L'invité d'Adrien Gindre du 10 novembre, Sébastien Chenu
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8h30 sur LCI, l'invité ce matin c'est Sébastien Chenu, bonjour. Bonjour. Vous êtes vice-président de l'Assemblée Nationale, député rassemblement du Nord également. On va bien sûr dans un instant parler de l'actualité de votre parti, mais je précise à nos téléspectateurs qu'on garde un oeil sur ce qui se passe en ce moment dans le Nord de la France, avec ces inondations qu'on évoquait à l'instant dans le système de Jean-Baptiste Boursier. Vous êtes d'ailleurs un élu de la région, le gouvernement se mobilise, le fait-il suffisamment ?
Oui, je crois que l'ensemble de l'appareil d'État est mobilisé. Moi je veux saluer évidemment tous ceux qui sont mobilisés, que ce soit les forces de l'ordre, les forces de secours, les pompiers, la sécurité civile, les élus locaux, et puis avoir une pensée pour mes amis du Pas-de-Calais, pour tous les gens du Pas-de-Calais dans le secteur d'Arc, le Touquet, qui subissent ces intempéries d'une façon absolument épouvantable, leur dire notre solidarité, qu'on pense à eux, qu'on est avec eux et qu'on prendra les dispositions. Avec notre groupe à la région, nous soutiendrons toutes les dispositions qui auront dans le sens de plus de solidarité pour les épauler, évidemment.
Parce que vous êtes conseiller régional, vous êtes donc également député, on va en venir à cette actualité nationale, qui vous concerne également, cette marche dimanche contre l'antisémitisme, à l'initiative de la présidente de l'Assemblée du Président du Sénat. Sur TF1, cette semaine, la présidente de l'Assemblée a eu des mots très clairs, nous ne défilerons pas à côté du Rassemblement national. Est-ce que vous irez quand même dimanche à cette marche ?
Nous serons évidemment présents à cette marche parce que c'est notre place. Parce que c'est notre place et c'est notre devoir d'y être. Moi, depuis que j'ai 25 ans, donc ça fait 25 ans, je marche contre l'antisémitisme et pour soutenir Israël qui représente un socle de valeurs qui sont celles du monde occidental.
Mais alors vous ferez à quelle place ? Puisqu'on ne veut pas de vous dans le cortège de tête, puisqu'il n'y aura pas, les deux présidents l'ont rappelé hier soir dans un communiqué, de chef de parti en tête de cortège, vous serez où ?
Au milieu des Français. Et c'est exactement là qu'est notre place. Le reste est dérisoire. Nous, on ne cherche pas, comme tous ces politiques bien pensants qui ont peut-être beaucoup à se faire pardonner de leur inaction, de leur incapacité à endiguer ce fléau, eh bien nous, nous ne cherchons pas à être au premier rang pris en photo, etc. Je me doute qu'il y aura quelques photographes, évidemment, pour suivre Marine Le Pen. Elle sera là en personne. Elle sera là, évidemment, mais avec l'ensemble des députés du groupe Rassemblement national. Mais nous serons au milieu des Français. C'est notre place d'être au milieu des Français. Le reste, c'est dérisoire.
Le reste, ce sont des débats qui sont dérisoires vis-à-vis de l'enjeu qui est devant nous. L'antisémitisme ne va pas régresser après une marche. Une marche, ce ne sera pas suffisant.
Alors, on va parler des solutions, Sébastien Chenu, mais vous comprenez que ça puisse susciter des réactions de l'émotion à votre place hier. Le président du CRIF, le Conseil représentatif des institutions juives de France, disait « Nous ne souhaitons pas que des personnes qui sont héritières d'un parti fondé par d'anciens collaborateurs soient présentes. »
Non, mais tout ça, ce sont des polémiques stériles. D'abord parce que si on se met à regarder, à faire de l'archéologie politique sur tous les partis, on peut regarder même très récemment les prises d'opposition du Parti communiste de M. Roussel, qui faisait voter une résolution qualifiant Israël, l'État hébreu, de régime d'apartheid. Ce n'était pas il y a 15 ans, ce n'était pas il y a 30 ans, c'était il y a un an, moins d'un an à l'Assemblée nationale. Et pourtant, M. Roussel va venir comme si de rien n'était, alors qu'il qualifie Israël de régime d'apartheid à la marche.
Eh bien, moi, je dis que tous les Français, quelles que soient leurs options politiques, si fondamentalement, ils se lèvent contre l'antisémitisme, ont leur place dans cette marche. Et le Rassemblement national en tant que parti, mais ces élus en tant qu'individus, ont évidemment leur place. Eux égards d'ailleurs aux positions, aux prises de position de sa présidente Marine Le Pen, depuis de longues années désormais, et au combat que nous menons contre l'antisémitisme.
Il y a quelques semaines sur ce plateau, Jordan Bardella, le président de votre parti, disait « L'ERN, c'est le meilleur bouclier des Juifs de France ». Il l'a redit cette semaine dans d'autres interviews. Est-ce qu'on est le meilleur bouclier des Juifs de France quand on dit, comme Jordan Bardella l'a fait, que Jean-Marie Le Pen n'est pas antisémite ?
Mais Jordan Bardella est revenu sur ses déclarations hier soir. Il a expliqué que les positions... Il a reformulé, on va dire. ...les positions, que le discours absolument inqualifiable de Jean-Marie Le Pen à l'époque, ou qualifié d'ailleurs par la justice d'antisémite, l'avait disqualifié pour mener le combat patriote. Et d'ailleurs, c'est la rupture. Ça a été le point de rupture avec Marine Le Pen, car Marine Le Pen considère qu'on ne peut pas avoir d'ambiguïté sur ces valeurs-là.
Je pense qu'il faut aussi reconnaître à Marine Le Pen la force d'avoir clarifié, d'avoir assumé, d'avoir congédié aussi son père, qui était le fondateur du FN, d'avoir changé le nom du FN pour devenir le Rassemblement National, d'avoir été très clair, de n'avoir accepté, supporté aucune ambiguïté, aucun propos. Et depuis qu'elle est présidente, personne ne peut en faire du revanche. Vous êtes capable de nous dire ce matin, oui, Jean-Marie Le Pen est antisémite ? Voyez-vous, je ne vais pas rentrer là-dedans, parce que je trouve que c'est indécent.
Non, parce que je trouve que c'est indécent que de convier des hommes et des femmes politiques pour leur faire dire un tel ou un tel est antisémite. Est-ce que Mélenchon est antisémite ? Est-ce que Jean-Marie Le Pen est antisémite ? Les propos de Jean-Marie Le Pen ne m'engagent pas. Je les ai combattus. Je ne votais pas Jean-Marie Le Pen. Ils sont inqualifiables. Ils ont été qualifiés d'antisémites. Et la parole publique de Jean-Marie Le Pen, lorsqu'il était président du Front National, était évidemment antisémite. Et c'est pour ça qu'il a été sanctionné. Je pense que, à titre privé, l'homme privé allait probablement mieux que ça.
Mais je pense que c'est dérapage, que l'on disqualifié, que c'était impossible, scandaleux, honteux de construire une offre politique quand on ne faisait pas preuve de clarté sur ce sujet. Mais aujourd'hui, les propos de Jean-Marie Le Pen ont 40 ans. 40 ans. Il n'y a pas un Français aujourd'hui qui s'intéresse aux propos de Jean-Marie Le Pen, qui lui-même ne peut pas se défendre vu son âge. De toute façon, la justice a dit les choses. Donc il n'y a pas d'ambiguïté sur le message politique qui était celui de Jean-Marie Le Pen à l'époque. Mais il n'y a pas d'ambiguïté sur le message politique que porte Marine Le Pen aujourd'hui.
Et je pense qu'on devrait être beaucoup plus attentif au message que porte Marine Le Pen, qui peut demain devenir présidente de la République. et ce qu'elle pense, ce qu'elle a au fond du cœur, ce qu'elle dit publiquement,
plutôt qu'à des propos qui ont 40 ans. Vous dites ça à 40 ans. Le fait est que même ceux qui sont prêts à vous accueillir dimanche, je pense à Serge Klarsfeld, le président des fils et filles de déportés juifs de France, dit « on accueillera l'ERN, devenu un parti fréquentable ». Ce sont ses mots. Mais il dit aussi « c'est un parti antisémite qui ne l'est plus ». Est-ce que c'est une définition qui vous convient ? Un parti antisémite qui ne l'est plus ?
Non, c'était un parti dont le président a été jugé et condamné pour antisémitisme. Mais c'était le Front National. Moi, je n'étais pas, par exemple, l'adhérent du Front National. Et d'ailleurs, pourquoi je suis arrivé au Rassemblement National ? Parce que Marine Le Pen l'a présidée, parce qu'elle a fait ce changement à 180 degrés. Et je ne dis pas que le Front National de l'époque n'avait pas, évidemment, beaucoup à se reprocher. Mais il était le fruit d'une histoire dans laquelle il y avait des gens qui, évidemment, avaient ce type de culture et qui cohabitaient avec des résistants aussi à l'époque.
Parce que lorsque le Front National a été créé en 72, il s'est fait avec des gens qui avaient été d'un côté de la guerre et de l'autre, c'est-à-dire des résistants et des collabos. Et que des deux côtés, ces gens-là s'étaient réunis parce qu'à l'époque, la menace, c'était l'URSS. Il faut aussi expliquer les choses. Ce qui n'excuse pas du tout les propos de son président d'alors. Et moi, ce qui m'intéresse, c'est aujourd'hui et demain, comment on construit la France de demain,
comment on unit les Français ? Vous disiez à l'instant, je ne suis pas là pour dire que Jean-Marie Le Pen est anti-sémite, ni Jean-Luc Mélenchon d'ailleurs. Ça veut dire que les opinions de Jean-Luc Mélenchon, les propos de Jean-Luc Mélenchon, vous paraissent relever d'une liberté d'expression normale dans le débat public ? Je les trouve épouvantables. Je les trouve épouvantables.
Je ne suis pas un juge d'instruction. Si Jean-Luc Mélenchon franchit le cadre de la loi, alors il sera sanctionné, comme l'a été à une époque peut-être Le Pen. Ce que je trouve épouvantable, c'est que Mélenchon joue avec tous les codes de l'antisémitisme. Il envoie tous les messages à destination des gens qui sont probablement anti-sionistes et anti-sémites. Je ne suis pas qualifié pour juger la personnalité profonde de Jean-Luc Mélenchon que je ne connais pas, tout comme je ne connaissais pas Jean-Marie Le Pen. Mais ce que je veux dire, c'est que c'est la parole publique de Jean-Luc Mélenchon qui m'interroge, qui m'insupporte, que je trouve scandaleuse.
Et c'est cette parole publique que je veux juger. Ce que Jean-Luc Mélenchon pense dans sa cuisine le matin, je n'en sais rien. Parce que moi, je crois qu'il y a aussi, derrière ça, du calcul politique chez Jean-Luc Mélenchon. Il envoie des petits signes, il fait des clins d'œil à un électorat qui est sensible à l'islamisme. Et il pense que cet électorat va lui permettre de faire la course en tête. Je pense que ça devrait questionner les alliés de Jean-Luc Mélenchon. Voyez-vous, je pense que toute cette mascarade, ces espèces de polémiques artificielles, quelque part un peu journalistiques et parisiennes, elle cache plusieurs choses. D'abord, il y a un peu de manipulation, d'ailleurs.
On est derrière. On essaye de rediaboliser un grand parti patriote qui est le Rassemblement National. Mais il y a aussi un peu de diversion. Madame Bardel, elle a fait tout seul, pour le coup. D'accord, mais il y a aussi un peu de diversion. Parce que la gauche veut masquer ses défaillances. Pendant qu'on parle de ça, M. Faure, il ne dit pas qu'il est toujours allié de la NUPES. Formellement, il est toujours dans l'intergroupe de la NUPES. Il y a un moratoire, vous savez. Non, mais c'est du bidon, un moratoire. C'est-à-dire qu'il est main dans la main avec Jean-Luc Mélenchon.
Pendant ce temps-là, Mme Borne, qui a fait élire, avec Renaissance, des députés NUPES contre députés Rassemblement National, ils se disent, pendant qu'on parle du Rassemblement National, on oublie de parler des propos de Jean-Luc Mélenchon. Donc, je veux dire, d'ailleurs, il y a de la diversion, il y a de la manipulation. Les Français ne sont pas dupes, parce que les Français, ils ont les yeux clairs. Il suffit de regarder les sondages, d'ailleurs. 70% d'ailleurs, vous avez vu, des électeurs du Rassemblement National, à peu près autant que d'ailleurs les LR, qui sont 73%, considèrent que c'est notre place d'être dans cette manifestation.
Si on en croit les sondages, je vous donne le point. Parfois, les déclarations des dirigeants politiques ne sont pas tout à fait en ligne avec celles de leurs électeurs en ce moment. On va revenir à un point que vous évoquiez, les sources de l'antisémitisme. Votre président de parti, cette semaine, dans une interview GDD, cite notamment, je le cite, l'hydre islamiste, la politique migratoire, la complaisance avec le communautarisme. Quel lien vous faites entre tout ça et les plus d'un millier d'actes antisémites recensés en un mois ? Parce que je n'ai pas vu un influx de migrants ce dernier mois qui est soudainement expliqué à lui seul un millier d'actes antisémites.
À partir du moment où ça fait 20 ans qu'on accueille à peu près la Terre entière, il ne faut pas s'étonner qu'à force d'accueillir une immigration totalement incontrôlée... Mais parce qu'on est migrant, on est antisémite ? Laissez-moi aller jusqu'au bout, une caricature n'est pas mon propos. Non, j'essaie de comprendre. Parce qu'on accueille une immigration incontrôlée, ça crée du communautarisme. C'est dans ce communautarisme que naît l'islamisme, une idéologie mortifère qui veut tout simplement mettre à mort nos valeurs. Et elles sont évidemment ces valeurs portées par Israël.
Donc à partir du moment où vous avez une immigration totalement incontrôlée qui fait le foyer du communautarisme, vous avez de l'islamisme qui naît et qui se répand. Qu'est-ce qui a été fait ? C'est là aussi où il y a beaucoup de lâcheté dans le système politique qui a tant à se faire pardonner depuis 30 ans. Qu'est-ce qui a été fait pour combattre l'antisémitisme qui vient de cet islamisme aujourd'hui ? Parce qu'il y a un antisémitisme d'extrême droite aujourd'hui. Il est résiduel. Un jeune juif aujourd'hui, et il est plus en danger lorsqu'il se balade. On connaissait qu'il y a un antisémitisme d'extrême droite. Ça existe.
Vous savez, je suis en procès avec le journal Rivarol qui est un magazine d'extrême droite qui me qualifie de tous les noms. Je suis en procès avec la presse d'extrême droite. Je sais ce que c'est que la presse d'extrême droite. Je la combats et elle me combat. Mais un jeune juif, il risque davantage chapeau en se baladant dans certaines cités du 93 qu'en venant à un meeting du Rassemblement National.
Emmanuel Macron disait cette semaine à propos du RN, sans le citer, mais c'était très clair, que vous confondez en fait le rejet des musulmans et le soutien des juifs. Votre soutien aux juifs, il est justifié par votre rejet des musulmans aujourd'hui ?
Non mais pas du tout. Je vous l'ai dit depuis le début. Moi, ça fait 25 ans que je sais où je vais et que je marche en soutien contre l'antisémitisme et en soutien d'Israël. On sait qu'aujourd'hui, l'antisémitisme puise sa source profondément dans un islamisme qui aujourd'hui a, j'allais dire, table ouverte, parfois même dans les médias. Vous l'avez vu. Beaucoup ont du mal à combattre l'islamisme. Des médias comme l'AFP ou dans des structures culturelles. Vous dites ça parce que
l'AFP n'emploie pas le terme de terroriste pour des raisons qui lui appartiennent. Concernant le Hamas, c'est un terme qui est contesté. Non mais je trouve que c'est... Nous employons le terme de terroriste sur LCI. Bien sûr, mais je ne vous ai pas fait ce procès.
Donc, ce que je veux dire, c'est qu'aujourd'hui, c'est l'islamisme que je ne confonds pas avec l'islam, voyez-vous. Je ne confonds pas avec l'islam. Vous dites quoi aujourd'hui aux musulmans de France ? Je dis que leur place est à cette manifestation demain, qu'on a besoin d'unir les Français, quelles que soient leurs origines, leurs inclinaisons, leurs croyances, leurs appartenances politiques contre ce fléau de l'antisémitisme qui puissent ses sources dans l'islamisme. Je veux saluer d'ailleurs l'imam Chalgoumi, par exemple, qui avec d'autres, je crois qu'il y a l'imam, il y a un imam de Bordeaux aussi, qui appelle à être présent demain, dimanche, à la manifestation. Il faut saluer.
Il y a des gens courageux dans le monde musulman et qui ont bien compris que d'abord parce qu'ils étaient eux-mêmes sur la terre les premières victimes de l'islamisme, eh bien, s'ils ne se levaient pas, allaient se laisser confondre. Moi, je ne les confonds pas. Je ne confonds pas nos compatriotes musulmans et les islamistes et leurs relais. Le problème, c'est qu'en France aujourd'hui, il y a des relais de l'islamisme. On a laissé s'installer un poison. On l'a parfois, le on, étant souvent la gauche, mais il y a un islamo-droitisme qui existe aussi, toléré, encouragé, bichonné en échange de ses voix. Et aujourd'hui, on s'aperçoit que ces gens-là
ont fait des petits. Vous considérez que le chef de l'État doit être présent à la marche dimanche, lui aussi, la première ministre y sera ? J'aimerais, oui.
Je pense que c'est sa place. Si c'est une manifestation d'union ou d'unité nationale, alors, le chef de l'État doit venir, doit être présent physiquement. Bien entendu, c'est ça, unir les Français. Mais je pense que d'autres l'ont fait avant lui en d'autres temps. Et je pense que, oui, c'est sa place. Donc la cause justifie
de marcher derrière Emmanuel Macron.
Mais ce n'est pas marcher derrière Emmanuel Macron, c'est marcher tous ensemble contre l'antisémitisme. On ne marche pas les uns derrière les autres. On ne marche même pas, je vais vous dire, bras dessus, bras dessous. on a des différences irréconciliables. Ce n'est pas parce qu'on marche aux côtés de gens de gauche qu'on va faire un gouvernement demain avec eux. Ce n'est pas parce qu'on marche aux côtés d'Éric Ciotti qu'on va faire un gouvernement avec lui ou aux côtés des macronistes qu'on va faire un gouvernement avec eux. On ne marche pas bras dessus, bras dessous. On marche contre l'antisémitisme parce qu'on lutte contre l'antisémitisme.
Et donc, moi, ne pas voir Emmanuel Macron me choquerait.
Vous disiez à l'instant, il y a la question de ce qu'on fait contre l'antisémitisme. Le chef de l'État a redit cette semaine, comme il l'avait dit dans son allocution du 12 octobre, nous serons impitoyables face aux porteurs de haine. Ça doit passer par quoi ? Votre avis, quelle solution il y a pour lutter contre l'antisémitisme ?
Mais d'abord, c'est avoir une politique migratoire. Alors, pardon, on va commencer par le début. Fermer, par exemple, les mosquées salafistes. Interdire les frères musulmans. Vous voyez, ça, c'est deux choses. Mais l'antisémitisme,
c'est forcément lié à l'islamisme.
Ah oui, aujourd'hui, oui. L'antisémitisme... Pour vous, les milliers d'actes antisémites en un mois, ce ne sont que d'islamistes. Je ne sais pas, la justice le dira, mais le foyer de l'antisémitisme dans notre pays et globalement, aujourd'hui dans le monde, le foyer de l'antisémitisme, c'est l'islamisme. Bien entendu que c'est ça. Ne pas le voir, c'est ne pas voir l'éléphant au milieu de la pièce. Donc, d'abord, prendre des mesures qui ne sont des mesures qui ne coûtent pas un sou. Je vous dis, fermer les mosquées salafistes ou interdire les frères musulmans sur notre territoire. Je vous rappelle que, par exemple, en Égypte, les frères musulmans sont interdits.
Pourquoi est-ce que le ministre de l'Intérieur et ce gouvernement n'interdit pas les frères musulmans
ne ferme pas...
Non, mais ils luttent contre l'islamisme. C'est un fait parce qu'ils en sont victimes. Pourquoi est-ce que ce gouvernement ne prend pas des mesures simples, plus que symboliques d'ailleurs, mais immédiates pour montrer que l'islamisme n'a pas sa place dans notre école ? Arrêtez de subventionner des structures. On parlait du Nord tout à l'heure, dont je suis l'élu, le lycée Averroès, lycée privé musulman, tenu par les frères musulmans et subventionné pendant des années par la région et par l'État. Vient encore, aujourd'hui, ce matin, au moment où nous nous parlons, la justice vient de dire l'État doit continuer à subventionner et la région doit verser ses subventions au lycée Averroès.
On l'avait dit à Xavier Bertrand, arrêtez de subventionner ça. Ils ont continué. Tous ces gens nous ont mis dans la situation dans laquelle nous sommes. Et la deuxième chose, politique d'ampleur, revoir totalement notre politique migratoire.
Vous avez parlé de l'Égypte. Il se trouve que l'Égypte, hier, avait sur son sol le chef du Hamas pour une discussion sur la libération des otages. Dans le même temps, les chefs de la CIA et du Mossad israélien ont rencontré le Premier ministre Qatari, à Doha, au Qatar. Si l'Égypte et le Qatar parviennent à obtenir la libération des otages, vous direz quoi ?
Moi, je pense qu'il faut utiliser tous les moyens qui sont en notre pouvoir pour libérer les otages. Y compris sans remettre à l'Égypte et au Qatar. Ce n'est pas sans remettre. Ils sont des partenaires qui peuvent être utiles pour libérer des vies humaines. Je pense que c'est important. D'ailleurs, j'attends aussi le grand hommage qu'on doit à nos compatriotes juifs qui sont décédés le 7 octobre.
Il n'y a toujours pas eu de grand hommage. La République l'a annoncé certainement qu'il y a une attente de voir comment le bilan malheureusement évolue puisqu'il y a encore des Français.
Mais ce que je veux dire c'est qu'aujourd'hui on est dans un système où la réelle politique doit primer. On doit sortir, on doit aider à rapatrier les otages, à faire sortir les otages là où ils sont. Viendra le temps de faire notre inventaire et vis-à-vis du Qatar, je pense qu'il y aura probablement beaucoup à dire.
Sur la situation à Gaza en tant que telle, Israël a accepté de mettre en oeuvre des pauses quotidiennes de 4 heures. C'est en tout cas la promesse dans le nord de la bande de Gaza. Pas de cessez-le-feu, ça a été redit par les Israéliens. Hier, le président français Emmanuel Macron disait il nous faut œuvrer à un cessez-le-feu. Quelle est votre position à vous ?
Alors, deux choses oui aux pauses. D'ailleurs, Jordan Bardella et le groupe Rassemblement National au Parlement Européen ont voté pour ces pauses puisqu'il y a eu une résolution que la gauche ne l'a pas voté. Sous prétexte de cessez-le-feu, les députés d'extrême-gauche et les filles ont refusé de voter ces pauses humanitaires. Nous, on est pour ces pauses humanitaires. Le cessez-le-feu ne peut pas fonctionner tant que le Hamas est encore structuré et tant qu'il est capable de nuire. Et d'ailleurs, ce serait lui permettre de reprendre de l'oxygène. Donc, je crois qu'effectivement, on doit d'abord mettre hors d'état de nuire le Hamas.
On doit protéger les populations Gazaouilles, les populations civiles. c'est là aussi un devoir que nous avons, évidemment, parce que la solution, un jour, ce sera évidemment ne perdons jamais cet objectif de deux états. Ça paraît très loin aujourd'hui, très très loin, mais c'est quand même un objectif qu'il ne faut jamais oublier. Mais évidemment, aujourd'hui, le cessez-le-feu est impossible parce que cessez-le-feu, je vous le dis, c'est redonner au Hamas une capacité de réorganisation qui est totalement inacceptable.
Le président français, dans une semaine, doit également réunir les chefs de parti. Il veut parler notamment des conditions d'élargissement du référendum. La porte semble entre-ouverte à l'idée qu'un référendum puisse avoir lieu un jour sur l'immigration, même si on en est encore très loin. Il y a beaucoup de chefs de parti qui ont dit non, nous n'irons pas. Est-ce que pour le RN et Jordan Bardella, c'est toujours oui, malgré ce qui se passe en ce moment, malgré le rejet, vous faites l'objet pour la marche du dimanche, on vous rejette dimanche, vous irez vendredi prochain sans souci ?
On nous rejette dimanche, on nous invite la semaine d'après, on ne veut pas de nous un jour, on veut de nous le lendemain, on accepte nos voix pour voter des amendements et on les refuse à d'autres moments. Nous, nous allons, là où on est invité, parce que nous avons un message à porter. Jordan Bardella est dépositaire d'un message de millions de Français. Tous ces Français, ces 42% de Français, ces 13 millions de Français qui ont voté pour Marine Le Pen, nous les représentons et Jordan Bardella répondra à cette invitation pour expliquer ce que nous attendons, ce que nous souhaitons et ce que ces millions de Français attendent en matière de politique migratoire,
mais pas seulement. Un dernier mot pour finir cette interview, Sébastien Chenu, je voyais nos confrères de Politico Playbook ce matin qui évoquaient le fait que l'une de vos députés, Mathilde Paris, a son mari qui est employée, qui est salariée du groupe Rassemblement National à l'Assemblée sans l'avoir déclarée à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Est-ce que vous confirmez ?
Son époux est salarié au groupe, ce qui est tout à fait permis. Elle ne le salarie pas lui-même, vous savez que ce n'est pas les mêmes types de contrats. Quand vous êtes député, vous salariez vous-même les gens avec un contrat de droit privé. Hubert de Piret, son époux travaille au groupe où il est conseiller du groupe, il suit l'une de nos commissions, il n'y a aucun problème et le déontologue évidemment pourra le dire s'il y avait un problème. C'est autorisé à condition de le déclarer puisqu'il faut déclarer par les services de l'Assemblée Nationale. Le déontologue se serait évidemment mobilisé
s'il y avait un problème. Merci Sébastien Chenu de vous rester sur le plateau de LCI ce matin.