c'est important. C'est le temps parlementaire. Et moi, qui ai été député pendant 12 ans, qui ai été président de groupe à l'Assemblée Nationale, je sais l'importance du travail à la fois de l'Assemblée Nationale et puis ensuite du Sénat.

Et donc, c'est d'abord ces parlementaires-là qui travaillent, qui discutent entre eux pour essayer de trouver des propositions en lien évidemment avec le gouvernement pour qu'on garde la cohérence. Nous, la cohérence, vous la connaissez sur cette question spécifique des carburants, c'est qu'on veut que ce dispositif ne soit pas pérenne. C'est pour ça qu'on est contre la baisse de la TVA. Or, du fait que ça coûte très cher, c'est que quand on baisse la fiscalité de TVA, on ne la remonte jamais.

Et donc, on a une sensibilité de bonne gestion de l'argent public, on veut réduire les déficits, on ne peut pas se permettre de baisser des ressources d'une façon pérenne après que la crise soit passée. Donc, on ne veut pas ce type de dispositif. comme on ne veut pas un dispositif trop coûteux, les 1,50€, le plafondement à 1,50€ du litre, c'est horriblement coûteux, c'est 35 milliards d'euros, 30 à 35 milliards d'euros par an, ce n'est pas acceptable pour nos finances publiques. Après, on écoute et on regarde s'il y a des dispositions plus intelligentes, plus efficaces que notre dispositif, pourquoi pas, nous ne sommes pas fermés.

Et c'est la main qu'ont aujourd'hui les parlementaires pour faire des propositions et essayer de trouver les voies de passage entre la majorité relative, les trois groupes de la majorité, et les oppositions, notamment, bien sûr, l'EPS, le GDR, l'Europe Écologie Les Verts et le LR, pardon.

12:18
Présentateur

LR, précisément, c'est sans doute le groupe avec lequel vous avez le plus discuté ces derniers jours ? Non, on a discuté

12:24
Franck Riester

avec les différents groupes et notamment les groupes que j'évoquais tout à l'heure.

12:27
Présentateur

Est-ce que vous allez avancer sur le relèvement du plafond de défiscalisation des heures supplémentaires ? Est-ce que c'est une mesure qui pourrait s'ajouter ?

12:33
Franck Riester

Alors, ça a déjà été voté en commission sur une proposition d'un député de Renaissance, Mathieu Lefebvre, qui a été soutenu notamment par les LR, effectivement. Vous connaissez notre philosophie, nous pensons que la question sur le temps long du pouvoir d'achat se résoudra par le travail, par le plein emploi. Et donc, quand il s'agit de permettre aux Français de pouvoir travailler davantage et d'avoir la juste rémunération de cet effort et de ce travail, eh bien, nous soutenons ces dispositifs.

S'il y a dans la discussion en séance des dispositifs qui vont un peu dans le même sens et qui sont des dispositifs raisonnables en termes de coût pour l'État, eh bien, nous serons aussi à pouvoir soutenir ce type de dispositif.

13:17
Présentateur

raisonnable en termes en termes de coût, ça veut dire quelle est l'enveloppe aujourd'hui avec laquelle vous arrivez à l'Assemblée nationale ? Nous avons 20 milliards

13:22
Franck Riester

et nous ne voulons pas que la discussion parlementaire grève trop ce budget parce que vous comprenez bien qu'on assiste parfois à un concours lépine de la dépense supplémentaire. Bon, c'est logique, ça fait partie du jeu parlementaire sauf que sur un texte budgétaire d'une certaine façon, eh bien, à chaque fois qu'il y a une proposition nouvelle de voter, c'est une dépense supplémentaire. Donc, il faut être raisonnable. Il faut être raisonnable parce qu'il faut contenir les déficits. Nous voulons être à 5% de déficit en 2022. C'est notre objectif. Je dirais, c'est notre ligne rouge. Et donc, après, discutons, regardons et voyons où tout ça nous mène.

Et ça sera en pleine transparence devant les Français qu'on dira, voilà, le parcours parlementaire à l'Assemblée nationale, ça représente tant de dépenses supplémentaires par rapport à ce que nous nous avions imaginé. Jusqu'ici,

14:09
Présentateur

vous avez écarté une taxe sur les super profits des grands groupes. Est-ce qu'elle peut être envisagée comme elle a été mise en place en Italie

14:17
Franck Riester

ou au Royaume-Uni ? Écoutez, dans ce moment-là, il faut faire pleuve de solidarité. Il faut que tout le monde contribue d'une manière ou d'une autre. Et donc, nous appelons une nouvelle fois les entreprises à accompagner le mieux possible leurs salariés dans la crise et dans la crise énergétique dans laquelle nous sommes. Ça passe pour les entreprises qu'ils peuvent par des augmentations de salaires. Ça passe aussi par la prime Macron. Je rappelle qu'on a triplé la prime Macron pour pouvoir aller jusqu'à 3 000 euros à jusqu'à 6 000 euros. Jusqu'à 2 000 euros jusqu'à 6 000 euros. Ce qui est évidemment un effort très important.

Nous pouvons maintenant permettre aux entreprises d'aller jusqu'à 6 000 euros de prime sans charge sociale et sans cotisation patronale. C'est évidemment un élément très important pour accompagner les salariés qui travaillent et qui ont besoin d'avoir un pouvoir d'achat supplémentaire pour faire face à cette crise. Mais pas de contraintes, pas de taxes. Et on a évidemment dit notamment aux fournisseurs de carburant qu'il fallait qu'ils jouent le jeu. Total a baissé de 10 centimes le prix du carburant il y a quelques mois. Là, a priori, met en place un dispositif de baisse à partir du 1er juillet de 12 centimes complémentaires aux 18 centimes. Pourquoi vous ne voulez

15:33
Présentateur

pas de contraintes en fait ?

15:34
Franck Riester

Parce que nous avons besoin...

15:36
Présentateur

Vous en avez la bonne volonté.

15:37
Franck Riester

Mais pas que la bonne volonté, mais avec EDF, on l'a mis en place. Total, c'est la bonne volonté. S'ils le font, tant mieux. S'ils ne le font pas, tant pis. Écoutez, on fait confiance. Je vous le disais, c'est la confiance d'abord. La confiance, ça passe par donner aux acteurs la possibilité de montrer qu'ils sont à la hauteur de leurs responsabilités. Sur EDF, on a demandé à EDF un effort puisque vous savez qu'il vend son électricité à un prix plus inférieur au prix de marché, c'est-à-dire qu'il le vend au coût de revient pour permettre la baisse du coût de l'électricité et permettre de financer ce plafonnement de l'électricité que nous voulons pour 2022 et qui sera pérennisé tout 2022.

Et pour les autres entreprises, nous leur demandons de contribuer d'une manière ou d'une autre et là aussi, nous verrons dans la discussion parlementaire ce qui est proposé.

16:26
Présentateur

Question des auditeurs de France Inter pour vous, Franck Riester au 01 45 24 7000. Gérard, qui nous appelle du département de l'Allier. Bonjour Gérard.

16:35
Auditeur

Bonjour à tous les membres de France Inter qui participent à l'émission et à M. Riester. Moi, je commence par le bas, je finis par le haut. Mais ma question est la suivante. Pense-t-il, M. Riester, que donner de temps en temps 100 euros comme ça une aumône à des gens qui sont déjà en dessous du feuille de pauvreté ou au voisinage du public suffit à compenser une inflation qui va dépasser les 5% de cette année ? Il n'a peur de ne pas trouver d'argent ailleurs mais il y a des gens qui sont dans l'opulence dans ce pays. Est-ce qu'il n'est pas possible de parler de solidarité ou si on est contraignant un tout petit peu ?

17:12
Présentateur

Merci Gérard pour cette question. Franck Riester vous répond.

17:15
Franck Riester

D'abord, on est le pays qui prélève le plus dans l'Union Européenne avec le Danemark. Nous sommes un pays où la solidarité par l'impôt existe est importante. Nous voulons effectivement ensuite que cette lutte contre l'inflation pour le pouvoir d'achat passe par le travail, par le plein emploi. Et pour ça, il faut que notre pays soit dans une situation de compétitivité qui permette la création d'emplois, qui permette l'investissement, qui permette le développement des entreprises et qui permette ensuite aux entreprises d'augmenter les salaires.

Là, nous leur disons très clairement, faites en sorte, entreprise par entreprise, de regarder si vous pouvez trouver des solutions pour augmenter vos salariés. Utilisez la prime Macron et nous disons aux branches professionnelles, secteur par secteur, renégocier avec les partenaires sociaux. Regardez, pour certaines branches, vous avez des minimas qui sont en dessous du SMIC. Je rappelle qu'avec les calculs automatiques liés à l'inflation, le SMIC a augmenté. Et nous augmentons dans ce projet de loi aussi la prime d'activité. Ce qui fait que, à partir du 1er août, pour quelqu'un qui bénéficie de la prime d'activité, ça pourra représenter jusqu'à plus de 1450 euros nets par mois pour le SMIC.

Il faut que les branches négocient pour que toute leur grille de rémunération en fonction des qualifications évolue à la hausse. Pour tenir compte de cette inflation sans pénaliser, et c'est notre stratégie économique, sans pénaliser la compétitivité de nos entreprises.

19:01
Présentateur

Pourquoi ne pas porter

19:02
Franck Riester

le SMIC à 1500 euros ? C'est une proposition de l'alliance de gauche, la NUP. Je viens de vous dire justement que quand on cumule le SMIC plus la prime d'activité avec les augmentations que nous portons sur la prime d'activité et les réaugmentations automatiques du SMIC, on arrive à 1475 euros je crois à partir du 1er août. C'est quasiment la même chose. La différence, c'est qu'il y a une contribution publique pour arriver à ces 1475 euros. Et donc ça évite... C'est des primes. Oui, mais ça évite de gréver la compétitivité de nos entreprises qui est fragile. Je rappelle quand même qu'on sort d'une crise avec la crise Covid qui est une crise économique majeure.

On ne peut pas face à la concurrence européenne et mondiale laisser nos entreprises dans une situation où on les grèverait en matière de compétitivité. Et donc c'est notre stratégie qui est de faire confiance aux entreprises, leur demander de négocier branche par branche, quand elles vont bien et que leurs marges sont revenues, de trouver les voies et moyens pour accompagner leurs salariés dans la crise inflationniste. Et puis plus largement, et ce sera tout le projet autour du travail, du plan d'action pour le travail que nous sommes en train de préparer, faciliter le plein emploi, permettre à chaque Français d'avoir un travail.

20:19
Présentateur

Question de Geneviève qui nous appelle du département de Haute-Savoie. Bonjour Geneviève.

20:22
Auditeur

Oui, bonjour. Bonjour à vous. Voilà, je vais vous exposer ma situation qui est peut-être partagée par pas mal de personnes. Moi, j'ai ma maman à Marseille qui a 95 ans. Je fais tout pour qu'elle reste dans ses meubles et évite les pads. Malheureusement, je suis toute seule maintenant à m'occuper d'elle. Et je suis à Haute-Savoie et donc je fais les allers-retours Haute-Savoie-Marseille à peu près toutes les trois semaines. Donc, ça fait à peu près 2000 kilomètres toutes les trois semaines. Et je voudrais savoir si en tant qu'aidant familial, je peux bénéficier de quelque chose au niveau du carburant.

21:05
Présentateur

Merci Geneviève pour cette question. Franck Riester vous répond.

21:08
Franck Riester

Alors, déjà, Madame bénéficie aujourd'hui de la réduction, la remise carburant de 18 centimes TTC depuis maintenant plusieurs mois. Ça, c'est une aide directe pour cette dame. Ensuite, il y aura un dispositif spécifique pour celles et ceux qui travaillent. Effectivement, Madame n'est pas concernée directement par ce dispositif. Pour autant, peut-être que dans la discussion au Parlement, des dispositifs pourront être mis en place pour tenir compte de la spécificité de Madame qui manifestement, effectivement, comme de nombreux aidants de ce pays, font un travail remarquable au service de leurs proches et qui sont souvent pas suffisamment aidés.

Même si c'est depuis maintenant plusieurs années, le Parlement d'ailleurs et le gouvernement ont fait avancer beaucoup de sujets. Je pense par exemple au fait de permettre d'utiliser un certain nombre de RTT, de gens dans une entreprise, il peut y avoir une solidarité sur l'utilisation de la RTT pour les aidants.

22:06
Présentateur

Franck Riester si les aidants étaient...

22:08
Franck Riester

Il faut regarder concrètement... Sur le principe ? Sur le principe, c'est au Parlement de se prononcer. On regardera quelles sont les modalités. Mais évidemment que nous voulons faire en sorte que les Français ne soient pas pénalisés par cette inflation en privilégiant, c'est ce que nous avons mis en place dans ce texte, celles et ceux qui ont l'obligation d'utiliser leur véhicule pour travailler. Sur les aidants, regardons ce qui est possible de faire.

22:31
Présentateur

Sur la question de la suppression de la redevance audiovisuelle qui est aussi comprise dans ce paquet pouvoir d'achat, vous avez été ministre de la Culture, Franck Riester. Le gouvernement va s'engager sur un financement constant ?

22:43
Franck Riester

Oui, ça a été très clairement dit. Par exemple, avec la suppression de la redevance, le budget prévu pour 2022 pour l'audiovisuel public sera évidemment tenu. C'est un engagement qui a été pris et qui est très clair. Donc il n'y a pas de gain

22:55
Présentateur

de pouvoir d'achat pour les Français finalement ? Comment ça ? Si le financement, si l'argent public alloué à l'audiovisuel reste constant, il n'y a pas de gain pour le pouvoir d'achat. Est-ce que les Français payés par la redevance,

23:05
Franck Riester

ils vont le payer par l'impôt finalement ? Non, il n'y aura pas d'augmentation d'impôt pour pouvoir financer la baisse de la redevance. Oui, ça sera dans un budget global et donc ce qui n'est pas prélevé là devra être économisé ailleurs. Une dernière question pour vous. Non mais je veux être très clair, les Français ne vont pas payer, Jérôme Gardet, ils ne vont pas payer ailleurs.

23:24
Présentateur

Si vous dites qu'on donne tant d'argent à l'audiovisuel public via la redevance mais maintenant ça sera tant d'argent via l'impôt au budget général,

23:30
Franck Riester

Oui, mais il n'y aura pas de création. Cet argent il vient bien de quelque part. Bien sûr qu'une finée ce sont les Français qui payent mais qui ne payent pas, ils vont payer moins pour le financer puisqu'il y aura moins de prélèvements fiscales. La redevance va être supprimée et on ne va pas créer un impôt pour compenser cette suppression de la redevance. Ça sera dans les ressources actuelles du budget de l'État que seront mobilisés les moyens pour financer l'audiovisuel public pour assurer ces missions qui sont importantes. Moi j'ai été ministre de la culture comme vous le rappeliez.

C'est pour moi très important d'avoir un service public de l'audiovisuel fort notamment un service de la radio fort et donc nous allons pérenniser ces moyens-là pour l'audiovisuel public sans créer une fiscalité nouvelle et ça sera bien une baisse d'impôt pour nos compatriotes.

24:15
Présentateur

Je n'ai pas le temps de donner la parole à Victor qui nous a appelé sur France Inter mais je vous transmets sa question. La ministre déléguée en charge des collectivités territoriales, Caroline Cailleux doit-elle démissionner après ses propos sur l'homosexualité assumée encore la semaine dernière ?

24:29
Franck Riester

Écoutez, ce n'est pas à moi de définir l'équipe gouvernementale. Ce que je peux dire c'est qu'elle a eu des propos à l'époque du débat sur le mariage pour tous inacceptables. L'homosexualité contre nature. Elle a eu des mots maladroits qui ont blessé pour essayer de s'expliquer sur ses propos de l'époque et depuis elle s'est excusée à plusieurs reprises. Je crois que c'était important de le faire et je pense qu'elle est inscrite dans un gouvernement elle fait partie d'un gouvernement et dans une majorité progressiste qui soutient les droits des personnes LGBT. Merci à vous.

25:03
Présentateur

Merci à vous. ministre délégué chargé des relations avec le Parlement invité de France Inter ce matin. Excellente journée à vous.

Franck Riester : "il y aura un bonus" sur l'indemnité carburant au-delà de "30 km pour aller travailler" — Franck Riester · Pourquijevote